SÈVES
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Mots-clés

Derniers sujets
Novembre 2018
LunMarMerJeuVenSamDim
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Calendrier Calendrier


les classes moyennes en questions

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Sam 6 Oct - 7:31


fin de la théorie révolutionnaire classiste

dans le précédent forum existait un sujet traitant des couches et classes moyennes et de leur évolution et rôles historiques sur plusieurs critères sociologiques ou théoriques, alimenté de nombreux articles, textes et documents. J'y reviendrai dans l'esprit de ce nouveau forum de façon plus impressionniste

pour commencer, dire que je ne partage pas la partition théorique que s'efforce de promouvoir, entre autres, Hic Salta, avec son feuilleton sur Le ménage à trois de la lutte des classes, focalisé sur la classe moyenne salariée. Cette tripartition relève de l'approche binaire capital-prolétariat, et fabrique théoriquement un objet intermédiaire, la classe moyenne, pour démontrer qu'elle ne peut être que contre-révolutionnaire, mais sans démontrer, voire au contraire, que le prolétariat pourrait le devenir, ce qui est pourtant le credo de la théorie de la communisation dont relève le site Hic Salta – Communisation. C'est sa contradiction et son impasse aujourd'hui, perceptible chez Théorie Communiste aussi (TC 26, Le kaléidoscope du prolétariat) : cette conception ne trouvant plus ses bases dans le cours actuel du capital en vient à colmater ses thèses vieilles de quarante ans en faisant du remplissage qui ne les valide plus

ces textes de Hic Salta portent certes des analyses sérieuses très intéressantes, mais le font d'un point de vue qui écarte les rapports au capital qui n'entrent pas dans ce schéma "dialectique", et partant de là, cette grille de lecture fonctionne de manière tautologique en évacuant ce qui en montre le réductionnisme : les luttes des femmes, les luttes écologiques, etc. qui font face au capital mais pas au sens de la lutte de classe ouvrière

je ne remets pas en cause l'existence des classes sociales en tant que constructions que la sociologie peut décrire, mais leur constitution pour soi comme alpha et oméga du devenir historique, l'histoire actuelle comme réduite à celle de la lutte des classes au sens marxien du terme. On ne peut certes nier l'existence d'une classe moyenne et de son activité différente de celle du prolétariat ouvrier, mais ce schéma conceptuel ne permet pas de penser les contradictions motrices du capital aujourd'hui dans leur diversité complexe, et le permettra moins encore demain

Patlotch
Admin

Messages : 233
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 20:59


cause toujours

dndf livre une variante italienne, après celle d'Hic Salta/Astarian, de l'idéologie prolétariste des couches moyennes : Photos à travers la vitre, Classe moyenne déclinante et frustrée, Il lato cattivo*. Rien de nouveau sous leur soleil, ils marchent à l'ombre et leur vitre est sale...

* traduction de Classe media declinante e frustrata, PDF septembre 2017, p. 8


leur définition de la classe ouvrière productrice (de plus-value), qu'ils nomment prolétariat, est fausse. La plupart des marxistes analysant le capitalisme en subsomption réelle en conviennent : sont producteurs de plus-value y compris des cadres concepteurs, techniciens et ingénieurs de production, du moins pour une partie de leur temps quand ils ne font pas, justement, qu'encadrer ceux qui n'ont que des « tâches d’exécution ». Il y a exécution et exécution, le travail d'un ouvrier qualifié, hautement productif de valeur ajoutée, n'est pas qu'exécution, et tel technicien ne fait qu'exécuter, avec moins de valeur intellectuelle ajoutée dans le geste de travail qu'un fraiseur de précision. Il se peut qu'ils touchent le même salaire. Quoi qu'il en soit ils exécutent tous des ordres ;-)

quand ils affirment que « Marx lui-même [...] a tout de même privilégié la définition du prolétariat comme classe du travail productif, plutôt que comme classe des « sans réserves » », c'est contradictoire avec le fait que, pour Marx comme pour les communisateurs, c'est en tant que « sans réserves » que le prolétariat entre en révolution (Astarian insiste sur ce point). Le passage de travailleur productif à sans réserves potentiellement révolutionnaire est donc des plus flous. C'est pourquoi j'insistais sur la différence entre classe en soi (sociologiquement décrite, dans les rapports de production pourquoi pas) et classe constituée ("pour soi"), le problème étant le passage de l'une à l'autre, que rien n'annonce aujourd'hui. À ce critère flottant - travailleur productif vs sans réserve -, la "prolétarisation", on ne sait plus trop ce que c'est, même s'il est juste de ne pas la confondre avec la paupérisation (appauvrissement). Bref, ils s'y perdent eux-mêmes et ne se rendent pas compte de leur inconséquence. Ils taillent selon leurs besoins théoriques du moment un prolétariat sur la mesure des espoirs qu'ils ont misés en lui

on connaît le schéma dans lequel cela s'inscrit : le prolétariat est potentiellement révolutionnaire, la classe moyenne toujours contre-révolutionnaire... blabla ad nauseam. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ? Ce qui passe à la trappe de leur dialectique pseudo-savante, c'est le rapport de tous au capital tel qu'il est aujourd'hui au-delà d'un mode de production économique

on connaît aussi la conséquence théorique, via Théorie Communiste qui, ne voyant rien venir de ce qu'il annonce, définit la période actuelle comme « une séquence particulière », persuadé qu'à la sortie de cette parenthèse, apparaîtront de nouveau les "écarts" dans lequel le prolétariat manifestera par le contenu de ses luttes sa pratique intention de ne pas le rester. En version Il lato cattivo, ça donne le « tunnel » : « En tout cas, contre tout 'possibilisme', la prépondérance des mouvements interclassistes et l’absence d’une dynamique visible inhérente aux luttes du prolétariat excluent catégoriquement une reprise révolutionnaire à court terme. Pour l’instant, rien n’indique que nous sommes sortis du tunnel, et par rapport aux années qui ont immédiatement suivi la crise, le scénario est devenu plus sombre. »

c'est d'autant plus sombre qu'ils obscurcissent le tableau, de sorte que ne voit plus rien qui regarde ailleurs que l'essentiel de la période actuelle, tel que nous en l'avons exposé dans les autres sujets

j'aurais pu verser ce commentaire dans LE CONCEPT DE RÉVOLUTION ou LES AVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE (ici) comme un exemple de plus d'une foi en la révolution qui viendra, que leur théorie n'explique et ne démontre nulle part, la cause n'en étant pas théorique, mais socio-psychologique

et comme dit un ami : « On ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif. »


Patlotch
Admin

Messages : 233
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum