SÈVES
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Mots-clés

Derniers sujets
Novembre 2018
LunMarMerJeuVenSamDim
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Calendrier Calendrier


MARX ÉCOLOGISTE ?

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

MARX ÉCOLOGISTE ?

Message par Patlotch le Jeu 4 Oct - 17:07


ou Marx théoricien du développement durable ?

dans nos précédentes considérations sur le marxisme et l'écologie, nous attirions principalement l'attention sur le fait que le marxisme a cessé d'être productiviste, alors que Marx écrivait en 1857, dans les Grundrisse, Introduction générale à la critique de l’économie politique :
Le développement plein et entier de l’individu réagit à son tour sur la productivité du travail, car il constitue la plus grande force productive...

depuis la parution de
tout un courant du marxisme tente de lier marxisme et écologie en partant de Marx. Mais il se trouve que ses partisans s'inscrivent généralement dans la vision programmatiste ou démocratiste du communisme, et cherchent des alliances politiques avec les écologistes, ou à tirer l'écologie en ce sens

ils s'appuient sur le fait que
Marx réfléchit, tout particulièrement après les années 1860, à ce système qui pille le travailleur autant qu’il pille le sol, et affirme que l’industrie et l’agriculture à grande échelle détruit le « métabolisme entre l’homme et la terre, c’est-à-dire le retour au sol des composantes de celui-ci usées par l’homme sous forme de nourriture ou de vêtements, donc l’éternelle condition d’une fertilité durable du sol ». Si bien que le capitalisme ne se développe « qu’en ruinant dans le même temps les sources vives de toute richesse : la terre et le travailleur. » (Le Capital, livre 1, Éd. Sociales, p. 565-567). Dire que le travail médiatise le métabolisme entre l’homme et la nature, c’est dire que tout ce que l’on fait à la nature extérieure agit par là-même sur notre propre nature (ibid. p.199).

John Bellamy Foster, Marx écologiste Écologie & Démocratie, Pour une écologie politique à l'ère de l'anthropocène.

ne pouvons-nous pas y reconnaître, presque dans les termes, l'idéologie du développement durable, en version socialisante ? Nous pouvons ici rejoindre Jacques Wajnsztejn citant le même passage en octobre 2017, dans A la suite de rapports à la nature, productivisme et critique écologique

Les seuls textes où on trouve des références aux limites naturelles des forces productives ou aux destructions dues à la domination sur la nature sont L’idéologie allemande et La dialectique de la nature d’Engels, un texte d’ailleurs fort contestable en d’autres endroits pour son utilisation abusive de la dialectique. Et dans Le Capital, Marx reviendra plusieurs fois sur la rupture du métabolisme homme// nature comme résultat du productivisme capitaliste. Cela mérite de citer le passage le plus connu à ce propos : « La production capitaliste […] détruit non seulement la santé physique des ouvriers urbains et la vie spirituelle des travailleurs ruraux, mais trouble encore la circulation matérielle entre l’homme et la terre, et la condition naturelle de la fertilité durable du sol, en rendant de plus en plus difficile la restitution au sol des ingrédients qui lui sont enlevés […] En outre, chaque progrès de l’agriculture capitaliste est un progrès non seulement dans l’art d’exploiter le travailleur, mais encore dans l’art de dépouiller le sol ; chaque progrès dans l’art d’accroître sa fertilité pour un temps est un progrès dans la ruine de ses sources durables de fertilité » (vol I, ES, 1969, p. 363 ou Messidor-ES, 1983, p. 565-6).

Soit Marx et le « développement durable » ! Il faut quand même noter le souci chez Marx de toujours tenir bon sur l’interaction ; si le travail humain est un élément du métabolisme et de son échange avec la nature extérieure, l’exploitation de ce travail renvoie à l’exploitation de la nature, c’est-à-dire non pas à une rupture du métabolisme, mais plutôt à un mauvais métabolisme.

dans cette conception écolo-marxiste, sont séparées « la nature extérieure » et « notre propre nature », c'est-à-dire la question posée comme rapport entre l'humanité et la nature, et non comme rapport interne de l'être humain comme être de nature (cf ici le niveau 7 de Ollmann lisant Marx)

nous comprenons donc que notre précédent forum, en posant dans sa structure, son plan, le capital comme totalité, reléguait ce niveau 7 sous les niveaux 3 et 4 (le capitalisme comme tel et la société de classe), et qu'ainsi je suivais encore ce que pourtant je critiquais depuis 2006, l'implication réciproque capital-prolétariat comme englobant tous les rapports humains dans le capitalisme dit en domination réelle

c'est pourquoi nous devons nous détacher de ce point de vue limité articulant marxisme et écologie, qui appartient au passé des conceptions communistes, et c'est pourquoi aussi nous devons nous intéresser aux thèses de Jacques Camatte quand il rompt avec l'idée du prolétariat universel révolutionnaire et la perspective même d'une révolution réglant tous les problèmes, sur quoi je reviendrai

Patlotch
Admin

Messages : 233
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum