SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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POÉTIQUE, la mienne et d'autres

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Message par Patlotch le Mer 30 Jan - 18:28


le temps m'a manqué pour reprendre les sujets du précédent forum sur la poésie, dont on retrouve certains considérations dans mes Notes poétiques sur plusieurs sites, qui depuis 2003 ont accompagné comme chez la plupart des écrivains, poètes, musiciens et autres "artistes", leur œuvres. C'est autant ces œuvres que leur propres écrits poétiques - journaux, mémoires, essais, correspondances...-, qui ont forgé mon approche de la question du rapport entre art et poétique, avec la conviction que la seconde émane du premier, non l'inverse


l'amour des mots, de la vie, de l'autre, de l'outre, etc.

l'occasion m'est donnée de la faire par une série de 10 émissions de France-Culture

L'amour des mots - Marina Tsvetaieva et Boris Pasternak :
une correspondance russe (1/10)


POÉTIQUE, la mienne et d'autres 838_tsvetaieva3
Marina Tsvetaieva, by Fine Art Images@Heritage images
et Boris Pasternak en 1956@TASS Crédits : Getty

1. Marina Tsvetaieva - Boris Pasternak : 1922-1936
2. 1922 : Prague - Berlin
3. 1923 : La vie ment inimitablement

le peu que j'en ai écouté est exceptionnel. J'y reviendrai


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Message par Patlotch le Ven 1 Fév - 10:04


au fait, avant d'en baver en tous sens et non sens,
avez vous lu Aragon ?

une étude passionnante, j'y reviendrai


« Pour ma part, je pratique très peu la distinction des genres,
je confonds volontiers la prose et le vers,
je mêle l'écrit et le rêvé, l'observation médicale et la petite chanson,
enfin je rends autant que je peux l'activité académique impossible...
Au moins, je me plais à le penser. »

Dans les années soixante, Aragon cherche une écriture qui s'affranchisse de ses propres contraintes scripturales et génériques. Il invente une langue des multiples1 mue par une force de malléabilité. Le texte ne s'en tient plus aux frontières des discours et des espaces de parole mais fonctionne par vagues d'expansions successives vers d'autres genres littéraires, d'autres champs de pensée et d'autres formes d'expression : critique d'art, poésie, théorie, peinture, sculpture s'imposent comme autant de disciplines qui prêtent au roman certaines de leurs modalités et le font évoluer.

Comme Aragon en témoigne dans « La Suite dans les idées », la rencontre des arts modifie les procédés et les techniques, conduisant à de nouvelles poétiques. Le roman se réinvente avec l'émergence de nouveaux concepts créés par effet de collision avec d'autres langages. En effet, toute discipline se définit par l'adoption de conventions ; le détournement ou l'absorption de codes inédits relèverait dès lors d'une démarche d'innutrition (au sens que lui donne Du Bellay) qui modifie la pratique.


introduction et plan
Comme l'explique H. Scepi dans Les Genres de travers, une oeuvre se lit comme une « force de déplacement, voire d'éclatement, de la convention 2 ». L'intégration de nouveaux enjeux provenant de l'assimilation de concepts empruntés à une autre discipline conduit au remaniement de la discipline initiale : « Quand les avancées d'une théorie pénètrent un autre champ de la connaissance, preuve est faite de l'élasticité de cette théorie ou du produit de la théorie qui devient hybride, c'est-à-dire un mixte de plusieurs champs disciplinaires. »

Chez le dernier Aragon, le roman s'impose comme l'espace d'un partage. Art (littérature, musique, peinture), genre littéraire (essai, roman, poésie, théâtre), type de texte (théorie, critique d'art) ou période (surréalisme, réalisme socialiste) sont amenés à se rencontrer, engendrant un bouleversement de l'écriture.

Cette capacité à unir les opposés semble provenir de la plasticité même du regard de l'écrivain : à la fois poète, romancier, critique d'art, journaliste, essayiste et théoricien, Aragon mêle les activités. L'alchimie de ses statuts lui permet d'appréhender les espaces de parole de manière décloisonnée : « Pour ma part, je pratique très peu la distinction des genres, je confonds volontiers la prose et le vers, je mêle l'écrit et le rêvé, l'observation médicale et la petite chanson, enfin je rends autant que je peux l'activité académique impossible... Au moins, je me plais à le penser. »

Ce regard ouvert s'incarne dans une mixité des voix et une porosité des écrits qui répondent indistinctement à la
notion de « parole » : « Je ne trouve qu'infime les distinctions qu'on fait entre les genres littéraires, poésie, roman, philosophie, maxime, tout m'est également parole »

Avec les derniers romans Aragon semble mettre en pratique cet idéal en érigeant une nouvelle langue du roman, définie par sa faculté à absorber et à se transformer, répondant à ce que l'on pourrait nommer une « transsubstantiation ».

L'hybridation disciplinaire s'instaurerait dès lors comme le moteur et le signe d'une ductilité de l'écriture : en contact avec d'autres langages, le roman se modifie en profondeur suivant une dynamique de sculpture évolutive de la forme que nous appelons « plasticité ».

La complexité, la pluralité de sens, de perspectives et de formes que prend la notion de plasticité chez Aragon exige d'en définir les contours et de s'en tenir à quelques pistes de réflexion qui s'organisent autour des trois définitions suivantes :

−• Plastique s'entend au sens « graphique » ; l'adjectif désigne une oeuvre palpable et visuelle qui renvoie aux beaux-arts et se concentre sur l'objet esthétique comme fruit du travail de la matière. Chez Aragon, l'étude des arts plastiques déclenche la rédaction d'articles critiques et entraîne la confrontation des moyens d'expression du peintre et de l'écrivain.
−• Plastique est synonyme de « façonnement de la matière ». Le texte s'envisage comme une substance malléable pouvant être soumise à l'influence d'une autre forme ; la notion intègre celle de « réseaux de connexions » et permet de penser le concept de transdisciplinarité.
−• Plastique renvoie enfin à la matière elle-même, l'objet-livre. Le texte apparaît dans une perspective morphologique, comme un corps organique et capable de mutations.

Cette plasticité du livre s'exprime de manière métaphorique tout au long de la dernière période aragonienne par le biais d'un personnage sans cesse dédoublé. Il me semble que ces trois acceptions se répondent et travaillent ensemble, formant une réelle poétique, représentative de l'écriture aragonienne, que nous étudierons en suivant trois axes : nous verrons dans un premier temps que le texte assume et met en scène sa propre malléabilité par le biais du protagoniste, nous observerons ensuite plus longuement de quelle manière la référence à la peinture permet au texte d'affirmer sa dimension organique et graphique, et enfin nous nous intéresserons à la dernière création d'Aragon : les Murs de la rue de Varenne qui apparaissent comme la version plastique et silencieuse de la mise en texte.

POÉTIQUE, la mienne et d'autres 9k=

1 Nous envisageons le terme « langue » chez Aragon comme un terme générique qui regroupe parole et langage. La langue du roman s'approprie l'oralité et la liberté de la parole qui se rapporte à la notion minimale de « mot » quand la notion de langage relève d'un système qui lui impose lois et codes. Le roman brasse, accole et fond les langages et les paroles. La transdisciplinarité se joue ainsi à l'échelle du verbe : le partage des espaces s'organise sur une transversalité des modes du dire. 2 H. Scepi, Les Genres de travers, littérature et transgénéricité, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 7
3 Astrid Guillaume, « L'Interthéoricité : sémiotique de la transférogenèse, plasticité, élasticité, hybridité des
théories »,

4 L. Aragon, « Reconstituer le crime », Les Lettres Françaises n° 1367, semaine du 6 janvier 1971, Écrits sur l'art moderne,
Flammarion, 2011, p. 550.
5 L. Aragon, Projet d'histoire littéraire contemporaine, [1923], dirigé par Marc Dachy, Gallimard, 1994, p. 146.

I° LA MÉTAMORPHOSE DU PERSONNAGE COMME SIGNE DE LA MALLÉABILITÉ DU TEXTE

II° ÉCRITURE ET PEINTURE, DEUX FORCES EN PRÉSENCE
LA NOTION DE SIGNE, CARREFOUR ENTRE L'ÉCRIRE ET LE PEINDRE

III° DE L'IMAGE PLASTIQUE À LA CRÉATION DES MURS : ULTIME MUTATION DE L'ÉCRIRE VERS LE PEINDRE

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Message par Florage le Ven 22 Mar - 4:04


dans ce sujet pour les propos de Senghor sur la poésie, le rythme et les accents, en français et en wolof, dans la vidéo à 6:27


« Et pour le reste, que le poème tourne bien ou mal sur l’huile de ses gonds,
fous t’en Depestre, fous t’en et laisse dire Aragon ! »


Une journée consacrée à Aimé Césaire : contre Aragon, la poésie
Clément Solym ActuaLitté 21.03.2019

Ce 18 avril, onze ans après la disparition d’Aimé Césaire, France Ô va diffuser une programmation spécifique, entièrement consacrée à l’écrivain. Avec entre autres découvertes, le documentaire inédit, Césaire contre Aragon — qui retrace l’origine de la dispute entre les deux hommes. Et le point de rupture, sans retour possible, que leur polémique a pu atteindre.

POÉTIQUE, la mienne et d'autres Cesaire-france-o
Nous sommes en 1955, à Paris : le Martiniquais Aimé Césaire écrit une lettre-poème à l’haïtien René Depestre, une attaque frontale contre Louis Aragon. Les trois hommes de lettres se retrouvent au cœur d’une des controverses — et à travers eux la France, les Antilles et l’Afrique — poétiques les plus fécondes de l’après-guerre, dont les enjeux auront vite fait de déborder les seuls cercles littéraires.

Paris, 1955. Le poète martiniquais, Aimé Césaire, écrit une lettre-poème au poète Haïtien, René Depestre. Cette dernière qui s’avère en réalité être une attaque frontale contre le poète français Louis Aragon entrera dans l’Histoire. C’est par cette lettre-poème que Césaire, Depestre, Aragon — et à travers eux la France, les Antilles et l’Afrique— vont se retrouver au cœur d’une des plus fécondes controverses poétiques de l’après-guerre. Elle débordera les cercles littéraires pour inaugurer l’un de ces renversements politiques qui bouleverseront le XX siècle français…


« Et pour le reste, que le poème tourne bien ou mal sur l’huile de ses gonds, fous t’en Depestre, fous t’en et laisse dire Aragon ! », écrivit Aimé Césaire.

Comment Louis Aragon et Aimé Césaire, deux des plus grands poètes du XXe siècle, en sont-ils venus à s’opposer ? L’un adhère au Parti communiste en 1930, l’autre en 1935. Césaire démissionne du PCF en 1956, à cause notamment des révélations du rapport Khrouchtchev, mais Aragon garde le silence et restera au parti jusqu’à sa mort.

Cependant, l’opposition des deux hommes n’est pas seulement un différend politique sur fond de déstalinisation. La rupture entre eux est plus ancienne, plus profonde, et s’ancre dans un contexte historique de décolonisation qui a pris la forme d’une tentative de colonisation culturelle de l’un par l’autre.

De plus, Césaire trouve cocasse de recevoir une leçon de prolétariat de la part d’un bourgeois français, lui qui passe la majeure partie de son temps à régler des problèmes de santé publique ou d’assainissement de l’eau, aussi bien comme député de la Martinique que comme maire de Fort-de-France.

Mais, plus profondément, Césaire n’accepte pas cette mise sous tutelle de l’imaginaire antillais sous le joug culturel français, fût-il communiste.

Les archives d'Aimé Césaire

Ce documentaire, écrit par Patrick Chamoiseau, et réalisé par Guy Deslauriers, sera diffusé le 18 avril à 21 h 55.


Toute une journée de reportage et d’hommages sera, en cette journée, consacrée à Aimé Cesaire, à commencer par un documentaire reprenant le discours devant l’Assemblée nationale.  
avec l'étude de Anne Douaire-Banny, « Sans rimes, toute une saison, loin des mares » Enjeux d'un débat sur la poésie nationale, on comprend qu'il ne s'agit nullement d'une querelle directe entre Césaire et Aragon, mais d'une controverse pour ainsi dire interne entre intellectuels-poètes antillais se réclamant par ailleurs du marxisme

on peut considérer que les propos de Césaire, voire de Senghor, dans la vidéo à partir 11:00, sur leur formation marxiste ou socialiste de base et l'engagement pour leur communauté colonisée préfigure les débats actuels entre marxisme et décolonialisme, mais il faut bien noter l'universalisme humaniste, auquel tendra de plus en plus leur pensée de la Négritude, est d'une certaine façon tension au dépassement racialiste davantage que certaines positions dites décoloniales aujourd'hui

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Message par Florage le Mer 27 Mar - 10:37


sciences de l'univers et poésie

Patlotch a écrit:pour moi qui suis d'une part de formation mathématique et scientifique, et devenu poète sans passer par sa captation par la littérature, et d'autre part matérialiste quant à ma vision des choses, le lien entre poésie et sciences, y compris des mathématiques et de la logique, ressort d'une évidence davantage que le lien entre philosophie et poésie, toujours contradictoire malgré les tentatives de mixages, telle que celle de Yves Bonnefoy. Dans ce contexte, les considérations d'un véritable chercheur astrophysicien, et poète, ça ne se refuse pas


Quelle est sa relation avec l’écriture et l’écriture poétique ? D’où provient cette ambivalence qui le caractérise ? Comment a-t-il privilégié l’intuition comme treuil intellectuel dans ses recherches scientifiques ? Comment sonde-t-il ce qui est invisible dans l'univers et qui nous échappent ?

POÉTIQUE, la mienne et d'autres 838_vangogh-starry_night
Exemple de lien entre la cosmologie et l'art que Jean-Pierre Luminet recherche
et affectionne avec l’œuvre Nuit étoilée à Saint-Rémy-de-Provence de Vincent Van Gogh en 1889.
Qui pourrait nier que l’espace infini est ontologiquement poétique ? Certainement pas notre invité du jour, qui depuis son plus jeune âge, alterne recherche scientifique et écrits poétiques. Astrophysicien, écrivain, poète, essayiste, on lui doit le premier calcul de l’image d’un trou noir, il a également décrit les « crêpes stellaires », ou l’aplatissement des étoiles au voisinage des trous noirs. Des trous noirs auxquels il a consacré l’essentiel de sa carrière, ainsi qu’aux problématiques de topologie de l’univers : il a formulé, avec quelques prestigieux collègues, la théorie de l’univers chiffonné, qui nous renverrait des images fantômes de lointaines galaxies : Jean-Pierre Luminet est notre invité.

Jean-Pierre Luminet est directeur de recherche CNRS entre l’Observatoire de Meudon et le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, auteur de nombreux ouvrages : L’Univers en 100 questions chez Tallandier, De l’infini, aux éditions DUNOD et côté fiction, Uluh Beg, l’astronome de Samarcande aux éditions JC Lattès, sans oublier son blog sur futurasciences « Lumnesciences ».

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