SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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LE SPECTRE DE L'EUROPE

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Message par Patlotch le Dim 7 Oct - 15:34

récupéré de l'ancien forum, 15 septembre

« Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d'Allemagne. »
Le Manifeste, Marx & Engels, 1847

spectre
sens 1 : esprit, ectoplasme, fantôme, apparition
sens 2 : perspective effrayante, menace, crainte, cauchemar, peur, hantise
sens 3 (physique) : image issue de la décomposition d'une onde. Exemple : Le spectre de la lumière.

affraid

la farce n'est plus une répétition, mais un renversement : aujourd'hui, toutes les puissances de la vieille Europe traque un spectre, celui de la décomposition, non d'une onde mais d'un monde, le leur

LE SPECTRE DE L'EUROPE GraphiFR
qu'en termes élégants, et judicieusement colorées,
ces choses-là sont dites


LE SPECTRE DE L'EUROPE 1809140030430076

Sondage Européennes : LREM et RN au coude à coude, le PS à 4,5%

Selon un sondage Odoxa pour Le Figaro et franceinfo, la République en marche (LREM), avec 21,5% des intentions de vote, devancerait d’une courte tête le Rassemblement national (21%) lors des élections européennes du 26 mai 2019.
A huit mois de l’élection, qui sera le premier scrutin intermédiaire du quinquennat en France, LREM et le RN devancent Les Républicains (14%), La France insoumise (12,5%). Suivent Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan (6%), Europe Ecologie-Les Verts (5%) devant le PS (4,5%), le parti Générations de Benoît Hamon (4%) et les centristes de l’UDI (3%).

Le Parti communiste et Les Patriotes de Florian Philippot recueillent 1,5% des intentions de vote, devant le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), l’Union populaire républicaine de François Asselineau et la liste de l’ex-candidat à la présidentielle, Jean Lassalle, tous trois à 1%.

Par ailleurs, selon cette étude, 55% des sympathisants de LREM estiment que Daniel Cohn-Bendit serait un bon choix pour conduire la liste de la majorité présidentielle.

il est encore remarquable que les partis à gauche du PS ne totalisent que 19%, alors même qu'ils sont divisés sur la question européenne (dernier exemple, les gentillesses entre La France insoumise et le PCF)
on est somme toute, d'après ce sondage, dans une configuration partisane inchangée depuis le premier tour de la présidentielle, et une majorité anti-européenne (de droites à gauches) qui n'est pas sans rappeler le référendum de 2005, la différence avec les deux est qu'il y aura un résultat au parlement européen, et probablement quelques effets sur la suite

le spectre de l'Europe, comme facteur clivant, c'est un peu celui de "la race". On constate d'ailleurs que les deux se superposent : si le pouvoir d'achat (pour dire vite, un facteur de classe) est la première préoccupation (35% en hausse de 2% sur 2017), celui de l'immigration est à 32%, en hausse de 10% !), et si l'on y ajoute l'identité française (13%, en hausse de 3%), on est à 45% !

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Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 18:04

approche certes un peu marginale de la question. Commentaire en bas

la possibilité d'un bide

Houellebecq se dit prêt à « voter pour n’importe qui »
pour sortir « de l’UE et de l’Otan
»

Sputnik 27.10.2018

LE SPECTRE DE L'EUROPE Maxresdefault
image ajoutée, 2014, rien à voir...
«Je suis prêt à voter pour n’importe qui pourvu qu’on propose la sortie de l’Union européenne et de l’Otan», a déclaré l’écrivain Michel Houellebecq à Valeurs actuelles soulignant que « sortir de l’Europe est quand même le préalable d’une politique indépendante ».

L'écrivain, poète et essayiste français Michel Houellebecq s'est exprimé dans une interview accordée à Valeurs actuelles sur plusieurs sujets d'actualité et notamment sur sa position par rapport à la ligne politique mise en place par Bruxelles.

Ainsi, M.Houellebecq est d'avis que « sortir de l'Europe est quand même le préalable d'une politique indépendante ».

En outre, l'écrivain n'a pas hésité à rappeler que certains de ses pronostics quant à l'avenir européen seraient dorénavant devenus réalité, citant notamment l'exemple du Brexit, ayant évoqué « il y a cinq ans [que, ndlr] l'Angleterre sortirait en premier [de l'UE, ndlr] ».

En ce qui concerne les avertissements des experts sur différents dangers qui pourraient succéder à une éventuelle sortie de l'UE, Michel Houellebecq estime toutefois « que les experts économiques sont tous plus ou moins bidon ».
à cette dernière tirade on reconnaît le Houellebecq qui rendait hommage à son "ami" Bernard Maris, assassiné à Charlie Hebdo en janvier 2015, auteur en 2014 d'un Houellebecq économiste dans lequel, économiste lui-même, il questionne : « Qui se souviendra de l'économie, et de ses prêtres, les économistes ? »

possibilité d'un bide, parce il me semble évident que les populistes antieuropéens ne cherchent pas, ou plus, une sortie de l'Europe et de ses institutions, mais escomptent au contraire y entrer en devenant majoritaires. Une fois disposant de ce pouvoir d'État supra-national qu'ils dénoncent... besoin d'un dessin ?

c'est du moins ce que j'ai cru percevoir dans les discours de Marine Le Pen et de ses alliés italiens au pouvoir comme dans d'autres pays européens (Autriche, Hongrie...), et dans ceux de Mélenchon. De leur point de vue stratégique, on ne saurait leur donner tort, et ce sera évidemment le grand chantage des démocrates. Macron s'y emploie (Emmanuel Macron veut fissurer le camp «nationaliste», Le Figaro, 26 octobre 2018)

il n'y aura jamais plus dans aucun pays « une politique indépendante » et Houellebecq ou d'autres peuvent bien « voter pour n'importe qui », aucun gouvernement ne sortira, si ce n'est de l'Europe, de la politique que tout État peut seulement conduire dans la mondialisation capitaliste. Elles peuvent être différentes (exemples des USA ou bientôt peut-être du Brésil, relativement à la France) mais Europe ou non, n'échapperont pas aux lois de la restructuration économique mondiale sans fin

pourquoi ? parce que ce n'est pas la fonction des États nationaux dans le capitalisme mondialisé, depuis une trentaine d'années au moins, que d'assurer leur indépendance nationale, même quand ils mettent en avant l'identité nationale. Le contrôle des mouvements migratoires et des frontières ne concerne que marginalement les marchandises, et pas du tout les capitaux...

alors Houellebecq aura la possibilité d'y retourner

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Message par Patlotch le Ven 1 Fév - 15:29


chronique d'un duel annoncé,
d'un fiasco pour toutes gauches,
et d'un avenir plus noir :
malgré, ou à cause des jaunes ?

ce n'est qu'un sondage, mais sans surprise, puisque ses résultats sont dans la logique de ce qui passe depuis "un certain temps" (pour moi, tournant marqué début 2015). En relevant que ce pronostic ne s'écarte pas grandement des résultats à la présidentielle, sauf la chute du présomptueur Mélenchon et l'éventuelle réussite de listes jaunes, on peut se demander quel est l'impact du "mouvement des gilets jaunes" sur le paysage politique. La réponse tient à ce qui a été d'emblée et jusqu'à ce jour sa dynamique, telle que je l'ai décrite depuis la mi-décembre dans LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique


La liste LR, bloquée à 12% d'intentions de vote, arrive loin derrière. La gauche, éclatée, peine à se montrer menaçante.

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Vingt mois après la présidentielle, Emmanuel Macron et Marine Le Pen
se préparent à un nouveau face à face.
- AFP
Il semble, pour l'heure, que la stratégie d'Emmanuel Macron consistant à opposer "progressistes" et "nationalistes" fonctionne à plein. Dans un sondage OpinionWay/Tilder sur les européennes publié jeudi dans Les Echos, le Rassemblement national et La République en marche se disputent le haut du podium.

La liste RN, chapeautée par Jordan Bardella, arrive en tête des intentions de vote avec 22%, inversant la tendance relevée une semaine auparavant lors de notre enquête Elabe pour BFMTV. Alliée au MoDem, LaREM est crédité de 20% d'intentions de vote pour le scrutin du 26 mai. Rappelons que le parti présidentiel n'a toujours pas choisi sa tête de liste.

Loin devant LR, le LFI et EELV
Les mouvements incarnés par Marine Le Pen et Emmanuel Macron distanceraient, et d'assez loin, la liste des Républicains (12%), celles de La France Insoumise (8%) et d'Europe Écologie-Les Verts (8%), si le scrutin avait lieu dimanche.

Viennent ensuite les listes Debout la France (7%), du Parti socialiste (6%), de Génération.s (4%), de l'UDI (3%) et du Parti communiste (2%). Ils sont 6% à choisir "une autre liste", en sachant qu'aucune liste "gilets jaunes" n'a été testée par l'institut OpinionWay [un peu gênant vu le poids non négligeable possible de ces troublions]. Les listes Lutte ouvrière, Les Patriotes et Union populaire républicaine sont aux alentours de 1%.

Même participation qu'en 2014
À quatre mois de ces élections, qui représenteront une étape charnière du quinquennat d'Emmanuel Macron, 21% des personnes interrogées n'expriment pas d'intentions de vote. Par ailleurs, six Français sur dix (60%) ne souhaitent pas que les gilets jaunes présentent une liste aux européennes, contre 38% qui y sont favorables.

L'indice de participation est estimé à 43% du corps électoral, soit un niveau proche du taux effectif de participation au scrutin de 2014 (42,4%). L'intérêt pour la campagne des européennes est plus élevé, avec 59% des Français qui se disent "intéressés" et 40% "pas intéressés".

Si 43% veulent exprimer leur opposition à l'action d'Emmanuel Macron et du gouvernement en votant aux européennes, 14% souhaitent lui exprimer leur soutien. Pour 40%, leur opinion sur l'action du chef de l'État n'est "pas l'essentiel" de ce scrutin. La fiscalité (43%), la lutte contre le terrorisme (40%), l'environnement (38%), sont considérés comme les enjeux prioritaires de la campagne à venir.

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Message par Patlotch le Mer 13 Fév - 15:16


DROITE POPULISTE : CONFIRMATION DE LA STRATÉGIE EUROPÉENNE

alors que Marine Le Pen et le Rassemblement national ont fait, à l'occasion du mouvement des gilets jaunes, un forcing plus discret que le grand perdant annoncé, Mélenchon et la très populiste de gauche France Insoumise, les stratégies populistes de droite accordent leurs violons en Europe dans la perspective d'un tabac aux élections fin mai. Une idéologie forte qui rencontre un mouvement de masse (relatif certes), c'est comme cela qu'Alain de Benoist présentait peu ou prou une situation révolutionnaire, il y a deux ou trois ans. Nous y sommes...

à RS/TC qui de loin en loin impulse le débat des autres camarades sur dndf, et qui posait hier la question : « et si nous en revenions à ce qu’il se passe : “nous on voudrait seulement vivre un peu mieux” ?, je suggérerais se s'appliquer à lui-même un conseil donné en décembre, lever le nez de la franchouillardiesse radicale du milieu communisateur et environs... Vivre mieux : en France ? en Europe ? dans le monde ? ou à Marseille ?



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Giuseppe Conte lors de son discours devant le Parlement européen a Strasbourg le 12 février.

Le président du Conseil italien a suscité un flot de critiques acerbes mardi au Parlement de Strasbourg après s'être présenté en ardent europhile. Par Emmanuel Berretta

C'est une étonnante prestation qu'a livrée Giuseppe Conte devant le Parlement européen, mardi en fin d'après-midi à Strasbourg. Le président du Conseil italien était attendu au tournant dans un contexte hautement éruptif : les tensions avec la France, l'impossible compromis sur la réforme de l'asile, la difficile négociation du budget italien... Mais, contre toute attente, Conte a déclaré sa flamme à l'Europe, allant jusqu'à former le vœu qu'émerge, un jour, un « peuple européen ». Une vision fédéraliste qui n'est plus vraiment à l'ordre du jour...

Des propos d'autant plus surprenants que son vice-président Matteo Salvini a mis longtemps à croire en l'existence d'un peuple italien. Faut-il rappeler que Salvini se disait avant tout « padaniste » (du nom de la Padanie, contrée mythifiée de l'Italie du Nord) et avait même poussé le bouchon jusqu'à soutenir l'équipe de France de football contre la Squadra Azzura lors de la finale du Mondial 2006, tant il exécrait Rome...

L'Europe ne doit pas « éluder les conflits »
Conte, lui, prend le contre-pied des bouffées souverainistes de son ministre de l'Intérieur en glorifiant les conquêtes européennes telles que la libre circulation des personnes – « une conquête majeure de l'intégration européenne » – ou encore la jurisprudence protectrice des droits des citoyens de la Cour européenne des droits de l'homme et de la Cour de justice de l'UE – « une conquête en matière de civilisation », insiste-t-il.

Toutefois, cet éloge liminaire visait à pointer du doigt les lacunes empêchant l'émergence d'un « demos européen ». Selon lui, ce qui manque à l'Union européenne, c'est une « vision politique », un « élan ». Il faut, dit-il, sortir d'un schéma économique purement libéral conduisant à la privatisation des services publics, « à moins d'aides sociales et à moins d'État-providence ». Cette partie de son discours était plus en phase avec son deuxième vice-président Luigi Di Maio, le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S). Pour Conte, l'heure du « tournant européen » a sonné et pour éviter « l'implosion » [sic, voir Au bord de l'implosion], l'Union européenne ne doit pas se comporter comme « une citadelle assiégée », « ne pas éluder les conflits » en son sein, « revoir ses modèles de croissance », « s'exprimer d'une seule voix aux Nations unies », « promouvoir la participation de la Russie, de la Chine et des États-Unis » dans tous les domaines, voire « revenir aux origines »... [très nouvelle droite européiste anti-immigration, ça]

Conte esquive sur les Gilets jaunes
La situation politique de Giuseppe Conte n'est pas aisée : il est le pilote d'un pays, flanqué de deux copilotes en rivalité constante, l'un lui criant de tourner à droite, l'autre le sommant de tourner à gauche. Salvini et Di Miao sont déjà dans le coup d'après les élections européennes et préparent des législatives anticipées qui permettront, espèrent-ils, de se débarrasser de l'autre. Le chef de file de la Ligue, par une communication « coup de poing », a pris une longueur d'avance dans les sondages...

Fondé de pouvoir de l'un et l'autre, Giuseppe Conte a été amené à s'expliquer sur les agissements de ses deux turbulents ministres. Comme attendu, le libéral Guy Verohfstadt, en pourparlers avec Emmanuel Macron pour former une alliance politique dans le futur Parlement, a mis les pieds dans le plat en évoquant le soutien affiché de Luigi Di Maio aux Gilets jaunes les plus radicaux, dont Christophe Chalençon appelant au coup d'État en France. « La dernière idiotie en date de votre gouvernement, et de Luigi Di Maio est qu'il use et abuse de son mandat pour soutenir les Gilets jaunes, un mouvement populaire qui s'est transformé en un groupe de casseurs », attaque le Belge, rappelant qu'à l'origine, Di Maio, en tant que chef du M5S, avait fait offre d'alliance à En marche  ! Embarrassé, Conte a botté en touche, considérant qu'en l'occurrence Luigi Di Maio avait agi en « chef politique » et non en tant que ministre. En somme, il ne lui revenait pas de faire la police dans ce domaine...

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Message par Patlotch le Dim 24 Fév - 13:45

1. les européennes en Europe ne sont pas les européennes en France
2. la victoire de Macron aux européennes : prédictible... prévue... annoncée...
3. sondage 24 février :plus de la moitié des Français tentés par l'abstention

24 février
3. abstention record annoncé,
davantage à "gauche" qu'à "droite",
plus âgée que jeune, et sans doute plus "prolo"...


Élections européennes : plus de la moitié des Français tentés par l'abstention
Orange avec AFP 24 février 2019

Les électeurs de gauche seraient plus nombreux à aller voter, selon un sondage IFOP.
Alors que l'abstention ne cesse d'augmenter de scrutin en scrutin, les élections européennes du 26 mai prochain risqueraient d'en pâtir largement. Selon un sondage IFOP pour le JDD, plus de la moitié des Français (55%) n'irait pas voter. Lors des européennes de 2014, l'abstention s'était élevée à 56% en France.

Dans le détail, l'abstention serait plus forte chez les plus de 65 ans (69%), tandis qu'un quart seulement des moins de 34 ans n'irait pas voter. Sur l'échiquier politique, ce sont 59% des électeurs de gauche qui s'abstiendraient, contre 41% chez ceux de droite.

Un scrutin pourtant "très important"
"Ce chiffre est le reflet de ce scrutin qui n'a jamais véritablement trouvé sa place", résume Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'IFOP. Paradoxalement, 82% des Français interrogés estiment qu'il est "très important" de participer aux élections européennes car "les solutions aux grands enjeux se trouvent à l'échelle de l'Europe".

Selon un autre sondage BVA, diffusé samedi 23 février, la liste de La République en Marche alliée au MoDem (25%) arrive nettement en tête des intentions de vote aux élections européennes devant celle du Rassemblement national (19%).

20 février
2. la victoire de Macron aux européennes :
prédictible... prévue... annoncée...


Sondage européennes : les Marcheurs au top, les gilets jaunes font flop
Bruno Jeudy Paris Match 19/02/2019 à 17h00

La liste de la majorité présidentielle (LaREM et MoDem) est créditée de 24% des intentions de vote selon la dernière enquête Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio.

A trois mois des élections européennes, rarement le paysage politique a paru aussi émietté. Seules deux listes sur les quinze testées dans l’enquête Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio dépassent les 10%. Deux autres tangentent cette barre symbolique. Pour le reste, cette enquête révèle pour les semaines à venir à la fois une grande incertitude et une volatilité évidente.

Pour l’heure, c’est la liste de LREM et du MoDem qui prend nettement l’avantage. Avec 24% (+1), elle creuse l’écart sur celle du Rassemblement national (20%, -1). La liste de la majorité présidentielle fait le plein des électeurs d’Emmanuel Macron en 2017 (64%) et séduit 28% de ceux de François Fillon. L’autre enseignement de ce sondage c’est la confirmation d’une gauche plus que jamais balkanisée. Aucune des nombreuses listes ne franchit les 10%. La liste des Insoumis de Mélenchon conduite par Manon Aubry continue de perdre du terrain (7,5%, -2) tandis que celle de l’écologiste Yannick Jadot émerge à 9% (+2,5), soit à peu le score obtenu en 2014. Bien qu’en hausse de deux points, le PS reste tanké à 6%, son seuil de la présidentielle. Pas de quoi pavoiser pour les socialistes en quête d’alliés pour éviter une nouvelle Bérézina. [pas cités, le sourieux Ian Brossat est à 2,5%, LO et le NPA chacun 1%]

Le flop des Gilets jaunes
A droite, la désignation de François-Xavier Bellamy comme tête de liste des Républicains (LR) ne bouleverse pas la donne : la liste reste scotchée à 10% (=). La droite ne parvient toujours pas à rassembler son électorat traditionnel. Seuls 13% des retraités déclarent vouloir voter pour LR contre 33% en faveur des Marcheurs. D’évidence, la pente est rude pour le parti de Laurent Wauquiez. Quant à la concurrence de Nicolas Dupont-Aignan, elle reste cantonnée à 6% (=).

Enfin, l’Ifop a testé un scénario avec une liste soutenue par les «gilets jaunes». Le résultat est sans appel, à l’image du nombre de manifestants en baisse lors des derniers samedis. La liste réunirait 3,5% des voix contre 7,5% le mois dernier. Cette liste n’aurait par ailleurs aucun impact sur les autres. Pas sûr que les gilets jaunes déterminés à se lancer dans l’aventure électorale ne finissent pas par rendre les armes.

19 février

Les deux principaux groupes du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, centre-droit) et les Socialistes et démocrates (SD), perdraient des points au bénéfice de l’extrême droite et du centre, en position d'arbitre, aux élections européennes de mai, selon une étude du Parlement publiée ce lundi 18 février.
   
LE SPECTRE DE L'EUROPE Elections-europeennes
Projection en sièges des intentions de vote dans l'UE27. (Crédits : Parlement européen)
Les europhobes devraient progresser lors des prochaines élections européennes fin mai, mais les grandes familles pro-UE resteraient majoritaires, selon de premières projections sur sa future composition publiées ce lundi 18 février par le Parlement européen, à partir d'une compilation de sondages. D'après cette analyse, ni la droite ni la gauche pro-européenne ne seront majoritaires et capables d'imposer leur candidat à la tête de la Commission européenne.

Le scrutin qui aura lieu du 23 au 26 mai 2019 sera « l'un des exercices démocratiques les plus importants dans le monde », a fait valoir le porte-parole du Parlement européen en présentant ces chiffres à Bruxelles.

« La recomposition signifiera la fin de la cogestion entre le PPE et le SD, qui n'a pas contribué à nourrir l'intérêt des citoyens européens pour le Parlement », analyse la ministre française des Affaires européennes Nathalie Loiseau dans un entretien au Monde. « Dans une telle configuration, le groupe des nationalistes ne pèsera guère. Ils ne formeront pas un groupe cohérent avec un quelconque projet. »

Le centre, incontournable pour bâtir une majorité
Au sein d'un hémicycle ramené à 705 députés - contre 751 aujourd'hui, par le départ des Britanniques -, les deux grandes familles politiques de l'hémicycle européen, le PPE (droite) et les sociaux-démocrates perdraient respectivement 34 et 51 sièges. Elles garderaient toutefois les deux principaux groupes avec 183 et 135 sièges dans cette assemblée rétrécie.

Le groupe centriste de l'Alliance des démocrates et des libéraux européens (ALDE), où les eurodéputés français du MoDem devraient être rejoints par les élus de La République en marche, sera incontournable pour bâtir une majorité. La famille libérale pourrait atteindre 93 sièges si elle est rejointe par les eurodéputés français étiquetés (LREM).

Leurs résultats en France talonnent ceux de la liste Rassemblement national (RN, extrême droite), créditée de 21 sièges selon le sondage pris en compte par le Parlement européen.

Les europhobes montent
Le groupe eurosceptique ENL (Europe des Nations et des Libertés), auquel participe actuellement le RN de Marine Le Pen, serait de son côté l'un des grands gagnants des élections : il gagnerait 22 sièges (59 au lieu de 37), avec notamment 27 eurodéputés italiens issus de la Ligue.

Le parti du sulfureux ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini accroîtrait considérablement son influence dans le Parlement européen, où il ne compte aujourd'hui que 6 représentants. Il en deviendrait même le deuxième parti national le mieux représenté derrière les conservateurs allemands de la CDU/CSU, membres du PPE.

Les Verts, qui comptent actuellement 52 sièges, n'en auraient plus que 45 dans le nouveau Parlement européen. La GUE/NGL (gauche radicale) perdrait également 6 sièges (de 52 à 46).

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Message par Patlotch le Jeu 7 Mar - 18:38


restons urnistes...

pour l'heure, je me contente de commenter quelques sondages avant l'ouverture de campagne électorale. celui-ci confirme et amplifie mes analyses "vers la restructuration politique" durant le mouvement des Gilets jaunes et sa dynamique réciproque pouvoir-mouvement infernale dès l'intervention de macron le 10 décembre. Rien à ajouter au "classement" et à l'annonce d'une forte abstention


Pour la première vague de résultats du nouveau sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud-Radio, la République en marche arrive en tête des intentions de vote pour les élections européennes.

A quatre-vingts jours des élections européennes, la liste de La République en Marche-Modem (LREM-MD) démarre la course en tête à l'occasion de la publication de la première vague de notre Euro-Rolling, sondage quotidien réalisé par l’Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud-Radio. Avec 24%, la liste de la majorité s'installe à la première place et un score pile poil égal à celui obtenu par Emmanuel Macron lors du premier tour de l'élection présidentielle. Après quatre mois de crise des «gilets jaunes», la performance est notable et presque inespérée pour la majorité. Ce résultat prouve que sa liste n'a même pas besoin d'être incarnée –la tête de liste n'est pas encore désignée– tant elle est inspirée par Emmanuel Macron en personne. La lettre du chef de l'Etat adressée en début de semaine aux citoyens européens a, en tous les cas, marqué le lancement de cette campagne et consolidé son socle électoral.

Le match de ce scrutin européen vire au duel entre LREM et le Rassemblement national de Marine Le Pen (22%). Les deux listes devancent de neuf points celle des Républicains (13%). Le trou est fait. La principale raison à cette double échappée? La capacité des camps macroniste et lepéniste à mobiliser leur électorat respectif de la présidentielle : 72% des électeurs macronistes de 2017 se disent prêts à revoter pour LREM aux européennes et 84% des électeurs de Marine Le Pen choisissent le RN.

L'outsider Bellamy
Dans le même temps, moins d'un électeur filloniste sur deux (46%) votera pour François-Xavier Bellamy. La tête de liste Les Républicains parvient toutefois à émerger. En trois semaines, elle gagne trois points par rapport à la précédente enquête Ifop-Fiducial et fait figure d'outsider. Problème : 21% des sympathisants LR sont tentés par un vote LREM.

Troisième enseignement de cette première vague : la balkanisation de la gauche. L'ensemble des listes –des écologistes aux communistes– totalise 24% des voix. Un score historiquement bas. La liste des Insoumis conduite par la jeune Manon Aubry (7%) dispute le leadership de la gauche au député européen sortant écologiste Yannick Jadot (7,5%). Les socialistes luttent pour ne pas disparaître (5%). Les éventuelles listes des "gilets jaunes" plafonnent à 3% et celle de Nicolas Dupont-Aignan dépasse tout juste les 5%, loin des ambitions du leader souverainiste dont les dernières saillies médiatiques le desservent.

Reste la question de la participation : pas de bonne surprise à attendre. Quatre Français sur dix affirment vouloir voter. Ce scrutin européen s'inscrit dans la lignée des quatre derniers marqués par une participation inférieure à 50%.

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Message par Patlotch le Ven 8 Mar - 7:22


LE NATIONALISME EUROPÉEN VENT EN POUPE
idéologiquement, politiquement, et dans les luttes sociales en France

depuis quelques années, je l'ai souligné, l'idéologie de la Nouvelle Droite s'actualise en permanence dans le sillage de son apparition dans le champ des idées en 1969 avec le GRECE : Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, un courant de pensée politique de tendance nationale-européenne

j'ai souvent cité, notamment pour cerner L'idéologie française, cette phrase d'Alain de Benoist dans un entretien il y a 3 ans  avec Breizh.Info* : « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines », 27 mars 2015
* voir les archives Alain de Benoist depuis 2013

J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin. Tout ce que l’on peut constater, c’est la désagrégation progressive de tous les cadres institutionnels que nous a légués la modernité.
il ajoutait, d'où le titre :
Cela dit, je suis de ceux qui trouvent détestables les positions jacobines, « nationales-républicaines » et « anti-communautaristes » du Front national.
Le FN aurait à mon avis tout intérêt à les abandonner, mais il ne faut pas se faire d’illusions : le régionalisme n’est pas dans son logiciel.
s'il n'y a pas encore cet abandon complet du nationalisme français, force est de constater que la stratégie du Rassemblement national, rompant avec celle du FN père Le Pen, a comme suivi le conseil du philosophe qui n'est pas sans être critiqué par l'extrême-droite traditionnelle. On l'a vu depuis l'élection de Macron et les changements dans le programme du FN-RN relativement aux institutions européennes, dans ses positions pendant le mouvement des Gilets jaunes, et on le voit en ce début de campagne électorale pour les européennes le 26 mai

ce tournant s'inscrit dans la montée des "populismes" de droite dans le monde et particulièrement en Europe

Election après élection, les "populistes" sont parvenus à prendre le pouvoir dans plusieurs pays d’Europe. Mais qui se cache vraiment derrière ce terme ? Représentants "du peuple", ils dirigent ou participent aujourd’hui à un quart des vingt-huit gouvernements de l’Union européenne. Avec des projets variés mais souvent néfastes pour la démocratie.
carte de juin 2017
LE SPECTRE DE L'EUROPE Populisme-l-europe-des-extremes-avance-plusieurs-vitesses

il n'est pas impossible d'affirmer que le populisme "de gauche" de Jean-Luc Mélenchon est plus nationaliste français que celui du RN, et serait davantage le symétrique des Patriotes de Florian Philippot, Debout la France de Dupont-Aignan, et de l'Union populaire républicaine de l'ultra-nationaliste Asselineau

cette idéologie diffuse du nationalisme, entre français et européen, nous l'avons vue très active dans le mouvement des Gilets jaunes, alors que l'on s'inquiétait et dénonçait davantage, à l'extrême- et ultra-gauche, les drapeaux français et la Marseillaise, quand elle n'était pas considérée comme porteuse des tendances "anarchistes" de la Révolution française (Temps Critiques, Claude Guillon, Serge Quadruppani...)

revenons donc à la Nouvelle-Droite, élargie à toute la mouvance frappée d'eurocentrisme, en rappelant ceci


LE SPECTRE DE L'EUROPE Tetiere

sous-titré en page d'accueil : Le magazine des idées pour l'Europe

dans L'idéologie française (finalement pas si bien nommée ?), je faisais le tour de cette mouvance avec la revue

Rébellion de l'OSRE :


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LE SPECTRE DE L'EUROPE P1

nous avions vu, sur internet et porté par Égalité et Réconciliation d'Alain Soral ou Radio Courtoisie à l'époque du défunt Emmanuel Ratier, Francis Cousin pour qui le prolétariat européen révolutionnaire a été battu en raison de l'immigration, celle-ci considérée aujourd'hui comme une ruse contre-révolutionnaire du grand capital : Le chaos migratoire, comme forme supérieure de la crise du spectacle marchand, brassant avec allégresse Marx, Debord et la théorie de la communisation, en termes repris dans le texte même de Théorie Communiste, je n'y reviens pas avec citations à l'appui, qui n'ont pas fait bronché les "camarades"

idée que n'est pas loin de partager Jean-Louis Roche, "marxiste maximaliste", ex CCI, avec son blog Le prolétariat universel

on se souvient aussi du parcours de Max Lameunasse, intervenant chez Pepe@dndf en partisan de la communisation, alors que son blog In Limine dérivait tranquillement vers cette mouvance nationaliste européenne sur fond de mythologie païenne, que l'on retrouve chez le philosophe proudhonien Thibault Isabel de l'Inactuelle, revue d'un monde qui vient, et responsable de Krisis, fondé par Alain de Benoist


LE SPECTRE DE L'EUROPE Ob_a6d6c8_bandeau-in-limine

début 2014, je posais une question dérangeant le milieu communisateur : franchir le pas en pratiqueS théoriqueS : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occcidentale, alors que ne s'était pas encore déclenché sa campagne anti-décoloniale aboutissant avec TC n°26 au Le grand récit décolonial, "étude" sollicitant un montage de textes décoloniaux pour leur faire dire de quoi les considérer comme ennemis du prolétariat universel incolore de Roland Simon. Il semble que TC n'en ait pas fini de sortir du temps où Pepe@dndf affirmait tranquillement en substance que les crimes du colonialisme furent certes horribles, mais enfin, camarades, tout ça c'est du passé. Le vent tourne et le même dndf signale aujourd'hui une émission de France Culture : “Les habits neufs du colonialisme - Le poids de l’héritage colonial”, citant Didier Lapeyronnie : “L’idée que les problèmes sociaux étaient de nature sociale, et non raciale, a longtemps évacué la dimension structurelle des phénomènes de ségrégation.” Quelques discussions sur les réseaux sociaux indiquent que le groupe TC est confronté à des intervenants marxistes et décolonialistes qui en connaissent un peu plus long sur toute cette histoire et son présent. Relevons que depuis dix ans, avec la théorisation de la communisation selon RS et Théorie Communiste, la mouvance décoloniale en a pris plein la gueule, le nationalisme européen a été totalement épargné ! Il n'apparaît dans aucun des textes d'analyse par Roland Simon du mouvement des Gilets jaunes...

mais je m'écarte du sujet, je reviendrai plus concrètement à ce nationalisme européen qui est naturellement confronté au mondialisme européen de Macron, LREM, le MODEM, et la tendance centriste des Républicains qui font front uni face au RN pour les européennes, la gauche étant en miettes (~ 25 % tout ajouté, PS, Insoumis, PCF...)


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Message par Patlotch le Sam 9 Mar - 14:31


d'hier. je rajoute un insert concernant "L'œuvre d'Alain de Benoist". Quoi qu'on en pense, il s'agit d'une vraie pensée critique théorique, doublement analyse du capitalisme contemporain et projection dans une vision idéologique de l'avenir. Ceci dit, il n'a pas, avec son concept de "forme-Capital" une critique de celui-ci comme mode de production, ni de la valeur marchande comme telle, et son refus de l'ethnocentrisme s'inscrit néanmoins dans la promotion d'une Europe fédérale à base de démocratie participative


LE NATIONALISME EUROPÉEN VENT EN POUPE
idéologiquement, politiquement, et dans les luttes sociales en France

depuis quelques années, je l'ai souligné, l'idéologie de la Nouvelle Droite s'actualise en permanence dans le sillage de son apparition dans le champ des idées en 1969 avec le GRECE : Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne, un courant de pensée politique de tendance nationale-européenne

j'ai souvent cité, notamment pour cerner L'idéologie française, cette phrase d'Alain de Benoist dans un entretien il y a 3 ans  avec Breizh.Info* : « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines », 27 mars 2015
* voir les archives Alain de Benoist depuis 2013

J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin. Tout ce que l’on peut constater, c’est la désagrégation progressive de tous les cadres institutionnels que nous a légués la modernité.
il ajoutait, d'où le titre :
Cela dit, je suis de ceux qui trouvent détestables les positions jacobines, « nationales-républicaines » et « anti-communautaristes » du Front national.
Le FN aurait à mon avis tout intérêt à les abandonner, mais il ne faut pas se faire d’illusions : le régionalisme n’est pas dans son logiciel.
s'il n'y a pas encore cet abandon complet du nationalisme français, force est de constater que la stratégie du Rassemblement national, rompant avec celle du FN père Le Pen, a comme suivi le conseil du philosophe qui n'est pas sans être critiqué par l'extrême-droite traditionnelle. On l'a vu depuis l'élection de Macron et les changements dans le programme du FN-RN relativement aux institutions européennes, dans ses positions pendant le mouvement des Gilets jaunes, et on le voit en ce début de campagne électorale pour les européennes le 26 mai

ce tournant s'inscrit dans la montée des "populismes" de droite dans le monde et particulièrement en Europe

Election après élection, les "populistes" sont parvenus à prendre le pouvoir dans plusieurs pays d’Europe. Mais qui se cache vraiment derrière ce terme ? Représentants "du peuple", ils dirigent ou participent aujourd’hui à un quart des vingt-huit gouvernements de l’Union européenne. Avec des projets variés mais souvent néfastes pour la démocratie.
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il n'est pas impossible d'affirmer que le populisme "de gauche" de Jean-Luc Mélenchon est plus nationaliste français que celui du RN, et serait davantage le symétrique des Patriotes de Florian Philippot, Debout la France de Dupont-Aignan, et de l'Union populaire républicaine de l'ultra-nationaliste Asselineau

cette idéologie diffuse du nationalisme, entre français et européen, nous l'avons vue très active dans le mouvement des Gilets jaunes, alors que l'on s'inquiétait et dénonçait davantage, à l'extrême- et ultra-gauche, les drapeaux français et la Marseillaise, quand elle n'était pas considérée comme porteuse des tendances "anarchistes" de la Révolution française (Temps Critiques, Claude Guillon, Serge Quadruppani...)

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nous avions vu, sur internet et porté par Égalité et Réconciliation d'Alain Soral ou Radio Courtoisie à l'époque du défunt Emmanuel Ratier, Francis Cousin pour qui le prolétariat européen révolutionnaire a été battu en raison de l'immigration, celle-ci considérée aujourd'hui comme une ruse contre-révolutionnaire du grand capital : Le chaos migratoire, comme forme supérieure de la crise du spectacle marchand, brassant avec allégresse Marx, Debord et la théorie de la communisation, en termes repris dans le texte même de Théorie Communiste, je n'y reviens pas avec citations à l'appui, qui n'ont pas fait bronché les "camarades"

idée que n'est pas loin de partager Jean-Louis Roche, "marxiste maximaliste", ex CCI, avec son blog Le prolétariat universel

on se souvient aussi du parcours de Max Lameunasse, intervenant chez Pepe@dndf en partisan de la communisation, alors que son blog In Limine dérivait tranquillement vers cette mouvance nationaliste européenne sur fond de mythologie païenne, que l'on retrouve chez le philosophe proudhonien Thibault Isabel de l'Inactuelle, revue d'un monde qui vient, et responsable de Krisis, fondé par Alain de Benoist
"L'œuvre d'Alain de Benoist"

Depuis plus de trente ans, Alain de Benoist poursuit méthodiquement un travail d'analyse et de réflexion dans le domaine des idées. Ecrivain, journaliste, essayiste, conférencier, philosophe, Alain de Benoist a publié plus de 50 livres et plus de 3000 articles, aujourd'hui traduits dans une quinzaine de langues différentes.

Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique et l'histoire des idées, mais il est aussi l'auteur de nombreux travaux portant notamment sur l'archéologie, les traditions populaires, l'histoire des religions ou les sciences de la vie.

Indifférent aux modes idéologiques, récusant toute forme d'intolérance et d'extrémisme, Alain de Benoist ne cultive pas non plus une quelconque nostalgie « restaurationniste ». Lorsqu'il critique la modernité, ce n'est pas au nom d'un passé idéalisé, mais en se préoccupant avant tout des problématiques postmodernes. Les axes principaux de sa pensée sont au nombre de quatre :

1) la critique conjointe de l'individuo-universalisme et du nationalisme (ou de l'ethnocentrisme) en tant que catégories relevant l'une et l'autre de la métaphysique de la subjectivité ;

2) la déconstruction systématique de la raison marchande, de l'axiomatique de l'intérêt et des multiples emprises de la Forme-Capital, dont le déploiement planétaire constitue à ses yeux la menace principale qui pèse aujourd'hui sur le monde ;

3) la lutte en faveur des autonomies locales, liée à la défense des différences et des identités collectives ;

4) une nette prise de position en faveur d'un fédéralisme intégral, fondé sur le principe de subsidiarité et la généralisation à partir de la base des pratiques de la démocratie participative.

Alors que son oeuvre est connue et reconnue dans un nombre grandissant de pays, Alain de Benoist reste largement ostracisé en France, où l'on se borne trop souvent à associer son nom à celui d'une « Nouvelle Droite » dans laquelle il ne s'est jamais véritablement reconnu.

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début 2014, je posais une question dérangeant le milieu communisateur : franchir le pas en pratiqueS théoriqueS : TC (contre Marx ?) une théorie blanche occcidentale, alors que ne s'était pas encore déclenché sa campagne anti-décoloniale aboutissant avec TC n°26 au Le grand récit décolonial, "étude" sollicitant un montage de textes décoloniaux pour leur faire dire de quoi les considérer comme ennemis du prolétariat universel incolore de Roland Simon. Il semble que TC n'en ait pas fini de sortir du temps où Pepe@dndf affirmait tranquillement en substance que les crimes du colonialisme furent certes horribles, mais enfin, camarades, tout ça c'est du passé. Le vent tourne et le même dndf signale aujourd'hui une émission de France Culture : “Les habits neufs du colonialisme - Le poids de l’héritage colonial”, citant Didier Lapeyronnie : “L’idée que les problèmes sociaux étaient de nature sociale, et non raciale, a longtemps évacué la dimension structurelle des phénomènes de ségrégation.” Quelques discussions sur les réseaux sociaux indiquent que le groupe TC est confronté à des intervenants marxistes et décolonialistes qui en connaissent un peu plus long sur toute cette histoire et son présent. Relevons que depuis dix ans, avec la théorisation de la communisation selon RS et Théorie Communiste, la mouvance décoloniale en a pris plein la gueule, le nationalisme européen a été totalement épargné ! Il n'apparaît dans aucun des textes d'analyse par Roland Simon du mouvement des Gilets jaunes...

mais je m'écarte du sujet, je reviendrai plus concrètement à ce nationalisme européen qui est naturellement confronté au mondialisme européen de Macron, LREM, le MODEM, et la tendance centriste des Républicains qui font front uni face au RN pour les européennes, la gauche étant en miettes (~ 25 % tout ajouté, PS, Insoumis, PCF...)


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Message par Patlotch le Sam 16 Mar - 19:51


l'Europe à chier
... dans la dentelle, sur les migrants et immigrés


EUROPÉENNES
Wauquiez et Bellamy, ensemble pour "sauver la civilisation européenne"

LE SPECTRE DE L'EUROPE 16750871
Wauquiez et François-Xavier Bellamy, la tête de liste des Républicains pour les élections européennes
Conseil national des Républicains à Lyon, samedi 16 mars.
(ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Paul Laubacher, L'Obs'

A Lyon, des Républicains requinqués par les sondages ont présenté un programme civilisationnel, anti-immigration et protectionniste.

"Il est en train de se passer quelque chose". Laurent Wauquiez sourit malicieusement, les pieds rivés sur la tribune, les mains cramponnées au pupitre. Le président des Républicains peut enfin respirer, ce samedi 16 mars, lors du Conseil national du parti organisé à Lyon, sa ville, sa capitale. La tempête qui s'est abattue sur sa tête de liste pour les élections européennes, François-Xavier Bellamy, s'est calmée. Mieux : les scores de la droite dans les sondages reprennent un peu de hauteur. Et ils sont venus nombreux, militants, élus locaux et cadres du parti pour applaudir leur chef.

Bellamy superstar
Alors quoi de mieux qu'une grand-messe pour introniser officiellement la liste des 26 premiers candidats de la droite pour le scrutin européen ? Et entériner le programme tant attendu ? Seule ombre au tableau:  l'absence des ténors Valérie Pécresse, opposante interne, Bruno Retailleau, chef de file des sénateurs LR et Christian Jacob, patron du groupe LR à l'Assemblée, qui n'ont pas fait le déplacement.

"C'est un problème médiatique si vous décidez d'en faire un, mais ce n'est pas un problème politique, je vous l'assure"
, assure un cadre LR.

Gérard Larcher, président du Sénat, absent lui aussi, a  tout de même gratifié la foule d'une vidéo. Mais il a réussi l'impossible : ne pas prononcer le nom de la nouvelle star de la droite française, François-Xavier Bellamy, le philosophe-politique qui était encore inconnu du grand public il y a quelques  semaines.

Maire-adjoint de Versailles, il est monté sur scène porté par une ovation des militants et sous une pluie de compliment. "Tu as réussi à détruire en peu de temps l'image caricaturale qu'on a fait de toi", clame Jean Léonetti, maire d'Antibes et président du Conseil national, le parlement du parti. Annie Genevard, secrétaire générale du parti, salue "la clarté lumineuse de sa pensée" du jeune bachelor de LR. "Je te connais pas", raconte Hervé Morin, patron du Centre qui s'est allié avec LR. "J'ai entendu la caricature mais je t'ai écouté et j'ai aimé ton propos et ton discours. J'ai aimé que tu fasses appel à la raison et à l'intelligence." Et le président de la région Normandie d'affirmer :

"Vous êtes en train de voir émerger un des grands talents des prochaines années."

Laurent Wauquiez et François-Xavier Bellamy affichent leur grande proximité. Le premier touche touche le genou du second quand son nom est prononcé. Et quand Bellamy monte sur scène, Wauquiez le regarde, serre et lève ses poings, en signe de puissance. "Je suis fier de ceux qui vont porter nos couleurs", déclare le président de LR. "Ce choix n'a pas été facile. J'ai du faire face à de nombreux doutes", concède Laurent Wauquiez qui conclut avec un clin d'oeil : "Mais vous connaissez mon tempérament."

Pour une "Europe frontière"
Car pour Laurent Wauquiez et François-Xavier Bellamy, l'heure est grave. L'enjeu des élections européennes, "ce moment historique", est, rien de moins, que de sauver la "civilisation européenne". Il ne reste d'ailleurs que "70 jours" avant le 26 mai, jour des élections européennes. "C'est court pour changer l'histoire", pointe François-Xavier Bellamy. Il faut faire face à Emmanuel Macron et Marine Le Pen, ce "pour ou contre l'Europe", cette "même alternative stérile", "les deux même impasses", selon Laurent Wauquiez.

Il fallait donc montrer que les Républicains ont des idées pour l'Europe. C'est donc un programme contenant pas moins 75 propositions qui a été présenté. Frontières, civilisation, immigration constituent les priorités du parti. Il s'agit de "lutter contre l'immigration illégale" mais aussi d'"arrêter l'immigration de masse". Il faudrait que :

- traiter les demandes d'asiles soient "en dehors de la France"
- ramener les "bateaux de migrants sur les côtes africaines"
- "multiplier les vols groupés organisés par Frontex pour expulser les immigrés illégaux"
- "dénoncer le pacte de Marrakech" qui "encourage l'immigration et promeut le multiculturalisme"


Contre le terrorisme "islamiste", Laurent Wauquiez, et sa tête de liste, propose un "bouclier européen" dont le but est de contrôler et de pouvoir interdire le "financement extra-européen de l'islam", "l'identification des imams salafistes" et le "refus du retour des djihadistes sur le sol européen".

Après une "Europe frontière", il faut une "Europe civilisation". Les Républicains veulent inscrire "les racines judéo-chrétienne", l'héritage "gréco-romain" et des "lumières" dans les traités européens et dans "une nouvelle charte européenne des valeurs et des devoirs". Une "charte" qui conditionnera l'obtention ou le renouvellement d'un titre de séjour : pour en avoir un, il faudra adhérer à cette "charte".

Les questions sociétales ne sont pas oubliées. LR veut "lancer une initiative juridique européenne pour protéger la dignité humaine" et donc d'interdire la GPA. Et pour "protéger l'environnement", le parti de droite veut instaurer une "barrière écologique" via des droits de douane anti-pollution sur les produits importés et qui n'ont pas les mêmes normes qu'en Europe. Et enfin, LR veut instaurer une double préférence, européenne et nationale, pour "donner la priorité à nos entreprises et nos emplois".

Laurent Wauquiez et François-Xavier Bellamy arriveront-ils à se faire entendre dans le match qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?  "Les lignes se sont remises à bouger en à peine quelques semaines", clame le patron de la droite française. Et François-Xavier Bellamy d'assurer, comme le chef : "Je sens que quelque chose est en train de changer dans ce pays". La méthode Coué ?

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Message par Florage le Jeu 21 Mar - 19:19


chronique ... d'une victoire du macronisme (1)
et d'une défaite "prolétarienne" (2)

2. Sondage européennes : le profil de l'électorat LREM
Adrien Gaboulaud Paris Match 21/03/2019 à 18h23

Qui sont les Français qui soutiennent la liste la République en marche pour les européennes? Notre sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio livre un portrait de cet électorat.

La liste La République en marche est toujours installée en tête du sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio. Avec 23,5% (=) d'intentions de vote, elle devance toujours celle du Rassemblement national (21%, -0,5), même si le faible écart entre les deux listes ne permet pas de tirer de conclusion sur leur ordre d'arrivée. Après un pic à 25% le 11 mars, la liste LREM-Modem est stable depuis cinq vagues de l'enquête Ifop, alors même que sa très probable tête de liste Nathalie Loiseau n'a toujours pas été investie officiellement. Ce devrait être chose faite lundi prochain, selon l'AFP. En attendant, selon notre sondage, la liste de la majorité profite d'une mobilisation forte de l'électorat du président : 72% des sondés qui avaient voté pour Emmanuel Macron au premier tour en 2017 se déclarent pour la liste LREM-MD. Fait notable, une part significative (19%) des électeurs de François Fillon voteraient LREM-MD.

Près de deux ans après l'élection qui l'a porté au pouvoir, le profil de l'électorat du parti d'Emmanuel Macron est très marqué. En considérant les différentes catégories recensées par l'Ifop, on constate que la liste LREM-MD réalise des scores supérieurs à sa moyenne de 23,5% chez les électeurs de 65 ans et plus (32%), chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (41%), chez les habitants de l'agglomération parisienne (29%) et fortement chez ceux qui déclarent ne se sentir « ni gilets jaunes ni soutien » (43%). Dans ces catégories, LREM-MD est presque en miroir du Rassemblement national, qui réalise auprès d'elles des scores inférieurs à sa moyenne.

Auprès des ouvriers, LREM-MD ne recueille que 8% des intentions de vote

LREM-MD est à la peine chez les 18-24 ans (17%), mais pas autant que le RN (12%). Auprès des ouvriers, la liste ne recueille que 8% d'intentions de vote, contre 26% pour le RN. Concernant le niveau de vie, les catégories aisées votent massivement LREM-MD (39%), au contraire des catégorie modestes (11%) et pauvres (13%). La liste ne s'effondre cependant pas dans les communes rurales (22%), où le RN est puissant (31%).

On note par ailleurs que les sondés marcheurs sont moins sûrs de leur choix qu'ils ne l'étaient il y a dix jours. A l'époque, avec les partisans du RN, ils étaient ceux qui affichaient le plus de certitude (79% se déclaraient «sûrs de leur choix» le 11 mars). Le score s'est progressivement réduit et atteint ce jeudi 66%. C'est moins que pour les électeurs potentiels du RN (85%), de LR (76%) ou de LFI (75%).

Les résultats du sondage du jour sont par ailleurs favorables à la liste France insoumise, qui avec 8% (+0,5) d'intentions de vote est désormais placée devant la liste Europe Ecologie-Les Verts (7,5%).


Dans l’incapacité de s’unir, les partis de gauche vont aller à la bataille les uns contre les autres, avec des prévision calamiteuses. Et le PS, qui fait liste commune avec Place publique, risque la dilution de son identité sociale-démocrate, explique Michel Noblecourt, journaliste au « Monde ».

Les élections européennes du 26 mai, c’est déjà l’histoire d’un naufrage, celui des gauches engagées sur la voie d’une dislocation. Dans le Parlement de Strasbourg sorti des urnes en 2014, la gauche et les écologistes comptaient 23 sièges sur les 74 députés français. Dans deux mois, ce chiffre risque d’être divisé par deux. Après ses lourdes défaites à la présidentielle et aux législatives de 2017, la famille progressiste est plus que jamais fracturée.

En perte de vitesse, La France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mélenchon n’a pu éviter d’étaler au grand jour ses dissensions internes. Europe Ecologie Les Verts (EELV) peine à préserver l’unité des écologistes. Dernier épisode en date, Pascal Durand, son secrétaire national de 2012 à 2013, s’apprête à rejoindre la liste de La République en marche (LRM). Génération.s, le mouvement lancé par Benoît Hamon après son cuisant échec à la présidentielle de 2017 (6,36 %), ne décolle pas. Le Parti communiste, miné par ses divisions, tente de ne pas mourir avant son centenaire en 2020. Et le Parti socialiste (PS), en survie artificielle, a abandonné, pour la première fois depuis 1979, la tête de liste aux européennes, à un non encarté, Raphaël Glucksmann, qui a créé Place publique (PP) il y a quatre mois.

Le jeu des places perdues
Cinq listes de gauche vont donc aller à la bataille les unes contre les autres, et les enquêtes sont calamiteuses. Selon le sondage quotidien de l’IFOP-Fiducial, réalisé le 19 mars auprès d’un échantillon de 1 500 personnes, EELV et LFI sont à égalité à 7,5 %. La liste PP-PS est créditée de 5,5 %, celle de Génération.s de 3,5 % et celle du PCF de 2 %, soit un total pour l’ensemble des gauches de 26 %… En d’autres termes, les gauches vont jouer dans le futur Parlement européen au jeu des places perdues. Il faut pourtant donner acte à Olivier Faure, qui fêtera le 7 avril le premier anniversaire de son élection au poste de premier secrétaire du PS, de n’avoir cessé depuis un an de plaider pour un rassemblement de la gauche non mélenchoniste et des écologistes, jugeant à juste titre que la division s’avérerait mortifère.

Telle était aussi l’ambition de Raphaël Glucksmann, un intellectuel peu connu du grand public – « en dehors du cercle des bobos parisiens de Saint-Germain-des-Prés, c’est un parfait inconnu », relève méchamment un ancien ministre socialiste – qui voulait unir la gauche non mélenchoniste et les écolos. Même M. Hamon, bien que réticent à s’allier avec le PS, son ancien parti, avait imaginé une « votation citoyenne », aux contours très flous, pour faire l’union de ces gauches. Mais son initiative a rapidement pris l’eau.


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Message par Florage le Mar 2 Avr - 20:21


Le Pen de plus en plus ramasse-tout
du rural à l'anti-Macron, du pauvre au prolo, du jaune au vert...

Sondage européennes :
qui sont les électeurs du Rassemblement national ?

Adrien Gaboulaud Paris Match  02/04/2019

L'analyse des intentions de vote dans notre sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio dessine le portrait de l'électorat du Rassemblement national.
L'écart se creuse, ce mardi, entre la République en marche (23% d'intentions de vote, +0,5) et le Rassemblement national (20,5%, -0,5), dans notre sondage quotidien Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio. Face aux Républicains menés par François-Xavier Bellamy (13,5%, -0,5), le parti d'extrême droite conserve toutefois une avance très nette, à deux jours du premier débat télévisé, organisé sur France 2 et France Inter, jeudi. L'ex-Front national, qui avait revendiqué le titre de «premier parti de France» après son arrivée en tête du scrutin européen de 2014, paraît toujours installé dans un duel avec le parti du président. Le RN doit cette position favorable à une forte mobilisation de son électorat. Plus des trois-quarts (76%) des électeurs de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2017 déclarent une intention de vote en faveur de la liste menée par Jordan Bardella. Aucun autre parti testé par l'Ifop ne parvient à susciter un tel enthousiasme chez ses électeurs de 2017. De plus, depuis le début de l'enquête le 7 mars, les électeurs du RN sont ceux qui affichent avec constance la plus grande certitude dans leur choix (83% se disent «sûrs» ce mardi).

En se penchant sur les catégories de population où le RN réalise des scores d'intentions de vote très supérieurs à sa moyenne de 20,5%, on peut identifier le profil de l'électeur du parti de Marine Le Pen. Les hommes votent plus volontiers RN que les femmes (25% contre 15%). Les électeurs les plus jeunes (18-24 ans, 10% d'intentions de vote) comme les plus vieux (65 ans et plus, 11%) évitent le RN. Les employés (31%) et les ouvriers (34%) le soutiennent plus largement, tandis que les cadres (14%) et les professions intermédiaires (16%) le boudent. Il en va de même pour les électeurs de l'agglomération parisienne (10%) et ceux des catégories aisées (12%). Dans les communes rurales, en revanche, le RN réalise des scores supérieurs à sa moyenne nationale (26%), tout comme auprès des sondés classés dans la catégorie pauvre (24%).

Un discours qui se verdit
L'électorat du RN est à certains égards le reflet inverse de celui de LREM. Mais cela n'empêche pas Marine Le Pen de vouloir porter la contradiction sur tous les sujets, y compris certains dont le RN ne s'est jusqu'à présent guère emparé. Ainsi, alors que les électeurs LREM placent «la protection de l'environnement» en tête de leurs préoccupations selon un récent sondage Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, le parti d'Emmanuel Macron a pris soin de recruter des personnalités écologistes pour constituer sa liste. Sur fond de multiplication des mobilisations pour le climat, Marine Le Pen tente désormais de faire entendre son discours sur la question. Dimanche en Seine-et-Marne, la députée a dénoncé «l'hyper-consommation», s'attaquant aux «multinationales» et à la souffrance animale. Mais pas question de concéder le moindre pouce de terrain à ceux qu'elle qualifie d'«écologistes de bazar» et qu'elle accuse de prôner «la culpabilisation de pays comme les nôtres qui sont les plus vertueux du monde» et les «persécutions fiscales contre les automobilistes». «Les plus modestes», selon elle «sommés de payer la crise écologique», ont «raison de se révolter». Nul doute que sous la couche de peinture verte, les électeurs du RN reconnaîtront bien l'armature idéologique du parti.

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Message par Florage le Ven 12 Avr - 8:30

pas sûr que le terme d'« indifférence » soit le mieux choisi pour dire aussi un simple rejet qui fait monter l'abstention à ces élections comme à d'autres, sans parler des non inscrits. Ce qui est frappant, c'est que l'entrée en campagne accroît ce retrait...

   
Avant le scrutin du 26 mai, 42% des Français interrogés par BVA expriment un désintérêt pour ces élections. C'est six points de plus que lors de la précédente enquête menée en mars. La République en marche (24%) et le Rassemblement national (20%) demeurent en tête. Ils sont suivis des Républicains (13,5%).

LE SPECTRE DE L'EUROPE Parlement-europeen-1
Les élections européennes auront lieu du 23 au 26 mai prochains. (Crédits : Reuters)
Les craintes d'une forte abstention se multiplient. Selon le dernier baromètre réalisé par BVA pour La Tribune, Europe 1 et Orange, 42% des Français expriment un désintérêt pour ce scrutin contre 36% au mois de mars et 35% en février. À l'opposé, 56% des Français se disent intéressés contre 62% en février et mars. Il n'y a donc pas eu de regain d'intérêt après le débat organisé par l'audiovisuel public marqué par la cacophonie entre les douze têtes de listes invitées le 4 avril à débattre.

À quelques semaines de l'échéance, l'effritement de l'attrait des électeurs pour le renouvellement du Parlement européen n'annonce pas de bonnes nouvelles. L'institut de sondage estime que la participation pourrait se situer entre 44% et 50% sachant qu'il y a une grand part d'incertitude. Si 57% des personnes interrogées ont exprimé une intention de vote et se disent sûres de leur choix, 32% ont la volonté d'aller glisser un bulletin dans l'urne mais peuvent encore changer d'avis. Enfin, 11% ont exprimé un vote blanc ou nul. Face à cette importante volatilité du corps électoral, il reste moins de deux mois aux forces politiques en présence pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes. Depuis les premières élections européennes, le taux de participation n'a cessé de se dégrader passant de 61% en 1979 à 42,6% en 2014.

Un désengagement des jeunes
Dans le détail, 29% des personnes interrogées se montrent "pas vraiment intéressées" et 13% se disent "pas du tout intéressées". A l'inverse, 33% indiquent qu'ils sont "assez intéressés" et 23% affirment qu'ils sont "très intéressés". Sur l'échantillon interrogé par l'organisme de sondages, de fortes disparités apparaissent entre les générations. Chez les 18-34 ans, seuls 46% se disent indifférents contre 77% chez les plus de 65 ans. Cet écart de 31 points traduit un véritable fossé à l'égard de cette campagne. Par catégorie socioprofessionnelle, ces élections suscitent de l'intérêt chez une grande majorité de cadres (66%) et de retraités (74%). A l'inverse, les employés et les ouvriers auraient tendance à se détourner de cet enjeu (48%).

Dans le champ politique, les sympathisants de la République en marche sont les plus nombreux en proportion (84%) à exprimer de l'engouement. Viennent ensuite les partisans du Parti socialiste (69%) et ceux des Républicains (71%). A la France insoumise (65%), chez Europe Ecologie les Verts (64%) ou au Rassemblement national  (64%), cet attrait est moins visible. Enfin, par zone géographique, les résultats obtenus par l'institut spécialisé dans les enquêtes d'opinion illustre un écart entre les communes rurales inférieures à 2.000 habitants (52%) et les zones urbaines comme les villes moyennes (entre 20.000 et 100.000 habitants) ou l'agglomération parisienne (60%).

La droite gagne du terrain
Sur l'échiquier politique, la droite avance ses pions progressivement. La tête de liste aux européennes pour les Républicains, François Xavier Bellamy remporte 1,5 point d'intentions de vote en avril pour atteindre 13,5% contre 12% en mars. C'est la progression la plus importante par rapport au dernier sondage réalisé par BVA. L'ancienne ministre chargée des Affaires européenne Nathalie Loiseau stagne à 24% pour la liste de la République en marche tout en restant en tête des intentions. Elle est suivie de la liste du Rassemblement national (RN) menée par Jordan Bardella qui atteint 20%, en recul d'un point. En quatrièmes position arrive la liste de la France Insoumise (LFI) emmenée par Manon Aubry. Elle gagne 0,5 point à 8%. La liste du Parti socialiste (PS) dirigée Raphaël Glucksmann gagne un peu de terrain (0,5 point) à 5,5%. Le recul le plus marqué concerne la liste Europe-Ecologie-les-Verts conduite par Yannick Jadot (-1,5 point à 7%).

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Message par Florage le Lun 20 Mai - 8:03


RIEN DE NOUVEAU SOUS LA PLUIE
DES SONDAGES
mais des indications cohérentes avec la situation française
depuis l'élection de Macron, Gilets Jaunes compris
Patlotch a écrit:à une semaine des élections européennes, les sondages indiquent une remarquable stabilité des pronostics

LE SPECTRE DE L'EUROPE Sondages_sur_les_%C3%A9lections_europ%C3%A9ennes_de_2019_%28France%2C_avec_gilets_jaunes%29

pas de surprise en vue en ce qui concerne la France qui retrouve une configuration comparable au second tour des présidentielles opposant Macron à Le Pen, les autres jouant des rôles de figurants, LFI (Mélenchon) semblant le meilleur dindon de la farce dans laquelle la gauche française semble ressortir encore plus laminée qu'il y a deux ans. Même si le "clivage gauche-droite" s'est estompé dans la gouvernance Macron, force est de reconnaître un tournant politique à droite de l'électorat dans son ensemble, du moins celui qui vote

en effet, l'abstention s'annonce grande vainqueure aux environs de 55-60%, ce qui relativise les scores pronostiqués, aucune liste n'atteignant 10 % des inscrits

le plus intéressant serait des enquêtes sur les motivations des abstentionnistes, dont le mouvement des Gilets Jaunes par son "apolitisme" nous a donné une petite idée, autant que l'insuccès des listes sous cette bannière. Si l'on articule indications des sondages et soutien massif de l'opinion publique à ce mouvement et à la palette de ses revendications tous azimuts, on obtient quelque chose de très cohérent, et rien d'enchanteur. Laissons rêver les radicaux à la mode lundimatin, Samuel Hayat, etc.


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Message par Florage le Lun 27 Mai - 4:35


EUROPEN : BONJOUR LES DEGAS !
un vrai ressemblamant national


LE SPECTRE DE L'EUROPE D7iUUB-XsAYoPcD
La fête à la patronne, Edgar Degas, 1877
publié par 23 mai par @artistdegas sous le titre
The festival of the owner


LE SPECTRE DE L'EUROPE D7iU07QWkAAVJ8s
20h02. Joie au siège du Rassemblement National. Au QG du parti de Marine Le Pen, les militants exultent à l’annonce de la victoire de la liste de Jordan Bardella.
Patlotch a écrit:les résultats en France

à part ça, et la "surprise" écolo (13%) certainement provoquée par la campagne alarmiste sur le réchauffement climatique et le vote des jeunes* comme ailleurs en Europe (une liste Urgence écologie fait près de 2%), le résultat du parti de Macron, proche de son score au 1er tour des présidentielles, est plutôt bon à la sortie d'une séquence Gilets Jaunes qui voulaient sa tête et soutenus un temps par plus de 80% de la population

* Le vote des 18-25 ans selon @IpsosFrance pour @Francetele
EELV = 25% RN = 15% LREM-MoDem = 12% LFI = 9% LR = 8% Génération.s = 7% PS-Place publique = 5% PCF = 4% DLF = 4%UDI = 1%


la participation en hausse l'aurait été davantage dans les départements ruraux, et ce serait à recouper avec les lieux de la forte mobilisation Gilets Jaunes dans la première moitié du mouvement, avant son tournant "radical" soutenu par extrême-gauche et parti de l'outre-gauche, qui se félicitait que les fachos aient été virés des manifs... Ils n'y auront vu que du feu, celui qu'ils y ont mis

Sur quelles listes s'est déporté le vote gilet jaune ? Selon un sondage Ifop publié vendredi, 44% des personnes se réclamant de ce mouvement avaient indiqué voter pour le Rassemblement national, contre 4% pour La République en marche.

"Le débouché politique du mouvement des 'gilets jaunes' dans ces élections européennes, c'est très clairement le RN", analysait alors Jérôme Sainte-Marie, président de PollingVox.

Pourtant, chez des figures des "gilets jaunes", le vote semble beaucoup plus éclaté. Thierry Paul Valette, qui avait constitué une liste avant d'abandonner, a appelé à voter pour la liste LREM soutenue par Emmanuel Macron avant de finalement s'abstenir. Ingrid Levavasseur, un temps sur la liste Alliance jaune, a glissé un bulletin EELV dans l'urne, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Jacline Mouraud a elle décidé de voter blanc. Hervé Giacomoni, porte-parole des "gilets jaunes" de l'Aube, s'est rangé du côté de l'UPR pour soutenir le Frexit.

source Européennes: dans les urnes, le flop des bulletins jaunes, BFMTV 26 mai

comme annoncé, Brossat qui attendait 5% ne fait pas 3%, le PCF ne décolle pas et pour la première fois depuis 40 ans n'aura pas de députés européens (2 en 2014 sous étiquette Front de gauche). Il coupe son score en deux par rapport à 2004, 5,25%, 3 élus

une renversement spectaculaire à gauche : à 15% les listes explicitement écologistes font plus que la somme PS-Hamon (< 11%) et Mélenchon moins d'un tiers de son score à la présidentielle (6,3 pour 19,6%)

les partis proprement nationalistes français cumulent ~5% (Debout la France Dupont-A 3,5%, UPR Asselineau 1,1%, Les Patriotes Philippot 0,6%), traduisant le passage à un nationalisme européen multinational et justifiant le tournant de M. Le Pen depuis les précédentes élections européennes, dans le sillage de partis d'extrême-droite européens et du discours sur la "civilisation européenne en péril", plus anti-immigration extra-européenne que national-nationaliste

la recomposition politique engagée avec la victoire de Macron en 2017 est donc largement confirmée et amplifiée relativement aux présidentielles en ce qui concerne le laminage de la gauche particulièrement le PS, et de la droite lointaine héritière du gaullisme historique


LE SPECTRE DE L'EUROPE 661%2Fafp-news%2F449%2Fc77%2Fc101c04ff4625f81d1b4a6e6f7%2Feuropeennes-melenchon-cible-marine-le-pen-et-veut-en-detourner-les-gilets-jaunes%7C000_1GR2GH-highDef
la "fête à Macron" de Ruffin, ratée en 2018,
est devenue en 2019 la fête à Mélenchon

les résultats en Europe (Le Monde, résultats en sièges et en temps réel
sur le plan des décisions politiques européennes, ce sont les seuls qui compteront, la focalisation médiatique sur les résultats nationaux n'ayant d'effets que de politique intérieure

GAUCHE RADICALE 38
SOCIAUX-DÉMOCRATES 153
ECOLOGISTES ET RÉGIONALISTES 78
CENTRISTES ET LIBÉRAUX 106
CONSERVATEURS 174
DROITE NATIONALISTE ET SOUVERAINISTE 56
EXTRÊME DROITE 117
AUTRES 29
l'extrême-droite fait ses meilleurs scores au Royaume-Uni ,29 sièges sur 73, Italie, 28 sièges sur 73, et France, 22 sièges sur 74

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Message par Florage le Ven 31 Mai - 3:37

de 3h47, complété
Patlotch a écrit:1. ABSTENTION, SIÈGE ABSCONS
2. LE RN, UN RASSEMBLEMENT, ÇA RASSEMBLE... TREMBLAY TREMBLE

2. LE RN, UN RASSEMBLEMENT, ÇA RASSEMBLE... TREMBLAY TREMBLE

"Ma ville est en train de changer" :
aux européennes, le Rassemblement national s'est imposé sur les terres communistes de Tremblay-en-France

Margaux Duguet, Camille Adaoust, France Télévisions 31/05/2019
Patlotch a écrit:Tremblay, c'est pas "loin de chez nous", et tout près de chez moi, à quoi ça ressemble par le mélange « entre les zones pavillonnaires et les quartiers composés d'immeubles ». Cet article est d'un genre qu'on aimerait lire plus souvent...

ce n'est pas un article sur l'Europe, un peu sur les élections, beaucoup sur le passage de voix du PCF au RN. Je voulais le mettre en rapport avec les abstentionnistes et non-inscrits, majoritaires à ces élections, au sujet desquels une bonne enquête serait plus utile que les commentaires sur "la forte participation" ou la vision des non-votants comme réservoir de voies à mobiliser pour les urnes. De ce point de vue, le rejet de tous les partis politiques par les Gilets Jaunes, "soutenus" par 50% de la population" n'a pas fait tache d'huile plus que la participation active à leur mouvement. Jusque-là, c'est la résignation qui domine dans les "classes populaires"...

Franceinfo s’est rendu dans cette commune du nord de la Seine-Saint-Denis qui a placé Jordan Bardella en tête des élections européennes du 26 mai.

LE SPECTRE DE L'EUROPE 19401623
Les affiches pour les élections européennes sont collées devant la mairie de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)
"Il est grand temps que la gauche et la droite se rendent compte de la dérive de la France", lâche Yvan, à la sortie du Carrefour Market de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Ce retraité de 72 ans nous avait pourtant opposé une fin de non-recevoir. "Je ne vous dirai pas pour qui je vote", avait-il esquivé, s'éloignant avec son chariot de courses plein à ras bord. Et puis, on a compris. Dimanche 26 mai, jour des élections européennes, Yvan a, pour la première fois, glissé un bulletin Rassemblement national dans l’urne, lui qui "soutenait le vote PCF" jusqu’à présent. Deux jours plus tard, le retraité ne regrette rien. "Je connais des jeunes qui ont préféré arrêter de travailler pour toucher les aides. On a fait une génération de fainéants", maugrée-t-il, tandis que les mots "incivilité", "laxisme" et "immigration incontrôlée" fusent.

Yvan rejoint la cohorte des électeurs RN qui ont donné à Jordan Bardella la première place dimanche. La jeune tête de liste du parti de Marine Le Pen, ancien secrétaire départemental de Seine-Saint-Denis, a réalisé à Tremblay-en-France 21,94% des voix, loin devant La République en marche (15,05%) et surtout La France insoumise (12,83%). Un paradoxe dans cette ville traditionnellement d'extrême gauche, qui a voté à 35% pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle et élu Clémentine Autain aux législatives. Le maire, François Asensi, réélu sans interruption depuis 1991, a eu sa carte du PCF jusqu'en 2010 avant de devenir un sympathisant du Front de gauche. Pour autant, le vote en faveur de l'extrême droite n'est pas une nouveauté. Aux élections européennes de 2014, le parti de Marine Le Pen avait même fait mieux en décrochant 28,26% des voix dans cette ville qui compte 35 000 habitants.

"Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête"
A Tremblay-en-France, il n'est donc pas rare de rencontrer des électeurs de longue date du Rassemblement national. Eric, croisé à la sortie du Lidl du nord de la ville, votait déjà pour Jean-Marie Le Pen. "Le RN, c'est un fruit que l'on n'a pas goûté, il faudrait le goûter, glisse ce boulanger de 47 ans. Et puis, il faut changer entre la droite et la gauche." Lorsqu'on lui fait remarquer qu'Emmanuel Macron a justement construit son succès sur le "ni droite ni gauche", la réponse jaillit immédiatement : "Tout ce que fait Macron, c'est de nous prendre pour des vaches à lait."

Si cet électeur n'a jamais fait défaut au Rassemblement national, d'autres ont été tenté d'abandonner le vote bleu marine. "Il y a eu un passage à vide après la présidentielle avec la défaite et le débat raté. Il a fallu rebondir", reconnaît Alain Mondino, le délégué RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis, qui englobe Tremblay. Rémy, contrôleur technique, a ainsi préféré voter blanc au second tour de la présidentielle, déçu par la prestation de la candidate frontiste lors du débat de l'entre-deux-tours. Convaincu par Jordan Bardella, il est revenu voter RN aux européennes. Pour une raison simple : "Il y a un ras-le-bol de tout. Ça ne m'étonne pas que le RN soit en tête."

« Il n'y a rien qui marche actuellement, alors pourquoi ne pas aller voter pour les extrêmes ? »
Rémy

Ce vote RN est encore très contestataire à Tremblay. "Le Rassemblement national capitalise sur ce vote de colère et on n'arrive pas à sortir de ça", soupire Pierre Laporte, le responsable de La France insoumise dans la ville. "A part deux ou trois identitaires à Tremblay, les gens ont surtout peur du lendemain et cèdent à la thèse du 'grand remplacement'", analyse le maire François Asensi. Pourtant, la ville n'est pas la plus à plaindre en Seine-Saint-Denis. Le taux de chômage s'établit à 11,6% (contre 12,7% pour le département), le revenu mensuel médian y est de 1 630 euros (contre 1 289 euros dans le département) et la commune bénéficie surtout des retombées économiques de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle.

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Le maire de Tremblay-en-France, François Asensi, dans ses bureaux le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

"Il y a eu un changement de population"
L'explication de l'ancrage du vote RN est plutôt à chercher du côté de l'évolution démographique de la ville et des mutations des différents quartiers. C'est dans les zones pavillonnaires, situées en périphérie du centre-ville, que se concentrent les bulletins pour Jordan Bardella. Depuis quelques années, les mouvements de population ont accéléré la poussée du RN dans ces zones. "Il y a 10 ou 15 ans, certaines familles du centre-ville [issues de l'immigration] ont eu accès au crédit et ont pu s'acheter un pavillon. Et ça ne plaît peut-être pas aux anciens habitants", tente de comprendre dans le local de son association Samir Souadji, à la tête d'Apart qui agit pour l'insertion professionnelle et l'accompagnement social de 500 jeunes dans le département.

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La ville de Tremblay-en-France, située en Seine-Saint-Denis.La ville de Tremblay-en-France, située en Seine-Saint-Denis. (NOEMIE CARON / FRANCEINFO / GOOGLE MAPS)

Le maire ne dit pas autre chose. "Il y a eu un changement de population. Des résidents des tours du Grand ensemble ont acheté des pavillons et depuis, il y a des non-dits", explique François Asensi, du haut de sa mairie construite dans les années 1970. Contrairement à d'autres villes du département, à Tremblay-en-France, les logements sociaux sont concentrés au cœur de la commune et les résidences individuelles construites en périphérie.

« La cohabitation n'est pas toujours facile, cela se manifeste par des silences et dans les urnes.» François Asensi

La section locale du Rassemblement national, qui compte pourtant moins d'une dizaine d'adhérents, n'a rencontré aucune difficulté sur le terrain.

« On a été agréablement surpris de l'accueil des gens, ils nous félicitaient plus que lors des autres campagnes.»
Didier Boulain, délégué adjoint du RN de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis

Cet enracinement du vote RN terrorise Anne. "Les résultats de dimanche m'ont fait très mal, c'est un parti qui me dérange", soupire cette professeure des écoles de 50 ans, qui vote socialiste. Mais elle n'est pas surprise par le vote de ses voisins. "Je suis dans la zone pavillonnaire, on a eu des voitures brûlées et mon mari a été agressé il y a un mois et demi, raconte-t-elle. Et ça, ça pousse les gens à voter RN."

"On a rendu service au Rassemblement national"

L'arrivée en tête du Rassemblement national à Tremblay-en-France s'explique aussi par un très fort taux d'abstention. Dans la ville, 64,83% des électeurs ne sont pas allés voter dimanche, un taux bien plus élevé que la moyenne nationale (49,88%). "L'abstention a plus touché certains quartiers", vient préciser le premier édile. Ceux du centre par exemple. "L'électorat habituel de La France insoumise, qui vit plutôt dans les quartiers populaires, ne s'est pas déplacé", commente Pierre Laporte. Dans le bureau de vote de l'école Rosenberg, au centre d'un groupe d'immeubles, seuls 20,4% des inscrits ont glissé un bulletin dans l'urne. "On a vu un désintéressement autour de ces européennes. C'est trop loin, ils ne se sentent pas concernés, estime Samir Souadji. Ces élections sont loin des problématiques des gens au quotidien."

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Samir Souadji, directeur de l'association Apart, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Nejma est assistante de direction dans l'association Apart. Habitante de Tremblay-en-France "depuis toujours", la jeune femme de 23 ans est allée voter lors des élections présidentielle et législatives. Cette fois-ci, elle est restée chez elle, "comme beaucoup de gens de [son] entourage". "Le seul lien qu'on a eu avec ces élections, c'est les flyers dans nos boîtes aux lettres et l'affichage. Je n'ai pas compris l'importance qu'elles avaient", justifie-t-elle. Après avoir vu les résultats, elle "regrette" son choix.

« Ma ville est en train de changer, elle est divisée, ça m'inquiète. »
Nejma

C'est ce que montrent en effet les résultats dans les différents bureaux de vote. Si dans les quartiers pavillonnaires, comme celui du Vert Galant, la liste de Jordan Bardella signe son plus haut score (27,08%) et écrase La France insoumise (11,26%), la tendance s'inverse dans le quartier du Grand ensemble. Au bureau de vote de l'école de Rosenberg, quelque 27,78% des habitants y ont voté pour Manon Aubry, contre 6,79% pour le Rassemblement national. Les affiches du parti de Marine Le Pen y sont déchirées. Mais cela ne suffit pas à replacer en tête l'extrême gauche à Tremblay-en-France.

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A Tremblay-en-France, la ville est divisée entre les zones pavillonnaires et les quartiers composés d'immeubles. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Forte abstention, montée du Rassemblement national… Face à ces constats, élus, habitants et responsables associatifs l'affirment : les élections européennes serviront d'exemple. A suivre ou non. "On ne s'est pas mobilisé. C'est un faux pas, on a raté quelque chose et on a rendu service au RN", regrette Samir Souadji, qui organise habituellement des rencontres entre les politiques et les jeunes de Tremblay. Pour les municipales de 2020, il travaille déjà à augmenter leur taux de participation. "On va se bouger. Les jeunes, il faut aller les piquer !", dit-il. Nejma, elle, est déjà convaincue : "Pour les municipales, on ira voter, ça c'est sûr."

"Aux municipales, je voterai FN"
Pour quelle liste ? Des incertitudes planent encore. Car le maire, âgé de 73 ans, apprécié des habitants et présent depuis 40 ans dans la vie locale, n'est pas sûr de se représenter – il devrait annoncer sa décision fin septembre.

« Le Rassemblement national s'est installé durablement dans le paysage. Pour les municipales, il se peut qu'il y ait une liste RN.»
François Asensi

S'il voit ces résultats aux européennes comme "un tremplin" pour le parti en Seine-Saint-Denis, Alain Mondino n'est pourtant pas sûr de présenter une liste en 2020. "A Tremblay, on n'aura pas de liste RN, mais on travaille à une alliance, un bulletin Les Républicains-Rassemblement national", avance-t-il.

LE SPECTRE DE L'EUROPE 19401663
Alain Mondino et Didier Boulain, membres du Rassemblement national, à Tremblay-en-France le 28 mai 2019. (CAMILLE ADAOUST / FRANCEINFO)

Cette éventuelle alliance RN-LR compte déjà potentiellement deux votes. Louis et Louisa, 52 ans, habitants des quartiers pavillonnaires depuis vingt ans, sont en pleine réflexion. "J'ai changé de vote. Avant, on votait plutôt à gauche. Aux européennes, j'ai voté blanc. Aux municipales, je voterai FN", indique Louis, salarié du bâtiment, qui utilise encore l'ancien nom du parti. Le couple n'est pas forcément attaché aux idées du Rassemblement national – "j'aime beaucoup mon maire", affirme même Louisa, employée de la mairie – mais la transformation de la ville ne lui plaît pas. Et d'espérer : "Ça peut faire du bien, un peu de changement."

1. ABSTENTION, SIÈGE ABSCONS

Patlotch a écrit:on ne dira jamais assez un "défaut" majeur de la campagne, du vote, de l'interprétation et de l'utilisation des résultats* aux élections européennes : la focalisation sur le niveau national. Le récit sur la "forte participation" ne doit pas faire oublier ce qu'e cette image nous rappelle

* exemples : la surestimation du vote écolo-Jado dans ce scrutin qui le favorise, un sondage sur les présidentielles boostant le match Macron-Le Pen...


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je me félicite d'appartenir à la frange d'"extrême-gauche",
ultraviolette dans le spectre


confused


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