SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch

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Message par Florage le Jeu 28 Mar - 10:53


un ambulaire est l'ancien nom d'un promenoir


FUNAMBULE AMBULAIRE Funambules
montage Patlotch

funambule ambulaire
sur un fil sans aplomb
rue d'étroit territoire

inflammable est Ubu

la bulle d'un savant
éclate en rire histoire
de s'envoyer en l'art


Question

donner sans encombrer
Patlotch a écrit:quand on se dit opposé à toute fonction représentative élue ou pas, élitaire par position universitaire, sociale, culturelle ou artistique, et qu'on critique radicalement toute posture avant-gardiste en quelque domaine que ce soit, alors il est tout à fait essentiel, indispensable sinon contradictoire et inconséquent, de refuser qu'on vous la reconnaisse malgré vous

la contrepartie est d'accepter, non seulement comme conséquence mais comme nécessité, de rester relativement inconnu, et ceci de son vivant et si l'on peut au-delà

c'est, au regard des canons tant de la réussite sociale que de l'importance de sa personne ou de son œuvre, une attitude réellement suicidaire dans la société, ce que j'ai longuement développé concernant mon refus de toute édition comme participant d'une trahison de cette éthique

en attendant la Communauté humaine du vivant, le prix à payer est la solitude


Jacques Camatte a écrit:Quand quelqu'un donne trop pour être reconnu, pour s'affirmer, il ne se rend pas compte que son soi-disant don est un encombrement pour le devenir de l'autre. C'est de l'égocentrisme, un désir de valorisation, de capitalisation, etc... Or il y a une grosse tendance à l'heure actuelle à ce que les êtres humains se posent en médiateurs nécessaires et, par moment, absolus, ce qui crée la dépendance. Créer la dépendance chez l'autre, c'est commencer à le domestiquer.

Toutes les formes d'inhibition dérivent du fait que ceux qui la provoquent ont un besoin d'être reconnus, de s'affirmer, etc... De ce fait, ils ont toujours tendance à surcharger leurs actes de données matérielles et immatérielles (significations, affections, etc....). Ce sont des êtres dépendants qui ne peuvent se sauver qu'en rendant d'autres dépendants. Ils ne peuvent pas vivre la simultanéité des vies qui est bien au-delà de la simple acceptation des autres. C'est pourquoi le silence - moment de calme et de densité d'assimilation de l'autre dans sa situation dans le monde, donc dans son rapport cosmique et dans son intimité, tout en maintenant sa propre réalité - devient rare dans la communication entre les hommes et les femmes.

L'existence de la dépendance s'accompagne de la recherche de l'autonomie qui aboutit très souvent à d'autres formes de violence, dans la mesure où pour y accéder hommes et femmes brisent les liens de leur procès de vie. Ceci pourrait être positif mais, étant donné que cette autonomisation est opérée au sein d'une dynamique individualiste, elle est absorbée par le procès capitaliste de séparation des êtres humains et de leur réduction à particules neutres. Cela aboutit à la solitude.

Le danger de l'autonomie est la destruction de toute possibilité de Gemeinwesen.

Violence et domestication
, Août 1980

Florage

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Message par Florage le Mar 16 Avr - 13:59


NOTRE -DAME D'ÉLANS DE
"COMPASSION"
les cathédrales n'ont à perdre que leur chênes
mais tant que les êtres humains ont envie de conserver leurs chaines...
Patlotch a écrit:un billet que je n'ose pas nommer coup de gueule, j'y perdrais ma dernière lectorate, mais enfin, je ne puis qu'honorer ma réputation d'être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour comme disait Pierre Dac. Ma réaction sur tweeter :
@Patlotch a écrit:GRAND REMPLACEMENT : MACRON CÈDE LA PLACE À DIEU

je ne suis pas insensible aux flammes qui ont détruit partie de Notre-Dame, plutôt allergique au trop c'est trop de larmes pour ce drame, qui n'a fait ni blessé ni mort, mais déclenché une vague inédite d'émotions et de "compassion", terme revenant dans la bouche de politiques et sous la plume de journalistes. Rappelons que compassion vient du latin cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια, sym patheia, sympathie, qui s'adresse à des personnes, non à des murs seraient-ils "sacrés" et représenter l'image de Dieu ou du Christ en croix, comme la photo illustrant cet article le suggère

quant à l'identité de la France, tous ne sont pas Braudel qui doit se retourner dans sa tombe,...

Emmanuel Macron : Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous.
Nicolas Sarkozy : la France est touchée dans sa chair, dans son cœur, dans son identité, dans son histoire.
Laurent Wauquiez : désolation en voyant partir en fumée ce symbole de nos racines chrétiennes, de la littérature de Victor Hugo. C’est toute une part de notre Histoire, de nous-mêmes, qui brûle ce soir.
François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes : Que la classe politique s’émeuve d’une seule voix, c’est légitime et nécessaire, et c’est beau même. [...] L’heure est venue de dépasser nos querelles de clocher. Notre-Dame est le point zéro des routes de France.
Eric Ciotti : une partie de l'identité nationale est détruite.
Nicolas Dupont-Aignan a annoncé suspendre sa campagne et appelé à « l'union sacrée» : Une des symboles de la grandeur de la France et de l'identité de notre peuple...[/i]
Jean-Luc Mélenchon "sidéré" devant un "immense malheur" a appelé à une “pause politique” de 24 heures : La cathédrale de Notre-Dame incarne quelque chose de l'avancée multiséculaire de l'esprit humain (...) Notre-Dame c'était le lieu où les Français se sont retrouvés en toute circonstance quelle que soit leur foi (...) Ce bâtiment est un membre de notre famille à tous.
etc..

difficile à chaud, si j'ose dire, de prendre un parti opposé à l'émotion française et internationale, et risqué de faire des comparaisons avec d'autres "drames" quand ils touchent des êtres humains, ou du moins vivants tels les animaux, les forêts et les plantes, voire d'autres chef-d'œuvres de l'architecture bien plus anciennes, Moyen-Orient par exemple. Quand c'est le résultat des guerres dans la guerre culturelle ou économique opposant États-Nations ou croyants de religions différentes, on en fait pas un pareil plats, sans parler des migrants noyés dans les eaux glacées du calcul égoïste. Même le Vatican, en attendant la parole du Pape, étonnement discret, a fait preuve de plus de retenue...

on l'aura compris, si tous ces gens-là se montrent solidaires de causes qui touchent "les gens" en tant qu'ils sont leurs potentiels électeurs. La véritable pudeur, s'ils souhaitaient une "pause politique", aurait été qu'ils se taisent

dans le concert politique et militant, l'article dans Reporterre plus bas, de l'écologiste Hervé Kempf, nonobstant son parallèle entre « la "forêt" de la charpente constituée de poutres de chênes" », et celles qui brûlent ou son détruite dans le monde, est de la même eau compassionnelle, celle qui éteint mes incendies...

on peut toujours lire ou relire Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, mais pour l'occasion, je conseille un véritable roman historique, us intéressant passa documentation que par son intrigue, encore que Hugo...


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Sous le règne du roi Louis VII, commence la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Un projet ambitieux et pharaonique qui va coûter une fortune et nécessiter des années de travail, de souffrance et d'ingéniosité de la part de ses créateurs, Maître Jean, un visionnaire qui veut construire l'édifice le plus haut de toute la Chrétienté et son élève, Vincent Pasquier, qui aura l'idée d'adjoindre des arc-boutants pour maintenir l'édifice. Problèmes et tribulations ne manqueront pas : arrêt du chantier en hiver, manque de moyens, épidémies et même révolte des ouvriers avec incendie et destructions. Tout dédiés qu'ils soient à leur oeuvre, les deux concepteurs n'en demeurent pas moins des hommes dont les amours vont également se révéler assez chaotiques... Très documenté sur l'époque et les techniques de construction, ce livre présente trois volets ou trois centres d'intérêt principaux : l'historique, et c'est de loin le plus intéressant car le lecteur, qui se retrouve placé au cœur de l'action de ces bâtisseurs de cathédrale, apprendra énormément de choses qu'il ne soupçonne pas en admirant ces grands vaisseaux de pierre bâtis pour l'éternité. Le romantique est déjà un peu plus discutable avec ces amours contrariées et sans doute totalement fictives (Maître Jean amoureux de Sybille devenue lépreuse puis de Clémence et Vincent tiraillé entre Tiphaine, nièce du roi de la Cour des Miracles et Jacoba, la fille du médecin juif de la cour). Le statut des juifs, très variable selon le bon plaisir du roi, occupe lui aussi un bon tiers du volume. Autant Louis VII leur fut favorable, autant son fils, Philippe Auguste, leur fut hostile et les persécuta, officiellement pour se faire bien voir du pape et en réalité pour « leur faire rendre gorge » et financer ainsi les guerres qu'il envisageait de mener. Là encore, le lecteur apprendra beaucoup sur ces fameux banquiers «Lombards » (en réalité juifs d'origine italienne), véritables précurseurs du capitalisme. L'ensemble, bien que fort intéressant, n'en demeure pas moins assez disparate et manque un peu du rythme et du souffle que l'on peut attendre d'un roman historique classique.
De la fragilité du monde
16 avril 2019 Reporterre Hervé Kempf

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L’effroi, la catastrophe, la sidération, la tristesse, une part de nous-même, un trésor mondial... les mots et bien d’autres ont été prononcés, et ils sont justes. L’incendie qui a ravagé le toit de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, lundi 15 avril au soir et dans la nuit, a abîmé gravement bien plus qu’un monument : ce drame qui a frappé un des lieux les plus connus au monde a fait vibrer dans l’âme de millions de personnes un sentiment d’effondrement. Comme si une part du monde s’écroulait, comme si un des piliers de l’univers s’était affaissé, comme si l’ordre qui permet à l’humanité agitée de mille tourments et conflits de tenir tant bien que mal était ébranlé.

C’est bien de cela qu’il est question. Et d’une manière très différente de l’effroi que l’on avait ressenti le 11 septembre 2001, quand les tours du World Trade Center s’étaient écroulées sous le choc d’avions terroristes. Ce qui était en cause, alors, c’était la puissance de la nation la plus forte, assaillie par ses adversaires.

Quand les flammes ont rugi dans les combles obscurs de Notre-Dame-de-Paris, elles ont altéré une trame indicible qui a à voir avec la spiritualité, si l’on entend par ce mot l’acte créateur qui pousse les humains à se dépasser.

Une métaphore pourrait surgir chez celles et de ceux qui ont en permanence la gravité de la crise écologique à l’esprit : cette catastrophe qui frappe si lourdement une œuvre humaine chargée de sens et de puissance d’évocation, elle est un écho de la catastrophe silencieuse qui ravage les forêts et les savanes, les îles et les montagnes, et qui se traduit partout par un massacre insensé de la vie - ce qu’en termes savants on nomme « extinction de la biodiversité ». Le feu est parti dans une charpente constituée de poutres de chênes vieux de plusieurs centaines d’année ; d’un endroit qu’on appelait « la forêt ». Les forêts du monde brûlent aussi en Amazonie, en Indonésie, en Afrique, et d’une manière indirecte chez nous.

Puisse le sentiment de compassion et d’effroi, mais aussi de souci de préserver un trésor commun, jailli au regard de la catastrophe, nourrir notre attention au monde qui nous entoure, et pas seulement les pierres que nous ont léguées nos ancêtres.

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