SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE

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Message par Patlotch le Jeu 4 Oct - 15:16

un ami me signale l'article ci-dessous en précisant :
Tiens, tout est dans le titre, ou presque...
Je partage cette idée : il me semble vraiment curieux, et terrible à la fois que ce fait soit pratiquement ignoré... les matérialistes détachés de la matière même...

ce sera le prétexte à l'ouverture de ce sujet où je discuterai la dimension écologique d'un changement communiste de civilisation. Dans le forum précédent, je l'avais traitée doublement dans LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA ÉCOLOGIQUE OU NE SERA PAS (écologie et marxisme) et LA CLASSE CAPITALISTE DE L'ÉCOLOGIE, qui montrait comment le capital se confronte dans ses limites à la contradiction préserver le vivant en le détruisant (développement durable, capitalisme vert, bras de fer Macron-Trump, transition écolo-capitaliste avec Hulot...). Mes commentaires suivront


Aurélien Barrau, astrophysicien, a enflammé les réseaux sociaux avec un discours lucide et saisissant sur le réchauffement et la responsabilité de l’humanité dans sa propre destruction.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 1160209-aurelien-barrau

Début septembre, Aurélien Barrau, 45 ans, astrophysicien à l’université Grenoble-Alpes, lançait avec l’actrice Juliette Binoche un appel pour une action politique «ferme et immédiate» face au changement climatique, signé par 200 personnalités et publié en une du Monde. Quelques jours plus tard, invité du festival Climax, à l’Ecosystème Darwin, à Bordeaux, il enfonçait le clou, avec un discours limpide et percutant qui a enflammé les réseaux sociaux - vu près de 4 millions de fois sur Facebook. Devenu malgré lui une figure médiatique, il souhaite désormais «retourner à ses recherches».

Vous n’êtes ni climatologue ni spécialiste de la biodiversité. Qu’est-ce qui vous a amené à sonner l’alerte sur l’écologie ?

Je n’ai pas de compétence particulière dans ce domaine et je ne masque pas cette ignorance. C’est un cri d’alarme que je pousse en tant que citoyen, en tant que vivant. Mais comme scientifique je sais néanmoins deux choses : d’abord qu’une croissance exponentielle, dans un monde de taille finie, est impossible durablement, et ensuite que si les prédictions climatiques ont pu être un peu aléatoires, elles sont désormais extrêmement fiables. Il est aujourd’hui impossible d’être climatosceptique.

Vous parlez de «crash du système planétaire», d’«atrophie des espaces de vie». Même de «fin du monde»…

En tant qu’astrophysicien, je peux confirmer que la Terre continuera de tourner autour du Soleil. L’expression semble donc exagérée. Mais quelle est la spécificité de notre monde ? C’est cette richesse du vivant, cet équilibre subtil et fragile gagné après des millions d’années d’évolution. Si notre planète se dépeuplait de l’essentiel des vivants, en quoi serait-elle encore miraculeuse, merveilleuse, magique ? En quoi mériterait-elle encore d’être sauvée ? Voilà pourquoi je crois qu’on peut parler de fin possible du monde.

Votre constat rejoint celui du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, selon lequel le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique sauf à affronter des «conséquences désastreuses». N’est-il pas déjà trop tard ?


Il est trop tard pour que rien de grave n’ait lieu. On le voit déjà : 60 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. L’Europe a perdu, en trente ans, plus de 400 millions d’oiseaux et 80 % des insectes volants. Et au niveau humain, on commence déjà à observer des déplacés climatiques et des pandémies. La catastrophe a déjà lieu. En ce sens, c’est vrai, il est trop tard. Mais ça pourrait être bien pire. Dans un système aussi complexe que la Terre, il y a des paliers. Ce que met en exergue l’ONU, c’est que si on ne fait rien de drastique d’ici quelques années, on passera un palier. Ensuite, même si on est exemplaire, il faudra des temps gigantesques pour inverser la tendance.

Emmanuel Macron sacré «champion de la Terre» à New York, ça vous inspire quoi ?

Si cette récompense consacre une action passée, elle est incompréhensible. L’année 2017 a été la pire de l’histoire en termes de rejets de CO2 et la France a été parmi les mauvais élèves. Nous ne sommes pas sur la bonne voie. En revanche, que Macron ait reçu cette médaille ne me choque pas. Je la vois comme une incitation. Parfois, endosser le costume de super-héros peut vous donner envie de vous comporter comme tel. C’est ce que j’espère : il aurait l’opportunité de rester dans l’histoire comme celui qui a commencé à sauver le monde. Ça serait pas mal, quand même ! A sa place, je me laisserais tenter, je crois !

Lui comme la plupart des dirigeants politiques continuent de vouloir concilier écologie et capitalisme. Est-ce possible ?

Quoi qu’on réponde, on est coincés. Si on répond oui, les altermondialistes n’écoutent plus. Si on dit non, les plus conservateurs, qui veulent faire un effort mais sans remettre en cause les fondements du système, n’écoutent plus non plus. On ne peut pas se permettre de trop restreindre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne doit pas envoyer la vie dans le mur. Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. Commençons par l’action : effondrons les émissions de CO2 et arrêtons d’envahir les espaces naturels. Et on verra bien quel système permet de le faire efficacement ! La vraie question est : pourrons-nous défendre notre bilan dans cinquante ans ? Non. Même si vous êtes ultralibéral, vous ne pourrez jamais expliquer que vous avez décidé de flinguer l’essentiel des vivants parce qu’il fallait gagner deux points de croissance. Cela transcende les divergences d’analyse économique.

A quoi ressemblerait un changement radical de modèle ?

Si on reste prisonniers des indicateurs de l’ancien monde, comme le taux de croissance, on aura forcément l’impression de régresser. L’inflexion drastique qu’on doit engager peut être perçue, au départ, comme une perte de confort ou de liberté. Mais c’est une illusion, ce sont ces indicateurs sclérosés qui sont biaisés car issus d’un système qui est dans l’impasse. Il faut redéfinir notre rapport au vivant, à la Terre, et envisager une décroissance économique qui soit une croissance intellectuelle, culturelle, écologique et humaniste. Une amélioration de la qualité de vie, une ouverture de possibles, un endiguement de la mort des espèces, un partage apaisé des richesses devraient, avec de meilleurs indicateurs, apparaître comme une authentique croissance ! Même si on baisse la production de certains objets techniques.

Depuis votre pétition, avez-vous été contacté par des responsables politiques ?

Oui, et ces conversations m’ont ému. Ces personnes m’ont dit qu’elles étaient conscientes du problème mais ne pouvaient pas faire changer les choses. Je vois deux raisons à cette impuissance. La première, ce sont les lobbys, tout le monde le sait. Nos dirigeants devront oser se fâcher, être braves, affronter de grandes puissances. Je crois qu’il y a une autre raison, plus subtile : aucun de nos dirigeants n’ayant été élu sur un programme écologiste, ils ne se sentent pas légitimes pour le mettre en œuvre. Il faut un sursaut citoyen. Faisons l’effort de dire, tous, de gauche, de droite, libéraux ou marxistes : «Nous ne voterons plus pour un candidat dont le projet écologique n’est pas clair, assumé et absolument prioritaire.»

Ce sont des dirigeants nationaux qui vous ont contacté ?

Je ne donne pas leur nom, car cela relève de conversations privées. Mais je n’ai pas eu Macron au téléphone, si c’est votre question !

Vous plaidez pour des mesures fortes, quitte à ce qu’elles restreignent nos libertés. A quoi pensez-vous ?

J’ai vu que cela suscite des crispations. On ne va pas instaurer un écofascisme ou un stalinisme vert ! Personne ne veut ça. Mais il ne faut pas se mentir : si l’on consomme moins, il y aura une petite incidence sur un certain type de confort. A l’instant, trois voitures viennent de passer, avec une seule personne dans chacune. Il ne s’agit pas de l’interdire mais il faut que cela devienne rare. Un billet d’avion coûte souvent moins cher qu’un billet de train, c’est incompréhensible. On réplique parfois que la liberté n’est pas négociable. C’est idiot, toute notre vie est conditionnée par des privations de liberté : je ne suis heureusement pas libre d’agresser un passant, ni de ne pas payer mes impôts ou de ne pas scolariser mes enfants. Des tas d’actes sont interdits ou obligatoires, pour le bien commun. Ne doit-on pas considérer la planète - la vie - comme un bien commun ? Dans quelques années, des épisodes caniculaires empêcheront de sortir de chez soi. Le corps ne peut pas rester longtemps à 55 °C. Le réchauffement nous privera de la liberté de sortir, ce n’est pas rien ! Il faut s’imposer de petites restrictions pour éviter une catastrophe in fine bien plus liberticide.

Vous vous inquiétez aussi de la disparition des espaces de vie. Cela appelle-t-il des mesures coercitives ?


C’est vrai qu’il ne faut pas parler que du climat. Aujourd’hui, la première cause d’extinction des espèces est la disparition des espaces de vie, les prélèvements excessifs, la pollution. L’expansionnisme humain n’est plus possible. Je n’ai évidemment pas envie que des gens renoncent à se loger décemment. Il faudra juste un peu plus de partage : on ne s’en sortira pas sans une répartition des richesses, des ressources et de l’espace de vie. Par ailleurs, certains pays donnent des droits à des fleuves ou des forêts, qui deviennent des «personnalités juridiques». On pourrait donner des droits à des objets naturels - parcs régionaux, montagnes, populations animales - qui auraient des représentants. On donne bien des droits à des entreprises ! Ce n’est pas infaisable : quand Kennedy a dit qu’on irait sur la Lune, c’était fou ; sept ans après, on y était. La seule question est de savoir si on veut le faire.

Un pays ne peut pas se transformer seul dans le cadre d’une économie mondialisée, dit-on…

Cet argument est irrecevable. On apprend bien à nos enfants que l’irresponsabilité des copains n’est pas une excuse… Pour être concret, l’échéance importante n’est pas la remise du rapport du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], dont les conclusions seront catastrophiques. Ni la COP 24 qui ne pourra rien faire, à cause de Trump. Mais le prochain sommet européen : Macron et Merkel auront un pouvoir de décision et pourraient ouvrir un gigantesque infléchissement écologique de l’axe européano-africain. On ne parlerait plus d’un pays mais de deux continents, ce ne serait plus anecdotique.

Même si la préoccupation écologique infuse dans l’opinion, croyez-vous que celle-ci soit prête à renoncer à son mode de vie ?

Je n’en suis pas sûr… Il semble qu’on choisisse l’effondrement. Mais je crois encore au pari de la vie. Quand les dinosaures ont reçu la météorite, ils ne pouvaient rien y faire. Nous, nous avons les rênes en mains. Certains pensent qu’il y aura, au dernier instant, un miracle technologique. Ce n’est pas raisonnable. Et même si on déménageait sur Mars, il y aurait très peu de «happy few» ! En revanche, je crois à un miracle éthique : on sait tous, au fond de nous, que la situation est insensée. On nie la vie en elle-même. L’inaction serait impardonnable : nous avons toute l’information.

Votre discours au festival Climax a eu un écho fort. Mais vous voulez retourner à vos recherches. N’avez-vous pas la responsabilité de porter la parole de cette cause ?

Ce que je vous ai dit à l’instant n’est pas nouveau. Si je vous avais parlé astrophysique, je vous aurais appris des choses, là je n’ai rien dit de très original. C’est mieux que je me retire, d’abord car j’ai une vie, un travail. Il ne faut pas «peopliser» ce sujet : peu importe que ce soit un type aux cheveux longs avec des bracelets au poignet qui l’aborde ! Des personnes bien plus compétentes travaillent sur ces questions, elles ont des solutions clés en main, chiffrées. C’est à elles qu’il faut donner la parole. Pour une raison qui me dépasse, mon message a été écouté. Tant mieux ! Je voudrais maintenant que le passage demeure, mais que le passeur disparaisse.

je répondais d'abord à cet ami que

Patlotch a écrit:oui, le titre est plus intéressant que certains passages, un peu naïfs. Il y a eu effectivement une dérive désincarnée des concepts marxistes. Après tout, le rapport au cosmos, c'est ce que Ollmann (La méthode dialectique de Marx) appelle le plus général des 7 niveaux de généralité*, et il est assez cocasse que des scientifiques (physiciens...) deviennent moins scientistes que nos philosophes

* p. 88-90
Marx divise le monde en sept niveaux de généralité majeurs, sept plans de compréhension sur lesquels il place tous les problèmes dont il fait l’investigation, sept niveaux de focalisation différents qui lui permettent d’organiser tout ce qui existe

niveau 1 : constitué de tout ce qui fait qu’une personne ou une situation est unique
niveau 2 :  ce qui est général aux individus, leurs activités et leurs produits, dû au fait qu’ils existent et agissent au sein du capitaliste moderne
niveau 3 : Le capitalisme en tant que tel. Ici, tout ce qui est particulier aux individus, leurs activités et leurs produits dus à leur apparence et à leur fonction dans la société capitaliste devient l’objet de la focalisation
niveau 4 :  niveau de la société de classe. Il s’agit de la période de l’histoire humaine au cours de laquelle les sociétés ont été divisées en classes sur la base de la division du travail
niveau 5 : la société humaine. La mise au point se fait ici sur ce que les qualités des individus, leurs activités et leurs produits ont en commun comme faisant partie de la condition humaine. Ici, on considère tous les êtres humains durant toute l’histoire de l’espèce
niveau 6 :  niveau de généralité du monde animal, car tout comme nous possédons des qualités qui nous distinguent en tant qu’êtres humains (niveau cinq), nous avons des qualités (entre autres une variété de fonctions vitales, des instincts, des énergies) que nous partageons avec d’autres animaux
niveau 7 : le plus général de tous, qui fait apparaître les qualités que nous possédons comme parties matérielles de la nature, comme le poids, l’étendue, le mouvement, etc.

quand je dis "naïf", le mot est faible. Aurélien Barrau affirme que le problème « transcende les divergences d’analyse économique. » et qu'« Il faut un sursaut citoyen. Faisons l’effort de dire, tous, de gauche, de droite, libéraux ou marxistes : « Nous ne voterons plus pour un candidat dont le projet écologique n’est pas clair, assumé et absolument prioritaire. », nous entendons la réponse du marxisme classique de la période programmatiste concernant tout ce qui n'était pas « la contradiction principale » entre capital et prolétariat : faisons la révolution d'abord, on réglera ça ensuite valant pour la domination masculine, le racisme, et donc l'écologie

il serait aisé de répondre à Barrau que si le capitalisme est la cause de cette situation, le combattre n'est pas une cause perdue, puisqu'il n'y aurait pas de solution sous sa domination. En d'autre terme, sa position serait un avatar de « la collaboration de classe », ou de ce qu'on nomme aujourd'hui le transclassisme

le mot est donc lâché, et la question posée de savoir si cela relève d'une lutte des classes, prolétarienne ou pas, ou d'un combat plus large, puisque toute l'humanité, l'espèce humaine en tant que telle (niveau 5), est concernée, et pas seulement les niveaux 3 et 4 (le capitalisme et la société de classe)

notre réponse est que réduire l'histoire des sociétés à celle de la lutte des classes, comme Marx dans Le Manifeste, n'est plus adéquat au problème qu'à sa manière pose Barrau, et aujourd'hui tant d'autres que je la vois devenir paradigmatique de notre époque

où nous voyons que si
« L'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elle peut résoudre, car, à regarder de plus près, il se trouvera toujours que le problème lui-même ne se présente que lorsque les conditions matérielles pour le résoudre existent ou du moins sont en voie de devenir. »

Marx, Contribution a la critique de l'économie politique, 1859

alors si elle se pose aujourd'hui le problème de sa survie, c'est qu'existeraient ou seraient en voie de devenir les conditions matérielles pour le résoudre. Somme toute, c'est une bonne nouvelle : le monde brûle mais nous avons les moyens d'éteindre l'incendie

PS : je signale une critique écologiste de Barrau sur le site Reporterre : Non, l’humanité n’a pas toujours détruit l’environnement, Nicolas Casaux et Ana Minski, 3 octobre 2018


Dernière édition par Patlotch le Ven 9 Nov - 15:40, édité 1 fois

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Message par Patlotch le Lun 8 Oct - 8:57


Dans un nouveau rapport publié lundi, les experts du Giec assurent qu'il faut "des changements sans précédent dans tous les aspects de la société" afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Photo_entropija_4

Le groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) publie un nouveau rapport lundi 8 octobre sur le réchauffement climatique. Les spécialistes appellent à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C plutôt qu’à 2°C. Le rapport met aussi en évidence un certain nombre d’impacts du changement climatique qui pourraient être évités en limitant la progression du réchauffement.  

+ 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052
Dans leur rapport, les scientifiques expliquent qu’"au rythme actuel, nous allons atteindre les 1,5°C de réchauffement entre 2030 et 2052", faute de réduction massive des émissions de gaz à effet de serre. Se rapprocher d’un réchauffement de + 2°C aurait des impacts irréversibles sur certaines espèces animales ou végétales, comme les coraux, la toundra et la forêt boréale. Quelque 6 % des insectes, 8% des plantes, et 4% des animaux vertébrés perdraient la moitié de leur habitat. Si on dépasse le seuil de 1,5°C, ils seront deux fois plus nombreux à disparaître.

Nos journées seront également plus chaudes mais surtout nos nuits. En France, par exemple on peut s'attendre à une hausse des températures de 4,5°C. Si on rate l’objectif, nous aurons une hausse de 6°C. Pourtant, il est important que la température baisse la nuit par rapport à la journée notamment pour supporter les canicules. Un réchauffement de 1,5°C limiterait aussi la hausse du niveau de la mer de 10 cm, et 10 millions d’habitants seraient ainsi préservés de la submersion marine. Le risque également, c'est qu'il y ait plus de maladies comme la malaria et la dengue, mais aussi davantage de pollution à l'ozone.

Réduire les émissions de 45% d'ici 2030

"Cela demande des changements sans précédent", assurent les climatologues. Il faut vite réduire nos émissions de gaz à effet de serre de 45% d’ici 2030 par rapport à leur niveau de 2010 et il faut enlever du CO2 de l’atmosphère : planter des forêts, absorber la pollution. Les techniques existent, mais elles ne sont pas encore déployées à grande échelle. Les deux prochaines années sont les plus importantes de notre histoire, assurent les experts.

Ce rapport avait été demandé au Giec, par les gouvernements, lors de la COP21 à Paris. Réunis la semaine dernière en Corée du Sud, à Incheon, les experts climat de l'ONU ont étudié 6 000 publications scientifiques. À présent, les États pourront s’appuyer sur ce rapport pour revoir à la hausse leurs ambitions climatiques en vue de la COP24, organisée le 3 décembre prochain en Pologne.


1995

Sonny Rollins saxophone ténor
Bob Cranshaw basse
Stephen Scott piano, kalimba
Clifton Anderson trombone
Perry Wilson batterie
Victor See Yuen percussions




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Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 9:52


une fausse alternative

un étrange débat s'installe, à gauche et chez les écolos, pour savoir s'il faut "abattre le capitalisme pour sauver le climat" donc en substance l'humanité, le vivant. Il est alors posé en termes d'alternative stratégique, entre luttes pour une "vraie" transition écologique, sous-entendu dans le capital, et lutte radicale contre celui-ci qui est la cause. C'est en quoi il est intéressant de critiquer le texte ci-dessous, et peu importe qu'il s'agisse d'une réponse à Lordon...

cela ressemble à la traditionnelle opposition entre luttes revendicatives et luttes révolutionnaires, étant donné, comme disent les communisateurs à raison, qu'il n'y a pas de "transcroissance" des premières aux secondes. Les premières existent comme défensives, de l'état existant ou des "acquis sociaux" en voie d'être irrémédiablement perdus, les secondes comme offensives de la part d'un sujet en devenir révolutionnaire. Il faut s'y faire : les luttes du prolétariat n'ont jamais, y compris sur le plan politique dans le programmatisme ouvrier, remis en cause réellement le capital, le travail comme producteur de valeur dans l'échange marchand

pour l'auteur de l'article ci-dessous, en l'absence de mouvement révolutionnaire, l'«urgence climatique » devrait conduire à s'attaquer à « moins que le capitalisme » tout en pensant à « plus que le capitalisme » parce que la cause le dépasserait, le responsable serait « l'homme »

le défaut de cette manière de penser est un manque de dialectique des dépassements prenant en compte et la qualité (le contenu) et la quantité (la masse des individus en lutte), celle-ci permettant l'émergence d'un seuil de rupture, la rupture avec le capital se posant aujourd'hui comme jamais en termes de régénération des liens internes de l'humanité à la nature, au vivant

s'il est faux à mon sens, dans un point de vue marxiste strictement classiste, de considérer que le capitalisme en subsomption réelle domine tout de façon absolu, de sorte qu'il ne resterait que la dynamique de la contradiction de classes entre prolétariat (classe ouvrière) et capital, il l'est autant de voir une extériorité de ce que serait l'homme, l'humanité, relativement au capitalisme actuel (c'est l'erreur de Théorie Communiste critiquant l'humanisme-théorique de tout ce qui sort du prolétariat comme sujet de la révolution). Le capitalisme a absorbé les contradictions historiques antérieures et les a remodelées dans de nouvelles contradictions où il se confronte directement au vivant dans son ensemble, humanité comprise

autrement dit, les luttes actuelles "sur le climat", "l'environnement", "la diversité biologique"... peuvent ressembler aux luttes syndicales et revendicatives d'antan, et en apparence se mouler dans les limites de la politique institutionnelle, démocratique, mais en même temps, elles font bien plus : elles se confrontent directement au capital en remettant en cause sa logique, ce que ne font pas les luttes revendicatives négociant le curseur de la plus-value, le taux d'exploitation. Ces luttes sont directement chargées d'une positivité communiste dans leur négation du capitalisme. En d'autres termes, elles sont radicales en ce qu'elles prennent les choses à la racine, et la racine, c'est le rapport interne de l'humain au vivant (cf L'APPEL DE LA FORÊT et LE CAPITAL EXPLOITE LA NATURE, DONC LES PROLÉTERRES)

affirmer ici, en communisateur attendant la révolution, qu'il n'y a pas de transcroissance de ce type de luttes à la rupture avec le capital devient sans fondement ; c'est tout le paradigme des contradictions du capital qui change

Lordon et le climat : Plus et moins que le capitalisme.
Stéphane@Lavignotte Blog Médiapart 26 octobre 2018

Réponse à Frédéric Lordon sur son billet publié sur son blog sur « la Pompe à Phynance » [Monde Diplomatique] à propos des appels pour le climat.

Dans son billet du 12 octobre, Frédéric Lordon s’en est pris vertement aux appels pour le climat qui sont parus dans la presse. Les saillies sont souvent jubilatoires, certaines attaques – encore davantage dans sur ton sur « l’appel pour les migrants » – injustes et inutilement insultantes mais comme toujours les questions de fond passionnantes, même si nous voudrions y apporter d’autres propositions de réponse. Y compris comme signataire de divers appels… et étant en train de préparer un appel de chrétiens sur l’urgence climatique !

A quel fond se lier ?

Deux questions nous semblent traverser le texte. La crise écologique est-elle la faute de l’homme ou du capitalisme ? Jusqu’où faut-il se lier au fondamental (et en rapport avec la première question : quel est ce fondamental ?) dans la stratégie de l’action quand on est face à une urgence ?

La première question est un classique des débats au sein de l’écologie politique. Mais la radicalité – aller jusqu’à la racine, se lier au fondamental – n’est pas toujours du côté que l’on croit. Dès le début, les fondateurs de l’écologie politique dans les années 1970 (André Gorz, René Dumont, Barry Commoner aux États-Unis, etc.) disent l’incompatibilité de la sauvegarde de la planète avec la croissance sans fin des forces productives, la logique de profit et la propriété privée des moyens de production, bref, le capitalisme. Certes, au sein du mouvement écologiste, cette reprise est inégale suivant les mouvements, les époques, les personnalités. Il y a des écologistes qui ne remettent pas en cause le capitalisme, certains même, comme en Suisse, se définissent comme libéraux. Le refus du capitalisme est présent dès le début dans le mouvement de la décroissance, au début des années 2000 (1). Il l’est aussi au sein des Verts (devenus EELV) français et des écologistes qui participent à la France Insoumise et chez beaucoup d’animateurs d’ONG. Mais, oui, c’est vrai, elle apparaît absente dans les appels, nous y reviendrons.

Ma première question est plutôt : cela suffit-il à tout expliquer ? Nos vies ne valent-elle pas plus que la seule critique de leurs profits ? (2) Pour Frédéric Lordon dans ce texte, oui : « le problème du changement climatique, c’est le capitalisme ». Quand naît l’écologie politique, il y a un autre modèle, à l’Est, qui, sans être sans doute le socialisme, n’est pourtant pas le capitalisme [c'est vite dit, le socialisme réel était bel et bien un "capitalisme d'État]. Et pourtant, il n’est pas plus vertueux écologiquement [pour les mêmes raisons que le capital, avec l'effcacité de l'État]. Il semble donc qu’il ne suffit pas de se débarrasser de la logique de profit et de la propriété privée pour respecter la nature. Il faut chercher plus profond. [plus profond, on trouve les mines, la rente foncière, donc le capital encore]

Humain et nature

De la reprise de l’économiste Karl Polyani aux travaux de Lynn White sur les racines religieuses de la crise écologique en passant par les réflexions de Serge Moscovici et de bien d’autres, s’est dessinée l’histoire longue d’un occident (et un peu plus large) qui, au moins à partir du XIIIe siècle, crée une epistémé, comme dirait Foucault, une vision du monde, un imaginaire, qui sépare artificiellement l’« humain » de la « nature », qui en fait un « environnement », un « cadre de vie », qui considère l’ensemble de la « nature » et des êtres vivants non humains, comme une ressource à sa disposition, une carrière à exploiter comme dit Ricœur, qui veut domestiquer, dénaturer l’humain et mettre le monde en équation, en chiffre, l’objectiver/le réifier c’est à dire le transformer en objets. [cet Occident là porte déjà le capitalisme, même s'il n'est pas encore mode de production, cf Alain Bihr 2018, Le premier âge du capitalisme (1415-1763), tome 1: L'expansion européenne

Même après s’être débarrassé du capitalisme, il restera ça. Et si on ne s’est pas débarrassé de cela, le système alternatif qui sera construit à la place court le risque d’être aussi peu écologique. Est-ce l’homme ou le capitalisme la cause ? Il y a une manière de dire « l’homme » qui évite de dire que le capitalisme est en cause. Mais il y a une manière de dire « le capitalisme » qui évite de se poser la question de quel « humain » a été fabriqué par l’histoire (et bien sûr, certains rapports de force et de pouvoirs) qui a permis le capitalisme et, de manière plus générale, le productivisme. [il y a ici une incompréhension de l'histoire qui remodèle les contradictions, les actualise sous la domination du système présent, il n'y a pas de productivisme sans création de valeur, et de création de valeur sans capitalisme]

Donc si la question est de savoir à quoi se lier de fondamental, il faut aller chercher plus profond, plus à la racine, plus radical, que seulement le capitalisme et oui, l’homme (l’humain), mais pas comme une espèce qui aurait une nature mais un construit historique anthopo-socio-spiritualo-politique. [inutile d'aller chercher des formules pompeuses pour masquer une incompréhension essentielle]

Donc plus que le capitalisme.

Moins que le capitalisme

Une fois qu’on a dit ça, on reste encore face à la crise climatique. Car notre difficulté est que, malgré notre désir commun, avec Frédéric Lordon et bien d’autres, d’abattre le capitalisme et peut-être même de remettre en cause plus que le capitalisme, nous avons beau nous retrouver dans le cortège de tête, dans toutes les manifs syndicales, celles pour les migrants, et dans pas mal d’autres de Notre-Dame-Des-Landes au Triangle de Gonesse (en passant par des marches pour Adama), il faut bien dire qu’on n’est pas parti pour ça. Pour le dire plus clairement : s’il faut abattre le capitalisme (et plus) pour sauver le climat mais qu’on sait bien que c’est pas demain la veille, alors que l’urgence climatique ce n’est pas demain mais aujourd’hui, ne faut-il pas juste dire que c’est foutu pour le climat ? N’y-a-t-il pas là, une manière de se lier au fondamental qui empêche toute action ? Penser qu’aucune initiative ne vaut la peine si elle n’est pas une attaque directe au fondement du problème, n’est-ce pas empêcher toute action et s’interdir en particulier d’accroître les contradictions de l’adversaire ?

Ou au contraire, ne faut-il pas, comme les divers appels, les manifestations de ONG, parler de moins que le capitalisme pour mettre les tenants du système au pied du mur de leurs propres actes et discours contradictoires. Après tout, les tenants du système nous disent qu’il est possible de sauver la planète sans faire tomber le capitalisme, ils signent des accords internationaux disant cela... Qu’ils le prouvent ! Et nous ne devons cesser de leur mettre la pression pour qu’ils le prouvent !

Même le syndicat le plus révolutionnaire n’attend d’avoir fait tomber le capitalisme pour demander des augmentations de salaire et des baisses du temps de travail. Il met en avant ces demandes concrètes pour fédérer largement et créer un rapport de force le plus large. Il espère que cela participera de la sape du système. Jésus ne dit pas : « A bas le système oppressif du pur et de l’impur ». Il dit à l’assemblée qui a traîné devant lui la femme adultère : « Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre ».

Demandons des investissements massifs dans la transition écologique, surtout si ça fait péter le carcan des 3 % de déficit. Critiquons la folie de la consommation, surtout si cela remet en cause l’ouverture des magasins le dimanche. Exigeons des investissements dans l’isolation du parc social immobilier, a fortiori si cela remet en cause l’attaque de Macron contre les HLM…

Il faut penser plus que le capitalisme, pour parfois en dire moins, mais toujours proposer ce qui – dans un rapport de force défavorable – accentue davantage les contradictions chez l’adversaire. Et espérer, peut-être sauver le climat… Et le plus vite possible en finir avec le capitalisme et le productivisme.


(1) Stéphane Lavignotte, La décroissance est-elle souhaitable ? Textuel, 2009

(2) Stéphane Lavignotte, Nos vies valent plus que la seule critique de leurs profits ? Contretemps n°11, mai 2004.

« la forêt n'est pas une usine à bois »

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 16042903
Des forestiers manifestent contre "l'industrialisation de la forêt", le 25 octobre 2018 à Saint-Bonnet-Tronçais (Allier)
THIERRY ZOCCOLAN / AFP


image rare et réjouissante de prolétaires s'en prenant à la nature de leur travail d'exploitation
il y a bel et bien, ici, création d'un "écart" et d'un front à la limite,
où les prolétaires remettent en cause leur raison d'être pour le capital

on n'a pas encore vu des ouvriers de l'automobile, de l'armement ou du nucléaire
dans cette posture "suicidaire"


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LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Empty Re: LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE

Message par Patlotch le Ven 9 Nov - 17:31

je le pose là, en signalant un autre sujet mariant marxisme et écologie : TRAVAIL et LIBÉRATION des ANIMAUX

ça bouge dans les rapports entre marxisme et écologie, deux champs critiques eux-mêmes fort segmentés, ce qui démultiplie les contenus théoriques et politiques de cette rencontre somme toute souhaitable : mais sur quelle base ?

je trouve que cette intervention un peu hors-sol, dans le rapport de l'humanité à la terre, et puis surtout, il n'y est pas question de luttes...

Le mode de vie impérial
À propos de l’exploitation de l’humain et de la nature à l’époque du capitalisme global

entretien avec Ulrich Brand, Période, 6 novembre 2018

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 41BzKYqFhyL._SX315_BO1,204,203,200_
2017

Dans cet entretien Ulrich Brand, co-auteur avec Markus Wissen de l’ouvrage récemment paru Mode de vie impérial – À propos de l’exploitation de l’humain et de la nature à l’époque du capitalisme global (2017), relève un des plus grands défis de la théorie marxiste, à savoir la médiation entre la critique de la vie quotidienne et les structures du capitalisme à l’âge du réchauffement climatique. Loin de la posture moralisatrice écolo-bourgeoise qui juge les individus, Brand indique que le développement inégal du capitalisme à l’échelle globale met en œuvre une intégration différenciée autour de l’automobile. C’est ainsi qu’apparaît le concept de mode de vie impérial, qui va de pair avec d’autres apports théoriques comme la crise socio-écologique et les tensions éco-impérialistes, ainsi qu’avec la critique du capitalisme vert. Au cours de cet entretien, Brand engage le débat avec d’autres penseurs marxistes écologistes contemporains comme Andreas Malm et John Bellamy Foster, et brosse également un tableau instructif sur l’état actuel du marxisme dans l’espace germanophone.

extrait
Passons maintenant à votre dernière publication. Avec Markus Wissen vous avez récemment publié Mode de vie impérial. Dans ce livre vous mettez l’accent sur le concept de mode de vie. Pouvez-vous expliciter à la fois en quoi consiste le mode de vie et son rapport au concept de mode de production, qui est plus répandu dans la pensée marxiste ?

De notre point de vue le concept du mode de production est central. Grâce à ce concept central du marxisme on peut éclairer une bonne part des dynamiques sociales. Or, avec notre livre nous avons voulu mettre l’accent sur le revers de la médaille : le mode de production se concrétise dans la vie pratique. Ce n’est pas si nouveau, notamment quand on pense aux débats du féminisme marxiste. Si nous voulons comprendre pourquoi la crise actuelle ne conduit pas à des changements radicaux, mais à la persistance, au maintien d’un mode de production et de vie précis, alors il nous faut aussi regarder la vie quotidienne et la vie dans les entreprises et les institutions. Il faut regarder la médiation des structures politiques, économiques et culturelles de la mondialisation capitaliste. La nouveauté de notre livre est d’avoir mis l’accent sur cette relation. Nous l’illustrons à l’exemple de la grande importance attribuée à l’automobile dans les sociétés du nord global, mais cette importance augmente aussi dans les pays du sud global. C’est l’industrie de l’automobile avec ses stratégies d’accumulation et son intérêt à générer du profit, mais ce sont aussi les intérêts des employés et leurs représentants ainsi que les politiques étatiques d’infrastructure, de technologie et d’exportation, qui se mondialisent avec avec une violence inquiétante et écologiquement destructrice. Mais justement les désirs et les ambitions de statut de ceux qui peuvent se permettre d’acheter une voiture n’y sont pas pour rien non plus. Je viens de rentrer d’un séjour au Mexique où j’ai tenu des conférences sur le mode de vie impérial et un autre domaine de recherche. Dans l’agglomération de Mexico le nombre de voitures est passé de 3,7 millions en 2005 au montant incroyable de 9,5 millions en 2015. Même à Paris, Berlin ou Vienne c’est difficile à imaginer : c’est un désastre en termes d’écologie, d’urbanisme et de justice sociale. Et c’est en lien avec l’essor de la couche moyenne et son mode de vie. Enfin, je précise que notre livre accorde une place importante au mode de production et sa mondialisation.

Les théories classiques de l’impérialisme raisonnent en terme de période particulière à l’intérieur du mode de production capitaliste. Dans votre concept de mode de vie impérial l’apport de la théorie classique de l’impérialisme, et notamment l’idée de Rosa Luxemburg que le capitalisme a besoin d’un extérieur non-capitaliste, semble apparaître. En quoi le mode de vie impérial a besoin d’un extérieur, d’externalisation ? Et dans quelle mesure ce besoin est susceptible de favoriser des relations internationales conflictuelles et des guerres ?

Vous avez raison, notre livre s’inspire fortement de Rosa Luxemburg et sa thèse selon laquelle le capitalisme a besoin de milieux non-capitalistes et nous arguons que ce besoin est systématique. Le capitalisme se reproduit en tant que rapport global inégal et crée ainsi des îlots de prospérité et des pôles d’accumulation, qui permettent à travers des constellations de compromis de donner une part du gâteau à la population. Mais notre livre est surtout marqué par la crise écologique, ou plutôt la crise socio-écologique. Dans ce cadre, nous arguons que la prospérité matérielle des centres capitalistes repose systématiquement sur l’apport de produits bon marché, l’accès à des puits de carbone, l’exportation de déchets et ainsi de suite. Le mode de vie  impérial se caractérise par le paradoxe qu’il est incroyablement attractif et qu’il tend à la généralisation – il suffit de regarder les classes moyennes en Chine, en Inde et au Brésil. Lorsque les revenus et le statut augmentent les gens veulent vivre le mode de vie impérial. Cependant ce n’est pas possible : les téléphones portables, les voitures et la nourriture doivent systématiquement être produits sous des conditions d’exploitation écologique et sociale, car sinon ils ne seraient pas si bon marché et ne seraient pas en mesure d’assurer le mode de vie impérial.

Concernant la deuxième partie de votre question nous parlons de la tendance aux tension éco-impériales. Ce fait est évident quand on s’intéresse aux terres. La concurrence autour de la terre augmente fortement ces dernières années, ce que la science et le débat public discutent sous le terme de l’accaparement des terres. Dans cette dynamique de nouveaux acteurs aussi, pas seulement ceux du nord impérialiste, comme la Chine, la Corée du Sud ou l’Arabie saoudite tentent de contrôler les terres : D’un côté pour garantir l’accès aux ressources qui leur sont nécessaires, de l’autre côté pour faire du profit. Cette dimension est généralement sous-estimée mais avec notre perspective à la fois internationale et éco-marxiste nous sommes en capacité de la prendre en compte.

Dans l’introduction à La rupture écologique Foster, Clark et York écrivent que « le trait le plus important qui distingue la science et l’idéologie établies de leurs équivalents plus radicaux est la tentative de présenter le présent comme a-historique». À partir de votre livre, qui à travers le terme d’impérial renvoie à des rapports dans l’espace, pensez-vous qu’il serait nécessaire d’ajouter à cette remarque l’idée que le présent est également présenté comme a-spatial ?

C’est effectivement une bonne remarque. Mais il faudrait différencier un peu : bien sûr la science de l’histoire existe, mais la grande partie des sciences sociales pense au présent. Cela s’explique par le fait qu’elles se pensent occidentales et qu’elles considèrent que les choses sont bien telles qu’elles sont aujourd’hui. Les rapports réels doivent être masqués systématiquement. L’idée sur l’espace me semble très stimulante mais à nouveau il faudrait faire la part des choses : cela ne s’applique certainement pas au domaine de la politique internationale, qui traite tout à fait d’autres pays et espaces. Or, dans ce cadre il existe l’hypothèse implicite que le système occidental est le meilleur. Il y a donc une hypothèse en terme de théorie de la modernisation. Fondamentalement, la discipline de la politique internationale ne s’intéresse pas tellement aux autres régions du monde, précisément à cause des lunettes de la théorie de la modernisation. Les area studies doivent s’occuper du reste du monde – qui pourtant représente la majorité du monde – et l’idée de la domination de l’occident est maintenue. De plus ils ne voient que peu de relations entre les espaces. Avec le mode de vie impérial nous tentons justement d’éclairer cette dimension. Nous tentons de penser de quelle manière précise les relations systématiquement inégales du capitalisme associent politiquement, économiquement, culturellement et humainement – il suffit de penser aux flux migratoires – les espaces. À mon avis les sciences sociales dominantes s’y intéressent peu parce qu’elles n’ont pas de conception du pouvoir et de la domination. Lorsqu’on pense le pouvoir et l’autorité alors il faut penser historiquement et spatialement, ce qui n’est pas fait de manière suffisante.

Dans le discours contemporain sur l’écologie le travail du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et le concept d’anthropocène sont largement acceptés par les décideurs politiques. En même temps, les pratiques non-durables persistent. À partir de cette contradiction vous soulignez que dans des conditions capitalistes une crise socio-écologique peut seulement être gérée de manière hautement sélective. Qu’est-ce que vous entendez précisément par cette gestion hautement sélective de la crise ? Et quelle place joue le mode de vie impériale dans cette gestion ?

Il s’agit d’un point central : la crise écologique existe et on en parle dans les plus hautes sphères. On pourrait d’ailleurs ajouter à la liste les Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU de septembre 2015 et l’Accord de Paris de 2015. Et pourtant on reste dans un schéma de modernisation écologique : à travers le bon cadre politique les investisseurs et les consommateurs doivent être incités à rendre leurs activités plus vertes. De tout évidence cette approche passe à côté du fondement du mode de vie impérial, qui doit être transformé de manière beaucoup plus systématique. Les rapports de force doivent être modifiés. Les débats du GIEC et des ODD sont des débats d’élites éclairés qui proposent des actions. Or, ils ne s’en prennent pas aux logiques et forces dominantes dans la société. Dans ce contexte, nous avons avec Markus Wissen forgé le concept de capitalisme vert il y a quelques années. L’économie verte représente le projet dominant de l’espoir d’une modernisation écologique au moyen de cadres bien adaptés. Bien entendu dans des pays développés le capitalisme vert provoquerait un changement tout à fait perceptible de l’économie et de la société. D’après cette idée il y aurait des domaines moins durables – l’utilisation croissante de téléphones portables ou la consommation d’une certaine nourriture – mais aussi d’autres domaines plus verts par exemple dans l’énergie ou la production de nourriture. Avec le concept de capitalisme vert nous voulons mettre l’accent sur le fait que dans certains domaines et dans certaines parties du monde une écologisation sélective est à l’œuvre. Dans la mesure où ce processus se déroule sous des conditions capitalistes – et donc sous la logique d’accumulation, de l’État capitaliste et de dynamique expansives – ce processus est sélectif.

De plus, le concept constitue un programme de recherche. De ce point de vue nous nous inscrivons d’une certaine manière dans la suite dans la théorie de la régulation en posant la question de l’émergence d’un nouveau mode de production et de vie ouest-européen – sous l’impact du changement climatique, d’un scandale du Diesel plus ample qui conduiraient à un vrai changement dans l’industrie de l’automobile ou l’industrie agricole par exemple. Dans ce contexte, nous interrogerions de façon analytique, et non pas affirmative – affirmatif signifierait de dire que nous devons tendre vers l’éco-socialisme, et on en parlera sûrement plus tard. Nous disons que tout n’est pas exclusivement du brown capitalism, ce qui nous intéresse sont les dimensions d’une formation lente d’un capitalisme vert. Ainsi, il faut d’abord poser la question de la fonctionnalité, des conditions de réalisation : est-ce que les cycles de production dans le département 1 et le département 2 ainsi que les demandes des humains peuvent être assurés ? Deuxièmement, en utilisant Gramsci, la formation d’un capitalisme vert pourrait avoir lieu sous les conditions d’une révolution passive. Autrement dit, il y a une lutte de fractions au sein du bloc dominant et la fraction verte l’emporte. Ce serait donc dans un premier temps une formation par le haut. Néanmoins, il faudrait aussi une sorte de corporatisme vert, notamment dans des pays comme l’Allemagne ou l’Autriche où il y a encore des syndicats relativement forts. Une dimension supplémentaire serait donc que des associations de travailleurs acceptent une économie plus verte. Par exemple le syndicat IG Metall en Allemagne fait face à la crise de l’automobile, et cette crise vient du fait que la Chine s’est reconvertie dans les moteurs électriques pour des raisons compétitives, car elle ne pouvait pas rattraper son retard en matière de moteurs à combustion. Donc comment les syndicats réagissent-ils ? L’État – et ses politiques en matière de technologie, d’investissement et de réglementation énergétique – serait une autre dimension d’un capitalisme vert en devenir. Tout cela devrait s’articuler avec la population dans les centres capitalistes pour qui un mode de vie capitaliste-vert serait attractif. Ils conduirait des voitures électriques et n’achèteraient plus de nourriture industrielle et des vêtement bon marché produits au sud. Avec le concept du capitalisme vert nous abordons toutes ces dimensions. Bien entendu, dans ce cadre la crise aura été traitée de manière sélective, car pour que les conditions de vie restent de haut niveau en Allemagne ou en France, les conditions de vie doivent se dégrader en Amérique latine ou en Afrique qui fournissent les matières premières nécessaires.

Récemment Andreas Malm a argumenté que la critique des personnes qui consomment des produits chinois, et qui de ce fait porteraient la responsabilité du changement climatique, souffre d’un objet manquant. Il souligne que ce schéma suggère d’une part que les consommateurs des pays riches seraient absolument souverains dans leurs décisions. D’autre part ce schéma esquive le fait que les consommateurs occidentaux n’ont pas décidé de délocaliser la production, et donc les émissions en Chine, ils s’y sont même opposés. L’objet manquant sont donc les décideurs des grandes entreprises. Comment articuler la critique de la responsabilité des consommateurs de Malm et votre approche en terme de mode de vie ?


Malm a évidemment raison : les stratégies d’accumulation, les stratégies d’investissement et les décideurs des grandes entreprises sont fondamentaux. Mais à partir d’une perspective marxiste j’ajouterais que dans une entreprise il n’y a pas seulement les décideurs mais aussi d’autres groupes comme les actionnaires qui sont encastrés dans des logiques expansives. Les employés peuvent également avoir intérêt à l’expansion de l’entreprise. Donc je ne réduirais pas les entreprises aux décideurs même si ces derniers sont naturellement centraux dans une entreprise capitaliste. En même temps, j’insiste aussi sur le rôle de la politique car depuis une perspective d’économie politique nous devons toujours voir les intrications entre la politique et l’économie. Je n’oublierais pas non plus les consommateurs et la question de la consommation durable. Dans notre livre nous voulons justement souligner l’ambivalence de pouvoir choisir entre des alternatives, car les humains vivant sous le mode de vie impérial ont des marges de manœuvre.

De plus, Malm – que j’ai rencontré récemment à Malmö en Suède lors de la 6e conférence internationale sur la décroissance, où il a participé à un débat théorique dédié aux approches alternatives – sous-estime la question de l’État. Lors de ce débat, qui a été très intense, Malm s’est laissé aller à dire qu’il nous faut une sorte d’éco-léninisme, une avant-garde, et en fin de compte l’État doit tout arranger. Son message était que l’État doit mener la transformation. À partir d’une vision poulantzasienne je suis sceptique, car l’État est profondément impliqué dans le mode de production capitaliste, qui est fondamentalement non-durable. Les processus de transformation doivent donc être beaucoup plus complexes : il faut des mouvements sociaux, des pratiques quotidiennes, des élites dissidentes et bien sûr d’autres politiques étatiques. Mais j’avais l’impression que Malm homogénéise assez fortement l’État et formule un espoir plutôt abstrait à l’égard de l’État.

Vous écrivez que la mondialisation capitaliste repose sur un compromis politique entre les classes dominantes et une partie des subalternes, qui conduit à l’approfondissement du mode de vie impérial. Cette appréciation ressemble à une sorte de théorie l’aristocratie ouvrière écologique, qui, à l’instar de Lénine il y a 100 ans, explique le réformisme d’une partie du mouvement ouvrier. Qu’est-ce que vous déduisez de ce compromis pour l’élaboration d’un projet hégémonique qui entend rompre avec le mode de vie impérial ?

Cette interprétation n’est pas fausse. Souvent lors de discussions quelqu’un remarque que la plupart des gens du nord global vivent au détriment du reste du monde. Et ce n’est pas faux, mais il ne s’agit pas de déterminer un groupe. Ce qui nous intéresse est de concevoir le mode de vie impérial comme une catégorie de structure. Nous voulons souligner comment les humains du nord global sont systématiquement capturés dans un mode de production et de vie – à travers leur quotidien, leur subjectivité, leur travail, leur production et reproduction – et que c’est à travers ce mécanisme qu’ils gagnent de la marge de manœuvre et de la qualité de vie. Bien entendu à l’intérieur de ce mode de vie il faut distinguer selon les classes, genres et races. C’est une différence par rapport à Lénine.

Concernant la deuxième partie de la question, la grande question d’un projet hégémonique pour une alternative, dans le chapitre 8 nous écrivons de contours d’un mode de vie solidaire. Avec Gramsci, même s’il n’a jamais utilisé le concept de contre-hégémonie, nous nous intéressons à la formulation d’un projet contre le capitalisme néolibéral, impérial et autoritaire. Nous arguons que nous avons besoin de transformations critiques et émancipatrices partout, depuis l’intérieur du mode de vie impérial. Cela concerne des initiatives politiques comme par exemple le débat sur la sortie du nucléaire en France, mais aussi des initiatives économiques en fonction des rapports de force – il n’existe pas d’économie pure, mais l’économie est inscrite dans des rapports de force sociaux, des intérêts et des luttes. C’est pour cette raison que le débat sur le décroissance est important car il met en causse des évidences sociales comme l’idée que la croissance créerait de l’emploi. De plus nous insistons en particulier sur les nombreuses initiatives plus ou moins grandes qui existent déjà et qui réussissent régulièrement à s’imposer contre les schémas dominants : des luttes pour la municipalisation de l’eau et de l’énergie, ou les luttes contre le libre-échange qui créent des espaces pour un projet contre-hégémonique. Par ailleurs, dans les débats à gauche les pratiques sont souvent sous-estimées. Pourtant, dans la société il existe des moments où les humains agissent déjà différemment, même s’ils ne conçoivent pas ces actions comme politiques. Par exemple la voiture à Vienne : il y a quelques années le point de basculement a été atteint, autrement dit le nombre de ménages sans voiture a dépassé celui des ménages disposant d’une voiture. Pourtant malgré un bon réseau de transport public la mairie continue à faire comme si le trafic sur les routes devait continuer à augmenter. En ce moment il y a une polémique autour d’un tunnel qui devrait traverser une réserve naturelle par exemple. Récemment, après des discussions et des protestations pendant des années, il a été décidé de construire le tunnel pour améliorer les flux de trafic de la périphérie vers Vienne. Les préoccupations écologiques sérieuses, qui ont été mis en avant par le parti Vert et beaucoup d’ONG et d’experts, ont tout simplement été ignorées. Ainsi, il ne s’agit pas seulement d’un problème de protection de l’environnement mais aussi du renforcement de l’étalement urbain – et nous savons grâce à de nombreuses études que cela crée encore plus de trafic sur les routes. Le fait que beaucoup de gens n’ont pas besoin d’une voiture fournit une occasion politique. On pourrait dire la même chose à propos de la consommation de viande. Là où les pratiques se modifient nous avons des opportunités. Voilà ce que sont les contours d’un mode de vie alternatif et solidaire. Et nous devons penser internationalement : le principe de la bonne vie pour tous ne peut pas s’appliquer qu’à certains groupes en France, ce qui exclurait par exemple les migrants ou d’autres groupes socialement faibles. Le principe normatif de la bonne vie ne doit pas être appliqué au détriment de certains. C’est notre message politique de base pour discuter d’alternative. Il faut comprendre comment dans la vie quotidienne de quelqu’un à Paris ou à Vienne on peut rendre visible et modifiable le fait que le quotidien repose sur des flux de produits d’autres pays, qui ont été fabriqués sous des conditions sociales et écologiques précaires. Il faut ouvrir le débat sur d’autres formes d’échange international de produits, et sur la réduction et la régionalisation des flux de marchandises. Ce sont des questions relatives au mode de vie solidaire qui visent la construction d’un projet hégémonique alternatif.

Entretien réalisé et traduit depuis l’allemand par Benjamin Bürbaumer.

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LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Empty Re: LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE

Message par Patlotch le Sam 10 Nov - 5:18

la parole est à la défonce, sans commentaire

« Tout laisse penser que la civilisation industrielle, loin d'être un virus à contenir,
recèle en elle les clefs d'un épanouissement durable
. »


« La question écologique est instrumentalisée contre le capitalisme »
Ferghane Azihari, Laurent Alexandre, Le Figaro, 09 novembre 2018

Pour Laurent Alexandre et Ferghane Azihari, limiter le progrès technique et industriel au nom de l'écologie est une erreur potentiellement dangereuse et liberticide.

Laurent Alexandre est chirurgien urologue et chef d'entreprise. Il est également l'auteur de La guerre des intelligences (éd. JC Lattès), et co-fondateur de l'Institut Sapiens. Ferghane Azihari est analyste en politiques publiques, collaborateur de l'Institut de recherches économiques et fiscales.

Lors de ses controverses avec Proudhon, Marx se plaisait à conférer un caractère scientifique à son socialisme pour l'opposer aux utopies de son rival. Son discours n'en demeurait pas moins prophétique. Sans doute est-ce pourquoi l'infortune de ses prédictions n'a jamais affaibli son prestige auprès d'intellectuels assoiffés d'eschatologie païenne. Marx prédisait que la paupérisation des masses sous le règne de l'impitoyable loi du marché allait conduire le capitalisme à son effondrement. Son disciple, Lénine, fut contraint par l'embourgeoisement du prolétariat occidental à réactualiser la prophétie: la survie «temporaire» du capitalisme ne pouvait s'expliquer que par la misère du tiers-monde. Mais alors que la mondialisation brise le monopole occidental de l'opulence, de nouvelles accusations sont proférées contre le péché du capital à l'origine des sociétés industrielles, qu'est la cupidité. Ces éternels griefs rejoignent le constat schumpetérien que le capitalisme doit soutenir son procès devant des juges qui ont en poche la sentence de mort « quels que soient les arguments invoqués par les avocats ». Depuis quelques décennies, c'est donc à l'écologie politique et à son versant décroissant qu'échoit la noble tâche de condamner l'économie de marché.

Place aux nouveaux prophètes et aux sombres présages. À Hollywood, les dystopies néo-malthusiennes attestent l'ampleur du fantasme de l'effondrement des sociétés industrielles. L'invalidation empirique de la plupart des discours alarmistes peine à les éroder. Dans son célèbre rapport publié en 1972, le très scientifique Club de Rome alertait sur les dangers de la croissance de la population et de la pression induite sur les ressources naturelles. Les terres arables viendraient à manquer et les famines seraient inéluctables. Cinq décennies plus tard, la malnutrition s'est effondrée pour atteindre le taux de 11% «malgré» un peuplement sans précédent de notre planète. Remercions pour cela les gains de productivité obtenus au rythme de la diffusion du progrès technique et du capitalisme à l'échelle mondiale. Ainsi l'humanité a-t-elle réduit de plus de 68% les terres nécessaires à la production d'une même quantité de nourriture ces 50 dernières années.

Les matériaux dont on redoutait la disparition sont toujours là.

Autre prophétie invalidée, les matériaux dont on redoutait la disparition sont toujours là. Les inquiétudes néo-malthusiennes témoignent de notre difficulté à saisir le rôle des mécanismes de l'offre et de la demande dans la gestion de la rareté des ressources. Une économie de marché où les prix sont librement fixés rend en effet toute pénurie impossible. Toutes choses égales par ailleurs, la raréfaction d'un matériau augmente son prix. Ceci encourage les producteurs à trouver des techniques plus sophistiquées de production et d'extraction de la ressource. Sa cherté régule parallèlement sa consommation, incite à sa conservation, à son recyclage et invite les populations à se tourner vers des substituts. La saga des hydrocarbures dont on prédit en vain la fin depuis des décennies est une bonne illustration de ce phénomène. Celle du cuivre en est une autre. L'expansion de l'industrie des télécommunications générait les mêmes inquiétudes avant qu'elle ne se tourne vers la fibre optique. Celle-ci est composée de silice, laquelle est plus abondante. Notre monde a beau être fini, la liste des besoins pour lesquels la rareté a été déjouée ne l'est pas.

L'inépuisable ingéniosité humaine est l'ultime ressource dont nous disposons.

Évaluer la soutenabilité d'une industrie en raisonnant sur la base d'une ressource particulière revient donc à méconnaître le rôle de la créativité entrepreneuriale. Cette créativité consiste précisément à innover toujours plus dans l'usage des ressources pour satisfaire les besoins de l'humanité. D'où l'affirmation du célèbre économiste américain Julian Simon que l'inépuisable ingéniosité humaine est l'ultime ressource dont nous disposons. Or son déploiement à travers le commerce et l'industrie s'intègre mal dans les modèles mathématiques établis par les scientifiques férus de scénarios apocalyptiques. Hélas ces considérations ne suffisent pas à enrayer l'idéologie à l'origine de l'atmosphère anxiogène que nous connaissons. Les apôtres de l'écologie politique ont fini de convertir les populations à l'idée que la planète serait une entité naturellement bienveillante victime de l'avarice et l'incessante souillure des activités humaines. La mode du «bio» qui consacre la supériorité de la chimie «naturelle» sur la chimie «synthétique» au mépris des considérations scientifiques est un symptôme de ce phénomène. Cette vision feint d'ignorer que l'histoire de l'humanité est aussi celle de sa lutte contre des phénomènes naturels nuisibles à notre survie par le développement industriel.

Il arrive certes que ce développement implique des compromis avec l'environnement et la biodiversité. Mais ces inconvénients doivent toujours être comparés aux avantages obtenus en contrepartie.

Faut-il préférer la lutte à l'adaptation au changement climatique ?

Personne n'oserait rétrospectivement affirmer que les pollutions atmosphériques générées par les premières révolutions industrielles étaient inacceptables au regard des résultats obtenus dans la lutte contre la famine ou la mortalité infantile. D'autant que le progrès technique qui caractérise les sociétés riches leur permet de renégocier un meilleur équilibre avec leur environnement quand elles parviennent à satisfaire leurs besoins primaires. La pollution de l'air tend ainsi à reculer dans les pays développés depuis plusieurs décennies au point où l'indice de performance environnementale élaboré par les universités de Yale et de Columbia révèle que beaucoup de pays riches surclassent les pays pauvres sur ce point.

Cette affirmation est contre-intuitive à une époque où le mythe du bon sauvage sous-entend que seules les sociétés corrompues par la richesse seraient frappées par des problèmes environnementaux. En effet, les pays faiblement industrialisés qui brillent par leur sobriété émettent moins de CO2. Ils sont néanmoins rattrapés par des fléaux plus urgents que le changement climatique. Dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne, les infections respiratoires et les maladies diarrhéiques côtoient la malnutrition comme principales causes de mortalité. Ces problèmes proviennent d'un défaut d'infrastructures sanitaires pour le traitement de l'eau ainsi que de la persistance de sources d'énergie rudimentaires pour les activités domestiques. Autant de défis que l'industrialisation de ces pays pourrait relever, même si elle implique d'émettre plus de CO2 en contrepartie.

Tel est en effet le point faible des écoles de pensée qui estiment que le CO2 doit être réduit à n'importe quel prix au motif qu'il existe effectivement une causalité entre son émission et le changement climatique. Cette vision est confrontée à l'absence de certitude sur l'incapacité des sociétés futures à absorber ou à déjouer les coûts de ce changement. Se pose alors la question des concessions acceptables en matière de développement pour les sociétés présentes. Les dommages du CO2 justifieraient-ils de sacrifier dès à présent les avancées industrielles et l'élévation du niveau de vie qu'impliquerait l'absence de contraintes sur les activités productives? Les avantages d'une décarbonation brutale des économies valent-ils le manque à gagner en matière de développement qui en résulterait? Faut-il préférer la lutte à l'adaptation au changement climatique?

La résilience des sociétés industrielles est donc l'une des clefs de la survie de l'humanité.

À ces questions, les néo-malthusiens répondent qu'ils sont résolus à sacrifier le présent pour sauver un avenir qu'ils estiment en péril. Cette position témoigne d'une absence totale de confiance en la résilience des sociétés humaines face aux risques environnementaux. Elle balaie l'hypothèse que des sociétés riches et avancées sur le plan technologique pourraient convenablement les gérer. L'examen de nos modes de production suggère pourtant une diminution progressive de l'intensité carbonique de l'économie mondiale depuis quelques décennies. Ces évolutions s'expliquent par les gains en efficacité énergétique et le recours à des sources d'énergie moins carbonées. Elles laissent entrevoir la possibilité d'un développement plus sain. L'observation des catastrophes naturelles montre quant à elle que leur gravité diminue au rythme de l'enrichissement des sociétés et de leurs capacités grandissantes à investir dans des technologies et des infrastructures plus sophistiquées. C'est pourquoi un pays comme Haïti a connu plus de 230 000 décès à la suite d'un séisme d'une magnitude de 7.0 en 2010 quand le Chili a subi quelques semaines plus tard un séisme plus violent qui n'a fait «que» 525 morts et 23 disparus.

Les néo-malthusiens devraient donc manier leurs prédictions avec humilité compte tenu de leurs erreurs passées.

De la même manière, le Bangladesh peut subir trois cyclones d'une importante intensité en 1970, en 1991 et en 2007 en voyant entre-temps le nombre de décès à la suite de ces intempéries passer de plus 500 000 à 139000 puis à 15000. À l'échelle mondiale, toutes les données indiquent que la capacité d'une société à limiter ses pertes économiques et le nombre de victimes dus aux risques naturels, est positivement corrélée au niveau de richesse. La résilience des sociétés industrielles est donc l'une des clefs de la survie de l'humanité. Les scénarios du GIEC émettent l'hypothèse que l'humanité pourrait être trois à sept fois plus riche qu'elle ne l'est aujourd'hui d'ici 2100. On peut légitimement penser que la technologie dont nous disposerons permettra alors des accomplissements aujourd'hui inimaginables en matière d'adaptation ou de lutte contre les aléas climatiques.

D'où la nécessité de redoubler de prudence avec les mesures prises au nom de l'environnement qui entraveraient le progrès économique. Compromettre un niveau de prospérité au nom de la prévention d'un danger que cette même prospérité pourrait mitiger est-il un bon calcul? Les néo-malthusiens devraient donc manier leurs prédictions avec humilité compte tenu de leurs erreurs passées. Propager inutilement la croyance que laisser libre cours aux activités humaines met notre espèce en péril, risque logiquement de nourrir des totalitarismes pour qui notre survie justifierait tous les moyens. Tout laisse penser que la civilisation industrielle, loin d'être un virus à contenir, recèle en elle les clefs d'un épanouissement durable. Encore faut-il que les utopies qu'elle renferme triomphent sur la psychose ambiante.

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Message par Patlotch le Sam 24 Nov - 11:01

une preuve que le capitalisme vert de la "transition énergétique" n'est que l'autre versant du capital comme économie politique

Make Economy Green Again ?

Etats-Unis : Le changement climatique menace l'économie
N.Sa avec AFP 20 minutes 24/11/18

Le changement climatique affecte déjà les économies américaine et mondiale et ses conséquences négatives ne feront que s’aggraver si des mesures drastiques ne sont pas prises pour réduire les émissions des gaz à effet de serre, selon un important rapport gouvernemental américain publié vendredi.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 640x410_le-rechauffement-climatique-pourrait-provoquer-plus-de-500-000-morts-supplementaires-en-2050-dans-le-monde
Le réchauffement climatique affecte les économies américaine et mondiale
DIMITAR DILKOFF AFP

« Vu le niveau historique des émissions de gaz à effet de serre, les pertes aux Etats-Unis pourraient atteindre des centaines de milliards de dollars dans plusieurs secteurs d’ici la fin du siècle », explique le dernier « National Climate Assessment », une « évaluation » mandatée par le Congrès américain et rédigée par plus de 300 scientifiques.

Un rapport de plus de 1000 pages

« Sans des efforts substantiels et soutenus pour l’atténuer au niveau mondial et d’adaptation au niveau régional, le changement climatique va affecter de manière de plus en plus négative les infrastructures et les biens américains et ainsi que le taux de croissance économique au cours de ce siècle », insistent ses auteurs.

« Les conséquences du changement climatique au-delà de nos frontières vont affecter de plus en plus notre commerce et notre économie, notamment les prix à l’import et à l’export ainsi que les entreprises qui ont des investissements et des chaînes d’approvisionnement à l’étranger »,
préviennent-ils dans ce texte de plus de 1.000 pages.

Un « canular »


Donald Trump, qui a par le passé qualifié de « canular » le changement climatique et doute de ses causes humaines, a remis récemment en cause le rapport de l’an dernier. Cette étude, qui concluait que le changement climatique était bien réel et résultait probablement des activités humaines, avait pourtant reçu le feu vert de la Maison Blanche pour être rendue publique.

Il y a seulement deux jours, le président des Etats-Unis, qui a retiré en 2017 la première économie mondiale de l’accord de Paris sur le climat, a une nouvelle fois invoqué la météo pour prouver le bien-fondé de son scepticisme. « La vague de froid brutale et prolongée peut battre TOUS LES RECORDS - Qu’est donc devenu le réchauffement climatique ? », a-t-il fait mine de s’interroger dans un tweet.

Donald J. Trump a écrit:@realDonaldTrump
Brutal and Extended Cold Blast could shatter ALL RECORDS - Whatever happened to Global Warming?

« Des dégâts considérables pour l’économie américaine »

Les scientifiques ont trouvé « des preuves claires et irréfutables que la température mondiale moyenne est beaucoup plus élevée et augmente plus rapidement que constaté jusque-là dans la civilisation moderne », a-t-il dit à la presse. « Et cette tendance au réchauffement ne peut être expliquée que par des activités humaines, notamment les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. »

Le niveau de la mer continue d’augmenter, et des événements extrêmes comme des pluies torrentielles et des inondations se manifestent de plus en plus souvent sur la planète, ce qui aura des « répercussions sur les secteurs économiques », a ajouté David Easterling, mettant en garde contre « des dégâts considérables pour l’économie américaine ».

Ce rapport prévient aussi qu’il est « très probable que des impacts physiques et écologiques seront irréversibles pour des milliers d’années tandis que d’autres seront permanents ».

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Message par Patlotch le Mer 26 Déc - 14:12


la valse jaune de l'écologie et du capitalisme vert

ces commentaires sont complémentaires de la discussion ici, 24 Déc 2018, à propos de « 'le capitalisme vert' n'existe pas. » (RS/Théorie Communiste)

1er temps : le jaune et le vert

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Maison_de_rugy-3988401
Résidence secondaire sur l'île d'Ouessant de François de Rugy,
ministre de la transition écologique
dans la nuit du 7 au 8 décembre

on l'a vu, le 'mouvement des gilets jaunes' a commencé avec la revendication d'annuler la hausse de la taxe sur les carburants prévue au 1er janvier 2019 dans le cadre de la "transition énergétique" du gouvernement Macron-Hulot-de Rugy : le capitalisme vert à la française, idéologie puis économie politique. Massivement, les participants n'étaient pas opposés à l'écologie, et les écologistes qui l'ont soutenu mettaient en cause "l'écologie punitive", non le capitalisme comme incompatible avec la survie de l'humanité et de la planète

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Manifestation-gilets-jaunes-a-aurillac-le-17-11-2018-dorian-_4083534
Aurillac le 17 novembre 2018 ©️ Dorian Loubière

2e temps : "l'Affaire du siècle"


18 décembre 2018

l'idée est d'attaquer l'État en justice. Et parce qu'il est difficile à un citoyen seul d'accomplir cette démarche, cette action serait portée par quatre associations : Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l'Homme, Greenpeace France et Oxfam France. [...] Ces organisations s'appuient sur des exemples à l'étranger, qui ont poussé des gouvernements à s'engager davantage, comme aux Pays-Bas, en Colombie ou au Pakistan.
rappelons que la Fondation pour la Nature et l'Homme n'est autre que la Fondation Hulot

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 2827050-inline-500x187

cette pétition a recueilli 1,7 millions de signatures en une semaine. Déjà, des partisans de la décroissance, "anti-civilisation" réagissent et montrent les limites d'une part l'inefficacité des mesures préconisées, d'autre part leur impossibilité dans la société industrielle capitaliste : Quelques remarques sur "L'Affaire du siècle"

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Ecojavel-fr
L’efficacité énergétique et de nouvelles industries de production d’énergie ne rendront jamais soutenable la civilisation industrielle. Au contraire, elles contribuent à perpétuer son caractère intrinsèquement délétère. La société de masse capitaliste ne sera jamais socialement juste. Nous avons besoin de rien de moins que du démantèlement complet de la société industrielle mondialisée, de l’État, du capitalisme. Nous avons besoin d’une décroissance radicale, d’une dissolution de la société de masse au profit d’une multitude de sociétés véritablement démocratiques — fondées, donc, sur des technologies démocratiques. Ce que ni l’État ni son système judiciaire ne permettront ni n’encourageront jamais. Il va falloir se battre.
d'autres écologistes radicaux suivront...

3e temps : l'État contre-attaque

« Mon hypothèse est que le succès de cette pétition est peut-être aussi
une réplique aux mouvements des “gilets jaunes”
,
qui parlent parfois de l’écologie comme d’un problème »

François de Rugy « agréablement surpris »
de Rugy a écrit:"Ce n'est pas dans un tribunal qu'on va faire baisser les émissions de gaz à effet de serre."

Le ministre affirme que le gouvernement a déjà commencé à agir. "Nous répondrons point par point. Nous sommes déjà au travail". Il donne pour exemple les quatre centrales à charbon de Loire-Atlantique qui seront fermées, alors que ces installations sont "loin d'être en fin de vie". D'autre part, le ministre de la Transition écologique assure que "les mesures mises en œuvre dès le début du quinquennat commencent à porter leurs fruits. Au trimestre dernier, pour la première fois, les émissions du transport ont commencé à baisser".
il confirme donc une opposition interne dans le capitalisme entre tenants de la poursuite ou de l'arrêt de l'exploitation des énergies fossiles, tout en taisant le fait que les énergies dites "renouvelables" exigent également d'extraire des minéraux pour la fabrication d'éoliennes, de panneaux solaires, notamment dans leurs technologies numériques ("terres rares", etc.). C'est l'opposition symbolisée par le bras de fer politique entre Macron et Trump-Bolsonaro... qui traduit la concurrence entre secteurs énergétiques, enjeu du maintien du taux de profit. François de Rugy ajoute
"En France, tout le monde est d'accord pour lutter contre le changement climatique mais, en revanche, quand on pose la question des moyens, c'est plus complexe. Qu'est-ce que les citoyens sont prêts à accepter ?"
gageons qu'ayant été échaudés (sic) par le départ et le remplacement de Nicolas Hulot, nombreux sont prêts à accepter de porter des pancartes "de Rugy, dégage !"


il faut bien que cela amuse les fossiles du marxisme, et qu'ils y mettent de l'énergie
Le Prolétariat universel a écrit:Voilà un autre petit complot minable du gouvernement dans la guerre des images. Il commandite une pétition tordue, qui semble le culpabiliser comme responsable (ce qui fait que autant de gilets jaunes ont pu signer) de la négligence du changement climatique (pitié ne plus utiliser « taxe carbone »), laquelle recueille bien plus de signatures nunuches écolos que la pétition qui a lancé les gilets jaunes... et le tour est joué.
tel Zorro, le prolétariat universel va arriver et tout régler, des thermomètres aux règles de Mesdames...

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Message par Patlotch le Lun 28 Jan - 19:23


LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Fos-sur-mer-Arcelor-Mittal-expose-ses-ouvriers-a-des-taux-de-benzene-3.000-fois-superieurs-a-la-norme
Les salariés, lors de leur travail, sont aussi insuffisamment protégés,
selon le rapport de l'Inspection du travail
. ©️ MICHEL GANGNE / AFP

Selon un rapport de l'Inspection du travail, des ouvriers de la cokerie d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer sont exposés à des taux de benzène 3.000 fois supérieurs aux normes.
"Une situation dangereuse". Voilà le constat sans appel posé par l'Inspection du travail après une visite inopinée sur le site d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer dans les Bouches-du-Rhône. Selon le rapport que le site d'information Marsactu a pu se procurer, certains des salariés du site ont été exposés à des taux illégaux de benzène.

Des fuites au niveau des portes. Lors d'un contrôle à la cokerie d'ArcelorMittal, l'Inspection du travail a ainsi relevé des taux de benzène 3.000 fois supérieurs aux normes autorisés. La raison ? Des fuites au niveau des portes car il n'y a pas de systèmes clos, ni de protection collective technique. Les salariés, lors de leur travail, sont aussi insuffisamment protégés. Lorsqu'ils déposent le charbon dans les fours, ils ne portent par exemple pas de masques. Le benzène est un hydrocarbure constituant du pétrole brut qui dégage une odeur douce et sucrée.

Déjà condamné l'an dernier. Le passif d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer est déjà lourd. En 2018, l'entreprise a été condamnée par l'Etat à payer une amende de 15.000 euros ainsi qu'une astreinte de 1.500 euros par jour à cause de normes environnementales non respectées. Et il y a un an, le site avait été mis en demeure pour ne pas avoir respecté les limites de rejet de benzène.

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Message par Patlotch le Dim 3 Mar - 8:00


Deux chercheurs du Laboratoire de géologie de Lyon (LGL, CNRS/Université de Lyon/ENS Lyon) et du laboratoire Cultures et environnements préhistoire, antiquité, moyen âge (CEPAM, CNRS/Université Côte d'Azur) viennent de montrer l'impact du puissant et brutal réchauffement climatique de la dernière période interglaciaire à la fois sur les paléoenvironnements et les comportements des populations de chasseurs-cueilleurs Néandertaliens en Europe. Leurs observations prouvent que la mise en place d'une grande forêt de feuillus a engendré un effondrement drastique de la population européenne ainsi qu'un épisode de cannibalisme dans une grotte ardéchoise située en bord du Rhône.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Sties
Stries de découpe observées sur un pariétal fragmenté d'adolescent Néandertalien découvert dans la couche XV de la Baume Moula-Guercy (Ardèche, France).
Nous savons par l'étude des glaces polaires, des sédiments marins et des tourbières que la dernière période interglaciaire (128 000 à 114 000 ans) a été la plus chaude des derniers 400 000 ans. Les températures étaient supérieures à celles que nous connaissons aujourd'hui et le niveau de la mer plus élevé de 6 à 9 mètres. Du fait de l'extrême rareté des sites archéologiques appartenant à cette période, l'effet de cet événement majeur sur les paléoenvironnements et les défis auxquels les populations de chasseurs-cueilleurs Néandertaliens ont été confrontées, sont peu connus.

Grâce à une couche archéologique exceptionnelle, sans équivalent sur le continent européen conservée sans perturbation pendant plus de 120 000 ans dans la Baume Moula-Guercy à Soyons, deux chercheurs français montrent que le réchauffement climatique rapide a entraîné une reconfiguration générale des écosystèmes et une redistribution de toutes les espèces vivantes du continent européen, des plantes aux arbres et des reptiles aux grands mammifères, par la mise en place d'une épaisse forêt tempérée en remplacement de la steppe à graminées précédente.

Les mammifères caractéristiques des biotopes froids ont été remplacés par des espèces tempérées qui avaient trouvé refuge dans les péninsules méditerranéennes au cours de la phase glaciaire antérieure. Des reptiles méditerranéens, dont la Tortue d'Hermann, absents de cette région ardéchoise de nos jours, ont occupé les espaces découverts, démontrant ainsi que le climat de cette région était plus chaud et plus sec que de nos jours. Ces données paléoécologiques pourraient potentiellement éclairer les changements de nos écosystèmes actuels si le climat de notre planète devait continuer à se réchauffer.

Contrairement à l'idée généralement admise, et comme de nombreux auteurs l'ont souligné, la forêt tempérée est un milieu de vie hostile pour les chasseurs-cueilleurs de nos jours comme dans le passé. La biomasse de grands mammifères, qui constituaient les proies privilégiées des Néandertaliens y est nettement plus réduite que dans les steppes froides. L'extension des milieux arborés a provoqué un effondrement drastique des populations néanderthaliennes ; celles-ci ne se maintenant que dans quelques rares régions européennes, dont le sud-est de la France.

Alors que le cannibalisme des Néanderthaliens n'est attesté que dans 4 sites seulement durant les derniers 100 000 ans de leur existence sur le continent européen, deux sont datés de la dernière période interglaciaire, malgré sa faible durée. Le mieux documenté est celui de la Baume Moula-Guercy à Soyons. Les stries au silex observées sur les os (cf. cliché ci-dessous), les points d'impact pour casser les os et les crânes attestent que les occupants de la grotte ont consommé 6 de leurs congénères au cours d'un épisode unique d'endocannibalisme de survie.

Références publication:

Alban R. Defleur, Emmanuel Desclaux. Impact of the last interglacial climatic change on ecosystems and Neanderthals behavior at Baume Moula-Guercy (Ardèche, France). Journal of Archaeological Science (2019) doi: 10.1016/j.jas.2019.01.002

Contacts chercheurs:

- Alban Defleur, LGL-TGE
- Emmanuel Desclaux, CEPAM

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Message par Patlotch le Ven 15 Mar - 9:55


publié hier, quelques actions dessous...


Des étudiants pour le climat envahissent la Société générale
Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan, Reporterre, 15 mars 2019

Ce vendredi matin, en ouverture de la grève des jeunes pour le climat, 140 étudiants et activistes ont envahi le siège de la Société générale et occupent son hall.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Arton16996-bac52
Peu avant 9h, environ 140 étudiants et activistes de l’association ANV-COP21 sont entrés au siège de la Société générale, à La Défense. L’entrée s’est faite de façon fulgurante, au moment où les salariés entraient dans la banque pour y travailler.

Les étudiants se sont placés bras dessus bras dessous dans le grand hall, devant les tourniquets et ont chanté « On est plus chauds que le climat » et « Et un, et deux, et trois degrés, c’est un crime contre l’humanité ».

00:0000:24
Des salariés ont tenté de forcer l’entrée, créant des tensions. Le dialogue s’est parfois entamé, mais un dialogue de sourds. Les salariés ne peuvent pas passer les tourniquets permettant d’accéder aux ascenseurs, mais rentrent par les côtés.

À 9 h 30, quatre policiers sont entrés, et restent en observation, constatant que tout se passe sans violence.

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Message par Patlotch le Ven 15 Mar - 20:12


C'est une journée de mobilisation mondiale qui se met en marche aujourd'hui dans plus d'une centaine de pays. Suite à l’appel international lancé par Greta Thunberg, jeune égérie suédoise de la lutte contre le réchauffement climatique, des milliers d'actions se dérouleront aujourd'hui pour sensibiliser les dirigeants planétaires à l'urgence de la situation.

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Un mobilisation d'ampleur qu'illustre cette carte mise à disposition par Greenpeace et qui reprend la liste de tous les événements prévus dans le monde.

Cette journée de sensibilisation est prévue "dans 1.769 endroits et 112 pays", comme l'a tweeté Greta Thunberg jeudi soir.

Tour d'horizon des actions en cours et à prévoir.

Greta Thunberg devant le parlement suédois
"Nous sommes face à la plus grande crise existentielle que l'humanité ait connu et pourtant on continue à la nier", a déclaré la jeune activiste suédoise Greta Thunberg à Stockholm devant des milliers d'étudiants -10.000, selon elle- qui se sont réunis vendredi pour manifester à l'occasion de cette journée mondiale de grève pour le climat.

L'adolescente de 16 ans estime que la crise climatique est la responsabilité des générations précédentes. "Nous n'avons pas contribué à cet état de fait. Nous sommes nés dedans et devrons passer toute notre existence à le subir", affirme-t-elle. "C'est pourquoi nous manifestons. Et que nous allons continuer à le faire".

L'Asie et l'Océanie ouvrent la marche
En Australie, la contestation a déjà débuté. Des milliers d’étudiants se sont rassemblés en Nouvelle-Zélande et quelque 150.000 personnes, en Australie. Des centaines d’élèves se sont symboliquement réunis à Cairns, cité balnéaire de l’Etat du Queensland bordant la Grande Barrière de Corail, elle-même mise à mal par le changement climatique.

On a également dénombré 20.000 manifestants à Sydney. Mais les gens se sont aussi réunis à Canberra, Brisbane, Melbourne et Perth.

En Nouvelle-Zélande voisine, les étudiants manifestaient à Wellington avec des pancartes clamant, par exemple, "Le temps est en train de fondre" ou "Agir maintenant ou nager".

L’initiative des jeunes n’a pas été du goût de certains enseignants et politiques néo-zélandais, mais a reçu le soutien de la Première ministre, Jacinda Ardern. " Ne sous-estimez pas le pouvoir de votre voix ", a dit la travailliste de 38 ans à des étudiants cette semaine au Parlement.

Des milliers de jeunes ont également embrayé à Bangkok, Séoul et Hong Kong, avec comme mots d'ordre "Il n'y a pas de planète B", "Vous êtes en train de détruire notre avenir" ou encore "Si vous n'agissez pas comme des adultes, nous le ferons".

En Inde, de jeunes étudiants se sont également rassemblés à New Delhi. "Mes yeux souffrent de la pollution", a expliqué Shagun Kumari, 13 ans, à Delhi (environ 200 participants). "Je veux un air pur qui n'affecte pas mes poumons, et de l'eau propre qui ne me fasse pas tomber malade".

Greta Thunberg, qui a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019, a également relayé sur Twitter des images de manifestations au Japon, en Indonésie ou encore aux Philippines et au Vanuatu.

L'Europe s'est joint à la marche

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En Finlande, des étudiants se sont rassemblés devant le Parlement à Helsinki.
© HEIKKI SAUKKOMAA - AFP

En Europe, de nombreuses marches et manifestations se sont déroulées. En Italie, 235 actions étaient à l'agenda et d'importants rassemblements d'étudiants se sont formés dans des villes comme Venise, Pérouse, Pise ou Bologne.

En France, 216 actions étaient prévues. Plusieurs dizaines de jeunes bloquaient ce matin l'entrée du siège d'une banque à Paris, la Société générale, dénonçant ses financements nocifs au climat, avant une manifestation attendue dans l'après-midi.

A Clermont-Ferrand, plus de 2.000 jeunes ont défilé derrière une banderole "Mangeons le système, pas le climat".

Sur le Vieux-Port à Marseille, "La fonte des glaces, c'est que dans le pastis ! ", "Nique pas ta mer", "Il n'y a pas de planète B" ou encore "Ta planète, tu la préfères bleue ou saignante ? ", sont les slogans que l'on a pu lire sur des panneaux.

On dénombre environ 176 actions en Suède et 151 au Royaume-Uni, à l'image de Bristol.

En Allemagne également où 199 actions étaient prévues, les manifestants ont répondu à l'appel, notamment dans la petite ville de Gotingen ou plus de 600 personnes se sont rassemblées ou encore à Bonn ou Dusseldorf. Ils étaient plus de 20.000 dans les rues de Berlin.

En Pologne également, Greenpeace a relayé des images des divers rassemblements. Selon les média, plus d'un millier de jeunes manifestants se sont rassemblés devant le ministère de l'Energie à Varsovie, à l'issue d'une marche effectuée en musique à travers le centre-ville de la capitale.

Les activistes critiquent le gouvernement polonais pour ce qu'ils estiment être ses nombreuses lacunes environnementales, notamment sa fixation sur le charbon comme principale source d'énergie.

La Pologne possèderait aussi le triste record d'air le plus pollué de l'Union européenne, dépassant régulièrement les normes admises.

Les autres continents également présents
Plusieurs pays africains se sont également mobilisés, notamment en Afrique du Sud, au Nigeria et à Madagascar.

En Ouganda, de nombreux élèves aussi ont fait la grève de l'école à Kampala, pour manifester, décrivant la recrudescence des glissements de terrain et crues soudaines dont le pays est victime.

"Les températures ont grimpé, impossible de se concentrer en classe", dit Warlda Mirembe, 16 ans, venue avec son père, fermier et commerçant. "Ma prise de conscience date de l'inondation de l'école après des pluies diluviennes. J'aime mon pays, on l'appelle la perle de l'Afrique, mais elle est en train d'être détruite".

"Les leaders d'aujourd'hui vont vieillir et mourir, et laisser derrière eux un monde en ruine", dénonce Sadrach Mirere, étudiante, qui coordonne les Fridays For Future Uganda.

Des milliers de jeunes devraient par ailleurs défiler en Amérique du Nord et du Sud. Aux Etats-Unis, 201 événements sont prévus.


PS : attention, "camarades", c'est "interclassiste"
=>Poubelle de la "théorie" "révolutionnaire" : mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

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Message par Florage le Lun 25 Mar - 8:35


entre capitalisme vert et intervention des populations

en relation : Pour une rupture avec le capitalisme vert : appel à une assemblée constituante de l’écologie populaire, Basta.mag, 22 mars 2019

Améliorer la vie de tous en réparant l'environnement
En Inde, des jeunes et des entreprises s'attaquent au changement climatique
Global Voices, Traduction publiée le 23 Mars 2019

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE IMG_20181203_135334-800x450
Des villageoises fabriquent des bijoux en terre cuite dans le village de Nadsur, au Maharashtra.
Photographie de Karishma V., reproduite avec autorisation.

Sauf mention contraire, les liens de cet article renvoient vers des pages en anglais.

Beaucoup d'Indiens, tout particulièrement dans les zones rurales, font face aux effets nocifs du changement climatique malgré les efforts du pays pour réduire ses émissions de carbone et basculer vers des sources d'énergie renouvelables. Ces effets sont exacerbés par des niveaux élevés de pollution anthropique, une industrialisation rapide et des dégâts écologiques. Alors que les étudiants [fr] du monde entier se rassemblent [fr] pour réclamer de meilleures politiques environnementales, l'auteur de cet article a discuté avec des fermiers, des experts, des groupes dirigés par des jeunes gens et des entrepreneurs sociaux indiens qui innovent pour s'attaquer au changement climatique.

En 2018, un rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prévenait des conséquences désastreuses si la tendance actuelle du réchauffement mondial [fr] n'était pas renversée. Les implications pour les pays de l'Asie du Sud-Est, dont l'Inde et le Pakistan, sont graves : ces deux pays sont déjà confrontés à la perte de la couverture forestière, l'élévation des températures, des canicules qui ont emporté des milliers de vie, et la hausse du niveau de la mer. Avec sa longue cote, l'Inde est particulièrement vulnérable à ces effets, car des millions de personnes dépendent de la mer pour leur survie et vivent dans les régions côtières.

L'Inde est déjà sous pression pour limiter le changement climatique en contrôlant ses émissions toxiques. Mais le pays devra aussi s'adapter à des ressources en eau plus rares, des sécheresses, des inondations, des cyclones et d'autres catastrophes naturelles afin d’empêcher des morts prématurées, selon un autre rapport, celui-ci des Nations Unies. Intitulé “Global Environment Outlook” [Perspectives environnementales mondiales, non traduit en français, NdT], il décrit un gouffre qui s'élargit entre les pays riches et les pays pauvres en ce qui concerne la faim, les maladies et la pollution.


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Une fermière indienne contemple sa production agricole dans l’État du Maharashtra,
souvent sujet à des sécheresses.

Photographer: Karishma Venkiteswaran . Used with permission

Impact sur les exploitants agricoles
Pour Sunil Patil, fermier indien de quarante-quatre ans, le changement climatique [fr] est un problème grave qui détruit ses récoltes à coups de précipitations anormales, averses de grêle et pollution. Propriétaire d'environ neuf hectares dans l’État occidental du Maharashtra [fr] et fermier de deuxième génération, il explique que le changement climatique a réduit ses revenus, affecté l'environnement et l'a appauvri. Il a à présent du mal à subvenir à l'éducation de ses enfants :

Traduction Citation d'origine
J'ai complètement arrêté de cultiver la canne à sucre, parce qu'elle est tributaire de l'eau et que nous avons des sécheresses dans la région de Nashik [fr]. L'agriculture est semblable à un pari que l'on fait avec la nature et beaucoup de fermiers ont subi des pertes. Nous cherchons toujours des solutions mais elles sont temporaires. Le gouvernement doit d'abord nous éduquer sur les façons de gérer les températures qui augmentent, ou éviter d'utiliser trop de produits chimiques.

Quand l'entrepreneure sociale Akansha Singh s'est rendue dans le hameau de Jhabua, dans l’État du Madhya Pradesh [fr], elle a été exposée aux inégalités sociales et économiques de l’arrière-pays indien. Les fermiers, déjà assaillis de problèmes dus au changement climatique, utilisaient des pesticides et des engrais plus concentrés dans l'espoir d'un meilleur rendement. Leurs actions avaient un impact injustifié sur le sol.

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Dans le Maharashtra, une Indienne est à l’œuvre dans son champ de riz.
Photographie de Karishma V., reproduite avec autorisation.

Dans un entretien avec l'auteur, Mme Singh explique avoir vu des villageois utiliser des bouses de vaches séchées pour la cuisine, inhalant en même temps des gaz toxiques et polluant l'environnement. Pour briser ce cercle vicieux, elle a lancé Swayambhu, une entreprise à but social qui construit des usines de méthanisation [fr] afin de produire des combustibles, de l'électricité et des engrais moins chers, ainsi que des pesticides qui permettent de renverser les effets dommageables à l'environnement. D’après elle :

Traduction Citation d'origine
L'Inde est riche en matières premières, mais est à la traîne dans la production de biogaz et importe du gaz naturel et d'autres combustibles polluants. À chaque étape, nous avons sensibilisé les villageois qui veulent réduire leur empreinte carbone et diminuer les niveaux de méthane, et nous leur avons apporté de l'électricité et des combustibles plus propres.

Elle affirme que les biofertilisants [fr] ont aidé ces fermiers à obtenir de meilleures récoltes tout en renversant lentement le pH du sol.

P. Sainath, fondateur des Archives des peuple de l'Inde rurale (PARI), a expliqué à l'auteur :

Traduction Citation d'origine
Les fermiers indiens sont gravement affectés par le changement climatique dans de nombreuses zones géographiques différentes. La situation est vraiment sérieuse et il y a eu une énorme augmentation d'événements météorologiques extrêmes ces quinze dernières années. Nous ne pouvons pas accuser la nature car ce que les humains ont fait au sol, aux nappes phréatiques, aux forets, a un impact néfaste.

Les réseaux de jeunes montent au créneau
Avec une population de 1,3 milliards, l'Inde possède une large proportion de jeunes. Cependant, un taux de chômage élevé, un manque de sensibilisation au changement climatique et des initiatives gouvernementales tardives nuisent à l'environnement. Des réseaux de jeunesse espèrent combler cette lacune.

Ainsi, l'organisation non-gouvernementale basée à Delhi, Indian Youth Climate Network [Le réseau des jeunes Indiens pour le climat, NdT], organise des ateliers et des campagnes. L'ONG est en train d'essayer de mobiliser des équipes régionales car les problèmes associés au changement climatique s'intensifient dans tout l’arrière-pays indien et affecte les fermiers, les populations tribales mais aussi les centres urbains. Pour Manish Gautam, membre de l'IYCN :

Manish Gautam a écrit:Traduction Citation d'origine
Dans nos ateliers nous essayons d'introduire le jargon de base des sciences du climat, d'expliquer les négociations des Conférences des parties [fr] et d'impliquer plus de jeunes. En 2014, nous avions mené neuf ateliers et aussi des enquêtes sur la jeunesse.

Nous prévoyons encore plus d'initiatives, d'ateliers et de collaborations avec de nombreuses organisations. Mais il faut que les jeunes participent plus en Inde, et à plus grande échelle, car nos problèmes sont bien plus complexes.

Des solutions innovantes à grande échelle
D'après les rapports, l'Inde, avec son économie en voie de développement, peu de ressources et une énorme population, a besoin d'investir quelques neuf cent milliards d'euros pour atteindre ses objectifs sur le changement climatique. Bien que ce chiffre colossal donne une indication de l'échelle du problème, des start-ups se mettent à utiliser de nouvelles technologies pour convertir la pollution atmosphérique cauchemardesque de la capitale New Delhi en une solution innovante.

Chakr Innovation, une jeune entreprise basée à New Delhi, transforme la pollution atmosphérique en encre : elle adapte les moteurs diesel cracheurs de fumée pour récupérer jusqu'à 90 % des polluants.



Selco India, une autre entreprise indienne, contribue à augmenter la capacité en énergie solaire du pays en offrant des lanternes, des torches, des micro-réseaux et des poêles alimentés à l'énergie solaire aux populations rurales, dans le but de réduire la pollution.


Des millions d'Indiens n'ont accès ni à des sources d'énergie propres ni au soutien financier pour leur permettre d'effectuer cette transition, explique Sarah Alexander, conseillère à la Fondation Selco :
Traduction Citation d'origine
Nous espérons accroître la ténacité des gens à s'attaquer au changement climatique, et aussi offrir des sources d'énergie performantes. Ceci aura un impact sur leur bien-être.

Une autre jeune pousse, Let's Recycle, utilise un programme innovant pour identifier les modes de génération et de collection des déchets dans l'État occidental du Gujarat, amenant ainsi des centaines de chiffonniers au sein de l'économie formelle tout en mettant l'accent sur le recyclage. Le PDG de Nepra et Let's Recycle Sandip Patel affirme :
Traduction Citation d'origine
Nous utilisons la technologie pour dresser la carte des modes de génération de déchets à travers Ahmedabad et nous nous concentrons sur un recyclage efficient. Avec ceci, nous espérons nous attaquer au changement climatique et nous développer en Inde.

La confrontation au changement climatique et l'éducation de ses citoyens sur les impacts de celui-ci est un énorme défi pour l'Inde, mais ces groupes et ces jeunes entreprises apportent une contribution innovante à ces problèmes cruciaux.

Creative Commons License

Photo de Vishal
Ecrit par Vishal
Traduit par Gwenaëlle Lefeuvre

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Message par Florage le Jeu 11 Avr - 20:31


Changement climatique et pression démographique,
terreau de la violence au Sahel

Laurence Caramel (Bruxelles, envoyée spéciale) Le Monde 11 avril 2019

Au Mali, au Burkina et au Niger, la carte de l’insécurité et celle de la faim se sont superposées, la raréfaction des ressources pouvant conduire à des affrontements meurtriers.
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Un groupe de femmes dans un champ de sorgho ans la région de Maradi, au Niger,
en août 2018
. LUIS TATO / AFP
La réunion du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), qui, depuis les grandes sécheresses des années 1980, fait le bilan de la situation agricole au Sahel à l’approche de la délicate période de soudure, aurait pu, jeudi 4 avril à Bruxelles, verser dans une forme de routine : au terme de la campagne céréalière, les récoltes ont augmenté de près de 7 % en un an, la production fourragère est plutôt bonne et les prix ont même eu tendance à baisser sur les marchés locaux, facilitant l’accès des plus pauvres aux denrées de base. L’insécurité alimentaire, si elle touche toujours 4,8 millions de personnes, a été divisée par deux depuis la dernière grande alerte lancée début 2017, lorsque d’importants risques de famine avaient été signalés autour du lac Tchad.

Pourtant, les représentants des Etats d’Afrique de l’Ouest, les institutions régionales, les associations de producteurs et les organisations onusiennes chargées de lutter contre la faim et la malnutrition n’ont pas l’esprit tranquille. Le 23 mars, au moins 160 personnes ont été tuées à Ogossagou, dans le centre du Mali, lors d’une attaque imputée à des groupes d’autodéfense dogon contre des populations peules. Ce massacre est l’épisode le plus grave d’une série d’affrontements communautaires récurrents. « Ces conflits deviennent une gangrène. Si nous ne parvenons pas à apporter des réponses concrètes à nos agriculteurs et à nos éleveurs, à quoi servent nos réunions ? », interpelle Sékou Sangaré, le commissaire à l’agriculture de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Le centre du Mali est devenu l’un des principaux foyers d’insécurité où se livre la guerre contre le djihadisme, un temps cantonnée aux régions septentrionales frontalières de l’Algérie. La carte de l’insécurité et celle de la faim se sont superposées, soit que la présence de groupuscules armés interdise l’accès aux pâturages encore disponibles, soit qu’elle rende impossible le travail aux champs. « Tout se mélange. La violence liée à l’extrémisme, celle des conflits entre communautés. Tout se déstructure. Les règles tacites qui rendaient la coexistence possible dans ces sociétés agropastorales et offraient un mode de résolution des conflits ne fonctionnent plus », constate Maty Ba Diao, coordinatrice du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel.

L’adhésion d’une partie de la jeunesse peule aux groupes djihadistes a vite fait de créer un amalgame. « Au Mali comme au Burkina Faso, un Peul ne peut plus circuler librement sans craindre pour sa vie. Il est pourtant impossible de lui demander de se sédentariser. Au Sahel, à partir du mois de janvier, il n’y a plus ni eau ni fourrage », déplore Ibrahima Aliou, secrétaire général de l’Association pour la promotion de l’élevage au Sahel et en savane, une organisation qui s’applique à faciliter les transhumances entre les différents pays.

Une crise aux racines profondes
Derrière l’engagement des armées qui tentent d’apporter une réponse sécuritaire au chaos, les experts qui participent au RPCA savent que se joue une crise aux racines profondes. Elle se nourrit du dérèglement climatique, d’une croissance démographique non maîtrisée et de l’amenuisement des ressources naturelles qui en résulte.

« La radicalisation n’est qu’une conséquence de facteurs qui s’entremêlent et sont à l’origine des privations subies par les populations de ces zones où l’Etat est peu ou pas présent », analyse Gilles Chevalier, coordonnateur du groupe des Nations unies sur la résilience en Afrique de l’Ouest. Il a piloté une étude sur la région du Liptako-Gourma, dont les conclusions permettent de mesurer la puissance des phénomènes en cours. Cette vaste étendue, aussi connue sous le nom des « trois frontières », s’étend du centre du Mali (région de Mopti, Gao, Ménaka) au nord du Burkina Faso et, plus à l’est, aux régions de Tillaberi et Tahoua, au Niger.

La zone qui a été auscultée concentre 9,5 millions de personnes et couvre une superficie aussi grande que la France. Tous les indicateurs y sont au rouge. Le nombre de personnes en insécurité alimentaire a augmenté de 60 % entre 2015 et 2018. La pauvreté généralisée a rendu la population particulièrement vulnérable aux chocs, alors que ceux-ci ont tendance à se multiplier : depuis les années 1980, la sécheresse frappe de façon régulière la région du Liptako-Gourma.

« Le changement climatique entraîne une plus grande variabilité des précipitations ainsi que des déficits pluviométriques prolongés, provoquant un tarissement des eaux de surface, un épuisement des nappes phréatiques et une réduction du niveau des crues, dans un contexte où les systèmes d’irrigation sont peu développés. Conjuguée à la déforestation et à des pratiques d’agriculture et d’élevage non durables, la sécheresse accentue la dégradation des terres et la désertification. Ces phénomènes ont de lourdes conséquences sur les moyens de subsistance », avertissent les auteurs.

Une agriculture peu productive
Alors que la nature se fait moins hospitalière, il lui est demandé de nourrir des générations toujours plus nombreuses. De fait, dans les trois pays étudiés, les taux de fécondité demeurent très élevés. Ils ont même augmenté par endroits au cours des années récentes, atteignant par exemple 7,9 enfants en moyenne par femme à Tillabéri, soit 1,1 de plus qu’en 2006.

« Le faible accès aux services de santé reproductive ne fait qu’accentuer cette tendance, peut-on lire. Dans la région du Sahel, au Burkina Faso, et dans la région de Tahoua, au Niger, la proportion des femmes mariées ou en couple âgées de 15 à 19 ans utilisant un moyen de contraception est respectivement de 1,2 % et de 2,4 % », selon les derniers chiffres disponibles. La moitié de la population a moins de 15 ans. Et son accès à l’éducation est de moins en moins garanti, bien qu’il existe de grandes disparités à l’intérieur même de la région, où l’insécurité a de surcroît conduit à la fermeture de 2 000 écoles en moins de dix-huit mois.

La réponse à cette demande croissante de nourriture se traduit par la quête de nouvelles terres où se déploie une agriculture peu productive, à l’exception du périmètre de Mopti, qui bénéficie de l’irrigation. Avec pour corollaire l’exacerbation des tensions avec les éleveurs. La région du Liptako-Gourma abrite un tiers du cheptel bovin des trois pays et, comme la population, celui-ci ne cesse d’augmenter, au rythme de 5 % par an environ.

« La raréfaction de l’eau et des ressources fourragères, la diminution des aires de pâturage liée à l’expansion des terres agricoles et l’insécurité grandissante, accroissent la vulnérabilité des populations pastorales et contribuent à alimenter les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs », conclut l’étude réalisée, selon Gilles Chevalier, pour permettre aux gouvernements et aux acteurs humanitaires et du développement de mieux cibler leurs interventions. Notamment au bénéfice des populations pastorales qui, au Sahel, ont été les grandes laissées-pour-compte des politiques d’aide.

« Grâce à leur mobilité, les pasteurs ont longtemps garanti aux Etats une forme de sécurité dans des zones réputées invivables. Ils étaient leurs sentinelles. Aujourd’hui, ils sont dans une impasse, car la compétition pour la terre les prive de leurs moyens de subsistance. Nous devons davantage les intégrer aux programmes de sécurité alimentaire »
, plaide Djimraou Aboubacar, conseiller de l’initiative nationale 3N (Les Nigériens nourrissent les Nigériens).

Transhumance transfrontalière
Plusieurs actions ont été engagées au niveau régional, mais elles en sont encore à leurs balbutiements. Les systèmes d’alerte précoces rodés depuis plusieurs décennies pour les agriculteurs sédentaires commencent à prendre en compte les bilans fourragers pour anticiper la situation alimentaire des populations nomades.

L’ONG Action contre la faim (ACF) établit, à partir d’images satellites, des cartes de biomasse pour localiser les pâturages ainsi que la disponibilité des eaux de surface le long des parcours de transhumance. L’évolution du prix du bétail est observée sur une cinquantaine de marchés locaux. « Pour créer une veille efficace, nous devons élaborer des indicateurs spécifiques qui soient adaptés aux modes de vie des éleveurs et à leur calendrier de soudure qui commence plus tôt », défend Cédric Bernard, conseiller en sécurité alimentaire au bureau régional d’ACF à Dakar. L’ONG, en collaboration avec des associations d’éleveurs, travaille sur un système d’alerte qui, grâce à l’envoi de SMS, permettrait d’informer sur les conditions climatiques et l’état des pâturages afin d’identifier les meilleurs parcours pour les troupeaux.

De son côté, la mutuelle panafricaine African Risk Capacity, qui assure déjà les agriculteurs contre les risques climatiques, réfléchit à une police adaptée aux éleveurs, comme en ont déjà introduit le Sénégal et le Kenya. « Ces mécanismes d’assurance auxquels souscriraient les Etats ont l’avantage d’être plus réactifs en cas de crise, contrairement à l’aide extérieure qui arrive souvent très tard. Ils permettent aux éleveurs d’acheter des aliments pour leurs animaux et préviennent des déplacements précoces qui peuvent attiser les conflits avec les agriculteurs », explique Papa Zoumana Diarra, chef de la planification et des opérations d’African Risk Capacity.

En attendant, partout dans le Sahel, des pasteurs ont déjà pris la route vers les régions côtières en sachant que nombre de voies sont coupées. Des moyens financiers suffisants seront-ils mobilisés pour organiser « une transhumance transfrontalière sécurisée », comme y exhortent les membres du RPCA ? Et, au-delà, pour répondre aux causes profondes de la déstabilisation du Sahel ? Il y a là plus qu’une urgence. La population de la région va doubler au cours des vingt-cinq prochaines années.

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Message par Florage le Mar 23 Avr - 20:07


Un projet de rapport de l'ONU met en lumière des "preuves indépendantes signalant une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces".
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Un employé d'une ONG dans une plantation de durian à Raub,
dans la banlieue de Kuala Lumpur, en Malaisie,
le 19 décembre 2018
. AFP/ARCHIVES - MOHD RASFAN
L'Homme dépend de la nature mais la détruit méthodiquement : jusqu'à un million d'espèces animales et végétales pourraient être menacées d'extinction, dont beaucoup "dans les prochaines décennies", selon un projet de rapport de l'ONU sur la biodiversité, obtenu par l'AFP.

Des "preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d'extinction"
Eau potable, forêts qui absorbent le CO2, insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, poissons... La plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) va se réunir du 29 avril au 4 mai 2019 à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans. L'état des lieux de la biodiversité devrait être aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique. Le rapport de 1.800 pages sur lequel travaillent 150 experts de 50 pays depuis 3 ans sera accompagné d'un "résumé pour les décideurs" qui doit être discuté ligne à ligne et adopté par les 130 pays membres de l'IPBES, sur le modèle des rapports du Giec sur le climat.

Selon le projet de résumé obtenu par l'AFP - dernier en date, daté de janvier -, diverses "preuves indépendantes signalent une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces (...) même si les facteurs (de cette extinction) ne s'intensifient pas". Sur les 8 millions d'espèces estimées (dont 5,5 millions d'espèces d'insectes) sur la planète, "un demi-million à un million d'espèces devraient être menacées d'extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies", poursuit le texte. La formulation peut changer selon ce que les gouvernements décideront de mettre en avant, mais pas les conclusions scientifiques. Ces projections correspondent aux mises en garde de nombreux scientifiques qui estiment que la Terre est au début de la "6e extinction de masse", la première attribuée à l'Homme qui a déjà fait disparaître au moins 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans.

Premières responsables : l'utilisation des terres et l'exploitation des ressources
Le rapport est en partie basé sur l'analyse d'espèces bien étudiées, notamment les vertébrés, mais met en avant les "incertitudes" concernant nombre d'autres moins connues, en particulier les insectes. La disparition de cette biodiversité a un impact direct sur l'Homme. Nourriture, énergie, médicaments : "les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l'existence et la richesse de la vie humaine sur Terre, et la plupart d'entre eux ne sont pas totalement remplaçables", met en garde le texte. Par exemple, plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois pour l'énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75% des cultures ont besoin d'être pollinisées par des insectes.

Premiers responsables de cette sombre situation : l'utilisation des terres (agriculture, exploitation forestière, mines) et l'exploitation directe des ressources (pêche, chasse). Viennent ensuite le changement climatique, les pollutions et les espèces invasives, dont l'impact est "à ce jour relativement moins important", mais "s'accélère". Mais le texte met aussi en avant les liens entre cette perte de biodiversité et le changement climatique, parfois encouragés par les mêmes facteurs, en particulier le modèle agricole dans un monde de plus en plus peuplé.

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Perte de biodiversité dans le monde Crédit : AFP - Simon MALFATTO

"Nous devons reconnaître que le changement climatique et la perte de la nature sont tout aussi importants, pas seulement pour l'environnement, mais pour des questions économiques et de développement", avait indiqué récemment à l'AFP le patron de l'IPBES Robert Watson, appelant à une "transformation" de la production alimentaire et énergétique. "Si nous voulons une planète durable qui fournit des services aux communautés autour du monde, nous devons changer de trajectoire dans les 10 prochaines années, comme nous devons le faire pour le climat", a souligné de son côté Rebecca Shaw, scientifique en chef de WWF.

Le rapport estime d'autre part que trois-quarts des surfaces terrestres, 40% de l'environnement marin et la moitié des cours d'eau ont été "gravement altérés". Et les régions les plus touchées sont celles où vivent des peuples autochtones particulièrement dépendants de la nature ou des populations pauvres déjà plus vulnérables aux impacts du changement climatique.

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Message par Florage le Ven 17 Mai - 3:02


marxismes et luttes écologistes :
QUELLE POSITION CONTRE LE "KEYNÉSIANISME VERT ANACHRONIQUE"
LIBÉRAL OU ÉCOSOCIALISTE
dans la perspective d'une rupture avec le capitalisme ?
Patlotch a écrit:un article intéressant du point de vue d'une radicalité anti-capitaliste, et il n'en est pas trop, la question de la lutte écologiste contre le capital et le capitalisme destructeur dont le capitalisme vert même étant traitée par les marxistes de façon plus mécanique que dialectique *. Celle qui inspire ce texte souligne la contradiction ou le paradoxe entre transition et rupture, mais défend in fine l'idée que le Green New Deal est un terrain d'affrontement de classes qu'on ne peut déserter en restant observateur du bras de fer entre tenants de la transition écolo-énergétique dans le capital et partisans extractivistes des énergies fossiles. Dans cette discussion se dessine une ligne de controverses au sein d'un écosocialisme plus ou moins rupturiste. Sont discutées chemin faisant  les idées de Jasper Bernes et Joshua Clover

* je pense à l'indigence théorique des positions communisatrices quasi ignorant ou refoulant ces questions, à celles des programmatistes fossilisés à l'instar de Robert Bibeau (7 du Québec) ou de Jean-Louis Roche (Le prolétariat universel assimilant tout combat écologiste à un réformisme petit-bourgeois de classes moyennes se mettent d'emblée hors des nécessaires débats sur le capitalisme tel qu'il évolue aujourd'hui sur la base de ses contradictions à commencer par la concurrence qui en est le moteur autant que la lutte de classes en soi

malgré, pour moi, sa double limite, la préférence d'un terrain politique d'affrontement et si j'ose dire sa courte vue, à savoir une perspective révolutionnaire  relativement classique, ce type de texte pourrait avantageusement être une base minimale de débats au sein des partisans d'une rupture révolutionnaire quelle qu'en soit la forme. L'état sclérosé du marxisme français et la décomposition même du milieu théorique radical prolétariste (dont témoigne ses positions sur les Gilets Jaunes) ne le laisse pas en France espérer de sitôt. Au demeurant, pour moi de leur part il ne faut rien attendre

une traduction serait bienvenue

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Headerclinamen

Plan, Mood, Battlefield - Reflections on the Green New Deal
Climate scientists are beginning to sound like radicals.
Thea Riofrancos, Viewpoint May 16, 2019

The 2018 IPCC report concluded that “unprecedented changes across all aspects of society” would be needed to limit warming to 1.5 degrees Celsius. In its devastating report on the dire state of the planet’s ecosystems, the UN’s panel on Biodiversity and Ecosystem Services likewise called for, in the words of its chairperson, “fundamental, system-wide reorganization across technological, economic and social factors, including paradigms, goals and values.”

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE Bakken-false-color-1024x528-Part-of-the-Bakken-oil-region-is-seen-in-this-false-color-image-from-NASA%E2%80%99s-Terra-satellite-captured-on-April-2.-1
Part of the Bakken oil region, false color image,
NASA’s Terra satellite, April 2, 2013
The first, and thus far only, U.S. policy initiative that addresses the severity of the crisis before us is the Green New Deal, introduced as a congressional joint resolution this past February. The resolution proposes, among other goals, decarbonizing the economy, investing in infrastructure, and creating dignified jobs for millions. And while this resolution is, from a planetary perspective, obviously limited by its domestic scale, transforming the U.S. along these lines would surely have global reverberations, for at least two reasons: the U.S. is a major impediment to global coöperation on climate, and political parties elsewhere in the world (e.g., the UK’s Labour Party and Spain’s Socialist Party) have already begun to adopt the Green New Deal as the frame for their own domestic policies.

After a few months of swirling discourse, we can begin to identify an emergent set of positions in the debate around the Green New Deal. The right-wing has resorted to classic red-baiting, decrying the nonbinding resolution as a “socialist monster,” a road to the serfdom of state planning, rationing, and compulsory veganism. The vanishing center is clinging tightly to its cozy attachment to a politics of triangulation: the Green New Deal is a childlike dream; serious adults know that the only option is to hew to the path of bipartisanship and incrementalism. The left, of course, knows that in the context of already-unfolding climate crisis, resurgent xenophobia, and the weakening hold on legitimacy of the neoliberal consensus, the real delusions are “market-driven” solutions and nostalgic paeans to American “norms and institutions.”

But on the left, too, there are criticisms, and outright rejections, of the Green New Deal (see here, here, here, and here). There is the charge that the Green New Deal, like the old New Deal, amounts to the state, qua executive committee of the bourgeoisie, rescuing capitalism from the planetary crisis it has created. In this rendering, rather than empowering “frontline and vulnerable” communities, as the resolution claims, the policy framework will amount to a corporate welfare windfall of investment opportunities lubricated with tax breaks and subsidies; public-private partnerships; infrastructure outlays that will stimulate real estate development; and, a jobs guarantee that will stimulate consumption—a win-win for the state and capital, but, by leaving the underlying, growth-addicted, model of accumulation untouched, a loss for the planet and the communities most vulnerable to climate crisis and eco-apartheid. There’s another twist. As sometimes the same analyses point out, this win-win-lose-lose scenario is itself based on a false understanding of contemporary capitalism. In a world of secular stagnation—declining profit rates, speculative bubbles, financialization, rentier-like behavior, and accumulation-by-upward-redistribution—the vampire-like quality of capital has never been more apparent. The notion that capital might, with a little inducement, suddenly overcome these tendencies and invest in productive activities is its own nostalgic fantasy.

For GND-skeptics on the left, this anachronistic green Keynesianism has its ideological counterpart in economic nationalism. The latter shows through in the resolution’s language positioning of the United States as an “international leader,” and in general a carbon accounting that stops at our borders, invisibilizing the vast global networks of extraction, production, and distribution that a massive transition to renewable energy would require. As Max Ajl put it, the political vision amounts to “green social democracy at home and militarized maritime and terrestrial borders, and beyond them, resource extraction for domestic clean-tech.” This could occur through, for example, neocolonial land grabs for renewable energy generation.

Relatedly, there are the extractive frontiers of the Green New Deal, obscured by a myopic focus on carbon accounting that begins and ends at the domestic electricity grid. A global, and holistic, view reveals that renewable energy will intensify mining, which provides the raw materials to remake our built environment to function exclusively on electricity. And a world of intensified mining is, in turn, one of accumulation by dispossession and contamination. One of these frontiers is lithium: mined from brine or from hard rock, it is a necessary component of the batteries that power electric vehicles or provide energy storage functions on renewable grids. In South America, lithium is extracted at alarming rates from the brine underneath the awe-inspiring salt flats that pepper a high-altitude plateau ringed by the Andean mountain range. The salt flats are vulnerable hydrological systems (of which the brine is an integral part), a kind of desert wetland that overlap with the territory, farmlands, and pastures of indigenous and mestizo peasant communities. In a 2050 scenario of 100% renewable transition with no alteration of current patterns of energy consumption, lithium demand would exceed 280% of known lithium reserves (i.e., the subset of deposits that are currently economically viable to extract).

Finally, there is the matter of the resolution’s total avoidance of the monster in the room: the fossil fuel industry, responsible for the vast majority of global emissions. This sector is an enormous domestic political obstacle: Due to the fracking boom, the U.S. is on track to be the top producer of oil and gas (indeed, the world is so awash in U.S. oil that major supply disruptions — “sanctions,  strife and civil war”—now barely impact the price of crude). It is hard to imagine this monster voluntarily ceding its massive investments. In the eventuality of stringent emissions regulations and an enforced renewable transition, sunk outlays in drilling rigs, pipelines, and powerplants would become trillions of dollars of stranded assets (and trigger a global financial crisis) overnight.

These are real obstacles, real constraints, and real concerns. I argue, however, that a politics of pure negation—a politics that, in light of both the power of our enemies, and the limitations of the Green New Deal as currently conceived, positions itself primarily in opposition to the Green New Deal—is neither empirically sound nor politically strategic.

Let’s start with basic empirics. No one disputes that decarbonizing energy systems, nationally and globally, is desirable. The complex feedback mechanisms that shape the relationship between atmospheric warming and other forms of environmental devastation, from drought to sea-level rise to extreme weather events, are such that every degree—or tenth of a degree, for that matter—of warming avoided is a world that is orders of magnitude safer for human and nonhuman habitation, especially for those experiencing the dislocations of already-unfolding calamity (as I write, in the space of two months, the eastern coast of Africa was hit with two record-breaking cyclones; the first, Cyclone Idai, killed over a thousand people and affected millions more).

And no one disputes that decarbonization is technologically or even economically feasible. Renewable energy sector wonks and investors are gushing about the dramatic reductions in the costs of renewable energy and battery storage. There is the fraught question, of course, of how much land a primarily wind and solar energy system would require. There is no doubt that renewables are land-intensive, both in terms of generation (turbines and panels) and new transmission lines. But the estimates vary greatly. At the optimistic end, generating solar and wind power could use less than 1% of total US landmass. On the pessimistic end, as Jasper Bernes states, they would occupy as much as 25-50%—a rather wide range. However, even these percentages oversimplify the complexity. Unlike biomass and agriculture, a wind turbine and a farm are not mutually exclusive land-uses. Solar panels can go on rooftops, thus not all solar is in direct competition with land for growing food or for ecosystem restoration. Meanwhile, there are lots of land-uses that are ecocidal and anti-social, which could be swapped for renewable energy generation, or rewilded for natural carbon sequestration: manicured lawns, golf courses, parking lots, and the thousands of miles of federal land leased to oil and gas companies. And the possibilities for decarbonization can (and must) go beyond the power sector, including the infrastructure of global trade itself: for example, reducing the speed of container ships by 10% reduces almost 20% of their emissions.

As you might sense already, “technologically feasible” is a blanket term that papers over a world of distinct scenarios.

On one end of the spectrum, there is the already occurring energy transition, organized under the logic of green capitalism and the enormous “clean tech” industry. It pins its hopes on technical fixes like solar radiation management with the goal of altering as little of the prevailing model of accumulation as possible, leaving untouched how much energy is used, what it is used for, and who controls the energy system. At the other end of the spectrum would be decarbonization achieved through a mixture of 100% renewable energy, grid designs that maximize resiliency with distributed generation, ecosystem sequestration, energy efficiency, reduced energy demand (ensuring, of course, that reductions first and foremost target the wasteful over-consumption of the affluent), and a shift from a paradigm of privatized consumption towards one that values collective consumption governed by socially and ecologically sustainable resource use. This latter vision recognizes that the root causes of climate crisis—profit-seeking competition, endless growth, exploitation of humans and nature, and imperial expansion—can’t also be the solution to climate crisis.

Deciding between green capitalist and ecosocialist pathways to decarbonization—and the infinite gradations in between them—is politics. Politics not only in the United States, but all along the territorially-dispersed supply chain of the renewable transition, from extractive frontier to factory to container ship to warehouse to grid to home. In Chile, which provides 40% of global lithium exports and where I have been conducting research, indigenous communities and environmentalists are beginning to organize against new lithium projects, in part through nascent alliances that traverse the Andean plateau to communities in Argentina and Bolivia.

At every node in this global chain, the technical and the political are intimately entangled. Declaring by fiat that decarbonization is unlikely or impossible amounts to an avoidance of the complex, historic, world-making tasks ahead of us.

Too Radical or Not Radical Enough?
The central ambivalence running through left critiques of the Green New Deal is whether it is too radical or, on the contrary, not radical enough (“mild reforms proposed by democratic socialists” in the words of Joshua Clover).

On the one hand, in order to achieve the economy-wide decarbonization it proposes, it would elicit a ruthless response of the ruling class (as Bernes warns, “you should expect the owners of that wealth to fight you with everything they have, which is more or less everything”). On the other hand, the Green New Deal saves capitalism from itself, and thus “leaves growth intact” (Bernes) as well as leaving intact “firms that are ruled by profit” (Clover). The political implications are equally ambivalent. On the first reading, the state, captured as it is by capital, would ensure that legislation never makes it out of committee, or is vetoed, or is watered down by the agencies tasked with its implementation and dies a slow, bureaucratic death. On the second reading, it’s hard to imagine why the political system would object to such mild reformism, especially given the tremendous legitimation effects to be gained from the appearance of taking serious action on climate.

Is the Green New Deal all-out class warfare or win-win green growth? Is it too radical to be thinkable let alone realizable in the current conjuncture or too reformist to meet the scale of the climate catastrophe?

One could of course argue, as I think Bernes in particular does, that this ambivalence inheres not in his critique of the Green New Deal, but in the policy vision itself, a vision that contains something for everyone, a mirror in which both the anti-capitalist and the venture capitalist can see their own desired future reflected.

There’s another reading of this indeterminacy, however. The state is not a unitary monolith; neither is capital. And these two facts are related. Capital is itself comprised of not only capitalists but entire sectors in competition with one other, competition being one of capitalism’s primary laws of motion. In addition to market share and investment, capitalists compete over the state: its policies, its largesse, its legitimating power. One can easily imagine some sectors favoring aspects of the Green New Deal (“clean tech”), with others working in lockstep against it (the fossil fuel industry). One could break this down further: some fossil fuel companies are investing billions in low and no carbon fuels; the real estate sector might resist costly energy-efficient retrofits but would stand to benefit from public investment in transportation infrastructure, which drives up adjacent property values. Understanding the stances of specific firms and distinct fractions of capital is a prerequisite for developing a strategic orientation that poses a credible threat to profit-making. And, even given the tremendous power of private investors to set the parameters of policymaking—a power that is particularly stark in our federal system, where cities and states compete for investment—this does not rule out the possibility that legislation might substantively change the rules of the game. Recently, in part due to ongoing pressure from a coalition of grassroots housing justice movements, New York City Council passed an impressively ambitious plan to limit emissions from buildings—despite the vocal protestations of the real estate lobby.

If state and capital are heterogenous, with competition between fractions of the ruling class at times providing strategic openings to exert popular power, the working class is also riven by difference and fragmentation. It is not a preconstituted agent, nor can we expect it to spontaneously unify at a moment of revolutionary rupture. There is no substitute for the slow and sometimes accelerated labor of composing working class interests. But, under the rubric of a “just transition,” the Green New Deal raises the possibility that workers in the very sectors that destroy the climate and ecosystems might form part of its coalition. Meanwhile, renewed strike activity among teachers—whose vital social reproduction labor would be a central part of a low-carbon society—invites us to expansively redefine what counts as a “green job” to encompass the often unvalued and invisibilized work of caring for each other and the planet.

More generally, it is precisely the indeterminacy of the Green New Deal that provides a historic opening for the left. Perhaps inadvertently, Bernes alludes to this potential: as he writes, for supporters of the Green New Deal, “its value is primarily rhetorical; it’s about shifting the discussion, gathering political will, and underscoring the urgency of the climate crisis. It’s more big mood more than grand plan.” I’ll have a bit more to say on the contrast between a “mood” and a “plan” below, but for now I want to pause and reiterate: “shifting the discussion, gathering political will, and underscoring the urgency of the climate crisis.” If, through the vehicle of the amorphous Green New Deal, left forces might achieve these three tasks, that strikes me as an exceedingly important development; not an end in and of itself, of course, but it’s unclear to me how a pathway to radical transformation wouldn’t pass through these three crucial tests of political capacity.

Demands or Deception?

In keeping with the charge of ambivalence is the charge of vagueness (Bernes: “The Green New Deal proposes to decarbonize most of the economy in ten years—great, but no one is talking about how.”). This is, on the face of it, not true. There is currently an efflorescence of proposals for how to decarbonize the economy, not only from the usual green capitalist policy wonks but also from agroecology enthusiasts, proponents of public banking and social housing, to those that tackle the logic of planned obsolescence and advocate for zero-waste production and consumption. I have never had so many conversations about the architecture of our electric grids, the relative contribution of distinct sectors to overall emissions, or the dilemmas of carbon taxes as I have had in the past few months. This is not to suggest that these myriad proposals will get the job done, nor to downplay the sharp contrasts between a proposal to expropriate the fossil fuel industry and a carbon price based on a high discount rate, but rather to state that many people are, in fact, talking about how to decarbonize. The battles over these distinct pathways will emerge as key political, and class, conflicts of our moment.

Bernes’ charge of vagueness, however, soon slides into a more serious accusation: deception. Socialists, like myself, that mobilize around the Green New Deal know full well that “the mitigation of climate change within a system of production and profit is impossible, but they think a project like the Green New Deal is what Leon Trotsky called a ‘transitional program,’ hinged upon a ‘transitional demand.’” For such socialists, he argues, it is precisely the combination of technological feasibility and systemic impossibility that makes the Green New Deal a radicalizing demand: if capitalism could, but won’t, save humanity and the planet, then the masses will rise up against the true obstacle to progress. Not only is this strategy fundamentally patronizing and deceptive, as he points out, but it is self-defeating: “the transitional demand encourages you to build institutions and organizations around one set of goals” and then convert them to another. In this case, organizations designed to “[solve] climate change within capitalism” and, when that fails, are expected to “expropriate the capitalist class and reorganize the state along socialist lines.” Institutions, however, “are tremendously inertial structures”—once designed for one purpose, they can’t be transformed.

This strikes me as a very odd statement. In the social sciences, “path dependency” is more or less the mantra of mainstream institutional theory and functions ideologically to encourage resignation to the status quo. A historically-grounded, critical view of institutions sees them always as live, provisional, crystallizations or resolutions to class conflict, in need of ongoing reproduction and legitimation. They are the social arrangements through which violent domination is transmogrified into hegemony.

This is a lesson the right knows very well, displayed in its maneuvers into every nook and cranny of institutional life: school boards, state governments, local courts, utility commissions. Elsewhere, from the Communist Party in Kerala to the radical municipalism movement in Spain, left parties and movements have experimented with institutional change. Through a mix of policy innovation, trial and error learning, and social organization, they have chipped away at exclusion and domination. Kerala, incidentally, mobilized local institutions and networks of solidarity in an impressive response to the massive floods in the summer of 2018—an example with clear implications for the increasingly stormy conditions ahead of us.

Beyond Ambient Despair and Cruel Optimism
It turns out, however, that advocates of the Green New Deal are not just deceptive but themselves duped. In their fever dreams of rosy futures, “The world of the Green New Deal is this world but better—this world but with zero emissions, universal health care, and free college.” For these green dreamers, reality will be a rude awakening: “The appeal is obvious but the combination impossible. We can’t remain in this world.” Nothing short of “completely reorganiz[ing] society” will do the trick.

It’s not only the Green New Dealers who have dreams. Bernes too conjures “an emancipated society, in which no one can force another into work for reasons of property, could offer joy, meaning, freedom, satisfaction, and even a sort of abundance.” This is quite close to my own radical horizon. But how do we get there? “We need a revolution.” Seriousness, however, swiftly returns: “a revolution is not on the horizon.” This sober appraisal accords with the overall tone of the essay. He is merely stating the facts; telling the truth instead of lying (“Let’s instead say what we know to be true”; “But let’s not lie to each other”; or, for Clover, “Now we have arrived at serious matters”). These exhortations figure the author as above the fray, cool, and objective and his targets as confused, deceptive, duped, and, to return to the aforementioned quote, seduced by the Big Mood of the green dream. But isn’t the “ambient despair” that Bernes describes as the inevitable affective register of his reality check a mood, too?

Curiously, some of the left negations of the Green New Deal resonate with the dismissals of our shared conservative enemies: both adopt of register of self-conscious seriousness and paint the policy as a fantasy or, worse, as a malicious plan disguised as a better world. While the right tends to fixate on the affordability of the public investments required, Bernes asserts its objective unfeasibility (“Implementation is where it really dies”). Paradoxically, in making claims on the basis of an appeal to objective viability, left skeptics miss out on opportunity to make a more convincing argument. Contra Bernes, the greatest obstacle to the Green New Deal is not “implementation” but politics. A properly political critique would contend that the Green New Deal sustains the fantasy that an enlightened state can save us from climate catastrophe, a fantasy that discourages us from taking the radical actions that are, in fact, a prerequisite for the state doing anything at all. And the temptation of demobilization, of projecting our collective capacities in alienated form onto the state, might be all the more seductive in the eventuality of a Democratic victory in 2020. The Green New Deal, on this account, would be a textbook case of cruel optimism: the sense of hope it inspires is exactly what undermines its actualization.

Pessimism certainly protects us from the psychic pain of disappointment. Yet, the risk of pessimism is that it tends to shade into fatalism, which has the same demobilizing dynamic as the fantasy of state salvation. There is, however, another option. The opposite of pessimism isn’t self-assured optimism, but rather militant commitment to collective action in the face of uncertainty and danger. We might take our cue from social movements that adopt a stance of critical support, embracing the political opening afforded by the Green New Deal while at the same time contesting some of its specific elements, thus pushing up against and expanding the horizon of political possibility. Indigenous and environmental justice movements have issued detailed statements that support some aspects of the resolution and not others (especially the language of “clean” and “net zero” energy, which opens the door to untested geoengineering technologies and carbon offset schemes), and consistently prioritizing the demands of the excluded, exploited, and dispossessed over and against technocratic approaches to policymaking. DSA’s Ecosocialist Working Group (disclaimer: I serve on the Steering Committee) developed a set of principles that support the resolution while substantively exceeding its content, framing “the fight for the climate as a struggle against capitalism itself and the myriad forms of oppression which sustain it.” In a similar vein, Kali Akuno of Coöperation Jackson has critiqued the productivism and nationalism of the Green New Deal framework, while advocating for both the development of grassroots alternatives (such as cooperatives, urban farming, ecosystem restoration) and mass civil disobedience to fight for a radical, just transition to ecosocialism.

Rather than taking refuge in negation, these movements grapple head-on with a complex strategic dilemma: the challenge of simultaneously confronting the fractions of capital and their many allies in the state who will fight most ruthlessly to preserve fossil capital and radicalizing the politics of the Green New Deal beyond its current limitations.

How the new world is born out of the old is of course the vexed question of any project of radical transformation. What kinds of programmatic demands, organizational forms, and institutional designs can be proposed, mobilized, and assembled under present conditions but that would, once set into motion, violate the sanctity of growth, property or profit? What tactics of disruption are available to us? What nascent coalitions might weave solidarities across the dispersed supply chains of the energy transition? What financial crises might be on the horizon? What fractions of capital ascendant or descendent? Where are the vulnerabilities in the hegemonic order?

We are living in a moment of profound turbulence; predicting or foreclosing the future seems less analytically rigorous than actively intervening to shape it. We don’t yet know how the politics of the Green New Deal will play out. We can be certain, however, that resignation cloaked in realism is the best way to ensure the least transformative outcome. Waiting for ever-deferred moment of revolutionary rupture is functionally tantamount to quiescence. In an extremely asymmetric conflict against fossil fuel executives, private utilities, landlords, bosses and the politicians that do their bidding, we need both extra-parliamentary, disruptive action from below—taking inspiration from Standing Rock, the teachers’ strike wave, Extinction Rebellion, the global youth climate strikes—and creative experimentation with policies and institutions. The battles to come have the potential to unleash desires and transform identities. We will learn, screw up, and learn again. The Green New Deal doesn’t offer a prepackaged solution, it opens up of new terrain of politics. Let’s seize it.  

Thea Riofrancos is an Assistant Professor of Political Science at Providence College. Her research focuses on resource extraction, radical democracy, social movements, and the left in Latin America. These themes are explored in her forthcoming book, Resource Radicals: From Petro-Nationalism to Post-Extractivism in Ecuador (Duke University Press), as well as in essays that have appeared in n+1, The Guardian, The Los Angeles Review of Books, Dissent, Jacobin, and In These Times. She is a member of the Democratic Socialists of America, and serves on the steering committee of the Ecosocialist Working Group.

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Message par Florage le Dim 9 Juin - 6:01


UNE PÉRIODE VACHE À L'HORIZON
Patlotch a écrit:il est des études "scientifiques" dont on ne sait trop quoi penser, surtout quand elles débouchent sur des prévisions, telle celle-ci, qui en rajoute une couche au catastrophisme ambiant. On retiendra néanmoins une chose qui ne fait aucun doute, sur laquelle j'attirais l'attention à propos de conséquences déjà là et s'amplifiant, c'est le lien entre changements climatiques et mouvements migratoires massifs, avec leurs conséquences géo-politiques, sociales et économiques, telle que le rejet des migrants par les populations préservées (?) et sa prise en compte par la plupart des partis politiques, comme aux États-Unis et en Europe

une question est ouverte : c'est bel et bien une crise majeure qui est en vue, mais elle n'est pas directement celle de l'économie politique conduisant les marxistes à voir dans une crise de reproduction du capitalisme une fenêtre pour une "activité révolutionnaire du prolétariat". Elle est de plus grande ampleur et concerne, comme victimes et sujets réactifs, l'ensemble des humains. Quelle pourrait être l'émergence et l'activité d'une partie d'entre eux et constitués comment (en classe ?...) pour sortir de l'impasse ?

le mot de "famine" est écrit, titre d'un tableau de Magritte en 1948 pendant sa période vache, évoqué dans CECI N'EST PAS UNE INCARTADE( sujet J'AI FAIT UN RÊVE)


LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE D8eDUPbWwAA71wd
@Patlotch a écrit:PRÉDICTION ?
Magritte dans sa "période vache" n'y allait pas avec le dos de la pipe. Ce tableau pose la question de ce que ferait "le peuple" (dont le prolétariat des marxistes) dans une crise où le premier souci serait de manger : se manger ? Certains signes le laissent craindre

Un récent rapport réalisé par des scientifiques australiens atteste que la fin du monde et de notre civilisation pourrait bel et bien avoir lieu en 2050.
Dans sa dernière étude, le think tank australien Breakthrough National Centre for Climate Restoration atteste que notre civilisation pourrait s’éteindre en 2050, une hypothèse qui paraît pourtant difficile à croire.

Si cela semble difficile à croire, il faut également prendre en considération le fait que le rapport s’accompagne de l’avant-propos de Chris Barrie, amiral et ancien chef de la Défense de l’Australie.

Sécheresse, famine, renversement de l’ordre établi et fin du monde en 2050 ?
Pour David Spratt et Ian Dunlop, respectivement directeur du think tank et ancien président de l’Australian Coal Association, l’effondrement de la civilisation aurait donc lieu en 2050 à cause du dérèglement climatique. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs sont partis du principe que les pays ayant signé l’Accord de Paris ne respecteraient pas les recommandations.

Ainsi, les changements qui seraient à l’origine de la fin du monde tel que nous le connaissons aujourd’hui. Le rapport indique qu’un certain « point de non-retour » pourrait être atteint au milieu du siècle, ce qui créerait l’effondrement de notre civilisation. Avant que celui-ci ne se produise, l’étude assure que la température risque d’augmenter de trois degrés dans les années à venir, ce qui aurait d’importantes conséquences pour les humains.

En effet, plus d’un milliard de personnes se verraient dans l’obligation de migrer, là où deux milliards n’auraient plus accès à l’eau potable. De plus, la moitié de la population serait soumise à une « chaleur létale » au moins 20 jours par an.

Le rapport indique aussi : « Dans les scénarios les plus sophistiqués, l’ampleur des destructions dépasse notre capacité à modéliser la probabilité à ce que l’humanité prenne fin ». De plus, les auteurs assurent que l’humain ne serait pas en mesure de visualiser sa propre destruction, si bien qu’il ne pourrait pas voir ce qu’induirait réellement le réchauffement climatique. En conséquence, la sécheresse mènerait la Terre à la famine et à la fin de l’ordre établi.

Néanmoins, il faut également tempérer en indiquant que ce rapport a aussi vocation à alerter la communauté scientifique et politique afin que de réelles solutions soient mises en place. Chris Barrie indique à ce sujet : « Un futur apocalyptique n’est pas inévitable ! Mais sans action drastique et immédiate, nos perspectives d’avenir sont faibles. Nous devons réagir collectivement ».

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Message par Florage le Mar 18 Juin - 12:49


« IL N'Y A QUE LA LUTTE »
dernier mot, dit-on, de Karl Marx
OUI, MAIS TOUTES LES LUTTES ET CONFLITS
Patlotch a écrit:ceux qui théorise la situation actuelle en ramenant tout àç la lutte des classes avec l'espoir que se reconstituera un prolétariat révolutionnaire le temps de faire la révolution, s'ils veulent prendre en compte les luttes réelles et non les seules qui les intéressent, cad aussi les conflits et guerres, seront contraints tôt ou tard de se pencher sur celles que produisent les changements climatiques, et avec elles comme déjà noté, les phénomènes migratoires qui en découle(ro)nt


Des scientifiques issus de nombreux domaines se sont réunis pour tenter de synthétiser ce que l’on sait du lien entre le changement climatique et les risques de conflits. Si le climat est loin d’être la cause première des guerres qui ont éclaté au XXe siècle, son influence risque de grandement s’amplifier dans les prochaines décennies, préviennent-ils.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 5d0268f225c41
La guerre civile syrienne, ses atrocités et ses millions de réfugiés sont-ils – au moins en partie – une conséquence du changement climatique ? Certains chercheurs établissent un lien entre la crise climatique, l’intense sécheresse qu’a connue le Proche-Orient (la pire depuis le XIIe siècle, selon la Nasa), la migration vers les villes que celle-ci a accentué et l’accroissement des tensions sociales et politiques qui en a résulté et qui a abouti au déclenchement de la guerre civile. D’autres contestent cette causalité et la question, sensible, résume la difficulté d’évaluer le lien entre le réchauffement climatique et les risques de conflits armés.

C’est précisément cette incertitude, et l’importance de mieux anticiper le lien entre climat et conflits armés alors que le réchauffement va inéluctablement empirer dans les décennies à venir, qui a poussé des chercheurs américains et européens à se pencher plus en détail sur le sujet. Dans un article paru dans la revue Nature le 12 juin, les chercheurs expliquent avoir synthétisé les connaissances, s’être entretenus et avoir débattu avec des experts en science politique, sciences de l’environnement, en économie et issus d’autres disciplines pouvant éclairer le rôle du climat dans les risques de conflits armés.

L’influence du climat multipliée par 5 ?

La première conclusion des scientifiques, c’est que le climat a bien joué un rôle, historiquement, dans le déclenchement de conflits, mais que celui-ci reste modeste. D’autres facteurs ont une influence bien plus déterminante, comme un faible niveau de développement socioéconomique, les inégalités sociales, le pouvoir effectif des gouvernements ou l’influence historique des conflits passés.

Marginal, mais non nul donc : « L’étude estime que le climat a eu une influence sur 3 à 20 % des risques de conflits armés au cours du siècle passé », précise un communiqué de l’université Stanford. Car les facteurs déterminants évoqués plus haut peuvent eux-mêmes être aggravés par les évolutions climatiques. Les catastrophes et évènements météorologiques extrêmes ont des conséquences sur l’économie, peuvent entraîner une baisse des productions agricoles et amplifier les inégalités sociales, augmentant en conséquence les risques de violences.

« Les sociétés seront obligées de se débattre dans des conditions sans précédent »

Surtout, ce rôle du climat est voué à s’accentuer dans les décennies à venir. Dans un scénario de réchauffement climatique de 4°C – ce qui est plus ou moins la tendance actuelle en l’absence d’efforts supplémentaires, rappelle l’université Stanford – l’influence du climat sur les conflits risque d’être multipliée par 5. Autrement dit, le climat aurait alors 26 % de chance d’augmenter substantiellement le risque de conflits. Et même si l’on parvient à limiter le réchauffement à 2°C à la fin du siècle, l’influence de climat sur le risque de conflits ferait plus que doubler, préviennent les chercheurs.

Mieux anticiper les risques
« Évaluer le rôle du changement climatique et ses impacts sur la sécurité est important, non seulement pour comprendre le coût de nos émissions continues de gaz à effet de serre, mais aussi pour prioriser nos réponses, qui pourraient inclure l’aide et la coopération », estime Katharine Mach, directrice du Centre d’évaluation environnemental de Stanford et autrice principale de l’étude.

Très prudents quant aux conséquences précises du réchauffement climatique sur les futurs conflits et guerres sur la planète, les scientifiques préviennent toutefois que les bouleversements seront sans commune mesure avec ce qu’on a connu par le passé. « Les sociétés seront obligées de se débattre dans des conditions sans précédent qui vont au-delà de l’expérience connue et de ce à quoi elles sont peut-être capables de s’adapter », souligne l’université.



D’où l’injonction à mieux anticiper et éviter autant que possible les causes en cascade de ces déstabilisations. Pour réduire le lien entre le changement climatique et les risques de conflit, les chercheurs préconisent d’assurer la sécurité alimentaire et la diversité de l’économie, par exemple en développant les assurances sur les cultures ou le stockage alimentaire.

Il convient surtout, conseillent les chercheurs, de continuer à améliorer notre compréhension des mécanismes complexes en jeu pour ne pas mettre en place de stratégies contre-productives. L’interdiction d’exporter des produits alimentaires à la suite de mauvaises récoltes pourrait par exemple accroître l’instabilité dans d’autres régions du monde.

Le risque de conflit n’est qu’une des nombreuses conséquences catastrophiques que les scientifiques redoutent de voir advenir si l’on ne change pas radicalement la trajectoire du réchauffement climatique. L’imaginaire martial pourrait cependant avoir l’avantage de réveiller plus efficacement les consciences, si l’on en croit les appels réguliers à déployer un « effort de guerre » face à l’urgence climatique. Dernièrement, c’est l’économiste Joseph Stiglitz qui affirmait dans le Guardian : « La crise climatique est notre troisième guerre mondiale », et soutenait l’idée d’un investissement économique massif porté par le projet de « Green New Deal » de certains démocrates américains. La différence non-négligeable avec les sacrifices consentis par nos grands-parents étant qu’il s’agit cette fois de s’y mettre avant que la catastrophe n’advienne.

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Message par Florage le Mar 25 Juin - 17:09


SELON QUE VOUS SEREZ RICHES OU PAUVRES...
pour autant que le classement en riches et pauvres recouvre de fait un rapport de classes et le mot d'apartheid plutôt un rapport entre "races" ou ethno-nationalités, qui certes se recoupent, l'appliquer comme le fait un rapport de l'ONU aux conséquences du réchauffement climatique n'est peut-être pas une si bonne idée...

signalons qu'à Paris*, et bientôt dans d'autres grandes villes française, l'interdiction de circuler aux véhicules supposés les plus polluants, car les plus vieux, va dans le (même) sens d'une pénalité aux automobilistes d'en-bas

* Pollution à Paris : près de la moitié des véhicules interdits en cas de pic

enfin, un avis personnel sur la canicule aujourd'hui. Je me suis baladé dans Paris à pied. Il y fait chaud mais pas plus qu'une journée d'été normale. Le problème me semble davantage, c'est mon "ressenti" respiratoire, la pollution que la chaleur, qui certes l'accroît


LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 640x410_journee-forte-chaleur-tokyo-illustration
Une journée de forte chaleur à Tokyo (illustration). — Koji Sasahara/AP/SIPA
D’un côté les riches qui peuvent mieux s’adapter au réchauffement de la planète et de l’autre, les pauvres qui endurent le pire : pour l’ONU, le monde est désormais confronté à un « apartheid climatique ».

« Le changement climatique menace de défaire les progrès des 50 dernières années (…) en matière de réduction de la pauvreté », a estimé Philip Alston, le Rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, dans un nouveau rapport.

« Les pauvres ne sont responsables que d’une fraction des émissions globales »

Ce texte, qui sera présenté la semaine prochaine au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève, s’appuie sur des recherches qui prévoient que le changement climatique pourrait laisser 140 millions de personnes sans abri dans les pays en développement d’ici 2050.

« De façon perverse, alors que les pauvres ne sont responsables que d’une fraction des émissions globales, ce sont eux qui vont faire les frais du changement climatique et qui ont le moins de capacités pour se protéger », a relevé Philip Alston. « Nous risquons de voir un scénario d'"apartheid climatique" où les riches paient pour échapper aux canicules, à la faim et aux conflits, alors que le reste du monde est abandonné à ses souffrances ».

Le traitement de cette menace « terriblement insuffisant »
L’expert a souligné que malgré les mises en garde répétées sur les menaces que représente le changement climatique, cette question reste « un souci marginal ». Il a en particulier critiqué le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme pour ne pas accorder suffisamment d’attention et de ressources à cette question.

« Alors qu’une véritable crise qui menace les droits humains d’un grand nombre de personnes est en train de nous frapper, la méthodologie habituelle des droits de l’Homme qui traite question par question, au coup par coup, est terriblement insuffisante »
, a-t-il jugé. Les rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants qui ne s’expriment pas au nom de l’ONU, mais communiquent les résultats de leurs recherches aux Nations Unies.

Florage

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Message par Florage le Lun 29 Juil - 13:47

Patlotch a écrit:comme en écho à l'agitation créée par et autour de Greta Thunberg, c'est une montagne de thune dont la Banque européenne d'investissement se dit prête à priver les États européens... à condition qu'ils soient d'accord. Financer les énergies fossiles, ça rend l'argent sale aux yeux des populations apeurées, sans prouver que les "énergies propres" soient plus écologiques. Ainsi va le cours quotidien de l'idéologie du capitalisme vert, avec lequel on mourra d'autre chose. Face à la mort qui vient, les goûts et les couleurs...

comme en écho encore à une autre info : Pourquoi les multinationales ont intérêt à l'anticiper le changement climatique, Les Échos, 04/06
Selon une étude du CDP auprès des 215 des plus grandes entreprises mondiales, le coût des risques liés au climat pourrait approcher les 1.000 milliards de dollars d'ici cinq ans. Mais les opportunités commerciales liées au climat sont, elles, estimées à plus du double.

EUROPE : DES NOUVELLES DU CAPITALISME VERT

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La BEI veut stopper le financement des énergies fossiles à horizon fin 2020
Latribune.fr avec AFP 27/07/2019
   
Les ONG ont salué l'engagement de la Banque européenne d'investissement, qui doit encore être approuvé par les 28 pays de l'Union. Ce projet serait un revirement total de la politique de la BEI. En 2018, la banque publique de l'Union européenne avait fourni 2,5 milliards d'euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles.
LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE La-bei-reduit-ses-prets-de-20-en-se-preparant-au-brexit
(Crédits : Eric Vidal)
La Banque européenne d'investissement (BEI) songe à cesser d'ici fin 2020 le financement d'énergies fossiles, un plan dévoilé vendredi, salué par les ONG mais qui doit encore être approuvé par les 28 pays de l'UE.

Au lendemain d'une canicule sans précédent en Europe, symptôme sans équivoque du réchauffement de la planète, la BEI, bailleur de fonds de l'Union, basé au Luxembourg, a indiqué vouloir "accroître son soutien à la transition énergétique dans l'UE".

Dans une vidéo postée vendredi sur Twitter, l'Irlandais Andrew McDowell, l'un des huit vice-présidents de la BEI, a estimé qu'arrêter de financer les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel) était "conforme aux engagements pris par l'Europe lors de l'accord de Paris sur le climat".

Un engagement salué par l'ONG Friends of the Earth
Signé en 2015, cet accord prévoit de contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique "bien au-dessous de 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels" et si possible de viser à "poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures" à 1,5 degré. Pour y arriver, il faudrait réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre, dont les énergies fossiles sont à l'origine.

S'il est approuvé par les 28 de l'UE, ce projet serait un revirement total de la politique de la BEI: en 2018, la Banque a fourni 2,5 milliards d'euros pour des projets dans le domaine des énergies fossiles, dont l'essentiel a été consacré aux gazoducs.

Ce projet a aussitôt été salué par la branche européenne de l'ONG américaine Friends of the Earth. "C'est un rayon de lumière dans l'obscurité", a déclaré Colin Roche dans un communiqué.

"Pendant que l'UE et les gouvernements nationaux pataugent et que la planète brûle, la banque publique de l'UE a fait la proposition courageuse, correcte et juste d'arrêter de financer des projets dans le domaine des énergies fossiles", a-t-il ajouté.

"Nous exhortons à présent le conseil des gouverneurs de la BEI (qui rassemble les 28 ministres --généralement des Finances-- des pays de l'UE, ndlr) à approuver ce pas en avant", a-t-il poursuivi.

"Une bonne base de négociation", selon Les Amis de la Terre
"Si le texte est une bonne base de négociation, certaines failles méritent d'être corrigées pour s'assurer que la BEI ne continue pas à financer l'industrie fossile de manière détournée, notamment à travers les financements indirects et le soutien à différentes formes de gaz décarboné", a pour sa part réagi l'ONG les Amis de la Terre dans un communiqué.

"Par ailleurs, le texte risque fortement d'être détricoté par les Etats membres de l'Union européenne en Conseil d'administration", prévient-elle. "La France jouera un rôle clé dans ces négociations. Or, la position initiale de la France transmise à la BEI lors de la phase de consultation restait très floue sur la question du gaz fossile", estime-t-elle

"Ce gouvernement est-il sincère lorsqu'il dit vouloir transformer la BEI en banque européenne du climat ? Si oui, il doit soutenir publiquement la fin du soutien aux énergies fossiles de la banque publique. Ce sera le crash test. Nous attendons des réponses claires de la part de Bruno Le Maire sur cette question", déclare Cécile Marchand, chargée de campagne climat et acteurs publics aux Amis de la Terre, cité dans le communiqué.

Faire de la BEI une banque du climat
"Ces discussions vont commencer en septembre", a précisé M. McDowell, sur Twitter, ajoutant "c'est au conseil des gouverneurs de décider de la politique de la Banque".

Ce virage vert proposé par la BEI survient dix jours après une promesse faite par la future présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen, de transformer la BEI en une "banque du climat" afin de soutenir une politique plus verte.

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Message par Florage le Lun 26 Aoû - 15:49


"Le gouvernement français déplore la destruction de l'Amazonie brésilienne, mais parallèlement octroie des permis d'exploration aux multinationales minières en Amazonie française", dénonce dimanche 25 août sur franceinfo Christophe Pierre, vice-président du Grand conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé, après les incendies qui ravagent la forêt amazonienne. L'instance, qui représente et de défend les intérêts des peuples autochtones, a publié sur franceinfo une tribune dénonçant "l'œuvre du capitalisme" et l'hypocrisie des gouvernements brésilien et français.

"En Guyane, ce sont plus de 360 000 hectares qui ont été cédés aux multinationales minières. C'est énorme. C'est la moitié de la surface de forêt qui a brûlé en Bolivie, compare Christophe Pierre, on dénonce le fait de vouloir donner des leçons à l'international, alors que sur le territoire guyanais français, ce gouvernement fait des non-sens, des choses qui ne vont pas dans le sens de la préservation de la biodiversité et de l'Amazonie."

Dans une tribune publiée sur franceinfo, l'organisme qui représente et défend les intérêts des peuples amérindien et bushinengé de Guyane met notamment en cause l'extractivisme.

LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE 19922919
Un bout de la forêt amazonienne incendiée près de Porto Velho au Brésil,
le 24 août 2019.
CARL DE SOUZA / AFP
Le feu "n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie", affirme le Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé, qui a la responsabilité de représenter et de défendre les intérêts des peuples amérindien et bushinengé de Guyane, dans une tribune publiée sur franceinfo.fr. Alors que des incendies ravagent l'Amazonie, il met en cause "l'extractivisme" et appelle la France à ratifier la Convention 169 de l'Organisation internationale du travail (OIT), relative aux peuples indigènes et tribaux, afin de reconnaître véritablement le droit des peuples autochtones. "L'Amazonie est vivante et elle est en train de mourir, par l’action de l’homme", conclut cette tribune.

Depuis plusieurs semaines les regards du monde entier sont tournés vers la forêt amazonienne. Cependant, il est souvent vite oublié, volontairement ou pas, que cette forêt est habitée, et gérée raisonnablement par les peuples autochtones depuis des millénaires. Le lien fraternel qui nous lie entre peuples autochtones d'Amazonie transcende les frontières administratives.

Depuis la Guyane, nous observons avec une grande tristesse les incendies qui ravagent notre forêt dans les différents pays. L'Amazonie est le territoire ancestral des peuples Amérindiens. L’Amazonie a servi de refuge au moment de la rébellion face au système esclavagiste.

La forêt est bien plus qu’un ensemble d’arbres et d’animaux. Nous y avons, nous peuples Amérindiens et Bushinengé, un attachement particulier au niveau culturel, spirituel, économique, etc.

Quand nous voyons les flammes, c’est tout cela qui brûle et c’est ce qui crée cette profonde compassion et solidarité avec les peuples et les communautés qui font directement face à ce drame.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré le 12 avril 1998 : "Quel dommage que la cavalerie brésilienne ne soit pas montrée aussi efficace que les Américains. Eux, ils ont exterminé leurs Indiens". Il est évident que ce personnage profondément raciste a une grande part de responsabilité, néanmoins le Grand Conseil coutumier refuse de céder à la facilité et de personnifier le véritable problème qui est politique et économique et qui est soutenu par la majorité des dirigeants au niveau mondial.

Ce ne sont pas de simples feux, c’est l’œuvre du capitalisme.

Le Brésil n’est pas le seul pays amazonien touché par les flammes, l’Amazonie n’est pas la seule forêt en feu, en Afrique aussi la forêt brûle et les peuples et l’ensemble des êtres souffrent de cette destruction.

Le feu n’est pas le seul danger qui menace ou qui détruit l’Amazonie. L’extractivisme a sa grande part de responsabilité. Et nous sommes dans l’étonnement face au positionnement du président Emmanuel Macron qui consiste à dénoncer la destruction de l’Amazonie brésilienne ou bolivienne mais qui parallèlement attribue 360 000 hectares de forêt aux multinationales minières, en Guyane, en Amazonie française.

Le Grand Conseil coutumier a pour responsabilité de représenter et défendre les intérêts des peuples amérindiens et bushinengé de Guyane.

Nous tenons à ré-affirmer notre solidarité avec les peuples directement touchés par ces incendies et nous demandons à la population de prendre enfin conscience de l’importance de la forêt.

Nous avons refusé de cosigner la tribune de madame la ministre Annick Girardin car il manque des engagements au niveau de la reconnaissance des droits des peuples autochtones et leur rôle dans la préservation de la biodiversité. Nous soutenons sa proposition d’augmenter les fonds alloués par l’Union européenne sur le développement de l’Amazonie mais la participation pleine des peuples autochtones à sa gestion doit être garantie. Nous soutenons sa proposition de créer un fonds international pour l’Amazonie mais qui devra être directement géré en Amazonie par les peuples autochtones et les communautés.

Nous notons les engagements du président de la République Emmanuel Macron "d’associer les peuples autochtones", néanmoins cela doit se traduire par la participation pleine des peuples autochtones à l’ensemble des décisions concernant la Guyane et l’Amazonie, donc le renforcement du Grand Conseil coutumier en instance décisionnaire avec de véritables moyens de fonctionnement.

Nous demandons une nouvelle fois au gouvernement français de ratifier la Convention 169 de l'OIT afin de reconnaître véritablement le droit des Peuples autochtones.

Pour finir, l’Amazonie est bien plus qu’une forêt, c’est notre "chez-nous", elle est vivante et elle est en train de mourir, par l’action de l’homme. Ensemble changeons le destin de notre planète et ayons le courage de prendre des virages pour l’avenir et pour l’espoir.

Le Grand Conseil coutumier des peuples amérindien et bushinengé

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