SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch

les classes moyennes en questions

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Message par Patlotch le Sam 6 Oct - 7:31


fin de la théorie révolutionnaire classiste

dans le précédent forum existait un sujet traitant des couches et classes moyennes et de leur évolution et rôles historiques sur plusieurs critères sociologiques ou théoriques, alimenté de nombreux articles, textes et documents. J'y reviendrai dans l'esprit de ce nouveau forum de façon plus impressionniste

pour commencer, dire que je ne partage pas la partition théorique que s'efforce de promouvoir, entre autres, Hic Salta, avec son feuilleton sur Le ménage à trois de la lutte des classes, focalisé sur la classe moyenne salariée. Cette tripartition relève de l'approche binaire capital-prolétariat, et fabrique théoriquement un objet intermédiaire, la classe moyenne, pour démontrer qu'elle ne peut être que contre-révolutionnaire, mais sans démontrer, voire au contraire, que le prolétariat pourrait le devenir, ce qui est pourtant le credo de la théorie de la communisation dont relève le site Hic Salta – Communisation. C'est sa contradiction et son impasse aujourd'hui, perceptible chez Théorie Communiste aussi (TC 26, Le kaléidoscope du prolétariat) : cette conception ne trouvant plus ses bases dans le cours actuel du capital en vient à colmater ses thèses vieilles de quarante ans en faisant du remplissage qui ne les valide plus

ces textes de Hic Salta portent certes des analyses sérieuses très intéressantes, mais le font d'un point de vue qui écarte les rapports au capital qui n'entrent pas dans ce schéma "dialectique", et partant de là, cette grille de lecture fonctionne de manière tautologique en évacuant ce qui en montre le réductionnisme : les luttes des femmes, les luttes écologiques, etc. qui font face au capital mais pas au sens de la lutte de classe ouvrière

je ne remets pas en cause l'existence des classes sociales en tant que constructions que la sociologie peut décrire, mais leur constitution pour soi comme alpha et oméga du devenir historique, l'histoire actuelle comme réduite à celle de la lutte des classes au sens marxien du terme. On ne peut certes nier l'existence d'une classe moyenne et de son activité différente de celle du prolétariat ouvrier, mais ce schéma conceptuel ne permet pas de penser les contradictions motrices du capital aujourd'hui dans leur diversité complexe, et le permettra moins encore demain

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Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 20:59


cause toujours

dndf livre une variante italienne, après celle d'Hic Salta/Astarian, de l'idéologie prolétariste des couches moyennes : Photos à travers la vitre, Classe moyenne déclinante et frustrée, Il lato cattivo*. Rien de nouveau sous leur soleil, ils marchent à l'ombre et leur vitre est sale...

* traduction de Classe media declinante e frustrata, PDF septembre 2017, p. 8


leur définition de la classe ouvrière productrice (de plus-value), qu'ils nomment prolétariat, est fausse. La plupart des marxistes analysant le capitalisme en subsomption réelle en conviennent : sont producteurs de plus-value y compris des cadres concepteurs, techniciens et ingénieurs de production, du moins pour une partie de leur temps quand ils ne font pas, justement, qu'encadrer ceux qui n'ont que des « tâches d’exécution ». Il y a exécution et exécution, le travail d'un ouvrier qualifié, hautement productif de valeur ajoutée, n'est pas qu'exécution, et tel technicien ne fait qu'exécuter, avec moins de valeur intellectuelle ajoutée dans le geste de travail qu'un fraiseur de précision. Il se peut qu'ils touchent le même salaire. Quoi qu'il en soit ils exécutent tous des ordres ;-)

quand ils affirment que « Marx lui-même [...] a tout de même privilégié la définition du prolétariat comme classe du travail productif, plutôt que comme classe des « sans réserves » », c'est contradictoire avec le fait que, pour Marx comme pour les communisateurs, c'est en tant que « sans réserves » que le prolétariat entre en révolution (Astarian insiste sur ce point). Le passage de travailleur productif à sans réserves potentiellement révolutionnaire est donc des plus flous. C'est pourquoi j'insistais sur la différence entre classe en soi (sociologiquement décrite, dans les rapports de production pourquoi pas) et classe constituée ("pour soi"), le problème étant le passage de l'une à l'autre, que rien n'annonce aujourd'hui. À ce critère flottant - travailleur productif vs sans réserve -, la "prolétarisation", on ne sait plus trop ce que c'est, même s'il est juste de ne pas la confondre avec la paupérisation (appauvrissement). Bref, ils s'y perdent eux-mêmes et ne se rendent pas compte de leur inconséquence. Ils taillent selon leurs besoins théoriques du moment un prolétariat sur la mesure des espoirs qu'ils ont misés en lui

on connaît le schéma dans lequel cela s'inscrit : le prolétariat est potentiellement révolutionnaire, la classe moyenne toujours contre-révolutionnaire... blabla ad nauseam. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ? Ce qui passe à la trappe de leur dialectique pseudo-savante, c'est le rapport de tous au capital tel qu'il est aujourd'hui au-delà d'un mode de production économique

on connaît aussi la conséquence théorique, via Théorie Communiste qui, ne voyant rien venir de ce qu'il annonce, définit la période actuelle comme « une séquence particulière », persuadé qu'à la sortie de cette parenthèse, apparaîtront de nouveau les "écarts" dans lequel le prolétariat manifestera par le contenu de ses luttes sa pratique intention de ne pas le rester. En version Il lato cattivo, ça donne le « tunnel » : « En tout cas, contre tout 'possibilisme', la prépondérance des mouvements interclassistes et l’absence d’une dynamique visible inhérente aux luttes du prolétariat excluent catégoriquement une reprise révolutionnaire à court terme. Pour l’instant, rien n’indique que nous sommes sortis du tunnel, et par rapport aux années qui ont immédiatement suivi la crise, le scénario est devenu plus sombre. »

c'est d'autant plus sombre qu'ils obscurcissent le tableau, de sorte que ne voit plus rien qui regarde ailleurs que l'essentiel de la période actuelle, tel que nous en l'avons exposé dans les autres sujets

j'aurais pu verser ce commentaire dans LE CONCEPT DE RÉVOLUTION ou LES AVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE (ici) comme un exemple de plus d'une foi en la révolution qui viendra, que leur théorie n'explique et ne démontre nulle part, la cause n'en étant pas théorique, mais socio-psychologique

et comme dit un ami : « On ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif. »


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Message par Patlotch le Lun 21 Jan - 10:18

via Observatoire des inégalités @Obs_ineg


Le CSA a présenté son « Baromètre annuel de la diversité de la société française 2018 » à la télévision, le 10 janvier dernier. Sont passés au crible la représentation des origines, de l’âge, du handicap, des catégories socioprofessionnelles ou de la précarité. Et, pour la première fois, celle du lieu de résidence pour refléter la diversité des territoires. Le petit écran peut encore mieux faire…

« Pour la première fois, [est produite] une mesure objective de l’image des quartiers de la politique de la ville et de leurs habitants dans les médias télévisuels », se félicite le Conseil national des villes. Ce travail, résultat d’une « riche collaboration avec le CSA », va se poursuivre, cette année, sur l’image des quartiers dans les réseaux sociaux et les webtélés, comme dans la presse nationale.

Les enseignements
Quelles sont les typologies des personnes qui s’expriment à l’antenne et celles que montrent les programmes télévisuels, aux informations et dans les fictions ? Le rapport du CSA souligne notamment « un effort à accentuer concernant deux nouveaux sujets de préoccupation : la représentation de la diversité des territoires et de la précarité ».

En effet, les personnes résidant dans les grands ensembles de banlieues populaires sont très peu représentées à l’antenne, de même que celles résidant dans les Outre-Mer et les quartiers périphériques.
Le CSP est un outil de segmentation de marketing conçu par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui permet l'analyse de la structure du marché, en regroupant les ménages selon des caractéristiques socioprofessionnelles communes.

On distingue huit grandes catégories qui seront systématiquement présentées dans l'ordre suivant :

1) agriculteurs exploitants,

CSP +
2) artisans, commerçants et chefs d'entreprise,
3) cadres et professions intellectuelles supérieures,
4) professions intermédiaires (cadres moyens),


5) employés et personnel de service,
6) ouvriers qualifiés,
7) manœuvres et ouvriers spécialisés,
Cool autres personnes sans activité professionnelle.

Le sigle CSP+ est utilisé pour désigner les CSP supérieures, sous-entendu disposant d'un pouvoir d'achat plus élevé que la moyenne.
un "outil de segmentation pour le marketing" pour juger de la "diversité à la télé" : ce doit être pour les pubs, "pouvez-vous l'acheter ?"

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Message par Patlotch le Jeu 24 Jan - 20:27


« Le salaire premier critère d'attractivité...
une guerre des talents...
une frustration du pouvoir d'achat incontestable... »


Emploi : les cadres ont toujours le vent en poupe
Corinne Caillaud Le Figaro 24 décembre

Les cadres profitent de la fluidité du marché de l'emploi et la guerre des talents devrait continuer de pousser les salaires à la hausse.

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Le nombre d'offres d'emploi cadre a progressé de 15% en 2018
162910618/Freedomz - stock.adobe.com
Comme en 2018, la dynamique du marché de l'emploi devrait être favorable pour les cadres en Europe cette année encore où une majorité des secteurs d'activité ont atteint le plein-emploi pour cette catégorie. Selon l'étude de rémunération 2019 du cabinet international de recrutement de cadres supérieurs et middle management Robert Walters, le volume d'offres est particulièrement important en Irlande qui profite de la crise du Brexit, mais aussi en Espagne qui rebondi après plusieurs années compliquées.

La France se classe toujours en milieu de tableau avec des perspectives positives sur les salaires. Ils se situent même pour la première fois à un niveau quasiment identique à ceux pratiqués outre-Manche, l'incertitude liée au Brexit ayant entraîné un tassement des rémunérations au Royaume-Uni.

Si l'Hexagone a connu dix années difficiles, un fort rebond a été enregistré sur la demande de cadres depuis 2015. En 2018, le nombre d'offres d'emploi cadre a progressé de 15% par rapport à 2017. Ainsi plus de 80% des cadres tricolores sont confiants dans les opportunités de leur secteur. «Il y a eu un effet Macron, moins évident depuis deux mois avec le mouvement des «gilets jaunes» qui engendre incertitudes et indécisions voire une certaine crainte», souligne Antoine Morgaut, PDG Europe et Amérique du Sud de Robert Walters.

Le salaire premier critère d'attractivité

Les nouveaux postes liés à la digitalisation boostent l'emploi des cadres avec des besoins en expertises pointues. Rien d'étonnant donc à ce que les nouvelles technologies et le digital avec notamment les data scientist figurent en tête des métiers en tension suivis des secteurs de la finance et de la comptabilité, du juridique et de la conformité. Le domaine de la santé a également besoin de ressources à tous niveaux. « Cette guerre des talents se traduit par un besoin accru de spécialistes en recrutement qui redonnera aux ressources humaines une place centrale dans la stratégie des entreprises », indique de son côté Coralie Rachet, directrice France de Robert Walters.

D'autant que les attentes des cadres ont évolué puisqu'ils recherchent à la fois liberté, flexibilité, et un juste équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Ils raisonnent par ailleurs de façon nomade tant sur le plan national, qu'à l'international. Quelque 200.000 cadres français changent de postes chaque année.

Pour autant, alors que le cabinet international réalise cette étude depuis dix ans, c'est la première fois que la rémunération (75%) arrive en tête des critères cités par les cadres pour le choix d'une entreprise ou d'un poste devant l'intérêt du travail (72%) et l'équilibre vie privée-vie professionnelle (49%). Ils sont 34% à s'attendre à une augmentation de plus de 7% de leur rémunération. «Il y a une frustration du pouvoir d'achat incontestable», commente Antoine Morgaut.

L'équation risque d'être compliquée pour les entreprises face aux attentes des candidats qui se sentent en position de force.

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Message par Florage le Mer 27 Mar - 15:48


fonctionnaires, encore une effort pour être comme les autres
avant de disparaître
Patlotch a écrit:je le place ici puisqu'en gros, les fonctionnaires, ayant un travail salarié à temps plein, ou partiel choisi, appartiennent aux couches sociales du salariat moyen, bien que les plus bas salaires soient inféieurs à ceux du privé (il faut une prime compensatoire pour atteindre le SMIC...)

en 2012, l'année de ma retraite comme "non-titulaire de la Fonction publique d'État", je disais un brin cynique à un jeune Secrétaire administratif (cat. B) sur-diplômé : « Ne t'inquiète donc pas, avant que tu n'arrives à l'âge de la retraite, il n'y aura plus de fonctionnaires. » Le pas franchi par la réforme Macron en cours est de passer à un volant de contractuels sur statuts divers de plus en plus précaires, à un rapprochement des situations de tous les salariés des trois Fonctions publiques, fonctionnaires ou pas

car il est au sein des fonctions publiques une race à art de contractuels de toutes catégories (et même "hors catégorie" comme les Administrateurs Civils ou Ingénieurs d'en-haut), mais massivement de la plus basse, équivalente à la catégorie C, dont la majorité sont en CDD d'un an renouvelables 2 fois, cad 3 ans en tout

cette situation n'a fait que s'étendre, et la réforme en cours dans le tuyau gouvernemental devrait l'officialiser comme étant la règle, avec des mesures qui toucheront aussi les fonctionnaires "à vie", ceux qui ont passé des concours



Le gouvernement présente aujourd'hui en conseil des ministres son projet de loi sur la réforme de la fonction publique. Il propose d'augmenter le recours aux contractuels et de développer la rémunération au mérite, importée tout droit des pratiques du privé.

La loi présentée par le ministre de l'Action et des Comptes publics comme un acte de refondation du contrat social entre l'Etat et ses agents, entend ainsi transformer en profondeur le service public en luttant contre les normes et les lourdeurs qui le freinent et l’entravent au quotidien.

En réalité, derrière ce vocable habituel de la « modernisation » et de « l’efficacité des politiques publiques », qui passerait par une meilleure utilisation des deniers publics, il faut entendre réduction des coûts et conversion des services publics aux logiques du privé.

Ce texte s’ancre ainsi dans la logique affichée par le gouvernement de réduire le nombre de fonctionnaires et la masse salariale, dans la droite ligne des politiques menées depuis une dizaine d’année et initiées par le président Sarkozy avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux entre 2008 et 2012 : la fameuse révision générale des politiques publiques, plus connue désormais sous son acronyme de RGPP.

Pourtant le gouvernement se défend de poursuivre cette logique de suppression aveugle de postes dans la fonction publique. Le texte actuel reste relativement silencieux sur la question du nombre de postes de fonctionnaires. Il faut dire que la crise des gilets jaunes est passée par là et qu’il est plus difficile -à l’heure où les manifestants dénoncent l’éloignement inexorable des services publics- de claironner la promesse du candidat Macron de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires pendant son quinquennat.

Ainsi comme l’explique le député de la majorité Sacha Houlié :  « Il faut se rapprocher de l’objectif de 120 000 suppressions de postes. Mais la leçon des gilets jaunes, c’est que la logique comptable ne fait pas une politique publique. La quête de sens doit être au centre de ‘l'action publique » fin de citation.

Une forme de lucidité paradoxale, d’épiphanie de mi-parcours, qui a conduit la majorité à proposer cette réforme. Sans annoncer de réduction drastique des effectifs le gouvernement entend néanmoins faire sauter un certain nombre de spécificités du service public pour l’aligner sur les logiques du privé.  

Le texte prévoit notamment un recours facilité à des employés contractuels. Afin de « diversifier, je cite, les viviers de recrutement » et « s'adjoindre de nouvelles compétences issues du privé », l’Etat pourra embaucher davantage de contractuels, pour occuper des postes jusqu’alors dévolus à des fonctionnaires. Ils auront ainsi accès aux « emplois de direction de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements de la fonction publique hospitalière ».

Le texte donne ainsi naissance au « contrat de projet » pour répondre à des missions spécifiques. En clair, il s’agit de l’élaboration d’un nouveau contrat à durée déterminée, d'une durée maximale de six ans et qui n'ouvre de droit ni à un CDI, ni à une titularisation. En clair, une précarisation avancée des personnels de la fonction publique, suivant des logiques de flexibilisation et de modernisation prétendue que l’on avait déjà vues appliquées au privé.

Mais bien sûr, cette joyeuse innovation ne s’arrête pas là. Le gouvernement entend également chiper au modèle de l’entreprise le principe de la rémunération au mérite.

Les contractuels pourraient ainsi être rémunérés en fonction des résultats obtenus. S’inspirant de la politique du chiffre, qui devait s’échapper des entrepôts taylorisés d’Amazon, pour coloniser les objectifs de la police et des centres hospitaliers, le ministère des comptes publics entend généraliser ces pratiques à l’ensemble de la fonction publique.

Ainsi le gouvernement masque derrière ces objectifs d’efficacité, le calque complet des politiques du privé. Comme l’explique le politologue Nicolas Matyjasik, « on importe le langage fonctionnel de l’entreprise en parlant de rémunération au mérite ou de contractualisation » pour faire oublier l’incapacité formelle du gouvernement à élaborer un projet cohérent pour l’ensemble de ses agents.

Ruptures conventionnelles, contrats de projet...
Que contient le projet de réforme de la fonction publique ?

franceinfo 27/03/2019

Vers une fonction publique "plus attractive et plus réactive" ? Le gouvernement présente, mercredi 27 mars, en Conseil des ministres, son projet de loi de transformation de la fonction publique. Le texte devrait être "adopté avant l'été" et "applicable au 1er janvier 2020", a annoncé Olivier Dussopt, le secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre plus large d'une suppression de 120 000 postes d'ici à 2022 – mais aucun dans le milieu hospitalier.

Cette réforme est toutefois rejetée par les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC), qui accusent le gouvernement de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l'indépendance des agents à l'égard du pouvoir. Sept syndicats ont d'ores et déjà appelé à une journée nationale d'action et de grève le 9 mai [dans un mois-et-demi, quel empressement !]. Voici ce que contient cette réforme de la fonction publique.

Un plus grand recours aux contractuels

Les emplois permanents de l'Etat resteront occupés par des fonctionnaires, mais le gouvernement veut "faciliter les recrutements sur les métiers qui ont des spécificités peu présentes dans le public", résume Gérald Darmanin. L'intégralité des emplois de direction seront donc ouverts aux contractuels (pour les collectivités à partir de 40 000 habitants). "Les employeurs publics auront désormais la possibilité de recruter par voie de contrat sur les emplois de toute catégorie hiérarchique, et non plus seulement de catégorie A", précise le gouvernement dans son exposé des motifs de la loi.

"Ce n'est pas une mauvaise idée en soi", a expliqué sur franceinfo Fabien Tastet, président de l'Association des administrateurs territoriaux de France (AATF). Mais cela devient une mauvaise idée dès lors qu'on ne pose pas des garde-fous et c'est tout le problème du texte gouvernemental." Il réclame notamment des garanties sur la déontologie, les rémunérations et les aptitudes. "Le gouvernement attend des miracles [financiers] de cet afflux de contractuels dans la fonction publique, ajoute-t-il encore. Mais un contractuel va demander sur un poste de direction 15%, 20% voire 30% de plus que les fonctionnaires qui occupaient précédemment le poste."

La création d'un "contrat de projet"
La réforme prévoit également la création d'un nouveau type de contrat à durée déterminée au sein de la fonction publique : le "contrat de projet". Celui-ci est ouvert à toutes les catégories hiérarchiques mais ne pourra pas aboutir à un contrat à durée indéterminée ni à une titularisation. Il devra prendre fin quand le projet ou l'opération en cours est terminée et sa durée ne pourra pas dépasser six ans.

Des plans de départs volontaires

"Nous allons favoriser les départs volontaires vers le secteur privé avec des dispositifs qui existent en droit commun et que nous allons renforcer", explique aussi le secrétaire d'Etat Olivier Dussopt. "Nous portons une attention toute particulière aux agents dont les services sont restructurés et dont le poste peut être supprimé. (...) Nous allons mettre en place des dispositifs de départ vers le secteur privé très incitatifs avec un accompagnement renforcé." Ces dispositifs interviendraient seulement "après des transformations qui auraient eu lieu dans un ministère", précise Gérald Darmanin [c'est un classique : les "restructurations" tant des niveaux régionaux absorbant les niveaux départementaux, qu'au sein des Administrations centrales, sont traditionnellement organisées à cette fin depuis deux à trois décennies]

La création de ruptures conventionnelles
La rupture conventionnelle donne lieu à une indemnité dont les montants – minimal et maximal – seront fixés par décret simple. Elle devra être remboursée en cas de retour dans la fonction publique dans les trois années après le départ et ne pourra pas bénéficier aux contractuels. Luc Farré, secrétaire général de l'Unsa, regrette que cette question n'ait "jamais [été] présentée, ni citée durant toute l'année 2018", au cours de laquelle syndicats et gouvernement se sont rencontrés à une cinquantaine de reprises.

Des débats sur la durée du temps de travail
Quelque 310 000 agents travaillent moins que le seuil légal des 35 heures, dont 190 000 alors que leurs conditions de travail ne le justifient pas, selon un rapport de l'Inspection générale des finances remis à Bercy. "Ce sera évoqué dans le cadre de la discussion parlementaire", assure le ministre Gérald Darmanin. Dans son exposé des motifs, le gouvernement souhaite en effet harmoniser le temps de travail dans la fonction publique territoriale en supprimant les régimes dérogatoires à la durée légale du travail (1 607 heures). Les régimes de travail spécifiques (travail de nuit, dimanche, jours fériés, travail pénible ou dangereux...) ne sont pas concernés.

Une refonte du dialogue social
Le projet de réforme prévoit encore une refonte, comme dans le privé, des instances de dialogue social – en divisant par moitié les 22 000 instances de dialogue – ainsi que des mesures pour "favoriser la mobilité" (géographique et entre les ministères) des agents et la transposition dans la loi de l'accord sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes. Il pourrait donner lieu à une dizaine d'ordonnances.

ajoutons encore la fusion des instances de représentation, et des avancements ou promotions sans CAP
Le projet de loi prévoit la fusion des comités techniques et des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), à l’image de la fusion des instances de représentation du personnel intervenue dans le privé avec la réforme du Code du travail. Il enlève aux commissions administratives paritaires (CAP), instances qui traitent des carrières individuelles, les compétences en matière de mobilité et de mutation.


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Message par Florage le Jeu 11 Avr - 14:46

Patlotch a écrit:enquête à relativiser si l'on s'intéresse à la classe moyenne mondiale. Elle parle des pays de l'OCDE (voir liste en bas), où ne figurent pas la Chine, l'Inde, l'Asie du Sud-Est... le Brésil, l'Argentine... la Russie, l'Ukraine... aucun pays d'Afrique. En sont donc exclus les pays "du Sud" les plus pauvres, ce qui ne les empêche pas d'être parfois en pleine expansion de leurs couches moyennes. Cette enquête est donc globalement valable pour l'Europe occidentale et ce qu'il est convenu d'appeler "l'Occident", le Canada et les Etats-Unis, Israël, et les pays les plus influencés dont le Japon et la Corée du Sud. On eut l'entendre comme une sorte de cri du cœur, ou du chœur des couches moyennes "occidentales". Si l'on préfère un chant du signe... et du cygne


Dans un rapport édifiant, l'OCDE décrypte le rétrécissement et la fragilisation des classes moyennes dans les pays développés. Un facteur d'instabilité politique.

C'est un rapport sur l'écrasement des classes moyennes qui va particulièrement résonner en France, dans un contexte marqué par le mouvement des Gilets jaunes, interprété comme l'expression d'un ras-le-bol de la classe moyenne inférieure. Mercredi, l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a publié une vaste étude* en anglais qui montre un mouvement général d'attrition des classes moyennes à travers ses pays membres. « Le rêve de la classe moyenne reste de plus en plus un rêve pour beaucoup », résument ses auteurs. De quoi expliquer la montée des partis populistes et la défiance croissante exprimée envers les institutions dans de nombreux pays.

Dans un précédent rapport sur les inégalités**, l'OCDE avait montré que les possibilités d'ascension sociale pour les classes moyennes inférieures s'étaient réduites ces dernières années. La France est particulièrement concernée. Il faut désormais six générations pour la descendance d'un foyer aux revenus modestes pour atteindre le revenu moyen des Français, un chiffre plus élevé que dans beaucoup de pays, preuve de la reproduction sociale (il est compris entre 2 et 5 générations).

Sous pression
Cette nouvelle étude montre comment les classes moyennes, ici définies comme les personnes gagnant entre 75 % du revenu médian*** d'un pays et le double de ce revenu médian, sont de plus en plus sous pression. En France, il s'agit de personnes dont le niveau de vie est compris entre 18 173 dollars et 48 462 dollars (le revenu est exprimé en dollar pour assurer une comparabilité internationale en parité de pouvoir d'achat).

Entre le milieu des années 80 et le milieu des années 2010, le nombre de foyers qui appartiennent aux classes moyennes s'est réduit de 64 % à 61 % du total. Le nombre de foyers aisés et pauvres a en revanche augmenté, reflétant une montée des inégalités. La France, de ce point de vue, reste bien placée. Les classes moyennes y représentent un groupe social plus large que dans la moyenne de l'OCDE, signe que le système les protège sans doute un peu mieux. Et ce chiffre est orienté à la hausse comme en Irlande.

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©️ OCDE/Under Pressure: The Squeezed Middle Class

La pression sur les classes moyennes est avant tout financière : leurs revenus n'ont quasiment pas progressé ces dix dernières années. Et sur trente ans, le revenu médian dans les pays de l'OCDE a progressé trois fois moins vite que celui des 10 % les plus riches. Le phénomène est particulièrement impressionnant aux États-Unis. Résultat, dans l'ensemble de l'OCDE, le revenu global des classes moyennes s'est dégradé par rapport à celui des 10 % les plus riches au fil du temps : il était quatre fois plus important que celui des 10 % les plus riches il y a 30 ans, aujourd'hui il est moins de trois fois plus élevé.

Le risque de l'endettement
Parallèlement, le coût de la vie des classes moyennes a progressé à cause de l'augmentation spécifique des prix de la santé, du logement et de l'éducation des enfants, trois dépenses au cœur des dépenses des classes moyennes, souligne l'OCDE. De ce point de vue, la France est plutôt en bonne position puisque la santé est prise en charge par la Sécu et les mutuelles, et parce que l'éducation est potentiellement quasiment gratuite grâce à l'école publique. Mais les études supérieures coûtent parfois tout de même de l'argent. Même le prix des logements, qui a progressé plus vite que les revenus des classes moyennes en France, n'a pas grimpé aussi vite que dans bien d'autres pays, sauf évidemment dans certaines zones comme en Île-de-France ou certaines métropoles régionales.

Les prix du logement ont augmenté bien plus vite que les revenus des classes moyennes dans les pays de l'OCDE.

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©️ OCDE/Under Pressure: The Squeezed Middle Class

Il n'en reste pas moins que le mode de vie des classes moyennes, qui accordent beaucoup d'importance à une certaine qualité de logement (elles sont souvent propriétaires ou rêvent de l'être) et investissent beaucoup dans l'éducation de leurs enfants, s'en est trouvé menacé à travers l'OCDE. Un ménage sur cinq appartenant aux classes moyennes est aujourd'hui obligé de dépenser plus qu'il ne gagne, ce qui génère un endettement croissant. « Le mode de vie typique des classes moyennes est de plus en plus coûteux », résument les auteurs de l'étude.

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©️ OCDE/ Under Pressure: The Squeezed Middle Class

Dans 24 pays où les données sont disponibles, un ménage de classe moyenne sur deux déclare avoir des difficultés à boucler ses fins de mois. Quarante pour cent d'entre elles se sentent vulnérables, c'est-à-dire qu'elles ne pourraient pas faire face à une augmentation soudaine de leurs dépenses ou à une chute brutale de revenus. Cela se traduit par un pessimisme quant à leur avenir et celui de leurs enfants et par le sentiment, assez répandu, que « c'était mieux avant ». En France, le nombre de personnes qui citent la perspective de voir ses enfants faire moins bien qu'eux (que ce soit en termes de statut ou de confort de vie) parmi les trois grands risques pour l'avenir atteint plus de 70 %. Un chiffre au-dessus de la moyenne de l'OCDE (60 %).

Les jeunes les plus touchés
Sans doute encore plus grave, les jeunes ont de plus en plus de mal à se faire une place parmi les classes moyennes. Les générations précédentes sont en effet mieux protégées contre l'instabilité sur le marché du travail (ils bénéficient plus souvent de CDI en France) et sont mieux protégées contre le risque de pauvreté. La génération du baby-boom a profité d'une relative stabilité d'emploi pendant sa carrière et d'un système de retraites bien développé, relève l'OCDE. Dans l'Hexagone, la moitié des pauvres (si l'on retient comme définition ceux qui gagnent moins de 50 % du revenu médian) a moins de 30 ans. À l'inverse, parmi les personnes pauvres, on compte seulement 10 % de plus de 60 ans, selon l'Insee. Évidemment, cette situation n'est pas figée puisque le taux de pauvreté diminue avec l'âge. Mais tout de même.

L'étude de l'organisation internationale souligne un autre fait marquant. Les compétences nécessaires pour appartenir aux classes moyennes n'ont cessé de grimper. Avoir des compétences intermédiaires ne suffit plus pour en faire partie, souligne l'OCDE. Des métiers qui permettaient autrefois de se hisser parmi les classes moyennes ne le permettent plus. Cela peut expliquer une certaine « frustration sociale », d'autant plus qu'une personne sur six appartenant aux classes moyennes occupe un emploi qui risque d'être automatisé à l'avenir, s'alarme l'OCDE. Une tendance qui nourrit la peur du chômage et du déclassement...

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©️ OCDE/ Under Pressure: The Squeezed Middle Class

Nombreux défis
Désormais, il faut souvent deux travail dans le foyer pour appartenir à la classe moyenne, dont l'un fortement qualifié, ce qui n'était pas le cas avant. Et encore, un deuxième emploi dans un couple est de moins en moins une assurance de figurer parmi les classes moyennes. Tout cela dans un contexte où le nombre de familles monoparentales augmente. Cet écrasement des classes moyennes pose de nombreux défis aux pays développés. Parce qu'elles sont souvent synonymes de stabilité politique et aident à financer les systèmes sociaux.

Face à une telle situation, l'OCDE appelle la plupart des pays à augmenter la progressivité de leur impôt qui ne cesse de diminuer, y compris en Europe, comme l'avait souligné une étude récente de l'Institut des politiques publiques (IPP). Elle appelle également les gouvernements à augmenter les taxes sur l'héritage et sur la détention d'un bien immobilier, à combattre l'optimisation fiscale (un mouvement bien engagé sous l'égide de l'organisation), et à favoriser la construction et la fourniture de logements accessibles. Des conseils qui varient évidemment de pays à pays. Le rapport de l'OCDE publié mardi sur la France montre que l'Hexagone a un profil particulier, déjà très redistributif. Ses recommandations générales n'y sont donc pas toujours pertinentes. Les inégalités, par exemple, n'y ont quasiment pas augmenté depuis 40 ans (voir graphique).

Les inégalités sont quasiment stables en France depuis 40 ans.

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©️ Laboratoire des inégalités mondiales

*Under Pressure: The Squeezed Middle Class

**Le broken social elevator, la panne de l'ascenseur social

*** Le niveau de revenu qui partage la population en deux parts égales, l'une gagne plus, l'autre moins

Liste des pays membres de l'OCDE :

· Allemagne
· Australie
· Autriche
· Belgique
· Canada
· Chili
· Corée
· Danemark
· Espagne
· Estonie
· États-Unis
· Finlande
· France
· Grèce
· Hongrie
· Irlande
· Islande
· Israël
· Italie
· Japon
· Lettonie
· Lituanie
· Luxembourg
· Mexique
· Norvège
· Nouvelle-Zélande
· Pays-Bas
· Pologne
· Portugal
· République slovaque
· République tchèque
· Royaume-Uni
· Slovénie
· Suède
· Suisse

Florage

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Message par Florage le Ven 10 Mai - 7:18


FONCTIONNAIRES, ENCORE UN EFFORT POUR DISPARAÎTRE
2 à 6 % des 6 millions de fonctionnaires français en grève
Patlotch a écrit:« Fonctionnaires, encore un effort pour devenir communisateurs », tel était le titre d'un premier texte que j'avais proposé en juillet 2005 pour le numéro 3 de la revue Meeting alors que je faisais mes classes dans son cercle de publication. Sur une remarque judicieuse, du point de vue de la théorie de la communisation, de Bernard Lyon, j'avais renoncé à la publication, considérant erronée l'idée d'une évolution différente de cette catégorie aux termes d'une crise où les fonctionnaires deviendraient des salariés comme les autres (ce qui mériterait d'être signalé par Libcom qui le publie...)...

les temps ont changé et mes présupposés aussi, mais s'il est une catégorie "à part" que l'on peut globalement considérée comme appartenant aux "couches moyennes" par la singularité de ses conditions salariales et d'emplois, c'est bien les fonctionnaires (et non les contractuels de l'État aux statuts proches de ceux du privés, qui est un peu l'horizon pour tous de la réforme en cours : durée, protection sociale, retraite...)

mais depuis qu'ils existent, les fonctionnaires ne veulent ni se considérer ni devenir des salariés comme les autres, ce qui donne toujours à leurs luttes un parfum corporatiste qu'ils tentent de masquer derrière la vertu de leur activité au service du public, et non pas de l'État (du capital...), et aujourd'hui, ils constituent les gros bataillons du syndicalisme, toutes centrales confondues. Les chiffres de cette grève, entre 110.000 et 290.000 représentent à tout casser (en fait rien) 2 à 6 % des  5,50 millions de fonctionnaires que compte la France selon l'Insee, ce qui est bien peu au regard des mots d'ordre et des motivations réelles de conserver son statut et ses privilèges relatifs, dont rien n'indique que l'économie puisse continuer à les payer

autant dire que l'on assiste aux derniers feux d'un combat décalé qui n'a aucune perspective, ce qui souligne plus encore le décalage des organisations syndicales brossant dans le sens du poil les pourvoyeurs par essence du citoyennisme à la française

cela dit, ceux qui se battent ont toujours de bonnes raisons immédiates : les fonctionnaires veulent des thunes en attendant... de disparaître et tout se passe un peu comme si Macron et son équipe de gouvernance voulaient "privatiser" l'État comme l'entreprise de gestion des intérêts communs de la sphère capitaliste privée. En témoigne notamment tout ce qui concerne dans la réforme la haute fonction publique, l'accès aux postes de direction des ministères, la "suppressions" de l'ENA, etc.


Les syndicats espèrent que la mobilisation du 9 mai, qui a rassemblé 108 900 personnes selon le gouvernement, 250 000 selon la CGT, ne sera « qu’une étape ».

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A Marseille, le 9 mai. JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS
Appelés à la grève, entre 108 900 – selon le ministère de l’intérieur – et 250 000 fonctionnaires – selon la CGT – ont manifesté partout en France, jeudi 9 mai, contre le projet de loi censé « moderniser » leur statut, au menu de l’Assemblée nationale à compter du 13 mai. Les neuf syndicats à l’origine de cette mobilisation unitaire espèrent que la journée d’action du 9 mai ne sera qu’« une étape » pour « dire non » à ce projet de loi et demander au gouvernement qu’il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ».

L’unité syndicale a été clairement affichée à Paris, où la manifestation a rassemblé tous les leaders des grandes centrales : Philippe Martinez (CGT), Laurent Berger (CFDT), Yves Veyrier (FO) et Laurent Escure (UNSA). « Un fait rare » qui « devrait alerter le gouvernement », selon M. Martinez, dont le syndicat a recensé 30 000 personnes (18 000 selon le ministère de l’intérieur).

Les manifestants étaient 3 000 à Marseille (de source syndicale), de 3 300 (selon la préfecture) à 5 300 (selon l’intersyndicale) à Lyon. Ils étaient presque autant à Nantes (3 à 4 000 selon les sources). Entre un et plusieurs milliers de personnes se sont également rassemblées à Rennes, Montpellier, Bordeaux, Angers, Lille, Strasbourg ou encore Perpignan. A Dunkerque, les douaniers étaient très majoritaires. Ils sont en conflit depuis début mars avec Bercy pour obtenir des moyens et effectifs supplémentaires, un mouvement particulièrement suivi dans les Hauts-de-France autour du point sensible du tunnel sous la Manche. Le trafic des ferrys à Calais a été annulé dans la matinée, en raison d’une grève de la capitainerie, levée à midi.

Chez les contrôleurs aériens, la grève a occasionné « des retards de quarante à cinquante minutes » sur les vols intérieurs au départ des aéroports parisiens, mais c’est l’aéroport de Toulouse qui était le plus affecté par le mouvement, selon la direction générale de l’aviation civile, qui recense 40 % de contrôleurs aériens grévistes dans la Ville rose (9 % au niveau national). Il n’y a quasiment pas eu d’impact sur les vols internationaux.

Partout, les slogans interpellaient notamment sur la santé ou l’école :
« Plus de moyens humains pour la santé publique » (Paris)
« Aide-soignante, métier formidable, salaire fort minable » (Rennes)
« Des patients partout et pas de soignants »
« Soignants épuisés, hôpital en danger » (Nantes).
« Pour un service public égalitaire, non à Blanquer » (Bordeaux)

« Passage en force »

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A Paris, le 9 mai. THOMAS SAMSON / AFP

C’est la quatrième journée nationale d’action dans la fonction publique depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron – après celles du 10 octobre 2017 et des 22 mars et 22 mai 2018. Mais « c’est la première fois que le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales qui rejettent un projet de loi », relève Mireille Stivala (CGT), évoquant une « situation inédite ».

Les neuf syndicats de la fonction publique (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, UNSA, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) dénoncent une réforme à « la portée très grave », tant pour les agents que pour l’avenir des services publics. Ils critiquent « un passage en force » du gouvernement, qu’ils accusent de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l’indépendance des agents. Au contraire, le gouvernement a présenté son texte, qui facilite notamment le recours aux contractuels, comme une nécessité pour rendre l’administration « plus attractive et plus réactive » face aux « nouvelles attentes » des Français.

Le secrétaire d’Etat, Olivier Dussopt, a prévenu sur CNews qu’il n’y aurait ni retrait, ni renégociation de cette réforme car il s’agissait de « faire évoluer » le statut des fonctionnaires, pas de le supprimer : « La réponse est non, pour une seule raison : nous avons eu quinze mois de concertation, six semaines de consultations officielles, ensuite j’ai accepté beaucoup d’amendements présentés par les deux syndicats qui ont joué le jeu des amendements, la CFDT et l’UNSA, et la commission des lois de l’Assemblée s’est saisie du texte qui sera examiné lundi. On améliore et on continue d’améliorer ».

Le secrétariat d’Etat a fait état de 3,3 % de grévistes dans la fonction publique territoriale (contre 6,5 % le 22 mai 2018), 4 % dans l’hospitalière (contre 7,5 %) et 11,4 % dans la fonction publique d’Etat (contre 10,3 %), avec une forte participation des enseignants, mobilisés également contre leur propre réforme à l’éducation. Leur ministère a recensé 17,59 % de grévistes dans le primaire et 11,68 % dans le secondaire. Au ministère de la culture, l’intersyndicale a recensé « jusqu’à 90 % de grévistes sur certains sites ».

Un objectif de 120 000 postes supprimés

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A Strasbourg, le 9 mai. FREDERICK FLORIN / AFP

« Olivier Dussopt fait une grave erreur en pensant qu’il n’y a rien à négocier », a réagi le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Yves Veyrier, dans le carré de tête du cortège parisien. « Les citoyens ont besoin du service public. Le statut n’est pas un privilège mais un lien entre les agents et les citoyens et une indépendance vis-à-vis des puissances financières et du politique », a insisté de son côté Philippe Martinez, de la CGT.

Le projet de loi sera au menu de l’Assemblée nationale à compter de lundi en première lecture. Le gouvernement souhaite le faire adopter avant l’été pour entrer en vigueur au 1er janvier 2020. Il s’inscrit dans un objectif de suppression de 120 000 postes d’ici à 2022. Un objectif qualifié d’« atteignable » le 26 avril par le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, alors qu’Emmanuel Macron s’était dit la veille prêt à « l’abandonner » et a demandé au gouvernement « son analyse d’ici l’été ».

Florage

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