SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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POÉTIQUE, la mienne et d'autres

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Message par Patlotch le Mer 30 Jan - 18:28


le temps m'a manqué pour reprendre les sujets du précédent forum sur la poésie, dont on retrouve certains considérations dans mes Notes poétiques sur plusieurs sites, qui depuis 2003 ont accompagné comme chez la plupart des écrivains, poètes, musiciens et autres "artistes", leur œuvres. C'est autant ces œuvres que leur propres écrits poétiques - journaux, mémoires, essais, correspondances...-, qui ont forgé mon approche de la question du rapport entre art et poétique, avec la conviction que la seconde émane du premier, non l'inverse


l'amour des mots, de la vie, de l'autre, de l'outre, etc.

l'occasion m'est donnée de la faire par une série de 10 émissions de France-Culture

L'amour des mots - Marina Tsvetaieva et Boris Pasternak :
une correspondance russe (1/10)


POÉTIQUE, la mienne et d'autres 838_tsvetaieva3
Marina Tsvetaieva, by Fine Art Images@Heritage images
et Boris Pasternak en 1956@TASS Crédits : Getty

1. Marina Tsvetaieva - Boris Pasternak : 1922-1936
2. 1922 : Prague - Berlin
3. 1923 : La vie ment inimitablement

le peu que j'en ai écouté est exceptionnel. J'y reviendrai


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Message par Patlotch le Ven 1 Fév - 10:04


au fait, avant d'en baver en tous sens et non sens,
avez vous lu Aragon ?

une étude passionnante, j'y reviendrai


« Pour ma part, je pratique très peu la distinction des genres,
je confonds volontiers la prose et le vers,
je mêle l'écrit et le rêvé, l'observation médicale et la petite chanson,
enfin je rends autant que je peux l'activité académique impossible...
Au moins, je me plais à le penser. »

Dans les années soixante, Aragon cherche une écriture qui s'affranchisse de ses propres contraintes scripturales et génériques. Il invente une langue des multiples1 mue par une force de malléabilité. Le texte ne s'en tient plus aux frontières des discours et des espaces de parole mais fonctionne par vagues d'expansions successives vers d'autres genres littéraires, d'autres champs de pensée et d'autres formes d'expression : critique d'art, poésie, théorie, peinture, sculpture s'imposent comme autant de disciplines qui prêtent au roman certaines de leurs modalités et le font évoluer.

Comme Aragon en témoigne dans « La Suite dans les idées », la rencontre des arts modifie les procédés et les techniques, conduisant à de nouvelles poétiques. Le roman se réinvente avec l'émergence de nouveaux concepts créés par effet de collision avec d'autres langages. En effet, toute discipline se définit par l'adoption de conventions ; le détournement ou l'absorption de codes inédits relèverait dès lors d'une démarche d'innutrition (au sens que lui donne Du Bellay) qui modifie la pratique.


introduction et plan
Comme l'explique H. Scepi dans Les Genres de travers, une oeuvre se lit comme une « force de déplacement, voire d'éclatement, de la convention 2 ». L'intégration de nouveaux enjeux provenant de l'assimilation de concepts empruntés à une autre discipline conduit au remaniement de la discipline initiale : « Quand les avancées d'une théorie pénètrent un autre champ de la connaissance, preuve est faite de l'élasticité de cette théorie ou du produit de la théorie qui devient hybride, c'est-à-dire un mixte de plusieurs champs disciplinaires. »

Chez le dernier Aragon, le roman s'impose comme l'espace d'un partage. Art (littérature, musique, peinture), genre littéraire (essai, roman, poésie, théâtre), type de texte (théorie, critique d'art) ou période (surréalisme, réalisme socialiste) sont amenés à se rencontrer, engendrant un bouleversement de l'écriture.

Cette capacité à unir les opposés semble provenir de la plasticité même du regard de l'écrivain : à la fois poète, romancier, critique d'art, journaliste, essayiste et théoricien, Aragon mêle les activités. L'alchimie de ses statuts lui permet d'appréhender les espaces de parole de manière décloisonnée : « Pour ma part, je pratique très peu la distinction des genres, je confonds volontiers la prose et le vers, je mêle l'écrit et le rêvé, l'observation médicale et la petite chanson, enfin je rends autant que je peux l'activité académique impossible... Au moins, je me plais à le penser. »

Ce regard ouvert s'incarne dans une mixité des voix et une porosité des écrits qui répondent indistinctement à la
notion de « parole » : « Je ne trouve qu'infime les distinctions qu'on fait entre les genres littéraires, poésie, roman, philosophie, maxime, tout m'est également parole »

Avec les derniers romans Aragon semble mettre en pratique cet idéal en érigeant une nouvelle langue du roman, définie par sa faculté à absorber et à se transformer, répondant à ce que l'on pourrait nommer une « transsubstantiation ».

L'hybridation disciplinaire s'instaurerait dès lors comme le moteur et le signe d'une ductilité de l'écriture : en contact avec d'autres langages, le roman se modifie en profondeur suivant une dynamique de sculpture évolutive de la forme que nous appelons « plasticité ».

La complexité, la pluralité de sens, de perspectives et de formes que prend la notion de plasticité chez Aragon exige d'en définir les contours et de s'en tenir à quelques pistes de réflexion qui s'organisent autour des trois définitions suivantes :

−• Plastique s'entend au sens « graphique » ; l'adjectif désigne une oeuvre palpable et visuelle qui renvoie aux beaux-arts et se concentre sur l'objet esthétique comme fruit du travail de la matière. Chez Aragon, l'étude des arts plastiques déclenche la rédaction d'articles critiques et entraîne la confrontation des moyens d'expression du peintre et de l'écrivain.
−• Plastique est synonyme de « façonnement de la matière ». Le texte s'envisage comme une substance malléable pouvant être soumise à l'influence d'une autre forme ; la notion intègre celle de « réseaux de connexions » et permet de penser le concept de transdisciplinarité.
−• Plastique renvoie enfin à la matière elle-même, l'objet-livre. Le texte apparaît dans une perspective morphologique, comme un corps organique et capable de mutations.

Cette plasticité du livre s'exprime de manière métaphorique tout au long de la dernière période aragonienne par le biais d'un personnage sans cesse dédoublé. Il me semble que ces trois acceptions se répondent et travaillent ensemble, formant une réelle poétique, représentative de l'écriture aragonienne, que nous étudierons en suivant trois axes : nous verrons dans un premier temps que le texte assume et met en scène sa propre malléabilité par le biais du protagoniste, nous observerons ensuite plus longuement de quelle manière la référence à la peinture permet au texte d'affirmer sa dimension organique et graphique, et enfin nous nous intéresserons à la dernière création d'Aragon : les Murs de la rue de Varenne qui apparaissent comme la version plastique et silencieuse de la mise en texte.

POÉTIQUE, la mienne et d'autres 9k=

1 Nous envisageons le terme « langue » chez Aragon comme un terme générique qui regroupe parole et langage. La langue du roman s'approprie l'oralité et la liberté de la parole qui se rapporte à la notion minimale de « mot » quand la notion de langage relève d'un système qui lui impose lois et codes. Le roman brasse, accole et fond les langages et les paroles. La transdisciplinarité se joue ainsi à l'échelle du verbe : le partage des espaces s'organise sur une transversalité des modes du dire. 2 H. Scepi, Les Genres de travers, littérature et transgénéricité, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 7
3 Astrid Guillaume, « L'Interthéoricité : sémiotique de la transférogenèse, plasticité, élasticité, hybridité des
théories »,

4 L. Aragon, « Reconstituer le crime », Les Lettres Françaises n° 1367, semaine du 6 janvier 1971, Écrits sur l'art moderne,
Flammarion, 2011, p. 550.
5 L. Aragon, Projet d'histoire littéraire contemporaine, [1923], dirigé par Marc Dachy, Gallimard, 1994, p. 146.

I° LA MÉTAMORPHOSE DU PERSONNAGE COMME SIGNE DE LA MALLÉABILITÉ DU TEXTE

II° ÉCRITURE ET PEINTURE, DEUX FORCES EN PRÉSENCE
LA NOTION DE SIGNE, CARREFOUR ENTRE L'ÉCRIRE ET LE PEINDRE

III° DE L'IMAGE PLASTIQUE À LA CRÉATION DES MURS : ULTIME MUTATION DE L'ÉCRIRE VERS LE PEINDRE

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Message par Florage le Ven 22 Mar - 4:04


dans ce sujet pour les propos de Senghor sur la poésie, le rythme et les accents, en français et en wolof, dans la vidéo à 6:27


« Et pour le reste, que le poème tourne bien ou mal sur l’huile de ses gonds,
fous t’en Depestre, fous t’en et laisse dire Aragon ! »


Une journée consacrée à Aimé Césaire : contre Aragon, la poésie
Clément Solym ActuaLitté 21.03.2019

Ce 18 avril, onze ans après la disparition d’Aimé Césaire, France Ô va diffuser une programmation spécifique, entièrement consacrée à l’écrivain. Avec entre autres découvertes, le documentaire inédit, Césaire contre Aragon — qui retrace l’origine de la dispute entre les deux hommes. Et le point de rupture, sans retour possible, que leur polémique a pu atteindre.

POÉTIQUE, la mienne et d'autres Cesaire-france-o
Nous sommes en 1955, à Paris : le Martiniquais Aimé Césaire écrit une lettre-poème à l’haïtien René Depestre, une attaque frontale contre Louis Aragon. Les trois hommes de lettres se retrouvent au cœur d’une des controverses — et à travers eux la France, les Antilles et l’Afrique — poétiques les plus fécondes de l’après-guerre, dont les enjeux auront vite fait de déborder les seuls cercles littéraires.

Paris, 1955. Le poète martiniquais, Aimé Césaire, écrit une lettre-poème au poète Haïtien, René Depestre. Cette dernière qui s’avère en réalité être une attaque frontale contre le poète français Louis Aragon entrera dans l’Histoire. C’est par cette lettre-poème que Césaire, Depestre, Aragon — et à travers eux la France, les Antilles et l’Afrique— vont se retrouver au cœur d’une des plus fécondes controverses poétiques de l’après-guerre. Elle débordera les cercles littéraires pour inaugurer l’un de ces renversements politiques qui bouleverseront le XX siècle français…


« Et pour le reste, que le poème tourne bien ou mal sur l’huile de ses gonds, fous t’en Depestre, fous t’en et laisse dire Aragon ! », écrivit Aimé Césaire.

Comment Louis Aragon et Aimé Césaire, deux des plus grands poètes du XXe siècle, en sont-ils venus à s’opposer ? L’un adhère au Parti communiste en 1930, l’autre en 1935. Césaire démissionne du PCF en 1956, à cause notamment des révélations du rapport Khrouchtchev, mais Aragon garde le silence et restera au parti jusqu’à sa mort.

Cependant, l’opposition des deux hommes n’est pas seulement un différend politique sur fond de déstalinisation. La rupture entre eux est plus ancienne, plus profonde, et s’ancre dans un contexte historique de décolonisation qui a pris la forme d’une tentative de colonisation culturelle de l’un par l’autre.

De plus, Césaire trouve cocasse de recevoir une leçon de prolétariat de la part d’un bourgeois français, lui qui passe la majeure partie de son temps à régler des problèmes de santé publique ou d’assainissement de l’eau, aussi bien comme député de la Martinique que comme maire de Fort-de-France.

Mais, plus profondément, Césaire n’accepte pas cette mise sous tutelle de l’imaginaire antillais sous le joug culturel français, fût-il communiste.

Les archives d'Aimé Césaire

Ce documentaire, écrit par Patrick Chamoiseau, et réalisé par Guy Deslauriers, sera diffusé le 18 avril à 21 h 55.


Toute une journée de reportage et d’hommages sera, en cette journée, consacrée à Aimé Cesaire, à commencer par un documentaire reprenant le discours devant l’Assemblée nationale.  
avec l'étude de Anne Douaire-Banny, « Sans rimes, toute une saison, loin des mares » Enjeux d'un débat sur la poésie nationale, on comprend qu'il ne s'agit nullement d'une querelle directe entre Césaire et Aragon, mais d'une controverse pour ainsi dire interne entre intellectuels-poètes antillais se réclamant par ailleurs du marxisme

on peut considérer que les propos de Césaire, voire de Senghor, dans la vidéo à partir 11:00, sur leur formation marxiste ou socialiste de base et l'engagement pour leur communauté colonisée préfigure les débats actuels entre marxisme et décolonialisme, mais il faut bien noter l'universalisme humaniste, auquel tendra de plus en plus leur pensée de la Négritude, est d'une certaine façon tension au dépassement racialiste davantage que certaines positions dites décoloniales aujourd'hui

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Message par Florage le Mer 27 Mar - 10:37


sciences de l'univers et poésie

Patlotch a écrit:pour moi qui suis d'une part de formation mathématique et scientifique, et devenu poète sans passer par sa captation par la littérature, et d'autre part matérialiste quant à ma vision des choses, le lien entre poésie et sciences, y compris des mathématiques et de la logique, ressort d'une évidence davantage que le lien entre philosophie et poésie, toujours contradictoire malgré les tentatives de mixages, telle que celle de Yves Bonnefoy. Dans ce contexte, les considérations d'un véritable chercheur astrophysicien, et poète, ça ne se refuse pas


Quelle est sa relation avec l’écriture et l’écriture poétique ? D’où provient cette ambivalence qui le caractérise ? Comment a-t-il privilégié l’intuition comme treuil intellectuel dans ses recherches scientifiques ? Comment sonde-t-il ce qui est invisible dans l'univers et qui nous échappent ?

POÉTIQUE, la mienne et d'autres 838_vangogh-starry_night
Exemple de lien entre la cosmologie et l'art que Jean-Pierre Luminet recherche
et affectionne avec l’œuvre Nuit étoilée à Saint-Rémy-de-Provence de Vincent Van Gogh en 1889.
Qui pourrait nier que l’espace infini est ontologiquement poétique ? Certainement pas notre invité du jour, qui depuis son plus jeune âge, alterne recherche scientifique et écrits poétiques. Astrophysicien, écrivain, poète, essayiste, on lui doit le premier calcul de l’image d’un trou noir, il a également décrit les « crêpes stellaires », ou l’aplatissement des étoiles au voisinage des trous noirs. Des trous noirs auxquels il a consacré l’essentiel de sa carrière, ainsi qu’aux problématiques de topologie de l’univers : il a formulé, avec quelques prestigieux collègues, la théorie de l’univers chiffonné, qui nous renverrait des images fantômes de lointaines galaxies : Jean-Pierre Luminet est notre invité.

Jean-Pierre Luminet est directeur de recherche CNRS entre l’Observatoire de Meudon et le Laboratoire d’Astrophysique de Marseille, auteur de nombreux ouvrages : L’Univers en 100 questions chez Tallandier, De l’infini, aux éditions DUNOD et côté fiction, Uluh Beg, l’astronome de Samarcande aux éditions JC Lattès, sans oublier son blog sur futurasciences « Lumnesciences ».

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Message par Florage le Sam 15 Juin - 8:47

d'hier, complété

BADIOU, ARAGON,
L'AMOUR, LA POÉSIE ET L'AMOUR DE LA RÉVOLUTION DU PARTI
des années 30 aux Gilets Jaunes

Patlotch a écrit:reçu de Maison TrioletAragon (sic)
@trioletaragon a écrit:Vous l'attendiez, la conférence d'Alain Badiou "Louis Aragon, épopée communiste et lyrisme amoureux" donnée le mois dernier est enfin en ligne !


"Le philosophe Alain Badiou, professeur émérite à l’École normale supérieure a consacré de nombreuses pages à l’amour comme au communisme. Homme de concepts sensible aux lettres, il a écrit sur Mallarmé comme sur Beckett mais ne s’était pourtant pas encore pleinement confronté à Louis Aragon.

Dans une conférence attendue, à l'Espace Niemeyer le 16 mai 2019 il nous propose sa lecture de cette œuvre majeure du XXe siècle : épopée communiste et lyrisme amoureux."

ça commence à 4:00. Après écoute j'ai "ReTweeté" avec deux commentaires
@Patlotch a écrit:1) analyse juste, Aragon tel qu'il fut, que Badiou lit magnifiquement

Laissons les riens,
cons et gauchistes
unir le "Stalinien"
et le "Maoïste"


"Le thème de la Révolution est une commande du Temps.
Le thème de la glorification de la Révolution est une commande du Parti"

Tsvetaeva

2) approbation du communisme ni d'Aragon ni de Badiou. Du point de vue poétique, je dirais la même chose si le poète était (un) croyant, et c'est bien le problème. Le rapport entre la poésie et le concept de révolution a changé. D'où Tsvetaeva, traduite par Elsa... Comprenne qui pourra

ce qui a changé dans le rapport poésie/révolution, je pense que partant de son "Idée" du communisme, Badiou ne peut pas le comprendre plus qu'Aragon ne le pouvait en son temps, ce qui représente tout de même un certain décalage du philosophe. Pour le reste, sur la poésie, Badiou homme de l'art est plus pertinent, et c'est ce qui fait de son choix de poèmes tout l'intérêt*, ainsi que sa lecture, magnifique de saisie du rythme, du sens et du son mêlés, et qu'il explique assez bien en peu de mots

* certains pourraient tomber de bas avec les extraits de Front rouge, un choix provocateur, malicieux mais judicieux de Badiou, en référence au mouvement des Gilets Jaunes en France, avec des faits étonnamment évocateurs (lire le poème ci-dessous). Mais là encore, il se met le doigt dans l'œil comme Aragon à l'époque dans son adresse aux "Camarades" et au "Prolétariat". Comme dirait l'autre, "C'est beau comme de l'Aragon" bien qu'il ne pensât pas à celui-ci. C'est dit comme si, aujourd'hui, les communisateurs ou lundimatin avaient dans leurs rangs un vrai poète et non seulement des littérateurs ; on le saurait et cela fait la différence quand il s'agit d'être en prise sur son temps

comprenne qui pourra


Wikipédia a écrit:Front rouge est un poème écrit par Louis Aragon en 1931, publié d'abord seul dans la revue Littérature de la Révolution mondiale, puis dans le recueil Persécuté persécuteur.

Le numéro de Littérature de la Révolution mondiale est saisi par la police et Aragon inculpé d'incitation à la désobéissance et de provocation au meurtre. André Breton rédige alors le tract L'Affaire Aragon pour défendre son ami. L'Humanité désavoue cependant le poème d'Aragon. Les communistes dans leur ensemble restent peu sensibles au surréalisme. André Breton écrit alors le texte Misère de la poésie, pour revendiquer l'autonomie de la poésie. Cependant, Aragon ne se reconnaît pas dans le texte de Breton et signifie sa rupture avec lui dans L'Humanité du 10 mars 1932.

Pliez les réverbères comme des fétus de pailles
Faites valser les kiosques les bancs les fontaines Wallace
Descendez les flics
Camarades
descendez les flics
Plus loin plus loin vers l’ouest où dorment
les enfants riches et les putains de première classe
Dépasse la Madeleine Prolétariat
Que ta fureur balaye l’Élysée
Tu as bien droit au Bois de Boulogne en semaine
Un jour tu feras sauter l’Arc de triomphe
Prolétariat connais ta force
connais ta force et déchaîne-la
II prépare son jour il attend son heure sa minute la seconde
où le coup porté sera mortel et la balle à ce point sûre
que tous les médecins social-fascistes
Penchés sur le corps de la victime
Auront beau promener leur doigts chercheurs sous la chemise de dentelle
ausculter avec les appareils de précision son cœur déjà pourrissant
ils ne trouveront pas le remède habituel
et tomberont aux mains des émeutiers qui les colleront au mur
Feu sur Léon Blum
Feu sur Boncour Frossard Déat
Feu sur les ours savants de la social-démocratie
Feu feu j’entends passer
la mort qui se jette sur Garchery Feu vous dis-je
Sous la conduite du parti communiste
SFIC
Vous attendez le feu sous la gâchette
Que ce ne soit plus moi qui vous crie
Feu
Mais Lénine
Le Lénine du juste moment

c'est tellement bien écrit, rythmé, chanté, qu'on en oublierait qu'à cette époque Aragon mettait encore la poésie au service de la révolution, c'est-à-dire du parti (c'est pourquoi j'ai cité Tsvetaeva)  en quoi Debord n'ira pas beaucoup plus loin, et quand on sait que Badiou, après avoir décrit les limites du mouvement des Gilets Jaunes, écrit le 10 mars, dans Leçons du mouvement des « gilets jaunes »
Pour assumer tout cela, seule une organisation ressuscitée sur des bases nouvelles peut rallier, en quelque sorte au futur, une partie des classes moyennes en déroute. Il est alors possible, comme l’écrit Marx, que [la classe moyenne] agisse révolutionnairement, par crainte de tomber dans le Prolétariat : ils défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; ils abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat
dans un texte publié par Lignes en mai, Badiou regrettait l'absence de « direction incarnée » : un « Lénine du juste moment » ?

on doit ajouter que ce Badiou-là aurait sans doute été désapprouvé par l'Aragon des années 60, et particulièrement celui qui refusait d'être un "écrivain engagé", auquel rien de sa conférence ne fait allusion... Au fond, quoi d'étonnant à ce que le philosophe platonicien de l'Idée communiste soit resté lui scotché au gauchisme esthétique ?


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Message par Florage le Dim 16 Juin - 20:13


LA RIME ET LES RYTHMES, BORDEL !
Patlotch a écrit:Badiou a raison de souligner le grand art qu'avait Aragon de la coupe des vers, et d'y mêler la prose, et réciproquement. Il le lit d'ailleurs très bien, en homme qui connaît son théâtre

j'ai tant travaillé à partir des inventions d'Aragon sur la coupe y compris des mots à la rime et son trapèze à l'enjambement, que je ne saurais revenir en arrière, quoiqu'enfin Verlaine et sa fluidité... C'est pourquoi je ne coupe (presque) jamais sans m'assurer que le vers suivant s'enchaîne sans un "pied" (une syllabe) de plus, qu'on le lise en vers ou en prose, si bien qu'on pourrait le redécouper autrement... Cela favorise une lecture polyrythmique et "musicale", j'ai expliqué ça, techniquement, quelque part, à propos de Verlaine, de "préférer l'impair", en relation avec mes cogitations de jazzeur impénitent

exemple aujourd'hui dans BALADE AU TEMPS PRÉSENT

alors, hymne à la joie
à portée de l'hymen
et
quand s'ouvre la porte
à
la vue de la vulve, hourra
des pas queurette s'offre
un
bourgeon sans bourgeois
sous les sabots crottés, Amen



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Message par Florage le Ven 21 Juin - 9:16

Patlotch a écrit:1. OUTRE-RÉALISME, UNE POÉTIQUE ?
2. OUTRE-RÉALISME, RÉALISME, MATÉRIALISME...

2. OUTRE-RÉALISME, RÉALISME, MATÉRIALISME...
Patlotch a écrit:le rapport de chacun.e au réel s'est exponentiellement complexifié et diversifié depuis le 19e siècle où n'en rendaient compte que livres et journaux, dans la première partie du 20e siècle avec l'apparition du téléphone, de la radio et de la télévision, puis dans le dernier tiers et surtout depuis le début de ce siècle avec Internet, les journaux en ligne, les réseaux sociaux. Chacun.e se crée un réseau de sources d'information qui construisent la base de sa représentation du monde, du réel. Cela vaut aussi pour tous ceux qui fonctionnent en cercles d'affinités idéologiques sur la base d'un choix sélectif d'informations correspondant à ce qu'ils entendent démontrer, en boucle syllogistique où ils trouvent forcément confirmé ce qu'ils avaient d'abord posé en prémisses

il est excessivement difficile de prétendre avoir une vision totale du monde et cela dépend de sa grille de compréhension, et d'analyse pour qui se la propose

la conséquence se fait sentir tant dans les sciences humaines, les théories critiques que dans les arts et particulièrement la poésie. Pour le dire simplement, il n'est pas aisé d'être "matérialiste", c'est-à-dire de considérer en gros que le monde existe en dehors de l'idée qu'on s'en fait, et suivre Marx en transformant le monde pour le comprendre ne saurait se faire qu'à l'échelle du point de vue qu'on en a, qu'on s'en donne. Alors, comment l'élargir et distancier le facteur personnel d'observation ?

l'outre-réalisme chercherait par conséquent à démultiplier les points de vue et à les présenter sans souci de cohérence dans une unité simple, il n'évacuerait rien de gênant à des fins de démonstration, rejoignant l'éthique qui est celle de tout artiste véritable, qui ne veut rien démontrer. On voit comment certains artistes, en adoptant un point de vue systématique, s'éloignent du réel qu'ils veulent représenter. Je pense au pointillisme de Seurat, à l'hyperréalisme en général...

20 juin 2019
1. OUTRE-RÉALISME, UNE POÉTIQUE ?
Patlotch a écrit:l'outre-réalisme est-il un concept poétique, une école dont je serais le fondateur ? Écartons cette dernière hypothèse, tout ce qui suit une invention assassine ce dont elle procède, c'est le sort des avant-gardes artistiques, théoriques... et je ne me vois à l'avant de rien ni personne : je m'en fous. L'outre-réalisme est aussi flou que le surréalisme notamment. S'il en fut des définitions elles furent d'emblée disputées par leurs têtes de file, et l'on y range des productions brouillées d'incompatibilités dans la démarche comme le résultat

l'outre-réalisme ne serait chez moi que la résultante d'œuvrages divers, depuis la fin des années 1980, desquels émergerait une constante qui donnerait une improbable unité à ses formes successives : une quête de la réalité, l'expression de ma vérité comme fil conducteur éthique de mon rapport au réel défardé. En rendrait plus particulièrement compte les "romans" que j'ai insérer, les premiers de 2012, dans L'OUTRE-RÉEL, cycle romanesque et poétique, microcosmique et musical, mélancomique et théorique. LE ROMAN D'ILYA, allégorie de la réalité, 2017 est à cet égard explicite

on peut y ajouter le refus de l'esthétisme, qui n'est pas le culte de la laideur en soi, contre la beauté sans laquelle il n'y a pas, à mon sens, d'œuvre d'art qui tienne dans le regard d'un public, puisque la beauté est justement l'appréciation subjective du beau qui ressort de l'œuvre d'art aussi bien que d'objets qui n'en sont pas (un paysage, une voiture, un chien, une femme, ses jambes...)

en résumé, non, l'outre-réalisme n'est pas une poétique conceptuelle, mais le produit d'une démarche artistique, d'une praxis. C'est un mot pour nommer ce que je fais, pas une invite à y caser d'autres œuvres. Aussi liés à une histoire en succession  de genres et styles qu'ils soient, les artistes authentiques, petits ou grands, ne valent que par leur irréductible singularité, et c'est à ça qu'on les reconnaît. Le reste est, précisément, "littérature", et autres cases pour historiens et critiques d'art. Il est assuré que tout ce qu'ils y versent ne relève pas de l'art, et c'est pourquoi d'emblée il y a maldonne et imposture


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Message par Florage le Sam 22 Juin - 10:47


QU'EST AUJOURD'HUI LA POÉSIE ?

Patlotch a écrit:un texte que j'ai trouvé pas mal, rencontrant ma conception de la poésie ou d'autres de mes points de vue théoriques. Un de ses intérêts est d'échapper largement (encore que, voir mes remarques), à la fausse et vieille problématique d'une "poétique révolutionnaire" ou à sa critique, comme chez Jacques Guigou dans son récent ouvrage Poétiques révolutionnaires et poésie, comme aux platitudes de Zones subversives dans Poésie et révolution, car il faut quant même connaître un peu la poésie ou savoir la lire pour en parler avec quelque pertinence, c'est-à-dire aussi de l'intérieur si ce n'est en poète, et pas seulement en amateur de révolution prolétarienne ou autre, faisant de son contenu (révolutionnaire) sans considération de ses formes le critère de son appréciation positive (gauchisme esthétique) : « Aucune perspective révolutionnaire ne vient aiguiller la poésie. Les artistes sombrent alors dans la bouillie postmoderne. » Tous dans le même sac, aucun n'y échapperait, et quand on n'y connaît rien, qu'on n'a manifestement rien lu, on appelle la norme, finalement pas loin de Jdanov. On tremble pour les poètes le jour où ces révolutionnaires là auront quelque poids sur les choses de la vie

fait écho aussi à mon concept poétique d'OUTRE-RÉEL l'affirmation « Un imaginaire révolutionnaire conséquent passe nécessairement par une revalorisation du « fantastique réel de la vie. »

voir dans l'original les mots en italique. Je souligne en gras des passages que je partage plus particulièrement
I.
La poésie n’est pas un genre littéraire, mais un phénomène historique général. L’humanité, produit de la nature mais distanciée d’elle par la conscience et l’histoire, existe par un mouvement contradictoire et réciproque de détermination et de liberté vis-à-vis du cosmos.
Cette relation, des êtres entre eux et avec le monde, la solidarité matérielle de leurs existences, est le substrat réel de la poésie. La sentence de Novalis : « L’homme existe poétiquement sur cette terre » n’indique pas autre chose.

La poésie s’étend à toutes les pratiques humaines, non comme décoration ou substance tangible mais comme condition. Sur le plan subjectif, elle est la somme de toutes nos impressions sensibles et de leur agrandissement imaginaire. Objectivement, elle est la transformation incessante des formes et du contenu de notre vie*. Comme mouvement total de ces deux parties, elle est le jeu fondamental entre la nature et la culture, la perméabilité du réel à nos conceptions et nos actes, en même temps que notre propre porosité à celui-ci.

* on reconnaît un sens de la formule réciproque d'Henri Meschonnic : « Contre toutes les poétisations, je dis qu’il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de langage et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie. » Manifeste pour un parti du rythme août/novembre 1999

Ce mouvement concret de transformation est perçu individuellement autant qu’il est vécu généralement ; le côté imagé du langage, qui existe dans toutes les cultures du monde, son fonctionnement d’associations et d’analogies témoigne encore de cette contradiction. La fonction historique du langage est l’appréhension d’un réel protéiforme, de la capture de son mouvement sous des termes définis : mais sa classification efficace s’arrête toujours aux portes de l’expérience, qui la déborde, et du devenir, qui modifie sans cesse le réel qui en est l’objet.

Toute pratique poétique est en fait communication authentique, au sens premier de mise en commun, production pour l’usage de tous. Elle est l’expression de l’imbrication intime du singulier et du global, parole de l’être pris dans le courant des choses. Comprise ainsi, l’injonction de Lautréamont : « La poésie doit être faite par tous », connue pour avoir eu quelques effets sur les avant-gardes, est un appel à la prise de conscience collective de cette qualité essentielle.

L’éphémère, la mortalité de toutes choses vivantes ainsi que leur indétermination finale est un aspect essentiel de la vie, et donc de la poésie, comme conscience de la génération et destruction dans la nature, génération et destruction consciente dans la culture. Un moment est unique parce qu’il ne reviendra pas et Khayyam dit que « les tulipes fanées ne refleurissent jamais ». Le temps vécu librement devient par là le cadre et la partition de la vie humaine.

L’enfance, moment premier de la formation de l’être, de sa sensibilité et de son imagination est aussi l’expérience la plus spontanée et la plus intense des vertus du jeu comme pratique de construction subjective et objective. Il prouve alors son caractère de mode d’action organique, liant la production du temps vécu et l’emploi du lien concret entre les choses. L’enfance est la vie condensée, y compris par sa mort à l’âge adulte. Elle est la matrice de toutes les réalisations et de toutes les activités supérieures, le terrain du jeu comme activité primordiale.

II.
Le monde et la conscience humaine sont avant tout sensibles l’un à l’autre. C’est en ce sens que l’on doit comprendre la phrase de Pythagore : « Tout se répercute. »

La vérité du matérialisme dialectique ne se situe pas simplement dans sa méthode, ni dans son « déterminisme » par ailleurs souvent exagéré et contrefait, mais dans la reconnaissance du fait vital comme totalité, ainsi que de l’histoire comme la transformation conjointe du monde et de l’humanité par elle-même.

Un des enseignements les plus importants de la poésie que la théorie critique a pu reprendre à son compte, est que la conscience se forme sur le terrain de la vie. En positif, une telle affirmation laisse entrevoir l’étendue des changements possibles. En négatif, elle permet de comprendre l’aliénation pour mieux tenter de s’en extraire.

Le conditionnement, le façonnement d’un rapport au monde et d’une conduite selon l’intérêt du pouvoir est lui-même un usage de cette vérité concrète : une domination historique ne s’impose pas par la logique ou des arguments de salons, elle s’impose sur le terrain de la vie, par la force, puis les formes : un pouvoir qui la contraint et une idéologie qui la dirige. En émane alors un imaginaire qui la prolonge.

L’appropriation des moyens de produire le monde est le secret historique du pouvoir : la transformation concrète du réel délimite en même temps le vécu et ses sensations dans la vie courante. Pour ceux qui s’y bornent, un pan du monde restera interdit. Néanmoins cette stratégie a été jusque là à double tranchant, car toute expérience authentique ouvre une porte imprévue, dans laquelle finissent par s’engouffrer toutes les subversions.

En ce qui concerne notre époque, et contrairement à ce que beaucoup croient, la poésie n’a pas disparu. Elle est même une matière première de la production marchande, malmenée au même titre que les autres, et dont la dissimulation est essentielle.

La poésie, valeur d’usage du vécu dans son ensemble, est niée dans la production par le travail forcé du salariat, et restituée de façon falsifiée dans la consommation, pour l’entretien de ce cycle. Les fragments d’une vie débitée en morceaux, et produits en série, dont l’unité pratique ne sera jamais retrouvée, sont une composante essentielle de l’adhésion subjective au capitalisme. Mais la jouissance de cette restitution parcellaire a un fondement réel, qu’il s’agit de lui faire retrouver consciemment dans son intégralité.

Cette capacité de falsification de la marchandise, que les marxistes nommaient « fantasmagorie » est en fait la qualité formelle de la marchandise, son goût spécifique, aujourd’hui devenu universel. Le capitalisme se confondant idéologiquement avec le réel, ses formes se retrouvent partout, et avec elles, la sensibilité qu’elles produisent. Elle remplace l’intensité vécue, absolument qualitative de la poésie, par la saturation quantitative des capacités de perception humaines.

III.
L’expression pratique de la poésie tient dans ce simple fait que tout est forme, autant que contenu. L’apparence, comprise comme manifestation externe de l’intériorité, est ce par quoi le monde nous frappe d’abord.

Une telle qualité d’attention au réel, souvent considérée à tort comme esthétisante ou superficielle dans les milieux politisés, permet de saisir les traits dominants de l’aliénation d’une époque, en même temps que d’envisager leur dépassement. On trouve dans la littérature des exemples de ce qui a justement manqué à la théorie critique, comme le soulignait Engels dans une citation célèbre : Kafka a compris et donné à voir l’aliénation politique du droit et sa manifestation bureaucratique, Jarry a mis à nu le pouvoir politique des États modernes.

S’engouffrant dans la brèche ouverte par l’art moderne, la théorie critique a décrit avec Benjamin le lien étroit entre formes et histoire. Que ce lien concerne non seulement le mode de perception mais aussi de production du monde est sa principale qualité. Benjamin pût ainsi écrire dès 1936 que l’humanité « se donne en spectacle à elle-même » et qu’« elle s’est suffisamment aliénée à elle-même pour vivre sa propre destruction comme une jouissance de tout premier ordre ». Ce qui n’a cessé de se confirmer, et de s’aggraver depuis lors.

La théorie du spectacle, systématisée ensuite par les situationnistes, correspond à la forme historique du capitalisme du siècle dernier, aujourd’hui concrétisée et dépassée par la société présente. Les principes – et parfois le détail – de cette critique sont encore valables aujourd’hui, mais le jeu historique se poursuit, et avec lui, l’évolution de la domination marchande. La virtualisation idéologique du réel est devenue, avec le développement des forces productives, participative ; et ce qui était le monopole de quelques uns à paraître s’est mué en simulation généralisée. Dans le même temps, la pénétration technique et idéologique du réel, et la concentration effective du capital se sont considérablement accentuées.

Comme l’avaient pressenti les situationnistes, une telle société a trouvé dans la cybernétique la voie de son accomplissement : la théorie de l’information est en fait la ré-évaluation du cosmos par le prisme de la transmission médiatique à distance. Au lieu de l’identité de la forme et du contenu, la cybernétique théorise la dissociation du signal et du code. Elle poursuit et produit techniquement le rationalisme, et en ce sens elle est parfaitement cohérente avec l’aliénation économique.

La cybernétique déporte la dégradation capitaliste du réel sur l’ensemble du cosmos, ce qu’avait déjà esquissé le rationalisme du XVIIIe siècle. Ainsi selon elle, les êtres sont des machines, la pensée du calcul, la musique du signal, le langage un code, la communication une transmission unilatérale.


La fonction idéologique de l’information et de sa théorie correspond historiquement au renouvellement pour le capitalisme de la prétention à la totalité. L’information, avant d’être un outil d’ingénierie ou un « mode de gouvernement » est la redéfinition du réel comme intelligible, quantitatif, transparent et transactionnel. L’information est effectivement l’inverse de la poésie, par son aspect immatériel et anhistorique, mais elle s’y substitue par son caractère unitaire et formel.

L’avènement pratique de l’information produit une intensification de l’emprise du capital sur la société. Dans la vie quotidienne, les conséquences de celles-ci s’ajoutent à la réification déjà avancée du spectacle, aujourd’hui vécue positivement, jusque dans la revendication enthousiaste d’une déshumanisation intégrale, d’une conformité robotique à la logique marchande.

IV.
Au sein des dispositifs informatiques, le lien organique entre les choses est restitué symboliquement par l’interface avec la distance froide de l’écran, sous une forme intelligible et technique, réifiée et bureaucratique. Chaque dispositif isolé trahit le projet cybernétique dans son intégralité, qui n’est rien d’autre que l’édification d’un cosmos conforme au rationalisme marchand.

La démocratisation des moyens de production spectaculaires, permise par l’informatique, a considérablement accru la virtualisation du réel, et avec elle, toutes les dégradations subjectives : les spectateurs sont devenus citoyens cybernétiques quand ils se sont saisis des moyens de la réalisation de la vie apparente. On leur a en fait délégué ce qui était le propre des stars, et ils ont hérité par là de tous leurs travers.

Ce qui était déjà présent abstraitement dans la poursuite d’un rôle a aujourd’hui une consistance technique inégalée. La fusion existentielle avec la marchandise fait donc d’eux des gens sans âges, qui prolongent une « adolescence » consumériste éternelle. En même temps que la disparition de l’enfance, on constate un penchant généralisé à la régression. L’insatisfaction produite par le fait de perdre sa vie à la virtualiser rend impossible ce qui était déjà improbable il y a un siècle, à savoir l’expérience de l’amour.

La dégradation la plus notable de la formation subjective est la disparition du goût, accompagnée du relativisme idéologique le plus total. C’est en fait le symptôme le plus fort de l’amnésie spectaculaire : au moment même où le fonctionnalisme concentrationnaire a tout détruit, et tout banalisé, la possibilité même d’un jugement sur la qualité a été idéologiquement interdit.

La cybernétisation du capitalisme marque également un nouveau cap dans son esthétisation. Comme d’autres trouvailles de l’art moderne, la revendication du « dépassement de l’art » a été récupérée, et même mise en pratique par le capitalisme lui-même. Mais, incapable de produire l’intensité poétique qui a fait le cœur de l’art moderne, il se contente d’un futurisme spéculatif, au sein duquel circulent toutes les autres tendances.
Il promet par là l’avènement d’un royaume cybernéticien, et avec lui une fusion heureuse de l’humain et de la machine, qui ne viendra jamais.

V.
La conscience révolutionnaire est intimement liée à la conscience poétique [là, attention de ne pas mettre la poésie au service de la révolution...] : le terme même indique le mouvement cosmique, le dynamisme vivant, donc la fugacité de la vie.

La conscience poétique est la ligne de front révolutionnaire réelle [c'est fait, la poésie contiendrait le message révolutionnaire vrai] : elle distingue ceux qui savent pourquoi ils veulent changer le monde, des contestataires radicaux qui accompagnent malgré tout ses évolutions présentes, ou qui nourrissent encore l’illusion de l’humaniser. [il y aurait une élite poétique consciente qui deviendrait l'avant-garde réelle...]

L’art a été, pendant sa période moderne, le terrain des expérimentations poétiques les plus ambitieuses : sa première phase au XIXe a montré toute l’étendue de la libre production des conduites individuelles, l’ivresse de Rimbaud, Van Gogh et son chapeau chandelier peignant le vent dans la nuit, Hokusai parcourant le Japon pour dessiner et changeant de nom au gré des villes. Sa seconde phase au XXe, a conservé cet élément et l’a étendu grâce aux avant-gardes à l’échelle objective et collective. Ces groupes ont esquissé autant de civilisations potentielles, permises par un usage humain des avancées techniques industrielles.

La première phase de l’art moderne a trouvé ses limites dans son admiration univoque de la nature, la seconde, elle, a globalement fétichisé la technique industrielle, au détriment du dynamisme vivant. Il s’agit à présent de produire un dépassement de ces deux tendances, en conservant l’échelle de transformation des avant-gardes, augmentée d’une conscience accrue de la solidarité matérielle. La cybernétique, en récupérant le fétichisme technique et la volonté de transformation globale soumise au rationalisme marchand, procède d’un dépassement inverse.

Un des enjeux majeurs de la lutte révolutionnaire de ce siècle est de briser la dépossession de notre imaginaire [ce n'est rien d'autre que la question de la subjectivation révolutionnaire, qui ne peut aller sans sa dimension poétique mais ne s'y réduit pas], car l’imaginaire, disait André Breton, « est ce qui tend à devenir réel », mais il est aussi, selon Humpty Dumpty : « une mémoire qui anticipe. » Il s’agit de retrouver des ambitions dont le fondement soit irrécupérable, de renouer avec une capacité d’élaboration et de projection dans l’avenir.

Un des principaux freins à l’élaboration d’un mouvement révolutionnaire actuel est la disposition subjective à la soumission et à la séparation, ainsi que le prolongement volontaire de cette soumission par l’entretien de désirs falsifiés. Mais ces désirs et cette falsification, tous deux réels, prennent appui sur des velléités authentiques, et la récupération intègre malgré elle un désir d’intensité qualitative qu’il s’agit de révéler.

Les plus démunis de nos contemporains ont coutume de considérer le monde réel comme étant celui de la banalité de leur vie quotidienne colonisée, et le monde virtuel des simulations cybernétiques comme l’espace de leur réalisation : il s’agit de renverser ce paradoxe. Un imaginaire révolutionnaire conséquent passe nécessairement par une revalorisation du « fantastique réel de la vie », un dévoilement de sa plasticité fondamentale et de tous les possibles de sa transformation.

C’est cet imaginaire qui permettra de concevoir la transformation de la technologie marchande issue du rationalisme, en technique organique, production d’une civilisation jouant de façon réciproque, et mutuellement vertueuse avec la nature. Cette civilisation pourra avoir comme versant unitaire une conscience de la commune vitalité, tout en libérant les moyens de production pour une multiplicité de redéfinitions du sens de la vie, et autant de formations collectives. De là, la vie pourra être consciemment vécue comme une aventure, avec tout ce que cela implique de migration ou de sédentarité, de rencontres, de conflictualités ouvertes et de divisions historiques.

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Message par Florage le Dim 23 Juin - 6:20


POÉSIE ET PHILOSOPHIE
quelques mots
Patlotch a écrit:je ne vais pas faire un cours d'histoire de leurs rapports, de Platon à Hegel et à la tendance philosophique de la poésie savante à la fin du siècle dernier. Meschonnic et Bonnefoy, en tant que poètes et penseurs, ont réglé pour moi de problème, les deux sont complémentaires à certaines conditions. Deleuze et Gattary sont plus handicapés, parce qu'ils se situent sur le terrain de la philosophie, sans pratique poétique

la poésie pense, évidemment, et nul poète penseur de son temps ne saurait éviter d'inclure sa pensée raisonnée dans ce qui est expression de percepts et affects sans concepts. La philosophie même est une matière de la poésie autant que l'inverse

une différence est dans la notion de praxis. Le philosophe généralement n'en a pas d'autre que la pensée conceptuelle, et s'il a une praxis, c'est une pratique théorique, le métier de philosophe, comme généralement les "travailleurs intellectuels". Qu'il le veuille ou non, son expression entérine toujours la séparation des mots et des choses, du langage et de la vie, de la théorie et de la pratique. Les ayant séparées par métier, il cherche à les réunir par la pertinence de ses démonstrations, mais ne peut malgré lui que rester sur le terrain de la spéculation. Il a beau feinter, il n'est pas crédible, parce que pas légitime

il n'y a que les philosophes poètes, artistes, scientifiques, menuisiers... pour échapper au travers de la conceptualisation descendante qui, comme le critiquait Marx, interprète le monde sans le transformer

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Message par Florage le Mer 3 Juil - 17:41


NOTE EN COULISSE

Patlotch a écrit:depuis que j'ai repris la poésie, ici en juin, j'écris dans les creux de ce qui est désormais mon activité principale, la guitare. Je le fais en furtif, sans plus me poser de questions de formes, utilisant celle du sonku entre sonnet et haïku, sept vers de métriques variables, des plus traditionnelles aux plus libres, toujours attaché à l'intrication des sons, du sens et des rythmes

les séries de sept dans une journée offrent un cadre élargi à ces formes courtes auxquelles il est plaisant, dans la faible contrainte stimulant la liberté, de trouver une unité, des échos entre petits poèmes. Je les travaille peu, cherchant peut-être plus que jamais la simplicité, l'effacement de ce qui alourdirait la virtuosité, ce jeu au trapèze volant dans mon cirque romanesque, où le gadin ne craint pas les gradins

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Message par Florage le Sam 6 Juil - 21:39

Patlotch a écrit:je hais les vacances comme on disait "je hais les dimanches". De quoi désennuyer quelques jours, une émission que j'avais ratée il y a dix ans

Aragon est le poète, écrivain... qui m'a le plus influencé sur la forme, ne serait-ce que parce qu'il absorbait celles des autres comme une éponge, et je m'en sens à la fois proche et très loin, comme s'il était d'une autre époque. Je ne pourrais pourtant absolument pas avoir au communisme, je ne dis pas seulement au parti, le même rapport de dépendance et de foi que lui*. C'est sans doute parce qu'il était pris dans une période ou fort peu faisaient la différence, Althusser non plus, cet autre Louis qu'Aragon n'aimait pas, ni qu'on l'appelât Louis
* voir BADIOU, ARAGON,  L'AMOUR, LA POÉSIE ET L'AMOUR DE LA RÉVOLUTION DU PARTI

les Aragoniens sont une drôle de ? famille, dont j'ai rencontré il y a une trentaine d'années quelques spécimens. Les gens me semblent un peu bizarres, qui se consacrent autant à un auteur, mais je reconnais qu'ils peuvent être passionnants
Il y a cinquante ans, 1969
Louis Aragon (1897-1982)

06/07/2019
Un documentaire de Catherine Pont-Humbert et Dominique Costa.
Rediffusion du 25 avril 2009

Louis Aragon est l'auteur d'une oeuvre gigantesque, variée, à la durée exceptionnelle, entourée de controverses. Cette œuvre dessine les contours d'un monument littéraire, guère comparable à Victor Hugo.

POÉTIQUE, la mienne et d'autres 838_gettyimages-542269390
Louis Aragon devant sa maison à Moulin de Villeneuve, offerte à Elsa Triolet
Crédits : William Karel / Sygma - Getty
L'œuvre de Louis Aragon est impressionnante. Son ampleur, sa variété, sa durée exceptionnelle dessinent les contours d'un monument littéraire. De plus, elle émane de l'un des derniers "grands écrivains" dont la France est si friande. Et pourtant l'œuvre d'Aragon est encore souvent réduite à la simplification d'une légende. En effet il existe un "mythe Aragon" qui vient recouvrir les textes comme un voile et en fausser la lecture. Ce mythe, qui s'est élaboré du vivant du poète et s'est perpétué bien après sa mort, repose essentiellement sur deux facettes de l'œuvre et de la biographie. D'une part le couple formé par Elsa Triolet et Louis Aragon, sensé incarner l'amour parfait, et d'autre part la dimension politique, l'engagement de l'homme et de son œuvre.

À ÉCOUTER AUSSI
Louis Aragon en 4 épisodes : Aragon ou le mentir-vrai, Poète avant tout, Compagnonnage communiste, L'Art du roman

L'amour et la politique, Elsa et le communisme, l'élaboration légendaire a fini par former des entrelacs d'une telle complexité que les biographes se font rares. C'est pourquoi nous avons choisi d'entrer dans le "laboratoire" d'une biographie en cours de rédaction, pour tenter de démêler quelques fils de cet écheveau, pour voir ce que le recul du temps permet de révéler, ce que les documents soulèvent comme interrogations, doutes, bref vérifier s'il y a un Aragon "nouveau".



Pour aller plus loin
Maison Elsa Triolet - Louis Aragon, site du Moulin de Villeneuve. C'est la maison qu’Aragon a achetée pour Elsa Triolet en 1951, à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

Elsa la rose, un court-métrage d’Agnès Varda (réalisé en 1966) sur l'histoire d'amour de Louis Aragon et Elsa Triolet, avec Michel Piccoli comme récitant.

Dossiers Aragon en ligne sur le site de l’Erita : équipe de Recherche Interdisciplinaire sur Louis Aragon et Elsa Triolet.

Asphyxies : texte en prose publié dans la revue Littérature, nouvelle série, n°2, avril 1922, repris dans le recueil Le Libertinage (1924) : en ligne sur le site des archives internationales Dada, géré par l’université de l’Iowa.

Corinne Grenouillet : Le monde noir américain dans la vie et l'œuvre d'Aragon (1920-1945), article paru dans la revue Présence Africaine, n° 187-188, 2013.

Avec Olivier Barbarant, Professeur en Khâgne au Lycée Lacanal, responsable de l'édition en deux volumes de la poésie d'Aragon dans la collection "la Pléiade" ; Nathalie Piegay, enseignante à l'Université Paris VII, auteur notamment de Aragon et la chanson et Josyane Savigneau, journaliste et biographe. Documentation : Annelise Signoret.

BIBLIOGRAPHIE
Aragon
Philippe Forest
Gallimard, 2015

Le Paris d'Aragon
Olivier Barbarant
Alexandrines, 2016
Oeuvres poétiques complètes (2 volumes)
Oeuvres poétiques complètes (2 volumes)
Louis Aragon
Gallimard / Bibliothèque de la Pléiade

Oeuvres romanesques complètes - Tome II - Aragon
Louis Aragon et Daniel Bougnoux
Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 2000

INTERVENANTS
Olivier Barbarant
Poète, spécialiste d'Aragon, Inspecteur général du groupe Lettres à l'éducation Nationale.
Nathalie Piegay
Josyane Savigneau
écrivaine et journaliste

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Message par Florage le Jeu 11 Juil - 14:41


SI L'ON VOUS DEMANDE SI LE POÈTE PATLOTCH AIME LES GENS,
DITES QUE C'EST UNE QUESTION À LA CON
Patlotch a écrit:ce matin dans la série de France Culture Les Masterclasses, « grands entretiens de référence sur la création culturelle. Littérature, cinéma, arts de la scène, arts plastiques, architecture : 40 personnalités du monde des arts de la pensée nous font entrer dans les arcanes de leur création », le romancier-chirurgien-dentiste Alaa Al Aswany, qui a dit un tas de choses intéressantes sur la création romanesque, a établi une différence entre le romancier et le poète :

le romancier aimerait les gens, il saurait les écouter, écrire pour leur plaisir mais sans vouloir répondre à leurs attentes

le poète aurait, en général, « un problème de communication avec les autres »

si j'ausculte mon cas sans chirurgie dentaire excessive, c'est peut-être assez vrai. Je ne me verrais pas du tout romancier à la manière qu'il a décrite comme "verticale-horizontale", écrire un chapitre puis relire et corriger les précédents, sauf à la fin, car on risquerait de mauvaises corrections... Il a insisté sur le fait qu'un bon romancier devait savoir créer des personnages puis les laisser vivre leur vie en la traduisant dans le roman. Ça je crois l'avoir plutôt bien réussi dans ma série de L'OUTRE-RÉEL III et IV, mais quant à corriger, jamais de la vie, je ne l'ai pas même fait d'un épisode quotidien à l'autre, parce que c'était mon principe d'imprévisation. C'est important, que ce soit de vrais romans de romancier ?

quant à avoir un problème de communication avec les autres, ça peut m'arriver, mais encore faut-il que j'aies envie d'essayer. Avec la plupart des gens, ça m'a passé. À la question de l'analyse transactionnelle Que dites-vous après avoir dit Bonjour ?, ma réponse serait Rien ! sauf si l'on me répond quelque chose qui me donne envie d'aller plus loin

alors, j'aime les gens, ou pas ? Mais c'est que ça ne veut rien dire, ma chère lectorate, "aimer les gens" en général, la preuve les gens s'en foutent, sauf peut-être les lecteurs de romans qui concluent : « On sent que ce romancier aime les gens ! », moi j'appelle pas ça de bons lecteurs, qui mélangent tout. Peut-être qu'au fond Hugo ou Aragon aimaient les gens comme ça, en romanciers, poètes et hommes politiques à la fois : la belle affaire, pour "les gens". Mais Baudelaire, Verlaine, Rimbaud... Laissez-moi rire !


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Message par Florage le Jeu 8 Aoû - 12:29


TROUBLES DANS LE VERS
Patlotch a écrit:s'est inscrite au forum, d'après son adresse i-mail, une professeure à l'Université libre de Bruxelles (U.L.B.) où elle enseigne à la fois aux futurs psychologues et orthophonistes

la lectorate attend impatiemment ses interventions. En effet, elle est auteure, entre autres, en 1994 de Une batterie d'évaluation du langage écrit et de ses troubles (en collaboration), et en 2004 de Dysphasie et développement de la sensibilité à la rime et au phonème

je vais enfin savoir à quoi rime mon trouble poétique


affraid


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