SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch

APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique...

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Message par Florage le Sam 6 Avr - 16:46


DES RÉSULTATS ATTENDUS

Patlotch a écrit:par "résultats attendus" on peut comprendre deux choses. La première, c'est que certains les attendent, à commencer des annonces et décisions politiques qui en résulteront de la part du pouvoir. La seconde qu'on pouvait les attendre, presque les prévoir, au vu de la signification essentielle du mouvement des gilets jaunes dans sa dynamique réciproque (voir le sujet d'analyses) avec le pouvoir, qui recoupaient ce mouvement ou s'inscrivait en parallèle voire en contre, avec une plus grande tendance à le trouver bienvenu mais des thèmes souvent identiques qui traduisaient la capacité du pouvoir à récupérer des thèmes revendicatifs des Gilets jaunes, choses facile compte-tenu de ses contradictions, ce que confirme cet article

quoi qu'il en soit, je ne suis pas de ceux qui considèrent que la Grand débat n'aurait servi à rien, ni seulement à jouer la montre, il fait un tout avec le Mouvement des Gilets jaunes et s'analyse pour moi sur les mêmes bases théoriques

à la question " le Grand débat national est-il une manipulation démocratique" ? Oui et non, car il est indéniablement démocratique, au moins autant que les classiques de la démocratie politique d'État et même de toutes assemblées prétendant l'être, quand la plupart sont "récupérées" par des leaders, partis ou organisations ou non-organisations quelles qu'elles soient. C'est parce qu'il joue sur le terrain de la démocratie politique, de l'État sans en remettre en cause la onction intrinsèque et celle pour le capital, qu'il est d'essence perverse

ce sujet est donc la suite de LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique (Gilets jaunes) : les débats continués

Le grand débat national :
des demandes contradictoires sur un arrière-fond populiste et moralisateur

The Conversation,25 mars 2019, mis à jour le 3 avril 2019
Luc Rouban, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po – USPC

Le lancement du grand débat et son prolongement au-delà du 15 mars 2019 ont donné à Emmanuel Macron l’occasion de lancer une opération massive de démocratie participative. En témoignent le succès – au moins sur le plan quantitatif – aussi bien du site officiel que des réunions locales organisées dans les municipalités, ou bien encore l’afflux de commentaires spontanés ou recueillis par des sites officieux comme « le vrai débat ».
Pour connaître les demandes des contributeurs en matière de démocratie, qui ont du répondre à un questionnaire (souvent assez mal rédigé) de 34 questions ouvertes, on a fait l’analyse d’un échantillon aléatoire de 600 contributions sur les 46 340 qui avaient été déposées sur le site officiel entre le moment de son ouverture et le 21 février 2019. Statistiquement, l’échantillon présente une marge d’erreur de 4 % avec un taux de confiance de 95 %.

Des problèmes méthodologiques importants
L’analyse des contributions est une affaire complexe. Comme on ne dispose d’aucune variable signalétique précise, on ne peut apprécier la représentativité ni des contributeurs ni de l’échantillon au regard de l’ensemble des 47 millions d’électeurs inscrits. Et c’est là que réside un premier problème politique puisque la restitution officielle des résultats ne pourra légitimer ni la politique d’Emmanuel Macron ni celle des gilets jaunes, ni même refléter la volonté réelle de l’ensemble des citoyens. On peut, néanmoins, estimer que l’on est en face d’un témoignage historique de grande importance puisque cette aventure participative nationale est la première du genre.

Le traitement de ces données a donc dû faire l’objet d’une attention méthodologique particulière de notre part. Tout d’abord, les contributions ont été codées ligne à ligne sans recours à des techniques lexicométriques dont la rapidité apparente s’accompagne d’énormes problèmes : absence de prise en compte des sans réponse, difficulté à restituer les nuances, impossibilité de restituer le sens caché de réponses prenant la forme de questions.

Ensuite, il a fallu écarter les fausses contributions qui ne répondaient jamais à aucune des questions pour se focaliser sur un thème obsessionnel sans rapport avec le questionnaire (du 80 km/h à l’euthanasie, en passant par la protection animale) et qu’on peut assimiler à une volonté de contester le principe même du questionnaire, comme les contributions multiples des mêmes auteurs qui entendaient sans doute fausser les résultats.

Enfin, last but not least, la restitution des réponses peut se faire soit en pourcentages valides, c’est-à-dire en écartant les sans réponse, soit en présentant la proportion de sans réponse. Celle-ci est toujours importante, passant d’un minimum de 11 % à la question sur le non-cumul des mandats à 65 % pour celle portant sur les moyens d’améliorer le civisme. Au total, seuls 9 contributeurs sur 600 ont répondu à toutes les questions.

De cette présentation peuvent découler des interprétations politiques très différentes : soit on met l’accent sur la volonté « majoritaire », qui n’en est pas une, soit sur l’incertitude ou la critique dans lesquelles sont les contributeurs. On a choisi ici la seconde solution.

Une démocratie représentative jugée immorale
L’ouverture du grand débat national n’a pas apparemment réconcilié les contributeurs et les élus. Néanmoins, cette critique porte bien plus sur le comportement des élus, leurs privilèges ou leur indifférence aux électeurs que sur le principe de la démocratie représentative elle-même.

À la question « en qui faites-vous confiance pour vous faire représenter dans la société ? », 26 % des contributeurs répondent « les élus locaux » (désignant généralement le maire), 10 % « les élus en général » et 8 % « les députés » en mentionnant le fait qu’ils connaissent leur circonscription. L’absence totale de confiance, renvoyant « aux citoyens seulement » ou « à personne » ne caractérise que 27 % des contributeurs (voir graphique ci-dessous). Le tropisme local est clair et revient d’ailleurs très souvent dans les réponses aux questions portant sur le renouvellement de la démocratie.

Du reste, à la question de savoir s’il faut donner un rôle plus important aux syndicats et aux associations, les réponses sont mitigées : 12 % ne savent pas, 48 % répondent positivement mais 40 % négativement. Et les associations inspirent bien plus confiance que les syndicats souvent caractérisés de manière très péjorative : « oui, s’ils s’occupent des salariés et pas de leurs intérêts », « les associations professionnelles apolitiques, pas les syndicats ».

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Graphique 1 : En qui avez-vous confiance pour vous faire représenter ? (%). Enquête Luc Rouban/Cevipof (2019)., Author provided

Cela étant, la détestation du personnel politique est toujours là et reste fortement motivée par la fracture qui séparerait l’oligarchie élective de l’ensemble des citoyens, fracture souvent déclinée sur le registre moral. Si 70 % des contributeurs pensent que le non-cumul des mandats est une bonne chose, c’est généralement parce qu’ils estiment que cela permet des carrières et des cumuls de rémunérations injustifiables ou l’absentéisme en séance plénière à l’Assemblée nationale. De la même façon, 62 % d’entre eux voudraient que le nombre d’élus diminue.

Sur ce terrain, néanmoins, les réponses sont nuancées (7 % seulement répondent « tous ») et l’on s’aperçoit qu’une critique très forte s’est développée non seulement contre le personnel politique national mais encore contre les élus départementaux et régionaux. Le département est très souvent considéré comme inutile. On enregistre même des critiques à l’égard du personnel municipal et notamment des conseillers municipaux pléthoriques qui n’ont d’ailleurs plus beaucoup de pouvoir réel, surtout dans les petites communes.

En revanche, et contrairement à ce que l’on pouvait attendre, la suppression du Sénat n’est demandée que par 17 % des contributeurs et celle du Conseil économique, social et environnemental (CESE) par 18 %. La plupart des critiques visent surtout leur mode de recrutement ou la réduction de leurs effectifs en voulant les ouvrir davantage à la société civile.

Le traitement de la question portant sur les moyens de renouer les liens entre les élus et les citoyens a fait l’objet d’une recherche assez poussée en utilisant dix variables ayant chacune 26 modalités afin de restituer au mieux les réponses les plus fréquentes.

Les résultats montrent que trois thèmes se détachent : l’honnêteté morale, le respect de ses engagements, la transparence (16 % des réponses) ; l’écoute plus attentive des citoyens (12 %) ; la présence plus fréquente sur le terrain, la connaissance des réalités de la vie quotidienne (11 %). À cela s’ajoute des items visant plus particulièrement la moralité du personnel politique : qu’ils aient moins de privilèges (9 %), qu’ils n’aient pas de casier judiciaire, qu’ils soient condamnés comme les citoyens ordinaires (5 %).

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Graphique 2 : Quels sont les élus dont il faut réduire le nombre ? (%). Enquête Luc Rouban, Cevipof (2019)., Author provided

La mise en place de procédures de démocratie participative, notamment par des sites Internet ou des budgets participatifs locaux est également évoquée, mais moins fréquemment (7 %). Les procédures de démocratie directe comme le référendum ou le référendum d’initiative citoyenne (RIC) sont citées par 9 % des contributeurs et l’idée de mettre en place des assemblées citoyennes tirées au sort par 4 % d’entre eux.

Le RIC en tant que tel, revendication centrale des gilets jaunes, n’est mentionné de manière systématique que par 4 % des contributeurs sur la base de trois questions portant sur les moyens de renforcer la participation des citoyens, d’améliorer la démocratie participative et l’engagement citoyen. Cela peut s’expliquer par la sociologie différente des gilets jaunes et des contributeurs au grand débat qui a pu être notamment mesurée dans le cadre des réunions locales, les seconds étant généralement plus diplômés et plus âgés que les premiers.

Un nouveau visage pour la Ve République
La série de questions portant sur les moyens d’améliorer la représentation ou de promouvoir la démocratie participative suscite des réponses qui viennent dessiner un nouveau visage à la Ve République.

Pour 46 % des contributeurs, il faudrait introduire au moins une dose de proportionnelle pour améliorer la représentation des sensibilités politiques. On remarque que les solutions innovantes ne font pas vraiment recette : le changement complet du mode de scrutin (scrutin majoritaire à un tour ou jugement majoritaire) n’attire que 4 % des contributeurs, alors que le recours systématique au tirage au sort est encore plus rarement évoqué (2 %). Un tiers des contributeurs ne répondent pas à la question.

Les avis sont bien plus tranchés, en revanche, en ce qui concerne la participation électorale. L’argument de l’immoralité politique reste toujours en arrière-fond, mais 76 % des contributeurs demandent la reconnaissance du vote blanc. Pour 32 % des contributeurs, une proportion importante de votes blancs, qu’ils définissent de manière très variable, devrait pouvoir déclencher de nouvelles élections avec interdiction aux premiers candidats de se représenter.

À cela s’ajoute le fait que le tiers des contributeurs demandent que l’on passe au vote obligatoire. La lecture des propositions montre qu’il existe une volonté de s’émanciper de l’offre politique et de recentrer la vie démocratique sur la demande émanant des citoyens.

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Graphique 3 : Comment améliorer la démocratie participative (%). Enquête Luc Rouban, Cevipof (2019)., Author provided

Du reste, c’est bien dans la formulation de cette demande que s’affirme la volonté de renforcer la démocratie participative, notamment au niveau local. On remarque dans de très nombreuses contributions une demande de pédagogie et de lisibilité de l’action publique jugée opaque, trop complexe, indéchiffrable.

La mise en place « d’une démocratie plus participative » appelle donc des réponses nuancées qui ne font pas systématiquement appel au RIC, mais plutôt à des référendums bien ciblés et encadrés. La démocratie directe n’est pas considérée comme une solution-miracle et de nombreuses contributions s’orientent plutôt vers des débats citoyens ou sur les possibilités qu’offre Internet pour donner son avis notamment sur des projets locaux.

Vers une démocratie illibérale ?
L’arrière-fond populiste et moralisateur reste, néanmoins, très présent dans la tonalité des contributions. Cette dimension autoritaire se retrouve avec encore plus de force dans les réponses aux questions portant sur le civisme, les valeurs de la République et l’immigration.

Si la défense des valeurs de la République appelle, pour plus d’un quart des contributeurs, un effort renouvelé d’éducation, autant de la part des parents que de l’institution scolaire, c’est souvent sur un registre critique à l’égard des communautés religieuses ou de la communautarisation de la société française. Plus de 20 % des contributeurs en appellent, d’une manière ou d’une autre, à « la fin du laxisme », demandent un service militaire ou civique, voire un serment d’allégeance aux valeurs républicaines, notamment de la part des immigrés.

Les réponses aux questions portant sur l’engagement citoyen recèlent souvent la même tonalité de contrainte civique. Mais, là encore, il faut se méfier du taux de sans réponse qui atteint 43 % pour la question sur les valeurs de la République et 49 % sur l’engagement citoyen. L’incertitude reste toujours la réponse majoritaire.

Les avis sont plus tranchés, mais aussi plus partagés, en matière de laïcité (34 % de sans réponse) et d’immigration (33 % de sans réponse). En matière de laïcité, les réponses sont réparties en deux groupes à peu près égaux. Le premier insiste sur le fait que l’État doit rester neutre et laisser la question religieuse dans la sphère privée, que l’éducation reste le meilleur moyen de compréhension et de tolérance, que la loi de 1905 suffit et que l’on n’a pas besoin de la modifier. Le second est plus ouvertement critique à l’égard de l’islam, condamne le port de signes religieux dans l’espace public, exige plus de fermeté face aux communautarismes.

Il en va de même en matière d’immigration, même si le centre de gravité est plus à droite de l’espace politique : 24 % des contributeurs demandent une immigration plus sélective laissant passer les réfugiés politiques mais pas les réfugiés économiques, une politique calée sur les besoins du marché du travail et sur la qualification des immigrés, alors que 20 % des contributeurs affirment qu’il faut arrêter toute immigration car celle-ci est jugée déjà excessive. Par ailleurs, 42 % des contributeurs répondent par l’affirmative à la question portant sur le fait de savoir s’il faut établir une politique de quotas en matière d’immigration. Seule une minorité défend l’idée d’un meilleur accompagnement des immigrés voire d’un accueil plus ouvert. On retrouve ici la structure des attitudes politiques que mesurent très régulièrement les sondages en matière d’immigration.

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Graphique 4 : La politique migratoire souhaitée par les contributeurs (%). Enquête Luc Rouban, Cevipof (2019)., Author provided

Des réponses ambiguës et contradictoires
Il ressort donc de la lecture de cette première synthèse que le grand débat, notamment sur le terrain démocratique, peut se révéler être un jeu dangereux pour le gouvernement. Tout d’abord parce que la question méthodologique est décisive et que la restitution des réponses, comme leur interprétation, dépendent étroitement du taux de sans réponse et de sa prise en compte.

Sur bien des questions, l’incertitude demeure et seuls les contributeurs les plus radicaux ou les plus engagés ont parfois répondu – ce qui laisser toujours béante la question de savoir quelle est la représentativité réelle de ce grand débat.

Ensuite, parce que les réponses témoignent d’une insatisfaction de fond quant au fonctionnement de la Ve République sans proposer pour autant des solutions foncièrement cohérentes. Il en va ainsi, notamment, de la demande contradictoire qui associe la réduction du nombre des élus et la recherche d’un contact plus étroit entre eux et les citoyens.

Il est indéniable que bon nombre de réponses vont clairement dans le sens des propositions d’Emmanuel Macron, tant dans le domaine de la réduction du personnel politique que de la dose de proportionnelle à instiller dans les élections ou bien de la limitation du cumul des mandats dans le temps. Les réponses sont, par ailleurs, en retrait face aux demandes plus radicales de démocratie directe des gilets jaunes.

Le gouvernement risque donc d’être coincé entre décevoir un mouvement de contestation puissant, que confirme le succès du grand débat, et s’engager dans une politique de réforme institutionnelle allant bien au-delà de ses projections, qui appellerait une nouvelle décentralisation bien plus ambitieuse, une refonte du Sénat et du CESE et un retour, horror referens, à la pratique gaullienne du référendum, qui fait tant peur au personnel politique – qu’il soit de l’ancien ou du nouveau monde.


Dernière édition par Florage le Mar 21 Mai - 15:12, édité 3 fois

Florage

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Message par Florage le Lun 8 Avr - 15:54


grand déballage du débat
Patlotch a écrit:l'article du Figaro sous celui du Monde affirme en titre " ISF, RIC... Les revendications des «gilets jaunes» quasi absentes du grand débat". En proportion peut-être, sinon il n'est pas évident qu'elles aillent dans un sens différent, et quoi qu'il en soit elles ne portent pas davantage un contenu de rupture ni des mesures contre le capital. Il est certain que le pouvoir en fera ce qu'il entend, à commencer par accélérer comme l'a dit ce matin Edouard Philippe des mesures déjà inscrites dans le programme présidentiel de Macron, tant en matière d'impôts et taxes que de dispositions pour "améliorer la démocratie" et diminuer les dépenses publiques. Les mesures anti-fonctionnaires sont d'évidence communes au pouvoir et aux 42 revendications phares soutenues par Priscillia Ludovsky...

Cahiers de doléances, réunions locales, courriers... En parallèle de la plate-forme officielle, les contributions libres citoyennes ont fait émerger des propositions différentes.
Les contributions libres – cahiers citoyens, courriers et e-mails, comptes rendus des réunions d’initiative locale – analysées par le consortium Roland Berger, Cognito et Bluenove font ressortir des priorités parfois légèrement différentes de celles émergeant des réponses aux questionnaires.

Fiscalité et dépense publique
Les contributions individuelles se focalisent sur la levée de la pression fiscale pour le plus grand nombre (baisse des impôts et de la CSG notamment) et sur la nécessité de faire davantage contribuer les patrimoines élevés (rétablir l’ISF), de lutter contre la fraude fiscale et de réduire le train de vie de l’Etat.

Deux priorités émergent : lever la contrainte sur les particuliers en diminuant la fiscalité sur les charges contraintes (taxe sur le carburant, taxe d’habitation, taxe sur l’eau et l’énergie) et sur la consommation (baisse de la TVA sur les produits de première nécessité) et améliorer le filet fiscal sur les hauts revenus et les grandes entreprises (supprimer les paradis fiscaux, taxer les multinationales, taxer les GAFA, taxer les hauts patrimoines).

Organisation de l’Etat et des services publics
Un consensus se dégage autour d’une demande de rapprochement de l’administration et des fonctionnaires de la réalité des territoires (49 % des idées exprimées). Cette demande couvre à la fois une demande d’allégement des réglementations pesant sur le quotidien (le rejet de la limitation de vitesse à 80 km/h pèse pour 15 % des idées exprimées), une défiance à l’égard de la haute fonction publique, dont les rémunérations et privilèges sont contestés, ainsi qu’une demande de décentralisation et de proximité. Certains demandent des modifications institutionnelles, notamment en relançant la décentralisation en s’appuyant sur l’échelon communal. D’autres insistent sur la nécessité pour l’Etat d’affirmer et de renforcer sa présence dans tous les territoires et de garantir l’accès de tous aux services publics, tandis que, à l’inverse, une partie des contributions préconise un recentrage de l’Etat sur ses missions régaliennes.

Démocratie et citoyenneté
Parmi les préoccupations largement exprimées, la diminution des privilèges des élus et anciens élus (une contribution sur quatre), l’encadrement de l’attribution et de l’exercice de leurs mandats et l’amélioration de leur représentativité. Ces préoccupations sont complétées par un souhait de réforme des institutions.

La rénovation du système actuel serait fondée sur la consolidation de la démocratie représentative (mettre en place le référendum d’initiative citoyenne, reconnaître le vote blanc, introduire une dose de proportionnelle aux législatives) et un plus fort engagement des citoyens à travers un contrat républicain laïc, civique et obligatoire. La suppression du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental ainsi que la réduction du nombre d’élus figurent également en bonne place parmi les propositions de renouvellement des institutions. Les propositions portant également sur la moralisation de la vie publique (lutte contre les lobbys, sécuriser les lanceurs d’alerte, rendre obligatoire un casier judiciaire vierge pour être élu) et l’intégration de la société civile (débats citoyens, pétitions, rôle des corps intermédiaires).

Transition écologique
Le consensus se forme autour de l’urgence écologique, avec des propositions centrées sur des objectifs d’ensemble (accélérer la transition écologique, lutter contre le réchauffement climatique), sur le développement de solutions à l’échelle locale (développer les transports en commun, isoler les bâtiments) et sur le volet de l’énergie (énergies renouvelables, transition énergétique, réduction de la consommation énergétique).

Quatre approches se dégagent. La première (23 % des idées exprimées) porte sur le développement de technologies et usages verts (tri, covoiturage, voiture électrique). Elle est complétée par une vision offensive de l’écologie (interdire les pesticides, taxer les gros pollueurs, renforcer la taxe carbone). Vient ensuite la nécessité de changer de mode de vie (moins consommer) et d’introduire plus de régulation, comme sur la publicité ou l’obsolescence programmée. Enfin, une partie des contributions se focalise sur la nécessité de limiter l’empreinte de l’homme sur la nature.

Autres thèmes
En matière d’économie et d’emploi, les contributeurs demandent à l’Etat d’être acteur (11 % pour la renationalisation des services essentiels et des grandes infrastructures), protecteur (lutte contre les délocalisations, surtaxer les produits non fabriqués en France), régulateur d’une économie tendant vers un juste partage des richesses (réduire les dividendes, instaurer une taxe sur les transactions financières, supprimer les parachutes dorés).

Deux préoccupations majeures émergent sur le thème de l’éducation ; le développement de la formation professionnelle et la revalorisation du métier d’enseignant. Les contributions individuelles sont particulièrement marquées par une forte mobilisation autour de la question des retraites (47 % des idées exprimées), notamment sur la suppression de la hausse de la CSG et la réindexation sur l’inflation.

Enfin, l’amélioration du système de santé, la lutte contre la pauvreté et la précarité et la prise en charge de la dépendance reviennent très fortement dans ces contributions libres.

La suppression des 80km/h ou la baisse de la CSG ne figurent qu’en très faibles proportions dans les demandes exprimées par les Français dans les réunions locales, sur la plateforme internet ou dans les cahiers de doléances.

De samedi en samedi, d’«acte» en «acte»... Les mots d’ordre des «gilets jaunes» se sont succédé dans les cortèges. Pourtant, à en juger par les résultats du grand débat national, les revendications du mouvement sont loin d’être partagées par les Français qui ont participé aux discussions. Qu’il s’agisse du référendum d’initiative citoyenne (RIC), du rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), de la suppression de la limitation de vitesse à 80km/h sur les routes secondaires, ou de la baisse de la CSG, aucune de ces revendications brandies au fil des manifestations ne se retrouve de manière significative dans les remontées globales du grand débat.

Qu’il s’agisse des débats organisés localement, des conférences citoyennes ou de la plateforme internet du grand débat, ces quatre revendications demeurent marginales dans les demandes des Français. C’est en réalité dans les cahiers de doléances ouverts par les maires qu’elles se sont le plus exprimées. Et encore, dans de très faibles proportions.

Les «gilets jaunes» ont boycotté le grand débat

Le rétablissement de l’ISF ne pèse ainsi que 3,8% des demandes ; contre 2,9% pour la baisse de la CSG ; 1,5% pour la suppression des 80 km/h ; 1,5% pour la mise en place du RIC. Des chiffres encore plus faibles dès lors qu’ils sont intégrés à l’ensemble des remontées du grand débat. Comme si aucune des revendications des «gilets jaunes» n’avait réussi à accrocher durant les 21 samedis de mobilisation dans la rue. D’ailleurs, tout au long de la restitution des résultats, ces revendications ont à peine été évoquées par les intervenants, ou alors au détour d’une phrase, presque de façon anecdotique.

Avant la restitution, l’une des cinq garantes, Isabelle Falque-Pierrotin, avait mis en garde sur les résultats du grand débat en rappelant qu’il n’avait «pas la valeur d’un sondage». «Cela ne représente pas nécessairement tous les Français», a-t-elle ajouté. Et pour cause, un sondage Ifop pour Le JDD indiquait dimanche que 77% des Français étaient favorables au rétablissement de l’ISF.

Reste que ces très faibles scores des revendications phares des «gilets jaunes» dans les remontées peuvent s’expliquer par les réticences des principaux leaders à participer au processus lancé par Emmanuel Macron. Dès le moins de janvier, les figures emblématiques du mouvement faisaient part de leurs doutes sur le grand débat et assuraient ne pas vouloir y participer. Le résultat est toutefois sans appel: soit les absents ont toujours tort, et les «gilets jaunes» viennent de le prouver. Soit les «gilets jaunes» sont beaucoup moins représentatifs qu’ils ne le pensent, et le grand débat vient de la démontrer.

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Message par Florage le Mer 10 Avr - 19:42


autant ceux qui disaient
Grand Débat Blabla, Gilets Jaunes Vrai Débat
Patlotch a écrit:j'écrivais avant-hier concernant les résultats du Grand Débat et les revendications des Gilets jaunes « il n'est pas évident qu'elles aillent dans un sens différent ». Je ne suis (heureusement) pas le seul à le constater, et ça ne surprendra que ceux qui n'ont pas suivi le film de l'implication politique réciproque entre pouvoir et mouvement avec les bonnes lunettes. En voici donc un nouvel indice

Sans surprise, le référendum d'initiative citoyenne revient beaucoup dans les suggestions
Patlotch a écrit:Réforme des institutions et du fonctionnement politique, justice fiscale, meilleur service public et écologie... : les « gilets jaunes » avaient également monté leur propre plateforme et voté sur leurs revendications... assez semblables à celles du grand débat national clos lundi. Lancé en novembre par un collectif de Gilets jaunes de la Réunion, le site du « Vrai débat » est finalement devenu national et, du 30 janvier au 3 mars, a collecté toutes les « revendications » des citoyens sur « les sujets de [leur] choix sans aucune exclusion ».

Détail marquant : le logiciel utilisé était le même que celui du gouvernement pour son grand débat -dont le bilan a été présenté lundi-, mis à disposition gracieusement par la société Cap Collectif. Au total, 44.576 identifiants d'utilisateurs ont été enregistrés sur le site du « Vrai Débat ». Ces derniers ont fait 25.229 propositions, et ont généré 898.790 votes.

Quatre « grands blocs assez clairs »

De cette consultation se sont dégagées un certain nombre de « propositions consensuelles favorables » qui constituent quatre « grands blocs assez clairs », explique Jean-Claude Zancarini, professeur émérite au Laboratoire CNRS Triangle de Lyon, qui a travaillé sur le traitement des données issues de la plateforme.

Au menu : la « question du fonctionnement politique, de la démocratie » (Référendum d'initiative citoyenne (RIC), prise en compte du vote blanc ou nul, contre les privilèges des élus -mais pas contre les élus), « la justice fiscale et la justice sociale », «un meilleur service public, avec une demande massive de proximité, des nationalisations, des renationalisations » et enfin des « revendications écologiques ».

Des failles
Des tendances qui se rapprochent des contributions du grand débat, organisé par le gouvernement. « Il y a plein de sentiments partagés des deux côtés. C'est la France quoi, il n'y a pas de séparation entre un groupe d'excités et puis les autres (...) la grosse différence, c'est le Référendum d'initiative citoyenne », analyse Jean-Claude Zancarini,

Sur le site, les chercheurs qui ont participé à l'étude des résultats avertissent toutefois : « Une consultation en ligne n'est pas une enquête sociologique. On ne contrôle pas l'échantillon et on connaît très peu de choses sur les participant-e-s » (profession, lieu d'habitation, etc.). « 1% des utilisateurs ont écrit 35% des propositions et 44% des arguments», est-il encore souligné. Après une synthèse menée par le CNRS et deux laboratoires (Lerass et Triangle) jusqu'au 7 avril, des "assemblées citoyennes" seront organisées jusqu'au 30 juin afin de «produire des propositions citoyennes de loi ».

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Message par Florage le Sam 13 Avr - 7:29


lisez Capital.fr, pas lundimatin
Patlotch a écrit:parmi les convergences entre revendications des Gilets Jaunes et mesures macroniennes annoncées, la plus spectaculaire est la diminution des impôts, sauf l'ISF mais qui a effectivement plus valeur symbolique... Marx disait préférer lire la presse économique des capitalistes aux délires des professeurs d'économie qui se moquaient de lui...
IMPÔTS : APRÈS LA RÉVOLTE, LA RÉVOLUTION !
Marc Touati Capital.fr 12/04/2019

Depuis plus de trente ans, la France a multiplié les dépenses publiques inefficaces et les impôts, dénonce notre chroniqueur Marc Touati, économiste et président du cabinet ACDEFI.

APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... Impots-apres-la-revolte-la-revolution-1335093
Photo by Rafa Elias / Getty Images
Marc Touati a écrit:On entend souvent que le mouvement des Gilets jaunes et les dérapages qui l’ont accompagné étaient impossibles à anticiper. Peut-être, mais uniquement pour ceux qui ont refusé de voir la réalité en face depuis des années. En toute humilité, je rappellerai ainsi qu’en mars 2012, je terminais mon livre Quand la zone euro explosera (Editions du Moment) par un épilogue en forme de cauchemar qui annonçait un triste avenir pour notre “douce France”. En voici un extrait :

“En raison du chômage grandissant, les émeutes se multiplièrent. D’abord concentrées dans les cités du 93 et du 94, elles se répandirent dans toute la France. Le 8 mai, alors que la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale battait son plein, des milliers de casseurs “défilèrent” sur les Champs-Élysées. Tous les symboles de l’opulence furent vandalisés, la boutique Louis Vuitton pillée, le Fouquet’s incendié. Il n’y avait pas là que des jeunes de banlieue, mais aussi des familles en colère, des chômeurs, de nouveaux pauvres, des désespérés. En quelques mois, la France avait basculé dans une ambiance de guerre civile. À chaque instant, le pays risquait d’imploser. La population ne faisait plus confiance aux politiques, aux journalistes, aux médias, aux banquiers, aux économistes, à eux-mêmes. Ils attendaient l’homme providentiel. Ils attendirent longtemps…”

Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas devin et je n’ai pas de boule de cristal. Seulement voilà, ces phrases que j’avaient écrites il y a sept ans en espérant qu’elles ne se réaliseraient jamais sont devenues réalités. D’où une question à la fois simple et glaçante : comment en est-on arrivé là ? La réponse est malheureusement tout aussi simple et glaçante : en dépit des nombreux avertissements qui ont été régulièrement envoyés aux dirigeants du pays, notamment par votre serviteur, mais aussi par quelques autres, rien ou quasiment n’a été fait pour sortir la France de l’ornière et lui éviter de tomber dans le chaos.

Depuis plus de trente ans, le déni de réalité a été érigé en bannière inébranlable et les mêmes politiques inefficaces ont été appliquées : toujours plus d’impôts et toujours plus de dépenses publiques mal orientées. Et le tout, avec, bien entendu, les mêmes résultats, encore et toujours : de moins en moins de croissance, et, très logiquement, de plus en plus de chômage, de déficit et de dette publique. Le pire est qu’en dépit de ces trois décennies d’échecs cuisants, les récents dérapages semblent avoir suscité les mêmes réponses : plus d’impôts et de dépenses publiques. Mais quand allons-nous enfin nous réveiller ? Quand allons-nous enfin comprendre que cette fuite en avant n’a pas de sens et compromet l’avenir de notre société tout entière ?

Nous n’avons malheureusement pas la réponse à ces deux questions. Nous devons donc continuer de faire ce que nous faisons depuis des années, en l’occurrence réclamer simplement du bon sens : moins d’impôts pour tous (les entreprises et les ménages), moins de dépenses publiques inefficaces, moins de gaspillages publics et plus d’efficacité de nos services publics. C’est ce que je ne cesse d’appeler depuis des années “une thérapie de choc bienveillante”, qui allie paix sociale et efficacité publique. C’est d’ailleurs ce qu’ont mis en pratique nos partenaires européens, dans leur quasi-totalité, et notamment nos amis allemands, néerlandais, irlandais, espagnols ou encore portugais. Et ça marche !

Arrêtons donc de nous voiler la face : le seul moyen de sortir la France du marasme économique est de réduire massivement les prélèvements obligatoires qui pèsent sur les ménages et les entreprises. Le problème fiscal de la France est global : seul un “grand soir” fiscal pourra permettre de moderniser l’économie hexagonale et de la rendre plus féconde en emplois. Celui-ci pourrait passer par six mesures principales : réduire le niveau des prélèvements obligatoires au niveau de la moyenne de la zone euro, soit une baisse d’environ 100 milliards d’euros; simplifier le code des impôts; supprimer l’essentiel des niches fiscales tout en réduisant les impôts auxquels elles se rapportent; réduire l’impôt sur les sociétés à 20 %; abaisser de 3 points le taux de CSG; fusionner la CSG, la CRDS et l’IRPP.

Comme nous sommes Français, que nous sommes de ce fait exceptionnels et que, malheureusement, la situation a empiré au cours des derniers trimestres, il faudra également ajouter deux mesures phares pour permettre que cette révolution soit créatrice et pas destructrice. A savoir, d’une part un effort d’explication et de pédagogie à grande échelle. D’autre part, une tolérance zéro pour tous ceux qui refuseraient de participer au sauvetage de la France. Si les dirigeants et le peuple français se réveillent et choisissent de se retrousser les manches, en engageant la France sur le chemin de la modernité et du bon sens, alors oui, le retour de la croissance forte sera rapide et durable.

Dans quelques années, la croissance structurelle de l’économie hexagonale pourra alors retrouver la barre des 2,5%. Dans ce cadre, le solde des comptes publics se rapprochera de l’équilibre, se dirigeant même vers un léger excédent pour 2022. Le premier excédent depuis 1974 ! Parallèlement, le ratio dette publique/PIB reculera significativement sous les 80%. Les taux d’intérêt des obligations d’État demeureront faibles, soutenant par là même la croissance et l’investissement.

Mieux, compte tenu de la baisse de la pression fiscale, les exilés fiscaux d’hier reviendront très vite sur leur terre d’origine et la France deviendra l’une des premières terres d’accueil des investissements étrangers. À tel point qu’elle se permettra de refuser des fonds jugés insuffisamment éthiques. De par ce retour en grâce de la croissance et de l’investissement, les créations d’emploi repartiront à la hausse et le chômage chutera, glissant progressivement vers son niveau de plein-emploi, en l’occurrence 6%. Une augmentation massive des revenus et du pouvoir d’achat s’ensuivra, permettant à la consommation de retrouver son rôle de moteur puissant et inébranlable de l’économie nationale.

Sur la scène internationale, l’image de la France sera redorée. Elle apparaîtra effectivement comme un pays courageux, capable d’engager des réformes structurelles difficiles, tout en reprenant rapidement la voie de la croissance forte et du chômage faible. Elle retrouvera alors son rôle de locomotive économique et politique au sein de l’Europe, reléguant les Allemands et les Anglais au rang de spectateurs admiratifs… Non s’il vous plaît, ne me réveillez pas, ce rêve est trop beau… Espérons simplement qu’il deviendra rapidement réalité, car, comme disait l’homme d’État et poète Constantin Huygens, “la vie est un rêve, mais rêver n’est pas vivre”

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Message par Florage le Sam 13 Avr - 14:55


CONTE À REBOURS...
des bouffonnerie en gilets jaunes et clowneries d'ultragauche
Patlotch a écrit:à quelques jours des annonces de Macron ouvrant un autre période de son quinquennat, les pronostics et suppositions vont bon train. J'ai retenu cet article qui décoiffe en montrant la probabilité de mesures confirmant mon analyse depuis la fin 2018 d'une restructuration politique en cours sur la base de l'implication réciproque entre pouvoir d'État et mouvement des Gilets Jaunes

« Suppression de l'ENA, suppression des avantages des anciens présidents de la République, Premiers ministres et ministres, prise en compte du vote blanc, la diminution de 30% du nombre de parlementaires (déjà prévue dans la réforme constitutionnelle) et l'introduction d'une dose de 20% de proportionnelle au lieu des 15% évoqués jusqu'à présent, une plus grande progressivité de l'impôt sur le revenu. Serait également envisagé l'alourdissement de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les gros patrimoines, à défaut de rétablir l’impôt sur la fortune (ISF), etc. »

rien pour déplaire aux tenants des 42 revendications soutenus par Priscillia Ludovsky, qui mérite le titre de conseiller spécial du Shadow Cabinet de l'Élysée

une vengeance évidente des "élites économiques" contre les spécificité de l'administration française, sans toucher à l'État en tant que bras politique et policier du capital : il n'y a pas d'ENA aux USA ni dans la plupart des pays européens...

quant aux fantasmes et analyses saugrenues de l'ultragauche théorique, qu'en dire ? Rien, ils ont tenu leur rôle, Blacks Blocs compris. On a vu ce qu'ils faisaient au temps chauds, on ne les attend pas aux vacances d'été

« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j'en suis fort aise.
Eh bien : dansez maintenant. »


APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... Ob_edef49_la-cigale-et-la-fourmi

En début de semaine prochaine, le président de la République doit annoncer des mesures choc destinées à conclure le Grand débat. Il souhaite faire de cette allocution le tournant de son quinquennat, ébranlé par la crise des Gilets jaunes, 1,5 million le nombre d'électeurs nécessaire pour déclencher un référendum participatif, contre 4,5 millions actuellement.

APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... Grand-debat-que-va-annoncer-emmanuel-macron-20190411-1925-6b22a2-0@1x
Emmanuel Macron va passer son week-end à préparer son intervention censée annoncer les mesures prises par le gouvernement à l’issue du Grand débat. Le chef de l’Etat devrait prendre la parole en début de semaine, et selon les informations de LCI, le président de la République n’a pas encore décidé de la façon dont il s’adressera aux Français et de la forme de son intervention.

Avec des annonces fortes, le chef de l’Etat souhaite faire de cette allocution le moment marquant de sa deuxième partie de quinquennat. Emmanuel Macron est attendu au tournant par des Français qui ne comprendraient pas que leurs revendications ne soient pas écoutées. Il devra donc monter qu’il les a entendus et qu’il a tiré les leçons de la crise des Gilets jaunes. Toutefois, le gouvernement a déjà prévenu qu’il y aurait des déçus.

Suppression des avantages des anciens Présidents
Mais plus qu’un mea culpa du chef de l’Etat, ce sont de vraies mesures qui sont attendues. Si peu d'informations ont fuité sur le contenu de l'intervention d'Emmanuel Macron, une source proche de l'exécutif a soufflé à l'AFP qu'il pourrait annoncer la suppression de l'ENA, école de formation des élites qui concentre les critiques contre la technocratie. L'idée serait de créer un établissement plus ouvert, sur le modèle de l'Ecole de Guerre.

Alors que les Français reprochent souvent aux élus leur train de vie, le chef de l'Etat pourrait annoncer la suppression des avantages des anciens présidents de la République, Premiers ministres et ministres. Après avoir quitté l'Elysée, les Présidents continuer de disposer d'une rémunération et de différents services comme un bureau, un chauffeur et un véhicule, des agents de sécurité.

Sur le plan institutionnel, sont sur la table la prise en compte du vote blanc, la diminution de 30% du nombre de parlementaires (déjà prévue dans la réforme constitutionnelle) et l'introduction d'une dose de 20% de proportionnelle au lieu des 15% évoqués jusqu'à présent. Le gouvernement pourrait choisir d'abaisser à 1,5 million le nombre d'électeurs nécessaire pour déclencher un référendum participatif, contre 4,5 millions actuellement. Régulièrement, des citoyens pourraient être tirés au sort pour réévaluer les lois. Le remplacement des conseillers départementaux et régionaux par des conseillers territoriaux, réforme proposée en son temps par Nicolas Sarkozy, pourrait en outre être lancée.

Alourdissement de l'impôt sur la fortune immobilière
Concernant la fiscalité, l'un des thèmes les plus soumis aux revendications des Français, l'exécutif pourrait annoncer une plus grande progressivité de l'impôt sur le revenu. Serait également envisagé l'alourdissement de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) pour les gros patrimoines, à défaut de rétablir l’impôt sur la fortune (ISF).

Enfin, Emmanuel Macron pourrait décider de l'indexation des petites retraites sur l'inflation, et annoncer que l'Etat pourrait se porter garant des pensions alimentaires en cas de non-versement.  Outre ces mesures, le président de la République devrait également dresser un calendrier pour étaler sa réponse politique à la crise des Gilets jaunes et l'inscrire dans le temps long.

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Message par Florage le Ven 19 Avr - 4:37

Patlotch a écrit:brut de décoffrage car ce ne sont pas ces questions qui me semblent les plus pertinentes pour juger du retournement de l'opinion gagnée par Macron dans la guerre d'influence politique, mais elles sont recoupées par la bonne tenue de la liste d'union de la majorité gouvernementale dans les sondages pour les européennes, et me semblent aller dans le sens de ce qui était prévisible et que j'avais annoncé dès la fin 2018

SONDAGE - Selon l’enquête Odoxa-Dentsu Consulting, les mesures prévues par l’Élysée (impôts, écoles, hôpitaux, RIC local) sont appréciées. D’autres, comme la suppression de l’ENA, beaucoup moins.

La perspective de l’acte XXIII des «gilets jaunes» inquiète les services de police. Les forces de l’ordre craignent que la mobilisation du samedi 20 avril ne se traduise par un regain d’activisme et l’arrivée de black blocs venus de toute l’Europe pour une journée d’actions violentes, baptisée «Ultimatum 2» sur les réseaux sociaux. Si les plus radicaux ne désarment pas, les Français, eux, restent à distance du mouvement. Ils sont 54 % à considérer qu’une trêve s’impose, dans le contexte de l’incendie de Notre-Dame et de l’ambiance d’unité nationale. C’est ce qui ressort de notre enquête Odoxa-Dentsu Consulting pour Franceinfo etLe Figaro. Un sentiment majoritairement partagé chez les sympathisants socialistes, LREM et chez Les Républicains. À l’inverse, près de 7 sympathisants sur 10 de La France insoumise et du Rassemblement national appellent à une poursuite des actions, ce week-end. Mais ils représentent, donc, une minorité.

L’analyse des réseaux sociaux donne une idée de l’onde de choc mondiale créée par les flammes qui ont embrasé Notre-Dame. Les messages d’amitié et de solidarité ont afflué de toute la planète: 5 millions de messages entre le 15 et le 17 avril sont partis des États-Unis, 447.000 du Brésil, 94.000 d’Inde, 68.000 de Russie, etc.

QUESTION : Emmanuel Macron pourrait faire prochainement des annonces à la suite du grand débat. Pour chacune des propositions suivantes, dites-nous si, selon vous, elle répond ou non aux attentes et aux conclusions du grand débat : répond / ne répond pas
- À la suite de l’incendie de Notre-Dame, Emmanuel Macron a décidé de retarder les annonces qu’il avait prévu de faire. Selon vous, a-t-il eu raison ou tort de repousser ces annonces ?  39 % / 61 %
- Une baisse d’impôt pour les personnes payant les premières tranches de l’impôt sur le revenu : 77 /23
- La réindexation sur l’inflation des retraites inférieures à 2 000 € : 74 / 26
- La suspension des fermetures d’écoles et d’hôpitaux jusqu’à la fin du quinquennat : 74 / 26
- L’instauration partielle du référendum d'initiative citoyenne (RIC) uniquement pour les sujets locaux, et un référendum d'initiative partagée qui sera facilité : 59 / 41
- La suppression de l’ENA : 37 / 62
- Ne pas revenir sur la suppression de l’ISF : 23 / 76

QUESTION : Pour chacune des mesures suivantes visant à faire travailler davantage les Français et envisagées par E. Macron et le gouvernement, dites-nous si vous y êtes favorable ou opposé.
- Revenir sur les 35 heures hebdomadaires : 50 % / 49 %
- Reporter l'âge légal de départ à la retraite : 29 /70
- La suppression d'un ou deux jours fériés : 22/ 78

QUESTION : Après l’incendie de Notre-Dame de Paris, estimez-vous que les « gilets jaunes » doivent maintenir leur journée de manifestation prévue ce samedi (46 %) ou bien qu’ils doivent faire une trêve et ne pas manifester ce jour-là ? (54 %)

Dans ce contexte d’émotion internationale, les Français semblent trouver justifié le report de l’allocution présidentielle qui devait avoir lieu, mardi soir - 61 % des sondés disent comprendre cette décision d’Emmanuel Macron. Ils semblent aussi en phase avec les annonces que le président s’apprêtait à dévoiler. C’est ce qui apparaît quand l’institut Odoxa sonde les Français sur ce qu’ils pensent des différentes mesures prévues et qui ont largement fuité dans la presse.

La baisse de l’impôt sur le revenu pour les premières tranches (77 %), la réindexation sur l’inflation des retraites jusqu’à 2000 euros (77 %), la suspension de la fermeture des écoles et des hôpitaux d’ici à la fin du quinquennat (74 %) et l’instauration d’un RIC uniquement pour des sujets locaux et d’un référendum d’initiative partagée assoupli (59 %) sont considérés comme des propositions répondant aux attentes du grand débat.

En revanche, la suppression de l’ENA ne convainc pas: 37 % des Français ne voient pas en quoi la fermeture symbolique de l’école qui produit la haute fonction publique française répondrait au malaise soulevé par les «gilets jaunes». Idem pour le maintien de la suppression de l’ISF: 76 % des personnes interrogées ne sont pas convaincues par cette piste. Même la moitié des sympathisants macronistes reconnaît que cette proposition est décalée par rapport aux conclusions de la grande consultation…

Les inquiétudes sont également nombreuses en ce qui concerne les pistes d’économies possibles. Emmanuel Macron s’apprêtait, selon les fuites, à enclencher une réduction du temps de travail pour financer les baisses d’impôts, mais sans préciser les modalités de cette décision. Mais les cas de figure possible sont connus.

Selon notre enquête, 78 % des sondés sont opposés à la suppression d’un ou de deux jours fériés ; 70 % disent non au report de l’âge légal de départ à la retraite.

En revanche, la baisse de la durée hebdomadaire du travail, les fameuses trente-cinq heures, reste un sujet qui divise. Les sympathisants LR (76 %), LREM (62 %) et RN (52 %) sont pour. Ceux du PS (40 %) et de La France insoumise (39 %) sont contre. Un sujet qui n’en finit pas de cliver depuis vingt ans.

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Message par Florage le Ven 26 Avr - 15:24

6:37, mis à jour (enquête)

MACRON, ÉCOUTE SYMPTOMALE
d'une réponse minimâle Alpha


Patlotch a écrit:quelques mots sur la Conférence de presse de Macron, dont j'ai manqué la première demi-heure, sur 2h30. S'il n'a pas formellement retenu autant de revendications des Gilets Jaunes, l'esprit général est à la continuité de mise en œuvre de son programme présidentiel, à la prise ne compte de ce qui était compatible dans le Grand Débat et le mouvement des GJ, mâtiné d'adaptations de style qui n'ont pas convaincu qu'il avait changé comme il le proclame. Il parle trop, trop longtemps, et s'écoute parler

comparé à de Gaulle, par exemple dans son annonce en 1969 du référendum sur la régionalisation et la réforme du sénat, et de sa démission en cas de refus, ce qu'il fit le lendemain. Petit test, le nombre de fois où il dit "Je" : de Gaulle se voyait comme la France de ses convictions, pour Macron, la France, c'est celle de ses convictions. Macron, exposé d'une heure, de Gaulle, 8 minutes...



il n'empêche que nombre d'annonces - plus concrètes qu'on lui reproche, même si non chiffrées -, vont dans le sens prédit, baisse des impôts, pas touche au patronat, attaque de la Fonction publique à tous les niveaux (Grands Corps, hauts-fonctionnaires, retraite, temps de travail comme pour tout le monde), et que s'il refuse le RIC, il baisse de 4,7 à 1 million le seuil de signature pour un pour le Referendum à l’initiative du peuple (RIP) et veut renforcer au niveau local le droit de pétition. "Au delà d’un certain seuil à définir." Rappelons qu'ont dépassé le million plusieurs pétitions ces dernières années : un million contre la loi travail El Khomry en 2016, plus de deux millions en janvier dernier pour "l'affaire du siècle" contre l’État pour inaction climatique, et, lancée début 2018, la pétition de Priscillia Ludosky contre la hausse des carburants, qui aboutira au mouvement des Gilets jaunes après la ralliement d'Éric Drouet en octobre 2018. Cerise sur l'identité nationale, les mesures anti-migratoires...

pour la bonne bouche, un passage où Macron, répondant à une question sur la poursuite de l'esprit du Grand Débat et de son dialogue direct avec des Français, répond en substance qu'il y a un temps pour tout, et que la « démocratie directe » s'arrête là. Il voulait sans doute parler de "démocratie participative" (on vous écoute...), car la démocratie, d'une façon générale, est un mode majoritaire de représentation pour prendre des décisions, pas pour dialoguer en face à face avec un monarque qui décide de tout, dont se dégage surtout l'impression d'un éternel premier de la classe qui ne reconnaît pas vraiment ses erreurs, mais regrette qu'elles aient été mal interprétées...

impression donc qu'au total, la forme du message contredit grandement son contenu


Sondage Harris Interactive/Epoka avec RTL et LCI

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Message par Florage le Lun 29 Avr - 10:23

Patlotch a écrit:6:07, avec un ajout sur le fait que la réforme de l'administration d'État programmée par Macron ne dérangerait en rien le RN et plus particulièrement Marion Maréchal, qui a créé l'an dernier L’ISSEP, Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement d’enseignement supérieur privé, pour « préparer à exercer des fonctions de direction dans l’entreprise ou les affaires publiques. »... On voit que sur ce terrain comme sur celui de l'immigration, Macron joue habilement (habillement ?) des revendications des Gilets jaunes (Ludosky particulièrement) et de celles de l'extrême-droite...
GRANDS CORPS MALADES POUR ÉTAT BIEN PORTANT
des réformes dans la restructuration des rapports entre État et capital, politique et économie

APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... F11
Patlotch a écrit:parmi les réformes annoncées par Macron lors de sa conférence de presse, une partie concerne la poursuite accélérée de la Réforme de l'État, de l'Administration de haut en bas dont les "Grands Corps" et l'ENA, des carrières des Hauts-Fonctionnaires avec l'accès à cette fonction à la répartition des effectifs et le fonctionnement des services : moins dans les bureaux, plus derrière les guichets

tout ceci ressort de lignes de son programme présidentiel présenté dans son livre de 2017, Révolution. C'est aussi le mot qu'a utilisé François Bayrou affirmant que Les annonces du président constituent «une révolution» pour Bayrou

le machiavélisme de Macron lui fait certes présenter une continuité comme une rupture, puisque pour nous comme pour beaucoup d'observateurs, c'est un "tout change pour que rien ne change" dans la fonction fondamentale de l'État en rapport avec le "système", qui n'est pas le "système ENA" mais le capitalisme : la France est le seul pays au monde a disposer d'une telle école de sélection de ses hauts-fonctionnaires, et les résultats sociaux-économiques sont globalement les mêmes dans tous les pays au développement comparable, y compris les plus libéraux dont s'inspirent ces réformes promouvant la mise en place d'un "spoil system" de gouvernance, à quoi correspond la personnalisation encore accrue du pouvoir présidentiel, et son modèle plus kennedyen que gaulliste :

La Kennedy School de Harvard, laboratoire de la macronie, François Krug Le Monde, 26 avril 2019

Membres du gouvernement, députés ou proches du président ont tous la même petite ligne sur leur CV, un passage à la « HKS ».

Le 20 janvier 1961, John Kennedy prête serment. Le nouveau président américain prononce pour l’occasion un de ses discours les plus fameux : « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays. » La formule aura du succès dans le monde entier.

Dans le Massachusetts, la terre de JFK, elle deviendra la devise officielle d’une des plus prestigieuses institutions de l’université Harvard : la Graduate School of Public Administration, fondée en 1936 et connue justement aujourd’hui sous le nom de John F. Kennedy School of Government.

Près de 1 100 étudiants, américains et étrangers, y sont accueillis chaque année pour apprendre à gouverner le monde, diriger des entreprises, mener des ONG, dans une approche vendue comme réaliste et libérée des idéologies à l’ancienne. Sur les bâtiments en brique et en verre du campus, l’omniprésente devise « Ask what you can do » doit venir leur rappeler ce pour quoi ils sont là.
[...]
Amélie de Montchalin, promotion 2014, ancienne élève de la Harvard Kennedy School, a rejoint au gouvernement une autre diplômée, Brune Poirson, promotion 2017, aujourd’hui secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique. Jusqu’à ce remaniement, une camarade de promo de Montchalin siégeait aussi à l’Assemblée nationale : la députée de Paris Delphine O, suppléante de Mounir Mahjoubi, depuis que celui-ci était au gouvernement.

Des Français formés à la Harvard Kennedy School, on en croise d’autres à LRM, comme Astrid Panosyan, promo 1998, membre du bureau exécutif du parti, ou évoluant non loin d’Emmanuel Macron, comme Guillaume Liegey, promo 2010, cofondateur d’une start-up dont les algorithmes et les statistiques l’ont aidé à remporter la présidentielle.

[...]

Nathalie Loiseau, tête de liste LREM aux élections européennes a dirigé l'ENA et se dit "soulagée" de sa suppression :  « Je sais ce que j’ai pu faire pendant cinq ans à essayer de réformer cette école, il y a des choses que j’ai réussies, dont je suis fière, mais je sais aussi les limites auxquelles je me suis heurtée... le manque de diversité [dans] l’origine, qu’elle soit sociale, qu’elle soit géographique, qu’elle soit culturelle... »

j'ai souvent rappelé que la réforme des finances publiques intervenue en 2001 (La loi organique relative aux lois de finances, Lolf) faisait tomber des principes remontant au Code Napoléon et modifiait en profondeur la gestion de l'État. Ce qui se passe va plus loin encore, ne serait qu'avec le symbole de la suppression des Grands Corps de l'État dont certains furent créés avant la Révolution française. L'exemple des Ponts et Chaussées que j'ai bien connu, puisque j'en organisais les concours d'entrée

Dès 1669, Colbert crée un corps de commissaire des ponts et chaussées [...] Le corps des ponts et chaussées est fondé en 1716 par le Régent, et un arrêt du conseil du roi décide le 14 février 1747 de la mise en place d'une formation spécifique des ingénieurs d'État, l'École royale des ponts et chaussées, fondement de la future École nationale des ponts et chaussées, mise en place par Daniel-Charles Trudaine. Il s'agit alors du début du contrôle progressif et efficace par l'État de la construction des routes, ponts et canaux et de la formation des ingénieurs du génie civil pour l'aménagement du territoire. Auparavant, seigneurs, guildes et ordres monastiques partageaient avec l'État cette compétence et le recrutement des techniciens se faisait au coup par coup. En 1775, l'École prend le nom actuel d'École nationale des ponts et chaussées. [...] L'accroissement des prérogatives des ingénieurs des ponts et chaussées, portant progressivement sur tout projet d'aménagement du territoire, entraîna l'apparition lors de la Révolution française de critiques à l'encontre d'une politique perçue comme étant autoritaire. Parallèlement fut créée l'École polytechnique en 1794, pour rehausser le niveau d'entrée des élèves de l'École nationale des ponts et chaussées comme des autres écoles scientifiques supérieures de l'époque.

En 2009 le corps des ingénieurs des ponts et chaussées fusionne avec le corps des ingénieurs du génie rural et des eaux et des forêts pour former le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts (ou IPEF). Peu avant sa disparition, le corps des ingénieurs des ponts et chaussées avait acquis une nouvelle dimension grâce à la fusion en 2002 avec les corps des ingénieurs de l'aviation civile, des ingénieurs de la météorologie, et des ingénieurs géographes. Ses métiers couvraient une palette très large autour de l’aménagement sous toutes ses formes, qu’elles se rapportent à l’urbanisme, à la construction, aux transports et la sécurité routière, à l’énergie ou à l’environnement et qu’elles relèvent de la conception, du financement, de la réalisation ou de l’exploitation de projets et d’ouvrages de toutes natures.

À ces missions, il fallait aussi ajouter celles qui correspondent à la nature « interministérielle » du corps et qui, de façon progressive et significative le conduisaient à exercer dans de nombreux domaines de l'action publique.

d'une façon plus générale :
Que sont les «grands corps de l’État» que Macron veut supprimer ?

Louis Heidsieck, Le Figaro Étudiant  26/04/2019
Au cours de sa conférence de presse, le président a annoncé vouloir mettre un terme à ces «grands corps» qui accueillent et forment les hauts fonctionnaires issus principalement de l’ENA, Polytechnique et l’ENS . Une vraie révolution.

«Je pense que nous avons besoin de services d’excellence, de filières d’excellence. Nous n’avons plus besoin de protections à vie, elles ne correspondent plus à la capacité à attirer les talents et même à les garder.» Emmanuel Macron a frappé fort sur la table des «grands corps de l’État», lors de sa conférence de presse où il faisait le bilan du grand débat national, ce jeudi 25 avril.

Ces «grands corps» en péril sont aujourd’hui divisés en deux catégories. D’abord les «corps administratifs», dans lesquels sont principalement intégrés des élèves de l’ENA et qui destinent à des postes de hauts fonctionnaires dans les institutions publiques comme la Cour des comptes, le Conseil d’État ou l’Inspection générale des finances. Ensuite les «grands corps techniques», qui accueillent majoritairement des diplômés de Polytechnique ou de l’ENS et qui forment des fonctionnaires ingénieurs en aménagement du territoire ou en télécommunication, mais aussi les futurs administrateurs et statisticiens à l’Insee, et à plus long terme les futurs responsables d’entreprises publiques (SNCF, Engie...).

Les grands corps techniques
Emmanuel Macron, lui-même énarque, ne veut donc plus du népotisme et des privilèges réservés aux Hauts fonctionnaires. Mais quels sont-ils, au juste, ces avantages? «Il y a beaucoup de dérives de l’imagination, alors qu’en réalité on est surtout des travailleurs» commence Jean Pilat, le président du groupe des associations de la haute fonction publique, ancien élève de l’école Polytechnique et du «corps des ponts» qui reste attaché au système actuel. «Les corps techniques sont composés de jeunes diplômés provenant de formations traditionnelles, en très grande majorité de l’ENS et de Polytechnique, explique-t-il. En rentrant dans un ‘corps technique’, on intègre de facto une école d’application pour deux ans, durant lesquels on se forme aux métiers de la télécommunication, de l’aménagement du territoire, des statistiques...»

Ces formations pratiques se font dans quelques écoles d’application bien ciblées: l’école des Mines ParisTech, qui accueille le corps des Mines -le plus prestigieux d’entre tous créé en 1794-, forme des hauts foncionnaires ingénieurs dans les domaines de l’industrie, de la communication ou des matières premières. L’école des Ponts et Chaussées forme les spécialistes du climat, du développement durable de l’aménagement des territoires ou de l’alimentation, et l’Ensae ParisTech forme les administrateurs de l’Insee. Et une fois qu’ils ont terminé l’école d’application, ces hauts fonctionnaires -comme tous les autres fonctionnaires- dispoent d’un emploi à vie.

Pour rentrer dans ces écoles d’application qui assurent aux élèves fonctionnaires des «postes suprêmes et garantis», selon les mots du président, les élèves de Polytechnique et de l’ENS doivent faire partie de «la botte», les élèves de haut de classement susceptibles d’intégrer un corps prestigieux. «Nous avons un cursus en quatre ans, explique-t-on du côté de l’école Polytechnique. Mais au bout de trois ans, on a un classement de sortie, et sur la base de ce classement, les élèves ont la possibilité de candidater à un corps de l’état.» Traditionnellement -il y a des exceptions-, les meilleurs élèves se dirigent vers le corps des Mines (une petite quinzaine par an), puis celui des Ponts (8 à 15 par an), en enfin ceux des administrateurs de l’Insee (dix par an) et des ingénieurs de l’armement (une vingtaine).

Les grands corps administratifs
Pour les grands corps administratifs, c’est à peu près le même principe. Très majoritairement issus de l’ENA, ces jeunes fonctionnaires se destinent à des fonctions au conseil d’État, à la Cour des Comptes, à l’inspection générale des finances, à l’inspection générale de l’administration et à l’inspection générale des affaires sociales (entre 4 et 5 places pour chacun, selon leurs besoins chaque année). Les admissions sont également régies par le système de «botte», très majoritairement à l’ENA. Mais contrairement aux corps techniques, ces corps administratifs n’incluent pas d’écoles d’application, puisque c’est l’ENA qui joue ce rôle. D’où des profils assez similaires pour tous les hauts fonctionnaires qui rentrent dans ces institutions, similarité largement pointée du doigt par Emmanuel Macron dans sa volonté de supprimer l’école.

«La perception de jeunes marquis sortis de l’ENA qui dirigent les institutions publiques à 28 ans est complètement fausse, défend pourtant un magistrat de la Cour des Comptes lui-même passé par l’ENA. D’abord cette sélection parmi ‘la botte’ de l’ENA ne s’applique pas pour tous les hauts fonctionnaires: les conseillers-maîtres à la cour des comptes, par exemple, sont pour partie désignés à la discrétion du gouvernement, qui choisit précisément qui il veut. Ensuite un jeune juge de la cour des comptes, à 28 ans, ne prononce aucun jugement, il donne un avis. Ce sont les conseillers-maîtres, au moins quarantenaires, qui détiennent les vrais pouvoirs.»

Quoiqu’il advienne, qu’ils soient issus de l’ENA ou de Polytechnique, les hauts fonctionnaires sont obligés de travailler dix ans dans la fonction publique en contrepartie de leur formation rémunérée par l’Etat. Dans le cas inverse, ils paient la «pantoufle», leur dette à l’état. Celle-ci est de 50% du traitement net perçu dans la dernière année -montant dégressif avec les années- pour les énarques, et elle est fixée à 45 000 euros pour les Polytechniciens, qui disposent d’ailleurs de quelques astuces pour ne pas la payer».


Quelle suite ?
Si la suppression de l’ENA a été confirmée par le président ce jeudi soir, celle des grands corps d’État apportera selon toute vraisemblance son lot de chamboulements majeurs. «La fin des grands corps, c’est une petite révolution dans l’architecture de la haute fonction publique, explique Daniel Keller, le président de l’association des anciens élèves de l’ENA et membre du Conseil économique, social et environnemental. Il y a toujours du bon et du moins bon dans une révolution, mais l’interprétation que j’en fais, c’est qu’Emmanuel Macron souhaite que les jeunes diplômés aillent faire leurs armes dans l’administration pure et dure, principalement les ministères, plutôt que dans les fonctions supports d’inspection et de juridiction que sont le Conseil d’État et la cour des Comptes. C’est finalement assez logique: quand vous arrivez dans une entreprise, vous n’êtes pas directement à la direction ou en audit, vous passez par le terrain.»

Daniel Keller reconnaît «ne pas savoir comment les choses vont évoluer exactement» mais verrait d’un bon œil une intégration de ces fonctionnaires dans les fonctions supports après une dizaine d’années dans l’administration, ce qui «permettrait de ne pas orienter les hauts fonctionnaires uniquement en fonction du classement d’un jour, mais en fonction de leur expérience, leurs compétences et leur connaissance du terrain.»

Autre bouleversement, par ricochet, le fonctionnement de certaines écoles. Polytechnique, qui ne peut se prononcer sur le sujet en attendant de plus amples informations du gouvernement, se verrait par exemple obligée de revoir son mode de fonctionnement, et notamment ces deux cursus, en 3 et 4 ans, conçus pour intégrer la haute fonction publique. Un autre effet concernera la «pantoufle». Si les Polytechniciens ne sont plus poussés vers le secteur public et irriguent massivement le privé, qui paiera pour leurs études?
on peut imaginer que cette nouvelle forme de recrutement des hauts-fonctionnaires, qui correspond à la reprise et à l'élargissement du recrutement de contractuels à l'ensemble des catégories des trois Fonctions publiques (d'État, territoriale, hospitalière) ne dérange en rien, entre autres, Marion Maréchal qui a pris les devants en créant en 2018, à Lyon, L’ISSEP, Institut de sciences sociales, économiques et politiques, établissement d’enseignement supérieur privé,  pour « préparer à exercer des fonctions de direction dans l’entreprise ou les affaires publiques. », et pas davantage Jordan Bardela, tête de liste du RN aux européennes, qui, à la question du Point : « Êtes-vous d'accord avec l'idée d'Emmanuel Macron de supprimer l'ENA ? répondait : « Oui, j'y suis plutôt favorable. C'est l'école des élites européistes », ce qui est évidemment à côté du sujet, puisqu'on voit mal pourquoi et comment les hauts-fonctionnaires rêvés par Macron le seraient moins

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Message par Florage le Sam 11 Mai - 5:00


RIP LE RIC, mais...

APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... Les-nouvelles-enquetes-de-ric-hochet-1r-i-p-ric
Patlotch a écrit:j'ai modifié le titre du sujet, sans quoi on est toujours en retard d'un train sur ce qui se passe. Le "Grand Débat", c'est du passé, mais sur la table rase le pouvoir construit son Église avec les pierres jetées par les Gilets jaunes comme des cailloux dans ses grandes pompes en marche. On savait que le RIC c'était du flan démocratique, mais force est de constater qu'après quelques contorsions sur le principe et les modalités allégées pour une référendum citoyen, les feux éteints de Notre-Dame, le gouvernement n'est pas très chaud. Dernier épisode
Après le feu vert accordé par le Conseil constitutionnel au projet de référendum d'initiative partagée sur la privatisation d'ADP, le Premier ministre redoute une "situation dangereuse pour la conduite de l'action publique", a fait savoir son entourage.
Le Premier ministre Edouard Philippe redoute une "situation dangereuse pour la conduite de l'action publique" avec l'avancée du projet de référendum d'initiative partagée (RIP) déclenché par les oppositions contre la privatisation d'Aéroports de Paris, a indiqué son entourage ce vendredi

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Le Conseil constitutionnel a donné son feu vert jeudi à la proposition de RIP soutenue par plusieurs partis d'opposition (LR, PS, PCF...). La Constitution empêche explicitement d'abroger par RIP une disposition législative promulguée depuis moins d'un an, mais la loi Pacte qui autorise la privatisation d'ADP n'avait pas encore été promulguée au moment de l'initiative de l'opposition.

Pour Edouard Philippe, "la manœuvre des oppositions pose un vrai et grave problème démocratique", selon son entourage, au-delà du cas particulier d'ADP, avec la perspective de référendums sur des textes à peine adoptés. "Si à chaque fois que la majorité vote une loi, 185 parlementaires peuvent retarder son application de plus de 9 mois, cela créerait une situation dangereuse pour la conduite de l'action publique", déplore-t-on à Matignon.

"Nous ne sommes pas pressés"

Après la décision du Conseil Constitutionnel, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé qu'aucune décision sur la privatisation ne serait prise durant la procédure du RIP. "Nous ne sommes pas pressés et Bruno Le Maire a eu raison de dire que s'il faut attendre quelques mois pour procéder à cette opération dans la sérénité, nous attendrons", a abondé l'entourage d'Edouard Philippe.

Ce feu vert des "Sages" n'est cependant pas suffisant pour autoriser la consultation des Français. La prochaine étape sera pour les initiateurs du RIP de recueillir en neuf mois, par voie électronique, l'approbation d'au moins 10% du corps électoral, soit plus de 4,7 millions de personnes.

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Message par Florage le Lun 13 Mai - 11:52


MACRON A-T-IL GAGNÉ LA GUERRE
DU CAPITALISME FRANÇAIS ?
Patlotch a écrit:ainsi donc, Patlotch ferait de la politique comme un vulgaire outre-gauchiste communisateur chez Médiapart ? Que nenni, je n'oublie pas notre fonds de commerce, pris au pied de la lettre et j'apprends, sans surprise, que : « L'économie tricolore n'a pas été affectée par le mouvement des gilets jaunes »...

"La France désormais plus attractive que la Chine pour les investisseurs étrangers"
BFMTV


Investissements : la France fait son entrée parmi les 5 pays les plus attractifs du monde
Raphael Bloch, Les Échos, 13 mais 2019

La France intègre pour la première fois le « Top 5 » du classement annuel du cabinet de conseil américain A.T. Kearney. L'économie tricolore n'a pas été « affectée par le mouvement des gilets jaunes », note-t-il. Les Etats-Unis, eux, dominent toujours largement le classement.


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Lionel Bonaventure/AFP
Selon le cabinet A.T. Kearney, la France « reste compétitive » parmi les économies développées

L'« effet Macron » continue visiblement de produire ses effets auprès des investisseurs étrangers . Selon A.T. Kearney, la France a progressé dans la hiérarchie des pays les plus attractifs de la planète, intégrant pour la première fois cette année le « Top 5 » du classement du cabinet américain.

La confiance dans l'économie française, qui « a fortement augmenté depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017 », n'a pas été « affectée par le mouvement des gilets jaunes », note le cabinet de conseil. Selon lui, la France « reste compétitive » parmi les économies développées.

Les Etats-Unis, encore et toujours leaders
La France reste toutefois encore loin de la tête du classement, occupée pour la septième année consécutive par les Etats-Unis. La première économie mondiale bénéficie notamment de « son vaste marché domestique » , de sa « fiscalité compétitive » et de ses « capacités technologiques », souligne A.T. Kearney.

Arrivent ensuite l'Allemagne, le Canada et le Royaume-Uni , qui conserve sa quatrième place malgré la perspective du Brexit. La Chine, qui avait occupé la tête de ce classement entre 2002 et 2012, tombe pour sa part à la septième place. Soit son plus bas classement depuis la création de cet indice voilà 20 ans.

Parmi les explications avancées figurent le « ralentissement de la demande intérieure », le « recul des exportations », les « inquiétudes croissantes sur le niveau d'endettement des entreprises chinoises » et « l'impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis ».

Les relations commerciales entre Pékin et Washington toujours plus incertaines
Au total, « 22 des 25 premières places sont occupées par des pays développés », souligne A.T. Kearney. Une situation qui tient, selon le cabinet de conseil, à l'importance accordée par les investisseurs à la question « de la gouvernance et de la régulation ».


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Message par Florage le Jeu 23 Mai - 9:30


du 21 mai, complété d'un exemple concret d'application envisagée la réforme de l'État/réorganisation de l'administration (article dessous), dans "mon" département, dont je suis nordiste


ON N'ARRÊTE PAS UNE "RÉVOLUTION" EN MARCHE

Un projet de circulaire invitant à une profonde réorganisation des services déconcentrés de l'Etat, qui a fuité dans des organisations syndicales, prévoit notamment de regrouper au niveau régional les Direccte (directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) et les DRJSCS (directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale), et, au niveau départemental, de regrouper les compétences en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion des DDCS  (Directions départementales de la cohésion sociale) et des DRDJSCS avec les unités départementales des Direccte, dans un nouveau réseau qui serait baptisé Direction départementale de l’insertion et de la cohésion sociale (DDICS). Au sein de cette entité, l’inspection du travail conserverait son système actuel d’organisation de la ligne hiérarchique. La gestion de la main d’œuvre étrangère, en revanche, serait désormais confiée aux services de la préfecture, changeant ainsi de tutelle ministérielle pour passer du ministère du Travail à celui de l’Intérieur. En termes de moyens, l’un des enjeux est de développer les mutualisations en créant, au niveau départemental, des secrétariats généraux communs aux préfectures et directions départementales interministérielles. Le projet de réorganisation doit aussi s’appuyer sur un certain nombre d’opérations immobilières.

Dans le Val-de-Marne, les agents de l’unité départementale de la Direccte, qui compte 110 collaborateurs dont environ une cinquantaine d’inspecteurs, s’inquiètent fortement de cette évolution et une trentaine d’agents se sont rassemblés en AG dès ce lundi 20 mai à l’appel de la CFDT, de la CGT et de l’UNSA, inquiets d’une suppression des services déconcentrés du ministère du travail. Ce mardi 21 mai, le mouvement s’est concrétisé par la venue d’une délégation auprès de la direction départementale.

« Plusieurs menaces se précisent, évoquent les syndicats. Les missions du pôle 3E (économie, emploi, entreprises) seront absorbées dans une future direction interministérielle en charge de l’insertion et de la cohésion sociale, sans garantie sur la pérennité des postes des agent.es. C’est le lien entre les missions «emploi» et «travail» qui est ainsi brisé. Les agent.es en charge de la main d’oeuvre étrangère seront transféré.es à la préfecture du Val-de-Marne, livrant ainsi les travailleurs et travailleuses étranger.es aux politiques répressives du ministère de l’intérieur. Les agent.es des moyens généraux seront mutualisé.es dans la préfecture, sans prise en compte des spécificités du ministère du travail, et notamment des moyens nécessaires au contrôle des entreprises et au respect de leur indépendance. »


Les agents, qui exigent de la direction la mise en place d’une cellule de crise pour être tenus informés des futurs changements organisationnels, entendent désormais mobiliser.

« Nous allons nous rapprocher de nos collègues de la Direction départementale de la cohésion sociale qui compte une soixantaine d’agents et doit fusionner avec la nôtre. Nous prévoyons une AG commune. Nous fêtons les 100 ans de l’Organisation internationale du travail cette année, c’est l’occasion de rappeler cet anniversaire »,
prévient un militant CGT du ministère du Travail.


L’exécutif prépare une série de mesures de réorganisation de l’administration d’Etat, selon deux projets de circulaires du Premier ministre Edouard Philippe.
Patlotch a écrit:en 40 ans de non-titulariat en administration centrale de la Fonction publique d'État, je n'ai cessé d'entendre parler et de voir appliquer une "réforme de l'État" après l'autre, comme quoi ce ne sont pas qu'Arlésiennes. Le gouvernement aurait bien tord de se priver, y compris de claironner ses mesures à une semaine d'élections qui ne semblent pas l'affoler, et l'on constate, dans la logique de la restructuration politique accélérée grâce au mouvement des Gilets Jaunes, que certaines mesures ne sont pas sans reprendre de leurs revendications, notamment celles de l'entrepreneuse en cosmétiques Priscillia Ludosky, dont elle a suggéré le bon usage pour dégraisser la haute Fonction publique...

les mesures évoquées n'ont rien d'originales, mais c'est dans les vieilles marmites que l'État du capitalisme prépare l'avenir. Fait pas un temps à être fonctionnaire, m'enfin, ça durera tant qu'ils ne seront pas traités plus mal que les autres des dites "couches moyennes"
APRÈS c'est MAINTENANT : suite du GRAND DÉBAT, grand blabla démocratique... Le-gouvernement-veut-notamment-s-attaquer-au-nombre-trop-eleve-des-diverses-structures-de-l-administration-centrale
Le gouvernement veut notamment s'attaquer au nombre trop élevé
des diverses structures de l'administration centrale.
 DEQUIER LOÏC ARCHIVES
Des services transférés en région, chasse aux "doublons", suppression ou fusion des structures administratives de moins de 100 personnes… L’exécutif prépare une série de mesures de réorganisation de l’administration d’Etat, selon deux projets de circulaires du Premier ministre Edouard Philippe.

Ces "documents de travail" (l’un destiné aux membres du gouvernement, l’autre aux préfets) n’ont pas encore été envoyés, a souligné Matignon. Ils visent pour l’essentiel à finaliser des mesures pour la mi-juin. Selon ces lettres, le gouvernement veut notamment s’attaquer au nombre trop élevé des diverses structures de l’administration centrale (les sièges des grandes administrations, généralement basés à Paris), en l’occurrence les quelque 1 200 opérateurs et agences dépendant des ministères.

Délocalisation d’administrations
"La multiplicité de ces structures, qui comptent pour certaines un très faible nombre d’agents, nuit à la lisibilité et à la cohérence des missions des administrations centrales", écrit Edouard Philippe, qui vise notamment les structures de moins de 100 emplois équivalent temps-plein. Il demande à ses ministres de lui présenter des propositions de suppression ou de fusion de ces petits organismes divers "pour le 15 juin".

Autre mesure préparée par Matignon : des "délocalisations" d’administrations depuis la région parisienne vers les régions et les petites villes, une piste que le gouvernement avait accéléré du fait de la crise des gilets jaunes et ses nombreuses alarmes sur la fracture territoriale.

Les ministres doivent identifier, là aussi pour mi-juin, deux "propositions de délocalisation de services, agences, opérateurs ou direction support dont les missions pourraient être exercées en région". Ils sont par ailleurs appelés "au traitement des nombreux cas de doublons qui subsistent encore", notamment au sommet des administrations.

Un maximum de "déconcentration"
Ces mesures seraient accompagnées d’une injonction d’un maximum de "déconcentration", et plus précisément de mettre un maximum de fonctionnaires des administrations d’Etat "au niveau départemental", voire infra-départemental, "afin de renforcer les marges de manœuvre d’agents de terrain". Edouard Philippe appelle aussi ses ministres à limiter les arbitrages remontant à Matignon, ainsi qu’à réduire le nombre de circulaires émises par l’administration (1 300 en 2018), une communication interne jugée largement obsolète.

Le Premier ministre demande également aux préfets un travail pour "désenchevêtrer" les missions de l’Etat et celles des collectivités locales. Quatre domaines sont prioritaires : développement économique, urbanisme, famille et enfance, culture. Le gouvernement veut notamment faire émerger "un véritable service public de l’insertion", où l’Etat "réaffirme" son rôle en matière d’hébergement d’urgence, de logement, d’accueil des migrants ou de politique de la ville.

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