SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE

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Message par Patlotch le Dim 7 Oct - 13:45


« Dans une société communiste, il n’y aura plus de peintres,
mais tout au plus des gens qui, entre autres choses, feront de la peinture »

Marx, Manuscrits de 1844

j'ai prétendu renverser Debord en ce qu'il ne s'agit pas de dépasser l'art, mais la posture artiste, ce qu'il est bien le dernier à avoir su faire. Et l'on peut retourner la chose comme on veut, ce dépassement est impossible dans le capitalisme, parce que l'art ne peut y exister qu'à travers sa valeur marchande, et non pour sa valeur poétique. Même la destruction de l'art a un prix, et c'est l'ironie du sort de l'artiste anarchiste Banksy d'en avoir administré la preuve à l'insu de son plein gré


Pour Nicolas Laugero Lasserre, spécialiste du street-art contacté par franceinfo, ce canular du mystérieux artiste britannique est un "coup de génie".

POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE 15923223
L'œuvre Girl with balloon de l'artiste anglais Banksy, lors de l'exposition "Guerre, capitalisme et liberté"
au Palazzo Cipolla, à Rome (Italie) le 23 mai 2016
.  (VINCENZO PINTO / AFP)

"Il semblerait que nous venions d'être 'banksiés'." Dans un communiqué (en anglais), Alex Branczik, directeur du département d'art contemporain à Sotheby's, ne cache pas sa surprise face à l'incroyable mise en scène orchestrée par Banksy vendredi 5 octobre. Lors d'une vente aux enchères à Londres, une version sur toile de sa Fille au ballon est sortie de son cadre en passant par une déchiqueteuse, dissimulée dans celui-ci. Stupéfait, le public a mitraillé le dispositif, pour tenter d'immortaliser le moment. Pour Nicolas Laugero Lasserre, directeur de l'Icart et spécialiste du street-art, Banksy "va devenir l'artiste le plus coté au monde".

Franceinfo : Pour vous, est-ce un coup de pub réussi ?

Nicolas Laugero Lasserre : Ce n'est pas un coup de pub, c'est un coup de génie ! Cela fait quinze ans que Banksy mène une critique au vitriol du marché de l'art. La plupart de ses performances sont une satire du marché de l'art, dont il dénonce la marchandisation.

Ce marché est devenu incroyablement spéculatif. On se demande si on vend encore de l'art ou une marchandise comme une autre. L'art, c'est le seul marché non régulé, dans lequel le délit d'initié n'est pas prohibé mais recommandé.

Banksy contribue à casser cet ancien monde, avec un marché de l'art très spéculatif pour, enfin, considérer l'art pour ce qu'il est. C'est cela que Banksy dénonce à travers cet incroyable coup de maître.

La sidération était totale dans la salle…

Il faut imaginer la scène. Sa toile la plus iconique, Girl with balloon, vient d'être adjugée à un prix record : 1,2 million d'euros. Et d'un coup, une petite sirène retentit et broie la toile en lamelles : c'est fou. Les gens étaient stupéfaits ! Le commissaire-priseur a improvisé une déclaration en quelques mots : "Il semblerait que nous venons d'être 'banksiés'."

Banksy a construit cette mécanique plusieurs mois à l'avance. C'est drôle et c'est en même temps une véritable performance artistique. Il a littéralement intégré dans le cadre de la toile une broyeuse à papier comme celles que l'on trouve dans les bureaux, qu'il a ensuite déclenchée à distance par une télécommande.

Beaucoup se demandent s'il n'était pas lui-même dans la salle à ce moment-là. On ne peut pas l'affirmer mais c'est tout à fait possible.

Banksy avait-il réalisé une performance comparable auparavant ?

Oui. Il y a trois ans, il avait mené une grande résidence à New York pendant un mois. Il avait produit une vingtaine d'œuvres originales estimées à des centaines de milliers d'euros chacune. A la fin de cette résidence, il a confié les œuvres à un vieux monsieur qui tenait une petite échoppe à Central Park. Personne n'avait été mis au courant, c'était une opération totalement secrète. En une journée, le monsieur a péniblement vendu quatre œuvres.

La vidéo de cette performance est devenue virale. Son message, c'était de dire : "Regardez bande d'imbéciles. Quand ça vaut 200 000 euros, vous vous battez pour acheter et quand c'est à la portée de tous, ça n'intéresse plus personne." Qu'est-ce qu'on achète dans l'art finalement ? Personnellement, cette prise de recul me donne une grande bouffée d'oxygène dans un monde où on perd la notion de la réalité.

Est-il vraiment possible que Sotheby's n'ait pas été mis au courant, comme la maison d'enchères l'affirme dans son communiqué ?

C'est certain : Sotheby's ne savait rien. Ce serait beaucoup trop de responsabilités à porter vis-à-vis des acheteurs. Le risque juridique est trop important pour la maison. Elle est cotée en bourse et le client, qui était prêt à dépenser plus d'un million d'euros, pourrait se retourner contre eux.

Banksy, c'est un anarchiste au départ. Il vient du graffiti vandale. Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il ait préparé son action de manière totalement secrète pour prendre tout le monde de court.

Est-ce qu'il ne risque pas de devenir persona non grata des acheteurs ?


Non parce que le système est tellement bien huilé qu'à l'inverse, il va devenir l'artiste le plus coté au monde. Celui qui casse le moule est souvent celui qui devient la nouvelle référence. Si on voulait calculer le coup pour se faire le plus d'argent possible, on ne ferait pas mieux.

Ironiquement, cette satire de la spéculation va entraîner une spéculation encore plus forte sur son œuvre.

La grande question maintenant, c'est : l'œuvre est-elle considérée comme détruite ? Ou, au contraire, va-t-elle prendre plus de valeur encore ? La moitié est en lambeaux, l'autre est intacte puisque la déchiqueteuse n'a pas tout broyé. Est-ce que l'acheteur va la conserver ou renoncer ? Et si elle est remise aux enchères, à quel prix ? Clairement, Banksy va marquer l'histoire de l'art pendant très longtemps. C'est ce genre de coup qui crée une carrière, qui fait un artiste.

POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE Bansky-ballon

Banksy = banque si !

L’œuvre «autodétruite» de Banksy pourrait avoir doublé de valeur 20 minutes, 7 octobre 2018
Mais cette fois, cet épisode va sans doute propulser le tableau - et son cadre déchiqueteur – vers d’autres sphères. Banksy pourrait bien avoir « ajouté au moins 50 % à la valeur de son tableau », estime un expert auprès du Evening Standard. Voire plus : selon lui, la valeur pourrait même atteindre les 2 millions de livres (2,3 millions d’euros).
posséder cette œuvre n'a aucun sens, car réalisée en pochoir sur les murs, elle ne perd rien à être vue en photo, gratuitement, sur Internet, puisqu'il ne s'agit que d'une image reproductible, non d'une peinture unique où importent la matière et la lumière. Par conséquent, le fait même qu'un de ses exemplaires se retrouve en vente aux enchères, nonobstant sa destruction ou pas, ne relève que d'un geste marchand, au sens ou Philippe Soupault avait forgé l'anagramme Salvador Dali = Avida Dollars, en le taxant de « marchand de lui-même ». Contrairement à la prétention de Banksy, c'est le contenu poétique de son œuvre qu'il a détruit, non sa valeur marchande. Et comme le dit cet article, c'est bien le résultat obtenu

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Message par Patlotch le Mer 31 Oct - 6:37


« je suis un ouvrier de la peinture, mais je ne suis pas un artiste ! »

Jean Renoir : "Mon père était un révolutionnaire parce qu'il voyait la nature autrement"
France Culture 04 septembre 2018

1958 | Septième entretien avec le cinéaste Jean Renoir qui poursuit l'évocation de son père, le peintre Auguste Renoir. On y apprend ainsi que Renoir aimait peindre en forêt de Fontainebleau, entouré d'animaux, et qu'il refusait de se préoccuper de politique tel "un bouchon sur l'eau qui suit le courant".

POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE 838_renoir_-_le_peintre_jules_le_coeur
"Le Peintre Jules Le Cœur dans la forêt de Fontainebleau" (1866)
par Auguste Renoir. 1866, 106x80 cm. Crédits : C.C.

extraits de ce passionnant témoignage, 23mn51s
Jean Renoir, dans ce septième volet d'entretiens enregistrés en 1958, continue de raconter des anecdotes au sujet de son père, Auguste Renoir. Il relate ainsi combien son père aimait aller en forêt de Fontainebleau pour peindre "sur le motif".

POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE Pierre-auguste-Renoir-Orchard-at-Louveciennes-the-English-Pear-Tree
1875

Mon père, tous les matins, partait avec sa toile, son chevalet et sa boîte de peinture dans la forêt et il peignait. Il s'identifiait tellement avec le paysage qui l'entourait, il en devenait tellement une partie, il était surtout tellement silencieux et tellement immobile, tellement tendu dans son travail que les animaux de la forêt avaient pris l'habitude de vivre avec lui et l'entouraient. Très souvent, mon père se retournait en sentant une présence... c'était un cerf qui avait posé sa tête sur son épaule ! Il se trouvait entouré de cerfs, de lapins, un sanglier passait...

Les événements politiques ne l'ont jamais extrêmement intéressé. Commune, pas Commune, guerre, pas guerre : mon père peignait. Il a peint toute sa vie, il a peint quand il était malade à mourir, il a peint lorsqu'il était en bonne santé, il a toujours peint.

Et de poursuivre sur son père peu enclin à prendre partie sur des sujets politiques, la peinture l'accaparant entièrement :

A propos de politique, une des raisons pour lesquelles mon père ne prenait pas part activement à des discussions, ça n'est pas que ça ne l'intéressait pas... ça l'intéressait beaucoup, mais il croyait dans la division du travail. [...] Il avait l'impression qu'il savait qu'il était un révolutionnaire en peinture mais il savait également qu'il était un révolutionnaire, pas avec la volonté d'être un révolutionnaire, mais parce que son tempérament le poussait à faire quelque chose de nouveau, parce qu'il voyait la nature autrement et qu'il pensait que son devoir était de l'exprimer comme il la voyait, ou plutôt de la traduire car il n'a jamais cru à la copie directe.

Jean Renoir conclut sur son père, immense peintre qui se voyait pourtant en "artisan" :

Mon père n'avait absolument pas du tout le culte du mot artiste, d'ailleurs il refusait qu'on l'appelle un artiste. Il disait : "Moi je suis un peintre, je suis un ouvrier de la peinture, un artisan de la peinture, un fonctionnaire de la peinture, mais je ne suis pas un artiste !"

POUR L'ART, CONTRE L'ARTISTE Dce2f868ab067d6397e5bd06ce818195j
22.9 x 30.5 cm


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Message par Patlotch le Mer 31 Oct - 7:26

pour prolonger l'ouverture du sujet, à propos de Banksy détruisant une de ses œuvres reproductibles, la clairvoyance de Debord et Marcel Duchamp (Dada)

Banksy vu par Guy Debord
Thierry Briaut, Club Médiapart, 8 octobre 2018

L'art contemporain serait une sorte fake news et de fausse critique permanente et uniquement performative. Tout peut se vendre et être suspecté d'appartenir à l'art capitaliste. Mais tout n'a pas été produit dans le cadre de la vente, dans le processus de reconnaissance par le marché.

L'art contemporain serait une sorte de fausse critique artistique permanente, et uniquement performative. Et la pseudo critique rentable ne vaut que si la reconnaissance par le marché permet d'esthétiser cette critique interne, et ceci comme son plus sûr soutien. Guy Debord avait dénoncé cela dès les années 1980. Maintenant que l'art est mort disait-il, il est extrêmement facile de déguiser un supplétif de l'Etat en artiste, etc., les fous des rois de la pacotille... Néo-dadaïsme retourné :

Debord a écrit:Depuis que l’art est mort, on sait qu’il est devenu extrêmement facile de déguiser des policiers en artistes. Quand les dernières imitations d’un néo-dadaïsme retourné sont autorisées à pontifier glorieusement dans le médiatique, et donc aussi bien à modifier un peu le décor des palais officiels, comme les fous des rois de la pacotille, on voit que d’un même mouvement une couverture culturelle se trouve garantie à tous les agents ou supplétifs des réseaux d’influence de l’État. On ouvre des pseudo-musées vides, ou des pseudo-centres de recherche sur l’œuvre complète d’un personnage inexistant, aussi vite que l’on fait la réputation de journalistes-policiers, ou d’historiens-policiers, ou de romanciers-policiers. Arthur Cravan voyait sans doute venir ce monde quand il écrivait dans Maintenant : « Dans la rue on ne verra bientôt plus que des artistes, et on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme ». Tel est bien le sens de cette forme rajeunie d’une ancienne boutade des voyous de Paris : « Salut, les artistes ! Tant pis si je me trompe ».


Tout peut se vendre et être suspecté d'appartenir à l'art capitaliste. Mais tout n'a pas été produit dans le cadre de la vente, dans le processus de reconnaissance par le marché. D'autant que certains artistes n'ont pas leur véritable équivalent sur le marché.

C'est aussi la question que se posait Derrida entre le juste prix et le sans prix.

Le street art est un problème en soi. Il n'apporte rien plastiquement. Il reprend les illustrations en les déplaçant in-situ par une sur-dimensionnalité qui ne peut tenir à l'échelle de l'architecture.

Et l'on se garde bien de rappeler que les pochoirs de Banksy ne coûtent pas grand chose en travail, et sont facilement reproductibles par définition. A fortiori leur destruction complète ou partielle ne sort pas de la logique marchande, puisque l'iconoclastie ekphrastique en fait partie [exactement ce que je soulignais en ouvrant ce sujet]. Comme pour tout art conceptuel et non-plastique.

Sur le « néo-dadaïsme » dont le terme, d'abord proposé par Duchamp, a justement fait l'objet d'un refus général par tous les tenants du Pop art, ce néo-dadaïsme, voilà ce qu’il faut très précisément entendre, car il ne faudrait pas non plus oublier que Duchamp a désavoué tous ces courants artistiques lancés dans les années 1960 et qui se réclamaient pourtant de lui.

Duchamp a écrit:Ce néo-dada qui se nomme maintenant nouveau réalisme, pop art, assemblage etc. est une distraction à bon marché qui vit de ce que dada a fait. Lorsque j’ai découvert les ready-made, j’espérais décourager le carnaval d’esthétisme. Mais les néo-dadaïstes utilisent les ready-made pour leur découvrir une valeur esthétique. Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté esthétique.


Le « néo-dada à bon marché », qui règne en concentrant maintenant tous les pouvoirs, en jouant désormais au social à la façon dont le social est arboré dans tous les noms des partis de droite ou d’extrême-droite du Brésil, ce néo-dada que nous avons baptisé du nom de dadaocapitalisme, peut d’autant plus facilement être dénoncé par Duchamp que celui-ci avait les idées claires en matière d’art. Malgré la créature Frankenstein de l’anti-peinture qu’il a créée et qui lui a échappé.

Elles peuvent s’énoncer en un certain nombres de thèses.

7 Thèses de Duchamp sur l’art contemporain

1 - Il savait que "le cubisme [était] un mouvement de peinture ... exclusivement. C'était plastique en tout cas. Toujours". "Tandis que le surréalisme est un mouvement qui englobe toute sorte d'activités n'ayant pas grand chose à voir avec la peinture, ou les arts plastiques". (Entretien Georges Charbonnier).

2 - « Ce néo-dada qui se nomme maintenant nouveau réalisme, pop art, assemblage etc. est une distraction à bon marché qui vit de ce que dada a fait. Lorsque j’ai découvert les ready-made, j’espérais décourager le carnaval d’esthétisme. Mais les néo-dadaïstes utilisent les ready-made pour leur découvrir une valeur esthétique. Je leur ai jeté le porte-bouteilles et l’urinoir à la tête comme une provocation et voilà qu’ils en admirent la beauté esthétique. »

3 - « Vous prenez une boîte de soupe Campbell's [Wahrol 1962] et vous la répétez cinquante fois, c’est que l’image rétinienne ne vous intéresse pas. Ce qui vous intéresse, c’est le concept qui veut mettre cinquante boîtes de soupe Campbell's sur une toile. »

4 - « Le Verre en fin de compte n'est pas fait pour être regardé (avec des yeux "esthétiques"); il devait être accompagné d'un texte de "littérature" aussi amorphe que possible qui ne prit jamais forme; et les deux éléments, verre pour les yeux et texte pour l'oreille et l'entendement, devaient se compléter, et surtout s'empêcher l'un l'autre de prendre une forme esthético-plastique ou littéraire. » (lettre à Jean Suquet)

5- « Les happenings ont introduit en art un élément que personne n'y avait mis : c'est l'ennui. Faire une chose pour que les gens s'ennuient en la regardant, je n'y avais jamais pensé ! »

6 - Duchamp trouva «emmerdatoire» une manifestation de BMPT (nom du groupe formé par Daniel Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier et Niele Toroni)

7 – Dada : un nihilisme plutôt littéraire et anti-pictural : « Dada fut la pointe extrême de la protestation contre l’aspect physique de la peinture. C’était une attitude métaphysique. Il était intimement et consciemment mêlé à la « littérature ». C’était une espèce de nihilisme pour lequel j’éprouve encore une grande sympathie. C’était un moyen de sortir d’un état d’esprit – d’éviter d’être influencé par son milieu immédiat, ou par le passé : de s’éloigner des clichés – de s’affranchir. La force de vacuité de Dada fut très salutaire »

Duchamp explique comment l’affect poétique ou ce que nous dénommerons ainsi esthétise tout ce qu’on veut : on s’habitue à n’importe quel objet, il suffit de vivre à côté de quelque chose vous lui trouverez des qualités esthétiques. On finit par aimer n’importe quoi, selon lui. (Entretien Philippe Collin). Ici esthétique et poétique convergent = le collectionneur surréaliste selon Benjamin « le kitsch onirique ». Ou habitus et imagination liés. On s’habitue à tout.

La combinatoire des Nouveaux réalistes et du pop consiste à associer dans un recyclage du réel les formes toutes faites et à les « poétiser ».

« Il y a le danger d'en faire trop, parce que n'importe quoi, vous savez, aussi laid que ce soit, aussi indifférent que ce soit, deviendra beau et joli après quarante ans, vous pouvez être tranquille… Alors, c'est très inquiétant pour l'idée même du ready-made »

Philippe Collin : « Est-ce que vous n'êtes pas arrivé, depuis l'époque où vous avez fait vos premiers ready-made, à cet attachement esthétique que vous craignez, ou est-ce qu'ils sont restés parfaitement indifférents pour vous ? »

Marcel Duchamp : « Pour moi, oui ! A moi, oui ! Mais enfin, je comprends très bien que les gens cherchent souvent un côté agréable, et ils le trouvent par habitude. Si vous regardez une chose vingt fois, cent fois, vous commencez à vous habituer, à l'aimer ou à la détester, même. Ça ne reste jamais tout à fait indifférent. Donc c'est un problème difficile. Surtout, pour moi, ils ne m'intéressent pas du tout à regarder, comprenez-vous. »

Philippe Collin : « Mais comment doit être regardé un ready-made ? »

Marcel Duchamp : « Il ne doit pas être regardé, au fond. Il est là, simplement. On prend notion par les yeux qu'il existe. Mais on ne le contemple pas comme on contemple un tableau. L'idée de contemplation disparaît complètement. Simplement prendre note que c'est un porte-bouteilles, ou que c'était un porte-bouteilles qui a changé de destination. »

Deux, voire trois « kantismes » anti-plastiques

Thierry De Duve : (Duchamp avec Kant) la maxime : « Fais n’importe quoi », nominalisme assumé.

Clément Greenberg : ou la critique rétinienne auto-réflexive de la peinture réduite à son médium et au pauvre vieil aplat. Même si Greenberg s’est un peu amendé à la fin de sa vie.

Le risque d’un jugement de goût kantien arbitraire en philosophie, par association libre qui ne s’arrime pas à la beauté libre : « Pense n’importe quoi ».

Alors que la peinture n’est ni « medium » ni « tableau ». Elle est un immense champ d’expérimentation visuel, sans doute le plus vaste.

L’art contemporain a toujours existé. Si l’on considère la phénoménologie de Roman Ingarden (et son epochè picturale) comme la plus appropriée et si l’on pense que Nicolas de Stael se reconnaissait en Descartes… : l’art contemporain est le mauvais génie de la peinture, du cogito pictural. L’art contemporain est donc un art autre dont les modes d’appréciation non plastiques se sont objectivées. Il faut le désaffilier de la peinture et de la sculpture. Il est l’esthétisation de tout ce qui reste extérieur à la peinture, et de tout ce qui n’intéresse pas le peintre (le non plastique bien délimité par Duchamp que nous avons vu plus haut par opposition à « l’esthético-plastique » que Duchamp voulait abolir).

Encore une fois la critique spectacliste, critique interne au Spectacle selon Guy Debord, est bien le principal ressort de l’art contemporain. Et cela fait image selon lui : « Le spectacle est le capital a un tel degré de concentration qu’il devient image ». Ou dispositif poétique en lieu et place de la peinture. Littérature visuelle, poésie objectivée et complice. Performatif d'objet.

La pseudo critique rentable ne vaut que si la reconnaissance par le marché permet d'esthétiser la critique interne.

dommage que Debord se soit noyé comme artiste lui-même dans le Spectacle de son auto-marchandisation, mais pouvait-il en être autrement, dès lors qu'il avait esthétisé sa critique, dès Potlatch et jusque dans La Société du spectacle ?


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Message par Florage le Dim 14 Juil - 8:52


vrai moment du faux
LA DÉNONCIATION MARCHANDE DE LA MARCHANDISE ARTISTE
par sa célibataire même
Patlotch a écrit:une mise en scène spectaculaire qui n'est pas sans rappeler l'auto-destruction d'un Banksy en salle de vente accompagné de son discours... En quoi ce qu'il reste est-il encore une œuvre d'art et pas seulement une marchandise ? Artistes, faites votre job et fermez vos gueules, mais ne venez pas pleurnicher d'être des vendus de vous-mêmes. Pas de sitôt que les artistes verront leur statut social comme une contrainte extérieure à abolir...

MISE AU POINT - C’est la vidéo virale que tout le monde commente sur les réseaux sociaux depuis 24 heures. Dans une interview accordée au "Parisien", Élisa Tovati révèle que son coup de sang dans un restaurant de la capitale est en réalité une mise en scène destinée à son nouveau clip. Mais que les images ont été mises en ligne à son insu.

Gros canular ou vrai coup de colère ? Depuis vendredi, les internautes s’interrogent sur la vidéo où l’on voit la comédienne et chanteuse Élisa Tovati saccager le Shirvan, un restaurant branché du VIIIe arrondissement de Paris, jeudi 11 juillet, suite à un différend avec des représentants de sa maison de disques.

"Je ne suis pas une glace Miko, je suis une artiste. Allez vous faire foutre avec votre musique de merde. Moi, j'ai donné ma vie pour la musique", s’emporte l’ancienne candidate de "Danse avec les stars" en apprenant que son label va donner sa nouvelle chanson à la Belge Angèle, plus jeune et plus populaire.

Je dénonce la brutalité avec laquelle les artistes sont parfois traités
Dans une interview accordée au Parisien ce samedi Élisa Tovati révèle que ce coup de sang, "c’est du cinéma". Elle tournait en réalité le clip d’un nouveau single intitulé "La Machine", extrait de l’album Le cœur est la locomotive des filles émotives. Le montage final est disponible depuis quelques heures, sur Youtube...



"Je dénonce la brutalité avec laquelle les artistes sont parfois traités. Comme des produits de consommation. En ce moment, quand tu fais de la chanson française ou de la variété, que tu as dépassé les 40 ans, surtout une femme, les médias, les réseaux sociaux et parfois les maisons de disques te font comprendre que tu as dépassé la date de péremption."

"Je connais d'excellentes chanteuses qui ont été remerciées du jour au lendemain"
, poursuit Élisa Tovati. "Je voulais que ce clip soit aussi violent que cette réalité, pour marquer les esprits. J'ai pété les plombs pour tous les artistes qui n'osent pas le faire."

La chanteuse explique par ailleurs qu’elle a tourné ce clip sans prévenir sa maison de disques. Et que c’est l’un des figurants qui a filmé l’extrait qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. "Cette vidéo m'a été volée", déplore-t-elle. "Et j'avoue que l'ampleur que cela a pris me dépasse un peu et me bouleverse."

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Message par Florage le Ven 26 Juil - 6:22


POUR SUPPRIMER LA CULTURE D'ÉTAT, IL FAUT SUPPRIMER L'ÉTAT,
ET POUR SUPPRIMER L'ŒUVRE MARCHANDISE, ABOLIR LE CAPITAL
Patlotch a écrit:pitoyable critique étatiste du libéralisme culturel alors que cette politique est précisément le fait de l'État dans une geste quasi monarchiste, et que son mécénat avec l'argent public n'a jamais soutenu de projets qui se distingueraient par leur qualité artistique du mécénat privé. Il en est de même dans le soutien des municipalités de gauche aux artistes, il n'y a qu'à voir les "sculptures" des artistes copains des camarades dans les municipalités communistes, autant de merdes que celles du « 1 % artistique » ou « 1 % culturel » sur les autoroutes concédées. Au 19e siècle, ce n'est pas dans les Salons officiels que s'est ré-inventée la peinture, et sans les grands marchands d'art, que seraient les avants-gardes ?

l'art ne se porterait pas plus mal si l'on supprimait le Ministère de la Culture, ce qui supposerait, au fond, de supprimer l'État, pour qui il n'est qu'une marchandise idéologique, la fabrique officielle des académismes successifs, Centre Pompidou en tête. Que veulent les artistes protestataires évoqués ci-dessous : des subventions ! Ils ne sont que des marchands d'eux-mêmes, comme disait de Salvador Dali/ Avida Dollars, Philippe  Soupault
Soixante ans après Malraux, vers la privatisation de la culture
Cécile de Kervasdoué France Culture, 24/07/2019

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Le ministère de la Culture, rue de Valois, à Paris. Crédits : Olivier Boitet - Maxppp

Pour son 60e anniversaire, le ministère de la Culture est sous le feu de critiques virulentes qui lui reprochent son tournant libéral. Syndicat du spectacle, artistes, chercheurs dénoncent la mise à mort d'un ministère public de la culture au profit des industries culturelles et du mécénat privé.
Il y a dix ans, l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon avait posé la question de l'existence de son ministère. Question posée avec encore plus de force aujourd'hui par les syndicats du secteur, des artistes, des militants et des chercheurs qui fustigent un ministère privé de moyens publics, des institutions culturelles vendues aux entreprises et aux fortunes privées et des "expériences culturelles" devenues "produits culturels".

On est aux antipodes de ce que prônait André Malraux notamment dans son discours de 1966 quand il a inauguré la maison de la culture d'Amiens. Il fustigeait les industries culturelles qu'il appelait les "usines à rêves". Parce que les usines de rêves ne sont pas là pour grandir les hommes, disait-il, elles sont là très simplement pour gagner de l’argent. Aujourd'hui, le ministère de la Culture n'est plus le garant de l'art et de la culture, il s'est vendu aux industries culturelles et au mécénat. L'anti-Malraux, c'est le Pass Culture.

Claude Patriat, politologue, professeur émérite de l'Université de Bourgogne

Ecoutez l'interview de Claude Patriat, spécialiste de la politique culturelle.

La culture doit être rentable
Ce glissement vers la productivité de la culture n'est pas nouveau. Catherine Tasca, la première, a fait rentrer les industries culturelles dans le giron du ministère de la culture. Nicolas Sarkozy ensuite avait exigé que le principe de la RGPP s'applique en premier à la culture (le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux).

C'était tuer le principe même de la culture tel qu'édicté par Pompidou ; c'est-à-dire qu'on donne de l'argent pour la culture sans se préoccuper de savoir si ça marche ou si ça ne marche pas, parce que ça ne marche pas à tous les coups ! On a une obligation de moyens, pas une obligation de résultats avec les finances publiques en matière de culture.  
Claude Patriat, politologue, professeur émérite de l'Université de Bourgogne

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Claude Patriat, politologue spécialiste de la culture. Le ministère de la culture d'aujourd'hui est aux antipodes de ce qu'avait voulu Malraux : il incarne l'échec absolu de la démocratisation culturelle.
Crédits : Cécile de Kervasdoué - Radio France

C'est ce qu'il expliquait notamment dans son ouvrage La Culture : un besoin d'Etat. Le ministère de la Culture a été créé pour faire survivre la culture cultivée et la culture populaire dans un environnement économique qui ne lui était pas favorable. Il ne devait pas s'occuper de culture de masse (qui est la culture de la satisfaction immédiate et de la consommation) mais de la culture cultivée c'est-à-dire celle qui fait appel au symbolique et qui est l'instrument du collectif.

Contrairement à l'industrie culturelle, incarnée aujourd'hui par la plupart des contenus diffusés sur internet, l'art et la culture ne se cantonnent pas aux plaisirs immédiats du sexe, de l'argent et de la mort. Le propre de l'art est de faire appel au symbolique qui seul peut nous sortir de notre condition. Or aujourd'hui, le pays est plongé dans une immense misère culturelle faite de jugements et de prises de positions sommaires et cet appauvrissement culturel, incarné par les réseaux sociaux, produit les gilets jaunes.  
Claude Patriat, politologue, professeur émérite de l'Université de Bourgogne

Les dangers du mécénat
A la décentralisation culturelle s'est ajoutée la baisse continue des dotations publiques ; et ce n'est pas fini, comme en témoigne la lettre des professionnels du spectacle à Franck Riester, le ministre de la Culture, intitulée : 60 ans, l'âge de mourir ? Aujourd'hui, les institutions et les politiques culturelles sont gérées sans moyens supplémentaires par des collectivités territoriales obligées de se tourner vers des financements privés.

La loi Aillagon de 2003 offre de tels avantages aux entreprises (60 % de déduction fiscale pour les dons, contreparties et allègements fiscaux pour les fondations) que le mécénat s'est largement développé ; les fondations culturelles des grandes entreprises se sont multipliées. A tel point qu'un rapport de la Cour des comptes révélait en novembre 2018 que les dépenses publiques en la matière - dues à la défiscalisation du mécénat - coûte chaque année près d'un milliard d'euros à l'Etat. Mais sur 70 000 entreprises qui pratiquent le mécénat, une trentaine seulement (les plus grosses) bénéficie des trois quarts de ces allègements fiscaux.

Autre point gênant pour ce dispositif mécénat : le cas de la fondation LVMH qui appartient à Bernard Arnault, l'un des hommes les plus riches du monde, et dont la construction du musée a coûté 7 fois plus que prévu et a été supportée à 60% par de l'argent public. Pour lutter contre ce qu'il appelle un manque à gagner fiscal, le gouvernement prévoit donc de revoir les règles du mécénat et notamment la défiscalisation des dons qui passerait de 60 à 40%. La nouvelle loi est prévue à l'automne.

Ce sont des cas isolés. La grande majorité des actions de mécénat se passe très bien. Le rôle social de l'entreprise est aujourd'hui très bien installé. 9% des entreprises étaient mécènes en 2017 pour un budget dépassant 3 milliards et demi d'euros.  
Admical, le portail du mécenat en France.

Philanthropie toxique, contreparties douteuses

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L’exposition Louis Vuitton au Grand Palais à Paris en 2015. Crédits : Arnaud Castagné - Maxppp

Pourtant, de plus en plus d'affaires sortent qui mettent en doute le mécénat culturel et surtout ses contreparties. Dans le domaine de la culture, l'entreprise mécène fait un don d'intérêt général défiscalisé à 60% et peut prétendre à des contreparties à hauteur de 25% de son don. Ainsi, certains mécènes voient par exemple leur nom gravé en lettres d'or sur les murs de certains musées ou peuvent monter des expositions à la gloire de leur marque dans les locaux de ces musées. Surtout, avoir leur nom magnifié par une institution culturelle de renom est une manière très efficace de conquérir de nouveaux marchés ou de redorer son image.

En 2010, la firme Perenco avait organisé au musée du Quai Branly une exposition sur le Guatemala alors qu'elle était mise en cause pour l'exploitation controversée du pétrole dans ce pays. Au Grand Palais en 2015, LVMH organisait une exposition publicitaire sur Vuitton juste à côté de celle sérieuse et scientifique sur Picasso. Le public n'y comprenait plus rien.

Ces publi-expositions se multiplient dans les institutions culturelles publiques. A tel point que les visiteurs s'y laissent prendre parce qu'à aucun moment il n'est précisé, comme c’est le cas dans la presse, qu'il s'agit non d'une exposition scientifique mais bien d'une publicité. C'est la même chose avec la location de salles. Rien n'empêche de louer la salle d'un musée à un mécène mais si le musée fait la promotion des expositions qui s'y tiennent, cela s'appelle de la publicité déguisée. Et tout cela est parfaitement légal. Il est là le scandale.  
Bernard Hasquenoph, bloggeur fondateur du Louvre pour tous.

En 2014, Bernard Hasquenoph avait révélé qu'un photographe amateur sud-coréen, nommé Ahaé, milliardaire poursuivi dans son pays pour corruption et notamment pour la mort de 300 adolescents dans un naufrage, aurait blanchi de l'argent via un mécénat de 2 millions et demi d'euros au Château de Versailles et de plus d'un million d'euros au Louvre. La contrepartie : des expositions de ses photos de piètre qualité dont les deux institutions, mondialement reconnues, faisaient largement la promotion. Le photographe a été retrouvé mort en 2014 et une instruction judiciaire est toujours en cours en France, la Corée du Sud demandant que les sommes versées aux institutions culturelles françaises soient récupérées.

Cela a montré combien les musées, les théâtres ou les opéras publics ne contrôlent absolument pas la provenance des fonds privés qu'ils reçoivent. C'est ce système-là qui est en train de craquer. On ne peut pas laisser la culture à l'argent du crime.
Mathis, porte parole de PAIN, le collectif qui s'oppose à la famille Sackler

Le 1er juillet, le collectif PAIN a manifesté devant le Louvre où, comme à la Portrait Gallery de Londres ou au Musée Guggenheim de New York, il demande que le nom de Sackler soit retiré de l'institution culturelle. Sackler est le nom de la famille milliardaire responsable de la crise des opioïdes, qui chaque année tue 45 000 personnes par overdose aux Etats-Unis. Une crise sanitaire similaire arrive en France, or suite à une don de 10 millions de francs en 1996, le Louvre avait baptisé son aile d'antiquités orientale du nom de Sackler.

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Le 1er juillet au 2019 au Louvre, des militants de l’association PAIN manifestent pour que le musée débaptise l’aile Sackler. Crédits : Stéphane de Sakutin - AFP

La manifestation et ses retombées médiatiques semblent avoir poussé le directeur du Louvre à débaptiser en urgence l'aile Sackler provoquant un grand retentissement dans le monde.

Cela participe à un mouvement de la société civile qui n'accepte pas de voir la culture entachée par la philanthropie toxique. Récemment, aux États-Unis, huit artistes ont boycotté la Whitney Biennal d'art contemporain, retirant leurs œuvres pour protester contre un partenariat avec un vendeur d'armes. En France, le ministère de la Culture vient aussi de rembourser au groupe Lafarge, mis en examen dans le financement du terrorisme, le mécénat offert au musée de Cluny. De son côté, la mairie de Paris a refusé le partenariat de Total pour les JO de 2024. Chaque fois, c'est la peur de la mauvaise publicité (le fameux "name and shame", nommer pour faire honte) qui a été la plus forte.

Reste la question de fond énoncé par le directeur du Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval :

Les gens ne veulent pas payer plus d'impôt pour la culture. Ils ne veulent pas non plus du mécénat culturel parce qu'ils lui reprochent ses contreparties. Alors qu'est ce qu'on fait ?
Patlotch a écrit:qu'est-ce qu'on fait ? Je ferais une réponse communisatrice : on laisse les artistes devenir des prolétaires comme les autres, jusqu'à ce qu'ils remettent en cause leur statut social comme contrainte extérieure

Florage

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