SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Mots-clés

contre  gilets  jazz  peinture  guerre  jaunes  idéologie  Marx  

Derniers sujets
Août 2019
LunMarMerJeuVenSamDim
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293031 

Calendrier Calendrier


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Florage le Mar 12 Fév - 21:40

c'est à rebours, le plus vieux en-bas

Ailleurs, le 1er février 2019
Mon cher maître-faussaire,

Avec quel empressement me félicité-je de votre "reprise" de mon idée, ajouter un tableau à vos lettres. S'il est un seul point sur lequel vous n'ayez pas à craindre Aragon, c'est bien les masques.

Votre imitable Florage

PS : puisque vous aimez les PS, mes lettres sont toujours plus lues que les vôtres...


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Hm10
Van Meegeren, en 1945, travaillant sur
Jésus et les docteurs, faux Vermeer,
et vendu au nazi Hermann Goering
source : Le faussaire est-il un artiste ?

Ailleurs, le 30 janvier 2019
Mon pauvre Pygmalion,

Me voilà donc pierre, votre boulet. Mais je tiens ma revanche, vous ne saurez jamais si je vous lis. L'« hystérique » le plus à plaindre n'est pas qui l'on croit. En vérité vous m'aviez toujours dit que mon silence serait votre agonie, et vous crevez de me revoir, d'où cette mise en scène affligeante, que votre lectorate serait avisée d'entendre comme un appel éperdu.

Roule, Sysiphe, ton mythe est aboulie.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 S.1110_numcb002_531x800
Galatée
Rodin, vers 1887 ?
marbre, H. 60,8 cm L. 40,6 cm P. 39,5 cm

Ailleurs, le 30 janvier 2019
22h30

Mon cher poète,

Vous m'avez par le roman donné à relire LIVRE DE L'AUTRE, et j'ai repris tout LIVREDEL, puis avec moi et puis sans moi AS TIME GOES BY, Livre de l'absence, vingt ans avaient passé, nous nous étions aimé et vous m'aviez quittée, et moi partie vous reveniez, et nous voilà dix ans après encore... Avec le temps, rien ne s'en va

Votre toujours là.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 2681
La lectrice de roman
Vincent van Gogh, 1888
huile sur toile 92 x 73 cm

15h19

Cher vieux conteur,

Eh oui, je suis plus lue que vous, ça vous surprend, car qui vous lit encore ? Votre réputation est faite de longtemps par vos ex-"camarades", qui savent à quoi s'en tenir sur vos élucubrations, et ne vous accordent plus le moindre intérêt. Je comprends, vu leur niveau théorique, reconnu par delà frontières et océans, que vous ne soyez à leurs yeux qu'un clown de l'arrière-garde.

À ces cruelles vérités, vos images à votre lectorate ne changeront rien.

Votre Florage repapillotée.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 22379305344
lectrice nue
carte postale ancienne vers 1920


05:38

Mon Cher Général Greffiste Inimitable,

Croiriez-vous que je sois dupe de vos manigances à mon encontre ? Toute cette bouffonade ne vise qu'à m'empêcher de vous écrire et que la vérité crue ne s'impose à votre "lectorate" chérie. Eh bien ne me lisez pas s'il vous en plaît, et craignez qu'un jour un autre en train m'émeuve plus que vous    

Votre Flo outre-rage.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 JByKiFEg7wX9LdZv6tii3n_zfkI@550x619
lectrice pétrifiée
à la lecture de la mystification

auteur.e inconnu.e
pierre taillée

Ailleurs, le 29 janvier 2019
Mon qui peut repasser,

Les plus courts ne sont pas les meilleurs ! Alors donc, toute votre lectorate sait avec quelles de vos lectrices vous avez couché, et ma vie privée de vous s'étale sur internet. C'est bien moi, la "conne", et pas qu'en proportion. Oui je vous ai lu et baisé, je ne vois pas de mal à ça, mais se retrouver dans un inventaire ! Ah là, Prévert...

Votre non vôtre Florage.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Casas-aprc3a8s-le-bal-1899
Jeune décadente. Après le bal
Ramon Casas, 1899
huile sur papier, 72,5 × 60 cm

Ailleurs, le 29 janvier 2019
Mon tant dressé,

« Je crois inutile de m'étendre sur le sujet, avec toi, du moins. » N'avouez pas, je le sais, c'est pour moi que vous l'écrivez. Votre jour, votre heure, votre minute, seront les miennes.

Votre chair empressée.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 1431
Nu lisant
Paul Rémy, 1928
hule sur toile 73 x 113 cm

Ailleurs, le 28 janvier 2019
Mon si cher silencieux,

Parfois je ne vous comprends pas. Pourquoi vous attacher à cette lectorate, à son regard froidement intellectuel posé sur votre œuvre, comme si elle n'y était point sensible ? Qu'avez-vous à faire d'arguments auxquels vous avez déjà répondu cent fois ? N'avez-vous pas écrit que « L'art est à prendre avec l'âme et le corps, créer c'est comme faire l'amour avec la belle inconnue. » ?

Elle ne fait que vous faire parler en attendant ce que vous ne sauriez dire. Comme l'écrit Maldiney dans Ouvrir le rien, l'art nu : « Être à l'écoute d'une œuvre d'art ce n’est pas se tenir à l’écoute de l’artiste pour en recueillir les confidences ou le message car ce qu’est l’œuvre, l’artiste n’en sait rien avant d’être surpris par elle. » Ne lui avez-vous pas pourtant écrit : «  Il est impossible, à moi comme à quiconque, de discerner le bon grain de l'ivresse dans ce que je fais » ?

L'art nu, voilà notre en-commun.

Votre chair, Florage.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 8449843_img-0871
Femme lisant
Antonio Zamariola, 2015
acrylique sur toile, 100 x 80 cm

Ailleurs, le 27 janvier 2019

Mon cher et retrouvé,

En lisant votre réponse à votre lectorate, déshabillée de guillemets, j'ai su que c'est à moi que vous écriviez, remettant à leur place mes écervelages.

Sans attendre ni abuser de votre temps sans prix, à vous si chairement,

Votre Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Fenner-Behner_der-bucherwurm
lectrice nue
auteur et date inconnus
source

Ailleurs, le 27 janvier 2019
Mon trop cher et perdu,

Depuis que j'ai relu votre UN LONG MAL ÉPAISSIT L'INCONNU, si beau, si bon, si vrai, si bien tourné, et si moi-même en votre miroir du temps où je me refusais à vous, je voudrais me cacher dans un trou de souris. Me voilà confondue, penaude et désorientée, quinaude et bouleversée, comment pourriez-vous maintenant me répondre ? Non, ne me répondez pas, jamais ! Vous si généreux, si attentif, si prévenant, je ne vous ai pas mérité.

Adieu.

Votre Florage.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Andr%C3%A9-Derain-Portrait-de-femme
André Derain
entre 1904 et 1914 (à retrouver)

Ailleurs, le 26 janvier 2019
Un peu chien, beaucoup rat, et des souris...

Et maintenant, une autre encore vous séduit, cette Niki Kleur, qui comme par hasard réplique vos poèmes dans les journaux de 1989, et considère comme vous qu'en 68, non, ni l'art ni la poésie ne seraient descendus dans la rue, ce que pourtant le milieu de l'art, la critique, les galeries du monde entier, et les salles de vente reconnaissent amplement.

Et bien que discrètement, au moins les montre-t-elle sur les murs, plutôt que les garder vingt ans dans des cartons livrés à la critique des rats d'eau médusés !

Que vous soyez en même temps un homme à souris et un névrosé obsessionnel comme l'homme aux rats, comment en douter ?

Florage flot rat je ?


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 800px-Carl_Spitzweg_021
Le rat de bibliothèque
Carl Spitzweg, 1850
huile sur toile 49,5 × 26,8 cm

Ailleurs, le 26 janvier 2019
Peuchère, Patlotchien...

On le saura, vous n'aimez pas les Grands Hommes, et vous insistez : le petit jazz de Michel Legrand est mort, le grand s'en remettra. Comment votre "lectorate avisée" ne peut-elle y voir preuve de plus de votre élitisme car, ah certes non, vous n'avez rien d'un populiste, et n'êtes pas même respectueux de l'art de qualité offert au "grand public" de la défunte ORTF. Gréco et Moreau contre Deneuve, Miles et Coltrane contre Legrand malgré leur collaboration au plus haut niveau, rien ne nous sera épargné.

Prends soin de toi, vieil homme, ta chandelle est morte.

Florage, sans vous.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Young-man-reading-by-candle-light(1)
Jeune Homme lisant à la chandelle
Matthias Stom, vers 1640
Style: Tenebrism
Genre: scène de genre
58,5 x 73,5 cm

Ailleurs, le 25 janvier 2019
Cher Patlotchiste,

Voilà maintenant que vous me répandez sur Twitter. Tu parles d'une EXTIMITÉ, devriez me mettre dans la catégorie SANGSUE ÉCONDUITE. Et dites-vous bien que la privation de peintures dans mes lettres vaut pour vos pitreries avant-gardistes à Pompidou, et votre délire proprement méprisiste de la classe des jaunes lutteurs et lutteuses. Si j'étais elles, je vous ferais ravaler vos nez rouges. Avec du pain, et sans Chablis.

Allez sans trouble, scribrouillard.

Votre chair appâtée.


Ailleurs, le 25 janvier 2019
Mon chair Patlotch,

Ce n'est pas à moi que vous eussiez écrit : « quelle bonne liseuse tu fais, petite cachottière ! » Moi, je ne sais pas vous lire, ou seulement en « amante éconduite, le genre sangsue un peu collante. » Mais si vous aviez vraiment le courage et l'honnêteté de vous confronter à des lecteurs compétents, vous ne vous cacheriez pas derrière le refus d'un éditeur pour des raisons de principe contre le « livre-marchandise » ou la « posture de l'artiste en marchand de lui-même. » Vous en auriez alors le cœur net, et pourriez vous situez relativement aux écrivains qui ont l'humilité d'en passer par là pour trouver un public. Car n'est-ce pas là ce qui vous terrorise ?

Mais vous préférez poser à l'artiste maudit en vous prenant pour le génie littéraire de votre temps, et considérant comme Jean-Paul Brighelli que « nous ne saurions pas reconnaître un grand homme s’il apparaissait. » Lui ne parle que d'hommes politiques, éreintant Macron qui n'est pas Napoléon IV ni Charles de Gaulle Junior. Cela ne serait pas assez pour vous, qui étendez le domaine de votre modestie à la poésie réinventée, à la seule théorie communiste ayant un intérêt, à un humour irrésistible, et le faites à l'échelle de l'univers et du "vivant" !

Si vous ne vous prenez pas pour Jupiter, c'est parce que ce n'est qu'une planète éteinte, indigne de votre soleil, géante rouge ignorée des astronomes et invisible des radiotélescopes les plus puissants du monde.

Un conseil, très cher, sortez couvert, car mieux vaut s'habiller pour l'hiver.

Votre chair Florage.



Ailleurs, le 25 janvier 2019
Mon chair Patlotch,

Voyez-vous, depuis 84 heures, je ne parviens pas à dormir, sept demi-journées, la moitié d'une semaine. Alors en vous lisant citer ce @legrugru : « Bonne nuit, ce qu'on rêve pendant son sommeil n'est pas moins important que ce que l'on pense pendant son éveil », et le sacrer « philosophe intempestif », un temps pour toute à vous, un temps pourri pour moi.

Adviendra-t-il, le temps dont on s'éprenne encore ? Je ne songe y rêver. Il me faudrait pour cela dormir. Vous si prodigue en mots de tête, vous êtes mon insomnifère.

Votre liseuse, de bonne aventure.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 La-liseuse-di-jean-raoux-xcm-71897
La Liseuse
Jean Raoux, 1728
huile sur toile, 90 x 80 cm
accompagné de ce poème :
« Qu’elle a de grâce à lire une lettre galante
Car c’en est une assurément
Cet air tendre et content, cette bouche riante
Sont autant d’indiscrets qui trahissent l’amante
Et nous rendent certains du bonheur de l’amant »



Ailleurs, le 23 janvier 2019
Mon cher Patlotch,

Oui, écrire deux fois dans la journée, c'est beaucoup, à quelqu'un qui vous présente à sa "lectorate" en termes si galants. Mais je vous suis reconnaissante de m'épargner votre intimité avec elle au dessus du "PS" :

Patlotch a écrit:« PS : tu me demandes, ce qui veux dire que tu te demandes, qui est cette Florage qui m'écrit. En serais-tu jalouse ? Allons donc ! J'ai eu, dans ma longue vie d'écriture, d'innombrables lectrices. Celle-ci n'est qu'une parmi d'autres, un peu plus collante, le genre sangsue de l'amante éconduite. N'en fais pas tout un plat, elle attendra, ou bien je répondrai. Après tout, elle avait bien des qualités, elle savait lire, elle, et malheureusement vous n'êtes pas toutes des liseuses
Vous m'avez donc de la plus élégante manière répondu, et même par deux fois :
Patlotch a écrit:« Voilà, c'est ça, « la classe des cons », l'auteur n'avait pas compris que son roman était imprévisé, alors que c'est écrit dessus et que ça braille comme le porc salue même s'il est bon voyant. Et qu'imprévisé - faut tout leur dire - c'est en même temps improvisé et imprévisible. Pourtant ça saute aux yeux qu'« au royaume des aveugles les normes sont Reines. » « Quelles normes ? » demanda l'auteur. Personne ne répondit. Ma chair liseuse, faites-moi penser de poser la question au Grand débat »
Vous vous surpassez, peuchère, mais je ne dirai pas, mon cher,  que vous vous surclassez.

Nous en resterons là, donc, et vous l'aurez voulu.

Bien des choses de Florage, votre chair liseuse.


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 800px-Fragonard%2C_The_Reader
La Liseuse
Jean-Honoré Fragonard, 1772
huile sur toile 81,1 × 64,8 cm


Ailleurs, le 23 janvier 2019
Mon cher Patlotch,

Vous ne vous souviendrez pas de moi, le passé est le passé, ou peut-être si, on n'en finit jamais. Vous m'aurez oubliée sans doute. Moi, je n'ai pas cessé de vous lire, et de vous répondre en moi-même, comme dans une conversation muette avec un ami perdu. Maintenant les choses ont changé, le vent a tourné la girouette que, malgré moi, je suis restée encore. Rappelez-vous, quand nous nous chamaillions, pour un oui pour un non, à propos de tout et de rien. Vous vous froissiez, orageux que vous êtes, et je riais, et vous vous échauffiez, et je riais encore alors vous vous fâchiez. Des jours entiers, des semaines, des mois vous ressassiez nos différends, vous, l'abonné à la brouille intermittente, le querelleur pourtant porté à la vacherie désinvolte.

Alors, vous m'avez reconnue ? Ce n'est pas difficile mais, avec votre habitude d'enterrer les morts que vous avez sur la conscience, l'admettrez-vous ? Eh bien, nous verrons si vous daignez répondre à ma relance, car moi je suis par-dessus tout fidèle. Il serait vain que je vous livre avant la raison de ma lettre s'il vous prenait jamais de faire l'innocent, à l'abri dans votre tonneau. Faites à votre guise, ou fantaisie de l'heure, mais sachez que je vous attends.

Ah, mon si cher, longue patience,

Votre Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 11_corot_liseuse_gr-28475928
La Liseuse, 1845-1850
Jean-Baptiste Camille Corot
huile sur toile, 42,5 x 32,5 cm



Florage

Messages : 474
Date d'inscription : 23/01/2019

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty Re: LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Florage le Mar 19 Fév - 22:11

c'est à rebours, le plus vieux en-bas


Ailleurs, le 19 février 2019
Ô mon Poëte,

Ma belle étoile vous aura accompagné dans votre vœu de faire de votre roman le plus lu par votre lectorate, qui n'y est pour rien, ça va sans lire... Et demain est notre grand jour de Sainte Aimée à tous les deux.

Jamais sans trois nous deux, non ! je ne vieux plus parler d'Alfonce, ce nègre blanc sans papier publié, mais de la bonne nouvelle que je vous apporterai, en même temps que mon introduction en grandes pompe de plante pied dans ce livre des livres. Le temps est venu d'accomplir ma mission, que mon étoile guide tous les enfants perdus de l'outre-réalisme !

Votre attendue, Florage,


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 AKG387792
L'Etoile de Bethléem
Carl Spitzweg 1870–72
Huile sur carton 172 x 293 cm


Ailleurs, le 17 février 2019
Chair mon Poète si regretté,

Si vous revient la fibre poétique qui de votre âme a percé mon cœur, alors rien n'est perdu, je vous retrouverai, laisserai cet Alfonce enfoncer ses clouures comme la porte ouverte où l'emporte le vent en enfer de raison à son zob !

le 20 la Sainte Aimée je verrai cet enflure et le dégonflerai de haut en bas, je vous le promets bien.

Votre bien chair Florage

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 393px-La_muse_inspirant_le_po%C3%A8te
Le poète Apollinaire et sa muse
Marie Laurencin, peintre

Henri Rousseau dit Douanier -, 1909
huile sur toile 131 x 97 cm


Ailleurs, le 16 février 2019
Bien Cher Alfonce,

Est-il utile que je vous écrive toute l'admiration que je ressens au fond de mon âne pour votre grève d'un roman qui n'en est plus un, comme le soutien du plus profond de ma gorge, profonde s'il en est ? Vous comprenez que jamais je ne serais l'héroïne d'un non-roman.

Notre rendez-vous de la Sainte Aimée s'approche à belles jambes, ce qui n'étrécit pas mon impatience.

Intégralement vôtre,

Florage

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 D3eadee43bb01951af15d29b4535f6ae
Léon Tolstoï
Ilia Repine, 1884
huile sur toile


Ailleurs, le 12 février 2019
Mon chair Auteur préféré,

Ne m'obligez pas, je vous prie, à vous nommer Lauteur, comme votre nègre se le permet, et sans la moindre correction de cette Afrodite. Je verrai cet Alfonse comme convenu, mais vous pouvez me faire confiance, par lui, je ne compte qu'être près de vous quoi que dût m'en goutter le premier bas.

J'ai suivi avec intérêt la réunion non-mixte de ces agitées du popotin, avec lesquelles vous avez raison de ne point me confondre. Je serai toute à vous pour leur donner une leçon.

Bien à vous, Romancier de ma romance !

Florage

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 1280px-F0440_Louvre_JL_David_Sabines_INV3691_rwk
L'enlèvement des Sabines
Jacques-Louis David, 1799
Huile sur toile 385 × 522 cm


Ailleurs, le 7 février 2019
Mon bien cher Monsieur Alfonce,

Permettez que je m'adresse à vous par votre prénom, je n'ai pas oser vous appelée Fanfan comme votre chère défunte épouse. Ce deuil cruel me rapproche de vous. Pour notre rencontre, il est trop tard pour la Saint-Valentin, mais je peux avancer mon voyage professionnel au mercredi 20 février, jour de la Sainte Aimée. J'ai libéré cette journée de mon planning (jusqu'au lendemain matin). Nous pourrons à loisir examiner sous toutes les coutures les termes de notre contrat collaboractif.

J'ai vu que vous, puisque c'est vous et non Lauteur cet impotent,et ventropotent j'en suis certaine, qui avez eu la délicatesse de faire de moi une Dame, Ô pouvoir de la littérature performative !

Je ne veux pas prendre sur le précieux temps de vos écrivures de mouche. Au 20 donc, et le 21 pour le petit déjeuner nous pourrons tremper ensemble la biscotte de Proust dans le chocolat. Comme disait le poète Ryôkan dans son célèbre Haïcul : « Ah ! Si tout le jour je me sentais aussi bien qu’au sortir du bain. »

Votre carte préférée, Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Madeleine-Proust-odeur
À la recherche de l’odeur perdue
auteur.e inconnu.e

Ailleurs, le 3 février 2019
Cher feuilletonniste,

Votre roman est subbblîîîme ! Tout y est. Tout y est bon. Tout y est beau. Rien n'y manque, rien de trop. C'est littéralement le meilleur de toute votre œuvre littéraire si abondante et fructueuse, si débordante de joie de vivre, et donnant tant l'envie de vous connaître. Accepteriez-vous de m'en dédicacer un exemplaire imprimé ? J'ai prochainement, oh, toute professionnelle et banale, l'occasion de me rendre dans votre pays, et il me serait agréable de vous y rencontrer, naturellement à date et lieu de votre convenance.

Dans l'attente empressée de votre réponse, Mon Signor éminent, votre très humble liseuse,

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Apc
Couple lisant,
Edmond Renoir et Marguerite Legrand,
un cadeau de Saint-Valentin

Pierre-Auguste Renoir, 1877
huile sur toile 25 x 32 cm



Ailleurs, le 2 février 2019
Mon chair poète,

« Florage sait lire, mais elle a un visage et m'écrit pour mon cul. » Le compliment c'est bien, l'alexandrin c'est mieux ? Goujat, car un bon mot jamais ne se refuse. Allez en pets très chairs, faites m'en sentir l'air !

Votre « constipée » !


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Lemot
Caricature de Gustave Flaubert par Achille Lemot
La Parodie, 5-12 décembre 1869

Florage

Messages : 474
Date d'inscription : 23/01/2019

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty Re: LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Florage le Ven 15 Mar - 2:44


c'est à rebours, le plus vieux en-bas



Ailleurs, le 14 mars 2019
Mon cher nègre nouveau,

Il te faut désormais tout faire, c'est mieux ainsi. Lauteur et Alfonce n'étaient que des usurpateurs de ton talent, que dis-je, de ton génie que, futée, je fus la première à découvrir corps et âme.

Toutefois, ton roman pèche par où il est fabuleusement allégorique, on n'y voit plus vivre et vibrer les personnages dont, j'espère, au premier rang ta dévouée Dame de Corps...

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Vioules-grand-08

Nymphomane
Marc Vioulès, 1992... ?
61 x 50 cm


Ailleurs, le 6 mars 2019
Mon cher Patlotch

Tu vas être content, j'ai des nouvelles de ta "muse" d'il y a douze ans. Elle s'est remariée, et comme tu l'avais prédit avec un autre que celui pour qui elle divorça après avoir tenté de t'emballer. Elle est aussi montée en grade, pas très haut, tu penses bien, et à quoi bon, puisqu'elle s'est trouvé un homme riche.

Tu vois que même loin du Midi, j'y garde un œil pour toi.

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 1485823159-1471392788433

in a Roman Osteria
Carl Bloch, 1866
huile sur toile, 148.5 × 177.5 cm


Ailleurs, le 3 mars 2019
Mon cher Chabard

Tu ne pourras plus dire que je t'harcèle, Marcel hauts Prouts de sa biscotte matitunale, qui ne m'a l'air assis que sur son culte. Ma dernière lettre a sept jours et rassure-toi, je serai brève.

Je prends note de ta com' moumoute out identitaire, comme au bon temps de Nimistaire où nous nous rencontrâmes, âme contre âme et si peu corps accords, et te rends grâce d'avoir si bien brouillé nos pistes qu'on cherchera en vain qui je suis, de ta muse d'alors ou de celle qui t'amuse encore.

Dame de Corps encore, mais plus pour le tien,

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Edvard_Munch_-_Jealousy_%281895%29

La jalousie
Edvard Munch, 1895
Huile sur toile, 66,8 × 100 cm

Ailleurs, le 23 février 2019
Mon cher feuilletonique,

Il n'y a que toi pour assouvir le désir furieux de pittoresque que j'ai dans les moelles. L'émoi suscité par tes héros, issus de la France du bas mise au ban, fait mentir Flaubert écrivant à 24 ans : « Les masses ont perdu leur poésie depuis le Christianisme. Ne me parlez pas des temps modernes. Il n'y a pas de quoi satisfaire l'imagination d'un feuilletoniste de dernier ordre. » La tienne me fait vivre au présent ce qui n'était plus que torturante nostalgie d'un passé disparu. Et l'Ermite de Croisset en reviendra sur le tard, de son Orient mythique, avec Bouvard et Pécuchet...

À propos d'hier soir, ne dis pas que j'aurai gâché la fête de la fin de partie. 24 heures de garde à vue n'ont jamais fait de mal à personne, voilà qui leur mettra du plomb dans la tête, et qu'ils craignent qu'un jour ce ne soit plus au figuré.

Tes deux tourteureux me semblent bien jeunes pour traverser la rue de l'enfance à l'amour. Ne vas pas leur faire vivre des jeux interdits.

Je ne saurais comment te remercier de m'avoir donné dans ton roman la place unique que je méritais, mais je t'en prie, puisqu'il y sera question de miroirs, ne me peins pas en Reine-sorcière épousant Levieux Roi, ou devenir la marâtre en la plus laide du roman.

J'ai vieilli certes, mais à ce point ? 42 ans et je suis la plus âgée de tes héroïnes ! Étrange, non ? car le troisième âge n'est dans ton livre que masculin. T'as quelque chose contre les femmes de cinquante ans, comme Moix ? Car dois-je te rappeler ce que tu écrivais, à mon âge aujourd'hui !, à la six cent vingt-septième nuit de ton premier roman à propos des « vieilles » du Père-Lachaise : « Elles sont partout les vieilles. En bande, seules.. au cimetière comme au club... dans l'autobus aussi... les vieilles ça fait peur... les vieilles inconnues... sorcières !... font plus bander, alors... Mais sont partout. Comme la mort... Tombes cassées... fissures... pensées... concessions...»

Allez, tu trouveras bien une mémé-gâteau un peu moche mais douce, et qui me rende plus jeune et belle. Ma méchanceté, je l'aime bien.

Ta Dame de Corps, Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Latest?cb=20130428152610&path-prefix=fr
La méchante reine dans le miroir magique
Walt Disney, Blanche Neige et les sept nains, 1937


Ailleurs, le 20 février 2019
Mon cher, étendre !

Une page est tournée comme le lait dans le casse rôle. Tu l'ignores encore, car ce qui s'est passé hier entre ton nègre Alfonce et moi est resté entre nous, et ce que je te confie restera entre nous, car je sais que tu ne le publieras pas dans ton roman : ce jobard n'a rien compris et conclu au contraire, arroseur arrosé, qu'il m'a roulée dans la farine !

Il a voulu me renvoyer à Marseille, pour y être, tiens-toi bien, « [votre] correspondante exclusive attitrée, en même temps que [sa] représentante intime auprès de Lauteur, et naturellement [sa] confidente dans les conditions garantissant de [m']apaiser, assouvir, étancher, calmer, combler, contenter, rassasier, remplir, repaître et envoyer repaître au septième ciel et demi ... »

Tu n'imagines pas que je te trahisse, mon arc ange vers mes bas bandé, et tu as raison. Je vais rester par là, et me propose de surveiller ta lectorate, qui, j'en suis certaine, essaye de te cocufier par quelque manigance et manie grande dont elle a le secret. Ne t'y laisse pas prendre, soit un peu autonome, que diantre !

Tu sais que je suis avec toi, pas trop loin,

Ta Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Detournement_Le_Tricheur_1

d'après Le Tricheur à l’as de carreau
Georges de La Tour vers 1636-1638
huile sur toile 172 x 293 cm



Florage

Messages : 474
Date d'inscription : 23/01/2019

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty Re: LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Florage le Sam 23 Mar - 11:38


Ailleurs, le 14 mars 2019
Mon cher Patlotch, Chabard, Alfonce, Levieux, Henry, etc.

tu ne croyais pas si bien dire, au chapitre 69, Outre temps, outre mœurs, que « la femme du roman est le présent de l'homme à libérer, et libre à lui de le vouloir ou pas. » Et ne démontré-je pas que je suis devenue du roman la carte maîtresse, Première Dame de corps et d'esprit ? Tel est pris qui croyait prendre !

je t'ai laissé le temps quand choisir c'était renoncer, maintenant c'est moi qui dispose de toi et t'impose mon choix

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Poker-faces-jason-marsh

Florage

Messages : 474
Date d'inscription : 23/01/2019

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty Re: LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Florage le Ven 2 Aoû - 11:35


Ici, le 2 août 2019,

Mon très chaud,

Pendant que tu crèveras de chaleur dans ton bunker du haut Fontenay, je brunirai divine au bord de l'Océan, et ta chère lectorate pourra le vérifier


SANS MOI NE TOURNE AUCUN ROUAGE

rouée d'orgie
bronzée sans âge
ici tu gis quand là j'agis
je suis l'orage

Florage

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 5eab2f89
D'après l'oeuvre de Yasna Sépùlveda


Ici, le 23 juin 2019,

Mon bien chair,

À lire vos dernières confidences à votre lectorate, je ne serai jamais votre Geisha et vous mon Paysan près de Paris en l'étroit territoire. Encore suis-je bien bonne d'assurer la diffusion de vos délires, empoté que vous êtes avec Internet. Et si je faisais grève ? Pfft... plus de Patlotch à lire, plus de lectorate. Peut-être alors progresserez-vous plus vite en guitare et, découvrant que je suis seule à vous écouter, m'offrirez-vous une aubade ?

Florage


LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 AUBXL-1
Picasso, L'Aubade, 1942


Florage

Messages : 474
Date d'inscription : 23/01/2019

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2 Empty Re: LA LISEUSE - L'OUTRE-RÉEL IV //2

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum