SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale

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CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Empty CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale

Message par Florage le Ven 19 Avr - 3:58


ANALYSE SYMPTOMALE D'UN ÉVÉNEMENT HYSTÉRIQUE
(comme Saint-Thomas je ne crois que ce que je vois)
Patlotch a écrit:ce qui se passe avec l'incendie qui a détruit partiellement Notre-Dame de Paris et les réactions hors normes, énormes, qu'il a suscitées me paraît être le miroir du moment. Capitale serait à prendre ici au sens de capitalisme, mais plus largement, capital historique, social, sociétal et culturel accumulé durant des siècles de croyances religieuses ou pas, et qui me paraissent ressortir d'un coup dans les flammes et leur fumée : il n'y a pas de fumée sans feux

en faisant par le titre de ce sujet allusion au premier recueil de Paul Éluard, Capitale de la douleur, une centaine de poèmes écrits de 1914 à 1926, entre 16 et 21 ans, je retiens aussi le dernier, pour son au-delà de ce qu'y a mis le poète ; ces gens-là sont toujours quelque peu voyants, et il se trouve que ses confrères voyait en ce jeune Éluard un nouveau Rimbaud...


Éluard a écrit:Le miroir du moment

Il dissipe le jour,
Il montre aux hommes les images déliées de l'apparence,
Il enlève aux hommes la possibilité de se distraire.
Il est dur comme la pierre,
la pierre informe,
La pierre du mouvement et de la vue,
Et son éclat est tel que toutes les armures, tous les masques en sont faussés.
Ce que la main a pris dédaigne même de prendre la forme de la main,
Ce qui a été compris n'existe plus,
L'oiseau s'est confondu avec le vent,
Le ciel avec sa vérité,
L'homme avec sa réalité.

il importe aussi de savoir que le titre originel prévu était "L'art d'être malheureux", auquel au dernier moment Eluard substitua celui plus poétique de "Capitale de la douleur". Si la douleur ressentie et criée par tous les chemins médiatiques possibles est bien réelle, elle ne va pas sans récupérations d'opportunité, ni surtout sans fondements profonds dans la conscience et l'inconscient de ceux et celles qui la ressentent et l'expriment, ou non, par des moyens aussi divers que la prière, le rassemblement, la parole libérée sur les réseaux sociaux, et les dons en argent de 1 € à des centaines de millions d'€ ou de $, le plus spectaculaire n'étant peut-être pas les fortes sommes des milliardaires, prévisibles, mais les millions (!) de donateurs, 20 à 25% de la population française, dit-on...

je ne cultiverai pas l'art d'être malheureux ni de l'effondrement de la charpente sacrée, sacrée charpente, ni de mon triste constat, mais si je le suis malgré moi, c'est bien plutôt de ce déluge de folie humaine qui me semble être le miroir d'un moment idéologique annonciateur de temps mauvais, comme Verlaine disait du vent mauvais, qui nous emporte dieu sait où... Ce n'est pas davantage que je tienne particulièrement à cultiver ma singularité devant tout ce qui se passe, mais enfin c'est comme ça, je ne le ressens ni ne le pense comme la plupart des autres qui en parlent. Après tout, si ce n'était pas le cas, je n'aurais aucune raison d'ajouter ma voix au chœur des pleureuses et des cloches qui sonnent, sonnent, sonnent, sur les chemins qui tous ne mènent pas à Rome. Il est des jours où oui je le pense, l'enfer c'est les autres, et je n'ai pas envie d'y brûler. Alors je l'écris, je le crie à voix basse, sans messe ni messie, sans dieu ni maître, sans illusion sur mon dérisoire

je regroupe mes premières réactions sur Tweeter et billets d'ici, avant de revenir sur les réactions de tous ordres, politiques, religieuses, françaises ou étrangères, massives ou individuelles, populaires ou savantes,... car elles me semblent dessiner les contours de l'idéologie en marche, pour le pire bien plus que le meilleur que certain.e.s dans tous les "camps" espèrent en tirer. L'événement prend à chaud une valeur historique, et le jeu de mot sur hystérique n'est pas de trop pour qualifier le flagrant délire auquel nous assistons, dans lequel les religieux ne sont pas les plus fous, après tout, c'est leur fonction, mais quand le Pape lui-même se contente pratiquement de remercier les pompiers de Paris, comment interpréter la cohorte de ceux et celles qui ont voulu voir dans l'événement un signe (Brigitte Macron : « C'est un message qu'elle [la cathédrale] nous envoie. Je le sais, je suis rentrée. Il y a quelque chose qu'elle nous dit, le tout c'est de l'entendre ».)

ci-dessous à rebours de la publication

18 avril 2019
DE QUELLE IDENTITÉ NOTRE-DAME FUT-ELLE LE SYMBOLE ?
Patlotch a écrit:si "les masses" doivent participer à l'émancipation de chacun ou chacune qui les compose, ce n'est très certainement pas par des réflexes pavloviens tels qu'on en observe chaque fois qu'elles se mettent en mouvement plus souvent pour le pire que le meilleur. Et quand l'émotion se mêle à l'identité supposée faite par l'histoire et la religion y compris celle de la nation, il n'y a rien à attendre de bon de chacun et chacune composant cette masse, qui certes fait l'histoire au présent, mais dans les bras des puissants qui n'ont alors qu'à se baisser pour les ras-masser dans le sens du poil. C'est ce qu'a fait Macron avec les foules plus promptes à s'émouvoir pour Notre-Dame que pour n'importe quel véritable drame humain de notre époque

on peut aussi s'interroger sur ce que déclenche cet édifice-là, français, européen, occidental chrétien... précisément comme aucun autre dans le monde : qui a décidé de leur plus grande valeur symbolique, ou plutôt l'histoire de quelle domination du monde et par qui l'a-t-elle rendu possible ? N'est-ce pas lors des Croisades en Orient contre les Musulmans que Louis IX, le futur Saint-Louis, enrichira la France des reliques constituant le trésor de Notre-Dame dont la presse a fait si grand cas ? (Saint Louis, les croisades et le culte des reliques). Je n'ai rien vu à cet égard...


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Saint Louis portant la Sainte Couronne à Notre-Dame de Paris le 19 août 1239.
Gravure par Jules David (1860). Colorisation par Jérôme Dumoux (2012)
. ©️ NDP

PS  : c'est pourquoi je ne partage pas l'avis de Michel Maffesoli chez le philosophe nietzschéen de droite Thibault Isabel, “Notre-Dame, la transcendance immanente”, 16 avril 2019

SERVITUDE VOLONTAIRE :
mais de qui pour quoi ?
Patlotch a écrit:les comportements collectifs ont toujours à voir avec la psychologie des foules (Gustave Le Bon, 1895), et ça commence avec le comportement en groupe. C'est indépendant du contenu de la "cause" et du caractère de classe éventuel, cela s'exprime sous les auspices de la démocratie ou de la so called "auto-organisation", le plus souvent avec des leaders reconnus ou non comme tels, même l'ultragauche spontanéiste a ses grandes gueules manipulatrices, théoriciennes ou activistes. Les exemples abondent de plus ou moins grande ampleur, de l'esprit de parti ou de groupe des militants, des Gilets jaunes aux émeutiers, des élections à la "compassion" pour Notre-Dame, portant toujours des intérêts non dits...



Mais j'ai simplement compris,
Je ne suis qu'un maillon de cette chaîne, oui je l'étais...
Il m'a emmené là où il voulait que je sois
Je n'étais rien d'autre que sa victime,
Il ne m'a pas bien considéré,
Il m'a traité cruellement, bref :

Chaîne chaîne chaîne, chaîne chaîne chaîne
Chaîne chaîne chaîne, chaîne d'esclaves !

Maintenant chaque chaîne, chaque chaîne a un maillon faible
À l'aube d'un jour nouveau
Cette chaîne se brisera
INCENDIE DE NOTRE-DAME :
les grands drames comme révélateurs de la dynamique des groupes

Caroline Diard The Conversation 17 avril 2019
Professeur associé en Management des Ressources Humaines et Droit - Laboratoire Métis - Membre de l'AGRH, École de Management de Normandie – UGEI

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Foule en prière devant Notre-Dame en feu, le 15 avril. ERIC FEFERBERG / AFP

Les événements dramatiques de ces dernières années ont pour point commun de fédérer les individus. Les clivages existants sont comme suspendus, tant la sidération est grande : ce fut le cas pour les attentats de novembre 2015, et plus près de nous, le lundi 15 avril 2019 pour l’incendie de Notre-Dame.
L’idée n’est pas ici de faire une comparaison entre plusieurs événements effroyables, mais tout simplement de constater la réaction des hommes et citoyens que nous sommes. Ces situations de crise, bien que différentes, révèlent les mêmes mécanismes de fonctionnement des groupes. La communication de crise ou encore la gestion de la situation par les personnalités politiques sont des enjeux sociologiques. Tout comme une victoire à la Coupe du monde de football, un événement dramatique tend à resserrer les liens, à cristalliser les émotions et révéler des énergies positives. Des élans de solidarité sont mis en avant. Les comportements sont soudain plus fraternels, moins individualistes.

L’incendie du 15 avril et les réactions qui suivent peuvent s’analyser, dans cette optique, à travers le prisme de plusieurs théories managériales et organisationnelles.

Étape 1 : communication de crise

Dans le cas des attentats de novembre 2015, le président François Hollande est intervenu immédiatement en direct, puis devant le parlement. Dans le cas de l’incendie de Notre-Dame, la situation est tout autre : l’intervention prévue du président Emmanuel Macron est annulée et reportée. Dans les deux cas, il s’agit de réussir un exercice périlleux : la communication de crise.

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Dès le départ de l'incendie, l'exécutif a enclenché une séquence de communication de crise.
Leighton Kille / The Conversation France, CC BY

La relation établie alors entre le chef de l’État (qui représente ici l’autorité) et les citoyens, évoque une théorie souvent mobilisée en psychothérapie : l’analyse transactionnelle. Cette théorie trouve ici une valeur explicative de la relation coconstruite au fil de l’événement et des interventions dans les médias. Cette relation favorise l’acceptation (certes difficile) de l’événement et fédère.

L’analyse transactionnelle est une théorie du comportement social décrite par le psychiatre Eric Berne (1969) reposant sur l’analyse des transactions entre les différents états du Moi passé et présent : Parent (ce que l’on copie sur les figures parentales : norme, appris, système de valeur), Adulte (en réaction à l’immédiat : raison, logique) et Enfant (ce qui est lié à des comportements passés : émotion, ressenti).

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Triangle de Karpman.  Wikpan / Wikimedia Commons

Le chef de l’État se positionne tantôt en Parent, tantôt en Adulte, en s’adressant aux citoyens perçus comme des Enfants. Parmi les jeux décrits par l’analyse transactionnelle, le plus courant est le triangle dramatique. On distingue le persécuteur : il s’agit du rôle de l’attaquant ; le rôle de la victime : il s’agit du rôle de la personne qui subit l’agression du persécuteur ; et le rôle du sauveur : il s’agit du rôle du protecteur, du chevalier blanc. Le triangle dramatique ou tragique a été modélisé par le psychologue Stephen Karpman en 1968 et s’applique à toutes les interactions humaines, qu’elles soient dans le domaine personnel, ou dans le domaine professionnel, en relation d’équipe de travail.

L’autorité de l’État répond ici à un besoin de protection. Ce dernier prend le rôle du sauveur, dans ce cas du patrimoine plutôt que face à un ennemi puisque la piste criminelle ou terroriste semble pour le moment écartée, ce qui favorise le sentiment de sécurité et diminue la peur des individus. C’est ce qui va permettre d’enclencher, ou de renforcer, la dynamique de groupe.

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Emmanuel Macron endosse le rôle de sauveur dans le triangle dramatique décrit par l'analyse transactionnelle.
360b / Shutterstock

Étape 2 : comportement du groupe
Le concept de dynamique des groupes apparaît en 1944 avec le psychologue Kurt Lewin, dont les apports aux théories de la motivation sont bien connus. Cette théorie présente la possibilité d’établir des lois du comportement du groupe et de la relation entre le groupe et les individus qui le composent. L’expérience sociale des individus nécessite leur intégration au sein de différents groupes dont ils partagent les buts, les valeurs et les normes ainsi que l’identité. Ils y établissent des relations comme l’attraction, l’indifférence, ou encore l’empathie.

Justement, en ce soir du 15 avril, cette empathie est fortement perceptible. Une forme de conformisme/mimétisme s’installe alors. Le conformisme au groupe et une forme d’obéissance à une autorité au cœur du comportement qui se mettent en place.

À partir de là, la communication qui s’engage va permettre de fédérer à deux niveaux :

Fédérer autour d’un enjeu sociétal
Il s’agit de construire et de maintenir la cohérence du groupe autour d’un objectif commun. Dans le cas des attentats, il s’est agi de tout mettre en œuvre dans le cadre d’une politique sécuritaire. Dans le cas de l’incendie, il faut fédérer autour de la sauvegarde du patrimoine. C’est là que la solidarité collective s’organise au travers de dons ou de collectes (La Fondation du patrimoine a notamment lancé une collecte dès le lendemain à midi). Ce comportement collectif est très révélateur : mécènes, institutions, collectivités publiques, particuliers… tout le monde se sent concerné par un seul et même but : sauver un patrimoine, représentatif de normes, valeurs, identité du groupe.


@FR_Conversation a écrit:Le financement participatif et la reconstruction de Notre-Dame : les défauts de Quasimodo bit.ly 2Pcl4Tb

Les pressions de conformité renforcées
D’après le psychosociologue Roger Mucchielli (1995), un groupe possède sept caractéristiques psychologiques fondamentales :

- Les interactions
- L’existence de buts collectifs communs ;
- L’émergence de normes ou règles de conduite ;
- L’émergence d’une structure informelle de l’ordre de l’affectivité avec répartition de la sympathie et de l’antipathie, elle est dite informelle car non officielle et souvent non consciente ;
- L’existence d’émotions et de sentiments collectifs communs ;
- L’existence d’un inconscient collectif ;
- L’établissement d’un équilibre interne et d’un système de relations stables avec l’environnement.

Le groupe est soumis à un ensemble de règles informelles définies par ses membres et les pressions de conformité à ce groupe. Le développement de la solidarité conduit à renforcer ces pressions. Les règles de fonctionnement du groupe sont suffisamment fortes pour que la non-conformité conduise au rejet et à l’exclusion. L’individu qui, par son comportement ou ses propos, paraît non conforme risque de devenir un souffre-douleur. C’est le cas au sein de groupe de travail, mais c’est aussi le cas au sein de groupes d’opinion.

Lundi soir, nous avons vu apparaître des discours conformes et unanimes qui convergent vers une identité commune : il faut sauver une part de notre Histoire.
16 avril
NOTRE -DAME D'ÉLANS DE
"COMPASSION"
les cathédrales n'ont à perdre que leur chênes
mais tant que les êtres humains ont envie de conserver leurs chaines...
Patlotch a écrit:un billet que je n'ose pas nommer coup de gueule, j'y perdrais ma dernière lectorate, mais enfin, je ne puis qu'honorer ma réputation d'être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour comme disait Pierre Dac. Ma réaction sur tweeter :
@Patlotch a écrit:GRAND REMPLACEMENT : MACRON CÈDE LA PLACE À DIEU

je ne suis pas insensible aux flammes qui ont détruit partie de Notre-Dame, plutôt allergique au trop c'est trop de larmes pour ce drame, qui n'a fait ni blessé ni mort, mais déclenché une vague inédite d'émotions et de "compassion", terme revenant dans la bouche de politiques et sous la plume de journalistes. Rappelons que compassion vient du latin cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια, sym patheia, sympathie, qui s'adresse à des personnes, non à des murs seraient-ils "sacrés" et représenter l'image de Dieu ou du Christ en croix, comme la photo illustrant cet article le suggère

quant à l'identité de la France, tous ne sont pas Braudel qui doit se retourner dans sa tombe,...

Emmanuel Macron : Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous.
Nicolas Sarkozy : la France est touchée dans sa chair, dans son cœur, dans son identité, dans son histoire.
Laurent Wauquiez : désolation en voyant partir en fumée ce symbole de nos racines chrétiennes, de la littérature de Victor Hugo. C’est toute une part de notre Histoire, de nous-mêmes, qui brûle ce soir.
François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes : Que la classe politique s’émeuve d’une seule voix, c’est légitime et nécessaire, et c’est beau même. [...] L’heure est venue de dépasser nos querelles de clocher. Notre-Dame est le point zéro des routes de France.
Eric Ciotti : une partie de l'identité nationale est détruite.
Nicolas Dupont-Aignan a annoncé suspendre sa campagne et appelé à « l'union sacrée» : Une des symboles de la grandeur de la France et de l'identité de notre peuple...[/i]
Jean-Luc Mélenchon "sidéré" devant un "immense malheur" a appelé à une “pause politique” de 24 heures : La cathédrale de Notre-Dame incarne quelque chose de l'avancée multiséculaire de l'esprit humain (...) Notre-Dame c'était le lieu où les Français se sont retrouvés en toute circonstance quelle que soit leur foi (...) Ce bâtiment est un membre de notre famille à tous.
etc..

difficile à chaud, si j'ose dire, de prendre un parti opposé à l'émotion française et internationale, et risqué de faire des comparaisons avec d'autres "drames" quand ils touchent des êtres humains, ou du moins vivants tels les animaux, les forêts et les plantes, voire d'autres chef-d'œuvres de l'architecture bien plus anciennes, Moyen-Orient par exemple. Quand c'est le résultat des guerres dans la guerre culturelle ou économique opposant États-Nations ou croyants de religions différentes, on en fait pas un pareil plats, sans parler des migrants noyés dans les eaux glacées du calcul égoïste. Même le Vatican, en attendant la parole du Pape, étonnement discret, a fait preuve de plus de retenue...

on l'aura compris, si tous ces gens-là se montrent solidaires de causes qui touchent "les gens" en tant qu'ils sont leurs potentiels électeurs. La véritable pudeur, s'ils souhaitaient une "pause politique", aurait été qu'ils se taisent

dans le concert politique et militant, l'article dans Reporterre plus bas, de l'écologiste Hervé Kempf, nonobstant son parallèle entre « la "forêt" de la charpente constituée de poutres de chênes" », et celles qui brûlent ou son détruite dans le monde, est de la même eau compassionnelle, celle qui éteint mes incendies...

on peut toujours lire ou relire Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, mais pour l'occasion, je conseille un véritable roman historique, us intéressant passa documentation que par son intrigue, encore que Hugo...


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Sous le règne du roi Louis VII, commence la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Un projet ambitieux et pharaonique qui va coûter une fortune et nécessiter des années de travail, de souffrance et d'ingéniosité de la part de ses créateurs, Maître Jean, un visionnaire qui veut construire l'édifice le plus haut de toute la Chrétienté et son élève, Vincent Pasquier, qui aura l'idée d'adjoindre des arc-boutants pour maintenir l'édifice. Problèmes et tribulations ne manqueront pas : arrêt du chantier en hiver, manque de moyens, épidémies et même révolte des ouvriers avec incendie et destructions. Tout dédiés qu'ils soient à leur oeuvre, les deux concepteurs n'en demeurent pas moins des hommes dont les amours vont également se révéler assez chaotiques... Très documenté sur l'époque et les techniques de construction, ce livre présente trois volets ou trois centres d'intérêt principaux : l'historique, et c'est de loin le plus intéressant car le lecteur, qui se retrouve placé au cœur de l'action de ces bâtisseurs de cathédrale, apprendra énormément de choses qu'il ne soupçonne pas en admirant ces grands vaisseaux de pierre bâtis pour l'éternité. Le romantique est déjà un peu plus discutable avec ces amours contrariées et sans doute totalement fictives (Maître Jean amoureux de Sybille devenue lépreuse puis de Clémence et Vincent tiraillé entre Tiphaine, nièce du roi de la Cour des Miracles et Jacoba, la fille du médecin juif de la cour). Le statut des juifs, très variable selon le bon plaisir du roi, occupe lui aussi un bon tiers du volume. Autant Louis VII leur fut favorable, autant son fils, Philippe Auguste, leur fut hostile et les persécuta, officiellement pour se faire bien voir du pape et en réalité pour « leur faire rendre gorge » et financer ainsi les guerres qu'il envisageait de mener. Là encore, le lecteur apprendra beaucoup sur ces fameux banquiers «Lombards » (en réalité juifs d'origine italienne), véritables précurseurs du capitalisme. L'ensemble, bien que fort intéressant, n'en demeure pas moins assez disparate et manque un peu du rythme et du souffle que l'on peut attendre d'un roman historique classique.
De la fragilité du monde
16 avril 2019 Reporterre Hervé Kempf

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L’effroi, la catastrophe, la sidération, la tristesse, une part de nous-même, un trésor mondial... les mots et bien d’autres ont été prononcés, et ils sont justes. L’incendie qui a ravagé le toit de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, lundi 15 avril au soir et dans la nuit, a abîmé gravement bien plus qu’un monument : ce drame qui a frappé un des lieux les plus connus au monde a fait vibrer dans l’âme de millions de personnes un sentiment d’effondrement. Comme si une part du monde s’écroulait, comme si un des piliers de l’univers s’était affaissé, comme si l’ordre qui permet à l’humanité agitée de mille tourments et conflits de tenir tant bien que mal était ébranlé.

C’est bien de cela qu’il est question. Et d’une manière très différente de l’effroi que l’on avait ressenti le 11 septembre 2001, quand les tours du World Trade Center s’étaient écroulées sous le choc d’avions terroristes. Ce qui était en cause, alors, c’était la puissance de la nation la plus forte, assaillie par ses adversaires.

Quand les flammes ont rugi dans les combles obscurs de Notre-Dame-de-Paris, elles ont altéré une trame indicible qui a à voir avec la spiritualité, si l’on entend par ce mot l’acte créateur qui pousse les humains à se dépasser.

Une métaphore pourrait surgir chez celles et de ceux qui ont en permanence la gravité de la crise écologique à l’esprit : cette catastrophe qui frappe si lourdement une œuvre humaine chargée de sens et de puissance d’évocation, elle est un écho de la catastrophe silencieuse qui ravage les forêts et les savanes, les îles et les montagnes, et qui se traduit partout par un massacre insensé de la vie - ce qu’en termes savants on nomme « extinction de la biodiversité ». Le feu est parti dans une charpente constituée de poutres de chênes vieux de plusieurs centaines d’année ; d’un endroit qu’on appelait « la forêt ». Les forêts du monde brûlent aussi en Amazonie, en Indonésie, en Afrique, et d’une manière indirecte chez nous.

Puisse le sentiment de compassion et d’effroi, mais aussi de souci de préserver un trésor commun, jailli au regard de la catastrophe, nourrir notre attention au monde qui nous entoure, et pas seulement les pierres que nous ont léguées nos ancêtres.
15 avril

Censé prononcer un discours ce lundi soir, le chef de l’État a été contraint de reporter sa prise de parole après le dramatique incendie.

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Il a fallu réagir vite. Censé présenter ses réponses au grand débat et tenter de sortir de la crise des «gilets jaunes» lors d’une «adresse à la Nation» ce lundi soir, Emmanuel Macron a été rattrapé par l’actualité dramatique qui frappe actuellement la capitale. «En raison du terrible incendie qui ravage Notre-Dame-de-Paris, le président de la République a décidé de reporter son allocution», a indiqué l’Élysée dans un communiqué, ajoutant que le chef de l’État se rendait sur place. Quelques instants plus tard, Emmanuel Macron a réagi dans un tweet. «Notre-Dame-de-Paris en proie aux flammes. Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous», a-t-il écrit.

@EmmanuelMacron
Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous.

«Soutien et solidarité avec les pompiers de Paris mobilisés pour sauver notre patrimoine commun, au cœur de Paris. Un dispositif exceptionnel a été déployé par la Préfecture de police pour neutraliser ce violent incendie. Je partage l’immense émotion des parisiens. Des Français», a également déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Il a été rejoint par François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire. «Tout mon soutien aux Pompiers de Paris qui luttent contre ce terrible incendie qui ravage la cathédrale Notre-Dame de Paris. Quelle tristesse de voir un des emblèmes de Paris ainsi!», a-t-il tweeté.

Union nationale
L’opposition a unaniment fait part de sa tristesse et de son soutien aux pompiers. L’ancien chef de l’État, François Hollande, a tenu à rappeler sur Twitter que «Notre-Dame est notre patrimoine commun». «C’est une blessure de la voir ainsi ravagée par les flammes. Hommage aux pompiers qui œuvrent pour éteindre l’incendie», a-t-il ajouté.

François Hollande @fhollande
#NotreDame est notre patrimoine commun, c’est une blessure de la voir ainsi ravagée par les flammes. Hommage aux pompiers qui œuvrent pour éteindre l’incendie.

Incendie en cours dans la cathédrale Notre-Dame de Paris
Une intervention des pompiers est en cours dans l’édifice religieux en proie aux flammes peu avant 19 heures, lundi.

Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, s’est dit «bouleversé devant les images au cœur de Paris», «en cette semaine sainte, une immense émotion». «Je suis de tout cœur avec les pompiers qui se battent pour sauver des flammes la cathédrale Notre-Dame, une si belle part de notre identité», a aussi tweeté le président des Républicains, Laurent Wauquiez. «Ce sont des images terribles», a confié Bruno Retailleau au Figaro. «C’est 1000 ans de notre histoire qui est en train de brûler sous nos yeux», a ajouté le président du groupe LR au Sénat. «J’ai le sentiment que c’est notre maison à tous qui brûle sous nos yeux. Notre-Dame-de-Paris comme toute notre civilisation n’appartient pas simplement aux chrétiens. C’est le cœur de la capitale, c’est le cœur de la France», a également déclaré au Figaro, François-Xavier Bellamy, la tête de liste des Républicains aux européennes.

@laurentwauquiez
Ce soir, je suis de tout cœur avec les pompiers qui se battent pour sauver des flammes la cathédrale Notre-Dame, une si belle part de notre identité.

Marine Le Pen a également fait part de son soutien «à nos pompiers valeureux qui luttent pour éteindre l’incendie qui ravage cette merveille de notre patrimoine et de notre culture». «On nous demandait ce que c’était que d’être Français. Et bien voilà: c’est avoir le cœur qui saigne en voyant brûler», a également souligné Jordan Bardella, la tête de liste du RN aux européennes, en tweetant une photo de la cathédrale en feu.

Marine Le Pen @MLP_officiel
Soutien à nos pompiers valeureux qui luttent pour éteindre l’incendie qui ravage cette merveille de notre patrimoine et de notre culture. MLP

Mélenchon réclame «24h de pause politique»
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi fait part de son «immense émotion». «Soutien aux pompiers mobilisés. Pensée pour les fidèles et pour tous ceux qui n’ayant pas la foi sont attachés à ce joyau de notre histoire», a-t-il souligné. Le chef de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a lui déploré un «immense malheur». «L’incendie de Notre-Dame-de-Paris poignarde l’esprit de tous», a-t-il affirmé. Il réclame «24h de pause politique». La tête de liste LFI aux européennes, Manon Aubry, a elle évoqué un «coup immense à notre culture, à notre pays». «Nous sommes de tout cœur avec les pompiers mobilisés sur place», a-t-elle assuré.

@JLMelenchon
#Macron ferait mieux de se taire ce soir. L'incendie de Notre-Dame de Paris poignarde l'esprit de tous. 24h de pause politique serait bienvenue.

«Il faut saisir ce moment terrible pour rassembler les Français. Emmanuel Macron doit lancer une souscription nationale pour la reconstruire»
, a aussi demandé sur Twitter Jean-Christophe Lagarde, le président de l’UDI.


Dernière édition par Florage le Ven 19 Avr - 9:04, édité 3 fois

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CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Empty Re: CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale

Message par Florage le Ven 19 Avr - 15:02

5h29, deux mises à jour dessous, où l'on vérifie le grand retour de L'idéologie Française que j'avais théorisée précisément à partir des attentats de janvier 2015 à Paris autour de "Je suis Charlie", que nous rappelle Causeur avec ceux, des Musulmans, qui "ne sont pas Notre-Dame"

LA CRITIQUE DE L'IDÉOLOGIE EN CAUSE
N'EST PAS CELLE DE LA RELIGION RELIGIEUSE
MAIS FONDAMENTALEMENT CELLE DE L'IDENTITÉ
NATIONALE OU CULTURELLE, OCCIDENTALE
,
ET DE SA CONSTRUCTION HISTORIQUE ET SOCIALE
Patlotch a écrit:me paraît essentiel pour la critique radicale, au sens marxien de prendre les choses à la racine, de considérer ici secondaire la critique de la religion, en l'occurrence chrétienne et catholique,- dont Notre-Dame n'est que partiellement le symbole mondial explicite (s'y trouvent des reliques du Christ et des apôtres...) -, secondaire relativement à celle de l'idéologie massive qui embarque en même temps croyants et non-croyants. Les raisons en ont été formellement décrites, et je ne vais pas m'attarder sur ce que représente cet édifice aux yeux des Français et de millions de personnes dans le monde, via Victor-Hugo et plus encore son adaptation au cinéma en 1956 par Jean Delannoy avec Gina Lollobrigida et Anthony Quinn et plus encore en 1996 par Disney Le Bossu de Notre-Dame

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au demeurant, on n'a pas trop entendu les habituels laïcards gauchistes ressasser leur incompréhension de la dialectique de la formule de Marx "La religion est l'opium du peuple", pourtant clairement exposée par son auteur dans la Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel en 1843. À mon avis, ils ne pouvaient qu'être eux-mêmes sidérés et pris au piège de leurs références historiques, dans lesquelles Hugo même n'est jamais bien loin, même si dans le genre ils ne sont pas allés jusqu'aux déclarations d'amour de Mélenchon qui méditait, "en athée" mais quand même à Notre-Dame, l'échec de Jospin aux présidentielles de 2002...

cette distinction entre religion et idéologie est essentielle car comme je l'ai évoqué, le plus frappant n'est pas le débordement d'expression religieuse, mais précisément laïc au sens de ce qui n'est pas religieux (voir encadré plus bas), ou tout au moins mélange des deux. Essentiel car comme je l'ai maintes fois souligné, pour Marx la critique de la religion était la matrice de la critique des idéologies, aussi matérialistes seraient-elles, et c'est ce qu'il a fait du matérialisme de Feuerbach voulant faire descendre le ciel sur la terre, ce à quoi il n'aura pas échappé lui-même, ni la plupart de ses successeurs, y compris les plus structuralistes, dont le feu sacré n'est pas éteint d'un prolétariat sauveur de tous les maux sur la terre et au ciel, Amen !

Wikipédia a écrit:Un laïc est celui qui ne relève pas du religieux ou des avis privés, notamment dans une société chrétienne. Les personnes qui n'en relèvent pas font partie du laïcat. Dans l'Église catholique, on désigne comme « laïc » les personnes qui, tout en appartenant au sacerdoce commun des fidèles, n'ont pas la responsabilité du sacerdoce ministériel.
Cette simple complémentarité des genres clerc/laïc s'est finalement transformée, avec la loi de séparation des Églises et de l'État survenue en France le 9 décembre 1905, en opposition entre les deux : l'État laïque n'autorise plus aucune influence du religieux sur ses institutions comme l'école publique.
L'adjectif laïque qualifie ce qui n'appartient pas à la sphère religieuse.

la "pause politique" demandée par Mélenchon et Le Pen avant même que Macron ne l'accorde volontiers pour en tirer lui aussi profit n'est pas seulement venue d'en-haut, elle est demandée en-bas, et comme bien souvent, on aurait tort de voir dans la réaction populaire et l'idéologie en général le seul produit de la propagande politique et médiatique

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Francine, 68 ans, hier sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris
pour « l’hommage à Notre-Dame et à celles et ceux qui l’ont sauvée » :
« Au-delà de toutes pensées religieuses, politiques, sociales,
il faut être là, devant la mairie, et devant Notre-Dame, c’est donné à tout le monde et ça ne coûte rien »

9h08
3 heures plus tard, confirmation avec ce sondage tombé ce matin : Notre-Dame : Macron jugé à la hauteur par les Français après l'incendie, selon un sondage

La popularité d'Emmanuel Macron gagne 3 points en avril, dans un contexte marqué pa r l'incendie de Notre-Dame-de-Paris, et son intervention au lendemain du sinistre a été jugée "à la hauteur pas 7 Français sur 10 ayant vu son intervention télévisée au lendemain de l'incendie de Notre-Dame ou entendu des commentaires sur elle. Et 62% d'entre deux l'ont trouvé à la hauteur de l'événement. Avec 32% de bonnes opinions, le chef de l'Etat retrouve son niveau de septembre 2018, avant la crise des "gilets jaunes"...

14h38
le grand retour de l'Idéologie Française
QUAND ON PARLE DU LOUP...

il sort du bois dont on fait Notre-Dame de la douleur et de la couleur françaises, car le loup, en France, c'est l'Autre, et l'Autre c'est le Musulman, ce que deux articles de Causeur coup sur coup nous rappellent, que je livre sans commentaires, puisque suivant ce qui précède leur analyse coule de source :

Notre-Dame ne sera plus jamais Notre-Dame
Les cendres de la cathédrale symbolisent la fin d’un monde
Marie-Victoire Barthélémy, Causeur, 18 avril 2019

Notre-Dame n’était pas seulement une merveille d’architecture, c’était un acte de foi. Vouloir la reconstruire « en cinq ans », comme l’a annoncé Emmanuel Macron, est symptomatique de notre époque qui construit pour construire, sans autre dessein que celui d’être efficace. La fin d’un monde.
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©️NorthJersey.com-USA TODAY NETWOR/SIPA USA
Il y a une affliction profonde, et semble-t-il partagée, devant Notre-Dame en flammes. Il y en avait moins pour prendre sa défense lorsque les Femen la dégradaient en 2013 – relaxées pour cet acte délictuel.

La tragédie du 15 avril interroge ainsi la relation que nous voulons entretenir avec la culture d’un passé que nous congédions souvent volontiers comme archaïque. Sommes-nous donc de simples conservateurs inquiets de bibelots abîmés ?

Il y a des choses qui se brisent, de manière définitive
Le passant hébété devant Notre-Dame de Paris en flammes constate que les civilisations aussi peuvent mourir. Il découvre qu’une église, joyau de la chrétienté, qui avait établi son empire en plein cœur de Paris, défiant les successions de régimes, les révolutions, les guerres civiles et les guerres entre nations, défiant en un mot le temps, peut être menacée d’une destruction totale en un instant. Notre-Dame fait partie du paysage parisien : nous précédant, elle ne pouvait, croyions-nous, que nous succéder. Elle était un pied-de-nez aux pessimistes, aux guerres partisanes. Un signe stable de continuité dans une Histoire de France marquées par de fréquentes et violentes ruptures.

La profonde émotion qui saisit chacun est en partie la fin de l’illusion que des repères définitifs existent – repères que nous tâchons paradoxalement le plus souvent de relativiser et de transgresser. Ce qui nous paraît le plus stable n’est pas indestructible. Ce qui dure le plus est, parfois, le plus fragile. Fragilité réelle du corps social, que l’on cherche à masquer par des débats. Fragilité, découverte aujourd’hui, des fondations civilisationnelles sur lesquelles ce corps malade repose. On cherche donc à diluer le désastre. Le politique s’agite, cherchant des solutions, souvent cache-misère de l’impuissance. Notre-Dame renaîtra de ses cendres, Notre-Dame sera rebâtie. Vouloir effacer les traces de l’incendie « en cinq ans » témoigne d’un esprit contemporain bien différent de celui de ceux qui ont posé ses pierres de fondation. Notre-Dame a mis 107 ans à se dresser vers le ciel. Et était bâtie pour durer 1 000 ans. L’instantanéité contemporaine atteint les ambitions en apparence les plus respectables et décrit le but qu’elles poursuivent. De plus, tout n’est pas réparable. Il y a des choses qui se brisent, de manière définitive. La racine latine de colère rejoint originellement le terme de « culture » compris comme l’ensemble des œuvres d’une civilisation et la culture agraire. Si cultiver la terre, c’est prendre soin d’une réalité vivante, de même, la culture comme ce bien commun immatériel n’est pas un ensemble inerte mais vivant. C’est même pour cela qu’elle peut mourir.

Notre-Dame était une vision du monde
Dans cette urgence d’agir pour la reconstruction, il semble y avoir ainsi une nouvelle illusion, niant que jamais Notre-Dame ne sera plus Notre-Dame. Les bâtisseurs d’aujourd’hui pourront exécuter à l’identique l’église – et doté de matériel plus perfectionné, peut-être même surpasser les efforts laborieux des bâtisseurs d’autrefois (« plus belle encore », a déclaré avec emphase le président Macron à 20h le 16 avril). Mais Notre-Dame n’est pas le résultat d’une simple mise en œuvre de moyens appropriés pour atteindre un but fixé. Si elle ne pourrait exister sans le savoir-faire millénaire qui n’a pas disparu, elle ne peut pourtant y être réduite. Notre-Dame n’est pas le seul fruit d’un travail d’artisan, d’un défi lancé aux lois de la pesanteur : elle est l’incarnation de la foi. Une foi qui emportait avec elle une vision du monde singulière, complexe, où le sacré et le temporel étaient en dialogue permanent. Une foi que n’explicite pas seulement la destination cultuelle de la cathédrale. Une foi qui, à chaque détail, interpelle celui qui s’y trouve. Cette foi qui faisait accepter à des hommes de consacrer leur vie pour une œuvre dont ils ne verraient pas l’achèvement, car elle avait, pour eux, non pas une valeur, toujours relative, mais une dignité. Les cathédrales ne sont pas des prouesses techniques mais des bâtiments construits ad majorem dei gloriam. Le problème n’est pas l’impossibilité de reconstruire techniquement Notre-Dame mais celle de rebâtir avec la finalité originelle qui était la sienne et qui est son identité profonde.

Notre-Dame nous inscrit dans un monde qui nous précède, mais qui ne peut lui survivre
Si le projet est donc de rebâtir Notre-Dame pour le tourisme et l’éclat de la France à l’étranger, parce qu’elle est une belle pièce dans notre musée national, si le projet est de rétablir la cathédrale comme un « symbole » c’est que nous l’avons déjà perdue à jamais. Celle qu’ont chanté Péguy, Chateaubriand et Hugo notamment, n’était pas un symbole. Un symbole se remplace. Un symbole n’est d’ailleurs jamais seul : la République française serait bien embarrassée de devoir choisir entre Marianne, son drapeau, son sceau, etc. Notre-Dame n’était pas un symbole mais la persistance d’un monde. Celui de l’ancienne chrétienté résistant dans le monde contemporain sécularisé, qui a rendu le sacré profane. Le problème est donc métaphysique.

Notre-Dame ne peut être rebâtie au sens où nous l’entendons ces derniers jours parce qu’elle incarne l’esprit d’un monde qui n’est plus. L’œuvre d’art, comme Hanna Arendt l’écrit dans la Crise de la culture, est ce qui permet d’édifier un monde. Le monde n’est pas la nature, ou simplement l’ensemble des hommes. Le monde est, pour Arendt, ce qui nous arrache précisément au cycle biologique de la répétition jusqu’à ce que mort s’ensuive : le monde est cet ancrage stable qui demeure. Le monde est cette « patrie des mortels » qui n’existe que par la durée indéfinie des œuvres, potentiellement immortelles. Les œuvres « ne sont pas fabriquées pour les hommes mais pour le monde, qui est destiné à survivre à la vie limitée des mortels et au va-et-vient des générations », écrit la philosophe. Les mains et la pensée humaine réalisent ainsi des objets qui n’ont pas pour finalité de nous permettre de survivre biologiquement ou de nous rendre l’existence plus confortable, mais d’exprimer l’esprit d’une civilisation. En ce sens, Notre-Dame nous inscrit dans un monde qui nous précède, mais qui ne peut lui survivre. La charpente du XIIIe siècle de Notre-Dame, qui faisait résister le vieux monde dans le nôtre, a cédé. La perte est irrémédiable. Le feu a consumé l’incarnation de ce que l’époque avait déjà oublié.

C’est nous que nous pleurons
Que pleure-t-on donc devant la cathédrale en flammes ? Non la destruction d’une œuvre témoignant d’une prouesse technique ni celle d’une pièce de musée. Peut-être le vestige d’un passé qui nous murmure que l’identité culturelle française n’est pas un slogan mais une réalité déconstruite patiemment, au point de nous être devenue étrangère. Comme souvent devant l’agonie, nous croyons pleurer sur le mourant quand c’est sur nous-même que nous nous attristons.

Ces citoyens français qui ne sont pas « Notre-Dame »
L'incendie de Notre-Dame a encore mis en lumière l'existence de plusieurs France
Kevin Bossuet, Causeur, 19 avril 2019

L’incendie de Notre-Dame de Paris a, une nouvelle fois, mis en lumière l’existence plusieurs France. Dans des collèges et sur les réseaux, nombreuses ont été les réactions pour se moquer ou se démarquer de ce drame national. La République aussi va devoir se reconstruire.


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Un gargouille de Notre-Dame contemple Paris. ©️REMY JEAN-FRANCOIS/SIPA
C’est avec une immense tristesse et un certain dégoût que nous avons assisté impuissants, lundi soir, à l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris qui a notamment emporté la charpente médiévale et la flèche bâtie par Viollet-le-Duc au XIXe siècle. Plus qu’un chef d’œuvre de l’art gothique, cet édifice quasi millénaire est au cœur de notre histoire, de notre identité et de notre civilisation. Il constitue l’un des plus beaux symboles de notre histoire nationale, et incarne, plus que n’importe quel autre monument, l’âme de la France.

Notre-Dame, c’était la France…
L’émotion suscitée, aussi bien en France qu’à l’étranger, par cette tragédie fut à la hauteur du préjudice patrimonial, civilisationnel et moral subi par le peuple français, et plus largement par tous ceux qui aiment la France, aussi bien dans sa dimension culturelle, spirituelle, historique qu’artistique. Oui, à travers l’incendie de Notre-Dame de Paris, c’est bien une part de notre identité qui est partie en fumée, une part de ce que nous avons été et de ce que nous sommes encore qui s’est volatilisée.

Hélas, l’émoi populaire provoqué par ce douloureux cataclysme a très vite été gâché, notamment sur les réseaux sociaux, par des réactions aussi sottes que nauséeuses d’un bon nombre de nos compatriotes, en partie de confession musulmane, qui se sont empressés de se moquer de la catastrophe ou de crier leur indifférence, voire leur jubilation, face à la décomposition de ce symbole de notre culture chrétienne et nationale.

…mais une France n’est pas Notre-Dame

« Vous vous êtes foutue de la gueule de la Mecque, regarder votre dame de Paris mtn. Dieu est grand » (sic), pouvait-on par exemple lire, le soir-même, sur Twitter. « Vous vous êtes moqué dla Mecque ? Aller hop votre cathédrale dans la sauce, Allah est grand. » (sic), a quant à elle tweeté au même moment une internaute qui a depuis supprimé son compte. « On dirait qu’un être humain est mort c’est juste de la ferraille faut arrêter désolé moi je préfère donner pour les pauvres », a pour sa part réagi une certaine Naïma sur Facebook après l’appel à la solidarité nationale du recteur de la Grande Mosquée de Lyon. « Aider à reconstruire un lieu où l’on associe à Allah une famille, du shikr etc.. franchement n’importe quoi, on dirait que le musulman fait plus pour les mécréants que pour les gens de sa communauté », a surenchéri Rhama sur le même réseau social.

Ces réactions, qui sont loin d’être marginales et qui ne sont que des exemples parmi tant d’autres, en disent long sur le ressentiment qui anime des individus qui, même s’ils vivent sur le territoire français et ont le plus souvent la nationalité française, n’ont aucun respect pour le pays au sein duquel ils sont nés ou au sein duquel ils ont élu domicile.

« C’est un truc de chrétiens, moi je suis musulman »

Il suffit en effet d’interroger des enseignants qui travaillent dans certains établissements de la région parisienne pour se rendre compte à quel point l’incendie de Notre-Dame a été perçu par beaucoup de jeunes musulmans comme un événement sans aucun intérêt, voire comme une certaine source de satisfaction. « Cet incendie, on s’en fiche, Monsieur. La cathédrale, c’est un truc de chrétiens, moi je suis musulman, je m’en fiche. La France pleure, eh bien moi, je pleure pas, même si j’ai les papiers, ce n’est pas mon pays, la France », a par exemple répondu un élève de troisième à un professeur de français du Val d’Oise qui abordait l’incendie en classe. « Wallah, les Français pleurent, mais ça ne me fait ni chaud ni froid. Personne n’a pleuré après les attentats de Christchurch, alors les églises et les cathédrales de Babtous, nous musulmans, on s’en fout. A la limite, ça me réjouit ! Qu’on s’occupe de nos frères en Palestine et qu’on arrête avec Notre-Dame de Paris », a quant à lui affirmé un élève de sixième d’un collège de Seine-Saint-Denis quand son professeur d’histoire-géographie a évoqué le drame.

Il ne s’agit évidemment pas ici de stigmatiser une partie de nos compatriotes musulmans dont beaucoup se sont montrés, à cette occasion, solidaires des chrétiens, et plus largement du peuple français dont ils font partie (l’appel du recteur de la Grande Mosquée de Lyon à la solidarité nationale en témoigne), mais de mettre en avant à quel point l’incendie de Notre-Dame de Paris a réveillé les fractures communautaires qui traversent en profondeur la société française. En effet, comme il y a eu, il y a quatre ans, des citoyens français qui n’étaient pas « Charlie », il y en a aujourd’hui qui ne sont pas « Notre-Dame » et qui l’affirment, comme pour mieux nous montrer leur volonté de ne pas s’assimiler et de ne pas s’identifier à la culture française, et plus largement à la civilisation occidentale.

L’échec du multiculturalisme
Derrière le refus de certains de pleurer Notre-Dame de Paris, c’est bien l’incapacité de la société française à assimiler les populations d’origine étrangère et immigrée dont il est question. Le fait que la France soit aujourd’hui incapable de fédérer l’ensemble de sa population autour d’une cause commune et d’un même hommage national en dit long sur la montée de ces dérives identitaires qui ont transformé notre pays en un patchwork de communautés aux visions et aux intérêts complètement divergents, voire carrément antagonistes. Oui, c’est bien notre laxisme vis-à-vis de populations qui ont tout fait pour importer sur notre territoire leurs croyances, leurs valeurs et leurs manières de vivre sans se soucier si elles étaient compatibles avec celles du pays d’accueil, qui, à chaque fois que nous connaissons une tragédie nationale, se manifeste en grande pompe.

Combien de jeunes vivant en France et issus de l’immigration ne se sentent pas aujourd’hui Français et vont même jusqu’à développer un sentiment de haine vis-à-vis du pays d’accueil ? Assurément, des milliers. Combien de jeunes musulmans ne se reconnaissent absolument pas dans la culture française, qui est d’abord et avant tout pour eux une culture judéo-chrétienne incompatible avec les valeurs et les règles de l’islam ? Des milliers, également. Derrière les réactions hargneuses qui sont apparues à la suite de l’incendie de Notre-Dame, c’est bien l’échec du multiculturalisme et les conséquences de la destruction progressive du modèle assimilationniste qui sont à l’œuvre.

Îles de France [sic]
Comment voulons-nous que tous les Français de confession musulmane honorent Notre-Dame de Paris quand une étude réalisée en septembre 2016 par l’Ifop révèle que 29% des musulmans pensent que « la loi islamique est plus importante que la loi de la République » ? Comment voulons-nous que tous les Français d’origine musulmane déplorent la portée de ce tragique incendie quand beaucoup d’entre eux se sentent d’abord Algériens, Tunisiens, Marocains ou encore Turcs avant de se sentir Français ? Ce sont bien «plusieurs France», ne partageant entre-elles ni la même manière de vivre ni la même identité ni la même façon de voir l’avenir qui se sont manifestées quelques minutes et quelques heures après l’embrasement de la cathédrale.

En voulant exalter les différences, au détriment de ce qui nous rassemble, nous avons anéanti petit à petit ce ciment commun pourtant indispensable au vivre-ensemble. Or, c’est l’assimilation qui permet l’intégration. Sans assimilation, il n’y a pas d’intégration. Le multiculturalisme est un mythe qui a créé les conflits communautaires et les tensions identitaires qu’il prétend contrôler.

Reconstruire la République
A l’heure où nous devons réédifier Notre-Dame de Paris, à l’heure où la société française n’a jamais été aussi fragmentée et gangrenée par les revendications identitaires et communautaires, il apparaît comme essentiel de renouer avec le modèle assimilationniste qui a fait pendant des siècles l’honneur et la grandeur de la France. Oui, il apparaît comme primordial de remettre au goût du jour nos valeurs patriotiques et nationales et de faire preuve de beaucoup plus de fermeté à l’égard de ceux qui insultent quotidiennement notre pays et qui n’hésitent pas à exploiter un drame national pour nous cracher en pleine face leur haine de notre pays, de notre culture, et de notre identité. Que tous ces Français, souvent d’origine musulmane, qui n’ont jamais été « Charlie » et qui ne seront jamais « Notre-Dame » prennent conscience que ce n’est pas à la France de s’adapter à l’islam mais à l’islam de s’adapter à ses valeurs, à ses principes et à sa manière de vivre.

La charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris est aujourd’hui à terre ; veillons à ce que demain, ce ne soit pas celle qui structure notre édifice républicain qui connaisse le même sort. Ce n’est pas seulement Notre-Dame que nous devons restaurer, ce sont notre pacte républicain, notre modèle d’intégration et notre contrat social que nous devons entièrement rebâtir. Le chantier est immense et le défi est de taille, mais c’est bien de l’avenir de notre pays, et plus largement de notre civilisation, dont il est ici question.

(à suivre)

Florage

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CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Empty Re: CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale

Message par Florage le Dim 21 Avr - 16:48


le THÉÂTRE HUGOLÂTRE de L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE
et la MISE EN SCÈNE du CATHÉDRAME de NOTRE-DAME
par et pour le POUVOIR D'ÉTAT

et Hugo, dans tout ça ? Du romancier royaliste et moraliste au partisan de la colonisation,
on saisit mieux à qui et quoi sert l'hugolâtrie nostradamesque
Patlotch a écrit:recension dans la presse : Hugo notre-dame : "Notre-Dame: les ventes du livre de Victor Hugo s'envolent", "Le roman popularisé par le personnage de Quasimodo est abondamment cité par les médias et sur les réseaux sociaux étrangers"

on a vu et entendu bien des protestations contre les appels à dons pour restaurer (sic) Notre-Dame mettre en parallèle la moindre générosité que suscitent les Misérables de notre temps. Ainsi notre Victor Hugo national, intouchable de droite à gauche, a-t-il été convoqué en renfort des pompiers de l'idéologie compassionnelle présupposée universelle, ce que ne démontrèrent, de lointains pays chauds, que les messages de leurs zélites, les seuls à avoir visité Paris

on s'est peu interrogé sur les 5 millions de dollars que promet Disney pour la reconstruction du lieu réel de son dessin animé mythique, qui en rajoute à la fantaisie historienne du roman romantique de Hugo

en 1831, quand il écrit son premier chef d'œuvre romanesque, c'est sur commande d'un éditeur parisien, dans la lignée de l'auteur écossais Walter Scott, alors très à la mode en France. Hugo avait publié en 1823 « À propos de Walter Scott » où il affirme : « j'aime mieux croire au roman qu'à l'histoire, parce que je préfère la vérité morale à la vérité historique. » Il a alors à peine trente ans, il est alors royaliste autant que moraliste...

En Juillet 1851, au cours d’une séance mouvementée de l’Assemblée Nationale, le comte de Falloux, monarchiste, apostrophe le député Victor Hugo en ces termes : « Notre vengeur de la démocratie bafouée fut tour à tour : légitimiste ultra à 18 ans, légitimiste modéré à 25 ans, royaliste libéral à 35 ans, orléaniste à 40 ans, conservateur libéral à 45 ans, néo-bonapartiste à 46, centre droit à 47, républicain modéré à 48, républicain tout court et, enfin, démocrate de gauche. »
Le 25 février 1830, avant et pendant la première représentation, les romantiques, chevelus, accoutrés bizarrement, applaudissent à tout rompre, chantent la Marseillaise ou la Carmagnole, apostrophent les « perruques » ou les « genoux », témoignages physiques d’un régime détesté en leur promettant la guillotine.
Agitation toute verbale, certes, mais comment ne pas y reconnaître les prémisses de ce mois de juillet 1830 qui verra s’effondrer le régime ?
Pourtant, Victor Hugo, qui a su, en février, donner un idéal à la jeunesse libérale, ne participe pas vraiment à cette révolution. Certes il accueille le nouveau pouvoir avec une certaine sympathie, le retour du drapeau tricolore flatte son patriotisme et il s’engage d’ailleurs dans la garde nationale, milice bourgeoise chargée de défendre le régime. Mais celui-ci ne l’exalte pas, il voit la monarchie de juillet comme une étape transitoire, en attendant une république utopique vers laquelle l’histoire est en marche. Voici sa réaction après l’émeute républicaine de 1832, lors des funérailles du général Lamarque : « Folies noyées dans le sang. Nous aurons un jour une république, et, quand elle viendra d’elle-même, elle sera bonne. Mais ne cueillons pas avant mai le fruit qui ne sera mûr qu’en juillet ; sachons attendre. La République proclamée par la France en Europe, ce sera la couronne de nos cheveux blancs. Mais il ne faut pas souffrir que des goujats barbouillent de rouge notre drapeau. »
source  : L’Itinéraire politique de Victor Hugo
c'est dans la Préface à la première édition qu'il inclut une critique brève mais sévère contre les restaurations hâtives dont sont victimes les monuments historiques en général et Notre-Dame de Paris en particulier.

quant au caractère populaire de Notre-Dame de Paris, rappelons qu'il fut de rigueur pour tous les lieux de culte, et particulièrement les cathédrales (il y en avait plus de 150 en France), mais la spécificité de celui-ci n'a pas cessé d'être dès son origine et jusqu'à aujourd'hui son rapport au pouvoir de l'État, français mais aussi européen, d'abord royal ou impérial, puis républicain, avant et après la séparation laïque de 1905

1239 Saint-Louis porte la Sainte-Couronne jusqu'à Notre-Dame
En 1238, Byzance est gouvernée par l’empereur Baudouin de Courtenay. En grande difficulté financière, il décide de mettre les reliques du Christ qu’il possède en gage auprès de banquiers vénitiens pour en obtenir des crédits. Parmi elles : la relique de la Sainte Couronne. Saint Louis, roi de France, intervient alors et dédommage les Vénitiens. Puis, le 10 août 1239, le roi, suivi d’un brillant cortège, accueille vingt-deux reliques à Villeneuve-l’Archevêque. Le 19 août 1239, la procession arrive à Paris. Le roi délaisse ses atours royaux, endosse une simple tunique et, pieds nus, porte la Sainte Couronne jusqu’à Notre-Dame de Paris avant de déposer l’ensemble des reliques dans la chapelle du palais. Pour les conserver, il édifie un reliquaire à leur mesure : la Sainte Chapelle.

1271 La dépouille de Saint-Louis est exposée dans la cathédrale
Le 25 août 1270, Louis IX, rendait son dernier soupir. Une fois décédé, la question de ses funérailles et du lieu de sa sépulture se pose. Car au moment de sa mort, le roi est à la tête de la huitième croisade et meurt aux portes de Tunis. Pour l’entourage, il est inconcevable que le souverain soit enterré sur place, loin de toute terre chrétienne. Le 21 mai 1271, le corps du roi regagne Paris où il est exposé à Notre-Dame. Tous les Parisiens (sic) se pressent pour se recueillir auprès du roi. Le lendemain, son corps gagne Saint-Denis, le lieu de sépulture final.

1302 En 1302, le roi Philippe le Bel ouvre à Notre-Dame les premiers États généraux du royaume de France.
L’objectif ? Asseoir la légitimité du roi de France afin que ce dernier puisse lever des impôts sur le clergé français face au pape Boniface VIII qui voulait, au contraire, que le clergé n’ait de comptes à rendre qu’à Rome. Cette date marqua le début du gallicanisme français.

1455 Révision du procès de Jeanne d'Arc
Le 15 février 1450, vingt ans après le procès de Jeanne d’Arc, le roi Charles VII ordonne une enquête afin de connaitre la vérité sur le procès de la Pucelle. En 1455, le pape Callixte III valide la requête et ordonne la révision du procès. La séance d’ouverture a lieu en grande pompe à Notre-Dame de Paris, le 7 novembre 1455.

1572 Mariage d'Henri IV
Le 18 août 1572, Henri de Navarre, se marie avec Marguerite de Valois, sœur catholique du roi de France, à Notre-Dame de Paris. Ce mariage était considéré comme un geste fort de réconciliation. Mais Henri IV, protestant, ne peut entrer dans l’église pour participer à la messe de mariage et recevra donc la bénédiction sur le parvis.

1638 Louis XIII consacre le Royaume de France à la Vierge Marie
En 1636 Louis XIII consacre sa personne et son Royaume à Marie « dans le secret de son cœur », et avec la reine Anne d’Autriche, il multiplie prières et pèlerinages pour obtenir un héritier. La Vierge finit par répondre en apparaissant à un religieux de Notre-Dame des Victoires, tout juste fondée par le roi, reconnaissant pour ses succès contre les protestants. Lorsque la reine tombe enceinte, Louis XIII décide de publier, le 10 février 1638, l’édit officiel qui consacre solennellement la France à Marie et il instaure les processions du 15 août. Louis XIII promet d’élever un nouveau maître-autel à la cathédrale Notre-Dame ainsi qu’un nouveau groupe sculpté. La statue de la Vierge éplorée, recueillant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la croix, est entourée de Louis XIII offrant sa couronne et son sceptre et de Louis XIV en prière.

1804 Napoléon 1er sacré empereur
Le 2 décembre, Napoléon Ier organise la cérémonie religieuse de son sacre d'Empereur, célébrée par le pape Pie VII pendant près de cinq heures.

1918 Le Te Deum sonne pour fêter la victoire
1944 le 26 août 1944, le général de Gaulle y fête la Libération
il se rend dans la cathédrale parisienne pour assister à un Te Deum. Mais durant la cérémonie, quelques tirs éclatent, obligeant la célébration à cesser au bout de seulement quinze minutes. Finalement, les participants chanteront un simple Magnificat.
1970 12 novembre, cérémonie d’hommage national pour Charles de Gaulle
1974 6 avril, cérémonie d’hommage national pour Georges Pompidou
1996 11 janvier, cérémonie d’hommage national pour François Mitterrand
sont présents notamment Richard Nixon, le prince Charles, le Shah d'Iran, l'ancien Premier ministre d'Israël Ben Gourion.

à quoi il faut ajouter les Pompes funèbres de souverains européens à Notre-Dame de Paris :

juin 1539 : Isabelle du Portugal, impératrice
août 1560 : Marie de Lorraine, reine douairière d’Écosse
septembre 1564 : Ferdinand Ier, empereur
1568 : Isabelle de Valois, reine d’Espagne
janvier 1577 : Maximilien II, empereur
mars 1580 : Sébastien de Portugal et le cardinal Henri
mars 1587 : Marie Stuart, reine d’Écosse
juin 1599 : Philippe II, roi d’Espagne

avril 1619 : Mathias, empereur
avril 1621 : Philippe III, roi d’Espagne
octobre 1637 : Victor Amédée, duc de Savoie
décembre 1644 : Isabelle, reine d’Espagne
mars 1664 : Christine, duchesse de Savoie
novembre 1665 : Philippe IV, roi d’Espagne
novembre 1669 : Henriette Marie, reine d’Angleterre
avril 1689 : Marie-Louise d’Orléans, reine d’Espagne
***
juin 1714 : Marie-Louise de Savoie, reine d’Espagne
décembre 1724 : Louis Ier, roi d’Espagne
décembre 1728 : Anne-Marie d’Orléans, reine de Sardaigne
janvier 1733 : Victor Amédée II de Savoie, roi de Sardaigne (il a abdiqué en 1730)
septembre 1741 : Louise Thérèse de Lorraine, reine de Sardaigne
décembre 1746 : Philippe V, roi d’Espagne
mars 1747 : Catherine, reine de Pologne
janvier 1760 : Ferdinand VI et Marie de Portugal, roi et reine d’Espagne
février 1760 : Louise Elisabeth, infante d’Espagne, duchesse de Parme
juillet 1761 : Marie Amélie de Saxe, reine d’Espagne
mars 1766 : Philippe infant d’Espagne, duc de Parme, Plaisance et Guastalla
juin 1766 : Stanislas, roi de Pologne
novembre 1766 : Elisabeth Farnèse, reine d’Espagne
mai 1773 : Charles Emmanuel III, duc de Savoie
mai 1781 : Marie-Thérèse, impératrice

Quand Victor Hugo défendait la colonisation de l'Afrique
Pierre Magnan France Info Afrique 21/04/2019
L'auteur des "Misérables" ou de "Notre-Dame de Paris" était bien un homme de son siècle. L'écrivain, né en 1802 et mort en 1885, est contemporain de toutes les aventures coloniales de la France. Le grand humaniste a partagé la vision de la "mission civilisatrice" de la France. Comme le montre ce discours de 1879, connu sous le nom de "discours sur l'Afrique".
Les propos d'Hugo ont été tenus le 18 mai 1879, à l'occasion d'un banquet en l'honneur de l'anniversaire de l'abolition de l'esclavage. Le grand homme, alors âgé de 77 ans, y fait un discours introduit par Victor Schœlcher. Considéré comme un des pères de l'abolition de l'esclavage en 1848, il lance Hugo avec ces mots : "La cause des Nègres que nous soutenons, et envers lesquels les nations chrétiennes ont tant à se reprocher, devait avoir votre sympathie ; nous vous sommes reconnaissants de l’attester par votre présence au milieu de nous. Cher Victor Hugo (...), quand vous parlez, votre voix retentit par le monde entier ; de cette étroite enceinte où nous sommes enfermés, elle pénètrera jusqu’au cœur de l’Afrique, sur les routes qu’y fraient incessamment d’intrépides voyageurs, pour porter la lumière à des populations encore dans l’enfance, et leur enseigner la liberté, l’horreur de l’esclavage, avec la conscience réveillée de la dignité humaine."

Hugo remercie alors Schœlcher dans une langue que l'on n'oserait plus prononcer aujourd'hui : "Le vrai président d’une réunion comme celle-ci, un jour comme celui-ci, ce serait l’homme qui a eu l’immense honneur de prendre la parole au nom de la race humaine blanche pour dire à la race humaine noire : 'Tu es libre.' Cet homme, vous le nommez tous, messieurs, c’est Schœlcher".

"L'Afrique n'a pas d'histoire"
Tout à la grandiloquence du moment, Hugo se lance dans une description un brin manichéenne. "La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n’est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l’un de ses bords le vieil univers et sur l’autre l’univers ignoré, c’est-à-dire d’un côté toute la civilisation et de l’autre toute la barbarie."

"Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Amérique a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire ; l’Afrique n’a pas d’histoire. Une sorte de légende vaste et obscure l’enveloppe. Rome l’a touchée, pour la supprimer"... Des mots qui ont fait dire que Nicolas Sarkozy aurait pu y trouver une partie de l'inspiration de son discours de Dakar.

Pour Hugo, "le flamboiement tropical, en effet, c’est l’Afrique. Il semble que voir l’Afrique, ce soit être aveuglé. Un excès de soleil est un excès de nuit."

"Eh bien, cet effroi va disparaître." Comment ? "Déjà les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient par l’ouest et par le nord ; l’Angleterre la tient par l’est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa part de ce travail colossal." Il est vrai que, selon l'immortel Hugo, l'Afrique a besoin de ces colons, car elle offre un paysage terrifiant : "Cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie ; déserte, c’est la sauvagerie ; mais elle ne se dérobe plus ; les lieux réputés inhabitables sont des climats possibles ; on trouve partout des fleuves navigables ; des forêts se dressent, de vastes branchages encombrent çà et là l’horizon ; quelle sera l’attitude de la civilisation devant cette faune et cette flore inconnues ?"

"Au XIXe siècle, le Blanc a fait du Noir un homme; au XXe siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde"
Les possibilités sont immenses selon Hugo. "Des lacs sont aperçus, qui sait ? Peut-être cette mer Nagaïn dont parle la Bible. De gigantesques appareils hydrauliques sont préparés par la nature et attendent l’homme ; on voit les points où germeront des villes ; on devine les communications ; des chaînes de montagnes se dessinent ; des cols, des passages, des détroits sont praticables ; cet univers, qui effrayait les Romains, attire les Français."


CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale 19126361
Hommage du Petit Journal à Victor Hugo pour le centenaire de sa naissance.
Parmi les images de ses œuvres rien sur la colonisation, thème qu'il n'a quasiment pas abordé.


Dans ce discours, Hugo oppose des pays à d'autres, une Europe à une autre, celle des Lumières à celle de l'obscurantisme dans laquelle il met l'Allemagne (nous sommes seulement neuf ans après la défaite de 1870). Dans cette vision binaire du monde, il décrit un début d'union européenne dans le sud du continent... Dans laquelle il intègre l'Angleterre ("Déjà les Etats-Unis du Sud s’esquissent ébauche évidente des Etats-Unis d’Europe").

A charge pour cette "Europe" du progrès de le faire couler sur l'Afrique : "Au dix-neuvième siècle, le Blanc a fait du Noir un homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde. Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème. L’Europe le résoudra."

"En face du fait colonial, son universalisme est pris en défaut"
Et ce discours largement applaudi se termine par une ode au colonialisme, seule solution, selon Hugo, pour régler les problèmes de l'Europe (nous sommes huit ans après la Commune de Paris) : "Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. A qui ? A personne. Prenez cette terre à Dieu. Dieu donne la terre aux hommes, Dieu offre l’Afrique à l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité (applaudissements prolongés). Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! Faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez ; et que, sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l’Esprit divin s’affirme par la paix et l’Esprit humain par la liberté !"

Certes, l'époque se prêtait à ce genre d'envolée sur la "mission civilisatrice" de l'Europe en général, et de la République française en particulier. Et même si l'on ne peut voir les choses avec le regard d'aujourd'hui, déjà certains affichaient des positions anti-colonialistes. On se souvient du duel entre Clémenceau et Ferry  (1885) sur le sujet de la colonisation.   Hugo lui même avait critiqué certains aspects militaires de la colonisation de l'Algérie : "Le général Le Flô me disait hier soir, le 16 octobre 1852 : 'Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes.'"

Comme le dit Gilles Manceron à propos du père de Jean Valjean, "en face du fait colonial, son universalisme est pris en défaut".

on voulait un, des symboles, en voilà donc pour réfléchir à deux fois sur les larmes du peuple français...

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Message par Florage le Dim 28 Avr - 5:30


HOMMAGE !? HAUT DÉSESPOIR ! Ô LANGAGE ENNEMI !
Patlotch a écrit:je ne suis pas un fan de la ligne générale de Causeur, ni de cette auteure en particulier, mais pour le coup... de cloches, le point de vue de cette "agrégée de lettres modernes, spécialiste de grammaire, rhétorique et stylistique" rejoint des remarques que j'ai faites plus haut sur la « compassion » du latin cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια, sym patheia, sympathie, qui s'adresse à des personnes, non à des murs seraient-ils "sacrés" et représenter l'image de Dieu...
"ON NE REND PAS HOMMAGE À UN BÂTIMENT"
Notre-Dame n’est pas la Grosse Bertha
Ingrid Riocreux, Blog Causeur, 26-27 avril 2019
Rendre hommage à Notre Dame et à Dick Rivers
Toute la France est-elle redevenue chrétienne ?
On ne rend pas hommage à un bâtiment !

On peut rendre hommage à Dick Rivers et Jean-Pierre Marielle, qui viennent de nous quitter, paix à leur âme.


CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Hommage-dick

On peut rendre hommage aux pompiers qui ont sauvé la cathédrale de Paris.

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Hommage-pompiers

Mais on ne peut pas rendre hommage à Notre-Dame. Cela n’a tout simplement pas de sens. Pourtant :

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Hommage-ND

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Concert-hommage-ND

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Hommage-ND2

(« le drawing », « un runner »… beuah!)

« Rendre hommage » signifie témoigner à quelqu’un du respect et de l’admiration ; quand cette personne est décédée, lui rendre hommage, c’est saluer sa mémoire.

L’utilisation impropre de cette expression a manifesté une terrible lacune culturelle généralisée. Commentant les réactions à l’incendie de la cathédrale, un journaliste de France Info hésite : « l’archevêque de New-York s’adresse… oui, c’est cela, il s’adresse à Notre-Dame ». La surprise est compréhensible : le journaliste s’étonne, et il a raison, qu’on puisse s’adresser à « Notre-Dame », à un bâtiment. Mais l’archevêque s’adressait à « Notre Dame » ! Sans le tiret ! Il adressait une prière à Notre Dame pour lui demander de protéger une église qui lui est consacrée.

Manifestement, un nombre important de personnes sont persuadées que Notre Dame est le surnom affectif donné à un bâtiment, comme c’est le cas pour « Big Ben » à Londres…


CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale 100225-640x360-elisabeth-tower-clock-face-640

…ou encore pour ce canon allemand qu’on appelait la Grosse Bertha !

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Dicke_Bertha.Big_Bertha

Mais de même que l’horloge londonienne a été ainsi nommée « en hommage à » l’ingénieur qui l’a bâtie, de même Notre Dame a-t-elle été ainsi désignée « en hommage à » une personne, la Vierge Marie. Notre-Dame n’est pas le nom du bâtiment; il n’en est que la désignation métonymique.

On peut rendre hommage à Notre Dame : c’est ce que fait tout chrétien quotidiennement et, en particulier, à la fin de chaque messe dominicale, juste avant le chant pour "saint germain de paris"‘envoi. C’est ce qu’ont fait les gens qui ont construit Notre-Dame (avec un tiret).

Mais la personnification abusive du lieu donne à tous ces hommages officiels et parfaitement athées des allures de grand retour du catholicisme en France ! Amusant, l’un des plus tonitruants « hommages » (le T-shirt ! le geste !) est rendu par le PSG, ce club financé par le Qatar qui, en se faisant appeler par ses initiales, tente de faire oublier qu’il porte le nom d’un lieu où fut naguère édifié un monastère en « hommage » à un grand Saint : Saint Germain de Paris


CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Geste-hommage-psg

Patlotch a écrit:
CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale C462ac9bf7a21fc59e3c65d3d8e405e6

en prime, puisqu'il est question de la « forêt de Notre-Dame », "première charpente posée vers 1170, composée de bois datant du 9ème siècle, surnommée "la forêt" en raison de son enchevêtrement de poutres en bois de chêne", une forêt éponyme ne m'est pas complètement inconnue, que j'ai sillonnée pour y cueillir des champignons ou des photos : dialectique de la nature et théorie du reflet française de souche, en douze photos + sept en Forêt de Notre-Dame, le 16 mars 2015

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Carte-arc-boise

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et laissons l'Ange Gabriel forer

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Message par Florage le Mar 7 Mai - 10:28


RECONSTRUIRE À L'IDENTIQUITÉ OU À L'IDENTITÉ ?
quand le nationalisme se planque derrière la clause Molière appliquée aux ouvriers...
Patlotch a écrit:si je ne retenais de Causeur que des articles dont je peux partager le coup de gueule, ma lectorate me soupçonnerait d'allégeance pour sa ligne générale indubitablement conservatrice et franchouillarde. Chacun ses idées mais celle développée ci-dessous - il faut parler français pour reconstruire Notre-Dame -, me semble un rien paradoxale et du moins très éloignée d'une "reconstruction à l'identique", du côté des œuvriers (parenthèse, on disait comme ça à l'époque, Bernard Lubat ne l'a rien inventé...)
Au Moyen Âge, le métier de charpentier recouvre tous les métiers du bois de fuste (de construction, opposé au bois de chauffe) qui participent à la construction des cathédrales, des églises, des forteresses et des maisons à pans de bois en réalisant les charpentes, les moules de voûtes ainsi que les échafaudages et les appareils de levage : grues, roues à écureuil, etc.
Le maître-charpentier est alors autant architecte qu'Œuvrier (mot qui se transformera en ouvrier) et travaille avec le maître-maçon et le tailleur de pierre. Il est accompagné des apprentis et des compagnons.

source : Charpentier, histoire, dans le Littré
et donc ces "maîtres", compagnons, apprentis, tous œuvriers dans leurs registres provenaient de tous les pays d'Europe selon leurs spécialités et expertises (cf le roman historique conseillé au début du sujet, Le printemps des pierres, de Michel Peyramaure) alors reconnues, et, bien que je n'y fusse pas, j'ai ouï dire qu'ils ne parlaient pas tous le français, même les "Français" de France, qui avaient leurs parlés régionaux ou locaux. Quand aux gens cultivés, ils échangeaient bien encore en latin
Les Serments de Strasbourg, écrits en 842, sont considérés comme l'acte de naissance de la langue française par la majorité des historiens de la langue. Ils reprennent la promesse d'assistance que Louis le Germanique adresse en français à son frère Charles le Chauve contre Lothaire si celui-ci venait à l'attaquer. Louis s'est adressé aux soldats de Charles en langue romane afin que ceux-ci puissent comprendre l'engagement que prenait Louis vis-à-vis de son frère. Par le choix du français, il montre que le latin n'était plus suffisamment compris par les gens du peuple et qu'il fallait donc recourir à la langue vernaculaire.

Le français face au latin
Lorsque le français (ou roman) est apparu et est devenu une langue à part entière qu'on ne pouvait plus considérer comme du latin, elle s'est heurtée à l'hégémonie de ce dernier comme langue du savoir et de l'Église mais aussi comme langue du droit. Les deux idiomes cohabiteront dans ce domaine jusqu'au début du xvie siècle avec une nette domination du latin. Durant tout le Moyen Âge, « le français se développa comme langue du pouvoir dans des rapports de substitution et de concurrence avec le latin » ce qui signifie que la chancellerie française et le Parlement de Paris utilisent encore la langue latine pour rédiger leurs actes, arrêts et jugés jusqu'à la fin du Moyen Âge mais la chancellerie a tendance à employer le français également cherchant un équilibre entre langue vernaculaire et langue savante.

source : Politique linguistique de la France


Tôt ou tard, se posera la question des ouvriers qui reconstruiront Notre-Dame. Va-t-on accepter que ce chantier patrimonial exemplaire s’agenouille devant le dogme bruxellois du moins-disant social ? Ou Appliquons plutôt la clause Molière pour employer des ouvriers francophones dépendant du droit du travail français.

CATHÉDRALE, LA DOULEUR CAPITALE, analyse symptomale Notre-dame-moliere-francais-1200x666
Crédit photo : www.redfox.fr
Il aura fallu plus de mille experts pour que les modalités de la restauration de Notre-Dame nous laissent espérer un avenir qualitatif pour la cathédrale de Paris. Avec raison, ceux-ci nous alertent : il ne s’agit pas que d’un geste d’architecture « mais de millions de gestes, humbles et experts, gouvernés par la science et le savoir, dans le cadre d’une politique patrimoniale renouvelée, ambitieuse et volontariste ». D’autres soulignent que la France peut fournir le bois, en signe de l’excellence de nos forêts. Derrière toutes ces prises de position s’exprime une colère sourde : la France va-t-elle à nouveau oublier de faire appel à ses talents sous prétexte d’ouverture au monde et d’urgence olympique ?

Respectons les ouvriers

Tôt ou tard, se posera la question des ouvriers. Va-t-on accepter que ce chantier patrimonial exemplaire s’agenouille devant le dogme bruxellois du moins-disant social ? Va-t-on voir les ouvriers comme des pions anonymes et sans histoire ? Poser la question, c’est attendre un vrai choix politique. Il est temps d’inverser la tendance. Comme le souligne Pierre Vermeren, la disqualification progressive des métiers nobles  transforme nos ouvriers en bêtes de somme standardisées et muettes. Peu importe donc qu’ils parlent polonais, portugais ou roumain : « l’absence de clause linguistique traduit une sorte d’animalisation du travail ouvrier réduit à sa seule force brute ». Pour tous ceux qui sont attachés à la magnificence des lieux, il ne sera pas acceptable que la restauration de Notre-Dame soit un nouvel exemple du mépris pour les ouvriers, une nouvelle étape de la course vers l’indécence.

La question de la clause Molière est à nouveau posée. Elle permet justement de restaurer les ouvriers dans leur humanité, faite de chair et de sang mais aussi de culture donc de l’usage d’une langue spécifique. Il ne doit pas avoir de restauration de Notre-Dame sans une exigence globale, ce qui intègre le souci de la qualité des millions de gestes humbles.

Au-delà du patrimoine, au-delà de la force spirituelle, au-delà des silences habités qui font la beauté du lieu, il faudra trouver demain une nouvelle page d’émerveillement devant le travail de tous les ouvriers anonymes qui seront mobilisés et ainsi visibles à tous : Notre Dame peut rendre leur travail visible, ce n’est pas là  le moindre des miracles.

Construire une cathédrale n’est pas qu’une question de geste architectural. C’est le résultat d’un travail qui garde son sens, fait tout autant d’une fierté personnelle, d’un résultat objectif et d’un mélange d’émulation et de cohésion. Restaurer une cathédrale est peut-être la quintessence de ce que l’on peut nommer du « travail bien fait ».

Pour un travail bien fait
Notre XXIe siècle hyper-individualiste et ultra-technique peut-il retrouver cette qualité du travail proprement humain ? Cela implique, a minima, de tourner le dos à toutes les conceptions déshumanisées du travail qui ont pignon sur rue aujourd’hui. Le travail bien fait n’est pas celui qui sort d’un reporting technocratique, ce n’est pas celui qui est exigé d’en haut, encore moins celui qui découle d’une loi d’exception..

Le travail bien fait, c’est une alchimie où les membres d’une équipe se parlent pour adapter l’œuvre en cours, c’est un dialogue constant entre les ouvriers et leur contremaître, c’est un accord quotidien sur la meilleure façon de rendre réelle une vision.

Pour réussir un travail bien fait, il faut d’abord une équipe dont les membres s’écoutent, se parlent et se comprennent. Voilà qui tombe mal à l’heure de la technocratie triomphante ! On nous explique parfois que l’alpha et l’oméga de notre modernité consiste justement à sanctifier ce grand espace fluide et indifférencié qu’est devenue notre civilisation européenne. Et pourtant, à force de vouloir gagner le label de « concurrence libre et non faussée », on peut certes imposer toujours plus de pression sur les charges salariales et, on ne peut pas trouver des ouvriers qui fassent œuvre commune.

Heureusement, rien ne nous impose de continuer à juxtaposer des ouvriers qui ne se parlent pas. Le droit français, par sa plus haute juridiction, a même fini par reconnaître que  la « clause Molière » ne pouvait qu’être jugée compatible avec nos valeurs et notre droit.

Les ouvriers ne sont pas des pions
Clause Molière, quésaco ? Ce n’est pas seulement un lointain écho à la présidentielle de 2017, pas seulement le souvenir d’un combat supposé entre les apôtres de l’ouverture et ceux de la protection, pas seulement une idée locale devenue majoritaire, c’est une méthode qui découle d’une exigence.

Cette exigence, c’est celle de refuser de considérer les ouvriers comme des pions. Elle impose une méthode simple : pour pouvoir comprendre les risques des lieux  et travailler en équipe, les ouvriers doivent pouvoir se comprendre,  donc maitriser la langue commune du chantier*. S’ils ne sont pas francophones, leur employeur doit assumer de les faire accompagner d’un interprète, et d’en payer le prix.

maîtriser la langue s'écrit avec un accent circonflexe...

La polémique de 2017 n’a pas permis d’aller au bout du débat. Molière ne défend pas  seulement  l’emploi local, il ne se limite pas à éviter la grande purge sociale dûe* à l’explosion du travail détaché : il protège tous les ouvriers et, surtout, il respecte leur travail.

due au féminin ne prend pas d'accent circonflexe. Au total, le nombre de signes est bon...

A tort, beaucoup ont considéré que, la version lyonnaise de la clause étant invalidée, le sujet était purgé. Ils n’ont pas voulu voir que la version initiale, celle d’Angoulême, a été reprise et améliorée par Bruno Retailleau pour les Pays de la Loire, a été validée par le Conseil d’Etat (qui, dans son arrêt du 4 décembre 2017 a préféré la renommer en « clause d’interprétariat »  pour la distinguer d’une pseudo obligation de parler tous la même langue) et reste largement utilisée dans plusieurs régions de France.

Adieu Bolkestein

Molière peut donc être utilisé pour la restauration de Notre Dame* et cela serait même une grande nécessité ! Depuis Babel, on sait que l’orgueil humain et la confusion des langues ne font pas bon ménage avec les monuments les plus durables…

* Notre-Dame prend un tiret sans quoi on retombe dans les affres relevée par la consœur linguiste de Causeur

C’est une question de choix politique, au sens le plus noble du terme. Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau ne manquent pas de dire leur souci de protection et leur souci de faire vivre une ambition sociale. Ils peuvent aujourd’hui franchir le Rubicon et montrer que le respect du travail implique de soutenir l’application de la Clause Molière, quitte à renier quelques aveuglements coupables du gouvernement sur le travail détaché. Ce type de dérive impose de sortir du « en même temps ».

Paris vaut bien d’oublier Bolkestein. Molière nous aidera à retrouver Notre-Dame.

et puis, il suffit de sa balader sur un chantier, en particulier les plus grands et coûteux ou abondent aussi des ouvriers sans papiers et des contremaîtres experts en baragouins divers pour savoir qu'il n'ont pas besoin ni de molière ni de Vincent You pour se comprendre entre eux et faire, ou pas, une bonne construction, dont la qualité ne dépend pas des mots pour le dire

le problème de l'auteur est donc ailleurs, ce que tout le monde avait compris. Il ne lui manque plus, au fond, qu'un Gilet Jaune sur la langue... française



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Message par Florage le Ven 31 Mai - 16:19


UN INCENDIE MAJUSCULE
l'église booste l'Église

L'Église catholique connaît un regain après l'incendie de Notre-Dame de Paris
Le Point.fr 30/05/2019

Après l'émoi suscité par le drame, des croyants et membres du clergé, interrogés par « Le Parisien », constatent que les bancs des églises sont plus remplis.

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Après l'incendie de Notre-Dame de Paris, les dons ont grimpé sur la plateforme CredoFunding
et les prêtres ont accueilli plus de fidèles lors des messes. (Image d'illustration.)© Denis Meyer / Hans Lucas
L'Église catholique bénéficierait-elle d'un effet Notre-Dame ? Selon le journal Le Parisien, l'incendie aurait réveillé la foi des anciens pratiquants, ramené au bercail ceux qui avaient délaissé l'Église. Alors que les scandales de pédophilies et d'abus sexuels s'empilent, les images de la flèche de Notre-Dame, en flammes, s'écroulant sous les yeux de millions de gens, ont suscité de la « bienveillance », assure le père Côme, qui officie dans les Hauts-de-Seine.

Et certains signes montreraient déjà ce regain : les dons ont grimpé de 30 % sur le site de financement participatif chrétien CredoFunding durant les quatre premiers mois de l'année, les scouts et guides de France sont 20 % plus nombreux qu'il y a cinq ans et le nombre d'élèves inscrits dans les écoles catholiques augmente aussi (2 099 000 contre 2 032 000 en 2011). Des chiffres qui ne comblent pas le désarroi suscité par les scandales d'abus sexuels ni ne prennent le dessus sur la priorité de l'Église de lutter contre la pédophilie, mais qui rassurent la communauté catholique.

Une ferveur portée par les traditionalistes ?
L'incendie aurait ramené les brebis égarées. « Il y a une attention spirituelle plus marquée chez les fidèles que l'on rencontre et une présence dans les églises plus importante. Cela ne s'effrite pas, surtout chez les jeunes qui sont sensibles à la fois à l'écologie, l'environnement extérieur et à leur vie intérieure », confie ainsi Alexis Leproux, vicaire général de l'archidiocèse de Paris.

Une ferveur plus grande qui profiterait aussi aux catholiques les plus conservateurs, présents médiatiquement sur la PMA ou encore lors de la consultation consacrée à la loi bioéthique. Après la mobilisation contre le mariage pour tous, la reprise des soins de Vincent Lambert a été célébrée par certains milieux traditionalistes, notamment sous l'impulsion de l'avocat des parents du patient, Me Jérôme Triomphe, défenseur également de Civitas.

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