SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS

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jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Empty LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS

Message par Patlotch le Mer 10 Oct - 17:40


jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Moiguitarechat2
1978

une longue fidélité de plus de 50 ans, et des traces sur interne : Patlotch Jazz

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS MoiGuitarPhoto1
1980

sur le site Livredel

DIT DE LONGUES FIDÉLITÉS, mai 2006...
JAZZ ET POESIE, 1979-2005
SORTI DE MA DISCOTHÈQUE
JAZZ ET COMMUNISME, 2003 texte
JAZZITUDE, 2002 livre
JAZZ ET PROBLEMES DES HOMMES, Livre, 2002
JAZZ DIVERS TEXTES 2001-2002
PAT'CRITIC, Forums, 2001
BASS'SCORY, 2000

sur le site Patlotch.com

sommaire et accès sur le site

3.1. Histoires des jazz
3.1.1. du jazz classique aux jazz modernes, continuités-ruptures
'Le jazz et les gangsters', un lien vital
Des pianistes qui durent
La clarinette, princesse du classique
Clarinet Marmalade
La batterie classique
Des vents et des cordes dans les graves
Le jazz classique à partir des années 50
'mon' jazz classique en 25 disques
3.1.2. l'arrangement de jazz, avec l'oubli ?
Jelly Roll MORTON
Fletcher HENDERSON
Don REDMAN
Duke ELLINGTON
Mary-Lou WILLIAMS
Sy OLIVER, For Dancers only ?
Benny CARTER
Adrian ROLLINI, le jazz d'en face
John KIRBY
Billy STRAYHORN avec Duke Ellington
Tadd DAMERON, Gil FULLER, George RUSSELL, Clare FISHER... arrangent Dizzy Gillespie
Modernité, complexités
Claude Thornhill et Gil Evans, la vraie naissance du Cool 1942
Miles Davis 'The Birth of the Cool' avant son nom
John LEWIS, ou le jazz bien tempéré
Gerry MULLIGAN, de la bande des 4 au concert à 13
George RUSSELL, entre Ellington et Zappa
John CARISI, un art en tensions
André HODEIR, Problème du Jazz ?
Avant GIUFFRE, le sax ? des anches !
Jimmy GIUFFRE, petit, grandes oreilles
Gerald WILSON, des 40' aux 70'
McFARLAND Gary (vib compositeur arrangeur)
Kurt WEILL-Mike ZWERIN, John LEWIS, Dolphy, Raney... + Gil EVANS
Toshiko AKIYOSHI, le jazz nippo-américain au féminin
Martial SOLAL, Jazz écrit toutes tailles
3.1.3. Jazz en France 1920-1970
Free-Jazz en France 1960-1975
3.1.4. jeunes pousses ou les débuts des grands
3.1.5. Parker's Mood 12 versions et plus si affinités
3.1.7.  le trio piano contrebasse batterie dans le jazz 'moderne'
les pianistes de Charlie Parker
McPartland, Bryant, Prévin, Carl Perkins
Toshiko, Winton Kelly, Barry Harris, Elmo Hope, Bobby Timmons, Jutta Hipp
Vic Feldman, Mose Allison, Joe Zawinul
Figures de styles
Ahmad JAMAL vs George SHEARING
Bill EVANS, Scott LaFARO, Paul MOTIAN
MORGAN Dick, piano
3.1.8. 'Free-Jazz', idées reçues ?
Free-Jazz en France 1960-1975
Free Jazz Women
3.1.9. Japan is Jazz . Japanese Jazz
Shakuhachi et jazz
3.1.10. le jazz 'pour les nuls', d'un savoir écouter
temps forts, temps faibles... Harmonie vs Rythme
la rythmique de Count Basie, de Jo Jones... à Joey Baron
les sons du jazz, la 'matière sonore'
du collectif à l'individuel, écoute globale ou spécifique
l'impro mélodique et rythmique, le 'swing', la vocalisation
de la contrebasse jusqu'à Jimmy Blanton (1940)
des 'ratés' dans l'improvisation ?
les conditions du jazz 'moderne'
Rebop, Be Bop... Dizzy Atmosphere
Highlights of the 50'
Alors ! c'est quoi le "jazz" ?
3.2. Jazz musicien-ne-s A... Z
3.2.1. AEBI Irène (violoncelle, chant)
3.2.2. AKIYOSHI Toshiko, p lead argt
3.2.3. ALDEN Howard, 7 guitare
3.2.4. ANDRESS Tuck, guitare
3.2.5. AUSTIN Lovie, piano argt et chef d'orchestre
3.2.6. BENJAMIN Sathima Bea, vocal
3.2.7. BICKERT Ed, guitare
3.2.8. BLOOM Jane Ira, soprano sax
3.2.9. BOOKER Beryl, piano vocal
3.2.10. BROOKS Hadda, pianiste et chanteuse
3.2.11. BRACKEEN Joanne, piano
3.2.12. BREAU Lenny, guitare
3.2.13. BRYANT Clora, trompette
3.2.14. BUNNET Jane, soprano sax, flûte
3.2.15. BURNSIDE Vi, ténor saxophone
3.2.16. CARISI John, argt
3.2.17. CARRINGTON Terry Lyne
3.2.18. CARTER Benny, saxophones, tp, argt, lead
3.2.19. CHARLES Teddy, vibra argt
3.2.20. COOPER Lindsay, basson hautbois...
3.2.21. DAMERON Tadd, argt, piano
3.2.22. DAVIS Billie, batterie
3.2.23. DAVIS Martha, piano vocal
3.2.24. DAVIS Miles 1969
3.2.25. DENNERLEIN Barbara, orgue
3.2.26. DICKERSON Walt, vibraphone
3.2.27. ESCHETE Ron, 7strings guitar
3.2.28. FOUQUET Jérôme, trompette
3.2.29. FOX Mimi, guitare
3.2.30. FRINK Laurie, trompette pédagogue
3.2.31. FUJII Satoko, piano
3.2.32. FUJIWARA Kiyoto, contrebasse
3.2.33. FULLER Tia, alto soprano sax, flûte
3.2.34. GELLER Herb, alto sax, compo, argt
3.2.35. GIUFFRE Jimmy, sax clar flûte argt
Four ? Si ce n'est toi, c'est donc ton frère...
Giuffre étudie le contrepoint... Debussy, Bartok
Giuffre Hall, 2 Jim pour un ménage à 3 + si affinités
Plus loin que l'Ouest, du Cool au free
Jimmy Shorty Shelly Teddy
Howard Rumsey Lighthouse
Jimmy Free Lance
Clarinette Marmelade
Giuffre Bley Swallow The Shape of Jazz to come
Du Free aux frissons
Des errances à 3 à l'évidence à 2
Far de l'Ouest à l'Extrême-Orient, la flûte...
Jimmy l'enchanteur et la fée électrique
Jaume et Jimmy du haut des anches
Jimmy for ever
Et Dieu dans tout ça ? Sonny Stitt, le blues selon Jimmy
Hommages, héritages et documents
3.2.36. GREENE Bob, piano
3.2.37. GREENE Ted, guitare pédagogue
3.2.38. HAMILTON Chico, batterie percussions
3.2.39. HARRIS Jerome, guitare, basse
3.2.40. HENDERSON Fletcher, argt, lead, piano
3.2.41. HERBERMAN Steve, 7 Guitar, contrepoint...
3.2.42. HIPP Jutta, piano
3.2.43. HODEIR André, composition argt
3.2.44. HOPE Bertha, piano
3.2.45. HORN Jazzmeia, vocal
3.2.46. HUNTER Charlie, guitare&basse
3.2.47. HYAMS Marjorie, vibraphone
3.2.48. JACKSON Ronald Shannon, batterie
3.2.49. JUAREZ Juarez, guitare contrepoint
3.2.50. KATZ Fred, viloncelle
3.2.51. KIRBY John, contrebasse, tuba, argt, lead
3.2.52. LABARRIERE Hélène, contrebasse
3.2.53. LAURENT Géraldine, alto sax
3.2.54. LEANDRE Joëlle, contrebasse, voix
3.2.55. LEWIS John, argt, piano, lead
3.2.56. LISTON Melba, trombone, argt
Randy WESTON arrangé par Melba Liston
3.2.57. LUTCHER Nellie, pianiste et chanteuse
3.2.58. LYNNE Gloria, vocal
3.2.59. MAALOUF Ibrahim, trompette
3.2.60. MAC KAC, batterie
3.2.61. Mc GANN Bernie, saxophone
3.2.62. Mc INTYRE Kalaparusha Maurice, sax bcl flûte...
3.2.63. Mc PARTLAND Marian, piano, radioTV
3.2.64. MONTOLIU Tete, piano
3.2.65. MORGAN Dick, piano
3.2.66. MORTON Jelly Roll, piano, argt, lead
3.2.67. MOST Sam, flûte, clarinette
3.2.68. MULLIGAN Gerry, baryton sax, argt, lead
3.2.69. OLIVER Sy, arrangeur, trompette
3.2.70. ONISHI Junko, piano
3.2.71. OSBORNE Mary, guitare
3.2.72. PARKER William, contrebasse
3.2.73. PASS Joe, guitare
3.2.74. POLLARD Terry, vibraphone, piano
3.2.75. PONDER Jimmy, guitare, vocal
3.2.76. REDMAN Don, argt, lead, saxophones
3.2.77. ROGERS Rachel, flûte
3.2.78. ROLLINI Adrian, multi-instr., argt, lead
3.2.79. RUSSELL George, théoricien, compo, argt, percussions
3.2.80. SAMB Hervé, guitare
3.2.81. SCHWEIZER Irène, piano
3.2.82. SCOTT Hazel, piano vocal
3.2.83. SCOTT Rhoda, orgue
3.2.84. SCOTT Shirley, Orgue
3.2.85. SMITH Johnny, guitare
3.2.86. SMOCK Ginger (violon)
3.2.87. SNOW Valaïda 'Little Louie', trompette, vocal...
3.2.88. SOLAL Martial, trésor national de jazz
'Ma vie sur un tabouret'
Club Saint-Germain, Django, Don Byas, Kenny Clarke 1950-54
Piano sous influences ?
"Mes" Lucky pas chanceux
du sandwich à la choucroute à Jo Jaguar
Sidney Bechet... Coleman Hawkins, Stan Getz, Barney Wilen
à suivre à quatre en ré bémol
Melville et Solal dans Manhattan
d'ardus trios en valse à quat' temps
Un Parisien en Amérique
Clés pour tout : Hampton Hawes et Martial Solal
Traversées en solitaire
Solal et Lee, deux doués des duos s'amadouent
'Sans tambour ni trompette'
1 2 3 Solal !
Du haut des duos
Jazz écrit toutes tailles
'Six pianos pour cent doigts'
L'autre monde : 'classique" et 'contemporain'
Solal Jazz' Teacher
Hank et Martial
'Il y avait un piano'
'vous faire rire et pleurer'
3.2.89. STOWELL John, guitare
3.2.90. STRAYHORN Billy, argt, compo, lead
3.2.91. TERAKUBO Elena, alto sax
3.2.92. THOMPSON Kimberly 'Kim', batterie
3.2.93. TUCKER Ben, contrebasse
3.2.94. UEHARA Uromi, piano, claviers
3.2.95. Van EPS George, 7Strings Guitar, pédagogue
3.2.96. WALTON Cedar, piano
3.2.97. WARREN Butch, contrebasse
3.2.98. WATANABE Sadao, saxophones, flûtes
Sadao Watanabe, l'héritage parkérien
'I wanna be loved by You'
Sadao, la bossa, et les latinos
Sadao disparaît à Montreux
Gary McFarland et Sadao à l'apéro
el Chico y el Sadao
The Beatles, Patti Austin, Roberta Flack, Randy Crawford
Sadao et Charlie
Sadao l'Africain
Afro'Funk'Fusion' Jazz nippon ni mauvais, Sadao fusionne
Afro-Bop-Zil-Funk-Symphony... Japanese Jazz Fusion
'Rendez-vous'... avec Roberta Flack
Pourquoi, pourquoi, pourquoi...?
10 albums à choisir
Sadao Nougaro Saisse
Live Rehearsal ou la répèt'
3.2.99. WESS Frank, saxophones, flûtes
3.2.100. WESTBROOK Kate, tuba, chant, théâtre, textes
3.2.101. WHITTLE Tommy, saxophone
3.2.102. WILLIAMS Mary-Lou, piano argt
3.2.103. WILSON Gerald, argt, lead, trompette
3.2.104. WYBLE Jimmy, guitare, théoricien
3.2.105. YAMASHITA Yosuke, piano

3.3. la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists)
3.3.1. International Sweethearts of Rhythm
3.3.2. All Girl Band of the 40'
Vivien Garry Edna Williams quintet
3.3.3. musiciennes de blues
3.3.4. batteuses et battantes
3.3.5. trompette au féminin
3.3.6. des livres des femmes du jazz
3.3.7. femmes 'au net' du jazz
3.3.8. le cinéma des filles de jazz
3.3.9. les voir en peintures
3.3.10. Free Jazz Women
3.3.11. Jazz et féminisme
Rosetta Reitz, historienne du jazz
Joëlle Léandre met les pieds dans le plat
3.3.12. Jazz et Gender Studies
ce n'est qu'un débat le combat n'est pas vu
3.3.13. et la critique ?

3.4. Jazz / Sujets généraux
3.4.1. Jazz sur paroles, propos de musicien-ne-s
3.4.2. Les publics du jazz
3.4.3. Le jazz en rit
3.4.4. La critique de jazz
3.4.5. Martin Luther King et le jazz
3.5. Jazz : Techniques et instruments
3.5.1. La guitare jazz comme un piano, histoire et techniques
Avant George Van EPS, le blues, Eddie Lang...
George Van EPS, 'lap piano'
Howard ALDEN, orfèvre discret
Ron ESCHETE, master of 7 Strings Guitar
Steve HERBERMAN, le contrepoint à point
Guitare classique et Jazz
Jimmy WYBLE, l'improvisation à deux voix
Sid JACOBS
Juampy JUAREZ, le contrepoint contemporain
Ted GREENE, le pédagogue des pédagogues
Joe PASS, la sobriété, somme toute...
Lenny BREAU, une légende, un génie
Tuck ANDRESS, pas toujours seul
Solos intégrals de maîtres de la guitare Jazz
Charlie HUNTER, soul guitarbass
Jazz Guitar Tapping

3.5.2. 'Conseils' aux débutants
Harmonie et improvisation
Le swing et le shuffle à la basse
3.5.3. Ray Estwick, pédagogue oublié
Improvisation jazz-blues, notes de cours 1975
Blues impro / Permutations Ray Estwick

3.6. Jazz et cinéma
3.6.1. Martial Solal et le cinéma
3.6.2. André Hodeir et le cinéma
3.6.3. Chico Hamilton et le cinéma
3.6.4. John Cage et Roland Kirk
3.6.5. Cassavetes et le jazz
3.6.6. Louis de Funès... pianiste de jazz ? Et Gainsbourg ?
3.6.7. Edouard Molinaro et le jazz
3.7. Jazz et littérature
3.7.1. Albert Murray, écrivain, poète et critique

3.8. Jazz et poésie
3.9. mes poèmes Jazz

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Moitrio
trio Chabada1984
Lionel Jacubowiez, alto & soprano sax, clarinette et cl. basse
Mario Mora, percussions, guitare, chant

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS MoiQuartet
quartet Label inconnu1986
Pierre Wekstein, ténor sax, soprano sax, flûte
Lionel Jacubowiez
Bernard Charleux, batterie

compositions (partitions)
32 déposées à Sacem 1981-1982, libres de droits

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS BlackPeople
Medium lent, aux mineurs anglais, 13 mars 1985

'Jazz' peintures 1973-1991

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS DexterGordon
Dexter Gordon 31 mai 1973, gouache sur carton 43 x 57 cm

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Nico%20et%20moi%2020
avec mon fils, 2005

pour la suite, je proposerai quelques écoutes commentées, et s'il advenait que je retourne au concert, des comptes-rendus


Dernière édition par Patlotch le Lun 31 Déc - 22:45, édité 1 fois

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Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 16:53

dans cette rubrique "JAZZ", j'ai rajouté des guillemets, pour deux raisons :

- une essentielle : il est patent que le terme n'a pas toujours été accepté par les musiciens qui l'ont inventé ou fait évoluer. Un peu comme le terme "impressionnisme" (construit à partir de Monet, Impressions, soleil levant) il fut à l'origine péjoratif, dérivé de jass, jizz, jasm... vraisemblablement à connotation sexuelle, puis, retourné positivement, assumé par ses musicien.ne.s. On reconnaît donc comme étant du jazz, moi aussi, des musiques qui en relèvent manifestement dans l'acception courante, mais auxquelles les musiciens refusent cette appellation (voir Patlotch, JAZZITUDE, 2002 : ouïes et nons d’un nom). On les invite à des "festivals de jazz" et ils y viennent : ont-ils le choix du nom qu'on donne à leur musique ?

- une pratique : j'ai utilisé "jazz" pour toutes les musiques dont il procède (blues, gospel...), dérivent de celles-ci (Rn'B, Soul, Fusion...), ou lui sont historiquement parallèles (musiques afro-latines, caraïbes, africaines...) quitte à se métisser (bossa-nova, "jazz latin", afro-jazz, "world-jazz", jazz hip-hop,...)

célébrations acoustiques / célébrations électriques / célébrations classiques... recouvrent toutes sortes de musiques

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Message par Patlotch le Lun 31 Déc - 22:45


bonnes années !


1966

"Down by the Riverside" (Traditional) – 10:02
"Night Train" (Jimmy Forrest) – 6:46
"James and Wes" (Jimmy Smith) – 8:13
"13 (Death March)" (Gary McFarland) – 5:22
"Baby, It's Cold Outside" (Frank Loesser) – 6:05
"O.G.D. (aka Road Song)" (Wes Montgomery) - Alternative Take – 5:13


Alto Saxophone, Clarinet, Flute, Flute [Alto] – Jerry Dodgion (tracks: A1, A2, B2)
Arranged By – Oliver Nelson
Baritone Saxophone, Bass Clarinet, Flute, Flute [Alto] – Danny Bank (tracks: A1, A2, B2)
Bass – Richard Davis (2) (tracks: A1, A2, B2)
Bass Trombone – Tony Studd
Drums – Grady Tate
Flugelhorn – Clark Terry (tracks: A1, A2)
Flute [Tenor], Flute [Alto], Clarinet – Jerome Richardson (tracks: A1, A2, B2)
Guitar – Wes Montgomery
Organ [Hammond] – Jimmy Smith
Percussion – Ray Barretto (tracks: B1 to B3)
Saxophone, Clarinet – Phil Woods (tracks: A1, A2, B2)
Tenor Saxophone, Flute, Clarinet – Bob Ashton* (tracks: A1, A2, B2)
Trombone – Jimmy Cleveland (tracks: A1, A2, B2), Melba Liston (tracks: A1, A2, B2), Quentin Jackson (tracks: A1, A2, B2), Richard Hixon* (tracks: B2)
Trumpet – Clark Terry (tracks: A1, A2, B2), Ernie Royal (tracks: A1, A2, B2), Jimmy Maxwell (tracks: A1, A2, B2), Joe Newman (tracks: A1, A2, B2)

Engineer – Rudy Van Gelder



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Message par Patlotch le Sam 12 Jan - 10:24

ma "vraie famille" s'en va dans le silence et dans le vent, merci à l'ami Jacques Denis...

JOSEPH JARMAN, MORT D'UN GUERRIER POÈTE DU JAZZ
Jacques Denis Libération 11 janvier 2019

Tribute To The Chicago Blues Tradition

Art Ensemble Of Chicago - Lugano 1993
vidéo ajoutée

Le jazzman américain s'est éteint mercredi à l’âge de 81 ans. Il fut, au sein de l'Art Ensemble de Chicago, un ardent ­défenseur du spectacle total.

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 1186060-men07139
Joseph Jarman en concert avec l'Art Ensemble de Chicago à Milan, le 19 janvier 2002
Photo Marcello Mencarini. Leemage

Jacques Denis a écrit:« L’Art Ensemble est comme un gâteau confectionné à partir de cinq ingrédients : si vous en supprimez un, le gâteau n’existe plus ! » Cette sentence délivrée par Joseph Jarman lors d’une interview au mensuel Jazz Hot en 1978 rappelle que, pour celui qui vient de disparaître à 81 ans, la plus emblématique formation de l’Association For The Advancement of Creative Musicians (AACM) n’avait de raison d’être qu’au grand complet. Lui l’avait intégrée en 1969, suite au décès de deux membres de sa propre formation, et dès lors, le nom du natif de Pine Bluff (Arkansas) ne sera plus qu’associé à cet « ensemble d’individualités en harmonie et en complète liberté, c’est-à-dire une sensibilité une », pour reprendre les mots d’un proche, Anthony Braxton (ils enregistreront ensemble en 1971 un formidable Together Alone), qu’il avait croisé une dizaine d’années plus tôt au Woodrow Wilson Junior College de Chicago.

Joseph Jarman vient alors de quitter l’armée, où il a délaissé les baguettes pour se mettre au saxophone et à la clarinette. Il va dès lors sympathiser avec le bassiste Malachi Favors et le saxophoniste Roscoe Mitchell, deux autres musiciens qui feront l’Art Ensemble. Tous les trois se rapprochent du pianiste Muhal Richard Abrams, l’incubateur de toutes les nouvelles idées qui vont advenir.

Spectacle total
Cinq ans plus tard, en mai 1965, Jarman sera ainsi l’un des vingt signataires de la charte originelle de l’AACM, une organisation qui révolutionnera le monde du jazz, en prônant tout à la fois l’émancipation de tous et la responsabilité de chacun. Jarman s’y retrouve d’autant plus qu’il pratique le théâtre et écrit des poésies. C’est d’ailleurs l’une des particularités de son premier disque, Song For en 1966 : il déclame d’une voix sombre des textes qui rappellent l’influence d’Amiri Baraka, dans un engagement qui voit plus loin que les termes du nationalisme noir. Le texte de Non-Cognitive Aspects of the City est exemplaire de sa vision d’un monde, où tout en critiquant ardemment la ségrégation, il interroge la question du pouvoir, «noir ou blanc». Cette ligne de conduite sera toujours la même lorsqu’il intègre l’Art Ensemble.

Si Roscoe Mitchell en fut le principal compositeur concepteur, Lester Bowie le médiateur crossover, Joseph Jarman sera, lui, l’ardent défenseur du spectacle total, comme le rappelle fort justement la courte notice qui lui est dédiée dans le récent coffret sur les années ECM de l’Art Ensemble. Sous le masque du guerrier (en scène, où ses emportements marqueront les esprits, comme à la ville, où il planta par exemple un couteau sur la table avant de signer son contrat avec la firme BYG, en 1969) il s’y fait le porteur d’un message éminemment poétique, la question politique ne pouvant être disjointe des enjeux esthétiques.

Longtemps réduit au free-jazz dans ce qu’il a de plus radical, Joseph Jarman, en bon disciple d’Eric Dolphy à qui il rendit un bel hommage, allait bien entendu au-delà : il suffit d’écouter ses interventions au sein du Art Ensemble comme ses trop rares propres albums (notamment dans les années 70, où il enregistrera avec Steve Colson, Don Pullen, Johnny Dyani) pour mesurer combien ce désir d’improvisation se conjuguait tout autant aux musiques contemporaines qu’aux musiques anciennes.

Irréductible
Son jeu, tout en nuances, était de fait irréductible à une grille de lecture, et la dimension spirituelle était sans doute la clef d’écoute d’un musicien qui, après avoir pratiqué l’aïkido, choisit la voie du bouddhisme zen, ouvrant même son propre dojo à Brooklyn, en 1993. Celui qui adopta le surnom de Shaku le temps d’un intermède de dix ans avec l’Art Ensemble (qu’il réintègre pleinement avec The Meeting, en 2003), cherchera même à concilier ses deux voies méditatives à travers «une nouvelle musique sacrée». Confronté à de sérieux problèmes de santé, son nom n'apparaît plus ensuite que de loin en loin, comme s’effaçant peu à peu de la mémoire. Jusqu’à ce 9 janvier, où l’annonce de sa mort, et la réaction qu’elle suscite auprès des musiciens des deux côtés de l’Atlantique, permet de mesurer l’importance de son empreinte sur cette histoire. Et nous laisse augurer quelques espoirs.


Joseph Jarman saxophone & WORKS :
Michel Gentile - flute,
Daniel Kelly - piano,
Rob Garcia - drums
performing at Brooklyn Jazz Wide Open on December 15, 2010


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jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Empty Re: LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS

Message par Patlotch le Sam 26 Jan - 13:56


le petit jazz de Michel Legrand
est mort
le grand s'en remettra


appréciation certes d'un goût douteux après sa mort cette nuit : je n'ai jamais aimé Michel Legrand, sauf quand je ne savais pas que c'était lui, ses premières orchestrations pour Henri Salvador, et ce qui est peu connu aujourd'hui, les premiers rocks en France avec le même et/ou Boris Vian... certes un rock bien détourné...


les deux films de Jacques Demy, dont Michel Legrand a écrit la musique, Les Parapluies de Cherbourg en 1964 et Les Demoiselles de Rochefort en 1967, me tombent des yeux et des oreilles. Et encore, on l'a échappé belle, Catherine Deneuve est doublée pour le chant par Danielle Licari (source : Les "voix de l'ombre" des films de Jacques Demy). Plus proches du jazz dans l'esprit, et du trompettiste Miles Davis par ailleurs, ni Juliette Gréco Jeanne Moreau n'ont jamais été doublées, et à l'écran, désolée pour l'actrice préférée des Français, dont les goûts ne sont absolument pas les miens. Comme par hasard deux femmes "progressistes" (Gréco membre du PCF), et Deneuve plutôt réac' et en prime anti-féministe

à sauver, voire, ses arrangements pour Miles Davis, John Coltrane et Bill Evans, qui ne sont pas un phare de leurs discographie, et sans eux, Michel Legrand serait aux États-Unis un inconnu autant que Johnny Hallyday


jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 080698
1958

1. The Jitterburg Waltz
2. Stompin' At The Savoy
3. 'Round Midnight
4. Django
5. Night In Tunisia
6. In A Mist
7. Blue And Sentimental
8. Don'T Get Around Much Anymore
9. Wild Man Blues
10. Nuages
11. Rosetta

John Coltrane (saxophone), Miles Davis (trompette), Michel Legrand (piano), Donald Byrd (trompette), Bill Evans, Herbie Mann (flûte), Paul Chambers (basse), George Duvivier (basse), Hank Jones (piano), Nat Pierce (piano)

il faut dire qu'avec un tel orchestre, difficile de rater son coup...

je me souviens vaguement, à la télé de ma jeunesse, de shows pour moi d'effroi. Ce n'est certainement pas lui qui m'aurait fait aimé le jazz, avec sa voix affectée, son style de piano bavard et sucré, swinguant moins encore que Dave Brubeck, et, cerise sur le gâteux : sa fausse modestie


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Message par Patlotch le Sam 2 Fév - 6:01

j'importe de L'ACHRONIQUE À CÔTÉ un post du 30 novembre 2018

« Je voudrais que la Marseillaise d’Albert Ayler
sonne l’hallali d’un carnage terrible
»

et tiens si on foutait le bololo dans l'enfoirum, de la musique dans l'extime et de la France où elle n'est pas en jaune, de la divergence de buts dans les cons doléances, alors on écouterait Ayler et on lirait du Nabe

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 978-2-84263-170-3

Marc-Édouard Nabe a écrit:14  juillet 1989, j’écoute la Marseillaise d’Albert Ayler. La fête dehors bat son plein.
Par ma fenêtre, je vois les fusées tricolores qui zigzaguent dans la nuit. C’est ridicule. La France est lamentable. Je monte le son.

14  juillet 1989, j’écoute la Marseillaise d’Albert Ayler. La seule vraie marseillaise qui ne nous fasse pas honte, alors que l’intolérable commémoration touille un dernier fond de diarrhée dans le pot de chambre de l’Histoire.
Patrick Besson qui n'était pas encore un vieux con écrivait dans Le Figaro Littéraire « c'est une ode à la désobéissance civile », « un hymne à la désobéissance littéraire »


1965

Albert Ayler (saxophone ténor)
Donald Ayler (trumpet)
Charles Tyler (saxophone alto)
Henry Grimes (contrabass)
Gary Peacock(contrabass)
Sunny Murray (drums)
Call Cobbs (clavecin)

là tu peux être sûr, ya pas un nationaliste pour l'aimer, celle-là, bien pire c'est-à-dire bien meilleure provocation que celle de Gainsbourg qui faisait chier les paras et Michel Droit

Albert Ayler selon Saint Nabe
Ayler. Nabe. Deux génies du XXè siècle. Il fut évident qu'ils se rencontrassent. Pas physiquement bien sûr. Albert Ayler, nègre mystique, jazzman céleste, fou illuminé, est mort assassiné en 1970, à l'âge de 34 ans. Nabe avait alors onze ans, presque douze. Mais ce grand écrivain français, le seul en activité aujourd'hui, a rendu l'hommage qu'il fallait à Albert Ayler dans son opus La Marseillaise, publié aux éditions Le Dilettante en 1989, l'année du bicentenaire. Dans un chorus de 38 pages, Nabe ramène Ayler à la vie et écrit les plus belles pages consacrées à un musicien. C'est meilleur que son Billie Holliday. Aucune phrase n'est à jeter. Et je lui fait l'injure d'en jeter la plupart car vous lirez ici trois courts extraits de son poème en prose (comment le qualifier autrement ?) sur "ce geyser de larmes qui jaillissait du jazz".

Marc-Édouard Nabe a écrit:C'est vrai, au début, quand j'ai découvert Ayler, je l'adorais pour sa force fantastique de provocation. J'avais quatorze ans et le coup de knout que cette musique pouvait asséner à un bourgeois normal me réjouissait au plus profond de moi-même. Bien vite, Ayler ne m'apparut plus comme une arme contre les cons, mais une arme contre moi, le plus con de tous, celui qui allait plonger dans l'extase de cette folie. J'écoutais toute la journée Ayler, totalement transporté par cet anti-humour triste à en pleurer.

Qu'est-ce que c'est que cette musique ? Je n'en connais pas de plus subversive aujourd'hui où les jazz de Monk et de Parker sont récupérés, intégrés, "revisités" d'une façon vulgaire, en massacrant les thèmes et les tempos... Vous n'entendrez pas souvent Ghosts d'Ayler à la radio. L'aylerisme fait encore peur. Depuis que j'écoute ça, pas de progrès. Les femmes sortent immédiatement de la pièce, les vieillards ont une crise cardiaque, les jeunes gens ricanent et les chats sifflent. Ça ne passe pas. Les imbéciles sont persuadés qu'il s'agit d'un gag ou que mon pick-up est mal réglé, le disque rayé, que sais-je ?... Aucun ne peut reconnaître qu'il s'agit de la musique la plus céleste qui soit, des mannes sonores qui tombent délicatement sur nous. Des chérubins qui perdent leurs plumes ! Tant de joie grandiose dépasse ! Une musique sans notes qui s'adresse au Ciel. Une musique qui peut faire pleuvoir ! Un chaos joyeux ! La naissance de la Gaité ! Les Fleurs qui dansent ! Ça vous descend ainsi dans les membres, et ça vous les détache ! Vous êtes dans un état de purification spirituelle parfait. Vous participez au salut du monde. Vous jouissez dans une vive flamme d'amour de toutes les catastrophes que cette musique raconte.


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Message par Patlotch le Mar 12 Fév - 23:39


bye bye et merci, "Monsieur Jazz" !

Hommage à André Francis
France Culture, 12 février 2019

Décès le 12 février du producteur, journaliste et organisateur de festivals de jazz

incontournable !

Entretien avec André Francis (juin 2009)
À l'occasion d'une exposition de ses dessins et peintures lors de "Place au Jazz-Bourgogne", André Francis a bien voulu accepter de répondre aux questions de Jean-Louis Derenne, Président de l'Association Ô Jazz, organisatrice de l'exposition précédemment mentionnée. Capturé par Pierre Nivan, voici 15 mn environ de bonheur avec un vrai passionné de jazz. Ne boudez pas votre plaisir !
les dieux du jazz savent qu'il m'irritait, et que je n'étais pas le seul. Pourtant, organisant comme producteur et présentant les Concerts de jazz de l'ORTF, c'est avec lui que j'ai partagé, hormis quelques concerts au Hot Club de Lyon, mes premières émotions « sur place, le jazz à déguster comme des bananes », disait Sartre, dont j'ignore s'il pensait vraiment aux bananes ou pas plutôt à Joséphine Baker, qui en faisait ceinture à sa nudité

son livre Jazz. L’histoire, les musiciens, les styles, les disques, de 1958, fut je pense mon premier, une édition vers 1965, bien avant qu'Albert Ayler n'en illustre la couverture. Il était tout sauf "sectaire", aimant tous les courants, toutes les "écoles", les Blanc.he.s comme les Noir.e.s, et pas le dernier à faire jouer sur scène les petits nouveaux qui deviendraient grands

c'est grâce à lui que j'ai pris la première fois la parole "en public", au Festival de Chateauvallon, pour un débat avec des musiciens et des amateurs comme j'en étais un, pour France culture donc, la première fois et la dernière que je suis passé à la radio. Il y a avait les journalistes de Jazz Magazine Philippe Carles, Francis Marmande, et l'adorable Jean-Robert Masson avec lequel j'avais sympathisé comme avec le photographe Guy Le Querrec

à ce festival et celui de l'année suivante, il y avait Dizzy Gilespie, Art Blakey, Tony Williams, Stanley Clarke, Stan Getz, Eddy Louiss, René Thomas, Bernard Lubat, Don Cherry et sa famille, Magma, Michel Portal avec Bernard Vitet, Léon Francioli et la chanteuse Tamia, John McLaughling Mahavishnu avec Billy Cobham, Jean-Luc Ponty, Joe Turner en solo, Paul Bley en solo, Helen Merrill, Phil Woods European Rhythm Machine avec Henry Texier et Daniel Humair et Gordon Beck (sauf erreur), Charlie Mingus avec son fils Eugene, Kenny Clarke, j'en passe, etc. et Gerry Mulligan qui nous avait joué du piano en privé... parce qu'il lorgnait sur ma copine. Quelle programmation !

à me ré-écouter je n'étais pas sectaire moi-même, ayant commencé par le début, Sidney Bechet en 1924, parce que je jouais de la clarinette, et enchaînant pratiquement toute "L'histoire du jazz" telle que l'écrivait, tant bien que mal car j'eus de plus en plus la dent dure avec eux qui m'avaient beaucoup appris et guidé dans ma quête du swing, du blues et autres incontournables, des passionnés tel qu'André Francis


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Message par Patlotch le Dim 17 Fév - 15:39


repéré par Lola Miesserhoff, facebook


TERRES COMMUNES ET DE FEUX

parfois le Monde est petit, mais majuscule. On est plus près par les lectures communes. Ici avec Pierrepont, Leiris, Mingus... je suis chez moi plus près encore, et j'explique plus bas pourquoi avec le poète, critique de jazz, anthropologue, essayiste hors sentiers battus qu'est Alexandre Pierrepont, du même chant jazzistique que moi, plus loin que le jazz au cœur de ce qu'il est, avec ou sans son nom

Les mots en cérémonie
François-René Simon, En attendant Nadeau

On connaissait le « poète noir, blanc de visage » : Xavier Forneret. Voici maintenant « le poète nègre, blanc de visage » : Alexandre Pierrepont. « Nègre », adjectif honni, est bien sûr à entendre au sens où Aimé Césaire l’a dépouillé de son insupportable acception colonialo-raciste pour le magnifier et lui donner une dimension pourquoi pas universelle.


jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 67355
Préface de Jean-Yves Bériou. Pierre Mainard, 90 p., 14 €
On ne sait pas où ranger les œuvres si bousculantes d’Alexandre Pierrepont : bibliothèque ou discothèque ? Anthropologue, auteur d’ouvrages de référence sur la permanence et les mutations du jazz jusqu’au plus inventif (Le champ jazzistique, La nuée, l’un et l’autre aux éditions Parenthèses), diseur de bonne aventure enregistré en compagnie de musiciens forcément aventureux (Maison hantée et Passages chez RogueArt, De fortune avec le groupe Bonadventure Pencroff chez MZ Records, Traités et accords chez Vents du Sud), fomenteur d’une association, « The Bridge », qui dresse un pont non de pierre mais de sons entre les États-Unis (principalement Chicago) et la France, il vient de publier son quatrième recueil de poèmes. Le premier, J’ai du bon tabac, écrit en collaboration avec Bertrand Schmitt, a paru en 1993 sous le label « éditions surréalistes » : à vingt ans, Alexandre Pierrepont faisait partie du groupe surréaliste de Paris, maintenu contre un soi-disant vent de l’histoire par feu Vincent Bounoure et quelques autres. Voilà pour la présentation.

Cinq longs poèmes – un sixième, plus court, nous attend par surprise derrière un dessin de Massimo Borghese dont la ligne claire donne existence à toute sa fantasmagorie –  dessinent les Frontières du Monde habité (on notera la majuscule), monde à la beauté duquel Pierrepont veut décidément s’unir corps et âme, alors même qu’elle ne cesse d’être souillée. Et il veut nous le faire savoir de mille et une façons pour nous inciter à une union identique, chacun selon son registre. Le sien, ici, se déploie dans une langue qui chante et surtout qui résonne. Votre oreille sera sa forêt. Car pour bien entendre, il est préférable de lire à haute voix, entendre les réverbérations, les échos, les doubles rugissants :

Je tourne ma langue dans le bec de la planète
Je tourne ma langue dans la bouche du monde
Et dans la boue du monde
dans la bouche du monde
dans la boue du monde
dans la bouche du monde
dans la boue du monde
dans la bouche du monde
dans la bouche du monde


Pour Pierrepont, ce n’est pas que les images balbutient, mais il n’a besoin que de tourner une seule fois sa langue pour la déployer tous azimuts. La répétition rythme la phrase ; la strophe, comme la cymbale high-hat d’une batterie, soutient le phrasé pour que le sens ou la vision apparaisse nettement :

Seule la pluie est réelle
La pluie qui tombe stridente
Stridente
Et s’arrête à quelques mètres du sol
Au-dessus
de nos têtes coupées
Seule la pluie est réelle
La pluie singe bleu
La pluie les bras ballants et stridente
De guerre lasse
De guerre lasse dans le monde envahi
La pluie seule qui ne porte pas de nom
Sur sa seule lèvre
Et toutes ses langues tournant dans le ciel
Stridentes
Le squelette de la pluie


(Notons en passant que l’avantage du livre sur l’enregistrement ou l’audition lors d’une lecture en public – que Pierrepont pratique assez souvent – est qu’on peut revenir en arrière, faire halte, rebondir et bien sûr se taire, laisser les mots parler en silence.)


jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS Pierrepont_2_article
Charles Mingus en 1976 ©️ Tom Marcello

La liberté est chez elle dans ce recueil : toutes les formes sont bonnes à prendre, toutes les tonalités sont les bienvenues, y compris dans la mise en page, dûment pensée sans être extravagante. Ainsi, la chambre 20 du premier poème, « Maison hantée », occupe deux colonnes, on croirait deux lits. Le troisième poème, « De fortune », au titre aussi vague qu’une échappée sur l’océan, joue avec le corps et la graisse des caractères pour suggérer la polyphonie de la parole (la version enregistrée fait tonner les cuivres !). Pierrepont ne néglige pas non plus la narration : il sait ne faire qu’un du poète et du griot. Cette liberté formelle, ces images trouvées au détour du laisser-aller, n’empêchent pas de penser qu’il y a préméditation : puisqu’il s’agit de (re)sacraliser le monde, rien comme le cérémonial des mots pour y parvenir. Le mot monde est ici omniprésent, tout autant que le mot mot (« Mau-Mau ? », s’interrogeait le contrebassiste Charles Mingus particulièrement africain dans son magnifique Passions of a Man, comme si nous l’étions tous). Malgré l’abondance d’images dont la provenance automatique fait peu de doute, telle

La longue rangée des visages
Dans la pleine maison en h
L’aile du g de l’aigle


le verbe d’Alexandre Pierrepont est sous le contrôle paradoxal d’une conscience qui revendique l’imaginaire comme sa source et son aboutissement, d’une lucidité où le poétique et le politique ne sont pas vécus contradictoirement. « Le jardin des crânes », dans sa forme journal de voyage, serait-il destiné à faire mentir, mais en toute complicité, André Breton et son péremptoire « L’acte d’amour et l’acte de poésie / Sont incompatibles / Avec la lecture du journal à haute voix » ? Pierrepont laisse parler la sienne, la laisse se nouer à d’autres langues, à la langue réitérative, lancinante et dansante venue d’Afrique, à la langue des cérémonies vaudoues, langue de chair et d’os autant que de mémoire et de savoir.

Je vois trouble
Je vois l’atome et le vautour
Je lis sur toutes les lèvres
Je suis saoulé par les Loas
Docteur-Feuilles à qui faut-il que je m’adresse
Puisque toute parole n’est possible qu’adressée
Porte-parole, parole-porte
Béquille de Legba, Nom-vaillant
Faut-il que je m’adresse


Michel Leiris cherchait le sacré au plus intime de sa vie quotidienne [Ah bon ? Je ne l'ai pas lu comme ça...]. Lieux, objets, faits de langage, personnes, tout pouvait franchir les frontières du monde ordinaire pour revêtir « un caractère sacré », comme il l’explique et le détaille dans L’homme sans honneur [1]. Alexandre Pierrepont fait exploser son moi ou plutôt son je en une multitude de nous, comme si le dedans n’était que le dehors retourné comme un gant. Comme si l’amour, c’était soi dans l’autre et réciproquement (le lyrisme de Pierrepont est en langage « pétrifié », il ne donne pas dans l’épanchement). Comme si ce qu’il y a en nous de plus singulier était pluriel. Voilà ce que tambourinent ces poèmes où le chiffre trois – je, nous, elle – se laisse deviner comme la pierre (ou la bière !) sous la mousse. Des poèmes qui tonnent, ressassent, s’enfuient, reviennent, se taisent, éclatent, s’apaisent. Des poèmes faits pour habiter sans frontières notre monde.

1. Le sacré dans la vie quotidienne, Allia, 2018.
dans les années 90, je lisais en premier, dans Jazz Magazine, les Terres de feu d'Alexandre Pierrepont, un encadré comme à l'écart de la ligne générale qu'il critiquait, comme je le ferai plus tard dans JAZZ ET PROBLEMES DES HOMMES, Livre, 2002 et son concentré JAZZITUDE. Il quitta la revue de Philippe Carles en claquant la porte. L'auteur, avec Jean-Louis Comolli en 1971, Free jazz/Black power, ce petit manifeste bien français du gauchisme esthétique alors en vogue, n'avait pas daigné lui me répondre à l'envoi de mes manuscrits, ce qui somme toute était de bonne guerre

je ne me souviens plus comment il en avait eu vent, peut-être par une revue underground de jazz et musiques improvisées où le second avait été livré en feuilleton. Toujours est-il que nous nous sommes rencontrés, que je lui ai donné des tirages de ces deux textes, le long et le court, qu'il a lus, lui. Il fut le seul critique de jazz à m'avoir renvoyé l'ascenseur, avec Christian Béthune (Le Jazz et l'Occident ; Adorno et le jazz, un déni esthétique...), à propos de Mingus, entre autres...

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Message par Patlotch le Sam 9 Mar - 11:46


je rappelle que mon livre de 2002, JAZZ ET PROBLÈMES DES HOMMES, sous-titré l’éthique du jazz, par ses protagonistes, mêmes (et petite philosophie politique) les musicien(ne)s nous parlent, comportaient 600 citations de quelque 300 jazz(wo)men, classées selon le sommaire avec accès d'un clic

les douze ci-dessous de mémoire n'y sont pas toutes, mais relevant du même esprit (celui du jazz, du blues, de l'éthique musicienne face au public...), elles sont bien choisies


Voici douze de nos citations favorites à propos du jazz,
par les plus grands artistes qui ont fait du Jazz ce qu’il est aujourd’hui.

Jazz Radio, Jazz and Soul, 04 mars 2019
« Ce que nous jouons c’est la vie »
Louis Armstong

« Ne pas abandonner l`effort de faire ce que l’on veut vraiment faire. Là où il y a de l'amour et de l'inspiration, je ne pense pas que l`on puisse se tromper. »

Ella Fitzgerald

« La véritable musique est le silence et toutes les notes ne font qu'encadrer ce silence »
Miles Davis

« Ils vous enseignent qu’il y a une limite à la musique. Mais, il n’y a aucune limite à l’art »

Charlie Parker

« Ce sont les notes qu'on n'entend pas qui sont les plus importantes» [/i
]Count Basie

« Si je chante comme quelqu’un d’autre, alors je n’ai pas besoin de chanter tout court »

Billie Holiday

« Parfois j’aimerais écouter ma musique comme si c’était la première fois, comme si je ne l’avais jamais entendue auparavant. Etant une part importante de celle-ci, je ne saurais jamais ce que l’auditeur reçoit, ce qu’il ressent, et c’est dommage »
johnColtrane

[i]« La musique nettoie la saleté de la vie de tous les jours »

Art Blakey

« Ça m’embête quand les gens essayent d’analyser le Jazz comme si c’était un théorème intellectuel. Ce n’est pas le cas, c’est un sentiment »
Bill Evans

« La vie c’est comme le Jazz… C’est mieux quand tu improvise… »
George Gershwin

« Le Jazz est une des formes d’art les moins apprenable »
Keith Jarrett

« Je pense qu’il est plus facile de jouer vite que de construire quelque chose d’intéressant sur tempo lent »

Thelonious Monk[/i]

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Message par Florage le Ven 31 Mai - 9:57


centenaire immortel
MONK, UNE SINGULARITÉ EXEMPLAIRE

UNE VIRTUOSITÉ UNIQUE
décryptée par Laurent de Wilde
1980-1991, mes poèmes en hommage à Thelonious Monk
Patlotch a écrit:j'ai récemment dit mon admiration pour l'intégrale de Thelonious Monk par le guitariste Miles Okazaki,  celui qui en respecte le plus l'esprit, dans une approche à la fois personnelle, originale et savante

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS A0434220547_10

j'ai souvent souvent conseillé la lecture du meilleur livre en français sur le jeu du pianiste, celui de Laurent de Wilde en 1997

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 61H3HlnBdiL

Laurent de Wilde aura attendu 20 ans pour enregistrer un disque en hommage au grand moine, et se produire en concert sur ce thème, comme au Festival Jazz sous les Pommiers, d'où il a donné une interview à Ouest-France le 28 mai

jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS New-Monk-Trio
Laurent de Wilde, piano
Jérôme Regard, contrebasse
Donald Kontomanou, batterie
Votre concert s’inspire d’un jazzman que vous admirez : Thelonious Monk. Cela vous a pris comment ?

À cause d’un éditeur qui m’a demandé d’en écrire la biographie parce qu’il pensait que j’étais l’homme idoine. Avant d’écrire ce bouquin, j’étais un apprenti musicien jazzman à New York, avec une somme de connaissances à ingurgiter. Je devais comprendre Bill Evans, Herbie Hancock, Bud Powell, Art Tatum… Monk, musicien singulier, était plutôt dans le bas de ma pile d’étudiant.

Monk est un caillou venu du cosmos, qui est tombé dans notre jardin à notre grande surprise : avec ni ascendant, ni descendant dans le jazz. Il reste une source d’inspiration constante. Musicien, il nous a laissé aussi des compositions dont d’autres musiciens peuvent s’emparer. Reste que l’on ne peut pas sonner comme Monk. Quoi que l’on fasse. Des imitateurs de Monk, ça n’existe pas. Pour une très bonne raison : lui-même a mis sa vie entière à développer une technique qui correspondait à sa musique pas du tout académique. En écrivant sur lui, j’ai sorti le microscope et tout un monde s’est ouvert à moi. Monk est un condensé de tous les présupposés que l’on a sur le jazz et, en même temps, leur dénégation complète. C’est tout sauf un lieu commun du jazz.

Pourtant, si vous aviez déjà repris un ou deux titres, vous n’avez osé un album complet Monk qu’en 2017 ?

À l’occasion du centenaire de sa naissance, j’ai vu d’autres musiciens qui se risquaient à faire eux-mêmes des albums inspirés de Monk. Pourquoi pas moi qui avais commis sa biographie ? Autour de moi, on me tannait. Mais, pour tout dire, j’avais les jetons de m’attaquer au maître absolu. Passer vingt-cinq ans de sa vie à dire d’un mec qu’il est inimitable, ce n’est pas pour oser enfiler ses pantoufles… Finalement, je me suis décidé. D’où l’album et le répertoire joué sur scène: j’ai adopté une forme de spectacle où je parle un peu plus, pour expliquer les morceaux. Ceux que j’ai choisis sont ceux dans lesquels j’ai senti une brèche dans laquelle je pouvais me couler. Il y a des morceaux où je n’ai pas encore eu le déclic. La musique de Monk, on peut y passer sa vie à tenter de la réinventer : elle est infinie. Un autre album, ce n’est pas encore dans mon horizon immédiat, mais ce n’est pas à écarter.

dans cette vidéo, on retrouve ses explications lumineuses et convaincantes sur le jeu génie singulier du jeu monkien, avec, relativement au livre, l'avantage des exemples musicaux


par contre, je ne donne pas d'extraits de concerts de cet hommage de Wilde à Monk, pour moi, ça ne rend pas compte de ce qu'il explique pourtant si bien. D'autres vidéo de Wilde sur Monk compositeur, Monk sa technique

quand à mon hommage, il fut seulement poétique en mots, avant sa mort, une chanson sur le thème de Blue Monk, à sa mort en 1982, un premier poème, enregistré sur une cassette de mon trio en 1984, puis d'autres dans mon poème-roman en 1990-91


"I' sait mêm' pas jouer du piano" (Blue Monk)
Paroles sur la musique de Blue Monk, 12 blues (Thelonious Monk), juillet 1980
/ = barres de mesures. En italique : thèmes de Monk

T'as vu le Nègre / qu'est au piano / tu trouves pas / qu'il a l'air bizarre
Regarde son / drôle de chapeau / dans ses grosses lèvres  / un cigare Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

Avec sa barbe / ses yeux hagards / on dirait vraiment / le portrait d'un ermite
Regard' ses mains / de vrais battoirs / les noirs sont des gens / insolites Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

Thelonious Monk / quek' qu'cé qu'ce nom / Yen a même qui l'appellent / Sphere
Ecoute donc / ces demi-tons / j'y comprends rien à / c'qu'i veut faire Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

'tap des accords / comm'un marteau / yen a qui dis' que cette musique / est géniale /
J'suis pas d'accord / j'trouv' pas ça beau / et j'y perds toujours / les pédales Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

Comme l'oiseau compositeur / d'un' musique étrange / au goût venu d'Afrique
Mysterioso / Charlie Parker / c'est la honte de / l'Amérique Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

A c'qui paraît / c'est du be bop / lui on dit qu'il est le pro/phète du jazz
Ptêt que c'est vrai / mais les syncopes / c'est vraiment fait pour / les sauvages Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

Ces dissonnances / ce tintamarre / Autour de minuit sonne / l'heure de crime  
A l'évidence / 'cherch' la bagarre / avec sa musique / de déprime Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / i' sait mêm' pas jouer du pia/no... (bis)

(ad lib) Moi j'vais t'dire / Jean-Marie / j'ai envie d'tirer sur ce pianiste /  
J'aim' pas le blues / j'aim' pas les Noirs / on a le droit d'être / raciste Mais qu'est-ce qu'i /
Joue faux / et moi je préfère le disco... (bis)

30 mars 1982

Monk encor crie son crépuscule d'ivoire
Dans la sonnance d'un blanc frottant un noir
Arrachant au granit un bloc de mystère écorché
Rythme de falaise au bord effrité d'une croche en l'air
Qui prend le risque de la syncope fatale


(J moins 152)

Thelonious MONK

ACCROCHE AU CIEL TITAN TON REFUS  
SANS FAUTE TON REFUS SANS FILET
TON GÉNIE SANS ÉCLAT THELONIOUS
MONK THELONIOUS MONK THELONIOUS MONK
THELONIOUS MONK THELONIOUS MONK THEL
ONIOUS MONK THELONIOUS MONK THELO
NIOUS MONK THELONIOUS MONK THELONIOUS


(six cent trente-cinquième nuit)

Un bac à disques où t'as pas d'Monk... Même pas à M divers. M...!

Comme retourner au pays, tu cherches un arbre de ton enfance, tu trouves l'endroit, un trou ! M...! Ils l'ont... doit pas y avoir longtemps... t'as plus qu'à faire dedans.

Quand même trouvé une cassette. Je ne l'ai pas volée. 1971. A Londres. Avec Blakey. Le plus Monk des batteurs. Que j'dis. Evidence. Crepuscule with Nellie. Même que sur la notice c'est écrit Crepescule... De quoi jouer, mais moi, même moi, les mots, des fois, j'en ai marre. De Monk, jamais. Crepuscule with Nellie... Poignant. Quoi de plus beau ? Quoi de plus vrai ? Nellie c'est sa femme. Et sur ce thème, sur ce je t'aime, Monk n'improvise jamais.

1971. A Lyon, en quartet. Avec Charlie Rouse... All alone. C'est terrible un concert tout seul. T'as beau te dire la musique c'est chacun pour soi, fermer les yeux... c'est très douloureux cette solitude-là... devant le génie. Qu'importe mais je dois dire qu'en 1971, musicalement, je n'y comprenais rien...

(six cent trente-sixième nuit)


J'ai donc ce soir au menu :

Du pain. Du vin. Et du Monk.
Du pain de campagne. Du vin d'Aragon. Et du Monk.

Du pain de campagne de la ville.
Du vin d'Aragon non pas d'Aragon.
Et du Monk.

Du pain de campagne de la ville de Paris.
Du vin d'Aragon non pas d'Aragon Louis
il ne fait pas de vin d'Aragon lui.
Et du Monk

Résumons. J'ai au menu ce soir du faux pain de paysan de Paris
d'Aragon du vrai vin non pas d'Aragon
et du Monk réel qui ne tourne pas rond.

Résumons.
Monk qui n'avait pas un rond, ne faisait pas de pain.
Aragon qui en avait, n'était pas vain.
Je suis rond.
Je n'ai pu rin à ragonter.
Je Monk me toucher.
Dong.

(je suis le paysan de moi-même)



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Message par Florage le Ven 28 Juin - 11:40



hier soir à Paris
Patlotch a écrit:j'étais hier soir à Bercy pour l'unique concert parisien célébrant en sa présence la carrière de Quincy Jones, avec les apparitions fugaces d'Ibrahim Maalouf, Selah Sue, Marcus Miller, Richard Bona, Salif Gueye, Véronique Sanson sur la scène de l'AccorHotels Arena, avec un orchestre "symphonique" doublé d'un orchestre "de jazz"et d'une rythmique funky pour un passage en revue de ses plus grands morceaux, de Soul Bossa à Michael Jackson

une sono parfaite pour cet orchestre typique des grands machines américaines de studios d'enregistrements ou de show télévisés, mais gâchée sur écrans par des prises de vues digne d'un amateur de vidéos, cassant le rythme et la répartition des voix par sections, ignorant les solistes, coupant les jambes des danseurs, ne donnant que rares images d'une section rythmique comme seuls savent en monter les Américains (pas un image du bassiste...)

une prime aux cinq choristes tous excellents solistes, jusqu'à faire pâlir d'envie les chanteurs vedettes, qui ne risquaient pas de faire oublier Ray Charles, Sinatra, Sarah Vaughan ou Michael Jackson

des publics des générations successives d'amateur de disco-thèques étaient déjà gagnés à l'écoute live des tubes de leur jeunesse, et il faut dire que pour qui n'a jamais entendu en direct un orchestre américain, Quincy Jones et ses arrangements, c'est quelque chose, même si on cherche en vain à y percevoir les leçons de ses maîtres français en composition au début des années 50, Nadia Boulanger et Olivier Messiaen

à part ça, je n'aime pas Ibrahim Maalouf, très bon son et virtuosité trompettistique, mais l'impression que, quel que soit le thème, il joue toujours la même chose, à cent lieues, pour moi, d'inspirations qu'il revendique aussi dans le jazz, Miles Davis notamment

au total, un peu d'émotion avec la présence d'un Quincy Jones affaibli physiquement, mais égal à lui-même par ses facéties

dans la rétrospective, une grande absence, Quincy d'avant qu'il ne devienne une vedette de la mondialisation



Lausanne, Switzerland on July 7, 1960


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Message par Florage le Dim 7 Juil - 12:06

7:00, complété

Patlotch a écrit:il récusait le terme de bossa-nova, lui préférant samba, il n'était ni un chanteur ni un guitariste de jazz, mais il était pour moi dans ses guillemets depuis ce disque qu'on m'avait offert en 1968, avec Stan Getz et la compagne de Gilberto, Astrud, qui partira avec le saxophoniste... Le compositeur Antonio Carlos "Tom" Jobim est au piano et signe six des huit morceaux du 33 tours. Tout est là y compris les emprunts à l'"harmonie du jazz" et la filiation avec un autre grand mélancolique : Frédéric Chopin Insensitez basé sur le Prelude No.4)


je laisse à Jacques Denis le soin de présenter ce géant plus discret que ne le laisse entendre sa célébrité. Il y parle du « monumental album «blanc» enregistré à New York en 1973, une épure totale, à l’image de sa couverture immaculée », que j'achèterai aussitôt, un vinyl excellemment enregistré et d'une présence intime troublante, autant que la liberté et l'indépendance rythmiques entre la voix et la guitare qui n'ont cessé de me dissuader de jouer vraiment de la "bossa nova" avec son balancement spécifiquement brésilien et la mise en place tout sauf évidente de Gilberto, quelque chose d'un ailleurs hors d'atteinte, et rien à voir avec Ze Gueurle from Ipanema que nous massacrions en toute quiétude comme la plupart de ses interprètes de jazz, bien trop accordés pour qu'elle sonne Desafinado

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les enregistrements avec orchestre à cordes, je les découvrirai plus tard, en 1993, ma compagne en ayant apporté un CD du Japon, d'où l'on tient un de ses meilleurs enregistrements live, d'un concert à Tōkyō en 2003, encore un disque blanc

toute la presse française, hormis Le Monde et Libé ci-dessous, reprend le communiqué de l'AFP où l'on apprend que João Gilberto « a fini sa vie en solitaire et ruiné ». N'est pas Johnny Halliday qui veut... à chacun sa richesse, que ses héritiers emporte la mauvaise en enfer !


JOÃO GILBERTO, SAMBA TRISTE
Jacques Denis Libération 6 juillet 2019 à 22:44

Père récalcitrant de la bossa nova et chanteur de légende, le musicien brésilien est mort à 88 ans. La musicalité de son chant hypersensible ouvrit la voie au génie de Caetano Veloso, Gilberto Gil et Tom Zé, et son influence immense toucha jusqu'au jazz de Miles Davis.

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Joao Gilberto, en août 2008 à Rio de Janeiro Photo AFP  
Jacques Denis a écrit:Une bouteille d’eau, une guitare, un tabouret, il ne lui fallait rien de plus pour mettre l’Olympia à genoux. En ce soir de juillet 2001, João Gilberto enchaîna pendant près de deux heures trente les classiques. Les siens et ceux des autres, qu’il habitait comme nul autre. Pas un bruit dans le temple parisien transformé en une cathédrale de silence, et puis tout d’un coup, tous debout, dans un tonnerre d’applaudissements pour celui qui imposait l’écoute. Deux ans plus tard, ce sera un tout autre tintamarre, le boucan d’intermittents pas contents, qui vint gâter un éphémère moment qui aurait dû suspendre définitivement le temps : l’une des plus belles voix du siècle, seule dans le théâtre antique de Vienne. Samedi soir, on a appris la mort de cette légende absolue de la musique brésilienne à 88 ans par un message posté sur Facebook par son fils Joao Marcelo.

Rumeurs et fantasmes
La «rareté» – dans tous les sens du terme – de ses apparitions était déjà légendaire à l’époque, et les admirateurs n’hésitaient pas à faire des milliers de kilomètres pour le voir. Combien ont rêvé le rencontrer, lui poser mille questions, juste le remercier pour tout, et même le reste. Un journaliste allemand Marc Fischer en fera même un livre : Ho ba là là, à la recherche de João Gilberto, une quête à la façon de Sisyphe. Las, João Gilberto s’en est allé, et ce peut-être depuis un bail déjà. Ne nous avait-il pas prévenus dès 1960, en égrenant avec délice les paroles de Doralice : «Je préfère vivre seul, au son des lamentations de ma guitare.» Le fantasque fantastique Brésilien vivait reclus dans son appartement de la zone sud de Rio, n’ouvrant sa porte que quand il était sûr de ne trouver personne de l’autre côté.

Ces dernières années, plombé par des dettes, dépossédé de ses droits, miné par des procès à rallonge, notamment celui qui l’opposait à la maison de disques EMI, depuis que celle-ci eut l’idée de publier en 1987 sous CD des versions «indigentes» de ses enregistrements historiques, acculé par des histoires de famille où il fut même placé sous curatelle par ses deux premiers enfants, l’homme avait «disparu». Au printemps 2015, une vidéo sur Youtube le montrant, affaibli, fredonner avec sa jeune fille Luiza ne fit qu’alimenter le bruit médiatique. Où était-il ? Que faisait-il ? Comment allait-il ? Il sera dès lors le sujet de bien des rumeurs et fantasmes, mais ce n’était pas vraiment là de l’inédit. Restait le musicien, dont des proches assuraient qu’il continuait de se pencher sur cette six-cordes, objet d’une analyse. La sienne. Nul besoin de témoin pour cela, devait estimer celui qu’il serait trop aisé de qualifier banalement de misanthrope.  


jazz - LE "JAZZ" ET MOI ÉMOIS 1233804-gilberto
En 1988. (AFP)

João Gilberto était aussi avare de ses paroles en public que le chanteur savait distiller comme peu sa science superlative du phrasé. La mémoire numérique, qui traque dans les moindres recoins, n’en a d’ailleurs que peu de traces : dans une brève interview datée de 1967, le Brésilien reçoit dans sa petite maison du New Jersey, beaucoup de questions, peu de mots en retour, avant de converser avec Bebel sa fille, tout bébé. Une vingtaine d’années plus tard, quand il se retrouve face au présentateur vedette Amaury Jr, João Gilberto préfère laisser répondre ses musiciens qui l’enlacent. Grand moment de vide médiatique, mais avec à la clef quelques indices sur les choix esthétiques du maître, quand celui-ci consent à égrener quelques noms de chanteurs qui comptent à ses oreilles : outre ses deux disciples, Caetano Veloso et Gilberto Gil, il cite le «merveilleux» Roberto Silva, Emilio Santiago, Beth Carvalho… Soit trois sambistes pur jus.


«La bossa nova je ne sais pas ce que c’est. Moi je joue de la samba», avait-il assuré en 1961 au moment de publier son troisième album, où se retrouve justement une version de Samba da Minha Terra, le classique de l’un de ses maîtres chanteurs, Dorival Caymmi. Cette terre, c’est celle où il est né le 10 juin 1931 à Juazeiro, dans l’état de Bahia, c’est-à-dire bien loin des plages de Rio où il ne débarquera qu’en 1950. À la maison, la musique a sa place, le père tâtant en amateur de l’ukulele et du saxophone. Quant au petit João, il aiguise ses talents précoces à la chorale. La légende prétend qu’à sept ans il aurait pointé une faute d’accords de l’organiste à l’église ! Sept ans plus tard, il met les doigts sur sa première guitare, et forme un groupe vocal : Enamorados do Ritmo. Texto : les amoureux du rythme. Le rythme, une notion bien particulière chez lui, sera la base de la divergence de son style. En attendant, après un passage à Salvador de Bahia, où João Gilberto commence sa carrière à la radio, il prend la direction de ce qui est encore la capitale du Brésil et surtout la voie royale pour faire carrière.

La matrice de la bossa nova
À Rio, il va apprendre le métier, enregistrant des 78-tours avec Os Garotos da Lua, un groupe vocal dont il se fait virer, puis grave une première session en 1952 pour le label de Copacabana : la samba mélo et le bon vieux boléro sont alors à leur apogée, et le jeune João teinte son vibrato de ce vernis langoureux. C’est un bide. Du coup, tout en fréquentant les oiseaux de nuit dont João Donato avec lequel il va partager l’incompréhension des tenants du bon goût, il vivote de petits boulots à la radio, au théâtre, pour des réclames… Rien de bien glorieux pour ce caractère ombrageux, soumis déjà à des hauts et débats. On prétend même qu’il passe ses journées en pyjama, embrumé à la marijuana - à l’époque, on le surnomme Zé Maconha !

Le premier tournant se situe en 1955, lors d’un séjour à Porto Alegre où il croise le compositeur et pianiste Armando Albuquerque qui lui donne l’assise théorique, notamment les questions d’harmonie qui lui faisaient défaut. L’autre révélation, il l’aura en retournant vivre chez ses parents. «C’est la terre première, un exemple», insistera des années plus tard João Gilberto de retour d’un périple mondial devant le public bahianais au moment d’interpréter une chanson signée d’un jeune homme alors plein d’avenir Gilberto Gil : Eu Vim Da Bahia (je viens de Bahia) magnifie en quelques vers ce berceau. Loin de Rio, il s’attelle enfin à trouver son style. Ce sera Bim Bom, considéré comme la chanson matrice de la bossa nova, qu’il aurait composée en écoutant marcher les lavandières. «Bim bom bim bim bom bom…», cette chanson de trois fois rien (trois lignes de texte) est avant tout une histoire de rythme, celui qui va imprimer le reste de sa carrière. Au début de 1957, João Gilberto s’en retourne à Rio de Janeiro, cette fois pour de bon.



Plus question de s’en tenir aux figures de style imposées, le Bahianais va dès lors avoir le mérite de concrétiser les désirs sous-jacents d’un mouvement en gestation, la bossa nova à laquelle il apporte deux petits plus, de vrais défauts d’autodidacte qui feront les qualités de cette «nouvelle vague». D’abord le grain de voix, le canto falado, le chant parlé, murmure couleur pastel qui détonne au milieu des chanteurs de charme, intimisme feutré loin de toute vanité virtuose ; ensuite la batida, ce délicat décalage entre-temps forts et temps faibles, cette pulsation inédite qui va bientôt faire chavirer le monde entier. Ce seront la marque de fabrique de João Gilberto, et à sa suite de toute la bossa nova, qui souffle un air d’ambiguë mélancolie.

Mélodie faussement nonchalante

Le 10 juillet 1958, João Gilberto enregistre Chega De Saudade, paroles de Vinicius de Moraes, musique d’Antonio Carlos Jobim. L’histoire majuscule retiendra cette date. Pour la petite histoire, le titre avait déjà été enregistré par Elizete Cardoso quelques mois plus tôt. João n’était alors qu’à la guitare, mais Jobim, pas sourd, insiste pour qu’on lui offre sa chance. Son timbre de velours fera toute la différence : une nuance d’une indicible élégance. Le 10 novembre de la même année, Jobim et Gilberto remettent ça avec Desafinado - «désaccordé» ! Une déclaration d’intention, puisqu’il y est question d’anti-musique, comme certains sambistes qualifient cette bossa qui utilise la quinte diminuée, à l’image du be bop quinze ans plus tôt à New York. A ceux-là, le chanteur surdoué susurre une réponse : «Les sentiments et la voix que Dieu m’a donnés.»



Cette mélodie faussement nonchalante et cette rythmique vraiment pas évidente vont illico séduire une nouvelle génération d’un Brésil en plein désir de changement, à l’image de Juscelinho Kubitschek, Président bâtisseur et lui-même amateur de cette espèce de samba qui lorgne du côté du jazz de la côte ouest. Entre 1959 et 1964, toute la planète découvre puis décline la petite nostalgie de l’incertain Bonheur de vivre. Cinq ans pendant lesquels, aidé du producteur Aloysio De Oliveira, entouré de Jobim et compagnie, João Gilberto pose en une poignée de sessions des jalons aussi insurmontables qu’indispensables. Chaque syllabe colle au plafond, la moindre inflexion met le frisson, il a tout pour plaire aux âmes sensibles aux cordes subtiles. Les jazzmen ne seront pas les derniers, en pâmoison devant un chanteur qui se hisse dans les mêmes hauteurs – profondeurs, aussi – que le roi Nat Cole.

En 1962, la première dame Jackie Kennedy organise une soirée bossa nova à la Maison-Blanche, en préfiguration du grand raout au Carnegie Hall prévu le 21 novembre. Tout le gotha bossa est là. Miles, Dizzy et bien d’autres ont fait le déplacement. Malgré une relative incompréhension de part et d’autre, certains Brésiliens décident de demeurer aux Etats-Unis. João Gilberto en profite pour rejoindre le label Verve, et enchaîner avec le saxophoniste Stan Getz et Jobim, lui aussi resté à New York. À la clef : c’est un succès insensé (87 semaines de suite dans les charts pop !) pour la fille d’Ipanema, Astrud Gilberto, chanteuse amateur au registre limité. Pour le single radio, la voix de l’esthète brésilien est coupée et le nom de Jobim figure en tout petit. Pourtant, ce Getz/Gilberto réalisé à la mi-mars 63 ne vaut pas un real sans eux. «L’amour est une chose bien triste quand il s’efface», prédit la chanson. Si João Gilberto glanera un Grammy, il perd dans cette histoire sa femme, qui part avec le saxophoniste. Las, il convole avec une autre chanteuse, Miucha, la sœur de Chico Buarque et future maman de Bebel.  



Et comme si ce contresens historique ne suffisait pas, l’année 1964 voit un coup d’État mettre fin aux illusions du novo Brésil. C’est le début d’un éloignement pour le chanteur, qui va même un temps s’installer à Mexico, où il enregistre une session au tournant des années 1970 : au menu une version irréelle du génial O Sapo de son ami João Donato. «Bolobolo bolobolo bolo, badabada…» Dès lors, l’inaccessible personnage se donnera très peu en spectacle, se fera de plus en plus discret en studio. Peu de disques certes, mais pas une trace de médiocrité dans ce parcours. À commencer par le monumental album à son nom qu’il enregistre à New York en 1973, une épure totale, à l’image de sa couverture immaculée. Cet autre album «blanc», tout juste teinté des percussions de Sonny Carr, raffine à l’extrême vieilles sambas et nouvelles chansons. Comment ne pas tout lui pardonner, à l’écoute de É Preciso Perdoar, où il assume : «Je voulais l’illusion, désormais la douleur est en moi…» Au bord du silence, le chanteur donne à la moindre onomatopée un sentiment de plénitude. Quatre ans plus tard, il se retrouve bardé d’un grand orchestre de cordes qui fera pousser des cris d’orfraie à ses fans. Et pourtant, porté par les arrangements impressionnistes de Claus Ogerman, il transporte la désuète ballade Estate dans le domaine de l’irrationnel. La grâce d’une voix qui fait tout chavirer, tous chialer. «Oh, Brésil magnifique et coloré / Tu es mon Brésil brésilien / Terre de la samba et du tambourin…»

En 1980, alors que le Bahianais décide de rentrer au Brésil et entame une décennie où il visitera enfin des capitales d’Europe qui l’attendent depuis des lustres (Rome, Lisbonne, Paris, Bruxelles…), il choisit d’enregistrer une version d’Aquarela do Brasil, cette fois avec les cordes de Johnny Mandel. Pour cette version – là encore définitive – de l’antique composition du pianiste Ary Barroso, véritable second hymne national, le maître est secondé par deux de ses fidèles : Gilberto Gil et Caetano Veloso. Pour avoir été de turbulents tropicalistes, ils n’ont jamais manqué de saluer qui de droit. Caetano dont le timbre de voix le fait tutoyer pareils sommets n’aurait peut-être pas eu la même vie sans la découverte de João Gilberto en 1959. «João Gilberto fut le rédempteur de la langue portugaise, pourfendeur de l’immobilité sociale au Brésil – avec sa stratification inhumaine et grossière –, architecte des formes les plus raffinées et critique moqueur de toute stylisation qui les abaisserait», confie-t-il dans son autobiographie, Pop tropicale et révolution.

«Une émeraude qui se réfléchit à la lumière»
Les voir sur scène à Buenos Aires en 2000, alors que le cadet vient de produire l’ultime sommet en studio de l’aîné (Voz e Violão), reste un de ces moments d’exception. Quant au futur ex ministre, il saluait encore en 2014 les sambas de l’autre Gilberto. La génération, qui suivit les premiers pas de la bossa, ne cacha jamais ses affinités pour cet homme hors-norme. Ainsi, les hippies de Novos Baianos auront trouvé leur voie grâce à lui, quand ils enregistreront un second opus figurant en haut de la pile de toute discothèque brésilienne. Notamment pour cette version d’une vieille samba, Brasil Pandeiro, que leur avait indiquée João Gilberto.



«Il y a un avant et un après João Gilberto. Tout ce qu’il chante est une émeraude qui se réfléchit à la lumière», résumera un soir Tom Zé, autre visionnaire qui partage avec le Bahianais le sens de la mesure démésuée et du déséquilibre naturel. «Il peut bien sonner même en lisant un journal», dit un jour l’exigeant Miles Davis. C’est sans doute là, encore plus que tout le reste, que résidait le miracle de João Gilberto. Jamais pris en défaut de bon goût, toujours prompt à sublimer une comptine de quelques vers, le chanteur aura redonné ses lettres de noblesse au mot «interprète». Combien de titres demeureront pour l’éternité associés au nom de ce créateur qui n’eut de cesse de creuser les mêmes sillons en quête de l’ultime perfection : O Pato, Falsa Baiana, ’Wonderful, Desde Que O Samba É Samba… Comme lorsqu’il fait sien à tout jamais en 1991, Que reste-t-il de nos amours, où il décale légèrement son chant irradiant des arrangements clair-obscur de Clare Fisher. C’était tout cela João Gilberto, le sentiment tenace d’avoir un soir été convié à l’Olympe, un souvenir d’une caresse qui nous poursuivra sans cesse.


JOÃO GILBERTO
LES SECRETS D'UN "VIRTUOSITÉ" AFROLOGIQUE*
« l’invention de la voix et de la guitare comme un seul instrument »
Patlotch a écrit:j'emprunte le terme d'afrologisme au musicien George Lewis, tel qu'exposé dans Jazz supreme de Raphaël Imbert, 2014/2018, chapitre 2. Afrologie vs Eurologie, p. 43, qui « balaye toute ambiguïté en dénonçant, des deux côtés, les perspectives essentialistes, racialiste ou nationaliste qui classeraient les musiques « noires » ou « blanches » selon l'appartenance ethnique. » Je reviendrai sur ce livre important pour l'histoire du jazz...

j'ai rendu compte ici de la disparition de João Gilberto, en précisant qu'il récusait le terme de bossa-nova, lui préférant samba. Il n'était ni un chanteur ni un guitariste de jazz, mais il était pour moi dans ses guillemets

sa mort entraîne forcément un déluge d'articles de presse, la plupart reprenant les dépêches d'agences, mais aussi des commentaires de "connaisseurs" comme il en existait déjà à propos de ce qu'est vraiment la bossa nova, son harmonie, son rythme, et partant la "virtuosité" guitaristique de João Gilberto. Tout dépend de ce qu'on entend par virtuose, mais s'il s'agit de prouesses techniques, de vélocité, non, le "père de la bossa nova" était tout sauf un virtuose, en comparaison d'autres guitaristes brésiliens à l'époque, ou latino (Atahualpa Yupanqui...), et dans le genre Laurindo Almeida ou Charlie Byrd sont incontestablement mieux armés (écouter Byrd et Getz sur Desafinado, enregistré en 1962, avant le disque avec Gilberto, où la bossa est déjà jazzifiée contre ses spécificités brésiliennes)

première parenthèse, on cite Henri Salvador comme une des inspirations de l'initiateur musical de la bossa nova, le compositeur Antonio Carlos "Tom" Jobim, car Gilberto ne compose pas, il interprète. Il s'agit de "Dans mon île", chanson composée en 1957 par Salvador et découverte par les musiciens brésiliens en 1958 dans le film italien "Nuits d'Europe". Henri Salvador déclarait avec fierté : "Sergio Mendes (musicien brésilien) m'a raconté que quand (le musicien brésilien Antonio Carlos) Jobim a vu ça, il s'est dit : 'C'est ça qu'il faut faire, ralentir le tempo de la samba et mettre des belles mélodies'". source



seconde parenthèse, on voit discuter l'influence de l'harmonie du jazz sur la bossa nova en sus de celle, chez Jobim, de Chopin, Ravel, Debussy, Villa Lobos... avec un argument curieux : il aurait introduit dans les accords des extensions de 11e et 13e alors que le jazz n'aurait utilisé que des 9e, ce qui est vrai du jazz d'avant 1940, mais certainement pas du be-bop dont c'est une caractéristique reprise par les guitaristes dès la fin des années 40. Il est plus vrai que Jobim utilise des substitutions par tritons de cadences en quartes, donnant un mouvement de basses chromatiques avec des pédales supérieures (One Note Samba...), chères à Chopin, qui donnent une couleur à la mélodie réduite à quelques notes


il est indiscutable que la bossa nova a une influence sur le jazz plus que l'inverse, et c'est le cas de toutes les musiques afro-cubaines, d'une part dès les origines à la Nouvelle-Orléans, d'autre part avec Dizzy Gillespie et Cuba, qui modernise ce qui n'est pas encore nommé la Salsa. Elle ne passe par par Gilberto, mais essentiellement par Jobim dont nombre de compositions deviennent des standards. Il n'est pas indifférent que cela commence avec Stan Getz, à qui critiques et amateurs ont beaucoup reproché les "facilités" de son disque avec Jobim et Gilberto. Mais c'était sans reconnaître que Getz est un mélodiste hors pair, ce dont témoignent ses improvisations détournées de la mélodie des thèmes de Jobim dans un parfait écho aux voix de João et Astrud Gilberto

le génie de Gilberto est de porter au sommet cet assemblage de textes et de musiques, dans l'esprit de la samba (ou du samba, le mot étant masculin en portugais), en adaptant à la guitare les particularités rythmiques du jeu des tambours et percussions d'origine africaine, dans lesquelles les notes et particulièrement les basses sont jouées en décalage avec le temps, avant ou après, sans que soit perturbé le tempo. Disons que c'est le filon noir de sa musique dû à ses origines du Nordeste, ou la samba trouve principalement ses racines dans les traditions africaines restées vivaces par-delà les temps d'esclavage

l’invention de la voix et de la guitare comme un seul instrument
il est frappant par ailleurs que Gilberto joue et chante toujours en même temps, il n'y a jamais un solo, jamais une phrase mélodique en notes simples, mais toujours comme note supérieure des accords, les dissonances étant le plus souvent dans les notes intérieures et donc moins agressives pour une oreille récalcitrante, ce qui fait le charme subtilement désaccordé (Desafinado) de sa musique, dont la mélodie reste simple et chantante : l'audace harmonique à la portée d'oreilles populaires. Le décalage propre à ce qui est joué à la guitare, qui n'est pas seulement un accompagnement comme généralement chez un chanteur-guitariste (Brassens...), est redoublé par le placement de la voix et la grande attention à ce qu'elles soient au même niveau de volume, car Gilberto était un maniaque du son et de l'enregistrement (lire ce témoignage d'un ingénieur du son)

en résumé, objectivement, ce que fait Gilberto à la guitare est relativement facile du point de vue technique, mais sa mise en place rythmique voix et guitare est infernale, et sur les tempos les plus lents, les plus difficiles



depuis l'arrivée des mélanges afro-cubains et jazz, donc de deux façons différentes de penser le tempo (temps régulier ou clave), de grands progrès ont été faits, mais culturellement c'est une gageure. Dans mon premier trio avec un saxophoniste (de jazz) et un percussionniste colombien, nous avions toujours un problème, lui dans les rythmes "ternaires" du jazz, nous dans le "binaire" de l'afro-latin, culture qui est indéniablement celle de João Gilberto


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