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LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

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LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Sam 6 Oct - 17:33

au bout de plusieurs années de discussions sur la question raciale relativement à la luttes de classes, et à propos des luttes et de la pensée décoloniales, j'ai conclu à la nécessité de privilégier le concept de racisme et les luttes antiracistes

j'expliquais (voir post du 7 août encadré ci-dessous) que le racisme a été concrètement inventé, matériellement pratiqué, avant l'idéologie de l'existence des races, dans la traite esclavagiste et à des fins économiques et politiques, qu'il s'est structuré dans le racialisme par la division à prétention scientifique en « quatre races » seulement au 19e siècle, dans la colonisation systématique de l'Inde et de l'Afrique, sur la base d'idées fournies à l'époque des Lumières (par Voltaire notamment qui en est en quelque sorte le premier théoricien)

pour des raisons théoriques autant que pragmatiques, je pense aujourd'hui inutile de m'appesantir sur cet aspect réducteur des luttes et de la pensée décoloniales, comme des débats en termes d'intersectionnalité classe-race-genre

j'abandonne parce que je l'avais mal posée la perspective d'un marxisme décolonial et de toutes autres cataloguisation sur le marché des idées à vendre. Cela sort désormais de la perspective ouverte par ce nouveau forum

ce qui importe face au capital, c'est de lutter contre le racisme en donnant à ce combat une perspective universelle concrète, le reste est littérature pour militants et intellectuels à leurs rackets concurrentiels, qui la classe, qui la race, qui le genre... ou qui serait le plus intersectionnel, c'est-à-dire in fine le plus abstraitement conceptuel

Patlotch a écrit:le concept de racisme prime sur "la race"

le "concept" de "race", l'universalisme prolétarien et l'idéologie de la communisation VS le racisme comme concept concret lié à l'exploitation capitaliste, nous proposons de remplacer le tryptique intersectionnel classe/genre/race par exploitation capitaliste et dominations sexistes et racistes

à propos d'intersectionnalité classe/genre/race, rappelons ce passage de la critique par R.S de La Fabrique du Musul­man, Ned­jib Sidi Moussa, éd. Liber­ta­lia 2017 :

R.S. a écrit:Crier « La classe ! La classe ! » en sau­tant sur sa chaise comme un cabri n’est pas plus effi­cace dans une « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de com­bi­ner les deux, comme dans une mau­vaise com­pré­hen­sion de « l’intersectionnalité », les choses sont en fait assez simples : le pro­lé­ta­riat n’existe pas préa­la­ble­ment dans une sorte de pureté théo­rique avant de comp­ter en son sein des Arabes, des Noirs, etc. Tout est donné simul­ta­né­ment mais concep­tuel­le­ment tout n’est pas au même niveau. C’est à par­tir du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, de l’exploitation, des classes que nous dédui­sons les construc­tions raciales comme néces­saires et le cours des luttes de classe comme inté­grant cette néces­sité. La lutte des classes est bien le « moteur de l’Histoire » pour par­ler comme SM, mais la ques­tion raciale n’est pas « subor­don­née à la lutte de classe » comme le dit SM à la suite de C.L.R.James, elle lui est interne.

le problème va sans doute au-delà d'une « mauvaise compréhension de "l'intersectionnalité" », exigeant une critique de ce concept même, quand il porte sur le triptique classe/genre/race qu'il met formellement et de façon quasi définitoire « au même niveau ». Pour le dire abruptement, l'intersectionnalité est un concept idéologique qui ne permet pas ce qu'aux yeux de certains marxistes elle se propose d'articuler

notre proposition ne vise pas à rayer du vocabulaire les mots de race et de genre, et moins encore le concept de classe, puisqu'ils appartiennent à une approche (philosophique, sociologique, politique...) dans laquelle ils se construisent, pour nous relativement à notre conception communiste, d'une façon idéologique qu'il nous importe de critiquer dans ses termes

elle vise à soulever le problème pour pointer l'essentiel en la matière, l'exploitation capitaliste et ses rapports avec les dominations sexistes et racistes, de sorte que l'on privilégie une approche concrète sur une approche conceptuelle, en remettant la théorie sur ses pieds matérialistes et pour en faire un enjeu des luttes plus qu'une controverse intellectuelle

le pire est atteint lorsque cette intersectionnalité se décline individuellement, l'idéal de la position exploitée/dominée étant la femme noire prolétaire, avec ses dérives identitaires que leurs partisan.e.s ont elles et eux-mêmes du mal à dépasser. Et c'est là que doit primer le concept de classe, en tant qu'il n'est pas une somme d'individus, et ne se définit pas, pour l'avenir du mouvement communiste, sur la seule base prolétarienne


Dernière édition par Patlotch le Dim 16 Déc - 19:07, édité 1 fois

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Jeu 29 Nov - 11:20

un ajout en bas : si j'ai bien compris, une mouvance autour du PIR défilera samedi 1er décembre mais avec les syndicats

les Gilets Jaunes et les "racisé.e.s"

Alain Corne le 'communisateur' de Carbure.blog est sorti d'un long silence pour un texte de questions suite à l'Appel du Comité Adama à se joindre à la manifestation parisienne des Gilets Jaunes samedi. Il est jusqu'ici le seul à ma connaissance du milieu communisateur à avoir engagé un dialogue avec les "racisé.e.s", notamment sur facebook


Le Comité Adama appelle à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes le samedi 1er décembre à Paris, en se joignant au cortège des cheminots gare Saint-Lazare avant d’aller aux Champs-Elysées. On trouvera ici une interview de Youcef Brakni, porte-parole du Comité, qui s’explique sur ce choix.

AC a écrit:On aimerait bien y croire, dans la capacité des choses à être autre chose que ce qu’elles sont. Oui mais… s’il est évident que les quartiers ont tout à faire dans une insurrection populaire contre la misère, comment se fait-il que jusqu’à présent ils aient été absents de ce mouvement ? Est-ce qu’il n’y a pas une différence entre passer une alliance avec un mouvement et simplement considérer que – de droit – on en fait partie ? Est-ce qu’on peut passer une alliance avec quelque chose comme une coquille vide ? Est-ce qu’on peut s’allier avec quelque chose qu’on va définir soi-même, c’est-à-dire avec quelque chose qu’on ignore ? Est-ce qu’on peut s’allier sans avoir fait le point sur ce qui nous oppose à ceux avec qui on s’allie ? Est-ce qu’on peut s’allier sans savoir si l’autre souhaite s’allier aussi ? Est-ce que le mouvement des Gilets jaunes ne dit rien, que ce soit par ses mots ou par ses actes ? Est-ce qu’il est vraiment une coquille vide qui attend d’être remplie ? Pourquoi a-t-on une oreille ouverte sur le « social », et l’autre fermée sur le racisme, comme si c’était des choses différentes, comme si ces discours sortaient de bouches différentes ? Est-ce que le « social » est un discours politique, et pas le racisme ? Est-ce que l’extrême-droite ne peut pas avoir un discours « social », qui impliquerait le racisme ? Est-ce que le « social », c’est seulement la gauche ? Est-ce que le racisme c’est juste un réflexe de petits blancs débiles, ou est-ce que ça peut orienter des politiques ? Est-ce que quand on est Noir ou Arabe en France, on a seulement des problèmes avec le racisme, où est-ce que ça implique une position sociale particulière ? Est-ce que les Blancs ont intérêt à ce que le racisme existe, ou est-ce que le racisme existe malgré eux ? Est-ce que ce mouvement est un mouvement d’intérimaires, de chômeurs et de bénéficiaires du RSA, ou de petits patrons, d’auto-entrepreneurs, de commerçants et d’artisans ? Ou les deux ? Et si oui, quel lien et quelle alliance entre les deux ? Est-ce que la France blanche-d’en-bas serait légitime, si elle n’était composée que de chômeurs, RSAstes, travailleurs précaires, etc. ? Est-ce qu’il faut travailler pour avoir le droit d’être Français ? Est-ce que le fait d’avoir du mal à remplir son frigo pour nourrir ses enfants, c’est la même chose que critiquer la hausse des taxes et de la CSG ? Est-ce qu’on a un problème avec la CSG quand on n’est pas imposable ? Est-ce que tout le monde a les moyens de se payer une voiture ou une moto ? Est-ce que baisser les taxes sur la propriété foncière va fatalement entraîner une baisse des loyers ? Est-ce qu’on peut à la fois augmenter le SMIC et les minima sociaux et baisser les charges patronales ? Est-ce que la France blanche-d’en-bas et les quartiers peuvent s’allier sans mettre ces questions sur la table, quitte à se foutre sur la gueule ? Est-ce que la France blanche-d’en-bas se sent plus proches des petits patrons qui râlent sur le prix du gas-oil ou des habitants des quartiers ? Pourquoi se mouvement ne s’est pas développé dans les centres-villes, où il y a des plus riches, ni dans les quartiers, où il y a des plus pauvres ? Est-ce que les Gilets jaunes, ça n’est pas déjà une alliance entre pauvres et moins pauvres ? Entre ceux qui ont du mal à remplir leur frigo et ceux qui aimeraient partir plus souvent en vacances ? Entre ceux qui gagnent 2000 euros par mois et ceux qui sont au SMIC ou en-dessous ? Et qui va sortir gagnant de cette alliance ? Est-ce que la lutte des classes, c’est seulement entre le « peuple » et le pouvoir ? Est-ce que l’interclassisme ça n’est pas aussi une lutte des classes dans leurs alliances même ? Est-ce que le problème c’est Macron ? Est-ce qu’il faut « dégager Macron » et refaire des élections ? Et dans ce cas qui sera élu à sa place ? Est-ce que les quartiers populaires ont quelque chose à y gagner ? Est-ce que la France blanche-d’en-bas a quelque chose à y gagner ? Est-ce que les plus pauvres ont quelque chose à y gagner ? Pourquoi quand les quartiers manifestent leur colère il y a couvre-feu, alors que quand la France blanche-d’en-bas le fait elle est reçue dans les ministères ? Est-ce qu’on a jamais demandé aux émeutiers de 2005 de se choisir des représentants ? Est-ce qu’il y a seulement entre les quartiers et la France blanche-d’en-bas de l’incompréhension et de vagues préjugés hérités de la colonisation ? Pourquoi on envoie l’armée à la Réunion et pas sur les barrages en Corrèze ? Pourquoi en 2016 Fillon appelait à interdire les manifestations, et pas maintenant ? Est-ce qu’on n’entend pas tout de même la France blanche-d’en-bas dire qu’elle a un droit légitime, en tant que VRAI peuple Français, à être mieux traitée que la France des quartiers, que les migrants, etc. ? Est-ce que quand des gilets jaunes menacent un patron parce qu’il embauche des étrangers, ça ne veut rien dire politiquement ? Est-ce que c’est du racisme, ou du protectionnisme ? Est-ce que ça peut être les deux, et si oui, quel est le lien ? Est-ce que n’existe pas un discours qui oppose ceux qui travaillent et ceux qui profitent et grattent les allocs ? Est-ce que ce discours ne vise pas explicitement les quartiers, et les racisés en général ? Est-ce que ce discours est d’extrême-droite pour ceux qui le tiennent ? Est-ce qu’il n’est pas aussi tenu à gauche, de manière de plus en plus répétée ? Est-ce qu’on peut vraiment passer sur tout ça au nom d’une alliance « populaire » ? Dans la mesure où ce discours est transversal à la droite et la gauche, est-ce qu’il n’est pas lui-même une « alliance » ? Est-ce qu’il faut ouvrir une lutte autour de la qualification « populaire », pour savoir qui y a droit et ce qu’elle recouvre au juste ? Est-ce que les quartiers sont « populaires » ? Est-ce qu’ils représentent légitimement le « peuple français » ? D’ailleurs qu’est-ce que c’est le « peuple français » ? Et qui est-ce qui décide de ce qui est « populaire » et de ce qui ne l’est pas ? Qui est-ce qui décide de ce qui est légitime et de ce qui ne l’est pas ? Est-ce que les quartiers peuvent vraiment obtenir cette légitimité que tout le monde leur refuse, et que la société dans son ensemble accorde d’emblée à la France blanche-d’en-bas ? C’est quoi alors le « peuple », si les quartiers n’en font pas tout à fait partie ? Etc., etc.

Rendez-vous samedi 1er décembre gare Saint-Lazare pour commencer à poser ces questions, et peut-être entrevoir quelques réponses.

quelqu'un réagit chez dndf :
ânonime a écrit:dndf 28/11/2018 à 11:10  #8
Pour revenir au texte de Carbure, on peut se demander si l’appel du Comité Adama à rejoindre les Gilets Jaunes n’a pas été facilité par la mise en avant (la “visibilité” qu’exigent les représentants des “racisé.e.s”) de l’Antillaise Priscillia Ludosky, à l’origine du mouvement par sa pétition demandant à rencontrer Macron avec une liste de revendications étonnamment proches de celle présentée hier soir à de Rugy. Les voilà en quelque sorte intégrés en tant qu’ils sont noirs, des quartiers ou pas.

Répondant en quelque sorte à ma suggestion d’une analyse réciproque gilets jaunes-racisé.e.s, et sollicité par Armel Campagne pour une émission de radio, Alain Corne de Carbure reconnaît qu’il n’a « pas encore produit quelque chose d’un peu construit sur la question » (Facebook https://www.facebook.com/alain.cornedieu.9 )

À sa propre question : « Est-ce que les quartiers peuvent vraiment obtenir cette légitimité que tout le monde leur refuse, et que la société dans son ensemble accorde d’emblée à la France blanche-d’en-bas ? », la situation répond sur le terrain de la représentation commun à l’Antillaise entrepreneuse gilet jaune et au Comité issu des quartiers dans un mélange de racket gaucho-décolonial. Il n’y a rien là qui puisse canaliser une “colère noire” au point d’empêcher des émeutes prolétaro-colorées hors contrôle où le jaune ne serait plus la seule couleur.


lu sur le blog La Nébuleuse, éthique et politique
Comprendre les Gilets Jaunes (et les enjeux politiques qui vont avec)

extrait
le collectif antiraciste Rosa Parks appelle à une mobilisation le 1er décembre, aux côtés des syndicats et organisations politiques [manif à l'appel de la CGT], pour porter la voix des quartiers populaires et des descendant.es de l’immigration coloniale, avec des mots d’ordre spécifiques. Le collectif est prudent vis -à vis des Gilets jaunes cependant, reconnaissant des bases communes, sans que les conditions soient réunies pour un réel rapprochement, c’est ce qu’explique Omar Slaouti [du PIR, Parti des Indigènes de la République] dans un entretien dans la revue Ballast :

« Les gilets jaunes sont un mouvement social d’une très grande ampleur. On les regarde avec beaucoup d’intérêt et on partage une partie de leurs revendications sociales. Mais on ne peut pas demander un peu d’égalité : l’égalité, c’est toutes les égalités. C’est pour cela que l’on manifestera de Nation à République ce 1er décembre. Il existe certes une base commune, qui est celle des revendications d’égalité, de justice et de dignité… mais pour nous cela doit se structurer autour des luttes anti-racistes et anti-impérialistes. Tout ceci est indissociable. Et c’est ce qu’on va rappeler ce samedi 1er. »

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Dim 2 Déc - 15:08


le PIR en mal de troupes ?

comme l'impression que le Collectif Rosa Parks est un faux-nez du PIR, Parti des Indigènes de la République, peut-être confronté à des tensions internes, voire à un certain isolement dans la nébuleuse décoloniale française sur le terrain de la représentation, échec de fédération des "racisé.e.s" de toutes couleurs et origines déjà reconnu lors de son 10è anniversaire en 2015

ce "collectif d'associations" a été créé fin septembre. Voici ses initiateurs (source) :
AMDH Paris, ATMF, BAN, Chapelle Debout, Collectif Sans Papiers 75, Collectif pour l'Union Antiraciste et Populaire, Fondation Frantz Fanon, Foul Express, FUIQP, PIR, UJFP, UNPA, Collectifs contre les violences policières pour Ali Ziri, Angelo Garand, Wissam El Yamni, Amadou Koumé, Amine Bentounsi, Babacar Gueye, Palestine Vaincra - Comité anti-impérialiste, Collectif Stop le Contrôle au Faciès, Syndicat des quartiers populaires de Marseille, Collectif 17 Octobre 1961 Banlieue Nord/Ouest.
on y note le regroupement du PIR avec le FUIQP et l'UJFP, l'ensemble peinant à se distinguer d'une représentation des seuls arabo-Musulmans, tout en évacuant la critique d'islamo-gauchisme avec la figure charismatique et non clivante de Rosa Parks, paradoxalement il n'entraîne pas la participation d'associations noires et autres afro-décoloniales


1er décembre 1955 à Montgomery (Alabama)
elle refuse de céder sa place à un Blanc dans un autobus

ce n'en est pas la preuve, mais voir l'interview d'Omar Slaouti (ex NPA, PIR) à Ballast et aujourd'hui le texte signé Houria Bouteldja sur le site du PIR

INTERVENTION D’HOURIA BOUTELDJA À L’ISSUE DE LA MARCHE DE ROSA PARKS
Beaufs et Barbares : comment converger ?
Houria Bouteldja, PIR, 2 décembre 2018

L’antiracisme politique est sur la place !

Aujourd’hui premier décembre, Paris est en ébullition. Aujourd’hui à Paris, la révolte gronde. Aujourd’hui à Paris, la répression sévit aux Champs-Elysées comme elle a sévit contre le mouvement social et en particulier contre les habitants des quartiers depuis l’instauration de l’état d’urgence.

Aujourd’hui, nous sommes fiers de battre le pavé parisien pour porter haut et fort nos revendications contre le racisme d’Etat, la guerre sociale et l’impérialisme, comme nous sommes fiers de partager avec d’autres franges du mouvement social, ici ou aux Champs-Elysées, une colère et une contestation qui va en grandissant.

Il faut le reconnaître, l’explosion des gilets jaunes sur la scène politique écrase notre actualité comme elle a écrasé la manifestation féministe « Nous Toutes », qui a pourtant mobilisé plus de 40 000 personnes. Il faut le dire également, les gilets jaunes ne sont pas nos ennemis radicaux comme ils ne sont pas nos alliés naturels. Nous partageons avec eux le problème de la vie chère, l’inquiétude de la guerre sociale déclarée contre les plus démunis et une critique radicale du gouvernement Macron. Si nous convergeons tactiquement avec eux sur ces points précis et si nous endossons ce mot d’ordre : « Macron démission », nous divergeons sur le caractère social chauvin de leur plateforme dont celui qui demande plus de moyens à la police ou plus de répression contre les migrants.

Je le répète ici, le chauvinisme franchouillard ne souillera pas les héritiers de Rosa Parks. En effet, si nous menons un combat antiraciste, celui-ci sera toujours articulé à un anti-impérialisme sans concession. Sinon, nous ne serions que de vulgaires intégrationnistes, des aspirants à la blanchité ou, pour le dire autrement, des gilets jaunes qui, si l’on en croit leurs revendications, cherchent à améliorer leur sort à l’intérieur du cadre national sans s’interroger sur les conditions géopolitiques objectives qui permettent notre confort plus ou moins relatif à l’intérieur de l’hexagone. Peu leur importe les guerres faites par la France pour maintenir son hégémonie politique et économique sur le monde, peu leur importe le commerce juteux des ventes d’armes à l’Egypte ou l’Arabie Saoudite, peu leur importe la surexploitation des Africains pour l’extraction et le pillage des matières premières nécessaires pour la préservation de nos emplois. Comme l’a dit ce frère Africain : « ce n’est pas le carburant qui coule dans vos voitures, c’est le sang des Africains. »

C’est la raison pour laquelle l’antiracisme du collectif Rosa Parks est un antiracisme anti-impérialiste. Et si cette exigence s’impose à nous, elle doit aussi s’imposer aux gilets jaunes ou au mouvement social dans son ensemble, comme elle doit s’imposer aux féministes et aux organisatrices de la manif « Nous Toutes ». L’alliance durable entre les « beaufs » et les « barbares » se fera à ces conditions[1].

Nous disons ici :

Pas d’antiracisme sans anti-impérialisme.
Pas d’anticapitalisme sans anti-impérialisme.
Pas de féminisme sans anti-impérialisme.

Notre autonomie n’est donc pas une coquetterie. C’est une exigence supérieure. Mais celle-ci ne doit pas nous confiner au dogmatisme politique. C’est pourquoi aujourd’hui nous nous mobilisons à la fois contre, avec et séparément des gilets jaunes. Contre eux à cause de leur chauvinisme. Avec eux contre Macron et contre la répression dont ils sont victimes. Séparément pour affirmer notre projet : Justice, Dignité ou rien !

Houria Bouteldja, membre du PIR

Notes

[1] « Les Beaufs et les Barbares : sortir du dilemme », Houria Bouteldja

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Mar 11 Déc - 14:39

dans la tourmente, deux prises de position intéressantes. Le second me semble meilleur mais dans un tel mouvement, tout le monde progresse, même le PIR coincé dans sa grille racialiste...

COMMUNIQUÉ DU PIR
Identité nationale et néolibéralisme : les nouveaux vieux habits de Macron PIR 11 décembre 2018
PIR a écrit:Après un mutisme tout présidentiel, Emmanuel Macron vient enfin d’accorder, les yeux mouillés, une allocution officielle sur la crise que traverse le pays. Sa première réponse a été de justifier la répression policière, nue désormais aux yeux des observateurs internationaux (avec les images scandaleuses du traitement colonial des lycéens de Mantes-La-Jolie), comme à ceux d’un nombre grandissant de Français de toutes origines confondues. Comble de l’obscène, il en vient à faire passer pour des victimes des forces de police surarmées qui ont, pour beaucoup d’entre elles, montré aux « Français de souche » la face qu’elles offrent habituellement aux indigènes.

Il ne nous est pas nécessaire de commenter les mesures économiques de façade proposées par ce président qui face à la contestation de toute sa politique prétend vouloir la poursuivre coûte que coûte, en finançant des mesures prétendument sociales sur le dos des plus modestes, en continuant à préserver les intérêts de ceux qui continueront à ne payer aucun impôt sur leur fortune. Ces mesures ne trompent personne, si ce n’est les naïfs de moins en moins nombreux.

Il est par contre indispensable de souligner la seconde dimension des « concessions » faites par ce président aux abois. Après s’être présenté comme un rempart face à une menace populiste et raciste, voici que le chef de l’État français, « concède » la nécessité d’ « ouvrir le débat » sur l’immigration, et à reconnaître les souffrances des Français face à une « laïcité bousculée ». Ainsi la question migratoire devient étrangement le seul point des « programmes » des gilets jaunes qu’il est prêt à admettre sans compromis en y ajoutant une dose d’islamophobie dans une séquence où l’Islam semblait avoir disparu des radars médiatiques.

Ces manœuvres sont cousues de fil blanc. Paniqué par la fronde des catégories sociales blanches qui forment le socle de la nation et par la rupture du pacte républicain qui soude l’État et le peuple légitime, il sort le joker de l’unité nationale face à la « menace » indigène. Les « casseurs », ce sont bien évidemment les « racailles », les « profiteurs » ce sont bien évidemment les immigrés, le danger ce sont bien évidemment les musulmans menaçant la laïcité. Voici donc le camp que le président Macron propose aux Français, celui qu’il a déjà choisi.

Ceux qui se sont mobilisés contre l’État d’urgence, contre la loi asile-immigration, contre Parcoursup et contre l’augmentation raciste des frais d’inscription pour les étudiants non-européens savent ces manœuvres grossières.

Le racisme et le néolibéralisme autoritaire sont au pouvoir et ils sont à combattre par tous les moyens nécessaires.

Le blog de João
João est un blogueur marxiste de la mouvance décoloniale, membre du FIIQP de Saïd Bouamama
Les références à la "laïcité", à "l'identité nationale" ou à "l'immigration" par #Macron ne relèvent pas de la "diversion" pour détourner des supposés "vrais problèmes" mis sur la table par le mouvement des #giletsjaunes.

Le racisme n'est jamais une diversion, mais une stratégie de classe qui a des fondements aussi bien matériels qu'ideologiques et dont le but est de conserver l'ordre social hiérarchisé. Malgré un caractère hétéroclite incontestable du movement, les #giletsjaunes jaunes expriment majoritairement de la colère en tant que FRANÇAIS qui TRAVAILLENT mais n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Ce qui ne serait pas injuste en soi, mais précisément parce qu'ils TRAVAILLENT, beaucoup, et qu'ils sont chez eux, dans leur pays. Ces deux points sont importants et portent en eux des signes de distinction. Distinction entre ceux qui travaillent VS ceux qui sont dits assistés; distinction entre ceux qui sont pleinement légitimes et ceux qui ne le sont pas quant à leur appartenance à la "nation".

C'est à cette segmentation de la société que Macron répond. Parce que ça fonctionne, parce que les sociétés de classe sont racialisées dans leur fondement. C'est important de s'en rendre compte, car dire une énième fois qu'il s'agit d'une "diversion" en ouvrant un débat raciste au lieu de satisfaire des exigences sociales, c'est donner l'impression que le racisme ne serait pas un pilier de ce système mais un simple outils qu'on peut utiliser de temps à autre pour tromper les gens.

Non les gens ne sont pas trompés. Les blancs, même prolos ont des intérêts réels dans le racisme (trouver du taff moins difficilement, même si le chômage demeure élevé, mais il l'est moins pour eux que pour les non blancs ; trouver un logement moins difficilement, ne pas être concerné par les contrôles au faciès et les violences parfois mortelles qui en découlent, ne pas être la cible d'une stigmatisation médiatique continue etc).

Il faut se rendre compte que le racisme est un rapport social. Lorsqu'on empêche à Untel d'origine africaine d'avoir tel emploi ou logement c'est parce qu'on le donne à Untel, français blanc. Donc oui le racisme donne des avantages aux blancs, dans des proportions variées en fonction de leur classe : des miettes pour les prolos, le gâteau pour les bourges. Mais ça paraît toujours mieux d'avoir des miettes que rien du tout.

Donc quand Macron propose de parler laïcité, immigration etc, il n'est pas en train de noyer le poisson et tromper quiconque, il rappelle implicitement à certains, les blancs, même prolos, que s'ils n'auront effectivement pas de réelle répartition équitable des richesses, ils auront au moins l'assurance de ne pas tomber aussi bas que les damnés de la terre, à savoir les populations issues de l'immigration post coloniale.

----------------
Mise à jour : 10h23 ; j'ai raccourci pour me concentrer sur l'essentiel.

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Jeu 13 Déc - 17:14


au secours, le Grand récit décolonial attaque la France !

référence à Théorie communiste in TC26 mai 2018, Le Grand récit décolonial, synthèse de la culturisation et de l'unidimensionnalité, p. 161 à 202

Le « décolonialisme », une stratégie hégémonique : l'appel de 80 intellectuels
Le Point, Publié le 28/11/2018, Modifié le 04/12/2018

Ils sont philosophes, historiens, professeurs… Ils dénoncent des mouvances qui, sous couvert de lutte pour l'émancipation, réactivent l'idée de « race ».

Parmi les 80 signataires de l’appel contre le « décolonialisme », Boualem Sansal, Jean-Claude Michéa,
Dominique Schnapper, Mona Ozouf (en bas), Elisabeth Badinter et Alain Finkielkraut.


C'est au rythme de plusieurs événements universitaires et culturels par mois que se multiplient les initiatives militantes portées par le mouvement « décolonial » et ses relais associatifs (1). Ces différents groupes sont accueillis dans les plus prestigieux établissements universitaires (2), salles de spectacle et musées (3). Ainsi en est-il, par exemple, du séminaire « Genre, nation et laïcité » accueilli par la Maison des sciences de l'homme début octobre, dont la présentation regorge de références racialistes : « colonialité du genre », « féminisme blanc », « racisation », « pouvoir racial genré » (comprendre : le pouvoir exercé par les « Blancs », de manière systématiquement et volontairement préjudiciable aux individus qu'ils appellent « racisés »).

Or, tout en se présentant comme progressistes (antiracistes, décolonisateurs, féministes…), ces mouvances se livrent depuis plusieurs années à un détournement des combats pour l'émancipation individuelle et la liberté, au profit d'objectifs qui leur sont opposés et qui attaquent frontalement l'universalisme républicain : racialisme, différentialisme, ségrégationnisme (selon la couleur de la peau, le sexe, la pratique religieuse). Ils vont ainsi jusqu'à invoquer le féminisme pour légitimer le port du voile, la laïcité pour légitimer leurs revendications religieuses et l'universalisme pour légitimer le communautarisme. Enfin, ils dénoncent, contre toute évidence, le « racisme d'Etat » qui sévirait en France : un Etat auquel ils demandent en même temps - et dont d'ailleurs ils obtiennent - bienveillance et soutien financier par le biais de subventions publiques.

La stratégie des militants combattants « décoloniaux » et de leurs relais complaisants consiste à faire passer leur idéologie pour vérité scientifique et à discréditer leurs opposants en les taxant de racisme et d'islamophobie. D'où leur refus fréquent de tout débat contradictoire, et même sa diabolisation. D'où, également, l'utilisation de méthodes relevant d'un terrorisme intellectuel qui rappelle ce que le stalinisme avait naguère fait subir aux intellectuels européens les plus clairvoyants.

C'est ainsi qu'après les tentatives d'ostracisation d'historiens (Olivier Pétré-Grenouilleau, Virginie Chaillou-Atrous, Sylvain Gouguenheim, Georges Bensoussan), de philosophes (Marcel Gauchet, Pierre-André Taguieff), de politistes (Laurent Bouvet, Josepha Laroche), de sociologues (Nathalie Heinich, Stéphane Dorin), d'économistes (Jérôme Maucourant), de géographes et démographes (Michèle Tribalat, Christophe Guilluy), d'écrivains et essayistes (Kamel Daoud, Pascal Bruckner, Mohamed Louizi), ce sont à présent les spécialistes de littérature et de théâtre Alexandre Gefen et Isabelle Barbéris qui font l'objet de cabales visant à les discréditer. Dans le domaine culturel, l'acharnement se reporte sur des artistes parmi les plus reconnus pour les punir d'avoir tenu un discours universaliste critiquant le différentialisme et le racialisme.

La méthode est éprouvée : ces intellectuels « non conformes » sont mis sous surveillance par des ennemis du débat qui guettent le moindre prétexte pour les isoler et les discréditer. Leurs idées sont noyées dans des polémiques diffamatoires, des propos sont sortis de leur contexte, des cibles infamantes (association à l'extrême droite, « phobies » en tout genre) sont collées sur leur dos par voie de pétitions, parfois relayées dans les médias pour dresser leur procès en racisme… Parallèlement au harcèlement sur les réseaux sociaux, utilisés pour diffuser la calomnie, ces « anti-Lumières » encombrent de leurs vindictes les tribunaux de la République.

Nos institutions culturelles, universitaires, scientifiques (sans compter nos collèges et lycées, fortement touchés) sont désormais ciblées par des attaques qui, sous couvert de dénoncer les discriminations d'origine « coloniale », cherchent à miner les principes de liberté d'expression et d'universalité hérités des Lumières. Colloques, expositions, spectacles, films, livres « décoloniaux » réactivant l'idée de « race » ne cessent d'exploiter la culpabilité des uns et d'exacerber le ressentiment des autres, nourrissant les haines interethniques et les divisions. C'est dans cette perspective que s'inscrit la stratégie d'entrisme des militants décolonialistes dans l'enseignement supérieur (universités ; écoles supérieures du professorat et de l'éducation ; écoles nationales de journalisme) et dans la culture.

La situation est alarmante. Le pluralisme intellectuel que les chantres du « décolonialisme » cherchent à neutraliser est une condition essentielle au bon fonctionnement de notre démocratie. De surcroît, l'accueil de cette idéologie à l'université s'est fait au prix d'un renoncement à l'exigence pluriséculaire de qualité qui lui valait son prestige.

Nous appelons les autorités publiques, les responsables d'institutions culturelles, universitaires, scientifiques et de recherche, mais aussi la magistrature, au ressaisissement. Les critères élémentaires de scientificité doivent être respectés. Les débats doivent être contradictoires. Les autorités et les institutions dont ils sont responsables ne doivent plus être utilisées contre la République. Il leur appartient, à tous et à chacun, de faire en sorte que cesse définitivement le détournement indigne des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qui fondent notre démocratie.

1. Par exemple : Parti des Indigènes de la République, Collectif contre l'islamophobie en France, Marche des femmes pour la dignité, Marches de la dignité, Camp décolonial, Conseil représentatif des associations noires, Conseil représentatif des Français d'outre-mer, Brigade antinégrophobie, Décoloniser les arts, Les Indivisibles (Rokhaya Diallo), Front de mères, collectif MWASI, collectif Non MiXte.s racisé.e.s, Boycott désinvestissement sanctions, Coordination contre le racisme et l'islamophobie, Mamans toutes égales, Cercle des enseignant.e.s laïques, Les Irrécupérables, Réseau classe/genre/race.

2. Par exemple : Collège de France, Institut d'études politiques, Ecole normale supérieure, CNRS, EHESS, université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, université Paris-VII Diderot, université Panthéon-Sorbonne Paris-I, université Lumière-Lyon-II, université Toulouse-Jean-Jaurès.

3. Par exemple : Philharmonie de Paris, Musée du Louvre, Centre dramatique national de Rouen, Mémorial de l'abolition de l'esclavage, Philharmonie de Paris, musée du Louvre, musée national Eugène-Delacroix, scène nationale de l'Aquarium.


LES SIGNATAIRES
Waleed Al-Husseini, essayiste - Jean-Claude Allard, ancien directeur de recherche à l'Iris - Pierre Avril, professeur émérite de l'université Panthéon-Assas - Vida Azimi, directrice de recherche au CNRS - Elisabeth Badinter, philosophe - Clément Bénech, romancier - Michel Blay, historien et philosophe des sciences - Françoise Bonardel, philosophe - Stéphane Breton, ethnologue et cinéaste - Virgil Brill, photographe - Jean-Marie Brohm, sociologue - Marie-Laure Brossier, élue de Bagnolet - Sarah Cattan, journaliste - Philippe de Lara, philosophe - Maxime Decout, maître de conférences et essayiste - Bernard de La Villardière, journaliste - Jacques de Saint-Victor, professeur des universités et critique littéraire - Aurore Després, maître de conférences - Christophe de Voogd, historien et essayiste - Philippe d'Iribarne, directeur de recherche au CNRS - Arthur Dreyfus, écrivain, enseignant en cinéma - David Duquesne, infirmier - Zineb El Rhazaoui, journaliste - Patrice Franceschi, aventurier et écrivain - Jean-Louis Fabiani, sociologue - Alain Finkielkraut, philosophe et académicien - Renée Fregosi, philosophe et politologue - Jasmine Getz, universitaire - Jacques Gilbert, professeur des universités -Marc Goldschmit, philosophe - Philippe Gumplowicz, professeur des universités - Claude Habib, professeure des universités et essayiste - Noémie Halioua, journaliste - Marc Hersant, professeur des universités - Marie Ibn Arabi, professeure agrégée de philosophie - Pierre Jourde, écrivain -Gaston Kelman, écrivain - Alexandra Lavastine, philosophe  - Françoise Lavocat, professeure de littérature comparée - Barbara Lefebvre, enseignante et essayiste - Jean-Pierre Le Goff, sociologue -Damien Le Guay, philosophe - Noëlle Lenoir, avocate au barreau de Paris - Anne-Marie Le Pourhiet, professeure de droit public -Laurent Loty, chercheur au CNRS - Catherine Louveau, professeure émérite - Yves Mamou, journaliste - Laurence Marchand-Taillade, présidente de forces laïques - Jean-Claude Michéa, philosophe - Isabelle Mity, professeure agrégée - Yves Michaud, philosophe - Franck Neveu, professeur des universités en linguistique - Pierre Nora, historien et académicien - Fabien Ollier, directeur des éditions QS ? - Mona Ozouf, historienne et philosophe - Patrick Pelloux, médecin - René Pommier, universitaire et essayiste - Céline Pina, essayiste - Monique Plaza, docteure en psychologie - Michaël Prazan, cinéaste, écrivain - Charles Ramond, professeur des universités et philosophe - Philippe Raynaud, professeur des universités et politologue - Dany Robert-Dufour, professeur des universités, philosophe - Robert Redeker, philosophe - Anne Richardot, maître de conférences des universités - Pierre Rigoulot, essayiste - Jean-Pierre Sakoun, président du Comité Laïcité République - Philippe San Marco, essayiste - Boualem Sansal, écrivain - Jean-Paul Sermain, professeur des universités en littérature française - Dominique Schnapper, politologue - Jean-Eric Schoettl, juriste - Patrick Sommier, homme de théâtre -Véronique Taquin, professeure et écrivaine - Jacques Tarnero, chercheur et essayiste - Carine Trévisan, professeure des universités en littérature - Michèle Tribalat, chercheuse démographe - Caroline Valentin, avocate et éditorialiste - André Versaille, écrivain et éditeur - Ibn Warraq, écrivain - Aude Weill Raynal, avocate - Yves Charles Zarka, professeur des universités en philosophie.




Un sociologue qui dénonçait l'emprise des théories « racialistes » sur son unité de recherche s'est vu évincé. Un phénomène rarissime dans le monde universitaire.

Au lendemain de la publication, dans Le Point, de l'appel de 80 intellectuels sur « le décolonialisme, une stratégie hégémonique », Stéphane Dorin, sociologue cité dans cette tribune qui dénonce « la stratégie d'entrisme des militants décolonialistes dans l'enseignement supérieur », a été évincé de son laboratoire, le groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines (Gresco). « Je viens d'être exclu aujourd'hui de mon labo à l'université de Limoges, le même jour où l'on apprend la nomination de l'amie de Houria Bouteldja, la députée Danièle Obono, au conseil d'UFR de science politique de Paris-I », a publié le chercheur sur Facebook, dans un message où il affirme avoir été remercié « pour non-compatibilité scientifique ». Ce départ, s'il n'est pas directement imputable à la publication de cette tribune, intervient sur fond de tensions, en particulier autour du virage décolonial pris par certains enseignants-chercheurs dans cette unité.

Les premières crispations sont apparues publiquement l'année dernière, à l'occasion d'un « séminaire d'études décoloniales » organisé à l'université de Limoges. Les organisateurs de ce rassemblement de chercheurs y avaient invité la fondatrice du Parti des indigènes de la République (PIR), Houria Bouteldja, personnalité notoirement connue pour ses thèses racialistes et ses obsessions antisionistes. C'est à cette occasion que le sociologue Stéphane Dorin avait publié une lettre ouverte, citant quelques déclarations de la militante politique : « La blanchité est une forteresse, tout Blanc est bâtisseur de cette forteresse », « Si la femme noire est violée par un Noir, c'est compréhensible qu'elle ne porte pas plainte pour protéger la communauté noire », ou encore « L'homme arabe qui fait son coming out, c'est un acte de soumission à la domination blanche ». Ce courrier rendu public avait suscité de vives réactions, dont celle de la ministre de la Recherche Frédérique Vidal : « J'appelle les universités à la vigilance. Quand des thèses racistes et antisémites sont propagées en leur sein, c'est notre pacte républicain qui est menacé. » Le séminaire, d'abord défendu par la présidence de l'université, avait fini par être annulé.

Exclusion
Une ancienne prof de Limoges témoigne sous le couvert de l'anonymat : « J'ai constaté dans cette fac une radicalisation du militantisme bourdieusien chez certains profs. J'ai vu des gens proches du marxisme se transformer en partisans des réunions non mixtes, se mettre à défendre l'idée que l'antisémitisme des banlieues était une invention ou devenir obsédés par l'islamophobie. » L'enseignante évoque un « militantisme camouflé, cherchant à s'affranchir de l'esprit des Lumières, de la modernité, et cherchant à instaurer une relecture de l'histoire sur des critères de race ». Aujourd'hui rattachée à une autre université, elle déplore que la recherche soit « devenue un produit marketing comme un autre ». « Les études décoloniales offrant un peu de visibilité aux petites universités, cela pourrait expliquer leur succès. »

Stéphane Dorin – qui était en congé maladie lorsque l'assemblée générale s'est réunie et qui n'a donc pas pu présenter sa défense – affirme avoir subi des pressions croissantes depuis l'affaire Bouteldja de l'année dernière. Il avait demandé à changer de laboratoire, avant de se raviser. Alors même qu'il avait retiré sa demande et que ses collègues, comme l'autorité de tutelle, en étaient informés, son départ a malgré tout été soumis au vote... Ce qui revient à l'exclure, un phénomène rarissime dans le milieu universitaire. « L'assemblée générale n'a fait qu'acter cette situation pour éviter un enlisement », avance au Point Choukri Ben Ayed, codirecteur du centre de recherche, qui évoque « les mensonges figurant dans le message {Facebook} de M. Dorin ». Pourtant, un témoignage écrit relatant l'assemblée générale fait état d'une nette volonté de trouver un moyen légal d'exclure Stéphane Dorin : « M. Ben Ayed argue du fait que la rétractation de M. Dorin n'a aucune valeur juridique, car elle a été faite par mail et que le courrier prévaut sur le mail », précise le document.

Harcèlement moral
Dans un échange de mails, la présidence de l'université de Limoges qualifie le vote de l'assemblée générale du laboratoire de « prise de position ». Ce vote ne faisait que « répondre à la sollicitation de monsieur Dorin de quitter ce laboratoire par courrier le 24 avril 2018 », sollicitation qui a été néanmoins « retirée par la suite », consent le président de l'université de Limoges, Alain Célérier, qui précise : « La position de l'équipe est un élément qui permettra au conseil académique restreint d'éventuellement poursuivre la procédure de changement de laboratoire, dès que nous aurons pu nous entretenir avec M. Dorin à la fin de son congé. »

Les avocats de Stéphane Dorin dénoncent le harcèlement moral dont fait l'objet le sociologue. « L'assemblée générale qui a pris cette décision d'exclusion n'avait pas compétence pour le faire et il apparaît que le communiqué diffusé aujourd'hui par l'université semble démontrer qu'elle cautionne cette démarche », explique Grégoire Weigel, qui prévoit d'enclencher une procédure devant le tribunal administratif de Limoges pour faire suspendre la décision d'éviction de monsieur Dorin.

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Dim 16 Déc - 19:37


D'abord interdite, une manifestation d'extrême droite contre le pacte de l'ONU sur les migrations, a finalement été autorisée ce dimanche dans la capitale belge.


Au moins 5.500 personnes ont répondu à l'appel d'un collectif d'organisations d'extrême droite qui appelait à manifester ce dimanche 16 décembre à Bruxelles dans le quartier des institutions européennes, contre le pacte de l'ONU sur les migrations, adopté la semaine dernière à Marrakech.

"Notre peuple d'abord", "Nous en avons marre, frontières fermées", pouvait-on lire sur des pancartes, tandis que des slogans appelaient à la démission du Premier ministre belge, Charles Michel.



Le Monde 6 décembre
Quelques figures, comme Maxime Nicolle, alias « Fly Rider » évoque volontiers sur Facebook le fameux pacte dans ses interventions :
« Macron va vendre la France à l’ONU », « la date fatidique approche », « l’ONU prévoit l’arrivée de 480 millions de migrants pour détruire l’Europe », « “Gilets jaunes”, vous devez bloquer Macron au sol le 10 décembre »


PS : comme toute lutte, celle contre ou pour le racisme est réciproque, j'ai donc changé le titre du sujet. Non que je sois pour l'immigration, mais elle est là, et les réactions qu'elle suscite sont rarement dépourvues de racisme. Quant à l'antiracisme comme contre-réaction, on sait ce qu'il vaut, si c'est pour aboutir aux affrontements entre antifas et fachos

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Re: LUTTES RACISTES et ANTIRACISTES

Message par Patlotch le Ven 21 Déc - 20:43



Zekiye Yildirim à l’emplacement du chalet qu’elle occupait avant d’être expulsée par le maire.

Une exposante musulmane a été contrainte de remballer sa marchandise et de quitter le marché de Noël de Saint-Gratien (Val-d'Oise), à la demande du maire.

C’est Julien Bachard, le maire (Lr) de Saint-Gratien, en personne qui a demandé à une exposante de confession musulmane de quitter le marché de Noël organisé par la Ville. La scène a eu lieu le 30 novembre alors que le maire procédait à l’ouverture de la manifestation de tradition chrétienne. Il était accompagné de la sénatrice (Lr) Jacqueline Eustache-Brinio et de Francis Docquincourt, maire adjoint délégué au commerce.

Gâteaux et bonbons
L’exposante concernée avait réservé un chalet pour une vente de pâtisseries et confiseries.

« C’est le service municipal organisateur de l’animation qui m’a contactée et proposé de disposer d’un stand à ce marché de Noël », commence par préciser Zekiye Yildirim, l’exposante expulsée.

« Je suis arrivé à 9h30. J’ai eu un bon accueil des membres de l’organisation, qui m’ont vue telle que je suis. Les clefs du chalet m’ont été remises. J’ai installé et décoré l’espace de vente. J’étais prête à l’ouverture du marché à 15h, des visiteurs sont venus découvrir mes produits. Tout se passait pour le mieux, jusqu’à 18h et l’arrivée du maire et de sa délégation »
, raconte l’Argenteuillaise, originaire de Sannois.

C’est à ce moment que la journée a viré à l’indignation pour Zekiye, qui était venue avec l’un de ses quatre enfants.

« Monsieur Docquincourt est venu vers moi pour me dire, d’une façon gênée, qu’il était désolé de me faire savoir que mon foulard ne passait pas. « Comprenez-moi j’ai des directives ! », m’a-t-il dit »,
rapporte-t-elle. « J’ai demandé ce qui m’était alors proposé. « Soit vous mettez un bonnet, soit vous vous faites remplacer par quelqu’un d’autre », m’a-t-on suggéré. »

Humiliation
Estomaquée, l’exposante s’est sentie agressée moralement.

« Pour éviter le scandale, j’ai demandé à finir la journée (il restait deux heures de vente) et ne plus revenir le lendemain »,
rapporte-t-elle.

Une solution qui n’a pas suffi au maire. Accompagné de la sénatrice, il est venu sommer l’exposante de dégager les lieux.

« J’étais stupéfaite. J’aurais préféré partir discrètement, autrement que sous le regard des passants. »

Le maire justifierait sa décision en s’appuyant sur « une charte qui accompagnait le contrat que j’ai signé » complète l’exposante. Une réglementation qui pourrait appuyer la décision du maire, mais qui interroge sur la méthode humiliante employée.

« J’ai préparé des produits pour cette manifestation. J’ai engagé des frais. Mais plus que le dommage matériel, il y a d’abord le dommage moral. C’est la première fois que je me retrouve dans une telle situation. On demande à la communauté musulmane de s’associer aux autres traditions culturelles, or, là je participe à un marché de Noël et on m’expulse ! », déplore Zekiye Yildirim, qui a toujours vécu en France.

Julien Bachard, maire de Saint-Gratien. « La loi sur la laïcité s’impose ! »
Maire (Lr) de Saint-Gratien, Julien Bachard explique pourquoi il a demandé à l’exposante Zekiye Yildirim de quitter le marché de Noël.
« Effectivement, une exposante du marché de Noël, organisation municipale, portait un signe distinctif religieux dans un des chalets mis à la disposition par la commune. Je suis allé à la rencontre de cette personne pour lui rappeler les règles de neutralité et de laïcité. Je lui ai suggéré d’adopter une tenue plus neutre, mais elle n’a pas souhaité adapter sa tenue, je lui ai donc dit de fermer son stand », commence par préciser le maire.
« Les exposants de cette manifestation sont tous occupants du domaine public communal. De plus, ces personnes extérieures à la collectivité interviennent aux côtés d’agents publics. Il y a donc un enjeu de bon fonctionnement et de traitement identique de chacun des participants. Il ne s’agissait pas d’une personne cliente du marché de Noël, mais bien d’une exposante au contact du public, lors d’un service public rendu par la ville », argumente l’élu.
« La loi sur la laïcité s’impose, mon devoir de maire est de l’appliquer. À Saint-Gratien, on veut vivre les uns avec les autres et non les uns à côté des autres ! », explique-t-il.

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