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ceci n'est pas un roman

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ceci n'est pas un roman

Message par Patlotch le Sam 6 Oct - 5:11



2009

INTRODUCTION : Mangez-vous les uns les autres p. 19-21
LA LOI DE LA JUNGLE, DE LA NATURE À LA SOCIÉTÉ

En ce temps-là, dans les salons de l'Angleterre victorienne, on évoquait la haute figure de Charles Darwin. Il avait disait-on, percé les ultimes secrets de la nature. Celle-ci était cruelle et favorisait toujours le plus fort. Y régnait la fameuse « loi de la jungle », cette jungle du sous-continent indien que les Anglais venaient d'annexer définitivement à la Couronne, en 1858, soit un an avant la publication du fameux ouvrage du savant sur le rôle, décisif à ses yeux, de la sélection naturelle dans les mécanismes de l'évolution (The Origin of Species, Londres, Jogn Murray, 1859).

En fait, l'oracle darwinien parvenait aux oreilles de ses contemporains par le truchement d'un fidèle compagnon du grand naturaliste, Thomas Henry Huxley. Huxley força le trait : alors que Darwin parlait de l'avantage dont bénéficiaient les êtres les mieux adaptés à leur milieu, et donc, pour cette raison, incontestablement les plus forts, Huxley insistait sur cette seconde proposition : les griffes et les crocs des carnivores étaient désormais considérés comme les sanglants symboles de la dure et inflexible loi de la nature. Au reste, ne savait-on pas depuis toujours que les êtres vivants se nourrissent les uns des autres ? « Mangez-vous les uns les autres » : telle est bien, résumée en une formule lapidaire, l'impitoyable relation que les prédateurs entretiennent avec leurs proies.

Le modèle darwinien de la nature ne tarda pas à être plaqué sur la société par les philosophes de son temps. Marx, qui vivait alors à Londres, a rencontré Darwin. En juin 1962, il écrit à Engels : « Ce qui m'amuse, chez Darwin, que j'ai revu, c'est qu'il déclare appliquer la théorie de Malthus aux plantes et aux animaux. Il est remarquable de voir comment il reconnaît chez les animaux et les plantes sa propre société anglaise, avec sa division du travail, sa concurrence, ses ouvertures de nouveaux marchés et sa malthusienne lutte pour la vie. » Dans une autre lettre à Engels à propos de l'origine des espèces, il renchérit : « Bien que cela soit exposé dans le style rude des Anglais, c'est le livre qui contient les principes d'histoire naturelle adaptés à nos vues. » La théorie de la lutte des classes trouvait désormais sa justification dans les luttes opposant plantes et animaux entre eux.


MORT D’UN BOTANISTE PÉDAGOGUE, JEAN-MARIE PELT
Marie-Noëlle Bertrand L'Humanité 24 Décembre 2015

Figure estimée de l’écologie, Jean-Marie Pelt est décédé hier. Il défendait une vision pacifiée des relations entre homme et nature.

Beaucoup avaient l’habitude de le suivre, chaque samedi, dans son jardin de Moselle. À l’heure où le café de fin de repas embaume les après-midi engourdis par l’aubaine d’une sieste, lui embarquait l’auditeur de France Inter, assidu ou de passage, sur les traces qu’on imaginait laissées par ses bottes dans une terre lourde et noire. Jean-Marie Pelt savait, d’un froissement de feuille, en faire remonter le fumet automnal à l’oreille, aussi bien que la fraîcheur printanière.

À l’âge de 82 ans, le botaniste pédagogue et figure estimée de l’écologie est décédé hier. Connu du grand public entre autres pour ses chroniques dans l’émission CO2 mon amour, animée par Denis Cheissoux sur la radio publique, il laisse, derrière lui, un chapelet de batailles et une traînée d’histoires, commençant toutes par P.

« Raisonnablement darwinien mais farouchement anticréationniste »


P, comme plantes. À moins que ce ne soit F, comme fleurs. Quoi qu’il en soit, dès 1980, Jean-Marie Pelt expliquait à Jacques Chancel, dans l’émission Radioscopie : « Sans elles, je ne peux pas exister, et pourtant je suis un urbain. » Il était, à l’époque, adjoint au maire de Metz depuis 1971. Lui qui avait poussé, dès 1933, à Rodemack, petit village de Moselle, restera ainsi citadin douze ans durant. « Je crois que cela n’a pas été bon pour moi », confiait-il, toujours à Jacques Chancel. « Mais cela a été bon pour Metz. Cela a fleuri la ville… »

Proche de l’écrivain et parlementaire de droite Maurice Schumann, catholique fervent, « raisonnablement darwinien mais farouchement anticréationniste », disait-il, Jean-Marie Pelt était surtout porteur d’une vision cherchant à réconcilier l’homme et la nature. La graine n’avait pas germé loin de l’arbre. Un arrière-grand-père qui, à la fin du XIXe, cultivait les orchidées en serres, un grand-père jardinier, dont il collera les basques, écumant avec lui les plates-bandes enherbées, Jean-Marie Pelt a commencé la botanique à l’ancienne : en observant.

Puis il fera des études. La pharmacie, d’abord, qu’il exercera brièvement, avant de revenir sur les bancs de la fac, en tant que botaniste, cette fois. Il l’enseignera à l’université de Nancy, puis à celle de Metz. En 1963 il fonde, dans la ville, l’Institut européen d’écologie, installé dans le cloître des Récollets et dont il restera président jusqu’à sa mort.

Le public le découvre à la télé dans les années 1980, grâce à l’émission l’Aventure des plantes, à travers laquelle il raconte cette vaste « suite de civilisations végétales, qui n’ont pas dit leur dernier mot ». Ses interventions dans les médias et une soixantaine de livres feront le reste. Tout autant que ses batailles, qui installeront sa popularité, singulièrement dans le milieu écolo. En 1997, lorsque la France autorise la mise en culture de maïs transgénique, Jean-Marie Pelt est l’un des tout premiers à plaider pour le principe de précaution.

« Les OGM posent 
un problème éthique »


Peu après, il participe à l’équipe fondatrice du CRII-GEN, Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique, dont il restera longtemps secrétaire général. « Les OGM posent un problème éthique », expliquait-il, en 2013, dans un entretien accordé au Point. « Une poignée de multinationales concentrent tous les pouvoirs (…). L’ivresse produite par le progrès technologique empêche parfois de raisonner… » L’écologie, c’est une « valeur visant à réussir la convivialité entre tous les humains porteurs de paix mais aussi entre tous les vivants », expliquait-il, il y a quelques mois, dans un entretien accordé à Alter Eco. « La nature, ce n’est pas seulement la loi de la jungle. C’est aussi un espace de coopération qui nous offre un exemple à méditer. »


2000


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