SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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AH LA VACHE ! ou LA PETITE BÊTE QUI PIQUE... de l'élevage et autres méchancetés

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Message par Patlotch le Dim 7 Oct - 11:35


le passage à l'auto-défense ?

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Attaqués par une vache, deux chasseurs évacués par hélicoptère
20 minutes 04/10/18

Deux chasseurs ont été secourus en montagne, après avoir été chargés par une vache dans les Hautes-Pyrénées…

Il arrive que des promeneurs aient maille à partir, en plein été, avec des vaches en montagne, dans les Pyrénées ou d’autres massifs. Mais il s’agit souvent de touristes, peu au fait du comportement à adopter face à un troupeau à l’estive. Mercredi matin en revanche, ce sont deux chasseurs qui ont dû être secourus en Val d’Azun, dans les Hautes-Pyrénées.

Selon La Nouvelle République des Pyrénées, les deux hommes ont été blessés par une vache près du lac du Tech. En fâcheuse posture, les chasseurs ont toutefois réussi à joindre les secours. Ils ont été pris en charge puis évacués par l’hélicoptère du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) vers l’hôpital de Tarbes.


Le drame s'est noué à Aigues-Mortes (Gard), samedi, à l'occasion d'une fête votive. Le pronostic vital de la victime est engagé

Selon France Bleu Gard-Lozère, une femme a été grièvement blessée lorsqu'elle a été percutée violemment par un taureau. La victime, originaire de Cannes, se trouvait entre les gradins et la piste des taureaux, après la course.

Le taureau a sauté par-dessus la barrière et l'a percutée. Elle a été projetée en l'air, à plusieurs mètres de hauteur, avant de retomber au sol sur la tête.

Victime d'un grave traumatisme crânien, la femme a été héliportée vers un hôpital.

Le maire d'Aigues-Mortes a assuré à France Bleu que la victime avait été avertie plusieurs fois qu'il était dangereux de sortir des gradins au retour des taureaux.

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Dernière édition par Patlotch le Jeu 28 Fév - 7:58, édité 4 fois

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Message par Patlotch le Dim 28 Oct - 20:12

ayant épinglé, dans DES LANGAGES ANIMAUX, les végans et autres antispécistes, j'y reviens avec ce thème de l'abolition de l'élevage, parce qu'elle est envisagée par Jacques Camatte comme évolution nécessaire, ce que j'aborderai dans le sujet CAMATTE et NOUS. Je dois bien avouer qu'à ce stade, je n'y connais pas grand chose, et n'ayant pas de religion sur la question, c'est une raison pour la mettre en chantier


Le revers de ce projet de société serait une disparition quasi inévitable des espèces domestiquées depuis onze milliers d’années.

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Les vaches élevées dans nos fermes n’ont plus rien à voir avec leurs ancêtres qui vivaient jadis en milieu naturel. | Annie Spratt

« Imaginons que demain, on arrête de manger [les animaux d'élevage], qu'est-ce qu'on en fait, on les tue ? » Samedi 6 octobre 2018. Sur le plateau de l’émission «Les Terriens du samedi!», après un débat houleux opposant deux militantes de la cause animale à un boucher, au vice-président de la FNSEA et à Yann Moix –qui lâche au détour d’une phrase : « L’homme, c’est le singe plus Dieu »–, Thierry Ardisson pose cette question.

Si l’interrogation peut sonner familière, c’est qu’elle est régulièrement formulée lorsque des antispécistes –qui souhaitent mettre fin à l’exploitation animale– sont invités dans une émission de débats. Le 1er avril 2016, lors d’un des tout derniers numéros de l’émission « Ce soir (ou jamais!)», intitulé « Scandales des abattoirs: faut-il arrêter le massacre ? », Frédéric Taddeï posait exactement la même question à Brigitte Gothière, cofondatrice et porte-parole de l’association L214, qui a fait parler d’elle en diffusant des images terrifiantes d’abattoirs: « Admettons que, demain, on arrête de manger les animaux, on arrête de les tuer, qu’est-ce qu’on en fait  ?»

« Nous ne faisons pas forcément de grosse prospective sur la sortie de l’élevage
, admet Sébastien Arsac, l’autre cofondateur de L214, contacté par Slate. C’est évidemment quelque chose qui nous intéresse, mais c’est encore très balbutiant aujourd’hui.» Pour lui, le nombre d’animaux de ferme devrait tout d’abord baisser mécaniquement avec l’évolution des pratiques alimentaires. Début septembre, une étude du Crédoc faisait état d’une diminution de 12% de la consommation de viande en France au cours de la décennie écoulée. Pour autant, les Français consomment toujours, en moyenne, 135 grammes de produits carnés par jour.

« Les consommateurs se détournent de la viande pour se tourner vers des options vegans sans cruauté, acquiesce Anissa Putois, chargée de communication de l’antenne française de People for the Ethical Treatment of Animals (Peta). Nous pensons que l’élevage va se réduire à mesure que la demande va diminuer. On ne se retrouvera pas avec des milliards d’animaux sur les bras.»

Zootechnie et « espèces mutantes »

Si les deux militants envisagent la fin de l’élevage comme un horizon lointain, qui serait atteint au terme d’une évolution très progressive, ce n’est pas le cas de Solveig Halloin. La porte-parole du collectif d’origine toulousaine Boucherie Abolition, qui faisait partie des deux invitées antispécistes de Thierry Ardisson, appelle de ses vœux l’abolition rapide de ce qu’elle qualifie de « permagénocide »: « Abolir l’élevage, ça peut être fait demain ». Mais comment s’y prendre, concrètement?

« Ce n’est pas forcément la question à laquelle on a le plus réfléchi, on n’en est pas encore là, répond Aurore Lenoir, présidente et fondatrice de l'association Lumière sur les pratiques d’élevage et d’abattage (L-PEA). C’est un peu exagéré de nous opposer ce genre de soucis alors que la filière viande fait naître des millions d’animaux. Normalement, on ne devrait pas avoir autant d’animaux qu’on en a aujourd’hui.»

C’est souvent l’un des premiers arguments brandis par les antispécistes: les animaux d’élevage sont reproduits artificiellement, en nombre très élevé, pour les besoins de la consommation humaine. On estime ainsi à 1,3 milliard le nombre d’animaux élevés et abattus chaque année en France, dont 82% dans le cadre de l’élevage intensif. Qu’il s’agisse des couvoirs pour les volailles ou de l’insémination artificielle pour les élevages bovins et porcins –Solveig Halloin parle d’« industrie du viol procréatif »–, l’industrie de la production animale stimule les naissances pour accroître sa productivité.

Mais ce n’est pas tout. Les vaches, poules, cochons élevés dans nos fermes n’ont plus rien à voir avec leurs ancêtres qui vivaient jadis en milieu naturel. « Depuis le boom industriel après les années 1960, notamment via l’Inra –des savants fous payés par l’argent public–, la pratique de l’élevage a fait disparaître des milliers d’espèces, robustes et viables », explique Solveig Halloin. Depuis sa création en 1946, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a mis au point via son département de génétique animale des techniques de manipulation génétique des espèces, détaillées dans ses manuels et enseignées aux étudiants en zootechnie –sciences et techniques de la sélection et de la reproduction des animaux de ferme. Des pratiques qui continueraient de réduire drastiquement la diversité des espèces.

Ainsi, selon un rapport de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) publié en 2015, au moins 17% des 8.774 races d’élevage existantes à travers le monde risqueraient de s’éteindre, en partie à cause des manipulations génétiques en faveur des races les plus «compétitives». À force de modifier en laboratoire les caractéristiques génétiques de certaines espèces, la zootechnie aurait créé des « espèces mutantes qui ne sont pas viables » selon la porte-parole de Boucherie Abolition : « Pour les vaches, il y a des espèces “laitiarisées”, génétiquement modifiées pour qu’elles fassent beaucoup de lait. Elles ont développé d’autres caractéristiques, comme une grande fragilité osseuse ». Anissa Putois abonde: « Ce sont des espèces faites pour que le rendement soit aussi important que possible, manipulées pour produire de plus en plus de lait ou d’œufs ». Avec à la clé toute une série de maladies cardiaques ou encore digestives, en faisant des sortes de «chimères» selon Sébastien Arsac.

« Violence industrielle »


Ancienne éleveuse, sociologue à l’Inra et infatigable critique des mouvements antispécistes, Jocelyne Porcher ne dit pas autre chose. Pour elle, la reproduction artificielle d’espèces d’élevage génétiquement modifiées est le fait de la «violence industrielle» contre laquelle elle dit se battre depuis vingt ans : « Depuis le XIXe siècle, l’élevage a été écrasé par la production industrielle, qui a massacré des tas de races. Par exemple, en élevage de porcs, il ne reste plus que six races en France. Les porcs de Bayeux et du Limousin sont en train de s’éteindre, jusque-là ils étaient protégés par les paysans. La biodiversité génétique a été piétinée mais c’est justement un enjeu qu’elle puisse se refaire ».

Avant l’ère industrielle, quasiment chaque région française avait sa propre race porcine et toutes étaient élevées à l’air libre. Pour les militants antispécistes, pourtant, l’ennemi n’est pas l’industrie de la production animale mais bien l’élevage dans son ensemble, même paysan. Ainsi Solveig Halloin avance que « le principe même de l’élevage est la maîtrise de la natalité ». Même son de cloche chez L214: « Si on remonte 10.000 ans en arrière, la domestication des animaux s’est faite avec un contrôle total des naissances ».

Si demain on mettait fin à l’élevage, faudrait-il abattre les enclos des fermes et laisser chèvres et moutons gambader librement à travers forêts et villages? Aucun des activistes de la cause animale interrogés ne l’envisage comme une solution. « Ce sont des espèces domestiquées qui peuvent à peine se reproduire elles-mêmes, se déplacer, puisqu’elles ont été manipulées et sélectionnées, développe Anissa Putois. Elles auraient vraiment du mal à s’adapter dans la nature. » Peu d’études scientifiques se sont penchées sur une possible réinsertion d’espèces d’élevage en milieu sauvage mais, les activistes en sont conscients, la plupart des animaux domestiqués par les humains depuis 11.000 ans survivraient difficilement par eux-mêmes.

Sociologue à Montpellier, Marianne Celka a publié cette année Vegan Order. Des éco-warriors au business de la radicalité aux éditions arkhê. Un ouvrage qui retrace la généalogie et l’évolution des mouvements antispécistes, que la chercheuse préfère désigner sous le terme plus global d’« animalistes ». « Le projet animaliste n’est pas de relâcher [les animaux de ferme] dans la nature, confirme-t-elle. Ces animaux n’ont d’existence que dans le cadre de la domestication. Leur projet, c’est de gérer les animaux actuellement vivants en les laissant mourir dignement, petit à petit, avec compassion, et cesser d’en faire naître. »

Des sanctuaires pour mourir

Où faudrait-il alors les laisser mourir? La réponse pourrait se trouver dans les refuges pour animaux créés par des militants de la cause animale depuis le début de l’ère industrielle. Aujourd’hui, de tels lieux se développent de plus en plus. Ils se comptent par dizaines dans l’Hexagone selon L214, qui en recense plusieurs sur son site internet. Certains ont été ouverts par des structures qui militent pour le bien-être animal au sein de l’élevage et non pour l’abolition de celui-ci, comme l’ONG Welfarm qui a créé la ferme de La Hardonnerie. D’autres sont le fait de militants plus radicaux. L’association lyonnaise 269 Libération Animale, en faveur de l’«abolition pure et dure» de l’élevage, a ouvert deux «sanctuaires» qui ont accueilli « 409 individus extraits des abattoirs depuis un an et demi », indique Ceylan Cirik, cofondateur de l’association.

La quarantaine de vaches, cochons, poules, canards ou lapins qui peuplent ces «petits paradis» ont été subtilisés dans des élevages, «sauvés» selon les mots des militants, comme le montrait un reportage diffusé récemment dans l’émission «Complément d’enquête» sur France 2. « C’est quand même une activité très marginale, c’est une poignée de personnes qui s’engagent dans des actions illégales, criminelles à l’endroit de la propriété privée », souligne la sociologue Marianne Celka. L’association L-PEA a recours à des méthodes similaires à celles de 269 Libération Animale depuis l’ouverture de son propre sanctuaire cet été, Little Phoenix Sanctuary. Si, à l’origine, l’existence de ce refuge se justifiait par «l’urgence de l’accueil», des lieux comme celui-ci pourraient tout à fait devenir un outil de «transition» vers une société post-élevage.

« Les sanctuaires, c’est exactement comme des hôpitaux
, estime Solveig Halloin. Il y en a besoin pour recueillir des individus polytraumatisés, mutilés. » Ces lieux où les animaux seraient considérés non plus comme des ressources mais comme des individus à soigner pourraient-ils s’ériger en modèle viable ? Marianne Celka en doute: « Ce n’est pas envisageable, dans le système économique capitaliste actuel, qu’on élève des animaux juste pour le plaisir de les regarder, le coût financier serait gigantesque ». Pour couvrir ce coût, Aurore Lenoir a sa petite idée: « La filière viande, qui ne génère pas de profits, ne survit qu’artificiellement grâce aux subventions européennes. Celles-ci pourraient être allouées à des sanctuaires, pour corriger ce qu’on a fait aux animaux pendant des décennies ».

Quoi qu’il en soit, la question ne se poserait pas bien longtemps. « C’est un moyen de transition vers une société où il n’y aurait plus besoin de libérer les animaux, précise Marianne Celka. Si une société de type abolitionniste [sans élevage, ndlr] se met en place, il n’y aura plus de nécessité d’avoir des refuges.» Ce que confirme Ceylan Cirik : « On ne va pas en faire des animaux de compagnie pour nous divertir. Qu’on laisse les animaux en paix ».

« Fermer le robinet »

Les sanctuaires ne seraient qu’une modalité transitoire pour éviter aux animaux de trop grandes souffrances en attendant leur extinction. Car s’ils ne vivent ni dans la nature ni dans ces refuges, c’est bien le sort qui leur sera réservé dans une société post-élevage. « Ces millions, milliards d’individus qui sont sur le sol de la planète ne seront plus au monde, prophétise Solveig Halloin. On n’a pas à réguler leur nombre. Il est artificiellement créé. L’élevage est un système clos qui repose sur un interventionnisme humain total.»

Selon elle, il suffirait de «fermer le robinet» de l’élevage, c’est-à-dire la reproduction industrielle d’espèces génétiquement modifiées et affaiblies, lesquelles seraient alors logiquement amenées à disparaître. « Pour les militants abolitionnistes, l’idée de faire naître des animaux pour in fine les abattre n’est pas compatible avec le bien-être animal, analyse Marianne Celka. C’est un gros paradoxe inhérent à la posture abolitionniste: ils avancent une proposition de non-existence des animaux [de ferme] pour leur bonheur.»

Une perspective qui scandalise l’ancienne éleveuse désormais sociologue à l’Inra Jocelyne Porcher: « C’est un projet extrêmement violent sous prétexte de respecter les animaux, c’est immoral par rapport à la dette qu’on a vis-à-vis des animaux domestiques. C’est grâce à eux qu’on mange et qu’on est devenus humains. Tout ce que les antispécistes trouvent à faire, c’est les abandonner ». Tous les militants sollicités assument l’hypothèse d’une extinction de ces espèces. « Ce qui nous importe, c’est que les animaux ne souffrent pas, se défend Aurore Lenoir. Je ne vois pas l’importance de conserver des races si ce n’est par orgueil humain, comme une collection de timbres.»

La chercheuse Marianne Celka voit dans ce choix un certain «positivisme»: « L’animalisme est un humanisme exacerbé, obèse de la question animale. On va chercher à traiter de manière plus humaine les animaux pour exister de manière encore plus humaine, même si ça implique un “mal nécessaire”. Il y a un rejet radical de l’idée même de souffrance ».

Pour Sébastien Arsac de L214, la question de la disparition des milliers d’espèces d’élevage qui existent aujourd’hui est un «épouvantail» agité pour «décrédibiliser» le mouvement antispéciste: « L’élevage fait disparaître des animaux autant qu’il en fait naître ». Et le militant de rappeler le véritable enjeu civilisationnel qui se pose à l’espèce humaine: « On a l’aiguillage entre les mains. En quelques mois, on décime plus d’animaux qu’il n’y jamais eu d’êtres humains sur cette planète. La priorité est là ».

en attendant, je mange toujours de la viande, mais beaucoup moins de viande rouge, pour des raisons de santé ; et puis je préfère le lapin, bien que je n'ai pas l'occasion d'en manger de sauvages, des garennes ou des lièvres...


ce qui est évidemment posé, c'est la diminution de la population humaine, et dans l'immédiat l'arrêt de sa croissance exponentielle, qui conduira tôt ou tard à l'impossibilité de nourrir tout le monde comme à la destruction assurée de vivant sur terre, dont les capacités sont limitées. C'est encore un problème posé par Jacques Camatte, avec selon lui la seule viabilité de petites communautés

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Message par Patlotch le Sam 3 Nov - 17:50


et cette histoire d'abattoir à Chateauroux

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Les images ont été tournées entre la fin août et le mois de septembre 2018 à l'abattoir du Boischaut, dans l'Indre. Dix neuf heures de captation cachée récupérées par l'association contre la maltraitance animale L214, qui suffisent à montrer des scènes insoutenables. Des vaches étourdies qui s'écroulent dans le sang et les excréments, d'autres découpées avant même d'être tuées, un chevreau pendu vivant à un crochet et des conditions d'hygiène non respectées... Un tableau édifiant pour cet établissement certifié bio déjà sévèrement épinglé précédemment par un rapport d'inspection vétérinaire.
je dispense ma lectorate de la vidéo

en relation 30 octobre, Un taureau s'échappe d'un abattoir mais est abattu par la gendarmerie

question : les vaches et autres taureaux savent-ils ce qu'ils ne veulent pas quand ils s'enfuient des abattoirs ? Pas d'interview disponible à ce stade

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Message par Patlotch le Mar 12 Fév - 12:17


la chasse aux papillons

repéré par l'ami Stanislas Brown, via @BrownStanislas


Les scientifiques mettent en garde contre un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels ».

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Le nombre d’espèces de papillons a chuté de 58 % sur les terres cultivées en Angleterre entre 2000 et 2009.
ANGELA WEISS / AFP
Les insectes du monde entier sont en voie d’extinction, menaçant d’un « effondrement catastrophique des écosystèmes naturels », s’est alarmé, fin janvier, la revue scientifique mondiale Biological Conservation. Plus de 40 % des espèces d’insectes sont en déclin et un tiers sont menacées, selon les chercheurs. Leur taux de mortalité est huit fois plus rapide que celui des mammifères, oiseaux et reptiles. Au cours des trente dernières années, la masse totale des insectes existant dans le monde a diminué de 2,5 % chaque année.

A ce rythme, s’inquiètent les scientifiques, ils pourraient disparaître d’ici à un siècle. « C’est très rapide. Dans dix ans, il y aura un quart d’insectes de moins, dans cinquante ans, plus que la moitié, et dans cent ans, il n’y en aura plus », a déclaré au Guardian dimanche 10 février Francisco Sánchez-Bayo, de l’université de Sydney (Australie), qui a collecté les données avec Kris Wyckhuys de l’Académie des sciences agricoles à Beijing (Chine). La plupart des études analysées ont été réalisées en Europe occidentale et aux Etats-Unis.

98 % des insectes ont disparu à Porto Rico depuis trente-cinq ans
Les insectes sont « essentiels » au bon fonctionnement de tous les écosystèmes, expliquent les chercheurs. Ils pollinisent les plantes, recyclent les nutriments et servent de nourriture de base aux autres animaux. Leur disparition « aura des conséquences catastrophiques à la fois pour les écosystèmes de la planète et pour la survie de l’humanité », s’alarme Francisco Sanchez-Bayo. L’un des impacts majeurs concerne les nombreux oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons qui se nourrissent d’insectes. « Si cette source de nourriture leur est enlevée, tous ces animaux mourront de faim », a-t-il dit.

Des effondrements de populations d’insectes ont récemment été signalés en Allemagne et à Porto Rico, où une récente étude a révélé une chute de 98 % des insectes terrestres depuis trente-cinq ans, mais l’étude montre clairement que la crise est mondiale. Les papillons et les papillons de nuit sont parmi les plus touchés. Le nombre d’espèces de papillons a chuté de 58 % sur les terres cultivées en Angleterre entre 2000 et 2009. Le Royaume-Uni a subi les plus fortes chutes d’insectes jamais enregistrées, bien que cela soit probablement le résultat d’une étude plus intensive que dans la plupart des autres pays.

Les abeilles ont également été gravement touchées, la moitié seulement des espèces de bourdons recensées en Oklahoma aux Etats-Unis en 1949 étant présentes en 2013. Le nombre de colonies d’abeilles aux Etats-Unis était de six millions en 1947, 3,5 millions ont disparu depuis. Il existe plus de 350 000 espèces de coléoptères et on pense que beaucoup d’entre elles ont décliné, en particulier les dendroctones du fumier. Si on dispose de beaucoup moins d’informations sur les mouches, fourmis, pucerons, insectes boucliers et criquets, les experts affirment qu’il n’y a aucune raison de penser qu’ils s’en sortent mieux que les espèces étudiées.

L’agriculture intensive pointée du doigt
« Si nous ne changeons pas nos méthodes de production alimentaire, les insectes dans leur ensemble s’engageront sur la voie de l’extinction dans quelques décennies », écrivent les chercheurs, pour lesquels l’agriculture intensive est la cause principale du déclin des populations d’insectes, en particulier la forte utilisation des pesticides. L’urbanisation et le changement climatique sont également des facteurs importants.

Selon M. Sanchez-Bayo, la disparition des insectes semble avoir commencé à l’aube du XXe siècle, puis elle s’est accélérée dans les années 1950 et 1960 et a atteint des « proportions alarmantes » au cours des deux dernières décennies. Les nouvelles classes d’insecticides introduites au cours des vingt dernières années, y compris les néonicotinoïdes et le fipronil, ont été particulièrement dommageables car ils sont utilisés régulièrement et persistent dans l’environnement : « Ils stérilisent le sol, tuant tous les vers blancs. » Cela a des effets même dans les réserves naturelles avoisinantes : les 75 % de perte d’insectes en Allemagne ont été enregistrés dans des zones protégées.

théorie papillonne
hyper-sonnet photosophique
Patlotch 2014


AH LA VACHE ! ou LA PETITE BÊTE QUI PIQUE... de l'élevage et autres méchancetés ThGenrePapillon1

j'avais pu faire encore, en juillet 2014, des photos de beaux papillons quoi que communs, dans le Parc du Mercantour (Alpes Maritimes) et en 2016 en Bretagne

Penn-ar-Bed
photopoétique du Finistère Nord, juillet-août 2016


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Message par Patlotch le Jeu 28 Fév - 7:52


les amies nous bêtes ?

LA DISPARITION DES INSECTES VA CAUSER NOTRE PERTE
Benjamin Cabiron Daily Geek Show 28 février 2019

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Présents depuis la nuit des temps sur notre planète, les insectes constituent un maillon essentiel dans bien des éléments de la vie sur Terre. Leur rôle au sein de nos écosystèmes est également déterminant pour une quantité astronomique d’espèces, et est nécessaire à l’Homme. Pourtant, aujourd’hui, les insectes sont largement menacés d’extinction, au point que des chercheurs estiment que d’ici 100 ans, tous les insectes auront disparu. Aujourd’hui, nous vous proposons un dossier sur le rôle – ou plutôt les rôles – que les insectes ont dans l’écosystème planétaire.

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Le rôle des insectes dans nos environnements
On estime actuellement qu’il y a 200 millions d’insectes dans le monde pour chaque humain. Si la proportion est énorme, c’est sans compter la rapide décroissance que la première catégorie subit de plein fouet depuis des années. Pourtant, leur rôle est clef dans l’équilibre de notre planète.

LES INSECTES ONT UN RÔLE ESSENTIEL ET MAJEUR DANS NOS ENVIRONNEMENTS

Beaucoup restent néanmoins à découvrir, et si nous connaissons surtout ceux qui nous piquent et nous transmettent des maladies, il faut comprendre qu’ils représentent seulement une infime partie des insectes sur Terre. En réalité, la plupart des insectes sont bénéfiques pour l’Homme et l’environnement.


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Un des services les plus importants qu’ils rendent à notre planète est très certainement la pollinisation. Si nous avons pu démontrer que certaines plantes peuvent s’auto-gérer, la majorité d’entres elles dépendent d’insectes pour transporter leur pollen vers d’autres fleurs. Tout cela dans un but de fertilisation. Ainsi, dans la pratique, les insectes viennent collecter le nectar de la fleur, mais transportent le pollen par la même occasion, le plus souvent dans de véritables paniers que leurs poils composent.

Les orchidées, par exemple, ont co-évolué avec des insectes et ne peuvent actuellement n’être pollinisées que par un seul type d’insecte. La disparition de celui-ci engendrerait de terribles conséquences. De par cet unique exemple de pollinisation, les insectes ont un rôle essentiel dans nos environnements. Que ce soit leur butinage direct, ou leur rôle indirect transportant le pollen, voici-là deux bonnes raisons de les préserver. Mais ce n’est pas tout.


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Une place vitale dans la chaîne alimentaire
Les insectes représentent un maillon essentiel dans la chaîne alimentaire. Forcément, à la vue de leur quantité de populations incroyablement nombreuses, il est facile d’imaginer que ces individus ont des proies et également des prédateurs . Dans les faits, ils représentent, pour le moment, une source de nourriture quasiment intarissable. Parmi leurs prédateurs, les plus communs sont les oiseaux, qui peuvent d’ailleurs choisir de se nourrir exclusivement d’insectes, pour certains. On peut également citer les amphibiens qui se nourrissent d’insectes en très grandes quantités, comme les grenouilles, crapauds et salamandres.

Si l’on veut aller encore plus loin pour justifier l’importance majeure des insectes dans la chaîne alimentaire, on pourrait agrémenter notre liste de prédateurs avec les chauves-souris d’Europe, les arachnides, les lézards, ou encore les taupes (qui se nourrissent de larves de coléoptères). Bref, un grand nombre d’espèces trouvent leur alimentation principale chez les insectes et ne pourraient pas – du moins si facilement – trouver une alternative sur le court, moyen et long terme. Dans le monde animal, c’est un véritable phénomène de dépendance envers les insectes.


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L’exemple des abeilles
Si l’exemple des abeilles est fréquemment cité dans les débats visant à l’extinction des insectes, c’est pour une bonne raison. Évidemment, la disparition de multiples espèces entraînerait des conséquences catastrophiques pour nos environnements, mais le cas des abeilles illustre parfaitement bien ce côté dramatique. Comme nous l’avons dit, elles sont indispensables à la pollinisation, nécessaire à la reproduction des plantes. Nées il y a 65 millions d’années, elles assurent avec succès ce rôle désormais établi dans les différents écosystèmes de la planète.

80 % DES VÉGÉTAUX DÉPENDANT DE LA POLLINISATION

Malheureusement, aujourd’hui, l’activité agricole humaine est majoritairement nocive pour les abeilles. Les pesticides sont la principale raison d’un désastre déjà en cours, particulièrement les néo-nicotinoïdes : immidaclopride, chlothianidine et thiametoxame sont trois produits létaux pour les abeilles, même à très faible dose (seuls quelques milliardièmes de gramme suffisent pour tuer une abeille au moindre contact). Et les insectes qui s’exposent le plus à ce genre de produit mortel sont les abeilles butineuses et fécondeuses, jouant un rôle décisif dans l’équilibre environnemental.


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On estime aujourd’hui que 80 % des végétaux dépendent de la pollinisation, et l’abeille domestique est sa première représentante (responsable, également, de 80 % de la pollinisation mondiale) en terme d’importance et de quantité. C’est encore plus vrai dans les milieux urbanisés, où les plantes sont de plus en plus espacées et nécessitent par conséquence un acheminement constant et efficace de pollen d’une fleur mâle vers une fleur femelle, de la même espèce.

Mais aujourd’hui, les abeilles sont en danger de mort. Maillon pourtant indispensable à la reproduction des fleurs et à sa propre espèce, l’humain n’hésite pas à s’y attaquer, directement ou non, et les conséquences sont déjà mesurables. Et inutile d’expliquer que les agents nocifs pour les abeilles le sont également pour les autres pollinisateurs. S’il y a plus de 100 000 espèces d’abeilles répertoriées sur la planète, on en retrouve 2 500 en Europe et 1 000 en France. Le nombre pourrait chuter, comme c’est le cas dans de multiples pays asiatiques et européens.

Notons tout de même que des initiatives sont lancées pour essayer d’enrayer cette terrible dynamique : depuis 1985, des bourdons d’élevages sont élevés à des fins commerciales pour la pollinisation, et en Suisse aujourd’hui, plus de 19 000 apiculteurs entretiennent environ 170 000 colonies d’abeilles mellifères. La France envoie également des signaux positifs en mettant en avant des initiatives comme Bleu Blanc Ruche qui propose du miel de repeuplement garanti 100 % français et respectueux des abeilles ; ou encore en les implantant dans des infrastructures (Groupama Stadium à Décines)


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L’importance des insectes dans les écosystèmes

PLUS DE 10 MILLIONS DE MILLIARDS DE FOURMIS SUR TERRE


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En Australie par exemple, les mouches et les scarabées aident à la décomposition des excréments des animaux – comme le kangourou ou le koala – et ce n’est pas anodin. On peut sans problème dire que les insectes jouent également un rôle essentiel dans la formation des sols et dans le maintien de leur fertilité. Comme nous venons de le dire avec l’exemple de l’Australie, sans eux, on trouverait dans nos sols des cadavres, matières fécales et détritus en tout genre, l’ensemble contribuant à un développement sans précédent de bactéries. Là encore, les insectes sont vitaux pour nos écosystèmes. Les lombrics, en plus de jouer ce rôle d’entretien des sols, permettent également l’élaboration d’un compost naturel de qualité.

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le vieux qui ramassait des vers de terre
MICROCOSME, roman initiatique, 3.

On peut également évoquer les fourmis, présentes en nombre dans les sols de notre planète (plus de 10 millions de milliards sur Terre). Elles sont déterminantes dans la construction de nos sols et permettent de protéger certaines espèces d’arbres. C’est le cas des merisiers, qu’elles préservent de par leur activité. Elles aussi jouent également un rôle de nécrophage en nettoyant les cadavres d’animaux morts.

Agir en conséquence
Plusieurs solutions sont envisageables pour sauver les insectes de notre planète. Mais pour l’heure, les estimations ne sont guère rayonnantes et promettent une extinction de l’intégralité des insectes sur Terre d’ici 100 ans.

En revanche, l’Allemagne promet une loi à 100 millions d’euros pour sauver les insectes en les protégeant des pesticides et en menant diverses études. L’initiative est nouvelle puisqu’annoncée seulement ce 17 février par la ministre de l’environnement allemande.

Afin d’endiguer la rapide diminution des insectes pollinisateurs, en revanche, difficile de trouver des solutions rapides et efficaces que les États sont prêts à adopter. Globalement, l’artificialisation des sols et l’utilisation de pesticides sont les deux grandes causes responsables identifiées, et il est logique de chercher à diminuer l’une ou l’autre, ce qui aura forcément des conséquences positives.

Aujourd’hui, il est urgent de changer – à grande échelle – nos processus de production de nourriture. Promouvoir une agriculture écologiquement compatible et intensive semble être la meilleure solution, mais a un coût financier. L’idéal serait de réduire, voire de supprimer l’utilisation des pesticides. Reste à savoir ce que les agriculteurs et les états d’Europe et d’ailleurs choisiront comme solution, mais si rien n’est fait, nous seront, de facto, nos propres victimes…

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Message par Florage le Jeu 4 Avr - 5:14


en relation : Des fermes-usines partout en France
elles sont présentes dans 90% des départements français. A partir d’une base de données du ministère de la Transition écologique et solidaire, nous avons recensé sur le territoire français 4413 fermes-usines réparties dans 2340 communes.

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Le Grand Ouest, notamment la Bretagne, est particulièrement menacé par ce système des fermes-usines. Rien que dans les départements des Côtes d’Armor, du Morbihan et du Finistère, on trouve 1720 fermes-usines ! Cette concentration est loin d’être sans conséquence puisque c’est aussi la région la plus confrontée au problème de la pollution de l’eau par les nitrates.

Végétalien, végétarien, flexitarien, paléo, cétogène... Tous ces régimes atypiques recensent de plus en plus d'adeptes. Ces modes alimentaires traduisent un malaise insistant de notre société dû à une prise de conscience de nos excès alimentaires. Parmi les aliments sur la sellette, la viande. Pour être précis, la viande issue de l'élevage intensif, fabriquée dans des fermes-usines dans le seul but de rassasier des populations entières, quel qu'en soit le prix.

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Depuis plusieurs années, beaucoup de lanceurs d'alertes, mettent en garde contre certaines de nos habitudes alimentaires comme la surconsommation de sucre, de sel, mais aussi du lait de vache. L'exercice n'est pas facile tant les lobbies sont puissants et les consommateurs addicts. Une de ces industries qui n'échappent pas à la règle, c'est bien l'industrie de la viande. Entre des éleveurs qui se sentent menacés et des consommateurs culpabilisés, la dénonciation des dérives de l'élevage intensif n'est pas un exercice simple. La production de viande industrielle a grande échelle répond à une demande de plus en plus croissante des consommateurs et réciproquement, cette consommation de viande est incitée par la publicité des grands groupes et chaînes de fast-food. La nourriture transformée n'a jamais été aussi disponible, abondante et bon marché dans l'histoire de l'humanité.

Pour suivre la cadence, les fermes-usines se sont multipliées. Les conditions de vie des animaux y sont déplorables et la viande qui en ressort de très mauvaise qualité. La robotisation des animaux connaît son paroxysme. Longtemps signe de richesse, manger de la viande est devenue une habitude quotidienne. Derrière cette réalité, des prix de plus en plus bas, rendus possibles par des infrastructures hors normes, une mécanisation déraisonnable et un non-respect du rythme biologique des animaux. Les premières fermes-usines sont apparues en France il y a moins de cinquante ans. En prenant un peu de hauteur, on remarque des hangars immenses, des silos imposants, contenant des dizaines de milliers d'animaux qui ne voient jamais la lumière du jour. Il n'est pas très difficile d'imaginer l'entassement des animaux dans de tels locaux. Plusieurs caméras cachées ont fait des millions de vues sur internet pour dénoncer cette maltraitance animale.

L'élevage intensif en chiffres

En France :

83% des 800 millions de poulets de chair sont élevés sans accès à l'extérieur (ITAVI, 2016)
69% des 48 millions de poules pondeuses sont élevées en batterie de cages (CNPO, 2016)
99% des 36 millions de lapins sont élevés en batterie de cages (ITAVI, 2006)
95% des 25 millions de cochons sont élevés sur caillebotis en bâtiments (CNPO, 2016)

1ère puissance agricole d'Europe et 8ème du monde, la France est en cours de mécanisation massive des exploitations. Bien qu'à la traîne par rapport à la Suède, l'Allemagne ou encore les Pays-Bas, l'objectif est à peine dissimulé : rivaliser à l'échelle internationale avec les géants du secteur agro-alimentaire. Pour cela, la robotisation des exploitations, l'augmentation de la rentabilité et par conséquent l'élevage d'une quantité démesurée d'animaux par exploitation est nécessaire pour cette compétition. L'élevage intensif est rendu possible grâce à de nouvelles technologies présentant des avantages certains pour faciliter la pénibilité du travail des éleveurs. Néanmoins, l'extension des fermes-usines se heurte aux associations militantes pour le bien-être animal et n'est pas très bien accueillie par l'opinion publique en générale. Pour preuve, le cas de la « ferme des 1000 veaux » dans la Creuse. Cette exploitation qui comptait près de 400 animaux, a été autorisée il y a un an à s'étendre dans le but d'accueil 800 bovins.

Le photographe reporter George Steinmetz, a sillonné la planète une année pour jauger de l'impact de l'élevage intensif. Il s'est concentré plus particulièrement sur trois pays : les Etats-Unis, le Brésil et la Chine. Il a découvert entre autres, que le sperme pour inséminer les vaches en Chine était importé du Canada et qu'aux Etats-Unis, 99 % de la viande consommée provient de l'élevage industriel. Des pratiques absurdes, monnaie courante dans ce milieu, qui a de quoi effrayer et interroger.

Avec l'Arabie Saoudite, on passe à un niveau nettement supérieur. Le pays s'est doté d'une des plus grandes fermes laitières du monde. Un format XXL dans laquelle on dénombre près de 94 000 vaches ! Un nombre qui donne le vertige, tout comme celui de la production, soit plus d'un milliard de litres de lait par an. Plus de 2 800 personnes travaillent sur cette exploitation jour et nuit.

En Asie, la Chine devient rapidement un « bon » élève de ce secteur, comme en témoigne les multiples fermes usines qui apparaissent chaque jour. Dans la province du Heilongjiang, la « Big Farm » est conçue pour accueillir à terme pas moins de 100 000 vaches. Le pays voit sa consommation de viande par habitant augmenter. Grand importateur de viande de porc, l'élevage intensif se généralise pour répondre à la demande.

Le Brésil reste un eldorado pour les exploitations à grande échelles. La ferme Granja Mantiqueira ne détient pas moins de 4 millions de poules entassées à 26 par cage. Un mode de production permettant de récolter 2,7 millions d'œufs par jour. Il n'est pas difficile d'imaginer le stress des animaux et la basse qualité des aliments qui y sont produits.

Les trois menaces majeures de l'élevage intensif

1) Problème éthique
Selon Florence Burgat, philosophe et directrice de recherches à l'INRA, l'alimentation carnée serait liée à une obsession humaine de nous distinguer des animaux. La maltraitance animale, notre surconsommation de viande aurait un lien avec notre façon de considérer la vie animale comme inférieure à la nôtre ou un moyen de nous rassurer que nous, êtres humains, nous ne sommes pas des animaux. Cette réflexion discutable n'en est pas moins intéressante puisqu'elle pourrait expliquer en partie notre capacité à fermer les yeux sur les conditions d'élevage pratiquées au sein des fermes usines ainsi que notre déni de responsabilité quand nous achetons de la viande issue de l'élevage intensif. Même si nous assistons à une prise de conscience, le sujet reste encore tabou.

Sélection génétique, mutilation forcée, entassement, stabulation, séparation des nouveau-nés des mères, reproduction artificielle et accélérée, mortalité élevée, voilà le quotidien des animaux élevés en fermes-usines. Des pratiques d'un autre âge, qui mettent à mal les progrès fait ces dernières décennies en matière de bien-être animale.

2) Problème de santé publique
Les scandales sanitaires impliquant la viande se sont multipliés ces dernières années : La vache folle durant la décennie 1986-1996, l'épidémie de grippe aviaire en 2003 partie d'Asie, l'affaire Spanghero de 2013 avec de la viande de cheval originaire de Roumanie retrouvée dans des lasagnes ou encore récemment de la viande d'animaux malades de Pologne, envoyés sans contrôle dans une dizaine de pays de l'Union Européenne. La liste est longue. Tous ces scandales ont fait de quelques dizaines à plusieurs centaines de morts. C'est toute la sécurité alimentaire qui est remise en question. Face à ces scandales à répétition, une défiance émerge progressivement vis-à-vis de l'industrie agro-alimentaire. Les consommateurs se montrent davantage exigeant, les normes et contrôles s'intensifient. Malgré tout cela, beaucoup opposent un mouvement de résistance en adoptant un régime alimentaire sans viande, et les raisons invoquées sont multiples, tantôt sanitaires, tantôt écologiques ou les deux à la fois.

Les risques élevés de propagation des maladies dans les espaces confinés des fermes-usines font que les animaux prennent des doses importantes d'antibiotiques. Les animaux sont parfois soumis à des parasitoses inhabituelles dans les élevages intensifs, ce qui nécessite un suivi vétérinaire particulier. En 2009, 1 000 tonnes d'antibiotiques ont été administrés aux animaux d'élevage en France et 50% de la production mondiale d'antibiotiques est destinée aux animaux.

3) Problème écologique
Même si l'industrie agro-alimentaire ne pollue pas autant que l'industrie pétrolière et textile, la quantité de gaz à effet de serre reste importante. Selon le rapport de l'ONG Oxfam International publié en mai 2014, les dix plus grosses entreprises du secteur (Associated British Foods, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg's, Mars, Mondelez International, Nestlé, PepsiCo et Unilever) émettent chaque année 263,7 millions de tonnes de gaz à effet de serre. C'est un peu plus que la Finlande, la Suède, le Danemark et la Norvège réunis. Paradoxalement, les gaz à effet de serre libérés par ces élevages proviennent principalement de la production de nourriture pour nourrir les animaux eux-mêmes ! Des aliments tel que le soja sont acheminés depuis l'autre bout du monde avec tous le transport longue distance et les engrais utilisés que cela implique et responsable de nombreuses déforestations.  

L'élevage industriel pollue les terres, les eaux et les mers. En 2006, l'ONU et la FAO ont décrit l'élevage intensif comme un des contributeurs les plus importants des problèmes environnementaux graves actuels. 7 900 litres d'eau sont nécessaires pour obtenir 1kg de protéines carnées. Les fermes-usines polluent les nappent phréatiques en rejetant des nitrates via l'épandage des déjections des animaux en grandes quantités qui finissent dans les cours d'eau. En Bretagne, ces déjections sont en grande partie responsables du problème des algues vertes.

Avec l'élevage intensif, l'homme a franchi un pas de plus dans son divorce avec la nature.



Question du gaspillage alimentaire
Pour sa défense, l'industrie agro-alimentaire affirme qu'il faudrait une production supplémentaire de viande de 70 % d'ici l'horizon 2050 pour nourrir une population mondiale qui atteindra les 9,6 milliards d'individus et que seul l'élevage intensif peut atteindre cet objectif. Il s'agit d'une stratégie pour justifier ces fermes-usines. Bien entendu, l'industrie agro-alimentaire omet volontairement le problème d'épuisement des sols.

La principale raison de la faim dans le monde est la non redistribution des denrées alimentaires. Le même argument est utilisé pour justifier la commercialisation et l'expansion de notre alimentation génétiquement modifiée et transformée des OGM.

Avec des produits transformés à bas coût, le gaspillage alimentaire est inéluctable. La conscientisation des aliments n'existe presque plus dans nos pays occidentaux. On mange pour le plaisir, pour remplir son estomac, on mange sous le coup des émotions, on vit pour manger et non l'inverse. C'est un chamboulement assez récent dans l'histoire de l'humanité puisque le corps humain depuis son existence a toujours plus manqué de nourriture que l'inverse. Biologiquement parlant, notre corps n'est pas prêt. Pour preuves, les nombreuses maladies liées à un excès de nourriture recensées dans les pays riches et ceux en voies de développement. La disponibilité permanente des produit issus des fermes-usines et de l'élevage intensif, explique en partie le gaspillage alimentaire massif. La viande n'est plus un luxe, elle est devenue quotidienne et accessible. Jeter quelques morceaux de viande à la poubelle n'est plus aussi choquant, le supermarché n'étant jamais bien loin.

Vers un retour au pâturage extensif ?

A l'opposé des fermes-usines et de l'élevage intensif, le pâturage ou élevage extensif (connu sous le terme anglo-saxon « ranching ») est une méthode d'élevage avec laquelle les animaux vivent de manière peu concentrée dans les pâturages. Hormis le sel et le fourrage en cas de sécheresse, aucun apport supplémentaire de nourriture n'est requis. Les animaux sont choisis parmi les races dites rustiques, c'est-à-dire adaptées au milieu dans lequel elles vivent.

L'élevage extensif est un mode d'élevage séduisant au regard de la dure réalité des fermes-usines. Le pâturage extensif peut paraître comme un idéal difficilement applicable à l'échelle planétaire aujourd'hui, bien qu'il s'agisse du modèle d'élevage initiatique utilisé depuis la nuit des temps par l'homme. Sans essayer de retourner en arrière dans l'absolu, il est urgent de trouver une forme d'équilibre entre « le trop » et le « pas assez », sans quoi, l'humanité sera la plus grande perdante, la nature ayant la faculté de se réguler d'elle-même. Les fermes-usines et l'élevage intensif ne sont pas des modèles viables sur le long terme pour l'ensemble des habitants qui peuplent la Terre, pour les hommes comme pour les animaux.

Florage

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