SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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PERMACULTURE : mode ou 'révolution' ? Expériences et réflexions

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Message par Patlotch le Lun 8 Oct - 9:33

reprise de l'ancien sujet qu'on trouve ici :


20 août 2018
j'ai un peu hésité à ouvrir ce sujet, pour plusieurs raisons :

- la mode écologique dans laquelle se développe l'engouement pour la permaculture et les jardins en ville rend difficile d'en parler sereinement dans un contexte où l'idée de lutte de classes révolutionnaire renvoie toute expérience humaine au magasin des accessoires réformistes
- je n'ai de la chose qu'une expérience limitée, qui plus est sur une terrasse, et à vrai dire, les "méthodes" que j'utilise et que j'ai améliorées expérimentalement depuis une quinzaine d'années, avec une proportion égale de réussites et d'échecs, ne l'ont pas été en appliquant dogmatiquement des principes arrêtés pour cultiver "bio", bien que j'ai eu recours à des conseils glanés ici ou là (livres, blogs...)

ajout 17 septembre : j'ai modifié le titre. Pour certains, la permaculture est une révolution et dans l'agriculture et dans le rapport des humaines au vivant : permaculture révolution. Mode donc au double sens de la mode et de mode de vie, en lien, via Jacques Camatte et sa perspective de "régénérer la nature", avec le sujet LE CONCEPT DE RÉVOLUTION en questions

PERMACULTURE : mode ou 'révolution' ? Expériences et réflexions Terrasse-permaculture-urbaine-potager-bio
ce n'est pas ma terrasse, mais disons qu'elle s'apparente à ça

en clair je ne détesterais rien tant que d'être pris pour un "écolo-bobo"

je commencerai par préciser ce qu'on appelle permaculture, ceci à l'échelle d'un jardin de ville, petit terrain, terrasse ou balcon. Je parlerai des raisons qui m'ont amené à créer, progressivement, un jardin sur ma terrasse dont bonne partie en potager, avec quelques petits arbres fruitiers. Pour le reste et comme d'habitude*, documents, digressions, critiques...

* particulièrement comme dans le fil de la CUISINE avant toute chose, ou les marmites de l'avenir, cuisiner (avec) ce qu'on cultive étant bien sûr le but de la manœuvre

Wikipédia a écrit:La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n'importe quel système) en s'inspirant de l'écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. Elle n'est pas une méthode figée mais un « mode d'action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème. Elle ambitionne une production agricole durable, très économe en énergie (autant en ce qui concerne le carburant que le travail manuel et mécanique) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible.

L'inspirateur de ce modèle d'agriculture naturelle est l'agriculteur japonais Masanobu Fukuoka (1913-2008). Cette méthode a été théorisée dans les années 1970 par les Australiens Bill Mollison (biologiste) et David Holmgren (essayiste). Le terme permaculture signifiait initialement « agriculture permanente » (permanent agriculture), mais il a été rapidement étendu pour signifier « culture de la permanence » car les aspects sociaux faisaient partie intégrante d'un système véritablement durable. Cette dernière signification est encore aujourd'hui sujette à polémique.

Avec ce sens étendu, la permaculture forme des individus à une éthique ainsi qu'à un ensemble de principes (design permaculturel). L'objectif étant de permettre à ces individus de concevoir leur propre environnement, et ainsi de créer des habitats humains plus autonomes, durables et résilients, et donc une société moins dépendante des systèmes industriels de production et de distribution (identifiés par Mollison comme le fondement de la destruction systématique des écosystèmes).

Elle utilise entre autres des notions d'écologie, de paysagisme, d'agriculture biologique, de biomimétisme, d'éthique, de philosophie et de pédologie. La permaculture invite à mettre ces aspects théoriques en relation avec les observations réalisées sur le terrain de façon harmonieuse.

[...] source

quelques distinctions


L’agriculture biologique recouvre potentiellement le nombre le plus large de pratiques. Cultiver en bio veut dire ne pas utiliser d’intrans, ni de produits phytosanitaires issus de la pétrochimie. Pour autant, il existe un bon nombre d’agriculteurs bio, qui, à cette exception près, travaillent presque comme des agriculteurs conventionnels : cultures de plein champs, en rang, sur une terre dénudée, beaucoup de travail du sol, très peu de biodiversité, beaucoup de mécanisation.

L’agroécologie (en tant que pratique agricole) va plus loin. En plus de techniques comme le compostage, la recherche de complémentarité entre les espèces, la culture sur buttes…, elle va chercher à intégrer dans sa pratique l’ensemble des paramètres de gestion écologique de l’espace cultivé, comme l’économie et la meilleure utilisation de l’eau, la lutte contre l’érosion, les haies, le reboisement…

La permaculture
n’est pas à proprement parlé un système agricole. Son objet est plus vaste. Elle consiste à construire des installations humaines durables et résilientes.

Elle va donc pouvoir intégrer l’ensemble des bonnes pratiques de l’agriculture biologique et de l’agroécologie mais également les énergies renouvelables, l’écoconstruction… Ses applications sont multiples : villes (notamment les villes en transition), entreprises, économie, énergie…

L’esprit de la permaculture est de relier tous les éléments d’un système les uns avec les autres, y compris les êtres humains. Tout particulièrement, la permaculture va chercher à recréer la grande diversité et l’interdépendance qui existent naturellement dans des écosystèmes naturels, afin d’assurer à chaque composante, et au système global, santé, efficacité et résilience. C’est un fonctionnement en boucle où chaque élément vient nourrir les autres, sans produire de déchets « exportables ». Dans son application agricole, la permaculture s’inspire beaucoup des forêts où le sol n’est pas travaillé.

L’agroécologie en tant que mouvement (dans l’acception qu’en donne Pierre Rabhi et Terre & Humanisme par exemple) se rapproche beaucoup de l’esprit de la permaculture, sans pour autant avoir développé le même corpus de pratiques comme le zoning ou les secteurs. Ils partagent en revanche les mêmes idées d’écosystèmes résilients, appuyés sur une vision holistique et sur l’utilisation intelligente et mesurée des ressources locales, pour le plus grand bénéfice des êtres humains qui y vivent.
je n'ignore pas que la seule évocation de Pierre Rhabi peut donner des boutons, en raison de ses références à l'anthroposophie et pour le dire rapidement de sa conception plutôt réactionnaire de l'écologie. Ça fait partie de la difficulté à aborder la question face aux avis tranchés sur le principe de l'amalgame en milieux militants, qu'ils soient d'extrême-droite ou d'ultragauche. Pour ma part, rien à cirer de Pierre Rhabi, un peu moins de Claude et Lydia Bourguignon, s'ils n'étaient pas devenus des gourous

comme contre-feu on peut s'informer de la permaculture dans les ZAD

suivaient dans les commentaires :

- histoire et histoires de ma "terrasse-jardin"
- conversation avec un compostiste
- Quand les Aztèques faisaient de la permaculture…
- chantier BRF avec Jacques Camatte


- Les Méthodes Jean Pain, le BRF

PERMACULTURE : mode ou 'révolution' ? Expériences et réflexions 81%2Byhr8cFLL

- situer la permaculture et l'écologie radicale dans une perspective révolutionnaire de changement communiste de civilisation

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Message par Patlotch le Mer 10 Oct - 13:30


« Résister contre, avancer pour »

Les plantes sauvages du potager
Camille Labro Le Monde

Formateur en agriculture bio et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, Xavier Mathias aime transmettre son savoir de maraîcher. Il voue une passion aux « mauvaises herbes », qui garnissent sa tarte au gré des saisons.

PERMACULTURE : mode ou 'révolution' ? Expériences et réflexions Temps-du-potager-175809

J’ai commencé à apprendre des choses quand j’ai quitté l’école. Je me suis formé au contact des gens, des paysans dans les champs. Je me suis lancé dans le maraîchage, car la terre m’émerveillait. Je me suis installé en 2004 à Chédigny, en Touraine, sur une jachère de deux hectares cernée par les monocultures céréalières. La terre était pauvre, les conditions difficiles. J’ai créé mon potager, mon terrain de jeux, avec le moins d’aides financières possibles, pour éviter de mettre le doigt dans l’engrenage. Je savais que je voulais être en bio, pratiquer une agriculture paysanne nourricière, à l’opposé d’une agriculture conventionnelle, subventionnée et mortifère.

Passionné de végétaux méconnus, biscornus

Je ne voulais pas être exploitant agricole, mais bien paysan, qui cultive la terre et la régénère. J’ai appelé mon jardin « Le champ de pagaille », car il y a un aspect révolutionnaire à vouloir être paysan aujourd’hui ; et quitte à semer la pagaille, autant la récolter. Je me suis passionné pour les végétaux méconnus, biscornus, les variétés anciennes aux noms improbables et poétiques, les poires de terre, le persil tubéreux, la renouée d’Orient que les Anglais appellent « Kiss me over the garden gate » (« embrasse-moi par-dessus le portail du jardin »), l’ail rocambole dont les tiges dansent dans les airs, le pois de cœur qui, à maturité, donne des lampions abritant chacun trois petites graines noires marquées d’un cœur blanc… J’aimais faire pousser, puis faire découvrir et partager ces petites merveilles. Aujourd’hui, je ne veux plus commercialiser ce que je cultive. Je cherche juste mon autonomie alimentaire…

Ce qui m’intéresse surtout, c’est la formidable générosité de la nature, son inventivité, et toutes ces plantes extraordinaires qui poussent sans qu’on ne leur ait rien demandé. Je travaille sur un livre avec l’ethnobotaniste François Couplan, spécialiste des plantes sauvages comestibles. Avec lui, je me suis rendu compte que, parfois, l’on fait les choses à l’envers dans les potagers. Prenez la salade : c’est de l’eau, avec quelques minéraux. Or, pour la cultiver, on arrache des plantes sauvages, dites « mauvaises herbes », comme la mauve, l’ortie, la consoude, le chénopode blanc, qui, elles, offrent un apport complet en protéines et qui sont résilientes. Le chénopode géant, c’est une plante qui se ressème toute seule et ne demande pas d’eau, alors que l’arrosage que nécessitent les laitues est déraisonnable.

J’aime l’idée de prendre ce que l’on trouve, d’ajouter aussi toutes ces verdures que l’on jette d’habitude (à tort), fanes de radis ou de betteraves par exemple, d’y mêler des herbes aromatiques pour le goût, et d’en faire une tarte belle, simple et nourrissante, qui change au gré des saisons et du jardin.





« la vieille haine du marxiste pour la paysannerie... »
Jacques Wajnsztejn, A la suite de rapports à la nature, productivisme et critique écologique, octobre 2017


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Message par Patlotch le Ven 26 Oct - 12:27

je ne suis guère persuadé qu'ils s'agisse, avec la permaculture ou le compostage, « d'exiger des mesures politiques », mais plutôt d'avoir soi-même, à quelque échelle que ce soit, une expérience de pratiques qui changent votre manière de voir et d'agir, autrement dit si l'on veut votre "théorie". Si politisation il y a, ce serait, plutôt qu'au sens de la politique (institutionnelle, démocratique, citoyenne...), en celui d'une intervention directe sans médiation politique, autrement dit une manière de vivre et de changer si ce n'est le monde, sa compréhension et son rapport au monde

le rapprochement fait par l'auteure avec le féminisme est tout à fait judicieux : «  j’ai vu un paquet de femmes qui n’avaient pas d’idées féministes commencer à s’y intéresser sur un sujet précis, très souvent hyper concret, partant d’une expérience qu’elles avaient vécue. [...] Pendant tout le XXe siècle, les féministes de gauche se sont entendu répondre par leurs compagnons de lutte qu’il fallait d’abord faire la révolution, et que l’égalité femme-homme en découlerait puisque le patriarcat était indissolublement lié au capitalisme. Si elles les avaient écoutés et avaient attendu la révolution prolétarienne, en France, on n’aurait toujours pas le droit d’avorter. »


En France, on a tendance à penser qu’on a d’abord des idées politiques, et qu’ensuite on essaie de les appliquer. Le féminisme m’a appris l’inverse.

PERMACULTURE : mode ou 'révolution' ? Expériences et réflexions Lombricomposteur
Ce ne sont pas les vers de votre lombricomposteur qui vous attaqueront.
Christophe.Finot via Wikimedia Commons License by

J’ai récemment raconté ce qui m’avait amenée à installer un lombricomposteur chez moi. Je pourrais vous donner des nouvelles de mes vers (j’ai un souci d’humidité) mais on s’en fiche. Sur le sujet, je vous conseille les deux vidéos d’Ophélie, ma YouTubeuse trucs-de-la-nature préférée, sur l’installation du lombricomposteur et son fonctionnement quotidien.


Mais je préfère vous prévenir. Vous, vous croyez peut-être que vous faites un truc bien en vous emmerdant avec votre lombricomposteur (parce qu'on ne va pas se mentir, ça demande un peu de boulot ce machin). Ce que vous ne savez pas, c'est que vous risquez de vous faire attaquer (fonctionne avec n'importe quel autre marqueur de «je fais un petit geste à mon échelle»).

Ce qu’on entend chez une partie de la gauche, c’est que ce serait inutile, et même pire, contre-productif. Le problème écologique étant indissociablement lié au capitalisme, nous serions des idiots utiles en nous focalisant sur des micro-actions individuelles qui ne changent rien. L’idée est qu’on s’achète ainsi une bonne conscience («moi j’ai fait ma part») et qu’on laisse le système perdurer en toute tranquillité.

Engrenage

Je comprends l’accusation mais elle me semble fausse. Ce qui est vrai, c’est que ce genre d’actes sont motivés par une angoisse et représentent une sorte de dérivatif pour canaliser son sentiment d’impuissance. Ce qui me paraît faux, c’est de penser que les gens achètent des céréales en vrac et rentrent tranquillement chez eux en se désintéressant de l’enjeu global. Personne ne croit avoir sauvé la planète en faisant un trajet en vélo. En fait, je constate même l’inverse.

Il y a angoisse, il y a prise de décision individuelle du type « on va réduire nos déchets », mais ça ne s’arrête pas là, ce n’est que le démarrage d’un long processus. Avoir un lombricomposteur ne suffit pas à me rassurer sur l’avenir de la planète. C’est le contraire qui se produit. On commence à se renseigner et à lire de plus en plus sur le sujet. Or comme toujours dans ce genre de cas, on est d’abord au niveau débutant, on lit des petits articles succincts, puis on passe à des textes plus costauds. On croit qu’on va juste calmer nos angoisses mais on met le doigt dans un engrenage.

D’abord, dans mon cas, on apprend des choses (il faut dire que je partais de très, très loin : grosso modo, je suis en train de découvrir les saisons). Ensuite, très vite, on devient sensible à ses propres contradictions. Ça sert à quoi d’avoir un lombricomposteur si c’est pour jeter autant d’emballages plastiques ? Le plastique, je n’y prêtais pas attention, désormais je ne vois plus que ça. On est obligé de remettre en question des choses qui paraissaient évidentes, auxquelles on n'avait jamais prêté attention. « Attends, rappelle-moi pourquoi on achète des carottes râpées sous vide alors qu’on pourrait le faire nous-mêmes ? »

Faire des efforts individuels aboutit à exiger des mesures politiques

Vous me direz, tout cela reste du purement individuel, on est loin d’un changement de modèle de société. Mais pas tant que ça. En France, on a tendance à penser qu’on a d’abord des idées politiques, et qu’ensuite on essaie de les appliquer. L’idée précède l’action. Mais le féminisme m’a appris l’inverse. Ces dernières années, j’ai vu un paquet de femmes qui n’avaient pas d’idées féministes commencer à s’y intéresser sur un sujet précis, très souvent hyper concret, partant d’une expérience qu’elles avaient vécue. Et puis, au fur et à mesure, elles ont continué à lire et leur pensée féministe s’est formée, devenant de plus en plus radicale.

On peut partir d’une expérience, de quelque chose qui paraît assez anecdotique, comme un lombricomposteur, et c’est cette action qui entraîne une pensée, qui structure un engagement politique. Personne ne se dit « oh bah c'est bon, j'ai fait ma part, tout va bien ». Il y a un aller-retour permanent entre théorie et pratique qui pousse à aller plus loin dans sa démarche. C’est d’autant plus vrai sur un sujet comme l’écologie qui est un peu le summum du « tout est lié ». On devient de plus en plus conscient ou consciente des problèmes, de plus en plus engagé ou engagée. Faire des efforts individuels aboutit à exiger des mesures politiques. Ce n’est pas contradictoire, ou ce n’est pas l’un à la place de l’autre. L’un entraîne l’autre.

Conséquemment, ça me paraît complètement con de décourager à l'avance des gens qui hésitent à se lancer dans un petit changement en leur disant « de toute façon, ça sert à rien, recycler dans une société capitaliste c'est inutile ». Il faut au contraire les inciter à franchir le pas parce qu’il provoque des changements de plus en plus importants et une politisation inévitable.

Et puis, le féminisme m’a montré autre chose. Pendant tout le XXe siècle, les féministes de gauche se sont entendu répondre par leurs compagnons de lutte qu’il fallait d’abord faire la révolution, et que l’égalité femme-homme en découlerait puisque le patriarcat était indissolublement lié au capitalisme. Si elles les avaient écoutés et avaient attendu la révolution prolétarienne, en France, on n’aurait toujours pas le droit d’avorter. De même, si on doit réussir à mettre d’abord à terre le capitalisme avant de commencer à changer les choses, on n’est pas sorti de l’auberge. On peut se demander s’il ne faut pas tenter l’inverse. Commencer à changer des choses concrètement pour mener à un changement global.

Ce texte est paru dans la newsletter hebdomadaire de Titiou Lecoq.

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Message par Patlotch le Mer 27 Fév - 9:21

de quoi réveiller ma culpabilité, puisque je n'ai pas commencé de remettre en état de vie active la fermaculture de jardin en bacs sur la terrasse. Un soulagement, les vers de terre sont en pleine forme !


Trois chercheurs ont étudié les initiatives de permaculture, diverses dans leurs motivations mais souvent productives et rentables. Ils détaillent leurs vertus dans une tribune au « Monde ».

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« L’agriculture industrielle est une des principales responsables
de la perte de biodiversité, de l’érosion des sols
(27 millions d’hectares concernés en France, soit 18 % du territoire) »  

(photo : département de l'Aude). Philippe Turpin / Photononstop
Comment transformer notre modèle économique qui provoque une dégradation rapide de l’environnement ? Le mouvement des « gilets jaunes » a souligné la difficulté de négocier la nécessaire transition écologique dans le contexte politique français. Ce ne sont pourtant pas les expérimentations concrètes qui manquent, capables de remplacer progressivement des pratiques aujourd’hui majoritaires.

Le secteur de l’agriculture est, à cet égard, particulièrement sensible. Gourmande en eau (70 % de la consommation mondiale), en sols (plus d’un tiers des sols à l’échelle mondiale, plus de la moitié en France), l’agriculture industrielle est une des principales responsables de la perte de biodiversité, de l’érosion des sols (27 millions d’hectares concernés en France, soit 18 % du territoire).

Ces dernières années, une prise de conscience des limites de ce modèle s’est imposée. L’agriculture biologique, considérée comme ultra-marginale il y a vingt ans, s’est désormais largement banalisée. D’autres propositions suscitent également un intérêt grandissant, comme la permaculture, mise sur le devant de la scène grâce au succès du film Demain et à la médiatisation de certains lieux devenus pilotes, comme la ferme du Bec-Hellouin (Haute-Normandie).

De quoi s’agit-il ? Implantée en Australie depuis les années 1970, la permaculture se rapproche de l’agriculture biologique par son refus des produits chimiques et de synthèse mais, comme l’agroécologie, elle tire par ailleurs le meilleur parti possible des interactions naturelles entre les êtres vivants.

Mouvement complexe et foisonnant
Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) en partenariat avec le site du Bec-Hellouin (Eure) a montré comment la permaculture pourrait servir de modèle à une agriculture adaptée aux défis actuels, tant par sa productivité que par sa rentabilité (« Maraîchage biologique permaculturel et performance économique », 30 novembre 2015). Recours minime aux énergies fossiles, préservation de la biodiversité sur les sites observés ; protection de l’humus, des sols et de la qualité de l’eau ; création d’emplois en zone rurale, relocalisation de la production alimentaire : les résultats, selon l’INRA, sont encourageants.

Comment faciliter, dès lors, la diffusion de ces pratiques ? Nos recherches sur le mouvement permacole éclairent ce mouvement complexe et foisonnant qui cherche à redéfinir la manière dont nous organisons notre processus de domestication et, plus globalement, les liens que nous tissons avec nos compagnons de terre.


La suite est réservée aux abonnés.



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