SÈVES
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée

Mots-clés

Marx  macron  

Derniers sujets
» avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale
Aujourd'hui à 0:07 par Patlotch

» le vrai du faux
Hier à 21:06 par Patlotch

» MÉSAVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE
Hier à 20:25 par Patlotch

» RUPTURE EN COURS DANS LA CRITIQUE
Mar 11 Déc - 23:03 par Patlotch

» THE HIGHLIGHTS OF MACRON
Mar 11 Déc - 15:19 par Patlotch

» LUTTES ANTIRACISTES
Mar 11 Déc - 14:39 par Patlotch

» METS TA THÉORIE
Mar 11 Déc - 13:59 par Patlotch

» les choses, non les mots
Lun 10 Déc - 3:54 par Patlotch

» MOTS LESTÉS
Dim 9 Déc - 20:39 par Patlotch

Décembre 2018
LunMarMerJeuVenSamDim
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Calendrier Calendrier


FROM JAPAN

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

FROM JAPAN

Message par Patlotch le Lun 15 Oct - 10:01

le Japon est, après la France, le pays que je connais le mieux, celui où je me suis rendu le plus souvent, en famille. C'est aussi celui dont j'ai lu le plus d'écrivains, et la langue que j'entends le plus parler, chaque jour, bien que je ne la comprenne que très peu. C'est pour moi le pays d'une rassurante étrangeté autant qu'une inquiétante proximité

pourquoi ce titre en anglais ? sans doute pour insister sur le fait que le Japon est le plus occidental des pays d'Asie, des pays "non-blancs"...

Question

« Invasion », Jeanne d’Arc au pays des Nippons
Jacques Déniel Causeur 14 octobre 2018


Kaho Sometani dans "Invasion" de Kiyoshi Kurosawa (2018) ©️Art House Film

Un superbe film de Kiyoshi Kurosawa sur la résistance à la perte des valeurs

Kiyoshi Kurosawa né au Japon en 1955 est un cinéaste contemporain majeur. Il développe depuis le début des années 1980 au gré de ses films et téléfilms à l’étrange et fascinante beauté (Vaine Illusion, Seance, Kairo, Loft, Shokuzai, Real., Vers l’autre rive…) l’art de la maîtrise d’un cinéma fantastique cérébral et métaphysique lié à des expériences narratives et sensorielles d’une grande force formelle et plastique.

La fin est proche

Invasion, l’un des plus beaux films de son auteur, est le remake par Kiyoshi Kurosawa de son long métrage précédent Avant que nous disparaissions. Tous deux sont adaptés de la pièce de théâtre du même de Tomohiro Maekawa. Les scénarios sont identiques : préparant une invasion de la planète Terre, des « extraterrestres » se font passer pour des êtres humains afin de mieux comprendre cette espèce qu’ils ne connaissent pas.



Reprenant à son compte les principes des films, téléfilms et séries de science-fiction et d’anticipation des années 1950 et 1960, consistant à rendre quasi imperceptible le remplacement des humains par une autre espèce, Kiyoshi Kurosawa s’intéresse plus dans sa dernière œuvre à la catastrophe en devenir, à la fin de l’humanité quasi-certaine et aux raisons qui l’ont menée à cette disparition inéluctable, qu’à l’effroi qu’elle peut provoquer sur les êtres humains. La différence est dans le traitement et la mise en scène des deux films. Alors que dans Avant que nous disparaissions, le cinéaste travaillait sur la forme et le suspense que permet le genre, flirtant avec les codes du blockbuster, avec Invasion, superbe film épuré, tendu, noir, il s’attache à restituer la peur de voir la disparition prochaine de l’humanité.

Nous sommes nos envahisseurs

Le film est centré autour du couple formé par Etsuko, ouvrière dans l’industrie textile, et de son mari Tetsuo, aide-soignant à l’hôpital de la ville. Etsuko commence à s’apercevoir qu’autour d’elle, le quotidien déraille : son mari semble de plus en plus absent et nerveux, sa collègue de travail égarée ne reconnaît plus ses proches, son chef devient étrange et maladroit… Tout a commencé par ces légers malaises ressentis qui semblent coïncider avec l’arrivée à l’hôpital d’un élégant nouveau chirurgien, le docteur Shiro Makabe…



Tenu par une mise en scène rigoureuse, des cadrages acérés, une grande beauté plastique, un jeu d’acteurs sobre et très émouvant, le film mêle avec une intelligence rare les scènes intimistes sur un couple menacé par le délitement et des scènes de catastrophe minimalistes montrant le monde menacé de disparition, ou plus surement d’invasion. Ce n’est pas un hasard si les extraterrestres volent en premier lieu, par une brève imposition du doigt sur le front aux humains, le sens de la famille, celui du travail, de la fierté, la force de la vie, le sentiment de peur. Tous, effarés, perdus dans un monde sans amour où les valeurs volées disparaissent, ils tombent en catalepsie. Seule, Etsuko, sorte de Jeanne d’Arc moderne, résiste par la force de son amour pour son mari et sa compassion pour les êtres humains. Dans une scène magnifique se déroulant dans l’appartement du jeune couple, elle serre son compagnon dans ses bras et lui dit qu’elle le protégera envers et contre tout. Kurosawa reprend un thème crucial dans son cinéma – comme dans Real et Vers l’autre rive – celui de la force et l’invincibilité de l’amour vrai face à tous les dangers et menaces intérieures ou extérieures. Sentiment qu’il développe à son paroxysme tant l’amour d’Etsuko est à la fois simple et ample. Etsuko est un être exceptionnel, quasi seul, un roc qui possède la force des humbles et la fiabilité de ceux qui croient toujours à la vérité de l’Amour dans un monde dominé par la perte des sens et des valeurs.

Cette planète désincarnée dont nous parle Kiyoshi Kurosawa est la nôtre, celle de l’ère de la sur-communication et de nos échecs philosophiques et politiques à concevoir un monde humaniste. Face à la perte des sens (des concepts), la grandeur de l’amour de la jeune Etsuko pour son compagnon laisse peut-être une lueur d’espoir devant l’invasion à venir. L’amour ne passera jamais. Il est plus fort que la mort.




Patlotch
Admin

Messages : 310
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: FROM JAPAN

Message par Patlotch le Mer 24 Oct - 14:03

en direct, ou plus tard en podcast

Japon, les métamorphoses d'un empire (3/4)
Les renaissances du capitalisme japonais

France Culture 24 octobre 2018

Comment le Japon s'est-il relevé de l'après-guerre et est passé, en un demi-siècle, d'un pays défait à un 'miracle économique' ? Des réformes à marche forcée jusqu'aux actuels défis de la croissance face aux abenomics, retour sur les remous économiques qui ont marqué le Japon contemporain.


demain

Japon, les métamorphoses d'un empire (4/4)
Le Japon au travail

Peut-on encore parler, au travail, d’un modèle japonais ? Emploi à vie et salaire à l’ancienneté constituent traditionnellement les "trésors sacrés" de l’entreprise nippone, mais la diversité des situations semble aujourd’hui suggérer une certaine normalisation dans la gestion des travailleurs…




Patlotch
Admin

Messages : 310
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: FROM JAPAN

Message par Patlotch le Sam 27 Oct - 12:30

les Japonais.e.s sont célèbres de par le monde pour leur capacité à intégrer les apports étrangers tout en restant eux-mêmes, une qualité qu'a néanmoins bousculé le capitalisme américain, entré en 1853 à coup de canonnière mais sans grande résistance au pays du soleil levant, parce qu'il y était attendu par les tenants de la modernité contre le féodalisme de l'époque Edo* (1603-1868)

voir les Ères du Japon

c'est à tel point qu'on peut se demander Les Japonais sont-ils des Occidentaux ? (Sociologie d'une acculturation volontaire, Toshiaki Kozakai, L'Harmattan, 2000)

de même avec et après "Hiroshisma" en 1945, les Japonais font bon ménage avec les Américains

corollaire heureux, ils (et elles...) sont devenus parmi les meilleurs musiciens de jazz au monde, la preuve par Akiyoshi Toshiko, Watanabe Sadao... (voir Jazz Japon Patlotch)

revers de la médaille, l'imitation, si elle peut dépasser son modèle, ne le fera jamais que sur le terrain de la virtuosité pure, parfois précoce. L'obsession de la qualité qui est celle des capitalistes japonais autant que de leurs salariés, transposées dans le domaine de l'art, s'accompagne inévitablement d'un manque sinon à jouir, du moins d'un manque d'âme. C'est ce qu'on peut constater avec la dernière coqueluche de la batterie, qui s'est fait connaître à 16 ans comme une des plus grandes virtuoses techniques de la batterie, au point de siéger dans les jury internationaux


même chez les meilleurs drummeurs, le solo de batterie a toujours un côté spectaculaire, car c'est le plus visuel des instruments, mais pour cette raison même, il est périlleux pour une démonstration de musicalité

regarder sa leçon de pied : How To Play With More Power On The Drums (FEET EDITION), aide à entendre les sons de grosse caisse, la partie de la batterie que le public ne voit pas

cela ne veut pas dire qu'elle ne produise pas, parfois, de la musique, comme ici dans le groupe Triangle, en compagnie du claviériste et compositeur français Philippe Saisse et du bassiste camerounais Armand Sabal-Lecco, des pointures s'il en est. Le premier fut compositeur et arrangeur de Claude Nougaro pour l'album Nougayork en 1987, le second accompagnateur de Paul Simon, des frères Brecker, Herbie Hancock, Manu Dibango, Sting,  Ray Charles... qui ne s'entour(ai)ent pas de manches


c'est tout de même mieux que son trio féminin en 2013 (elle a 16 ans) sur un thème dont il est à craindre que l'amoureux ne revienne jamais, devant la froide virtuosité de la saxophoniste et de la pianiste. Même en "binaire", on devrait pouvoir swinguer, mais...


en 1962 à 17 ans, Tony Williams, futur "batteur de Miles Davis", enregistre avec le saxophoniste Jacky McLean. Son style est déjà mûr, à l'époque on ne tournait pas pour les marques de drums et cymbales, on faisait de la musique sur le tas. Du quintet c'est peut-être Herbie Hancock, qui a 22 ans, le plus audacieux (solo à partir de 4:27). Pousser un peu le volume pour mieux entendre la batterie


on peut voir et attendre Tony Williams, cette année-là, dans le film The Connection

bon, allez, retour au Japon mythique. À nous les petites Japonaises




Patlotch
Admin

Messages : 310
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: FROM JAPAN

Message par Patlotch le Dim 25 Nov - 20:42


je vous avais bien dit que les Japonais.e.s ne faisait rien comme tout le monde, et c'est pas nouveau !

Jōmon : aux origines de la société japonaise
France Culture, Carbone 14, le magazine de l'archéologie, 29mn, 25/11/2018

Société préhistorique japonaise perdurant quelques dix millénaires, la culture Jōmon constitue un cas très particulier pour les archéologues, puisqu’elle semble avoir « tracé son propre chemin, au rebours de toute autre civilisation, notamment occidentale » (le croissant fertile).


Poterie en forme de flamme - Trésor national Jômon moyen (-3000 – -2000)
Site de Sasayama, Tôkamachi, département de Niigata - Terre cuite
Crédits : ©️ Tokamachi City, Niigata


Cette société versée dans la prédation développe fort tôt une étonnante production céramique. Parallèlement, ces chasseurs-collecteurs se sédentarisent mais ne feront jamais le choix de devenir une société de production au travers de l’agriculture : nous voici donc devant une entité « néolithique non-agraire »



Figurine à « lunettes de neige » - bien culturel important Jômon final (-1000 – -400)
Kizukuri Kamegaoka, Tsugaru, département d’Aomori - Terre cuite
Crédits : ©️ Musée national de Tokyo


Figurine de sanglier - bien culturel important Jômon récent (-2000 – -1000)
Site de Tokoshinai n° 2, Hirosaki, département d’Aomori - Terre cuite
Crédits : ©️ Hirosaki City Museum, Aomori

Inventeur du laque vers 7000 avant notre ère, le Jōmon crée, au travers de la céramique, une des formes les plus audacieuses jamais confectionnées par des sociétés traditionnelles de par le monde. Ainsi, les 18.000 dogus, actuellement mises au jour, sont d’étranges figurines, dont la plus célèbre provient du site de Tanabatake, près de Nagano. Un art ancien, qui toutefois n’est probablement pas à l’origine de l’art japonais…


Figurine dite « Vénus Jômon » - Trésor national Jômon moyen (-3000 – -2000)  
Site de Tanabatake, Chino, département de Nagano - Terre cuite
Crédits : ©️ Chino City, Nagano

>>> Site de la maison de la culture du Japon


Patlotch
Admin

Messages : 310
Date d'inscription : 01/10/2018
Age : 67
Localisation : FoSoBo

Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.forumactif.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: FROM JAPAN

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut

- Sujets similaires

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum