SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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Message par Patlotch le Mer 3 Oct - 11:40


Femmes en Lutte 93
Collectif Féministe du 93 : Sortons de l'ombre et vivons libres !

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Notre enquête : #TravailDeBonneFemme


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Pour participer à notre enquête, nous vous donnons rendez-vous pour des échanges directs et non par mail ou téléphone !

Nous ne voulons pas faire de la sociologie ou du journalisme : notre objectif est politique.

Nous voulons que cette enquête se diffuse par les femmes elles-mêmes, peu importe le niveau d'études. Nous souhaitons que les enquêtées deviennent enquêtrices à leur tour.

Nous voulons créer des solidarités entre les femmes des classes populaires, pour sortir de l'isolement et se mobiliser ensemble.

Nous tiendrons un stand à  la Fête des associations de Saint-Denis, venez témoigner auprès de nos militantes !

Samedi 6 octobre 2018, 11h-18h, place Victor Hugo.
Village associatif : stand de Femmes en lutte 93.


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Message par Patlotch le Jeu 11 Oct - 11:28


#MeToo, une révolte féministe globalisée
Florence Rochefort Libération 10 octobre 2018

Florence Rochefort, chercheuse au Groupe Sociétés Religions Laïcités (CNRS/EPHE/PSL), auteure de l’Histoire mondiale des féminismes, Que sais-je ?, 2018 ; codirectrice de la revue CLIO Femmes Genre Histoire  

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Manifestation #MeToo à Los Angeles, le 12 novembre 2017. Photo David McNew. AFP

Depuis un an, le mouvement l'a montré : les nouvelles générations de militantes ne se contentent plus de la dénonciation, elles sont capables d’organiser des stratégies de résistance et explorent des techniques d’auto-défense.

Les féminismes se sont toujours focalisés sur une revendication prioritaire qui leur permettait de dépasser le noyau dur des militantes les plus chevronnées pour atteindre un public plus large de femmes et de quelques hommes pour sensibiliser l’opinion en dépassant les frontières nationales. Les luttes pour le droit de vote dans les premières années du XXe siècle ou le droit à l’avortement dans les années 70 ont joué ce rôle fédérateur, moteur du changement social, politique et culturel. La dénonciation de la violence, du viol, du harcèlement est dans ce début de XXIe siècle le vecteur privilégié d’une expression féministe ouvrant sur une prise de conscience d’ampleur inégalée.

Le thème n’est pas nouveau. Déjà au XIXe siècle, des ouvrières dénonçaient les contremaîtres abuseurs. Les mobilisations amorcées dans les années 60 ont libéré la parole des femmes et, à partir de leur vécu, théorisé la politisation du privé et de l’intime. L’expérience du corps est alors première – corps meurtris ou corps jouissants, corps réduits au silence ou corps hurlants. Les mots des femmes ont permis d’identifier la violence, de la nommer, de la dénoncer, de la combattre. Celle-ci ne devait plus être considérée comme inhérente à la condition humaine ou à la nature masculine, à l’accident ponctuel, mais comme le produit de rapports sociaux inégalitaires, du patriarcat disait-on à l’époque, de la domination masculine, dit-on plus couramment aujourd’hui – un système de hiérarchisation et de domination qui forge les pensées et discipline les corps, qui conditionne les comportements des prédateurs et la culpabilité des victimes. En ce sens, on peut être frappé par la continuité des problématiques féministes, d’autant que les militantes de toutes tendances n’ont cessé de mettre la violence au premier plan de leur combat.

Plus question de se taire
Il est indéniable pourtant que #MeToo fait événement. L’ampleur de la mobilisation des femmes, sa dimension mondiale, sa diffusion éclair via les réseaux sociaux sont inédites. Il révèle une nouvelle sensibilité et une nouvelle combativité à l’égard des agressions sexuelles, concomitante avec les dénonciations de l’inceste, des viols de guerre ou encore des exactions des prêtres pédophiles. Plus question de se taire : il faut dire, témoigner, révéler des secrets enfouis. La honte change de camp, et si quelques voix s’indignent d’une telle outrecuidance, l’empathie et la solidarité envers les victimes gagnent l’opinion mondiale.

Les blogs des femmes des printemps arabes ont dénoncé la pression quotidienne subie, comme le fit le film égyptien les Femmes du bus 678 de Mohamed Diab (2010). Si les féminismes ont connu, dès le XIXe siècle, des dynamiques transnationales fortes qui ont permis leur implantation jusqu’en Inde et au Moyen-Orient, en passant par l’Afrique et la Chine, #MeToo offre un exemple sans précédent d’une révolte globalisée. La lutte contre les préjugés et les comportements sexistes a donné aux combats pour l’égalité une dimension politique de subversion de genre plus étendue encore que la sphère du droit, néanmoins déterminante. Elle ouvre la question du changement des représentations du féminin et du masculin, les codes de féminités et de masculinités qui tendent à reproduire indéfiniment les inégalités à visée hétéronormatives et reproductives à travers les codes, les modes, les attitudes… Les nouvelles générations de féministes ne se contentent plus de la dénonciation, elles ont la capacité d’organiser des stratégies de résistance et explorent des techniques d’auto-défense. Aujourd’hui, dans le brouhaha des si nombreux silences brisés, souvent anonymes, on mesure l’importance de cet impact.

Comment transformer l’essai ?
S’agit pour autant d’une révolution ? Il est trop tôt pour le dire. La condamnation de la violence par l’opinion, la plus grande prise en compte des plaintes dans le monde du travail ou universitaire, dans le monde politique ou culturel est une nouvelle donne qui commence à donner des résultats, ou du moins une attention plus aiguisée à la gravité des faits incriminés. Comme une traînée de poudre, l’effet mondial de la colère des femmes est encore décuplé par la publicité de culpabilités avérées par le très grand nombre de plaintes. Le monde artistique et littéraire poursuit son rôle d’amplificateur, de diffuseur. Plusieurs groupes ont pris l’initiative de maintenir ce qui est désormais perçu comme le mouvement #MeToo.

Comment ce mouvement social singulier pourra-t-il poursuivre son action et transformer l’essai ? Comment introduire la complexité ? Celle d’une approche qui prenne en compte les effets croisés des différents types d’inégalités sociales, sexistes, classistes, racistes ou homophobes ; celle de la violence contre les hommes qui ne répondent pas aux schémas dominants. Il y a, de plus, fort à faire face aux réactions antiféministes et masculinistes des populismes d’extrême droite, des fondamentalismes et néoconservatismes religieux qui ne cessent de s’en prendre aux acquis ou propositions égalitaires en entravant très concrètement les droits des femmes et la liberté des sexualités, ou encore interdisent les études de genre, comme en Hongrie. L’impact féministe de #MeToo pourra-t-il être à l’origine d’une réelle action politique volontaire pour promouvoir une éducation à la sexualité d’une réelle ampleur, encourager les expériences de nouvelles socialisations comme l’exploration de relations de genre égalitaires, réelles ou imaginaires, pour sortir des silences du présent comme de l’histoire ?

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Message par Patlotch le Mar 16 Oct - 10:01


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À l’occasion de la sortie de sa nouvelle BD, "La Charge émotionnelle et autres trucs invisibles", nous avons discuté #MeToo, violences policières, capitalisme et patriarcat avec Emma.

“Ce livre est le fruit d’observations et de réflexions mises en images au fil de l’actualité. Une autre façon de voir notre monde pour aboutir, collectivement, à une autre façon de le faire tourner.” Voici comment la dessinatrice, autrice et blogueuse Emma introduit sa nouvelle BD, "La Charge émotionnelle et autres trucs invisibles", en librairies depuis le 20 septembre. À 37 ans, celle qui s’est fait connaître en démystifiant la charge mentale dans sa planche Fallait demander, revient donc avec un troisième ouvrage, dans lequel il est, entre autres, question de consentement, de drague, de harcèlement, ainsi que de violences et contradictions au sein de la police.

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L’engagement d’Emma, qui se définit comme “féministe et révolutionnaire”, date de 2010. À trente ans, elle prend conscience que les difficultés qu’elle rencontre dans le monde professionnel sont en lien avec son genre. Très vite, elle introduit la notion de lutte des classes dans ses réflexions: “Je souffrais énormément au travail, je ne comprenais pas le sens de ce que je faisais. C’était ce qu’on appelle un bullshit job. J’ai compris qu’il était possible de travailler moins et de vivre mieux, dans des sociétés basées sur d’autres schémas.”

À force de discuter sur les réseaux sociaux avec des femmes voilées ou racisées, son féminisme “blanc, qui concerne uniquement les violences sexuelles, les micro-agressions sexistes”, duquel elle se revendique pendant un an, se transforme rapidement en féminisme inclusif. Une grenade lancée par un CRS à hauteur de visage lors de la manifestation contre la loi travail en mai 2016, et trois jours de surdité plus tard, la jeune femme fait entrer la question des violences policières dans ses luttes, sans vouloir pour autant s’ériger en porte-parole de la cause. “Je suis blanche, je sors souvent sans mes papiers, je ne me fais pas embêter par la police, précise Emma. Je m’intéresse à toutes les luttes sociales, même si celle qui me concerne le plus est la lutte féministe, car je n’assume pas d’autre oppression que celle liée à mon genre. Certaines personnes sont plus légitimes que moi pour dénoncer d’autres injustices. Mais je veux donner un coup de pouce.” Nous avons posé quelques questions à cette femme engagée, qui s’applique à rendre accessibles les théories féministes au plus grand nombre.

La charge émotionnelle, c’est quoi ?

C’est le souci permanent qu’ont les femmes de créer un environnement émotionnel et matériel confortable pour leur entourage. Dans le monde pro, cela peut s’illustrer par la prise en charge de la décoration du bureau, ou par l’organisation d’événements, comme les pots de départ. Dans un couple hétéro, c’est par exemple le fait que les femmes anticipent systématiquement les besoins de leurs partenaires. On parle d’un travail invisible, permanent, et très fatiguant, qui consiste à se mettre sans cesse à la place des autres, à agrandir leur zone de confort, quitte à rétrécir la sienne.

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Planche de “La Charge émotionnelle et autres trucs invisibles” d’Emma ©️ Editions Massot ©️ Emma

Comment as-tu découvert cette notion ?

Je passe pas mal de temps sur les forums féminins, et j’ai pu y remarquer qu’au-delà de la charge mentale, les femmes se plaignaient de devoir jouer le rôle de lubrifiant social pour les personnes qui les entouraient. Elles avaient pour beaucoup l’impression d’être le coussin d’amortissement de leur conjoint. J’ai pu rapprocher ce ras-le-bol de quelques réflexions faites à la lecture des Sentiments du prince Charles et de recherches effectuées sur Internet, pour comprendre que cette pression avait un nom : la charge émotionnelle.

L’histoire d’un gardien de la paix est la seule planche de ta BD qui n’a pas de portée féministe. Pourquoi as-tu voulu t’intéresser aux violences policières ?

J’ai évoqué ce thème plusieurs fois déjà, en dessinant notamment l’affaire Adama Traoré. J’ai raconté mon point de vue sur les violences policières, en développant l’idée qu’historiquement, et encore aujourd’hui, la police n’est pas là pour nous protéger, mais pour empêcher les rebellions. Lorsque j’aborde ce sujet, je me rends compte qu’il est mal compris. Souvent, les faits sont qualifiés de bavure policière et la faute rejetée sur la victime. Raconter l’histoire de ce policier, Éric, permettait de mieux faire passer mes idées et d’expliquer que c’est un système entier qu’il faut déconstruire. Nous devons trouver un autre moyen de contrôle social que la police.

Qu’est-ce que le “travail gratuit des femmes”, que tu évoques dans ta BD ?

Le travail gratuit des femmes comprend les tâches ménagères, tout ce qui concerne le care, la charge mentale, le soin aux autres… Autant de choses dévalorisées dans notre société. Il ne donne droit à rien, n’est pas payé, pas calculé, prend du temps et de l’énergie, qui pourraient être utilisés par les femmes pour s’émanciper. C’est une forme d’exploitation. Dans le modèle capitaliste, ces efforts, féminins la plupart du temps, permettent aux hommes de faire correctement fonctionner l’économie.

Quel est le lien entre capitalisme et patriarcat ?

Le capitalisme empêche les hommes de s’investir dans la sphère privée. On est dans un contexte où les individus sont encouragés à travailler le plus possible pour avoir une situation stable. Mais prendre un congé parental, un temps partiel, partir tôt le soir pour s’impliquer dans les tâches domestiques et familiales, ça veut dire perdre de l’argent… Je pense qu’on ne pourra pas achever la lutte féministe sans se débarrasser du capitalisme.

Nous sommes un an après #MeToo. Quel bilan tires-tu de ce mouvement ?

Il y a eu un gros bouleversement. Des femmes absolument pas engagées pour l’égalité femmes-hommes ont pris conscience des agressions qu’elles avaient subies. Elles se sont mises à parler et ont, dans la foulée, porté un autre regard sur les mouvements féministes. #MeToo a été une période d’échange, de sororité retrouvée, dans une société qui a tendance à isoler les femmes. Je regrette cependant que le débat ait été transformé en polémiques sur la suspicion de délation ou sur la question de la séduction. Contrairement aux États-Unis, la France n’a pas pris le problème des agressions sexistes et sexuelles au sérieux…

Le 2 octobre dernier, Raphaël Enthoven a vivement critiqué ta vision du féminisme dans un billet publié sur le HuffPost. Quelle a été ta réaction ?

Je n’ai pas lu son texte. Il écrit sur moi depuis un moment, et je ne lui réponds pas. Raphaël Enthoven fait partie d’un monde qui disparaît, et il s’accroche aux branches. Je l’ai bloqué sur Twitter mais il est de ceux que tu sors par la porte, mais qui reviennent pas la fenêtre en moulinant des bras.

Que penses-tu de la campagne “Réagir peut tout changer”, lancée le 30 octobre par le gouvernement ?

C’est tout à fait fidèle à la politique du gouvernement. Plutôt que de donner des subventions aux associations, d’intervenir dans les écoles, on fait des PowerPoint et des campagnes de pub sur Twitter pour dire “harceler c’est mal”. C’est infantilisant. Au lieu d’accepter que, de façon globale, notre société est patriarcale, et d’essayer de faire bouger les choses, les politiques au pouvoir préfèrent communiquer sur ceux qui ne réagissent pas au harcèlement, de façon individuelle.

Si tu étais au gouvernement, quelle serait ta première mesure pour les femmes ?


Je suis révolutionnaire, donc, je commencerais par rendre le pouvoir au peuple [sic]. Puis, il faudrait rassembler les personnes concernées par le sexisme, consulter les femmes pour connaître les problèmes auxquels elles sont le plus confrontées. De mon côté, je pense qu’il y a beaucoup à faire au niveau de l’éducation. Il faut enseigner la notion de consentement, ne pas toucher les enfants quand ils ne le veulent pas, ou même prendre de photo d’eux s’ils refusent.

Concernant le milieu de l’art, on pourrait essayer de représenter des personnages plus variés, de moins valoriser le combat, la guerre ou le leadership, et de mettre en avant la notion d’empathie.

Propos recueillis par Margot Cherrid

à vrai dire, je la trouve un rien lourdingue pour ne pas dire naïve. Elle tend à déplacer les enjeux sur le plan psychologique, l'éducation, avec une posture militante intersectionnelle qui ne mange pas de pain. La charge n'est-elle pas d'abord matérielle avant de devenir "mentale" et "émotionnelle" ? On a l'impression qu'elle découvre les choses après tout le monde et que subitement elle va éclairer les masses féminines, et masculines... Quand j'ai référencé ses premières BD, dans LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS, elle m'a demandé de retirer cette info, qui risquait de lui nuire... Anticapitaliste et antipatriarcale (et "révolutionnaire"), ça va, mais communiste, c'est trop ?


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Message par Patlotch le Sam 10 Nov - 20:39


féministes mais pas que, reçu de Adé à propos de :


Piden 26.000 euros a siete mujeres por cortar las vías en la huelga feminista
Por Patricia Reguero / El Salto, Kaosenlared, 9 noviembre, 2018
Ils demandent 26 000 euros à sept femmes pour avoir coupé la voie ferrée lors de la grève féministe

Adé a écrit:L'affaire, c'est sept féministes qui risquent tout plein d'E de PV pour avoir bloqué la voie ferrée, au cours de la grève féministe très suivie en Espagne en général, là en Catalogne espagnole (puisqu'il y en a une française), par contre il n'y a pas d'Espagne catalane, ni de France non plus, englobantes étatsnations, inclusifs quoi...

Donc si la plainte soutenu par les Mossos (police catalane, inclusive : y a pas que des catalans là-dedans, juste parler catalan, équipement standardisé) et déposée par les chemins de fer (catalanes ferrées ?) aboutit et n'est pas classé sans suite : procès et amende.

Dans l'État espagnol, ça y va les PV pour toutes sortes de délits d'opinion, chansons rappeurs, expressions sur les réseaux socieux, manifs, sur les activistes journalistes...

Les peines de prison demandées peuvent être très lourdes, parfois des dizaines d'années, souvent des amendes dissuasives de plusieurs milliers d'euros.

Il me semble que deux "régions" sont spécialement ciblées (les mêmes que sous Franco), Pays Basque, Catalogne, s'y ajoute en effet des griefs multi-séculaires, liés à la formation de l'État espagnol, et la force des sociétés basques et catalanes dans leur effort toujours contrarié à s'ériger en État-nation.

Mais j'en reviens à la répression actuelle : le cas des jeunes gens du bourg d'Altsasu ; au cours d'une fête dans ce bourg, des jeunes du lieu s'en prennent à deux gardes-civils (en civil et hors service), s'ensuit une algarade au cours de laquelle un des gardes civils a la cheville foulée, il n'y rien d'autre pas de fracture... ils sont aussi tôt accusés de "terrorisme", pour avoir crié des slogans en faveur de ETA, ensuite ce chef d'inculpation sera retiré, cependant ils seront condamnés lourdement:
http://kaosenlared.net/la-audiencia-nacional-condena-a-lxs-jovenes-de-altsasu-a-penas-de-2-a-13-anos/

De 2 ans à 13 ans de prison pour huit jeunes d'Altsasu.

En ce qui concerne ValTonyc rap cat ou catrap : http://kaosenlared.net/orden-de-detencion-internacional-contra-valtonyc/

Risque jusqu'à 3 ans de prison, réfugié en Belgique : attentatoire à la monarchie, apologie de terrorisme, etc...

Les associations qui s'opposent aux expulsions sont également dans le collimateur : il y a une loi pour tout ça la Ley Mordaza, Loi Baillon.

http://blog.elespanol.com/actualidad/todo-lo-que-debes-saber-sobre-las-leyes-mordaza-que-se-avecinan/

Une loi dans l'esprit de celle d'Ordre Public (1959) de Franco : la police substitue les juges. Extraits :

La Ley Orgánica de Protección de la Seguridad Ciudadana sale adelante con el único apoyo del Partido Popular. Según la norma, pasarán a ser sanciones administrativas ciertos comportamientos hasta ahora considerados como faltas e incluidos en el Código Penal.

La Loi Organique de Protection de la Sécurité Citoyenne est passée avec les seules voix du Parti Populaire. Selon la norme, certains comportements jusqu'à présent considérés comme des délits inclus dans le Code Pénal deviennent des sanctions administratives

Esto tiene dos efectos. El primero es que se aceleran los procedimientos contra el ciudadano infractor al eliminar el proceso judicial y todas las garantías que conlleva. El segundo es que aumenta la potestad sancionadora del Ministerio del Interior y de las comunidades autónomas con policía propia.

Cela a deux effets. Le premier est celui d'accélérer la procédure contre le citoyen en infraction en éliminant le procès judiciaire et les garanties qui lui sont attachées.Le second est d'augmenter le pouvoir de sanction du Ministère de l'Intérieur, et des communautés autonomes pourvues des forces de police.

Los comportamientos sancionados especialmente llamativos son aquéllos que se refieren a manifestaciones en las que la protección legal y el poder de los agentes de policía se ve muy reforzada.


Les comportements sanctionnés qui retiennent particulièrement l'attention sont ceux liés aux manifestations au cours desquelles la protection légale et le pouvoir de la police se voient considérablement renforcés.

A continuación se incluye un resumen de los comportamientos prohibidos por esta ley comentados por el abogado Carlos Sánchez Almeida, miembro fundador y director legal de la Plataforma en Defensa de la Libertad de Información (PDLI).

Suit un résumé des comportements prohibés par cette loi, commentés par l'avocat en question, directeur du machin

Adé dit aussi poursuivre la traduction de Corriente as Camatte malgré quelques malheurs avec Open Office. Voir la première partie dans CAMATTE et NOUS

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Message par Patlotch le Dim 11 Nov - 10:51


Claude Bourguignon Rougier a écrit:En octobre 2018, Rita Segato, féministe latino-américiane participait au rencontres de Corpus Africana à Toulouse. Cette anthropologue qui a  proposé une vision particulière de la colonialité du pouvoir et qui connait particulièrement bien l'œuvre de Quijano, construit une lecture du patriarcat éclairée par sa connaissance des sociétés autochtones. Avec Maria Lugones, Ochy Curiel, et bien d'autres, elle a contribué à transformer en profondeur la pensée critique du continent.

Le féminisme décolonial latino-américain est encore très peu connu y compris des féministes françaises. La Revue d’Études Décoloniales qui publie depuis deux ans des articles et des traductions d'auteurs décoloniaux apporte sa contribution pour remédier à ce manque : le numéro 3 est consacré à la traduction de féministes latino- américaines.

liens dans l'original
Présentation: Poétiques des féminismes décoloniaux depuis le Sud
Claude Bourguignon Rougier

La révolution sera féministe ou ne sera pas
Karina Bidaseca

Instruments pour théoriser le genre en Mésoamérique : dimensions ontologiques du travail féministe décolonial

Sylvia Marcos

Des Afriques possibles ? Des Afriques qui se construisent elles-mêmes

Maria Antonieta Antonacci

Transformation des cultures de frontière et construction de la Méditerranée comme frontière Sud pour la nouvelle européité

Angeles Castaño Madroñal

Feminicide : L’essentiel ne doit être ni invisible ni invincible

Rosa Campoalegre Septien

Jeunes femmes afrodescendantes : corps, espaces et récits
Adriana Arroyo Ortega

Extraits de Tejiendo de otro modo

L‘épistémologie du Sud, la colonialité du genre et le féminisme latino-américain
Breny Mendoza

Colonialité et patriarcat moderne : expansion du domaine de l’État, modernisation et vie des femmes                          
Rita Segato

Interview de Ochy Curiel
par Lissel Quiroz et Jules Falquet

Después del último cielo
Karina Bidaseca

Notes de lecture
Jules Falquet

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Message par Patlotch le Sam 24 Nov - 15:30


Pour un 24 novembre politique,
marchons contre les violences sexistes et sexuelles

Paris-Luttes.Info 8 novembre 2018 | Maj  22 novembre
Départ de la manifestation
Plusieurs milliers de participant.e.s au départ de Opéra
défilent actuellement en direction de République.

À l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le mouvement Nous Toutes organise une marche le 24 novembre prochain à 14h, départ de la place de la Madeleine, métro Madeleine depuis Opéra, afin d’en finir avec les violences sexuelles et sexistes.

Départ depuis Opéra au lieu de Madeleine
En raison d’une manifestation probable des gilets jaunes dans le même secteur que Madeleine ; départ à 14h de place de l’Opéra au lieu de Madeleine en direction de République.

Appel “nous aussi”
Nous appelons à rejoindre cette marche, et à nous organiser activement afin d’en faire une réussite.

Les conditions de cette réussite ne seront cependant pas réunies si au prétexte de lutter contre “toutes les violences sexistes et sexuelles”, celles qui sont au premier rang de ces violences ne sont pas mises au centre de cette marche. Nous ne savons que trop bien à quel point notre effacement des luttes féministes perpétue notre isolement et ces violences. Avec “nous toutes”, nous voulons pouvoir dire “nous aussi”.

En disant “nous aussi”, nous voulons faire entendre les voix de celles pour qui les violences sexistes et sexuelles sont une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité, qui définissent nos quotidiens : les violences sexuelles que nous subissons sont souvent pour nous l’aboutissement de notre domination matérielle, économique et sociale dans chacun des aspects de nos vies, que ce soit au travail, à la fac, dans la rue, à la maison ou face à des policiers.

En disant “nous aussi”, nous affirmons que le contexte actuel est marqué par l’expression quotidienne du racisme, notamment de l’islamophobie et de la négrophobie. La lutte contre les violences faites aux femmes ne peut passer que par une lutte radicale contre le harcèlement politique et médiatique, ainsi que contre les discriminations légales qui visent en particulier les femmes musulmanes et viennent justifier les violences qu’elles subissent. Nous dénonçons les discours de certains politiques et médias qui s’acharnent à vouloir attribuer le monopole des violences sexistes aux “Autres” et notamment aux hommes immigrés, musulmans et des quartiers populaires. La France et ses institutions n’ont de leçon à donner à personne en la matière.

En disant “nous aussi”, nous nous positionnons fermement contre les politiques répressives et racistes qui visent en premier lieu les femmes migrantes, sans-papiers, étrangères.

En disant “nous aussi”, nous nous assurons que les luttes des travailleuses du sexe soient parties prenantes des luttes féministes, et dénonçons à leurs côtés le harcèlement policier dont elles font l’objet et qui favorise les violences quotidiennes auxquelles elles doivent faire face.

En disant “nous aussi”, nous voulons également lutter contre toutes les violences que subissent les personnes trans et intersexes, y compris celles des institutions médicales ou judiciaires qui continuent d’exercer un contrôle sur leurs existences et qui les enferment dans la précarité. Nous voulons également lutter contre les violences que subissent les lesbiennes, cis ou trans, qui par leur simple existence sont vues comme une menace au schéma « un papa-une maman » garanti et maintenu par le système hétérosexiste.

En disant “nous aussi”, nous entendons lutter contre les violences sexistes et sexuelles que subissent les femmes grosses, constamment déshumanisées, notamment par les institutions médicales.

En disant “nous aussi”, nous nous opposons aux politiques libérales appliquées par les gouvernements successifs qui nous privent peu à peu des services et des ressources nécessaires à notre vie quotidienne. Ces politiques d’austérité pèsent particulièrement sur les vies des femmes précaires, SDF, handicapées, ou devant fuir le foyer conjugal, qui se retrouvent d’autant plus vulnérables face aux violences.

En disant “nous aussi”, nous voulons exprimer notre solidarité avec toutes les femmes incarcérées, y compris celles détenues pour s’être défendues face à ces violences. Il est pour nous indispensable de rappeler que l’institution carcérale constitue une menace pour bon nombre d’entre nous en raison de nos moyens de survie, notre classe, notre race, et que nous refusons de glorifier la prison comme unique réponse aux violences sexuelles et sexistes.

Nous affirmons également que ces violences ne seront pas éradiquées par des seules actions de pédagogie reposant sur les bonnes volontés individuelles. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles, c’est construire un véritable rapport de force vis-à-vis des institutions qui font de nous des cibles pour nos harceleurs, nos agresseurs, nos violeurs, et nos assassins, que ceux-ci soient des inconnus ou des "proches", nos patrons ou nos partenaires.

Pour un 24 novembre politique contre les violences sexuelles et sexistes, Nous Aussi, organisons-nous et marchons !

P.-S.
Premiers signataires : Acceptess Transgenres, Alerta Feminista, Association Nationale Transgenre, Cellule de lutte antisexiste Paris 8, Les Bavardes, La Brêche EHESS, Burn Out - Collectif, Collectif Intersexes et Allié.e.s - OII France, Collectif de Lutte Anticapacitiste - CLAC, CLAQ, CLEF Montpellier, Collectif Afro-Fem, Collectif Des Raciné·e·s, Collectif Féministes Révolutionnaires, Collectif Irrécupérables, Collectif : Féministes contre le cyberharcèlement, Collectif ROSA, Deuxième Page, Féministes Plurielles, Fières, Friction Magazine, Frisse Asso, Garçes Collectif Féministe, Globule Noir, Gras Politique, Handi-Queer, L’intersection, Lallab, La BAFFE, Collectif La Chapelle Debout, Collectif LaMeute photographes, Le Castor Magazine, Collectif Le SEUM, Local de Docs Trans-Inter, NRJKIR Paris 8, Groupe anarchiste Orage, Les Ourses à plumes, Association OUTrans, Potere al Popolo Parigi, Queerasse, Quidam·e·s, RAR - Révolutionnaires Autonomes Radical.e.s, Le Réseau des femmes Afrodescendantes, SCARLET, SIAMO Paris Antifa, Strass - Syndicat du Travail Sexuel, TRANSGRRRLS, TRANS INTER action, Witch Bloc Paname, Women’s March Paris.

Si vous êtes un collectif/une organisation/une association et que vous souhaitez signer cet appel, ou si vous voulez participer à l’organisation, écrivez-nous à : contact.nousaussi@gmail.com ou https://www.facebook.com/nousaussicontact/
on note dans cet appel une union de groupes anarchistes, autonomes et radicaux, LGBTQ..., et féministes décoloniales (sans le PIR), des femmes noires donc plus que jaunes

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Message par Patlotch le Dim 20 Jan - 23:03

si je n'abonde plus les sujets de luttes particulières, certes c'est pris par ailleurs, mais surtout parce que dans la présente conjoncture, tous sont liés. Voici deux très mauvaises nouvelles, qui vont ensemble, bien sûr, soulignées en jaune. Ce ne sont pas que des luttes de femmes, moins encore pour les femmes, sauf "naturellement" celles qui l'entendent ainsi, et elles sont toujours trop


50.000 personnes selon les organisateurs, 7.400 selon la police, ont participé à cette 13e édition de la «marche pour la vie»

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Beaucoup de jeunes étaient présents à la manifestation anti-avortement organisée ce 20 janvier à Paris.
Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
Plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup de jeunes, ont défilé dimanche à Paris pour la 13e «Marche pour la vie», en opposition à l’avortement et pour la liberté de conscience des médecins. « Vivre est un droit », « IVG : dire la vérité, c’est dissuader », « Protéger le faible, ça c’est fort », proclamaient les différentes pancartes dans le cortège parti de la Porte Dauphine pour rejoindre le Trocadéro.

Derrière une banderole de tête affirmant « la vie n’offre aucune garantie, l’avortement laisse aucune chance », 50.000 personnes selon les organisateurs, 7.400 selon la police, ont participé à cette marche dont l’un des thèmes cette année était de défendre «l'objection de conscience» des médecins qui refusent de pratiquer des avortements.

Une délégation de professionnels de santé
Évoquant les 220.000 enfants « empêchés de naître » chaque année (216.700 avortements ont été pratiqués en France en 2017, un chiffre stable depuis 2001), les organisateurs l’ont souligné : la France est « le seul pays d’Europe » où ce nombre « ne diminue pas ».

Pour la deuxième année consécutive, la manifestation accueillait une délégation de professionnels de santé, à l’initiative notamment de l’association «Nos mains ne tueront pas». Au dos d’une des blouses blanches présentes, figuraient les mots « J’ai été embryon, je suis médecin et je ne tue pas ».

« Liberté de conscience »
Venue en famille, avec son mari et ses trois enfants, Valérie de Beauregard « trouve incroyable » que l’objection de conscience des médecins puisse être remise en cause. « La liberté de l’homme, c’est la conscience », souligne-t-elle. Elle veut aussi défendre, en s’opposant à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes, « le droit à la filiation, qui est inaliénable ».

Marie, 21 ans, étudiante en faculté de droit, participe, elle, depuis quatre ans à la marche. « Cette manif, elle représente tout ce qu’on veut défendre, ce qui est menacé par les nouvelles lois », dit-elle.

« Liberté de conscience pour tous les médecins », « IVG, ça suffit » ou « Macron, touche pas aux embryons », scandaient les manifestants, qui portaient pour la plupart des foulards bleus où l’on pouvait lire « En marche pour la vie 20 janvier 2019 ». Selon son délégué général Nicolas Sévillia, la marche de dimanche est « l’acte premier de la mobilisation citoyenne contre la révision de la loi bioéthique ».

La PMA au cœur de la manifestation
La PMA pour toutes, « c’est l’arbre qui cache la forêt », des choses « beaucoup plus graves » figurent dans le projet de révision, a abondé Jean-Marie Le Méné, président de la fondation Jérôme Lejeune [sic]. Pour lui, le gouvernement envisage « le traitement des gamètes » et « l’utilisation de l’embryon dans la recherche ».

Viviane Lambert, qui contestera lundi lors d’une nouvelle audience à Chalons-en-Champagne la procédure d’arrêt des soins pour son fils Vincent, en état végétatif depuis dix ans, s’est déclarée au micro « très impressionnée de voir tout ce monde pour défendre la vie ». « Nous commençons à être usés par cette histoire (…) mais Vincent résiste et nous résisterons avec lui jusqu’au bout », a-t-elle ajouté.

Au nombre des participants, figuraient aussi Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate, ainsi qu’un sénateur argentin, Mario Fiad, venu « soutenir » la marche. Le Sénat argentin a voté en août contre l’avortement, après des débats marqués selon lui par de « très fortes pressions » venant d’organisations internationales.

Revendiquant un « combat (qui) n’est ni de droite ni de gauche », « pas confessionnel » non plus, la marche a reçu le soutien du pape François et d’une vingtaine d’évêques en France, selon ses organisateurs.


Les Gilets jaunes du dimanche à Quimper veulent donner la parole aux femmes.

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Une manifestante habillée en Marianne à Paris le 20 janvier. | ERIC FEFERBERG / AFP

remarque : ce n'est évidemment pas contre une auto-organisation en "non-mixité" des femmes, féministes ou non, que je m'insurge...

Des centaines de femmes Gilets jaunes ont manifesté ce dimanche un peu partout en France. Moins nombreuses que les manifestants du samedi, elles veulent montrer leur implication dans le mouvement de protestation sociale et dénoncer les violences policières.

Au lendemain de l’acte 10 des Gilets jaunes, les femmes sont descendues dans les rues ce dimanche. Comme le 6 janvier, date de sa première édition, ce mouvement mené par des « gonzesses » - comme elles le revendiquent - a essaimé un peu partout en France. Les revendications sont les mêmes, mais les manifestantes espèrent donner plus de visibilité aux femmes « précarisées et discriminées ». [vrai, ce n'est pas ce que je pointe ici...]

Bonnets phrygiens de Marianne

À Paris, environ 150 femmes se sont réunies près de la Tour Eiffel avant d’entamer une marche vers la place de la Bastille à la mi-journée selon l’AFP. Certaines avaient écrit sur leur gilet « mamans en colère », d’autres étaient venues coiffées du bonnet phrygien de Marianne.


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Manifestation de femmes Gilets jaunes à Paris. | Eric Feferberg / AFP

« C’est un beau message de dire que les femmes ont aussi le droit de s’exprimer sur les sujets de société », a commenté Priscillia Ludosky, l’une des principales initiatrices du mouvement des Gilets jaunes venue soutenir leur marche.

« Il y a moins de CRS pour nous trousser »
À Bordeaux 120 personnes, selon la préfecture, femmes et hommes, ont pris le départ du défilé. « Le dimanche, il y a moins de CRS pour nous trousser », a plaisanté Geneviève Deyres, dit « Zezette ». [sic]

« Malheureusement, on ne parle pas de notre mouvement (ndlr, la Marche des femmes) car on est pacifiste », a estimé cette retraitée de 63 ans. « On ne parle que des casseurs. C’est dommage qu’il faille qu’il y ait de la casse pour qu’on soit entendus », a-t-elle déploré. Pour elle, le débat national lancé par Emmanuel Macron pour sortir de la crise, « c’est de l’enfumage, on n’y participera pas. » [encore vrai, il y a des manières totalement opposées d'être contre]

Quelques hommes dans les cortèges
À Toulouse, environ 130 personnes, dont quelques hommes, ont défilé dans le calme dimanche matin, au lendemain d’un cortège record qui a réuni quelque 10 000 personnes.

Cette affluence « veut dire que les gens sont malheureux parce que méprisés, pressés comme des citrons », a jugé Michelle, une commerçante retraitée qui a participé à toutes les manifestations depuis fin novembre. « Trop de taxes, trop de mépris de la part de nos gouvernants », dit-elle, gilet jaune sur le dos.

Si les gens continuent de se mobiliser, c’est parce qu’ils « sont conscients que le gouvernement ne les écoute pas », a pour sa part estimé Léa, 40 ans.

Les « Marianne jaunes » dans la rue


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Les Marianne jaunes à Saint Brieuc. | Ouest France

Dans l’ouest de la France, plusieurs rassemblements étaient également prévus. À Saint-Brieuc, des « Marianne jaunes » venues de tout le département des Côtes-d’Armor ont défilé dans le centre-ville. Certaines avaient dessiné des hématomes et des coulures de sang sur leur visage avec du maquillage pour dénoncer les violences policières lors de précédentes manifestations.

À Lorient, une centaine de Gilets jaunes, un cortège mené par des femmes, a défilé dans le calme, au rythme des slogans qui n’épargnent pas le président de la République et le Grand débat national auquel les manifestants accordent peu de crédit pour apporter des réponses aux revendications sociales


@GuillaumeEJCAM a écrit:11:34 - 20 janv. 2019 · Quimper, France
#Quimper Environ 30 femmes #giletsjaunes se rassemblent, à Creac’h Gwen, ce 20 janvier, « contre les violences policières ». Elles ne se disent « pas féministes » et vont à la rencontre de la population pour « sensibiliser » sur le mouvement.

À Quimper, une trentaine de femmes se sont réunies dimanche matin. « C’est dur quand on est femme, tout simplement, c’est une société patriarcale, le gouvernement veut lutter contre les violences faites aux femmes, mais est violent contre elles dans les manifestations », a souligné Chris à Ouest France.

le tout dans ce contexte
immigration, migrants, racisme, nationalisme franco-européen...

les violences policières, c'est au nom de la France qu'il faut les dénoncer, sauf quand depuis décennies elles ne concernaient que le 'Colored People' des "quartiers populaires", à vie "issu de l'immigration de x générations", alors celle qui vient, je te dis pas...

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du groupe facebook gilets jaunes de Drouet
photos La France en colère !!!



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Message par Patlotch le Ven 1 Mar - 8:54


Les mouvements féministes en Syrie :
bref aperçu d'une longue histoire

Global Voices. Traduction publiée le 22 Février 2019 7:44 GMT

L'article qui suit est le résultat d'un partenariat entre Global Voices (GV) et le Syrian Female Journalists Network (SFJN, Réseau des femmes journalistes syriennes). Il a été écrit par le rédacteur en chef de GV Moyen-Orient-Afrique du Nord, Joey Ayoub, avec les contributions de la traductrice de GV Italien Alice Bonfatti et l'auteur de GV Elias Abou Jaoudeh.

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Affiche montrant des photos historiques de femmes syriennes participant à des événements publics au 20ème siècle.
Tous droits réservés SFJN 2018. Image utilisée avec autorisation.


Le mouvement féministe syrien est né à la fin du 19ème siècle quand la Syrie et le Liban d'aujourd'hui étaient terres de l'Empire ottoman.

Nous avons découvert cette riche histoire grâce à un dialogue (en arabe) entre le SFJN et Maya Alrahabi, cofondatrice du Mouvement politique des femmes syriennes. Il a été mis en ligne sur le compte SoundCloud du SFNJ. [écouter dans l'original]

Ce n'est pas une simple coïncidence que le mouvement féministe soit né dans les dernières années du 19ème siècle au temps de la Nahda arabe ou ‘essor’ en français, une période de renaissance culturelle qui a débuté en Égypte et s'est rapidement propagée au Liban, en Syrie et dans les autres pays arabophones.

Si ce sont d'ordinaire des figures comme l'intellectuel musulman égyptien Rifa'a el-Tahtawi ou l'intellectuel maronite libanais Boutros Al-Bustani qui retiennent l'attention, Maya Alrahabi insiste sur le rôle des femmes pionnières de ce qui allait devenir le mouvement féministe syrien.

Dès l'aube du mouvement, les féministes syriennes se sont jointes à l'appel mondial pour les droits fondamentaux des femmes, comme les droits de vote et à l'éducation.

Traduction Citation d'origine
Comme on sait, la première vague mondiale du féministe ne parlait que de quelques droits pour les femmes : l'enseignement, le suffrage et de ce genre. Les militantes féministes syriennes exigeaient elles aussi ces droits à la fin du 19ème siècle.

Les femmes syriennes ont obtenu le droit de vote en 1953.

Maya Alrahabi évoque des femmes comme Mariana Marrache qui, en 1870, écrivait déjà dans les journaux et appelait à la libération des femmes (et a peut-être été la première femme arabe à le faire). Née et morte à Alep, elle a vécu assez longtemps (1848-1919) pour voir sa ville passer des mains des Ottomans à celles des Français. Il se pourrait même que Mariana Marrache soit la première femme à écrire dans les journaux de langue arabe. Elle a redonné vie à la tradition des Mujtama'at wa Majaless al-Adabyya Al-Nisa'iya ou “cercles littéraires féminins” [ar] dans sa maison familiale d'Alep, fusionnant des influences européennes choisies avec les siennes syriennes.

Maya Alrahabi donne aussi en parfaits exemples Marie ‘Ajami et Adila Bayham Al Jazairi [ar] :

Traduction Citation d'origine
Je pense par exemple à Marie ‘Ajami qui a fondé en 1910 le magazine Al-Arous (la mariée) et Adila Bayham Al-Jazairi qui a fondé de nombreuses organisations féministes dont les buts étaient éducatifs et sociaux ainsi que de promotion des droits des femmes, et ceci a coïncidé avec la première vague mondiale du féminisme.

Le mouvement allait se poursuivre, avec des hauts et des bas, jusqu'au coup d’État syrien de 1963, qui renversa la république d'après l'indépendance (1946–1963) et lança l'essor du parti Ba'ath.

Puis est venu un second coup d’État qui a chassé les chefs du parti en 1966 et installé au pouvoir Salah Jadid, suivi à son tour par un troisième coup de force, de Hafez Assad qui s'est proclamé président de la Syrie en 1970. Le régime Assad règne encore à ce jour sur la Syrie, puisque le fils de Hafez, Bachar, a pris le pouvoir à la mort de son père en 2000.

L'attitude de ces régimes envers le mouvement féministe syrien a oscillé entre l'interdiction, le confinement et l'absorbtion. Ce qui a stoppé le “développement naturel du mouvement féministe”, dit Maya Alrahabi, avec ses vestiges fondus dans l'Union générale des femmes syriennes (UGFS). A côté de laquelle, précise-t-ellle :

Traduction Citation d'origine
Aucune autre organisation féministe n'est autorisée. Et ça dure depuis 1963.

Il va de soi que ce que l'UGFS pouvait ou ne pouvait pas faire a été strictement limité dès le départ :

Traduction Citation d'origine
L'UGFS était une organisation quasi-officielle dont le travail était de pure forme. Ses activités se limitaient à applaudir et célébrer le parti au pouvoir en Syrie. Elle n'apportait aucune aide réelle aux femmes.

Selon Maya Alrahabi, ce monopole étatique a eu pour effet que les féministes syriennes, comme la plupart des féministes arabes, n'ont pas pu rejoindre la deuxième vague féministe mondiale apparue dans les années 1960.

Traduction Citation d'origine
Quand la seconde vague du féminisme dans le monde a débuté autour des années 60, on a commencé à voir la compréhension du genre et des rôles de genre dans la société. C'est ici que le développement du féminisme s'est arrêté dans tout le monde arabe à cause du contrôle des régimes autoritaires.

Il y a pourtant eu des féministes dans le monde arabe qui ont parlé des droits des femmes d'un point de vue de genre. Maya Alrahabi a donné l'exemple de Hanane Nijme, qui a ouvert son salon culturel en 1980 à Damas. Nijme a été déterminante dans la revendication de réformes juridiques pour améliorer la condition des femmes et des enfants en Syrie et a obtenu des concessions de l’État. Ce qui suit est une brève biographie de Hanane Nijme (en arabe).



C'est avec ces antécédents à l'esprit que Maya Alrahabi analyse la révolution syrienne depuis 2011.

Traduction Citation d'origine
La révolution de 2011 était une révolution contre tout, et donc les femmes ont eu un rôle de militantes révolutionnaires au premier rang, ce qui s'est étendu à l'importante présence des femmes dans l'organisation (des manifestations, des conseils locaux, etc). Puis les organisations féministes syriennes qui se sont développées en-dehors de cela ont plaidé pour les droits des femmes et les ont fusionnés dans les revendications de la révolution. Sur un autre plan, il y a eu les factions extrémistes qui avaient des rapports violents et répressifs aux femmes et ont voulu renvoyer les femmes des siècles en arrière. C'est ainsi que l'on combattait sur deux fronts pendant la révolution.

Creative Commons License

Ecrit par et photos de Syrian Female Journalists Network
Traduit par Suzanne Lehn

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Message par Florage le Lun 13 Mai - 23:01

Patlotch a écrit:l'ancien forum présentait les luttes des femmes et les différentes voies du féminisme de manière critique dans de nombreux sujets, avec moult discussions théoriques sur la question du genre comme domination masculine en relations croisées avec la contradiction de classe (exploitation et domination capitaliste) et de "race", racismes et assignation racialiste y compris positive

l'option de ce forum est drastiquement réduite. Minimum syndical, une série de textes présentés par la revue Viewpoint, liens dans l'original


Editor’s Introduction: A Feminist Wave to Change Everything | Cinzia Arruzza
With six million people on strike in Spain, general strikes or work stoppages called by labor organizations in Italy, Argentina, and Chile, mass demonstrations in a number of countries including Turkey and Mexico, and a significant growth of mobilizations in the UK, Belgium, and Germany, this March 8 has demonstrated the expansive dynamic of the new feminist movement.


Cinzia Arruzza is a member of the editorial collective at Viewpoint Magazine and an Associate Professor of Philosophy at the New School for Social Research in New York and a feminist and socialist activist. She is the author of the author of Dangerous Liaisons: The Marriages and Divorces of Marxism and Feminism.

LUTTES DE FEMMES Salcedountitled
Doris Salcedo, Untitled, 1987

The Feminist General Strike in Chile | Alondra Carrillo Vidal
Between March 8, 2018 and March 8, 2019 then, we built a way forward centered on our capacity to articulate, beginning with feminism and the force of its interpellations, its capacity to bring our concrete, everyday lives into the open.

The Social Movement of the Feminist Strike in Italy | Matilde Ciolli, Paola Rudan, and Alessandra Spano
The necessity of rethinking and practicing the strike as a feminist initiative and to share common discourses and claims has been and continue to be the guiding orientation for NUDM organization. Since 2016, local assemblies have been established throughout Italy, coördinated on a national level through mailing lists, Skype calls, and general national meetings. The effort has been to move beyond the simple coalition of already existing organized groups, starting from the feminist strike as a process.

Change Everything: Foundations and Challenges of the Feminist Strike in Spain | Julia Cámara

Since its inception the Feminist Strike has been an intergenerational movement, driven by strata of very young women but also managing to incorporate older women, who in many cases had no prior political experience. This mixture seen in assemblies and work commissions has now crystallized in personal bonds, where our comradeship precedes any existing differences. The principle of active solidarity is enabling women from diverse backgrounds to become quickly aware of the problems and conflicts that affect other women.

The Slow Rebirth of Militant Feminism in France | Morgane Merteuil

In order to ensure autonomy from parts of the movement more reluctant to this recomposition, working-class layers need to increase their capacity to raise a massive movement, and to draw inspiration from and coördinate with movements abroad. With such an internationalist inspiration, and given the unprecedented opportunity that Macron’s presidency is giving to France’s working class to build new solidarities, the women’s movement has the chance to inject anti-capitalist and internationalist perspectives into the struggle, as decisive contributions to the processes of subjectivation that are already in motion.

Feminisms in Mexico: From Particularism Toward a Concrete Universalism | Márgara Millán
What is novel about the current moment is the confluence of two processes: on the one hand, the diffusion of feminism among a new generation of women, especially borne of confrontations with gendered violence. A second process concerns the decolonization of (neo)liberal feminism, which began with the impact of the Zapatista movement and the uprising of 1994.

The Women’s Strike in Britain: A Continuous Practice of Feminist Solidarity | Laurel Uziell, Esther Lutz Davies, Becka Hudson, and Camille Barbagallo

The Women’s Strike Assembly in Britain began with women coming together to explore our visions of the red feminist horizon – what it could look like and, crucially – how we could get there.

Feminism is for Everyone: On the Way to a Womxn’s Strike in Germany | Susanne Hentschel, Tiziana Ratcheva, and Theresa Hartmann
We see the womxn’s strikes as an expression of this broader motion: they address class issues as well as issues of gender violence and racism. They make it possible to bridge the gap between struggles against economic exploitation and sexualized violence, which have been tackled separately for far too long.

Florage

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Message par Florage le Mer 5 Juin - 6:53


Dans « le Capitalisme patriarcal », Silvia Federici relit Marx dans une perspective féministe. Parmi les « oublis » du philosophe, le travail reproductif fourni par les femmes, rien de moins que le pilier du capitalisme.

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« Ils disent que c’est de l’amour, nous disons que c’est du travail non payé. » En 1975, Silvia Federici est une des fondatrices de la campagne Wages for Housework (des salaires pour le travail domestique). Avec quelques autres, elles commencent à identifier ce travail invisibilisé et « naturel » des femmes. L’histoire commence avec les chasses aux sorcières, aux XVI e et XVII e siècles, moment fondateur du passage du féodalisme au capitalisme, qu’elle met en lumière dans « Caliban et la sorcière », best-seller mondial paru en 2004. De là, l’historienne marxiste tire le fil du développement du capitalisme. Pas question d’ajouter le chapitre femmes, mais de relire à nouveaux frais tout le processus d’accumulation. Dans « le Capitalisme patriarcal », recueil de textes inédits en français, elle donne aussi des clés dans une perspective marxiste pour renverser la table.
Le féminisme, dites-vous, a donné des outils pour relire Marx. Car, s’il a identifié l’oppression des travailleuses, il a « oublié » le travail domestique, le travail de reproduction en général… Pourquoi ?

Marx partageait une vision masculine de l’organisation sociale, qui a invisibilisé ce travail et l’a naturalisé comme celui des femmes. Et il écrit « le Capital » pendant la révolution industrielle, quand beaucoup de femmes étaient employées dans les usines et que, de fait, leur travail ménager était réduit. Cependant, il continuait, le dimanche – et toutes les femmes ne travaillaient pas à l’usine. Marx a une conception limitée du travail. Il a privilégié le travail industriel, considérant, y compris dans les conditions brutales du capitalisme, qu’il va créer les conditions matérielles de la future société communiste.

Cependant, il a condamné le contrôle patriarcal sur la famille et sur la société…


En effet, mais il était convaincu que le capitalisme, avec l’entrée des femmes dans les usines, allait détruire la famille et la relation patriarcales. Il procède de même sur l’esclavage. Marx était abolitionniste, or il n’étudie pas ce travail spécifique, qu’il voit seulement comme un élément du passé que l’expansion du capitalisme fera disparaître. Concernant le renouvellement des travailleurs, il écrit que le capitaliste « peut faire confiance à l’instinct de conservation et à l’instinct sexuel des travailleurs ». Quel instinct ? Pour lui, la reproduction du travailleur passe par ce que le salaire permet d’acheter pour subvenir à ses besoins. Et il ne voit pas la différence d’intérêts entre hommes et femmes. Ces dernières avaient peur d’être enceintes, elles meurent souvent en couches, ne peuvent concilier maternité et travail à l’usine…

En quoi votre étude des chasses aux sorcières aux XVI e et XVII e siècles a-t-elle été fondamentale pour cette relecture de Marx ?


Dans la période où naît le capitalisme, la chronologie m’a frappée : les chasses aux sorcières coïncident avec la traite des esclaves, la conquête de l’Amérique latine. En Europe, les paysans sont expulsés des communaux lors du mouvement des enclosures qui détruit une société fondée sur des relations coopératives où les femmes avaient leur place. Le capitalisme a réprimé les résistances, les hérésies, et exterminé des milliers de femmes, accusées d’être ennemies de Dieu, tueuses d’enfants, amantes du diable… Une historienne, militante, révolutionnaire, ne pouvait que s’interroger sur les raisons de ces tueries – et que Marx n’avait pas vues. Or c’est un moment fondateur de la dévalorisation du travail des femmes et de l’essor d’une division sexuelle du travail spécifiquement capitaliste. Dans cette accumulation primitive du capital, Marx a oublié les femmes. À partir de ça, j’ai élaboré une conception du développement du capitalisme plus large en le relisant sous cet angle. Les femmes, oubliées, sont en fait au cœur de ce processus. C’est pour ça que Marx n’a pas été capable d’anticiper ce qui s’est passé lorsque le capitalisme a créé un nouveau type de famille.

C’est l’invention de la « ménagère prolétaire » : comment cela s’est-il passé ?

À partir des années 1850, il y a une crise de la reproduction de la classe ouvrière. Les prolétaires, épuisés par le travail, meurent à 35-40 ans, la mortalité infantile est très élevée… Or, en Grande-Bretagne et aux États-Unis, une transformation du système de production s’opère. On passe de l’industrie légère à l’industrie lourde – du textile au charbon et à l’acier – qui exige un type de travailleur plus fort et plus productif. C’est aussi une période d’intenses luttes ouvrières, de montée du syndicalisme, des insurrections de 1848 qui inquiètent les employeurs. Les femmes prolétaires aussi les inquiètent, habituées à leur indépendance et à vivre à l’usine, décrites comme guère intéressées par la reproduction. La classe capitaliste engage alors, avec l’appui des gouvernements, une réforme du travail – qui coïncide avec les intérêts des travailleurs hommes et des syndicats – qui va encore transformer l’usine, mais aussi la collectivité et le foyer, et donc la position sociale des femmes. On a fait sortir les femmes des usines par les lois en même temps qu’on a fortement augmenté le salaire des travailleurs masculins, un « salaire familial » qui permet d’entretenir une ménagère à temps plein, dédiée au travail reproductif.

Que faut-il garder des enseignements de Marx dans une perspective féministe ?

Marx a montré que la nature humaine est un produit historique, et a ainsi dénaturalisé le concept de féminité : elle peut donc changer. Mais son enseignement le plus important, toujours actuel, est d’avoir montré que le capitalisme est avant tout un système d’exploitation du travail humain. Le marché, la propriété privée, ce sont des éléments du capitalisme. La racine de l’accumulation, c’est l’exploitation du travail humain et l’accumulation du travail non payé, que le capitalisme cherche toujours à intensifier. Ça nous a permis de comprendre que le travail domestique n’est pas un service personnel, mais une forme de production : celle des producteurs. La force de travail n’est pas une donnée, elle doit être produite et renouvelée car elle est consommée dans le processus du travail. On doit reproduire des travailleurs qui soient en forme, en cuisinant, mais aussi par le travail sexuel et le travail émotionnel, élever les enfants, toutes ces tâches essentielles. C’est donc une partie intégrante de la production capitaliste, et les femmes, en tant que ménagères, sont des productrices, comme les hommes. Mais sans salaire. Elles sont ainsi dépendantes économiquement des hommes, donc dans une relation inégalitaire. Notre approche féministe – c’est-à-dire centrée sur le processus de reproduction – a montré que la maison est aussi une usine et, en tant que telle, un lieu de rapport de forces, de pouvoir. Ce n’est pas « l’espace de l’intimité » si souvent évoqué.

Dans votre réflexion sur le travail sexuel, vous montrez qu’à l’invention de la ménagère, est associée sa séparation avec l’autre catégorie de femme, la prostituée…

L’attention portée au travail sexuel est récente, elle s’est développée au XX e siècle. La création du nouveau type de famille, dédié à la production d’un nouveau type d’ouvrier exploité de manière plus intense dans l’industrie lourde, implique une réglementation plus directe de sa vie. On doit donc faire une distinction claire entre la « bonne » femme, l’épouse et la prostituée. Jusque-là, la frontière était floue : la travailleuse en usine, ayant un salaire trop bas pour subvenir à ses besoins, était amenée à se prostituer, et il n’y avait pas de condamnation morale dans les milieux prolétaires. Un travail idéologique, notamment via la littérature sociale à partir du début du XX e siècle, a défini une femme prolétaire modèle : l’épouse, avec enfants, au foyer. C’est la ménagère prolétaire, à l’inverse de celle qui fait payer son travail sexuel, la mauvaise femme. Cela a servi à établir une division parmi les femmes. Et ça a contribué à occulter le travail non payé des femmes, à le leur imposer, et à discipliner toute leur activité. En cas de déviance, il y avait la menace d’être stigmatisées comme « putes ». C’est oublier que de nombreuses femmes se marient pour des raisons de sécurité matérielle. Et beaucoup de féministes ne veulent pas le voir. Elles continuent de penser que seules les femmes qui s’autodéfinissent comme travailleuses du sexe vendent leurs services sexuels. Or les femmes sont toujours amenées, conditionnées à vendre leur corps. Il y a un continuum de l’exploitation.

Vous êtes aussi une militante qui porte un regard critique sur certains aspects des mouvements féministes… Que leur reprochez-vous ?


Les féministes ont délaissé la question de la reproduction pour se consacrer à faire entrer les femmes dans les lieux de travail dominés par les hommes. Au nom de l’égalité, mais avec qui ? Comme si les hommes n’étaient pas exploités !

Or, c’est la question de la reproduction qui est centrale. La naturalisation du travail domestique affecte aussi les femmes hors de la maison : salaires moins élevés, temps partiel, postes moins qualifiés. Et leur relation à leur employeur s’apparente à une relation matrimoniale : ils peuvent abuser d’elles, les asservir d’une manière ou d’une autre. Sortir de la maison peut aussi être un recul.

Peu à peu, tous les services publics se sont réduits : éducation, santé, crèche… Aux États Unis, on assiste à une financiarisation de la reproduction. Ce qui relevait auparavant d’un soutien de l’État est désormais à la charge des individus, a fortiori des femmes. Elles travaillent toujours plus sans pour autant subvenir à leurs besoins… Elles s’endettent. C’est un point aveugle des luttes féministes.

Je leur reprocherais aussi de ne pas avoir compris le moment historique qui se jouait. Ces luttes ont lieu alors que débutait une restructuration de l’économie globale. Dans les années 1980, en Europe et aux États Unis, une nouvelle stratégie de déstructuration de la grande industrie, de précarisation du travail et de baisse des salaires se met en place. Dans les pays du tiers-monde, un processus de recolonisation s’opère. Les femmes de ces pays ont constitué la chair à canon de la déstructuration industrielle du monde avec la « maquiladorisation » du travail. Ce sont les « sweatshops » (les ateliers de la sueur) de la confection ou de l’électronique, prestataires de marques connues mondialement. Les conditions de travail y sont proches de l’esclavage… Ces femmes travaillent 14 heures d’affilé pour un salaire de misère, exposées à la toxicité des produits et vulnérables aux abus sexuels.

Vous estimez aussi que l’on s’est trompé sur la politique de la natalité…

Les énergies se sont concentrées sur le seul droit à l’avortement. Or il n’est qu’une partie du choix. La lutte devrait aussi porter sur celles, nombreuses, qui ne peuvent pas avoir d’enfants, les femmes noires, les migrantes ou celles qui ont été stérilisées… Dans les années 1990, il y a eu des campagnes de stérilisation brutale dans beaucoup de régions d’Afrique, d’Inde et d’Indonésie.

Aux États-Unis, cette question a créé une division entre femmes noires et blanches. Dans les années 1980, « le Mouvement pour la justice reproductive », constitué autour de femmes noires, a affirmé que pour contrôler notre capacité de reproduction, on doit aussi transformer les conditions économiques. Sans ressources, on ne peut envisager avoir des enfants. Cette lutte n’a pas été soutenue. Tout cela a eu pour conséquence qu’aux États Unis, il n’y a toujours pas de congé maternité garanti par l’État fédéral et rémunéré.

Quel est votre regard sur les controverses actuelles sur l’intersectionnalité, sur le caractère dit « culturel » des questions de genre et de race, leur rapport avec la classe…

Ce ne sont pas des questions « culturelles » ! Une certaine tradition marxiste n’a pas vu que le travail domestique est une question de classe, que l’esclavage est partie prenante de l’exploitation capitaliste… Tant que le travail sera défini de manière limitée, on se posera la question du rapport entre genre et classe, race et classe… comme si les femmes ou les Noirs vivaient dans un autre monde.

L’accumulation capitaliste est aussi une accumulation des inégalités. Dans ses différentes phases, le capitalisme a toujours su les exploiter en leur trouvant de nouveaux fondements. Le racisme ou le sexisme sont des éléments structurels du capitalisme. Toute forme d’exploitation contient des éléments de violence. Je suis abolitionniste de toute forme d’exploitation.

La femme appartient-elle à la classe ouvrière à l’usine ? Et à la maison ? La maison est aussi un centre de production, mais de la force de travail. Il y a donc deux chaînes de montage : au foyer et à l’usine. Et c’est celle du foyer qui soutient l’autre. Si les femmes faisaient une grève générale de la production des enfants, le capitalisme s’effondrerait. Le corps des femmes est la dernière frontière du capitalisme. Une frontière qu’il n’a pas encore conquise. Les recherches dans les technologies reproductives pour créer la vie hors du corps de la femme, comme élaborer des utérus artificiels, sont liées à cela.

Pour vous, ce n’est pas la conquête de droits qui importe… Comment alors envisager un dépassement des rapports de domination ?

Les droits sont importants. Un mouvement comme MeToo y contribue, mais il faut qu’il regarde plus loin, vers les causes systémiques du sexisme. Pour dépasser l’exploitation, il faut un changement social complet. La tâche sera très ardue. Car, en cinq siècles, le capitalisme a planté des racines profondes en nous. Nous l’avons intériorisé.

Ces dernières années, je me suis beaucoup intéressée aux communs : des activités « auto-organisées » qu’il s’agisse de jardinage urbain, de banques de temps, de codes-source ouverts… qui « font du commun ». Cela présuppose un partage des richesses, la prise de décision collective et une révolution dans notre rapport à nous-même. C’est une organisation sociale qui a une autre logique. Une société où tout le monde peut avoir accès au moyen de sa reproduction, ou le travail, la vie sociale sont fondés sur la coopération et pas sur la compétition. Le régime capitaliste est meurtrier. Parce qu’il ne garantit pas la prospérité de tous. Seulement de quelques-uns.

Les communs, c’est mettre la reproduction au cœur de la société, ne pas accepter que sa propre prospérité se fonde sur la misère des autres. Se poser la question du sens de la production : ne pas produire des biens ou des substances qui nous empoisonnerons ou qui détruiront l’environnement. Pour moi, cette vision doit s’appliquer à tout ce que nous faisons à partir de maintenant.

[Misère de la théorie : ce n'est pas tout-à-fait ce que RS, de Théorie Communisme, appelle "l'inepte idéologie des Communs", mais comme concernant la pensée décoloniale ou les luttes écologistes, il ne lui reste plus que déformer et dénigrer pour défendre ses thèses prolétaristes fossilisées : contre Marx. De même, un deuxième théoricien de la communisation, Gilles Dauvé, a-t-il écrit un "Federici contre Marx", et jamais deux sans trois, Nicolas Astarian de Hic Salta n'en parle pas, c'est ici qu'il a sauté... Il n'y a pas et n'y aura jamais de quatrième théoricien de la communisation, trop franchouillards d'esprit, trop mâles sans corps, trop maigres penseurs, trop loin du sol, bref, trop vieux tout court]

Il faut donc aussi revaloriser le travail domestique ?

Le travail ménager a été tellement dévalorisé, déconsidéré, qu’on a perdu de vue le fait qu’il puisse être créatif. Il a été organisé pour les besoins du capitalisme, c’est une production pour le marché, pas pour la vie. Éduquer des enfants est un travail potentiellement très créatif, mais si on le fait seul, avec des difficultés économiques, ça peut être une torture !

Ce travail de reproduction s’étend de la naissance à la mort. Les femmes sont présentes dans tous ses lieux. Il requiert des connaissances intellectuelles, physiques, émotionnelles. Ça peut paraître de « petites » choses, mais elles ne le sont plus une fois qu’on valorise la vie.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Entre-temps, est passée une injonction à « être libérée », expliquez-vous…

Au temps de ma grand-mère ou de ma mère – j’ai 77 ans –, une femme « bien » devait faire des enfants, cuisiner, tenir son foyer. À partir des années 1950, il a aussi fallu qu’elle soit belle et s’occupe de son corps. Il s’agit alors de fournir aux hommes un service plus qualifié. Un rapport de 1953 s’inquiétait de la réticence des femmes à se consacrer au travail sexuel. On y découvrait que beaucoup d’Américaines étaient frigides. Un quart d’entre elles ne faisaient l’amour que par devoir conjugal et une proportion considérable n’en tirait aucun plaisir. Aux États Unis, le capital a donc lancé une campagne sur le front sexuel, le grand thème était la quête de l’orgasme féminin. À partir de là, non seulement les femmes peuvent faire l’amour et atteindre l’orgasme, mais elles le doivent ! Cette image de la femme libérée est très oppressive pour les femmes : perdre du poids, se maquiller… C’est une discipline et une souffrance. On regarde son corps avec les yeux du marché.

Entretien réalisé par Lucie Fougeron et Pia de Quatrebarbes

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