SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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les classes moyennes en questions

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les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Sam 6 Oct - 7:31


fin de la théorie révolutionnaire classiste

dans le précédent forum existait un sujet traitant des couches et classes moyennes et de leur évolution et rôles historiques sur plusieurs critères sociologiques ou théoriques, alimenté de nombreux articles, textes et documents. J'y reviendrai dans l'esprit de ce nouveau forum de façon plus impressionniste

pour commencer, dire que je ne partage pas la partition théorique que s'efforce de promouvoir, entre autres, Hic Salta, avec son feuilleton sur Le ménage à trois de la lutte des classes, focalisé sur la classe moyenne salariée. Cette tripartition relève de l'approche binaire capital-prolétariat, et fabrique théoriquement un objet intermédiaire, la classe moyenne, pour démontrer qu'elle ne peut être que contre-révolutionnaire, mais sans démontrer, voire au contraire, que le prolétariat pourrait le devenir, ce qui est pourtant le credo de la théorie de la communisation dont relève le site Hic Salta – Communisation. C'est sa contradiction et son impasse aujourd'hui, perceptible chez Théorie Communiste aussi (TC 26, Le kaléidoscope du prolétariat) : cette conception ne trouvant plus ses bases dans le cours actuel du capital en vient à colmater ses thèses vieilles de quarante ans en faisant du remplissage qui ne les valide plus

ces textes de Hic Salta portent certes des analyses sérieuses très intéressantes, mais le font d'un point de vue qui écarte les rapports au capital qui n'entrent pas dans ce schéma "dialectique", et partant de là, cette grille de lecture fonctionne de manière tautologique en évacuant ce qui en montre le réductionnisme : les luttes des femmes, les luttes écologiques, etc. qui font face au capital mais pas au sens de la lutte de classe ouvrière

je ne remets pas en cause l'existence des classes sociales en tant que constructions que la sociologie peut décrire, mais leur constitution pour soi comme alpha et oméga du devenir historique, l'histoire actuelle comme réduite à celle de la lutte des classes au sens marxien du terme. On ne peut certes nier l'existence d'une classe moyenne et de son activité différente de celle du prolétariat ouvrier, mais ce schéma conceptuel ne permet pas de penser les contradictions motrices du capital aujourd'hui dans leur diversité complexe, et le permettra moins encore demain

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Re: les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 20:59


cause toujours

dndf livre une variante italienne, après celle d'Hic Salta/Astarian, de l'idéologie prolétariste des couches moyennes : Photos à travers la vitre, Classe moyenne déclinante et frustrée, Il lato cattivo*. Rien de nouveau sous leur soleil, ils marchent à l'ombre et leur vitre est sale...

* traduction de Classe media declinante e frustrata, PDF septembre 2017, p. 8


leur définition de la classe ouvrière productrice (de plus-value), qu'ils nomment prolétariat, est fausse. La plupart des marxistes analysant le capitalisme en subsomption réelle en conviennent : sont producteurs de plus-value y compris des cadres concepteurs, techniciens et ingénieurs de production, du moins pour une partie de leur temps quand ils ne font pas, justement, qu'encadrer ceux qui n'ont que des « tâches d’exécution ». Il y a exécution et exécution, le travail d'un ouvrier qualifié, hautement productif de valeur ajoutée, n'est pas qu'exécution, et tel technicien ne fait qu'exécuter, avec moins de valeur intellectuelle ajoutée dans le geste de travail qu'un fraiseur de précision. Il se peut qu'ils touchent le même salaire. Quoi qu'il en soit ils exécutent tous des ordres ;-)

quand ils affirment que « Marx lui-même [...] a tout de même privilégié la définition du prolétariat comme classe du travail productif, plutôt que comme classe des « sans réserves » », c'est contradictoire avec le fait que, pour Marx comme pour les communisateurs, c'est en tant que « sans réserves » que le prolétariat entre en révolution (Astarian insiste sur ce point). Le passage de travailleur productif à sans réserves potentiellement révolutionnaire est donc des plus flous. C'est pourquoi j'insistais sur la différence entre classe en soi (sociologiquement décrite, dans les rapports de production pourquoi pas) et classe constituée ("pour soi"), le problème étant le passage de l'une à l'autre, que rien n'annonce aujourd'hui. À ce critère flottant - travailleur productif vs sans réserve -, la "prolétarisation", on ne sait plus trop ce que c'est, même s'il est juste de ne pas la confondre avec la paupérisation (appauvrissement). Bref, ils s'y perdent eux-mêmes et ne se rendent pas compte de leur inconséquence. Ils taillent selon leurs besoins théoriques du moment un prolétariat sur la mesure des espoirs qu'ils ont misés en lui

on connaît le schéma dans lequel cela s'inscrit : le prolétariat est potentiellement révolutionnaire, la classe moyenne toujours contre-révolutionnaire... blabla ad nauseam. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simpliste ? Ce qui passe à la trappe de leur dialectique pseudo-savante, c'est le rapport de tous au capital tel qu'il est aujourd'hui au-delà d'un mode de production économique

on connaît aussi la conséquence théorique, via Théorie Communiste qui, ne voyant rien venir de ce qu'il annonce, définit la période actuelle comme « une séquence particulière », persuadé qu'à la sortie de cette parenthèse, apparaîtront de nouveau les "écarts" dans lequel le prolétariat manifestera par le contenu de ses luttes sa pratique intention de ne pas le rester. En version Il lato cattivo, ça donne le « tunnel » : « En tout cas, contre tout 'possibilisme', la prépondérance des mouvements interclassistes et l’absence d’une dynamique visible inhérente aux luttes du prolétariat excluent catégoriquement une reprise révolutionnaire à court terme. Pour l’instant, rien n’indique que nous sommes sortis du tunnel, et par rapport aux années qui ont immédiatement suivi la crise, le scénario est devenu plus sombre. »

c'est d'autant plus sombre qu'ils obscurcissent le tableau, de sorte que ne voit plus rien qui regarde ailleurs que l'essentiel de la période actuelle, tel que nous en l'avons exposé dans les autres sujets

j'aurais pu verser ce commentaire dans LE CONCEPT DE RÉVOLUTION ou LES AVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE (ici) comme un exemple de plus d'une foi en la révolution qui viendra, que leur théorie n'explique et ne démontre nulle part, la cause n'en étant pas théorique, mais socio-psychologique

et comme dit un ami : « On ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif. »


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Re: les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Lun 21 Jan - 10:18

via Observatoire des inégalités @Obs_ineg


Le CSA a présenté son « Baromètre annuel de la diversité de la société française 2018 » à la télévision, le 10 janvier dernier. Sont passés au crible la représentation des origines, de l’âge, du handicap, des catégories socioprofessionnelles ou de la précarité. Et, pour la première fois, celle du lieu de résidence pour refléter la diversité des territoires. Le petit écran peut encore mieux faire…

« Pour la première fois, [est produite] une mesure objective de l’image des quartiers de la politique de la ville et de leurs habitants dans les médias télévisuels », se félicite le Conseil national des villes. Ce travail, résultat d’une « riche collaboration avec le CSA », va se poursuivre, cette année, sur l’image des quartiers dans les réseaux sociaux et les webtélés, comme dans la presse nationale.

Les enseignements
Quelles sont les typologies des personnes qui s’expriment à l’antenne et celles que montrent les programmes télévisuels, aux informations et dans les fictions ? Le rapport du CSA souligne notamment « un effort à accentuer concernant deux nouveaux sujets de préoccupation : la représentation de la diversité des territoires et de la précarité ».

En effet, les personnes résidant dans les grands ensembles de banlieues populaires sont très peu représentées à l’antenne, de même que celles résidant dans les Outre-Mer et les quartiers périphériques.
Le CSP est un outil de segmentation de marketing conçu par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), qui permet l'analyse de la structure du marché, en regroupant les ménages selon des caractéristiques socioprofessionnelles communes.

On distingue huit grandes catégories qui seront systématiquement présentées dans l'ordre suivant :

1) agriculteurs exploitants,

CSP +
2) artisans, commerçants et chefs d'entreprise,
3) cadres et professions intellectuelles supérieures,
4) professions intermédiaires (cadres moyens),


5) employés et personnel de service,
6) ouvriers qualifiés,
7) manœuvres et ouvriers spécialisés,
Cool autres personnes sans activité professionnelle.

Le sigle CSP+ est utilisé pour désigner les CSP supérieures, sous-entendu disposant d'un pouvoir d'achat plus élevé que la moyenne.
un "outil de segmentation pour le marketing" pour juger de la "diversité à la télé" : ce doit être pour les pubs, "pouvez-vous l'acheter ?"

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Re: les classes moyennes en questions

Message par Patlotch le Jeu 24 Jan - 20:27


« Le salaire premier critère d'attractivité...
une guerre des talents...
une frustration du pouvoir d'achat incontestable... »


Emploi : les cadres ont toujours le vent en poupe
Corinne Caillaud Le Figaro 24 décembre

Les cadres profitent de la fluidité du marché de l'emploi et la guerre des talents devrait continuer de pousser les salaires à la hausse.


Le nombre d'offres d'emploi cadre a progressé de 15% en 2018
162910618/Freedomz - stock.adobe.com
Comme en 2018, la dynamique du marché de l'emploi devrait être favorable pour les cadres en Europe cette année encore où une majorité des secteurs d'activité ont atteint le plein-emploi pour cette catégorie. Selon l'étude de rémunération 2019 du cabinet international de recrutement de cadres supérieurs et middle management Robert Walters, le volume d'offres est particulièrement important en Irlande qui profite de la crise du Brexit, mais aussi en Espagne qui rebondi après plusieurs années compliquées.

La France se classe toujours en milieu de tableau avec des perspectives positives sur les salaires. Ils se situent même pour la première fois à un niveau quasiment identique à ceux pratiqués outre-Manche, l'incertitude liée au Brexit ayant entraîné un tassement des rémunérations au Royaume-Uni.

Si l'Hexagone a connu dix années difficiles, un fort rebond a été enregistré sur la demande de cadres depuis 2015. En 2018, le nombre d'offres d'emploi cadre a progressé de 15% par rapport à 2017. Ainsi plus de 80% des cadres tricolores sont confiants dans les opportunités de leur secteur. «Il y a eu un effet Macron, moins évident depuis deux mois avec le mouvement des «gilets jaunes» qui engendre incertitudes et indécisions voire une certaine crainte», souligne Antoine Morgaut, PDG Europe et Amérique du Sud de Robert Walters.

Le salaire premier critère d'attractivité

Les nouveaux postes liés à la digitalisation boostent l'emploi des cadres avec des besoins en expertises pointues. Rien d'étonnant donc à ce que les nouvelles technologies et le digital avec notamment les data scientist figurent en tête des métiers en tension suivis des secteurs de la finance et de la comptabilité, du juridique et de la conformité. Le domaine de la santé a également besoin de ressources à tous niveaux. « Cette guerre des talents se traduit par un besoin accru de spécialistes en recrutement qui redonnera aux ressources humaines une place centrale dans la stratégie des entreprises », indique de son côté Coralie Rachet, directrice France de Robert Walters.

D'autant que les attentes des cadres ont évolué puisqu'ils recherchent à la fois liberté, flexibilité, et un juste équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée. Ils raisonnent par ailleurs de façon nomade tant sur le plan national, qu'à l'international. Quelque 200.000 cadres français changent de postes chaque année.

Pour autant, alors que le cabinet international réalise cette étude depuis dix ans, c'est la première fois que la rémunération (75%) arrive en tête des critères cités par les cadres pour le choix d'une entreprise ou d'un poste devant l'intérêt du travail (72%) et l'équilibre vie privée-vie professionnelle (49%). Ils sont 34% à s'attendre à une augmentation de plus de 7% de leur rémunération. «Il y a une frustration du pouvoir d'achat incontestable», commente Antoine Morgaut.

L'équation risque d'être compliquée pour les entreprises face aux attentes des candidats qui se sentent en position de force.

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