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LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

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LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

Message par Patlotch le Ven 5 Oct - 2:23

je vais reconstituer à grands traits ce sujet du forum englouti, qu'on peut lire "en cache" sur Google :


Patlotch a écrit:0. questionner le concept de révolution mondiale immédiate
1. deux bornes à la réflexion / le concept de révolution en crise
2. la centralité du concept de révolution
: Le concept de révolution chez Georges Labica
3. le concept d'inversion (dévoilement -émergence) contre le concept de révolution, Jacques Camatte
4. interlude hic
: Théorie de la révolution mondiale immédiate, Marcel Mariën, 1958
5. interlude culturel : concept de révolution, révolution mondiale...
6. D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?
7. quelle est la question ? conversation
8. une vieille question réveillée : la fin de la théorie du prolétariat
9. préciser notre recherche dans une nouvelle cohérence du forum
10. critique du concept de révolution comme étant celle de tout immédiatisme révolutionnaire, Camatte encore
11. le charme persistant du concept de révolution
12. le concept de révolution comme structure d'horizon

13. l'insurrectionnisme mettrait en cause le concept de révolution, discussion
14. retour sémantique et historique, bilan d'étape : critiquer le concept de révolution, c'est critiquer l'histoire comme étant réduite à celle de la lutte des classes. Dans la mesure où un processus révolutionnaire de changement de civilisation s'entend dans le temps long, la critique du concept de révolution n'est pas en soi contre-révolutionnaire. La perspective communiste de la communauté humaine (Gemeinwesen) n'implique pas la centralité du concept de révolution
15. révolution, inversion... bifurcation ?
la discussion que j'y tenais aboutit au changement de perspective théorique que traduit l'ouverture de ce nouveau forum. Elle s'accompagnait parallèlement de l'abandon de l'hypothèse formulée dans mon livre de l'été 2017 : LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR UNE RÉVOLUTION COMMUNISTE, à laquelle in fine je ne croyais pas moi-même, ayant poussé au bout de sa logique la tentative de conserver des éléments de la théorie de la communisation tout en abandonnant le sujet révolutionnaire prolétarien

c'est donc l'insatisfaction de cette inconséquence personnelle qui m'a conduit à franchir le pas : abandonner l'idée de la lutte de classe comme moteur de l'histoire aboutissant à une révolution d'abolition du capital et à la construction de la communauté communiste du vivant, mais tenir le principe d'un processus révolutionnaire de changement de civilisation. Et c'est dans ce basculement que j'ai relu des textes de Jacques Camatte, longuement cités, notamment à propos de son concept d'inversion/dévoilement et de son propre rejet de la lutte de classes et de la révolution dans le processus conduisant à l'homo-Gemeinwesen. J'ouvrirai le moment venu un sujet JACQUES CAMATTE ET NOUS, mais j'attendrai pour cela la traduction par un ami de deux émissions de radio en espagnol de Federico Corriente

ce que je commençais par remettre en cause, c'est la crédibilité théorique même du concept de révolution mondiale immédiate spécifique à la théorie de la communisation comme pointe avancée du dogme de la révolution prolétarienne. Pour la bonne bouche j'évoquais cette découverte


1958, réédition 2018

En 1958, Marcel Mariën élabore un programme de renversement du capitalisme à l'échelle internationale. Réalisable dans un délai d'un an. N'importe où, n'importe quand. Seul problème : trouver trois cents hommes prêts à mener à bien cette révolution. Au contraire des manuels à destination des révolutionnaires en herbe, Mariën ne cache pas combien la recette inratable qu'il détaille est vouée à l'échec. Son intention se veut avant tout performative : faire exister dans le monde une proposition d'action politique que personne, avant lui, n'avait osé formuler en ces termes. Et peut-être, qui sait, altérer le cours du monde. En introduisant le jeu au sein de la théorie, Mariën répond au constat suivant lequel, à l'âge atomique, "c'est tout le réel, d'un coup, qui sombre dans la fiction".

Marcel Mariën (1920-1993) est un surréaliste belge à la carrière protéiforme. Poète, éditeur, plasticien, photographe, cinéaste, il est l'auteur de tracts, de textes théoriques, de recueils de nouvelles (Figures de poupe, 1979, Les Fantômes du château de cartes, 1981), ainsi que du film censuré L'Invention du cinéma (1959). Entre humour et irrévérence, son style provocateur et farouchement indépendant en fait une figure essentielle de la littérature belge.


le concept de révolution, bien que, ou parce que central dans la théorie marxiste, n'est pas interrogé. Il est posé comme une telle évidence que lorsque des groupes théoriques s'engagent dans les années 1970 dans une rupture qui conduira à la théorie de la communisation, c'est ainsi qu'ils la voient :


2003

Autour de 1968, une certaine conception de la liaison entre le «  mouvement ouvrier  » et la révolution s’est définitivement effondrée. Pratiquement et théoriquement, la révolution comme dynamique de la classe ouvrière devenant classe dominante, libérant le travail et s’emparant des moyens de production existants est devenue irrémédiablement caduque. Une nouvelle période s’ouvrait alors. De nombreux groupes théoriques issus de l’ultra-gauche ou de l’anarchisme (Le mouvement communiste, Informations et correspondances ouvrières, Négation, Intervention communiste, Invariance, Quatre millions de jeunes travailleurs, etc.) ont alors tenté de comprendre et de formaliser cette rupture : la révolution communiste signifiant désormais l’abolition du capital et de toutes les classes sociales, y compris le prolétariat lui-même, devant alors se nier dans sa propre activité et abolir ses fondements que sont la valeur et le travail. La révolution était devenue communisation, c’est-à-dire une abolition sans transition du capital dans la création de rapports communistes. C’est cet énorme travail de rupture et de refondation, entrepris à l’époque, que cette anthologie présente. Aucune question concernant les luttes actuelles ne peut être abordée sans  référence au travail effectué dans cette période où le basculement dans une autre époque était le quotidien.

l'abandon de la théorie de la lutte de classe productrice de la révolution communiste relève d'une même logique. Rappelons que Marx a forgé ces deux concepts sur la base de la constitution en classe de la bourgeoisie dans la Révolution française, et qu'il les transpose dans sa vision programmatiste du prolétariat classe révolutionnaire, celui-ci étant vu, en tant que sans réserves comme n'ayant que ses chaînes à perdre, comme sujet universel missionné pour abolir toutes les classes. Ça n'a jamais marché, le prolétariat n'ayant jamais montré cet universalisme ni sa capacité à abolir le capitalisme, mais toujours celle à l'aménager comme étant sa raison d'être et de vivre, même mal. C'est aujourd'hui moins encore possible, et visiblement rien dans l'activité du prolétariat n'en annonce la possibilité future. Il n'empêche que certains le voient encore, conceptuellement, à l'assaut du ciel, concepts qui ne sont pas prêts de redescendre sur la terre du matérialisme hérité de Marx. Et c'est ainsi que de trouvaille originale, bien que tautologique (cf le syllogisme prolétarien de Christian Charrier) dans les années 70, la théorie de la communisation est devenue en quarante ans idéologie, idéalisme, et chez certains adeptes, religion

à suivre
mais nul n'est obligé


Marcel Mariën


Dernière édition par Patlotch le Dim 7 Oct - 16:43, édité 2 fois

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Re: LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

Message par Patlotch le Ven 5 Oct - 12:54


la révolution est structurée comme un horizon

j'emprunte l'idée à


en pensant très fort à la blague soviétique
- Qu'est-ce que le communisme ?
- C'est ce qui se profile à l'horizon
- Et qu'est-ce que l'horizon ?
- C'est ce qui recule au fur et à mesure qu'on avance.
comme à cette conviction de RS, pour qui l'échec de la communisation ne prouverait pas que les thèses de Théorie Communiste sont fausses, mais en reporterait la vérité la prochaine fois (2001 dans TC n°17 sauf erreur)

« Cire brûlant sous d’autres cires, conduis-moi, je te prie, vers cette vitre d’horizon,
pousse-moi cette légère et coupante cloison, vois comme nous passons sans peiner dans l’obscur empire... »

Philippe Jaccottet, L’aveu dans l’obscurité, L’ignorant in Poésie, Gallimard, 1958, p. 83
La notion de structure d’horizon permet de mieux comprendre la solidarité qui unit, en poésie, le sujet et l’objet, le visible et l’invisible, l’imaginaire et le réel, l’élaboration d’une structure déterminée et l’ouverture d’une marge d’indétermination. C’est au croisement de ces diverses approches que peut se dessiner le nouvel espace théorique nécessaire pour penser la poésie.
parmi les chapitres : I2. Extases du temps, temps de l'extase, II2. “Cet obscur objet du désir”...


l'horizon communiste en perdition ?
Collages Patlotch 1988-1989
choisi par Claudes Cabanes comme carte de vœux 1990 de L'Humanité

à propos de Sic, journal international pour la communisation
L’horizon révolutionnaire a ainsi radicalement changé. [...]
L’horizon de la communisation est donné dans les tendances conflictuelles internes aux luttes actuelles pour la défense de la condition prolétarienne, ou comme résultat de l’écart interne produit dans ces luttes, qu’elles prennent la forme d’émeutes surgissant de façon limitée et éphémère ou celle de l’auto-organisation, de l’auto-gestion, etc. [...]
C’est à partir de cet horizon de la communisation que nous cherchons à élaborer une compréhension des luttes actuelles.
tout est dit, il s'agit alors d'examiner, en vérité de sélectionner, ce qui au présent peut "annoncer" la révolution dans les termes où la théorie la pose par avance. Pour détourner Rimbaud, « Le Théoricien se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »

la théorie de la communisation n'est bien sûr pas la seule, les communistes de tous les temps ont rêvé de franchir l'horizon derrière lequel ils espéraient le bonheur de l'humanité. Ceux qui ont franchi le pas en sont revenus, ou pas...

dans les années 70, la vision démocratique de la marche au communisme à (très) petits pas renversera cette perspective durant la décomposition du mouvement ouvrier international, et, tombant dans le démocratisme radical, ne se préoccupera même plus de l'horizon, ou bien en termes de Commun(s), que les auteurs d'un livre de 2015 n'hésiteront pas à nommer... révolution


Sartre disait que « Le Communisme est l'horizon indépassable de notre temps. »

rappelons que pour Marx et Engels dans L'idéologie allemande, « le communisme n'est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement. »

il s'agit toujours pour nous d'inscrire le processus révolutionnaire dans un mouvement engagé au présent, mais l'observation ne porte pas sur ce qui annoncerait une révolution selon un dogme préétabli, elle porte sur ce qui d'ores et déjà formule le changement de civilisation dans la crise du monde actuel, et c'est pourquoi nous nous intéressons à Jacques Camatte

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Re: LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

Message par Patlotch le Ven 26 Oct - 11:59

d'hier, un ajout en bas

la révolution inéluctable ?

un exemple illustrant mon propos

sans revenir sur ce qui est pour nous réglé, on trouvera chez dndf, qui fête ses dix ans, une discussion lancée par Adé affirmant à propos des thèses de Théorie Communiste que « Rien, de toutes ces pronostications, ne s’est confirmé. »

comme lui répond RS plus bas, il a tort, puisque cela ne saurait se confirmer que par la communisation même, qui s'annonce : « Les perspectives décrites dans ces textes sont [...] différées... », mais il n'y a que dans sa tête que le prolétariat va se (re)constituer en classe pour faire la révolution

Pepe, répondant à Adé que « C'est vrai... En plus c’est vachement rare qu’en matière de théories en général, on ne soit pas capables de prévoir l’avenir de façon certaine… », comme si les théories en général avaient pour fonction de prévoir l'avenir, nous en donne une conception assez proche des religions escatologiques. Qu'est-ce qu'une théorie qui n'aurait de preuves que futures, et de fondements qu'en une croyance qui ne trouve plus de base dans la réalité sociale, mais seulement dans sa foi ? Théorie Communiste baigne en plein idéalisme

dans la suite de la discussion, Pepe, qui ne perd pas une miette de mes considérations, évoque "la révolution à titre humain" (Temps Critiques) et "ce monde qu'il faut quitter" (Jacques Camatte), et répond à Adé : « Je n’ai pas dit que la révolution prolétarienne constituait une alternative. Je te demandais quel pouvait être l’autre sujet de la révolution. »

ainsi, pour lui comme pour les marxistes en général, la sortie du capitalisme ne peut se faire que par une révolution, autre croyance jamais questionnée, la question n'étant que de connaître son sujet, ou plutôt d'affirmer qu'il ne peut être que le prolétariat, ce que confirme RS intervenant pour rappeler que selon lui, tout se ramène à l'implication réciproque capital-prolétariat : « cette identité entre implication réciproque et contradiction qui fait que le prolétariat peut remettre en cause sa propre situation ». Cette affirmation, fausse en théorie comme dans la vie, ne doit au demeurant rien à Marx mais tout au « structuralisme prolétarien » (Camatte) de TC

RS confirme ainsi le réductionnisme de Théorie Communiste, y compris par rapport à Marx concernant l'exploitation de la terre et la destruction du vivant, totalement absents de 40 ans d'écrits de la théorie de la communisation. La pirouette consiste ici à renvoyer tout ce qui sort de l'implication réciproque à des « "échappements" [qui] n’ont jamais été que du programmatisme déçu. » Pourtant, c'est bien RS lui-même qui fait de la théorie de la communisation un programmatisme attendant la fin

il y croit tellement qu'il prévient : « A trop dire “la France s’ennuie” on se prépare des lendemains inconnus. R.S », mais lui qui les connaît donne rendez-vous à la crise qui vient, ou à la suivante, puisque même si la communisation échouait, cela ne serait pas la preuve que TC s'est trompé (RS, TC13 p. 34, septembre 1994 : « Je reconnais que, dans ma démarche, le communisme est inéluctable, est-ce vraiment gênant ? Le capital n'est pas éternel. Je peux me tromper sur l'analyse de ce cycle et de la restructuration, à ce moment-là, ce sera pour la prochaine fois. »). Apprécions à cet égard les vœux de Stive, « longue vie à dndf », car à cette aune, TC/dndf est immortel. Cette théorie est falsifiable* mais pas en son noyau, ce qui est le propre de toute idéologie (Edgar Morin, La Méthode, Les idées, 1991)

* cf TC26, p. 323 : « Depuis quarante ans, les remises en cause sont partie prenante de l'histoire de Théorie Communiste, parce que, depuis le n°2 [1979], nous avons produit un socle théorique qui inclut le caractère « falsifiable » de nos propositions. » Pirouette encore, puisque quand Popper affirmait que « Le critère de la scientificité d’une théorie réside dans la possibilité de l’invalider, de la réfuter ou encore de la tester », autrement dit la nécessité qu'une science soit falsifiable, il est évident qu'il le pensait de ce qu'elle a d'essentiel, le noyau dur qui la définit. Chez TC, c'est le syllogisme du prolétariat révolutionnaire (Christian Charrier, Fin de la théorie du prolétariat)

certes, la théorie de la communisation ne se prétend pas scientifique, comme Engels avec son "socialisme scientifique". AC du blog Carbure le sait : « La théorie de la communisation est une théorie de la rupture, elle ne peut être scientifique : elle est emportée dans le mouvement de son objet... ». Elle est surtout emportée par le subjectivisme de ses théoriciens et lui ruse avec son Principe d'incertitude, rabâchant à l'envi l'« aspect scientifique [de] la loi de la baisse tendancielle du taux de profit », dont RS fait un équivalent de l'implication réciproque prolétariat-capital comme de la lutte des classes unique moteur de tout ce bordel. C'est pour affirmer aussitôt que « C’est avec assurance que nous posons des affirmations telles que « c’est le prolétariat, en tant que classe, qui fait la révolution qui abolit les classes », mais cette assurance est aussitôt saisie par le doute », un doute qui n'est qu'une clause de style préservant l'essentiel, comme chez Dauvé DDT21 : Douter de tout... pour tenir l'essentiel

Popper disait encore que « toutes les lois et les théories sont des conjectures ou des hypothèses provisoires. » Tout espoir n'est pas perdu puisque TC affirme : « S'il avait fallu abandonner la "question fondatrice", nous l'aurions fait... ». À l'impossible nul n'est tenu


c'est le monde des certitudes dont il font théorie définitoire et définitive que nous avons quitté, pas celui des contradictions du capital, et l'espoir d'en sortir repose aujourd'hui heureusement sur bien plus que les épaules de ce pauvre prolétariat, qui n'en peut mais

ajout

à Adé qui écrivait
Tout cela n’a aucune espèce de consistance, aucun impact, aucun fondement réel, dans la société réelle et ne relève plus que d’une croyance : aujourd’hui, peut-être (pas), ou bien demain, en différé.
RS répond
Aucune espèce de consistance” :
La société actuelle : MPC ou pas MPC ?
Si oui : est-ce une “croyance” ?
Exploitation= développement du capital = contradiction P / K = pl / C+V
Est-ce que cela n’a aucune espèce de consistance ?
mais enfin, ce qui relève d'une croyance est que cela, la réalité du capital [MPC : mode de production capitaliste], dont ni Adé ni moi ne doutons, produirait la révolution via la lutte de classe du prolétariat. RS semble même en douter, qui affirme :
Je ne parlais pas dans mon courrier de “communisation” (terme que pour le moment j’emplois avec la plus grande parcimonie) mais de la situation actuelle.
ceci après avoir insisté sur « C'est au présent que nous parlons de communisation », formule ambiguë toujours en exergue de dndf, et qui fera les beaux jours de la drague des "activistes" par TC dans Meeting et SIC. On s'amusera encore de cette définition extensive de la théorie :
RS a écrit:il faut même de la théorie pour dire que ce que tu manges est du gâteau et pas un cuissot de jeune éléphante [car] le “direct” de la “pratique” te dit seulement que tu manges.
bêtement, moi, qui mange pour vivre, je mange donc je suis sans penser que je mange, mais quand j'y pense en mangeant du poulet, je sais sans théorie que c'est pas du gâteau. On apprend encore que RS « n’a pas de “fétiche du prolétariat”, de “deus ex machina” », d'où l'on se demande alors comment il passe du capital à la révolution par le prolétariat, qui est le cœur de sa théorie. N'est-ce pas plutôt lui le "déçu du programmatisme", et qui donnerait raison à Temps Critiques parlant en 2006, à propos de TC, de Derniers feux du programmatisme prolétarien. J'ai ma petite idée sur les raisons personnelles biographiques de RS pour en demeurer là, à cette vengeance ultime du prolétariat. Lui qui m'écrit paradoxalement « Il y a des fois où ta suffisance "de classe" fait pitié » fait bon cas de ses insuffisances théoriques et de celles pratiques de son prolétariat

quant à la théorie,
RS a écrit:C’est la capacité interne de ses concepts à se critiquer qui est la mesure de sa validité.
ben non, désolé, tu peux amender autant que tu veux une théorie essentiellement fausse, ça ne la rendra pas valide pour autant, preuve par TC26, dont rien ne vient conforter "la question fondatrice", mais la colmater par la vision kaléidoscopique d'un prolétariat introuvable comme classe constituée. Mais enfin, tout cela, RS le sait, et préfère répondre à côté en faisant mine de ne pas comprendre. Il y a un moment où sa motivation apparaît plus égotiste que théorique, comme s'il voulait sauver non tant sa théorie boiteuse - il s'y prend bien mal -, que sa réputation de théoricien sérieux : en prenant ses lecteurs pour des imbéciles ?

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Re: LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

Message par Patlotch le Ven 26 Oct - 16:28

je n'ignore pas comme faire son deuil de la révolution et du prolétariat possiblement révolutionnaire est difficile, et source d'isolement et de rejet, comme "contre-révolutionnaire", par tous ceux qui, ayant traité Camatte en chien crevé après l'avoir pillé, refusent de franchir ce pas, contre vents et marées fidèles, car la plupart sont des vieux comme moi, aux idées de leur jeunesse

cet isolement est le prix à payer pour penser les voix réalistes de sortie du capitalisme. Je dis réaliste au sens d'utopie concrète, contre le mot d'ordre romantique 68tard repris à Che Guevara « Soyons réaliste, exigeons l'impossible ! »

qui ça n'intéresse pas peut toujours souscrire à Commune, magazine populaire pour une nouvelle ère de la révolution, dont j'ai parlé dans les clowns de l'avant-garde. Ils sont bien partis, Joshua Clover, Jasper Bernes et leur bande de poètes américain.e.s pour s'internationaliser et accueillir, qui sait ? des textes communisateurs, qui se referont ainsi une santé par-delà leurs désaccords irréductibles, puisqu'ils ont commencé en traduisant le premier (L'émeute prime)

misère de qui n'a que l'opportunisme et le mensonge à soi-même pour exister

Arrow

je ne veux pas me contenter de faire table rase du passé, au sens renversé du programme des luttes de classes et de leurs théories qui ont échoué à renverser le capital en faisant chanter, dans tous les sens du terme, des générations de prolétaires


c'est pourquoi une des lignes directrices de ce forum est de chercher à comprendre ce qui change sous nos yeux, entre idéologie dominante et nouveau paradigme de la compréhension du monde par les luttes en divers domaines, témoignant de leur remise en cause radicale du capitalisme, mais pas forcément dans un affrontement de classe à base prolétarienne. De comprendre en quoi il peut y avoir construction d'une hégémonie d'opposition au capital. Il ne s'agit pas d'en faire telles quelles de nouvelles luttes révolutionnaires, car elles se montrent plutôt modestes de ce point de vue, mais de saisir pourquoi et comment, quand une idée s'empare des masses, elle devient force matérielle (Marx, Critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843)

il s'agit donc de saisir que le monde n'a pas changé seulement par des révolutions, qu'elles n'auront été historiquement que des moments courts dans des processus plus longs, et qu'il n'est pas de raisons pour penser qu'il en irait différemment dans l'avenir

il est évidemment essentiel et heureux que dans ce processus, les rapports entre l'humanité et la nature, ou mieux dit l'appartenance de l'humain au monde vivant, soient la source même de la mise en cause du capital(isme), puisqu'il en est la destruction. Nous avons là quelque chose de bien plus radical - prenant les choses à la racine, dit Marx -, que la seule contradiction entre classes capital-prolétariat, qui n'en est qu'une partie, et non le tout des marxistes

alors tant qu'à faire, ne soyons pas révolutionnaires à moitié


En botanique, la racine est l'organe souterrain d'une plante servant à la fixer au sol et à y puiser l'eau et les éléments nutritifs nécessaires à son développement.

bien creusé, vieille taupe !


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