SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

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mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 17 Oct - 16:05

lu dans une présentation de

Classe et espèce humaine


2016

Flore d’Ambrosio-Boudet, dans « Classe et espèce humaine : pour une contribution à la critique du capitalisme » entend proposer une acception de l’idée « d’espèce humaine » qui puisse être un prolongement de la pensée marxiste, et qui offrirait une critique renouvelée du capitalisme. Le capitalisme, en tant qu’il clive et divise les sociétés en classe ainsi qu’en tant qu’il fonde l’accumulation de la plus-value sur l’exploitation illimitée des ressources naturelles, peut en effet se trouver dépassé dans ces deux dimensions par le concept d’espèce humaine. L’exploitation capitaliste, malmenant à la fois l’environnement et la force vitale individuelle des exploités, pourrait donc être dépassée par une critique écologiste qui ferait de « l’espèce humaine » à la fois le moyen de dépasser le monde des classes et d’émanciper les classes aliénées. Ce concept fournit alors un outil qui, loin d’être abstrait, replonge l’humanité dans son ancrage naturel et historique, en tant que vivant dans l’interdépendance avec son milieu.
dès 2006, je refusais l'opposition entre révolution à titre prolétarien de Théorie Communiste, et révolution à titre humain de Temps Critiques, leur reprochant entre autre leur anthropocentrisme commun

pour le premier, envisager que la révolution ne soit pas le fait du prolétariat revenait à la concevoir comme extérieure à l'implication réciproque capital-prolétariat, ce qui même d'un point de vue marxien relève d'un réductionnisme, si l'on comprend avec Bertell Ollman que le capital n'est chez Marx que le troisième des "niveaux de généralité". Envisager le dépassement du capitalisme autrement que par la stricte lutte de classe (ouvrière) n'a rien d'une extériorité. Nous y reviendrons avec le futur sujet JACQUES CAMATTE ET NOUS

il est toutefois difficile d'admettre que « L’exploitation capitaliste, malmenant à la fois l’environnement et la force vitale individuelle des exploités, pourrait donc être dépassée par une critique écologiste qui ferait de « l’espèce humaine » à la fois le moyen de dépasser le monde des classes et d’émanciper les classes aliénées. »

d'abord, une telle critique, par son objet, l'espèce humaine, n'aurait d'écologique que le nom. En d'autres termes, une critique écologique centrée sur l'espèce humaine est un oxymore. Ensuite le terme d'écologie est trop galvaudé, et rapporté aux luttes des écologistes, pour recouvrir ce qu'il nomme en fait, une science étudiant les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux. Autrement dit, il s'agit toujours de rapports en mouvements dans l'espace et le temps. Le capitalisme lui-même évolue dans des déterminations qui le dépassent, mais il n'est pas étonnant qu'elles dépassent les marxistes qui prétendent au tout de la critique du capital par la lutte des classes, a fortiori à une époque où seule la grande bourgeoisie est constituée en classe

je soutiens, avec ce nouveau forum, que nous sommes entrés dans un nouveau paradigme du dépassement du capitalisme, et que les luttes qui en rendent compte aujourd'hui ne sont pas des luttes prolétariennes, sauf chez les paysans contre l'extractivisme

et tant pis pour qui comprendrait que je pense à une révolution à titre animal


18 octobre

le règne de la confusion théorique

commentaire dessous

Classes sociales : un concept en voie de disparition
Chloé Leprince France Culture 17/10/2018

Depuis 1984, les ouvrages contenant les termes "classes sociales" ou "classes populaires" sont de moins en moins nombreux au catalogue de la Bibliothèque Nationale. Derrière le mot, c'est un outil pour penser les inégalités qui s'efface.


"La lutte des classes"• Crédits : JVarlin via Wikicommons

Alors que le Conseil supérieur des programmes se réunit depuis le 11 octobre pour discuter et voter les programmes destinés aux classes de seconde et de première au lycée, plusieurs associations de profs ou d’enseignants-chercheurs sonnent l’alerte. L’ASES (association des sociologues du supérieur) comme l'APSES (association des professeurs de sciences économiques et sociales) dénoncent ainsi “la disparition programmée des classes sociales, des professions et catégories socio-professionnelles (anciennes CSP)”. Comprenez : leur disparition comme notions étudiées à l’école et donc comme outils pour “décrypter et comprendre les sociétés dans lesquelles nous vivons”.

Les programmes officiels doivent être votés d’ici le 2 novembre, date à laquelle on saura si les jours des classes sociales sont comptés pour de bon. Mais en réalité, leur disparition prolongerait un effacement déjà largement amorcé depuis plusieurs décennies en France.

Est-on toujours renvoyé à sa classe d'origine ?

Cet effacement est le fruit d’un changement de paradigme. Et, dans le champ des sciences sociales, d’une bataille qui n’est pas seulement lexicale mais aussi épistémologique, et politique. Car ceux qui font la moue face à une lecture du monde social au prisme des "classes" dénoncent bien souvent, derrière les termes "classes sociales", l’ombre de deux empereurs cachés : Pierre Bourdieu, depuis 50 ans, mais, avant lui, Karl Marx.

Aucun des deux n’a pourtant la paternité des termes “classes sociales”, dont l'usage est antérieur à Marx : François Guizot, Augustin Thierry ou encore Adolphe Thiers, tous historiens au début du XIXe siècle, s’étaient saisis avant Marx de la notion de “classe”. Guizot par exemple, voyait déjà en 1828 dans la Révolution française une lutte des classes.

Chez Marx, entre 3 et 7 classes

Karl Marx se révélera toutefois prépondérant pour théoriser la lutte des classes et reprendra à son compte la notion de classes sociales, pensées comme des groupes sociaux pris dans la hiérarchie sociale. Il s’en saisira pour réfléchir la société industrielle à l’heure du capitalisme, opposant tout particulièrement deux classes : le prolétariat d'une part, et la bourgeoisie capitaliste d'autre part.

Au cœur de l’approche de Marx, l’idée qu’il existe dans une société capitaliste une classe qui vit du travail d’une autre classe - même si le nombre de classes sociales se révélera finalement varier dans ses écrits, passant parfois de trois à sept (par exemple selon qu'il distingue "prolétariat" et "sous-prolétariat").

Après Marx, partis et organisations politiques à gauche penseront les rapports de forces politiques depuis cette lutte des classes. En 1900, lorsqu’il rédige Les Deux méthodes, Jean Jaurès s’inscrit par exemple pleinement dans son sillage et écrit : “Entre les deux classes, entre les deux groupes d'intérêts, c'est une lutte incessante du salarié qui veut élever son salaire, et du capitaliste qui veut le réduire ; du salarié qui veut affirmer sa liberté, et du capitaliste qui veut le tenir dans la dépendance.”

Dans le champ académique en Europe, les classes sociales demeureront une clé de lecture fondamentale jusque dans les années 70, même si certaines approches chercheront à nuancer le motif de Marx : début XXe par exemple, Max Weber introduira l’idée que la société est stratifiée au-delà des appartenances économiques et de la façon dont l’individu peut s’insérer dans le processus de production. Maurice Halbwachs, un des pères fondateurs de la sociologie en France (mort en 1945), partira quant à lui de Marx pour envisager la stratification sociale aussi depuis la manière dont chacun peut percevoir comment il se situe dans la société. Halbwachs, qui échafaude l'idée d'une identité sociale de classe, publiera par exemple Esquisse d’une psychologie des classes sociales (en 1938).

Ainsi, même une fois raffinées ou repensées, les classes sociales auront la vie longue, des travaux sociologiques les plus théoriques jusqu’aux programmes d’initiation aux sciences économiques et sociales en seconde au lycée. S'il s'éloignera en partie de Marx en se distanciant d'une analyse trop intellectualiste et finalement abstraite de la grille de lecture par classes, Pierre Bourdieu revitalisera à son tour la pensée en termes de classes. Sa théorie de la domination oppose plus volontiers “dominants” et “dominés” que "prolétaires" et "bourgeois détenteurs des moyens de production". Chez Bourdieu, il est certes question de capital économique (un revenu, mais aussi un patrimoine), mais aussi de modes de vie, d’inclinations, de loisirs, et finalement de tout un tas de choix ou d'actes que l’individu pose depuis là où il se trouve dans la société. Des choix ou des actes situés socialement, depuis la classe ou l'espace social auxquels il appartient.

S'il raffine la notion de "classes" de Marx, chez Bourdieu, les rapports de classes permettent bien de regarder et de comprendre les inégalités. Ce sera le cas dès 1964 avec la parution avec Jean-Claude Passeron de Les Héritiers pour penser les inégalités scolaires, en soulignant par exemple combien l'institution scolaire légitime une certaine culture qui est le propre d'une certaine classe : cette culture, écrivent Bourdieu et Passeron, "présuppose implicitement un corps de savoirs, savoir-faire et surtout de savoir-dire qui constitue le patrimoine des classes cultivées". Les Héritiers, publié alors que Bourdieu n'a que 34 ans, s'imposera très vite comme un classique de la sociologie des inégalités et des classes sociales.

Le 26 septembre 1977, Pierre Bourdieu répondait aux auditeurs de France Culture sur les inégalités en matière d'éducation et disait notamment ceci : « La sociologie ne conduit pas au fatalisme du tout, elle donne des armes pour une action rationnelle sur le monde social, [...] elle donne plus de chances d'agir avec une prévision raisonnable des conséquences de ce qu'on fait... et avec moins de chances, par conséquent, d'être récupéré par le système. »

Partis et travaux académiques "social blind"

Statistiquement, ces inégalités sont toujours valables cinquante ans plus tard. Pourtant, depuis plus de dix ans déjà, plusieurs sociologues ont mis en garde contre l’effacement progressif de la notion de "classes sociales". L'âge d'or des années 70 est révolu, et la société se lit de moins en moins au prisme d'une lecture de classe.

Dans le discours politique, c’est flagrant - à commencer par le Parti socialiste qui, dès les années Mitterrand, avait cessé de mobiliser le vocabulaire de classes. Dans le champ académique, ce floutage sera d'abord passé un peu inaperçu. Mais en 2008, dix ans déjà avant que les associations d’enseignants en sciences économiques et sociales ne brocardent les nouveaux programmes au lycée, Alexis Spire et Emmanuel Pierru soulignaient ceci dans un article intitulé Le Crépuscule des catégories socio-professionnelles (publié dans La Revue Française de Science Politique) : « Depuis le milieu des années 1980, le langage des classes a très nettement reflué dans les productions scientifiques, et plus particulièrement sociologiques parallèlement, la plupart des acteurs politiques (à l’exception d’une extrême-gauche toujours minoritaire) ont également abandonné toute référence au thème des classes sociales. L’avènement de cette vision “social blind” (indifférente au social), qui consiste à dé-faire les représentations “collectives” fondées sur le critère de l’appartenance socioprofessionnelle, conforte en retour les agents du système statistique dans leur propre conversion et contribue à rendre de moins en moins visibles les processus de domination tels que les statisticiens pouvaient les faire apparaître lorsqu’ils en avaient encore l’ambition. »

Les deux auteurs étayent leur regard de données chiffrées et datent précisément à 1984 le recul (ils disent “déclin très net”) des termes “classe sociale” ou “classe ouvrière” dans la totalité des ouvrages référencés dans le catalogue de la Bibliothèque nationale.

Pierru et Spire ne seront pas les seuls à pointer les enjeux d'un effacement de la lecture de la société au prisme des classes sociales. Dans l’article De "l’homme de marbre" au "beauf", sous-titré, les sociologues et "la cause des classes populaires", Gérard Mauger montrait en 2013 combien les travaux des sociologues en France avaient pu glisser d’une vision positive (voire idéalisée) des "classes populaires", dans le sillage d’une forme d’ouvriérisme plutôt enchanteur, à une lecture beaucoup plus négative. Par exemple lorsqu’il s’agissait de regarder les choix politiques d’une classe populaire qui se serait mise à voter Front national : « L’intérêt des sociologues pour les classes populaires, qu’ils en soient proches ou éloignés, dépend aussi de la place qu’elles occupent dans la hiérarchie sociale des objets de recherche et, en définitive, de la valeur accordée à "la cause des classes populaires" dans le champ politique. Schématiquement, l’histoire contemporaine des fluctuations du cours de "la cause" des classes populaires dans le champ politique et, de ce fait, dans celui de la sociologie, est celle du renversement d’”un populaire positif” (celui de “l’enchantement ouvriériste”) à “un populaire négatif” (supposé particulièrement réceptif aux sirènes du Front national), de la célébration de “l’homme de marbre” à la stigmatisation du “beauf” : inversion de signe corollaire de la disqualification brutale du marxisme au cours des années 1970.»

Le regard de classes, comme des lunettes abandonnées


Cinq ans plus tard, c’est carrément la notion de classe elle-même, à commencer par les classes populaires, qui disparaît dans l'espace public. Comme des lunettes qu'on ne chausserait plus pour penser le monde social. L’individu n’apparaît plus aussi déterminé par son appartenance à un groupe, et, lorsqu’elles sont regardées ou pensées, les inégalités sont davantage vues comme le fruit de trajectoires individuelles. Qui, au mieux, laisseraient la main au mérite personnel. Et, au pire, feraient son malheur.

Alors que ce paradigme des classes s'efface, trois sociologues (Cédric Hugrée, Etienne Penissat et Alexis Spire) répliquaient en publiant fin 2017, chez Agone, Les Classes sociales en Europe - Tableau des nouvelles inégalités sur le vieux continent, pour justement tenter de réactiver la notion de classe et penser l'Europe en termes de classes sociales. Et montrer que "la position de classe reste un outil pertinent pour penser et décrire les inégalités et les frontières sociales à l'échelle internationale". Leur ouvrage est en partie technique puisque les auteurs cherchent à dépasser les clichés sur les différences nationales en fondant une répartition par classes opérationnelle à l'échelle de tout le continent. Mais il est aussi une réponse politique à l'effacement d'une notion qui peine à survivre après le crépuscule du marxisme. Ils concluent ainsi : « Trente ans après la chute du Mur de Berlin, rares sont les pays européens où les classes sociales sont au centre des débats publics et politiques. Pourtant, la position de classe demeure incontournable pour comprendre les inégalités en matière d'emploi, de conditions de travail, de ressources économiques, de pratiques culturelles ou encore de consommation et d'accès aux soins. [...] Au-delà des débats stratégiques sur le positionnement vis-à-vis de l'Union européenne, il paraît indispensable de nommer et de faire exister, à défaut d'une classe en acte, une représentation en acte des classes. Ce n'est sans doute que la première étape d'un long processus de (re)construction d'une gauche syndicale et politique capable de se déployer à la même échelle que celle des firmes capitalistes, c'est-à-dire au niveau européen. »

aucune sociologie ne peut rendre compte de la lutte des classes dont relève chez Marx le concept de classe. Toute sa conception du prolétariat comme classe révolutionnaire hérite de celle de la constitution en classe de la bourgeoisie notamment dans la Révolution française*, et ce n'est pas pour lui un problème de composition, ou de description comme ci-dessus en termes d'inégalités, mais comme on le sait de place dans les rapports de production. Cette question est aujourd'hui insoluble en raison même de la domination réelle du capital qui dilue le rapport d'exploitation bien au-delà de la seule "classe ouvrière, classe productrice de plus-value"

* ce qui est logique puisqu'il pose le problème de la révolution communiste comme prise du pouvoir économique et politique par le prolétariat, définissant ainsi le programmatisme ouvrier. Mais ce concept de révolution devient caduque dès lors qu'il s'agirait pour le prolétariat de s'auto-abolir en abolissant les classes, thèse de la communisation mondiale immédiate

les marxistes d'aujourd'hui ne savent même plus poser le problème de la constitution en classe du prolétariat par des luttes où il remettrait en cause le capitalisme, et pour cause : ces luttes n'existent pas*. Elles n'existent plus précisément depuis l'effondrement du mouvement ouvrier et de ses organisations dans la restructuration mondiale du capitalisme à partir des années 70, et si le concept de classe disparaît depuis dans les idées et donc les livres, c'est sur la base de cette réalité des rapports sociaux de luttes, non par le glissement idéologique dont se lamente l'émission ci-dessus. On peut effectivement faire une partition en classes sur ce critère, grosso-modo entres pauvres et riches, et faire des luttes contre les inégalités des luttes de classe revendicatives, mais on n'atteint alors pas au Marx distinguant classe en soi et classe pour soi : cette émission ne pose pas même la question du passage de l'une à l'autre

* n'en déplaise au camarade chinois de dndf (ici) affirmant que « Toute lutte, aussi limitée qu’elle puisse être, contient en elle quelques éléments fondamentaux de la révolution », ce qui est d'ailleurs totalement contradictoire avec les thèses de Théorie Communiste et sa "théorie de l'écart"

le comble de l'idéologie classiste de la révolution à venir est atteint par la revue Théorie Communiste dans son numéro 26, avec "le kaléidoscope du prolétariat", qui fait mine d'avoir sous les yeux un objet déjà constitué comme sujet en devenir potentiel quand il aura dépassé ses "fragmentations", ou par Bruno Astarian, autre théoricien de la communisation, construisant la classe moyenne salariée (CMS) comme contre-révolutionnaire sans montrer un instant en quoi le prolétariat pourrait devenir révolutionnaire : la théorie de la communisation étant vide de fondement social actuel, elle fait du remplissage à côté de sa propre problématique

cette émission noie le poisson dans les eaux de la sociologie, et les marxistes n'ont plus qu'un poisson rouge dans leur bocal

en relation, LE CONCEPT DE RÉVOLUTION : la révolution à venir étant présupposée sans être démontrée, toute la théorie révolutionnaire devient tautologique. C'est le prolongement du syllogisme marxien du prolétariat démonté par Christian Charrier dans ses écrits réédités


en librairie le 25 octobre 2018



Dernière édition par Patlotch le Ven 15 Mar - 3:40, édité 7 fois

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Dim 4 Nov - 21:36

il y a longtemps que je n'ai pas écrit de vraies vacheries, ça me manquait

extrait de FAQ…, DDT21
Tristan Leoni a écrit:Que veut dire DDT21 ?

Ce n’est pas très compliqué puisque « c’est écrit dessus, comme le Port-Salut ». DDT c’est « Douter De Tout » ; 21 pour le XXIe siècle. Cela donne quelque chose comme « Douter de tout au XXIe siècle… pour tenir l’essentiel ». C’est une référence à de omnibus dubitandum (doute de tout), la formule préférée de Marx (voir La Confession de Karl Marx) .

Et « l’essentiel » à tenir, qu’est-ce donc ?

Dans notre « essentiel » il y a évidemment l’antagonisme capital/travail qui structure le monde, en particulier comme moteur de l’histoire et, dans ce cadre, la centralité du prolétariat, également dans le déclenchement d’un processus révolutionnaire. Croire à cette centralité ce n’est pourtant pas croire que tout le reste est « secondaire ».
en gras ce qui motive la présence ici de DDT21 (Gilles Dauvé, Tristan Leoni...), à quoi j'ajouterais la liste des conseils de lectures, pour ce qu'elle témoigne de l'actualité de leurs références, un peu comme leurs photos


sur l'ancien forum, un sujet était intitulé trop loin, ou trop vieux ?, allusion au groupe de Dauvé et Nesic troploin

Et pourquoi cette maxime qui figure en exergue de votre blog ? « Chaque fois qu’à la place de prolétariat, je lis « peuple », je me demande quel mauvais coup on prépare contre le prolétariat ».

Nous avons trouvé cette citation dans un vieux carnet, notée comme attribuée à Marx mais nous ne retrouvons pas la source originelle (issue de ses correspondances ? Quelle traduction ?) Si quelqu’un peut nous aider…
je ne peux pas les aider, mais je me suis posé la question de la source, et d'une attribution à Marx par des JC (~PCF) de Paris-Sud, que je trouve improbable car anachronique, les acceptions de "peuple" dans son œuvre n'ayant pas ce sens-là, opposé à prolétariat, comme le dit Isabelle Garo dans Le peuple chez Marx, entre prolétariat et nation, 16 juin 2016
dès l’Introduction de la contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, rédigée à partir de la fin 1843, Marx développe sa thèse concernant le rôle historique du prolétariat moderne, et plus particulièrement du prolétariat allemand. Or, loin de proposer de substituer le prolétariat au peuple, on y rencontre précisément la mise en relation dialectique des notions de prolétariat et de peuple. D’une part, Marx distingue deux histoires nationales et deux scénarios d’émancipation : « nous avons en effet partagé les restaurations des peuples modernes (die modernen Völker) sans partager leurs révolutions. Nous avons connu des restaurations, premièrement parce que d’autres peuples ont osé faire une révolution, et deuxièmement parce que d’autres peuples ont subi une contre-révolution. »

Ici, les notions de peuple et de révolution (ou de contre-révolutions) se font immédiatement écho. Il existe des cultures politiques populaires, et ces cultures politiques conduisent à se déterminer pour ou contre la révolution, cette dernière ayant avant tout pour modèle la « grande » révolution anti-féodale française. En rapport avec cet horizon, qui lie peuple et révolution anti-féodale comme des entités politiques associées, indissociables même, Marx va utiliser la notion de prolétariat pour la relier à un nouveau type de révolution, plus avancée, qu’on peut qualifier d’anti-capitaliste ou de communiste, radicalisant la révolution précédente. Il en résulte, d’une part, que les luttes allemandes, aussi arriérées soient-elles, présentent pourtant une portée universelle, au même titre qu’en son temps la Révolution française.

On retrouvera par la suite, bien plus développée, l’idée que les luttes émancipatrices d’un peuple importent au sort de tous les autres. De ce point de vue, la solidarité avec les peuples opprimés est bien plus que de la philanthropie. Pour le dire autrement, elle n’est pas seulement de nature morale, elle est d’ordre fondamentalement politique : « Et même pour les peuples modernes, cette lutte contre le contenu borné du statu quo allemand ne peut être sans intérêt, car le statu quo allemand est l’accomplissement avoué de l’ancien régime et l’ancien régime est le défaut caché de l’Etat moderne. »

Ainsi, la notion de peuple conserve-t-elle sa validité, en dépit de ses limites, du fait du maintien de l’Ancien Régime, y compris au sein des nations qui ont réalisé leur révolution anti-féodale. En d’autres termes, cette révolution partielle et inachevée se fait matrice de révolutions plus radicales, de la même manière que les peuples se déterminent comme classes populaires elles-mêmes plus ou moins radicales, le prolétariat étant le nom de cette radicalisation populaire, à la fois sociale et politique.

C’est en ce point, qu’on rencontre une définition du prolétariat très originale : à la fois fraction du peuple, elle représente le peuple tout entier et tendanciellement l’humanité même, du fait de la condition qu’elle subit en même temps que des exigences politiques et sociales dont elle est porteuse.
"peuple" est donc effectivement lié chez Marx à l'État-nation, mais pas nécessairement de façon nationaliste, ou populiste, « à la place de prolétariat » comme prend soin de préciser la citation de DDT21. C'est d'ailleurs le cas du sens commun, certes avant le populisme, quand il parle de classes populaires en un sens assez proche de prolétariat voire de son internationalisme supposé, prolétariat que les marxistes eux-mêmes ont mis à toutes les sauces, à commencer par les mêmes que Marx, entre ouvriers producteurs de plus-value (classe ouvrière en soi) et "sans réserves" en devenir de classe sujet révolutionnaire

il est intéressant de relever que si prolétariat a un équivalent individuel, le prolétaire, peuple n'en a pas, qui désigne directement et conceptuellement un collectif, le plus souvent national, mais parfois religieux ou ethnique : le peuple de Dieu, le peuple noir, etc.

quoi qu'il en soit, de ce passé, faisons table rase, y compris de l'usage sectaire de mots-concrets enfermés dans la seule idée que l'on s'en fait, la sienne. Ce qui me fait dire que dans ce milieu, trop souvent l'on ne doute de rien
« Il y a deux espèces de sots : ceux qui ne doutent de rien, et ceux qui doutent de tout. Les premiers sont dangereux, car ils se chargent de tout ; les autres ne le sont pas, car ils n'encouragent personne à les charger de quelque chose. »

Charles-Joseph de Ligne, Mes Écarts ou Ma tête en liberté, dans les Œuvres choisies, littéraires, historiques et militaires du Maréchal Prince de Ligne, publiées par un de ses amis, Genève : chez J.J. Paschoud & Paris : chez F. Buisson, 1809, vol. 2, p. 101

PS : tout est relatif, car en la matière, il y a un must, et son condensé sur le blog des 7duQuébec, commentaires compris que pour rien au monde je ne qualifierais de "surréalistes". J'en conseille la lecture, pour rigoler : Partis et mouvement prolétariens vs révolution prolétarienne, Robert Bibeau, 24 octobre 2018. C'est à comprendre en poupées russes : Bibeau donne son point de vue sur un texte de Nuevo Curso portant sur le « Parti communiste en devenir », traduit et commenté par le Groupe International de la Gauche Communiste, avec ces sous-titres :
- Le ou les Partis de la classe prolétarienne surgiront de la révolution
- Ce sont les classes sociales qui génèrent leurs organisations de lutte de classe
- Le programme de la classe prolétarienne révolutionnaire
- Principes et acquis historiques
[morceaux d'anthologie]
9. Le rôle et la mission des organisations révolutionnaires de la classe prolétarienne sont de « révéler » (porter à la connaissance) et de formaliser la conscience de classe spontanée « en soi » pour l’aider à se constituer en conscience « pour soi », consciente de ses intérêts de classe. La classe prolétarienne est la seule classe sociale qui porte le projet de créer un mode de production sans classes sociales antagonistes.
- Historicité révolutionnaire moderne

- La révolution en devenir

à la fin, on ne sait plus qui affirme quoi, mais ça n'a aucune espèce d'importance, ils sont entre eux


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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Jeu 8 Nov - 12:48

d'avant-hier, un ajout en bas

dans le débat interne aux tenants de la révolution prolétarienne :

une critique de TC 26
ISSN WALOU, octobre 2018

ce texte a d'abord été diffusé par son auteur le 2 novembre sur Indymédia Nantes, entraînant quelques réactions et la modération, puis hier par dndf



« Ceci n’est pas une réponse à Théorie communiste (TC).
D’ailleurs, personne ne répond à TC, car personne ne lit TC, en tous cas pas dans cette optique.
Ceux qui se plient à l’exercice, pénible ô combien, le font par fétichisme. »



il s'agit d'une controverse entre tenants du prolétariat universel dans son devenir sujet révolutionnaire à travers la lutte de classes conduisant à la révolution comme communisation, auto-abolition du prolétariat et par lui de toutes classes et du mode de production capitaliste. En tant que telle, elle ne nous concerne pas, mais il est intéressant de suivre les tenants et aboutissants de cette critique de TC26

autant dire que des lecteurs de Théorie Communiste, bien peu sont satisfaits. À cet égard je peux reconnaître dans ce texte les griefs que n'ont pas manqué de lui porter, depuis 1979 que ce groupe existe, ceux et celles qu'il a mis en cause par des méthodes malhonnêtes (Camatte et Invariance, Temps Critiques, Dauvé et Nesic de troploin, Charrier de La Matérielle, Astarian de Hic Salta... et moi-même), et donc selon eux les auteurs de Telenovela confusionniste et leurs amis anti-racialisateurs. Ces extraits pourraient être pertinents, si le contenu l'était, ce que je conteste ensuite, car bien que ni « fétichiste » ni « naïf », j'ai lu TC26
p.2 : On ne sait jamais si on est dans le champ du concret ou de l’abstraction, d’une vision globale schématique ou du terre à terre. En fait, on passe de l’un à l’autre sans logique. Les concepts sont interchangeables, tantôt précis, tantôt flous [Patlotch : comme déjà dit, c'est le concept de prolétariat révolutionnaire qui devient de plus en plus flou et extensible, justement pour en garantir la validité théorique, ou plutôt abstraite, sans base concrète, pratique de classe comme dans le programmatisme], on se perd dans la chronologie, on périodise à la louche (ou pas, en fonction de ce qui arrange), on se contredit d’un chapitre à l’autre. [c'est particulièrement le cas, dans la première partie, entre tout ce qui concernent la segmentation raciale et la critique mesurée des "entrepreneurs en racialisation", et le chapitre Le grand récit décolonial qui a pour fonction d'invalider en bloc cette pensée]
[...]
Dialectique de dialectique et stratagème de stratagème : l’organisation en strates racialisées du prolétariat serait l’étape nécessaire pour parvenir à la communisation. Pour arriver à une conclusion définie à l’avance pour des raisons qui sont totalement internes à la survie de leur groupuscule [il s'agit de sauver l'universalisme prolétarien, mais c'est aussi le cas de ce texte], ils sont donc obligés — leur fonctionnement étant de cibler une aire qu’ils estiment perméable à leurs travaux et jetant actuellement leur dévolu sur les universitaires [le milieu qu'ils visent n'est pas d'abord ni uniquement universitaire], ils sont contraints de patauger dans la mélasse de la postmodernité — de remettre en cause les fondements mêmes de ce qui faisait la substance de la (leur ?) théorie de la communisation ["leur" oui, parce que non partagée par les autres théoriciens, Astarian et Dauvé, mais non, ils ne remettent pas en cause cette "substance"]: l’absence d’étapes intermédiaires dans la production du communisme, le dépassement produit (l’exact inverse de la « convergence des luttes »), la négation de l’identité assignée par le Capital. Selon eux, dorénavant, l’organisation raciale du prolétariat serait donc la seule étape intermédiaire au sein de la théorie de la communisation, puisqu’elle est censée en exclure toutes les autres.[confusionnisme de leur part, car il n'y a pas ici chez TC de contradiction, la segmentation raciale qu'ils décrivent n'étant en rien une « étape intermédiaire nécessaire » vers la communisation au sens d'une étape dans le processus de celle-ci une fois engagée, "immédiateté" qui caractérise la théorie de la communisation relativement aux autres marxismes]

p.4 : Quand on est obligé d’utiliser des sources qui ne cadrent pas avec ses a priori, on s’en sort par une pirouette qui est censée valoir argument. [...] Des comme ça il y en a régulièrement, mais il faudrait citer des pages et des pages pour les décrire. [hé bien ce n'est pas d'une « évidence aveuglante ». Le passage du « travailleur immigré » au « Musulman » est assez bien démontré par TC, y compris contre La fabrique du Musulman de Nedjib Sidi Moussa. Et il arrive à tout théoricien d'emprunter à d'autres des éléments même quand il ne partage pas l'usage qu'ils en font ; on l'a vu chez TC avec Silvia Federici, chez moi avec Stuart Hall ou les théoriciens décoloniaux]

p.6 : Chez TC, taxer quelqu’un de programmatisme équivaut pour d’autres, fût un temps, à traiter tout adversaire politique d’hitléro-trotskiste. La manœuvre est grossière : créer une chimère uniquement pour consolider une position et dérouler tranquillement un propos qui, dès lors, n’a pas besoin de s’appuyer sur une quelconque démonstration. Car on fait dire ce que l’on veut au monstre que l’on a créé. [si le programmatisme n'a rien d'une « chimère », il n'est pas complètement absent ni de l'idéologie de la communisation quand elle décrit « les mesures communistes », ni de l'activisme de ces contradicteurs. Cela dit, on reconnaît là un procédé que d'autres, dont moi, ont relevé chez TC] [...] Il ne s’agit plus alors de démontrer que son raisonnement est juste, mais de faire valoir sa supériorité face à une position qu’on a prêtée à l’autre d’une façon si arbitraire qu’elle frise le ridicule. [il faut croire que c'est en partie vrai, sinon cette réplique ne s'imposerait pas] TC se contente d’ânonner que les choses sont ce qu’elles sont [non !], sous prétexte de dénoncer ceux dont elle pense qu’ils se crispent sur ce que les choses devraient être, uniquement à l’encontre de ce que TC a décidé comme étant le réel. Nous sommes dans la pure tautologie. [la tautologie essentielle de TC est ailleurs, inhérente à son « structuralisme prolétarien » (Camatte 1978)] [...] TC opère comme une «  police théorique  », pour reprendre l’expression de Rancière à propos de l’althussérisme. On neutralise le lieu de son discours, on antagonise des positions théorico-politiques artificielles [?] et on construit une figure de l’adversaire pour mieux le disqualifier et conforter ses propres allégations. Pour bien enfoncer ce dualisme construit de toutes pièces, TC manie la citation aussi malhonnêtement qu’elle produit sa théorie : en autocitant ceux de ses propres textes datant de dix ans afin de prouver la pertinence de ce que l’on affirme aujourd’hui. [le dualisme est celui de cette critique accusant TC de racialisme. En fait tout se passe comme s'il n'y avait que deux camps, dont TC essayait pourtant de sortir, entre deux... C'est raté, mais pour des raisons inverses développées plus bas]

p.7 : Avec presque cinquante ans de retard, TC se pose une question qui n’a lieu d’être que pour son microcosme fossilisé — comme il l’avait fait pour la question féministe, mais seulement avec quarante ans de décalage. [cette question, du rapport entre classe et "race", se pose pourtant dans toute la production théorique et politique d'où qu'elle vienne, et au-delà dans toutes les idéologies actuelles à travers la politique et sa médiatisation de masse. Il suffit d'ouvrir un journal ou d'allumer la télévision. Derniers exemples en date, les élections au Brésil et le vote des afro-descendants, le référendum en Nouvelle-Calédonie... Bref, rien d'un « microcosme fossilisé »]
quant à son contenu, ce texte m'apparaît plus encore que celui qu'il critique chargé d'incompréhensions, de déformations, de contre-vérités et de mauvaise foi, qu'il serait fastidieux de relever toutes, l'essentiel étant de comprendre le mouvement des deux et ce qui les oppose au sein de leur vision idéologique commune d'une révolution par le prolétariat comme classe-sujet, qui ne repose plus sur aucune base vérifiable empiriquement dans le capitalisme actuel. C'est au demeurant la fonction de ces textes que de combler ce manque pour alimenter la foi de ces camarades en leurs croyances. C'est pourquoi je parle maintenant d'idéologie de la communisation et de l'universalisme prolétarien comme idéologie eurocentriste : ce débat est inconcevable aux États-Unis, et s'il existe en Amérique latine, c'est un front entre luttes décoloniales prolétariennes et marxistes programmatistes ou nationales-populistes, la théorie de la communisation y étant inconnue

selon cette critique, TC ferait « passer en fraude les idées » des "entrepreneurs en racialisation" qu'il ferait donc mine de critiquer en frayant avec leur "racialisme". Comme Jacques Guigou dans Quand des communisateurs colmatent leur barque avec du racialisme, ils confondent l'idéologie (antiraciste) du racialisme et la racialisation ou racisation produite objectivement par le capitalisme, ne voyant dans « Le triptyque "classe, genre, race" » que « pensée officielle, enseignée à l’université et diffusée à travers les mass-média dans les États du capitalisme le plus avancé. » (p.3). Ainsi, « TC n'échappe pas à la règle » : « de s’approprier les nouveaux paradigmes des sciences sociales, de se vautrer dans les grilles de lecture universitaires pour faire trôner la race aux côtés du genre et du Capital. » (p.2). L'intersectionnalité a certes bien des limites et des défauts, un manque de dialectique de ces rapports au capital, mais de là à n'y voir qu'idéologie dominante postmoderne, c'est oublier que le capitalisme est conduit par une classe économique et politique peu portée à user des concepts d'exploitation, de dominations masculine et raciste

ayant lu TC26, j'ai beau me gratter la tête, je n'y ai pas trouvé tout ça. La critique des « entrepreneurs en racialisation » y est sans concession en tant qu'elle en rajoute à la « segmentation du prolétariat » produite par les rapports capitalistes, et celle de l'« ouvrier conceptuel » est plutôt pertinente, bien qu'au sein de l'universalisme prolétarien révolutionnaire qu'il s'agit justement pour TC de sauver

prétendre qu'il n'y aurait pas d'analyse dans TC26 (Une analyse ? Où ça ? p.4), ou que son texte ne serait que « pure rhétorique » (p.2), n'est pas sérieux

il est assez juste de considérer que « TC et certains autres courants fossilisés de l’ultragauche utilisent indifféremment le terme « prolétariat » et « classe ouvrière » » et tendent à ne prendre en compte que les « ouvriers de la production industrielle », négligeant donc le prolétariat paysan, et surtout les effets sur le « travail productif » de la domination réelle du capital, mais faux de considérer que TC imputerait à ces militants radicaux une « vision homogène de la classe centrée sur l’"ouvrier-mâle-blanc" », en miroir des Indigènes de la République évacuant la classe pour n'y voir au nom de la race qu'idéologie marxiste blanche. Ici, les amalgames (TC = PIR = Tevanian = décoloniaux, etc.) relèvent d'un campisme binaire caricatural qui fonctionne à fond la caisse entre rackets théoriques concurrentiels, bien que ni les uns ni les autres ne produisent le moindre effet sur des luttes concrètes et massives, dont ils ne parlent pas tant elles dérangent leurs conceptions

à propos de segmentation, il est affirmé que « La classe est tellement peu homogène qu’elle ne contient même pas de segments, pour le dire simplement. [...] TC réussit le tour de force de théoriser que la racisation d’une partie du prolétariat constituerait celle-ci en une entité homogène (un segment) où tous partageraient une condition commune et donc développeraient mécaniquement des formes d’organisation propres et séparées. » TC a reconnu que son n°26 pêchait par un « côté franco-français » (RS, ici), mais n'a pas fait des "racisés" un segment homogène. Le problème est bien plutôt que la segmentation y soit présentée comme celle d'un « ensemble » déjà constitué en classe : ne peut être segmenté que ce qui existe déjà comme un tout

tout ça pour conclure, contre toute évidence : « Au final, on comprendra que TC applaudit à la racialisation, mais en ayant pris soin de l’avoir vidé de son contenu, de toutes ses conséquences et implications, ce dans quoi elle s’inscrit comme vision du monde. » (p.9) « À trop penser la classe par sa segmentation on en arrive à ne voir et à ne désirer que sa séparation. », mais encore faudrait-il pour être "segmentée" que "la classe" existe pour soi, comme sujet révolutionnaire déjà là. On voit donc que de ce point de vue, leur vision est commune, au cheminement près d'ici à la révolution pour que le prolétariat trouve son unité comme sujet face au capital : il y a plus ou moins d'immédiatisme* chez les uns et les autres, une opposition classique depuis la mise en cause par TC des « activistes », leurs partenaires dans Meeting et Sic

* au sens de Jacques Camatte, la révolution relevant pour lui de cet immédiatisme aveugle à ce qu'il produit, la dialectique toujours perdante révolution-contrerévolution

p.10 : « Puisque les prolétaires doivent entrer en lutte contre leur être de prolétaire, dans la mesure où leur existence de classe est la limite interne à leur action de classe, la lutte vise à attaquer ce qui constitue cet être, sous toutes ses formes, telles qu’elles sont façonnées par le Capital, dont ces segmentations et assignations. Il ne s’agit donc pas comme préalable à la lutte de concéder à ces segmentations, mais de les combattre sans autre forme de reconnaissance. C’est ce qui fait toute la différence entre les opportunistes de TC, leurs nouveaux copains décoloniaux et identitaires, et nous. Car l’effet invariable de la reconnaissance de la segmentation raciale est un fait objectif « segmentation raciale » comme préalable à la lutte est de faire s’appuyer la lutte sur elle. Pour le pire. » Si je vois un opportunisme chez TC, je ne le situe pas ici. Quant à parler de ses « nouveaux copains décoloniaux », il faut n'avoir pas lu TC26, Le grand récit décolonial p. 161-202, dont la construction théorique relève de la manipulation de textes propres à TC, justement dénoncée par cette critique (construire un adversaire adéquat à sa démonstration). C'est ici qu'il leur aurait fallu montrer chez TC l'absence des luttes concrètes alimentant la pensée décoloniale, leur caractère pour certaines d'antagonisme au capital (paysans, extractivisme...), mais pour cela reconnaître qu'elles ne se produisent pas, ou pas seulement, sur une base de classe prolétarienne, ce qui évidemment serait sortir de la démonstration qu'ils entendent faire. En quoi ils sont bien sur le même terrain que Théorie Communiste, celui que nous avons quitté

la tirade de fin est puérile, après 12 pages consacrées à faire ce qu'elle dénie :
p.12 : Ceci n’est pas une réponse à Théorie communiste (TC). Nous avons mieux à faire et, pour tout dire, on s’en bat la race. D’ailleurs, personne ne répond à TC, car personne ne lit TC, en tous cas pas dans cette optique. Ceux qui se plient à l’exercice, pénible ô combien, le font par fétichisme. [...] Ceci n’est pas une réponse à TC, dans le sens où nous n’inaugurons pas d’échanges épistolaires contradictoires avec des idéologues qui n’ont plus rien de camarades. Ce texte s’adresse donc d’une part aux naïfs susceptibles de se laisser endormir par ce discours ronflant et d’autre part à ceux que la prise de position racialiste de TC sidère et qui cherchent des arguments pour la combattre. En tout cas, il n’est pas destiné à ceux qui partagent et véhiculent ce type de proposition : ils sont nos ennemis…
voilà donc TC excommunié... Ont-ils eux lu TC26 par « fétichisme » ? Non. Alors, pourquoi prendre tous les autres lecteurs pour des imbéciles, des « naïfs » incapables de juger par eux-mêmes ? Si la position de TC me « sidère », ce n'est pas parce qu'elle serait racialiste, car c'est faux, mais pour les mêmes raisons que me sidère la leur

sans doute TC a-t-il provoqué cet enfermement réciproque, en publiant “un avertissement en forme d’éditorial”, qui présente son n°26 comme réponse à « Où t’es TC où t’es ? », limitant ainsi sa cible au milieu radical et par là présentant son contenu théorique de telle façon qu'il ne peut intéresser que celui-ci. Sa sortie en 2019 comme livre dans Entremonde/Senonevero ne manquera pas d'en pâtir ; mais il n'empêche, cette approche est symptomatique de leurs préoccupations et donc de leur opportunisme éditorial (déjà relevé avec la traduction de Riot-Strike-Riot de Joshua Clover). Leur problème est de n'exister qu'entre eux, et de n'avoir que cette réciprocité pour se faire valoir. Ils ne sont pas prêts d'en sortir

cela fait des années qu'ils échangent, même si ce n'est pas directement et de la part de TC pas toujours aussi explicite que dans TC26. Je l'ai fait moi-même, cela s'appelle le débat critique nécessaire. Celui de texte à texte et de revue à revue est une tradition dans ce milieu, et il est vrai qu'elle ne favorise pas les échanges vivants en temps réel, malgré les potentialités d'internet

que dire en résumé ?

d'abord que cette critique, ou plutôt ce mauvais procès, est si peu crédible qu'elle manque son objet, s'il s'agissait de faire preuve de sérieux théorique et d'honnêteté dans le débat, dont elle me semble manquer plus encore que TC même. Elle conforte plutôt ce que TC leur reproche puisqu'ils réagissent dans les clous de leurs normes, comme si TC26 n'avait pas été écrit et ne présentait pas une reformulation certaine de la thèse fondatrice de Théorie Communiste, qui n'a pas changé depuis 40 ans, puisqu'elle serait « suffisamment forte et cohérente pour produire son propre "colmatage". » (TC26, p.322). Cette reformulation, ne leur en déplaise, ne relève pas du "racialisme", bien au contraire. Et ce texte étant d'un anonyme, il me rappelle quelque chose :
Jacques Camatte a écrit:Venons-en maintenant aux diffamations, déformations, etc., qui nous concernent. D'entrée l'anonyme veut jeter le discrédit [...] À la déformation, l'anonyme ajoute la malhonnêteté. [...] Malhonnêteté, calomnie, bassesse vont ensemble. [...] J'ai discerné la mauvaise foi des erreurs théoriques. En fait elles sont intimement mêlées; seulement dans certains cas c'est surtout la première manifestation qui l'emporte. De même je fais aussi abstraction de la stupidité découlant d'une volonté profonde de banaliser. C'est la pire démagogie, manifestant le plus grand mépris des autres. L'anonyme doit toujours se mettre à la portée des lecteurs. [...] Les autres sont toujours débiles et incapables... La dépréciation que ce terme implique est nécessaire à l'anonyme. Il se doit de toujours l'affirmer sinon sa raison d'être s'évanouit. La condition de son existence est une indéfinie débilité des autres. [...] Il est évident que par moments l'anonyme n'est pas sérieux. [...] Ainsi en voulant me contredire l'anonyme est obligé de réduire l'œuvre [], d'en escamoter les parties essentielles. [...] L'anonyme escamote tout, biffe (les staliniens n'ont pas le monopole de l'art de reconstruire l'histoire : tout ce qui gène est éliminé et on fait en sorte que tout se passe comme si l'élément perturbateur n'avait jamais existé). [...] L'incompréhension appelle l'ignorance et réciproquement. [...]

l'infernale bêtise qui vous marque, l'étroitesse manichéenne qui vous sclérose, la rage terroriste qui vous tourmente périodiquement ainsi que l'impuissance à être sans diffamer, vilipender les autres.

Scatologie et résurrection, octobre 1975

ensuite répéter que cette controverse et ces polémiques ne nous concernent plus, et si j'en parle encore, c'est pour proposer à ma lectorate un décryptage de ces controverses et des confusions qu'ils se jettent à la face en noyant le poisson de leur commune idéologie prolétarienne. De plus, elles abondent notre critique de l'idéologie du prolétariat en devenir révolutionnaire, et de toutes les impasses théoriques qui l'aveuglent sur le moment présent du capitalisme et des luttes face à lui, celles surtout dont ils ne parlent jamais, caractéristique commune à TC comme à cette critique

il est affirmé en note 3 p.3 que « TC rejette officiellement le terme de « privilège » — pensant sans doute que ses lecteurs ne sont pas encore prêts, il faudra attendre le TC 27 pour voir ce concept validé. ». M'est avis que la séquence particulière et tardive de TC sur "la race" sera alors refermée, et comme je le prédis depuis un an, que si Théorie Communiste ne veut pas achever sa sclérosisation prolétariste, TC27 devra combler le plus énorme vide de sa conception et son plus évident retard d'un demi-siècle, les rapports à la nature et la question "écologique", ce qui est une toute autre paire de manche que de faire rentrer genre et race dans la structure de l'antagonisme de classe, puisque le capital ne s'y limitant pas, cette question la dépasse et la subsume aujourd'hui

enfin, qu'il s'agit précisément aujourd'hui de montrer que ces luttes changent le paradigme de la compréhension du monde et de sa transformation, raison qui m'a conduit à ouvrir ce nouveau forum

ajout

rien (niente) de tout cela n'est démenti mais au contraire confirmé par l'intervention de Bernard Lyon quant à la motivation de cette critique d'ISSN WALOU. C'est avant de la lire que j'avais posé ma « Question pour un champion : pourquoi ont-ils tant de choses à se dire ? » Quand on ne répond qu'à ses mauvais contradicteurs, on ne risque pas de montrer ses faiblesses, et donc « cette critique est tellement bonne qu’elle est promise à un grand avenir pour mettre en valeur TC26 », bien que « dans un infime milieu »

mon renvoi chez dndf à la présente intervention n'a pas été publié

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Lun 26 Nov - 7:53

10 novembre
des mésaventures théoriques arrivent aux "marxistes orthodoxes", label non déposé, et qui dans certains cas renvoie à des marxistes connaissant Marx comme les Islamistes le Coran

je place ici une réponse à Prolétariat vs écosocialistes, environnementalistes et altermondialistes réformistes de Robert Bibeau (les 7duQuébec) que j'ai déjà épinglé ailleurs. Son texte publié par AgoraVox y fait l'objet de commentaires. J'ai trouvé celui-ci intéressant

gras dans le texte, j'ajoute un lien, quelques remarques, et une correction en note
Aéroclette a écrit:10 novembre

L’auteur reste dans un marxisme orthodoxe : baisse tendancielle du taux de profit, socialisation de la plus-value, suppose la concurrence libre (alors que même Marx voit une concentration), ne tenant pas compte de :

pyramide de Ponzi capitaliste de l’explosion démographique
— ingénierie sociale de l’écologisme, de la métaphysique consumériste à la métaphysique de l’abstinence verte. Le foutage de gueule du diesel bagnole...
— concentration mondialiste devenant non concurrentielle car sectorielle [Patlotch : sauf erreur l'auteur fait allusion au fait qu'il est quasi impossible de calculer le taux de profit moyen mondial, et que la concurrence se fait entre multinationales qui peuvent au demeurant regrouper plusieurs secteurs et branches]
— conscience de soi fortement altérée par la modernité, crétinisation du réseau, promesses scientifiques, narcissisme débridé.

Au XXIe siècle, la force du capital n’est plus de dominer la production, mais de dominer la consommation, les modes de vie. [c'est une définition grossière mais pas fausse des effets du capital en domination réelle]Le transhumanisme est un bel exemple de tentative d’établir un nouveau code quasi religieux, une espérance en un paradis artificiel. Si on compare à la vision de Marx qui voyait déjà cette ingénierie sociale (les « arguties théologiques » du fétichisme de la marchandise), la fausse conscience proprement capitaliste, du capitalisme totalisé, il voyait à son époque la classe du prolétariat comme avant la conscience de l’avenir possible autre. Ce n’est plus le cas. Aucun philosophe ne dépasse son temps. On est plus proche de Charles Martel et des guerres de religions, raciales, des espérances millénaristes, de l’espace vital, du malthusianisme, que de la révolution industrielle dorénavant, où de 1789.

Si vous connaissez bien le marxisme, vous devez savoir que Marx reconnaissait lui-même que sa théorie supposait en quelque sorte une totale interchangeabilité du salariat entre secteurs, une sorte d’omni-employabilité, et une totale reconversion possible du capitaliste d’un secteur à l’autre. Une sorte d’artisanat du trust capitaliste...

L’employabilité très bonne des bac+5 et la dégradation de celle des non-qualifiés, le couplage à un RU [revenu universel] d’asservissement au système (vu par Marx qui parle des politiques sociales anesthésiante de l’église anglicane) montre que l’avenir va vers une société à 3 classes. Le gueux nourri pour consommer, le super cerveau qui programme l’IA et le consentement social, le féodal capitaliste mondialisé. Ce qui est en contradiction avec le marxisme orthodoxe.

On connaît la fameuse prédiction de Marx conforma à son modèle : A la fin des temps la ménagère peut diriger l’état*... car ultra qualifiée par le socius... pas l’Idiotcracy vers laquelle on va.

* Patlotch : cette citation est de Lénine : « Chaque cuisinière doit apprendre à gouverner l'Etat. » et Souvarine disait dans "Sur Lénine, Trotsky et Staline" qu'elle était retournée en « Combien y a-t-il de cuisinières au Comité Central ? »

le fond de cette question est abordé entre autres dans LE MONDE BRÛLE-T-IL ? CAPITALISME et CHANGEMENT CLIMATIQUE

23 novembre
qui se sent morveux, qu'il se mouche

à propos de mon post du 8 novembre plus haut, légitime réaction signée "les soutiers de dndf" qui ne sont pas tous membres de TC comme le créateur et responsable de ce blog, Pepe@dndf

dndf, une petite mise au point dndf 23/11/2018
Depuis quelques temps, nous avons repéré la propension de certains internautes à associer dndf à la revue “Théorie communiste”. Le pamphlet « Telenovela confusionniste » dit « (TC) publait sur leur site dndf », Patloch [PatloTch !] dit « dndf donc TC » (désolé, nous avions promis de ne plus jamais parler de vous comme vous nous le demandiez mais on ne peut pas toujours tenir promesse)

Rien d’infamant à être confondus avec “Théorie Communiste”. Cela pourrait même être flatteur, parfois. Le seul problème, c’est que c’est une erreur de compréhension que nous voudrions ici corriger. Nous supposons que ces internautes sont débordé(e)s par le nombre de leurs lectures et activités diverses et il leur aura échappé que dndf présente des différences absolument déterminantes avec TC et la première d’entre elles est notre volonté intraitable de relayer TOUT ce qui circule d’intéressant dans ce qu’il est convenu d’appeler « le milieu de la communisation » et ailleurs autour, dès lors que nous trouvons cela pertinent à relayer. Il ne vous aura pas échappé que TC fait assez peu mention non critique des productions de leurs petits camarades en communisation (Dauvé, Astarian, Il latto cativo, etc, etc…)

Et comme nous ne sommes ni un parti ni une église, nous ne nous sentons même pas contraints d’accompagner systématiquement ces posts d’un chapeau critique. Le petit bassin des lecteur(trice)s de dndf est assez équipé pour trouver par lui-même ce qu’il faut penser de tel ou tel texte.
oui, oui, je suis « assez équipé » pour ne pas confondre dndf et TC et n'avoir pas écrit dans le commentaire visé « dndf donc TC ». Je fais souvent ressortir au contraire que dndf, et particulièrement son responsable Pepe, membre de TC, est souvent en opposition à la ligne générale de ce groupe théorique, comme quoi, je le reconnais, ne s'y applique pas le centralisme démocratique. C'est encore le cas à propos des Gilets Jaunes et pendant plusieurs jours dndf a fait dans la « simplification inopportune » (vlad2) en ne relayant que des textes opposés au mouvement et qui plus est en rien "communisateurs"

qui plus est, dndf ne se contente pas de « relayer TOUT ce qui circule d'intéressant... », car Pepe, l'idiot inutile de la communisation, rajoute à la confusion. Dernier exemple la promotion déconcertante, en pleine 'action directe' de l'ultra-droite sur les Champs Élysées, du texte Gilet ou gilet pas ? Il faut de l’essence pour tout cramer. Je suis ainsi fort honoré de n'être pas de ce TOUT intéressant


à confondre dans le "débat" avec l'ultra-gauche et les Black Blocs ?

c'est à ce point qu'hormis les trop rares interventions de RS (Roland Simon), si l'on laisse les copiés-collés des adeptes, et si l'on retient les publications de dndf (émeutes, relais du brouilleux Deloison, Gilets Jaunes...) pas grand chose n'y relève de la ligne générale de Théorie Communiste. Rien n'indique jusque-là que « le petit bassin des lecteur(trice)s de dndf [soit] assez équipé » pour s'y retrouver, et je pense comme RS le faisait remarquer un jour que « publier sans commenter vaut approbation ». On aura donc compris que par cette "mise au point", dndf justifie sa politique éditoriale : publier n'importe quoi sans discernement ni critique théorique

je reconnais à dndf un mérite, diffuser ou traduire des textes qu'on ne trouve qu'en ayant des relations privilégiées. Ce n'est pas le cas de ceux d'Astarian/Hic Salta et Dauvé/DDT21 qui ont leur propre blog. Un autre : le don de faire avorter les échanges engagés chez lui, dans l'absence de critique communisatrice de ce qui est publié

il n'échappera pas à ma lectorate, et à celle de dndf qui passe par là, qu'est soigneusement évité le débat de fond qui fait l'essentiel de mes préoccupations. À cet égard, peu me chaud d'être ou non nommé, le problème n'est pas qui pose les questions, mais l'enfermement théorique qui les évacue pour conserver ce qui lui reste de réputation. Ce n'est pas d'aujourd'hui que ce milieu en général fait comme si ce dont il ne parle pas n'existait pas, des points de vue théoriques et surtout des champs entiers des réalités dans le monde (longtemps les femmes, la "race", et toujours l'écologie comme rapport humanité-capital-nature)

l'essentiel, à propos de TC26 et de ce pamphlet, est qu'ils s'opposent en étant d'accord sur la seule issue au capitalisme : une révolution prolétarienne. Ni dndf ni TC n'en font état parce qu'ils préfèrent se mettre en valeur réciproquement plutôt qu'ouvrir ce débat, et ce qu'ils affichent là n'est pas tant la censure que leurs limites théoriques

car avoir « promis de ne plus jamais parler de [moi] » a quelques inconvénients théoriques qui tiennent de la réaction pavlovienne de Pepe, mais comme dit l'autre, le chien aboie, la caravane passe





Dernière édition par Patlotch le Jeu 20 Déc - 21:55, édité 1 fois

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 28 Nov - 11:12

d'hier, complété, en bas

Althusser n'est pour rien dans le 'structuralisme prolétarien',
de TC ou de quiconque

ce n'est pas d'une actualité brûlante mais ça peut être une intéressante question pour qui souhaite éviter tout amalgame avec ma critique du structuralisme prolétarien

sans les confondre Rolling Eyes c'est bien dndf qui diffuse un texte de TC (Théorie communiste)


dndf : La problématique n’est pas absolument d’une actualité brûlante mais, Internet étant une grande caisse de “raisonance”, très poreuse, les camarades de la revue “Théorie Communiste” ont eu vent du fait qu’il était question, sur certains réseaux sociaux, de leur structuralisme et, en particulier, de leur intérêt passé et présent pour Althusser. Du coup, ils nous demandent de rendre public ce petit travail sur le sujet en forme de participation au débat.

introduction d'abord
TC a écrit:Il se peut que pour tous les intervenants des échanges sur Facebook à propos du « structuralisme » de TC la chose soit évidente, mais le problème est que personne ne définit les enjeux de cette conversation. Que Théorie Communiste soit « structuraliste » ou plus précisément « structuraliste althussérien », où est le problème ? S’il s’agit seulement de faire une généalogie conceptuelle cela n’a pas grand intérêt. Supposons même la question résolue par l’affirmative, c’est-à-dire un structuralisme de TC et même horresco referens : un « structuralisme althussérien ». C’est bien ou c’est pas bien ? Où est la question, où est l’enjeu ?

La question est importante à partir du moment où on la situe, où on la positionne théoriquement ce qui signifie politiquement.

[...]

premièrement je n'ai pas de problème avec l'althussérisme supposé de TC, parce que j'entends encore RS (Roland Simon) dire qu'il n'avait vraiment lu Althusser qu'à partir du début des années 2000, et je le crois parce que je ne sens pas son influence chez TC, sauf quelques remarques depuis (sur la conjoncture, et quelques références précises mais pas indispensables à son cursus). TC est assez grand pour tenir debout, ou pas, sans Althusser

cela dit, le structuralisme était dans le vent encore au début des années 70 dans tous les domaines théoriques et même artistiques (Tel Quel...), c'est ce qu'on pourrait appeler un « structure de feeling » (Raymond Williams) chez les intellectuels de l'époque. Je parlerais plus volontiers de conceptualisme* (comme on dit Art conceptuel, qu'on écrit mais qu'on ne réalise pas)

* on a longuement disserté sur le théoricisme mais, opposé à la pratique, ce n'est pas vraiment le problème

deuxièmement et scoliquement, parler concernant TC de « structuralisme » et de « structuralisme althussérien » sont deux choses différentes (pour moi indépendamment de ce qu'en pensent ceux à qui ce texte répond)

troisièmement, j'ai reproché à TC mais aussi à toute la théorie de la communisation l'universalisme prolétarien révolutionnaire* et, formule reprise à Jacques Camatte aux débuts de l'existence de TC il y a 40 ans, leur « structuralisme prolétarien », et c'est pourquoi l'on peut parler de conceptualisme à propos d'une théorie structurée par des concepts, non par le réel

* voir le sujet LE CONCEPT DE RÉVOLUTION


quatrièmement
et partant de là, directement la conclusion, puisque tout ce « petit [sic] texte » n'a aucun « enjeu ». Pour moi cette question est réglée
TC a écrit:Dans notre milieu, se poser la question de la relation de TC au structuralisme et à Althusser en particulier peut être une vraie et intéressante question, mais cela à deux conditions.

Premièrement, d’une façon interne à son objet, à condition de situer cette relation dans les enjeux théoriques de TC, articuler cette relation et son « utilisation » dans la problématique propre de TC et de ses enjeux.

Deuxièmement, d’une façon externe, à condition que l’on expose pourquoi, maintenant, on se pose cette question, quel est son intérêt, quel est son enjeu.

Sous peine de faire du « structuralisme » et d’ « Althusser » les noms d’on ne sait quelle bête.

cinquièmement, je partage la méthode d'autant que je l'ai souvent dit quand il s'agit de juger d'une théorie, sa cohérence interne d'abord, logique si l'on préfère, et son rapport au réel, nécessairement externe

- quant à la cohérence interne, je pense qu'elle repose largement sur un ensemble de concepts fonctionnant en boucle, et plus précisément comme syllogisme, et syllogisme du prolétariat sujet de la révolution selon les travaux de Christian Charrier (La Matérielle). Mais je ne vais pas refaire une critique de TC à laquelle j'ai consacrée une dizaine d'années

- le rapport (externe) au réel de cette théorie en découle, puisque partant de ce qu'elle a posé, la venue de la révolution communiste prolétarienne nommée communisation, elle en cherche la trace dans la réalité (concepts de dynamique, limites, écart) afin d'en annoncer ("le préviseur" BL) la « conjoncture » à la fin de ce « cycle de lutte ». C'est une boucle quasi tautologique et là de même je ne vais pas en refaire la démonstration

sixièmement, question subsidiaire : le « structuralisme althussérien » relève-t-il d'un « structuralisme prolétarien » ? Oui et non. Oui politiquement, Althusser n'étant jamais sorti du programmatisme prolétarien. Théoriquement, je ne sais pas trop pour les derniers écrits d'Althusser, que je n'ai pas lu sous cet angle. Si j'y trouve des choses fécondes (comme TC au demeurant) c'est indépendamment de cette question

septièmement, que TC et RS se rassurent, je ne ferais du « structuralisme » et d' « Althusser » le nom d'aucune bête. Ce serait trop bête

je reviendrai à certain passage comme dit ici : Camatte, TC et moi[/size]

Arrow

complément sur le structuralisme prolétarien de TC qu'il me semble reconnaître et définir lui-même dans ces paragraphes :
TC a écrit:L’acte de naissance de ce qui va donner lieu au « structuralisme » de TC apparaît sur la 4 ème de couverture des Notes 3 : « De façon générale, on peut dire que le programmatisme repose sur une pratique et une compréhension de la lutte des classes dans laquelle une des classes trouve dans sa situation la base du dépassement de la contradiction et de l’organisation de la société future les fondements de l’organisation sociale future qui devient un programme à réaliser. Dans la lutte de classe entre le prolétariat et le capital, le prolétariat est, dans sa situation, l’élément positif qui fait éclater la contradiction, qui produit alors l’affirmation du prolétariat. La résolution de la contradiction est donnée comme un des termes de la contradiction. On cherche dans le prolétariat ce qui le fait être contradictoire au capital et donc on ne pose pas cette contradiction comme le rapport social capitaliste lui-même que le prolétariat, de par sa situation dans le rapport, est amené à abolir. » A peu de chose près, on continue aujourd’hui à retrouver dans TC cette définition quadragénaire.

Plus de « nature révolutionnaire », plus de sujet en soi révolutionnaire, mais une position dans un rapport global qui était le mode de production capitaliste. C’est là où, pour dépasser le programmatisme, l’humanisme de « Marx le jeune » était obsolète, il nous fallait revenir au mode de production tel qu’en lui-même. Tout cela était polémique, il fallait reconnaître la lutte des classes comme quelque chose de réellement productif et l’histoire comme un procès concret et non comme réalisation (ce qui permit à TC, contrairement à nos camarades de l’époque de parler de restructuration). C’est sa sortie du programmatisme qui a amené TC à être taxée de « structuralistes » et non le « bain althussérien de l’époque » ; d’autant plus qu’il existait une autre cible : toute l’horripilante mouvance quotidienniste désirante style Vaneigem. L’enjeu était celui d’un positionnement vis-à-vis de la lutte de classe, contre le surplomb (l’Homme, le Travail, L’Individu ou la Révolution toujours identique qui allait enfin réussir) ou l’« à côté » (quotidiennisme). Il fallait s’immerger. Il fallait savoir si ce qui importait c’était cette lutte ou d’être « momentanément » les orphelins théoriques du communisme, ou encore de construire une « alternative caprine ardéchoise » ? Il n’y avait pas d’en-dehors, ni de la part de la dite « Théorie du Communisme » ni d’un quelconque mode de vie. Il est vrai que ce n’est pas sans raison que TC a pu alors être qualifiée de « structuraliste », mais, après tout, est-ce une tare ? Sortir du programmatisme, cela signifie : pas « d’en-dehors », ni « d’en-deçà », tout était là, pas de signifié caché. Avec une légère ironie, de façon structuraliste : la relation des signifiants entre eux étaient leur signifié.

C’est ce qui apparut comme « structuraliste ». Pourquoi pas ? Cependant, personne ne se soucie de définir ce qui est entendu par « structuraliste », comme si la chose allait de soi.

Dans le cas de TC que signifie la parenté avec le structuralisme ? Chaque élément d’un tout n’a de valeur que dans son rapport aux autres éléments (la linguistique est la matrice du structuralisme). Considérer le mode de production comme une totalité où aucun élément ne peut être modifié sans entraîner la modification de tous les autres : les « principes d’ordonnancement » comme disait Foucault à l’époque (Les mots et les choses) ; ou alors Barthes : « le réseau selon lequel les choses se regardent les unes les autres » (Eléments de sémiologie). Le tout étant une « machine logique », un « appareil d’ordre » (Barthes), chaque élément présuppose le système tout entier (ces références sont plus ou moins hasardeuses). A posteriori, il apparaît que, bêtement, dans son élaboration théorique, TC avait laissé de côté Althusser ou Levi Strauss (dont les ouvrages étaient assimilés à une publicité de pantalons en toile bleue pour ethnologues). Il est vrai cependant qu’une autre composante du structuralisme, non directement de théorie sociale ou politique, a pu, par la bande, jouer un rôle. Il s’agit de la lecture de Tel Quel, des Cahiers du Cinéma (Rivette disait que dans un film l’histoire c’est la manière dont est organisée la succession des images, c’est ça le scénario, il n’y a rien d’autre), du « nouveau roman », de Barthes, Jakobson, Todorov, Derrida (années 60). En revanche, lors des discussions et polémiques avec les camarades de Négation qui précédèrent la constitution de TC, la Religion et surtout l’Art avec son « excès de sens » (Adorno), la mise en valeur du surréalisme et de sa « révolution » ne pouvaient que renvoyer (à la suite de Camatte) à un sens humain de l’Histoire. TC n’a jamais apprécié ni l’ « humain », ni les sentiments (sauf les prendre à leur niveau comme des « efficaces idéologiques »). Il est donc vrai que TC a pu baigner dans le structuralisme non à partir des textes directement de théories sociales et politiques mais de ce que l’on appelait en littérature et autres : le « formalisme ».

S’il est, à la réflexion, exact que certains points du structuralisme ont pu être, par la bande, séduisant, c’est qu’ils pouvaient être utilisés comme briques théoriques dans la sortie du programmatisme. Mais, ce n’est pas la séduction du structuralisme qui amena à cette sortie. Dans TC, la réflexion intellectuelle a toujours été « militante », c’est-à-dire déterminée par des enjeux. D’où le « bricolage » pour que l’ensemble demeure plus ou moins cohérent dans la succession des enjeux du moment.  

Si TC peut être dit « structuraliste », c’est parce qu’une véritable sortie du programmatisme implique que dans le mode de production aucun élément n’excède son rapport aux autres et au tout, il n’y a pas de métadiscours ou de métaréalité. Dans un texte annexé au Notes 3 (mai 78), nous écrivions : « La contradiction du rapport de production et du procès de production capitaliste, la baisse du taux de profit, est la contradiction de classe qui oppose le prolétariat au capital, le développement du capital n’est pas sa réalisation mais son histoire réelle, elle ne revêt pas des formes différentes parce qu’elle n’est rien d’autre que ces formes qui sont la dynamique de leur propre transformation (souligné dans le texte) ». Et, dans le même texte, la baisse du taux de profit est analysée comme directement contradiction entre le prolétariat et le capital et contradiction du prolétariat à lui-même. [...]

C’est précisément dans TC 2 (texte fondateur) que le « structuralisme » de TC, s’il existe, est mis en place quand est définie la contradiction entre prolétariat et capital (chaque élément d’un tout n’a de valeur que dans son rapport aux autres éléments). C’est là que sont développés les thèmes centraux et conjoints de l’exploitation comme contradiction, de l’implication réciproque et de l’autoprésupposition du capital. La contradiction est définie comme « implication réciproque » mais ce n’est pas suffisant : « il faut que le mouvement qu’est l’exploitation soit une contradiction pour les rapports sociaux de production dont elle est le mouvement … » (TC 2, p.10). Plus loin : «  … cette relation du prolétariat au capital porte son dépassement non au travers de l’être particulier d’une classe mais par la situation respective et complémentaire du travail et de ses conditions dans le mode de production capitaliste, ce qu’exprime la baisse du taux de profit. » (p.13). Et dès l’Intro de TC 2 on résumait la chose : « … prolétariat et capital se reproduisent réciproquement, mais leur implication réciproque est pour chacun d’eux une contradiction à l’autre et par là à soi-même » [...]

Si le terme de « structuralisme » est tombé sur TC (jusqu’à aujourd’hui) comme une appellation plus ou moins « infamante », c’est que nous avions touché à l’article de foi le mieux partagé quelque soit ses variantes : le prolétariat est révolutionnaire ou « possède une détermination communiste ». Même Camatte avec son humanité avait « une force qui va » dans, en-dehors, malgré les vicissitudes des temps. Ensuite chacun avait à se débrouiller avec la coïncidence, la non-coïncidence, la réalisation nécessaire mais contrariée de cette tendance inhérente au prolétariat dans sa relation aléatoire aux conditions. L’exploitation comme contradiction prise « Tel Quel » était une franche agression à l’encontre de tous ceux pour qui elle était « réalisation » et toujours doublée par une contradiction autre plus ou moins essentielle ou universelle : la « détermination communiste du prolétariat », son « essence négative », cette fameuse classe qui « n’était déjà plus une classe de la société capitaliste ». L’être de la classe était toujours là et on avait beau parler d’autonégation, d’abolition du travail, rien n’avait changé, il s’agissait toujours de répondre aux mêmes questions. Si « structuraliste » était devenu le nom de la bête, c’est que nous avions touché à du perso. Le « Communiste » veut bien traverser les tourments de l’histoire, il veut bien être un incompris (il s’y complaît même souvent), le cours immédiat des choses ne lui importent que dans la mesure où il sait qu’un jour ou l’autre les choses se passeront conformément à leur être. Supprimez lui « l’être fondamental » et momentanément occulté dont son existence de communiste dépend, vous le tuez. Depuis l’effondrement du programmatisme et la disparition de l’identité ouvrière (qui était son meilleur et indispensable adversaire), il lui faut un article de foi.

Il apparaît donc que, sous bien des aspects, et cela dès l’origine, TC peut être qualifiée de structuraliste. On peut même, en forçant un peu les choses, dire que ce n’était pas seulement du fait d’un développement endogène et que, même si une lecture sérieuse d’Althusser fut bien tardive, par l’intermédiaire de la linguistique, de la littérature et du cinéma, une certaine atmosphère existait. Il n’empêche que le mouvement premier, la dynamique qui nous fit rencontrer et absorber les molécules de cet atmosphère, c’était notre préoccupation de sortir du programmatisme dans une configuration historique faite de polémiques et d’affrontements théoriques pas toujours courtois. [...]

j'avoue que dans ma première réaction je n'avais lu que l'introduction et la conclusion, si bien que les remarques que j'ai faites à propos de l'emprise dans les années 70 du structuralisme comme conceptualisme, déjà faites en 2014 à propos du théoricisme, sont en phase avec ce qu'en dit TC, comme à propos de Vaneigem et Camatte

d'une part on vérifie que structuralisme prolétarien ne signifie pas structuralisme althussérien, et d'autre part qu'imputer le premier à TC n'a rien d'« infamant » de ma part. Pour une fois nous avons un désaccord reconnu et cerné et la reconnaissance du label "structuralisme prolétarien" comme valide théoriquement, et dont TC ne représente qu'une variante parmi tous les marxismes qui en sont restés là, particulièrement les plus fossilisés dans le programmatisme. C'est effectivement ce qui fait la singularité de TC

n'est pas infamant de dire que la vraie rupture de TC est celle avec le programmatisme prolétarien, qu'elle débouche sur la théorie de la communisation et que celle-ci relève d'un structuralisme prolétarien, puisque c'est en substance ce qu'explique ce texte, que je considère pour cette raison comme très important

je pense qu'il n'est pas indispensable de passer par Althusser pour le comprendre, comme le fait confusément nathan chez dndf, et cela passe à côté de l'essentiel

comme dit dans Camatte, TC et moi :
Patlotch a écrit:par certains aspects, j'ai avec TC une même compréhension de ce parcours. J'estime toutefois que Charrier n'a pas « mené à bout les interrogations de Camatte » ni « à terme la critique de Camatte du "sujet prolétariat" ». TC (RS) l'écrivait lui-même, Charrier était coincé dans la critique de la théorie de la communisation sur la base de cette théorie et particulièrement sa variante técéiste. Si Charrier avait "mené à terme", il n'aurait pas arrêté, en 2006, de faire de la théorie

s'il en est un qui est sorti de l'impasse théorique de Charrier sur le terrain de la théorie de la communisation, c'est moi, et moi seul en sortant de cette théorie. Si je l'affirme de façon aussi présomptueuse, c'est qu'il est parfois rageant que les choses de la vie ne soient pas reconnues

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 12 Déc - 20:25

1h09, mis à jour, et un ajout en bas

on aura compris que ce fil est un peu la poubelle de mes rejets théoriques : il faut la mériter !

l'habitude est contre-révolutionnaire
Lénine
si le mouvement fut une surprise, l'analyse de TC n'en est pas une

RS a "répondu" chez dndf à mes remarques critiques sur la note de Théorie Communiste relative au mouvement des Gilets jaunes : Réponse aux commentaires de Patlotch. Je dis RS avec un doute, le texte est signé TC...

il était sûrement plus urgent de me répondre que de faire en temps réel le boulot de théorisation du mouvement en cours. Ça viendra, je sais, ce sera plus "cohérent" et complet que cette note de travail, et chacun ses priorités : publier au lendemain du discours de Macron, suivi par 23 millions de Français.e.s, une réponse à Patlotch, un inconnu lu par une centaine, ça vaut son pesant de cacahuètes théoriques

pourquoi moi, et pas les autres textes retenus par dndf, beaucoup plus lus car relayés ? Parce qu'ils ne parlent pas de TC, comme s'il n'y avait que ça à retenir, et qu'à défaut de tout relaie qui les approuve, tout ce qui les critique les valorise dans leur splendide isolement (cf la réponse à Critique de TC 26, pourtant d'une nullité affligeante)

il n'y a guère de circonstances, ou de conjonctures, dans lesquelles je conseillerais davantage à chacun.e de se faire une idée par soi-même, comme le recommandait Marx aux lecteurs du Capital. Voilà donc le commentaire à chaud que j'ai posté, en avant première, puisque nous avons un décalage horaire dans la publication :
Patlotch/ânonime a écrit:Sous mon double, puisque c'est ainsi advenu.

Il va falloir attendre pour que je réponde à ce texte dans le style dont RS est coutumier depuis 1969 pour discréditer même "les plus proches", sur qui il "aime bien taper", mais je ne vais pas recommencer à m'y prendre les pieds. Chacun.e est assez grand.e pour se faire une idée par soi-même, sans passer par la caricature de mon forum [mes idées] que donne RS à travers quelques citations sorties de leur contexte.

Toutefois, une grande première, c'est la position de RS (ou TC, va savoir) sur la crise écologique dans le capitalisme, les contradictions qu'elle y soulève entre capitalistes (la question des ressources, de la rente énergétique fossile...), et dans le positionnement du prolétariat employé dans la production industrielle. Je ne suis certainement pas le premier, même en tant que 'marxiste', à en parler (capitalocène...) ou à utiliser le mot d'extractivisme, qui est au cœur de luttes tant paysannes que prolétariennes, de populations entières, "indigènes" ou pas, mais autochtones : elles habitent là et le capital les fait crever là et elles se battent chez elles, sur place, c'est pas la mer à boire des migrants.

J'ai avancé l'idée, avant la sortie de TC26, que TC27 aborderait la problématique écologique. Ça s'annonce bien...

Je pourrais "répondre" point par point, mais franchement l'envie m'en est coupée : "Devenu chamane, Patlotch...", ça me suffit, et ce sera mon dernier post pour un temps chez dndf. C'est dommage, ma participation semblait relancer l'intérêt pour ce blog, et je m'en fous, car les sujets importants sont 10 fois plus lus chez moi, ou RS n'est pas déformé. Pepe était dans un meilleur esprit pour continuer « sans s’embrouiller, comme on dit ici » - qui ne doit pas être chez RS, sauf pour la pétanque -, c'est un comble vu notre passif ! RS a décrété la fin de la "trêve" (Pepe) et voilà ses adeptes équipés des nouveaux 'éléments de langage'. Que demande « Le petit bassin des lecteur(trice)s de dndf » ?

On sait où trouver mes considérations, et les distinguer de leurs lectures approximatives dans le but de les discréditer.

Bonne continuation à tous et toutes.

point par point, donc, si ce n'est sur tous :

- je sais bien qu'il ne s'agit que d'une note, mais qu'on prenne n'importe quel texte, numéro ou livre de TC, c'est toujours le même « manque », ce qui n'y figure pas, qui questionne le rapport entre « cohérence interne » et rapport au réel, ce que RS explique à d'autres contradicteurs à peu près dans les mêmes termes que moi

- RS : « Patlotch conteste le caractère « prémonitoire » de certains passages de 'Une séquence particulière', mais lui aurait prémonitoirement déjà critiqué dès 2006 ce que nous n’avions pas encore écrit. » En 2006 ici j'ai parlé d'implication réciproque réelle en référence à la subordination réelle et la stricte implication réciproque prolétariat-capital
Patlotch a écrit:l'implication réciproque réelle contient sa problématique et son ambiguïté, sa provocation à la penser, puisque la réciprocité ne s'y pose pas terme à terme de façon binaire comme dans une contradiction dialectique classique.
d'une certaine façon TC l'a reconnu quelques années plus tard avec sa double contradiction de genre et de classe. Ça n'avait rien de prémonitoire et je ne vois pas le rapport avec une séquence particulière plus qu'avec tout autre texte caractérisé par le même enfermement prolétarien, et l'on peut même oublier "structuralisme" de TC, ça n'y changera rien, sauf que RS l'a bel et bien admis : lui peut le dire, pas moi ?

- RS : « le « capitalisme vert » n’existe pas »
le  « capitalisme vert » existe bel et bien, qu'on le nomme comme on veut autrement, d'abord comme idéologie depuis des décennies, ensuite avec Macron chez nous, comme pratique politique et économique devant les menaces que tout le monde connaît, les capitalistes en premier, et oui, d'accord avec RS, « c’est le capitalisme tout court » mais dans sa forme d'aujourd'hui, chez nous. C'est aux deux, idéologie et sa mise en œuvre dans l'économie politique, que nous sommes confrontés dans le moment présent du capital, n'en déplaise à qui l'ignore d'une pirouette, comme il a ignoré la domination masculine 40 ans, le racisme 50 ans, etc.
RS a écrit:La « contradiction entre le capital et le vivant ». A la rigueur, « le capital » on peut avoir quelques idées, mais le « vivant » c’est quoi ? Quant à la dimension écologique du mouvement, que ce soit pour être pour ou contre la planète, il s’en fout.
même Dauvé était moins bête, pour le coup :
La connaissance de la nature, les inquiétudes écologiques et les réactions aux abus faits aux animaux ne sont pas le signe d'une humanité qui deviendrait consciente de son impact sur le reste de la planète [… mais que …] le capital possède le monde et qu'aucun propriétaire ne peut s'offrir de ne pas prendre soins de ses possessions.

Par suite, RS : « Le mouvement des Gilets jaunes aurait existé sans « capitalisme vert » dans la mesure où le « capitalisme vert » n’existe pas. » C'est beaucoup s'avancer compte tenu de "la goutte qui a fait déborder le vase" à partir de cette question, ce que beaucoup ont relevé comme important. Mais avec des "si", RS va récrire l'histoire de ce mouvement comme si une séquence particulière l'expliquait mieux que ce qui l'a produit. Le conceptualisme, le normativisme et l'incapacité de saisir dans le nouveau ce qui est nouveau, c'est ça. RS : « la référence à "Une séquence particulière" est accompagnée d’une invite à reconnaître le nouveau. » Inviter c'est facile, le faire est difficile

RS : « Patlotch a une nouvelle marotte : « le vivant », « l’extractivisme »... » L'extractivisme j'y ai consacré un sujet fort documenté dans l'ancien forum pendant 3 ans. Quant au vivant comme « marotte », il fallait la sortir, celle-là, et gage qu'à RS elle va coller aux bottes non crottées. Pour lui, ce n'est pas tant que le vivant soit « flou », il n'existe pas, n'a pas d'implication sur le rapport qu'entretient le capital avec lui, pour le préserver comme sa propriété sans laquelle il crèvera comme l'humanité, autre concept « flou » dont le capitalisme n'a pas besoin pour l'exploiter, la dominer, et la détruire jusqu'à se détruire lui-même. C'est à se demander de quoi vit RS...

- à propos du mouvement des gilets jaunes :
RS a écrit:S’il ne décrit rien de nouveau, en quoi consiste alors sa nouveauté ? En parler comme une « nouveauté » sert à introduire une vision idéologique, elle, plus ou moins « nouvelle ». Cette nouveauté consiste à faire passer les rapports d’exploitation et la recherche maximale du profit propres au mode de production capitaliste sous une relation plus large, englobante, qui devient alors la relation déterminante : le « rapport humanité-capital-nature » (Patlotch, 23 novembre). Le « Commun » opposé au mode de production capitaliste vient parfois un peu rationnaliser la chose. Le capital devient un concept aussi flou que ceux de « nature » et d’ « humanité ». Il est vrai que Patlotch a annoncé une nouvelle cible : le « conceptualisme », plus de théorie manipulant des concepts, maintenant Patlotch est en connexion directe avec le « réel », le « vivant » et la « nature »
merci pour glisser au passage dans ma « vision idéologique » le « Commun », idéologie dont j'ai fait litière...  le « rapport humanité-capital-nature », ma lectorate "équipée" aura compris que c'est un raccourci et ce qu'il recouvre, mais non, RS y voit ce qu'il veut y voir. Mon concept de « capital » n'est pas plus flou que le sien, et c'est justement ça, relativement à d'autres (le texte Contribution à la rupture en cours par ex.), que ça l'emmerde. « nature » et « humanité » sont assez clairs chez moi pour qu'on s'y intéresse plus que le savant de Marseille. Voir les sujets ici, on y parle aussi du capital, sans obsession réductrice de ce qu'il est. Réellement. Aujourd'hui. Quant à la nouveauté du mouvement, mon suivi quotidien s'efforce de la cerner, et elle a beaucoup bougé depuis ma critique et cette réponse. La nouveauté, parfois, c'est chaque semaine, chaque jour, comme disait Debord

- sur la caractéristique générale du mouvement : il y a plusieurs courants en tendances qui se mélangent, comme l'a montré le texte Contribution à la rupture... Le populisme sans leader, dont j'ai parlé le 29 novembre, n'était qu'un de ces courants, mais en raison même du "malaise dans la représentation", ou plutôt de son rejet aussi bien la représentation institutionnelle qu'au sein du mouvement, c'est le RIC, référendum d'initiative citoyenne, qui est maintenant au centre et ouvre des discussions tendues avec ceux qui veulent créer un parti des gilets jaunes, donc sans savoir ce qui en sortira, ce qui suit est tout vu :
RS a écrit:Attendons de voir qui va « représenter » les gilets jaunes. « Populisme sans leader » ? C’est possible : une sorte de populisme inachevé ; mais attendons la suite pour savoir s’il sera toujours sans leader ou même sans leadere. A voir…
il me semble que RS, en tant que théoricien, a perdu une qualité indispensable à tout chercheur : l'intuition,ce qui est patent à propos de la "nouveauté", voir ci-dessus

- de même sur l'auto-organisation, j'ai parlé dans les débuts du mouvement d'auto-organisation par défaut, défaut d'une représentation qui se cherchait et dont la majorité ne voulaient pas, ce qui conduit aujourd'hui à chercher la démocratie directe sous la forme préconisée par Chouard, le référendum d'initiative populaire, eux disent citoyenne, fantasme nationaliste de pouvoir du peuple dans un seul pays, et porte ouverte aux programmes réactionnaires : pour la peine de mort, contre le droit à l'avortement, pour l'éjection des migrants (contre "Marrakech" c'est la présence massive de la droite nationaliste identitaire, française ou européenne, nous sommes bien d'accord)

- accessoirement pour qui n'a pas suivi nos amours contrariées, « certitudes narcissiques » ou « satisfaction narcissique » était évidemment de ma part un retour à l'envoyeur qui me voyait comme « se prenant pour le centre du monde, le comble du narcissisme ». Je vois fort peu RS/TC inclure explicitement d'autres auteurs : pour piquer et s'approprier sans dire à qui ou quoi, ils sont forts, car comme disait Daredevil en 2007 :
[pour TC] toute production théorique est TC, mais TC doit séparer le vrai du faux tout en considérant le faux comme partie intégrante de sa théorie. Ainsi Dauvé, La Matérielle, Aufheben, l’autre courant de Meeting, cette critique même, etc. sont pour TC du TC. TC se retrouve comme l’Idée Absolue qui est la totalité et son aliénation pour se retrouver. Pour TC cette critique même sera du TC en mouvement. Mais, n’est-ce pas cela la théorie adéquate (naturelle) à la période ? [...] On peut critiquer la théorie « técéiste », peut-on en faire une autre ? Je n’ai pas de réponse…[...]
la réponse, nous l'avons aujourd'hui, 2007, c'était le bon temps, le grand embarquement avec SIC revue internationale pour la communisation avant son plantage manifeste. Tiens, où sont-ils passés, tous ceux-là ? « Solitude de la théorie communiste », quand tu nous tiens, et qu'on tient tant à toi...

- il y a bien sûr des remarques que je partage, et qu'il n'y a pas lieu de m'opposer, sur les grèves, par exemple ce serait un débat, sur la présence des femmes aussi, ou « rien n’interroge[rait] directement le rapport femmes / hommes », il faudrait y regarder de plus près. Toujours est-il que j'ai entendu (lu) plus d'une envoyer paître les "gros beaufs machos", comme les racistes. Sur facebook, il y a nombre de noms "arabes" et sur la présence des "racisé.e.s", nos analyses ne sont pas éloignées quant à la focalisation (par Alain Corne/Carbure, Joshua Clover...) sur le Comité Adama

RS a écrit:Que veut dire ensuite : « L’Etat est le capital même dans sa fonction économique autant que politique » ? Qu’est-ce qu’une « vision marxiste très classique de l’Etat » (il s’agit de TC) ? C’est le genre de coquetterie intellectuelle dans laquelle chacun met ce qu’il veut mais qui permet de se reconnaître entre happy few. Qu’est-ce que « l’Etat-réseau » ? Derrière chacune de ses fonctions, l’Etat, c’est le gourdin.
ce n'est pas moi qui parle d'État-réseau, mais Temps critiques, et la fonction tant économique que politique de l'État tient au fait qu'il est le patron, des fonctionnaires dont dépend le revenu, et de part décisives dans des secteurs entiers de l'économie : transports, santé, logement... structuration des "territoires" et de la circulation/distribution des marchandises. L'économie politique, c'est aussi la politique économique, et la critique du capital celle des deux. La pique "happy few" est aussi petite que "chamane"

- le plus navrant est que cette "réponse" néglige que ma critique à TC remonte au 28 novembre et s'inscrit dans le sujet avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale qui comporte autant de posts que de jours dans ce mouvement, ce qui fait cette réponse narcissique en tant qu'elle l'extrait de ce tout. J'ai admis moi-même, en bas de cette critique, que RS et moi, nous ne théorisions pas de la même manière, voir "on n'analyse pas à chaud" ? ça dépend, alors pourquoi cette hargne ? Aurais-je encore mis le doigt où ça fait mal ?

la théorisation, je l'ai souvent dit, ce n'est pas une joute entre théoriciens ou revues, dans laquelle disparaît si souvent, comme ici, l'enjeu de la théorie, son lien aux luttes, remplacés par une guéguerre entre égos et une mauvaise polémique qui oublie la rigueur d'argumentation. Avec moi, ici, c'est raté, car comment intervenir encore chez dndf avec l'esprit un peu serein ? RS porte l'entière responsabilité d'avoir cassé ce qui commençait à s'ouvrir chez Pepe@dndf

pour le reste, le débat théorique est ouvert (le contraire de fermé) ici, avec d'autres "chamanes" : RUPTURE EN COURS DANS LA CRITIQUE. On se reportera particulièrement à 2. prolétariat, écologie, et capital : le plancher vert vs le plancher de verre ?, du 10 décembre
Patlotch a écrit:en résumé, pour ces marxistes comme pour la plupart, l'écologie est à la critique de l'économie politique comme le sparadrap au Capitaine Haddock. Ils ne savent pas poser l'activité du prolétariat dans la contradiction de classe qu'ils mettent au cœur de leur analyse. Soit ils n'en parlent pas, soit ils l'évacuent ou la font entrer dans leur programme démocratique. Ceux-ci l'ont mise en note


PS 1 : "chamane", "happy few"... : non, je ne suis pas vexé, ni blessé, mais parti comme ça, tout le monde a bien compris où ça mènerait si je n'y mettais le holà. Et à vrai dire, je croyais RS meilleur que ça. Encore une illusion qui tombe. Dans cette réponse je le trouve vraiment con : quel gâchis !

affraid

ajout :
commentaire à la Réponse aux commentaires de Patlotch
LG&AC a écrit:dndf LG&AC 12/12/2018  #3
Bizarre d’en passer par le concept de conjoncture pour finir simplement par constater que tout cela “n’annonce aucune unité de rupture”. Précisément, l’intérêt d’une analyse en terme de conjoncture était de court-circuiter toute forme d’analyse du type révélation du contenu révolutionnaire du fond de la pureté de l’être de la classe. Il semblerait que TC fasse un usage purement formel de ce concept. Dire “conjoncture” revient à dire : “oh, y’a plein d’instances” et c’est en cela que consiste l’antidogmatisme structuraliste de TC : on a bien vu qu’il y avait plein d’instances, que c’était “plus compliqué que ça”. Cependant, TC fait immédiatement retour à la prédiction sûre d’elle même et indifférente à ce qu’il se passe et nous dit que toute cette complexité ne tend pas vers une “unité de rupture”. Être réduit à chercher dans le mouvement les annonces de son contenu révolutionnaire ou non-révolutionnaire après en être passé par l’idée de conjoncture, et pour dire qu’au fond toute cette complexité ne change rien, c’est un peu embêtant. [...]
le pauvre péquin qui passe, comme sur le blog du même AC, pour demander : « C'est quoi cette "unite de rupture" ? », il y a 3h, combien de temps pour lui répondre, ou pas ? Ce commentaire est loin d'être inintéressant, qui ne me donne tort en rien, puisqu'il ne parle pas de ma critique à TC, qui n'est pas pour eux le sujet. Ils se heurtent à leur propre incompréhension de ce qu'ils disent pourtant, comme une poule ayant trouvé une poule. Effectivement, c'est « un peu embêtant ». RS leur répondra, car il sent qu'ils sont de son niveau d'« abstraction théorique », propre à tourner en rond pendant 40 ans, et à se la péter plus haut que leur cul dans leur jargon imbitable, entre "happy few" (= rares privilégiés)

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Jeu 13 Déc - 13:50


de la revendication à la communisation ?

avec des si et des scies

la foi du charbonnier



Paris, 8 décembre 2018
remake des Communistes antigestionnaires de Toulouse 2014
particulièrement inspirés par TC : « c'est au présent que nous parlons de communisation »
comme des syndicalistes du programmatisme honni ?


comme suite au post précédent, dans la discussion devenue intéressante par des postures très différentes de personnes qui pensent les choses dans la même perspective, et sont ou non dans les luttes comme si devait un jour en sortir la "communisation" de leurs rêves. Le commentaire ci-dessous et ceux qui précèdent, avec l'honneur qui m'est fait d'en causer en rapport avec ma critique de 'Théorie communiste'*
* puisque je me suis retiré de dndf sur la pointe des pieds pour protester contre la transgression par RS de la règle du jeu d'un débat honnête et véritable

j'ignore s'il s'agit du même malheureux Robin qui avait fait des siennes dans une dernière réunion de Sic en 2014, créé un hasardeux forum.communisation en 2015 où il avait trouvé la martingale entre Roland Simon et Georg Lukács, puis proposé en 2016 de distribuer des tracts pour la communisation durant les Nuits debout. Si ce n'est lui c'est donc son frère

Réponse aux commentaires de Patlotch
désolé je corrige les fautes même si c'est moins vrai
Robin a écrit:13/12/2018 à 11:45 #7

Sur Alès, dans les blocages, il y a chez pas mal de bloqueurs la conscience claire que c’est en se focalisant sur les aspects pratiques de la lutte que nous réussirons, en évacuant toutes les tentatives de formalisations politiques. Alors après réussir quoi ? il y a un gros flou la dessus, et en même temps chez pas mal de ceux qui sont très actifs la volonté de préserver ce flou.

La tendance du mouvement a vouloir créer de nouvelles médiations (représentants, revendications limités et “respectables”, volontés de respectabilité politique, RIC, etc…) bien qu’elles soient présentes depuis un moment dans notre mouvement, n’a commencé à prendre de la force qu’a partir du moment ou la lutte s’est heurté à une répression très violente qui a fait perdre l’espoir (momentanément seulement peut-être) d’un bouleversement révolutionnaire.

Je suis pas à l’affût de comment radicaliser le mouvement, je cherche simplement, avec les camarades d’infortunes rencontrés au rond point, a comment obtenir la victoire de ce mouvement : je lutte honnêtement et sincèrement pour un smic à 1500, une vie décente pour tous, qu’ils soient privés d’emplois ou non. C’est pour gagner sur ces revendications que je me mobilise pour parvenir à étendre les blocages, participer a la création d’une situation ou la classe capitaliste perds beaucoup d’argent et flippe de l’insurrection, créer des condition de luttes agréables pour les collègues du ronds point, rendre la tâche difficile a la flicaille, lutter contre les tentatives de créer de nouvelles médiations dans la lutte car elles divisent nos forces en étant clivantes ou parce qu’elle font courir le risque d’une trahison.

La théorie m’apporte la conscience que ces revendications ne seront jamais satisfaites, et que l’hypothèse communisatrice pourrait être la résultante de ces luttes qui ont compris que l’abolition des médiation est leur force, que l’immédiateté sociale de l’individu est le moyen par lequel on peut “gagner” même si il n’y aura jamais de “victoire” puisque ce processus aboutit sur l’abolition de toutes les classe.

Quant j’entends des copains de ronds-points, maçons, cuisiniers, électricien, auxiliaire de vie, etc… me dire “faut qu’on arrête de faire des grandes AG ou tout le monde se prends le bec, on ferai mieux de s’organiser directement d’un rond-point à l’autre, dans la solidarité, sans faire de politique, sans chefs, pour faire en sorte de rendre nos actions plus efficaces”, j’entends un discours “Communisateur”.

J’en veux pour preuve personnelle que pour la première fois dans mon expérience dans les différents mouvements sociaux des 15 dernières années, je ne ressens aucun besoin de “faire de l’activisme”, “de chercher a assumer une position de leadership” tant je me sens en confiance que le chemin que prends cette lutte, ses modalités, son flou consensuel idéologique, rejoins celui de la communisation.

Je ne suis pas certain que c’est de ce premier assaut que naîtra le point de non retour qui nous fera basculer dans la communisation, je suis presque certain du contraire. Je ne sais pas la forme que prendra la contre-révolution temporaire qui débouchera de l’échec de cette lutte. Je suis en revanche convaincu que nous avons trouvé les modalités de lutte par lesquelles pourra émerger la communisation avec ce combo blocage dispersé/ manifestation insurrectionnelle/ flou apolitique consensuel. il faudra peut-être encore quelques années pour que davantage de personnes luttent de manière jusqu’au-boutiste parce qu’ils sont dos au mur, et je fais confiance a la crise financière a venir pour grossir les rangs de ceux qui n’ont plus rien a perdre.

il y a un mélange paradoxal de :

- être là « pour le Smic à 1500€ »
- considérer que c'est « jusqu'au-boutiste » mais
- dire que « la théorie m’apporte la conscience que ces revendications ne seront jamais satisfaites »
- croire entendre un « discours communisateur »

on ne saurait mieux dire en même temps sa confusion et son intuition que la forme serait celle adéquate à porter un autre contenu, révolutionnaire, qu'on suppose dans une autre "conjoncture", celle propre à "franchir le pas", "combler l'écart", "dépasser les limites", hic salta bla bla bla. En attendant, on revendique, pour le dire franchement, comme un syndicaliste sans syndicat, un militant sans parti

tout le monde peut projeter sur ce qui se passe cette impression qui fait notre étonnement à tous, mais est-ce qu'une forme peut s'analyser indépendamment de son contenu, quand elle ne produit pas une « unité de rupture » ?

n'est-ce pas plutôt le schéma révolutionnaire qui serait caduc, indépendamment de le juger ou non déterministe, « prédiction sûre d’elle-même et indifférente à ce qu’il se passe » et « rater cette chose a caractériser qui fait toute la singularité de ce qu’il est en train de se passer. » (LG&AC as RS, 12 déc. #3) ? C'est au fond la question que pose LE CONCEPT DE RÉVOLUTION, sa "structure d'horizon", et la foi qui en découle : Robin n'a pas dit qu'il était le charbonnier parmi ses « copains de ronds-points »

PS : j'ai donné d'autres extrait de cette discussion/dndf dans avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale 2. nous sommes tous dedans

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Ven 14 Déc - 11:48

suite et déportement du débat chez dndf. Redirection des liens suite "cafouillage" chez dndf

un dépassement produit dans la lutte par la lutte
mais pas contre le capital

on l'a vu, mon différend avec RS/TC ne tient pas à l'analyse de classe dans une approche strictement prolétarienne, dont j'ai écrit qu'elle était pour moi la meilleure, mais dans la non prise en compte du capital comme détruisant le vivant, donc aussi sa capacité d'exploitation de la "nature", autrement dit qu'il est de ce point de vue aussi « son propre fossoyeur » (Marx)

09:07
dndf vient de publier une contribution au débat de R.S., en quelque sorte une Réponse à robin et LG&AC. N'étant jamais tombé dans cette illusion, j'ai gardé un cap théorique qui me fait partager entièrement ces passages, et si nos différends sont importants, ils sont ailleurs, même si j'ai selon lui une vision «floue» du concept de «capital» :
RS a écrit:Dans une situation, aussi confuse soit-elle, il peut arriver beaucoup de choses, et même des choses imprévisibles, mais jamais « n’importe quoi », ou alors on se met à croire aux miracles. En l’occurrence, ce qui se produit en France ne produira [...] sûrement pas dans l’état actuel des choses, un mouvement tendant à fusionner les contradictions en une « unité de rupture », c’est-à-dire tendant à abolir les rapports sociaux capitalistes. Dire que « cela n’était pas écrit », c’est croire aux miracles. [...]
En trois semaines de luttes, on a eu bien sur une évolution des caractéristiques initiales mais aucunement une remise en cause ou un dépassement. [...]
La seule polarisation possible aurait pu avoir comme raison la politique, mais malgré la haine unanimement partagée de Macron [...] le « peuple devenant l’Etat » ne renvoie pas, en France, à des rapports de production comme en Iran ou en Egypte.
je ne sais pas si l'on peut rapprocher « polarisation politique » et conglutination populiste, mais toujours est-il que c'est en ce sens que j'ai vu la dynamique passer de revendicative à politique, sans toucher à la production comme je l'ai souligné hier : « Avec nous, tous les rouages tournent »

10:56
du point de vue de la méthodo-logique ou de la métathéorie, il est clair qu'on pouvait le sentir dès le début, sans quoi les producteurs prolétaires n'auraient pas attendu les Gilets jaunes, qu'ils n'ont pas massivement rejoints (voir enquête du Monde), si ce n'est en faible proportion ou en soutien car ils espéraient bénéficier des miettes obtenues : « personne ne crachera dans la soupe et c’est toujours bon à prendre »

si le débat ne porte plus sur mon différend avec RS, il n'en est pas pour autant inintéressant. Se demander, comme déjà dit, s'il y a ou non « unité de rupture », ce n'est pas ça qui masque ce qui se passe, car ça se passe ailleurs, donc non
LG&AC a écrit:Dire qu’il n’y a pas unité de rupture, et en faire le point final de l’analyse c’est rater cette chose a caractériser qui fait toute la singularité de ce qu’il est en train de se passer.
ce qui se passe de singulier c'est le devenir d'une auto-organisation par défaut qui se dédouble, d'abord largement canalisée par le RIC, démocratie directe, avec l'illusion du « gouvernement par le peuple pour le peuple » ("Conventionnels"), et ce qui demeure une irréductible composante "anarchiste" ("sans-culottes") elle-même composite quant à son contenu de classe

c'est pour moi le seul point de dépassement, ne serait-ce que de la résignation, et débouchant sur une prise de conscience de la puissance de la lutte, qui change la vie de qui y participe, et pas surprenant qu'y soit plus sensible qui en est sans en attendre des miracles

C'était le sens de mes écrits plus poétiques hier, MOTS LESTÉS et ma raison de titrer dans mon fil de suivi 3. la décrue qui vient d'une immense victoire de la subjectivation collective, ou 1. de la tragédie à la farce ou les gilets jaunes entre sans-culottes et conventionnels et 2. La classe moyenne dans tous ses tiers-états et les sans-culottes à la peine

c'est bien sûr en relation avec tout ce que j'avais écrit ces dernières années sur la subjectivation révolutionnaire, l'utopie concrète, etc. et dont on trouve la trace ici, de décembre 2016 : VI. LA SUBJECTIVATION RÉVOLUTIONNAIRE, liens organiques, activités communistes, "utopie concrète"...

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Jeu 20 Déc - 21:07


en 2005 déjà, RS/TC s'opposait dans Meeting
à un texte abordant le problème écologique
Joachim Fleur a écrit:Dissipons tout de suite un possible malentendu : l’écologie dans ses diverses variantes de gauche, du centre ou d’extrême droite même est une idéologie capitaliste. Utile à des discours lénifiants, démagogiques, à la création de quelques marchés « de qualité ». Mais jamais ce système ne se convertira raisonnablement et vertueusement à un fonctionnement écologique rigoureux tout en n’abandonnant rien de son essence [...] Ce point crucial ne supprime évidemment pas la contradiction qu’est l’exploitation mais risque fort de peser sur son cours de diverses façons...
mais d'abord des nouvelles de sous le front de Léon de Mattis, qui n'est donc pas mort à la démocratie :
Un monde si classes..., Léon de Mattis et Joachim Fleur, 13 p. Si quelqu'un peut m'aider à le dater...

Joachim Fleur fut un participant à la revue Meeting. À l'époque, il me confia sur un trottoir de Montreuil son rejet du « structuralisme althussérien de TC », question réglée récemment par RS dans “Théorie Communiste et le marxisme structuraliste althussérien”, où le savant de Marseille dément l'influence du "caïman de la rue d'Ulm" mais reconnaît le structuralisme de TC, donc pour moi son structuralisme prolétarien

Fleur se distingua en 2005 par un texte dont RS/TC dit alors, je cite de mémoire : « Je ne peux pas être d'accord avec ça...» Il fut publié Meeting n°2 : Prolétaires, encore un effort pour être communisateurs..., Joachim Fleur, 9 mai 2005

y était notamment abordée la question écologique. Extrait
Joachim Fleur a écrit:J’ai abordé le problème de la crise « écologique ». Marx était progressiste, divers courants programmatistes aussi, parfois jusqu’au délire mystique, ce qui est à peine un paradoxe. Or le mode de production capitaliste apparaît désormais comme tendanciellement destructeur des conditions même de la vie sur cette planète. Peut-être pas pour les rats, les cafards et quelques autres espèces mais pour nous, humains et pas mal d’autres. Pas parce qu’il est méchant mais parce que sa dynamique est celle de l’illimité dans un monde physiquement, objectivement limité. Accroissement de soi par tous les moyens, les « positifs » comme les négatifs. Et il est clair, aveuglant même semble-t-il, que rien ne sera fait que de dérisoire contre, par exemple, le réchauffement climatique, la diminution de nombreuses ressources (halieutiques et autres), la baisse de la biodiversité, l’érosion des sols, etc1.

Dissipons tout de suite un possible malentendu : l’écologie dans ses diverses variantes de gauche, du centre ou d’extrême droite même est une idéologie capitaliste. Utile à des discours lénifiants, démagogiques (cf le Grand Leader Chirac), à la création de quelques marchés « de qualité ». Mais jamais ce système ne se convertira raisonnablement et vertueusement à un fonctionnement écologique rigoureux tout en n’abandonnant rien de son essence. Les salauds néo-malthusiens du World Watch Institute s’effraient à juste titre d’une Chine aussi proportionnellement pourvue en bagnoles que les États-Unis, ou aussi dévoratrice de pétrole (qui manquera dans quelques décennies, intéressante certitude) et d’électricité (nucléaire par exemple contre le réchauffement climatique, merveilleuse idée). Ils recommandent que les pays émergents empruntent d’autres voies mais se gardent bien des mêmes conseils concernant justement l’Occident, États-Unis en tête mais pas seuls pollueurs. Les dégradations sont déjà considérables et c’est le mode de production-consommation dans ses caractéristiques « techniques » fondamentales qui est intenable à moyen terme. Ce point crucial ne supprime évidemment pas la contradiction qu’est l’exploitation mais risque fort de peser sur son cours de diverses façons... Si « conversion » il y a, elle sera plutôt à tendance autoritaire, inégalitaire bien sûr dans les efforts demandés, les sacrifices, etc. Au pied du mur et pas avant, peut-être même un peu après avoir tâté dudit mur. Et avec des tensions entre États, entreprises, avivées, des guerres pour les ressources fort probables. Ce processus peut être long à l’échelle humaine (quelques siècles), court à l’échelle historique et relativement à l’espèce. Le tsunami (pas ses conséquences sociales) n’est pas « capitaliste », ne le serait pas non plus un gros corps céleste percutant notre planète, mais hors ce type de catastrophe les autres sont de moins en moins exclusivement naturelles. La conversion devrait aussi être rentable, c’est irréel.

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Sam 29 Déc - 17:14


le 29 décembre 1920
Gibets Rouges





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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Lun 7 Jan - 16:30

Christian Charrier, avec Roland Simon, Gilles Dauvé et Bruno Astarian, c'est un peu le quatrième des Mousquetaires de la communisation

Charrier sorti du placard par ses amis de quarante ans


plus de dix ans après l'arrêt de La Matérielle, la lecture apaisée qu'en a aujourd'hui Théorie Communiste (à qui je suppose cette présentation doit beaucoup...) tranche singulièrement avec les critiques que TC lui portait alors. Un peu dommage pour l'ami Charrier, qui aura laissé quelques plumes dans le goudron dont Roland Simon l'avait recouvert. Je retiens le passage concernant davantage mon différend avec TC depuis ces années-là, puisqu'il questionne l'antagonisme de classe en tant que la conscience de classe serait la conscience du capital (Endnotes) comme économie politique = capital et État, au sens le plus profond de la rupture de Marx avec Le Capital

si « toute théorie contemporaine de la révolution comme communisation, en ramenant celle-ci à sa seule raison d’être : les mutations profondes de l’antagonisme de classe », alors se pose la question de « notre conception du prolétariat ». Pour ma part on le sait je considère que l'antagonisme de classe n'est pas un, qu'il se présente sur plusieurs fronts bel et bien antagoniques (dont celui de l'écologie fait polémiques avec TC) et que rien ne sert d'adopter une définition à géométrie variable du concept de prolétariat si l'on ne le voit pas se constituer en classe

la publication bien tardive des travaux de Charrier, pourtant limités à une critique interne de la théorie de la communisation, augure-t-elle de l'ouverture de débats que je souhaite depuis sa placardisation ? On verra. Mon impression est que même chez ces camarades, il va falloir que ça marine encore un certain temps


Troisièmement, la Matérielle vise à mettre à nu la figure du prolétariat comme producteur et comme classe universelle que les théories post-prolétariennes ont héritée de la gauche italienne. Sous les conditions de l’antagonisme de classe direct, le prolétariat ne constitue en rien une extériorité vis-à-vis du capital ; il ne possède rien dans cette société qu’il pourrait retourner contre les capitalistes.

Dans l’approfondissement de ce dernier thème, la Matérielle est à la recherche d’une articulation rigoureuse de notre position pratique dans l’histoire et de notre position théorique relative à la lutte des classes. Une telle articulation exige que nous congédions l’essentialisme prolétarien que les théories post-prolétariennes reproduisent malgré elles, dans la mesure où leurs théories tendent à prédéterminer le rapport de classe dans un sens révolutionnaire. Cette attribution continue d’une orientation révolutionnaire est inséparable de la conception du développement du capital que l’on trouve exposée dans ces mêmes théories. Des revues comme Invariance et TC avaient pour ambition de faire la théorie adéquate à la position pratique d’un prolétariat pleinement intégré. Or, ce faisant, elles ont aussi substitué une « Théorie du prolétariat » à la critique de l’économie politique, puisque leurs théories du sujet prolétarien pleinement intégré ont pour homologue objectif la notion, principalement dérivée des Grundrisse, du capital comme « contradiction en procès ». Cette notion signifie qu’au plus profond de lui, le mode de production capitaliste est porté vers sa propre abolition, et ce dans la mesure où l’intensification des modes d’extraction de la survaleur suppose la marginalisation de la source même de cette extraction, à savoir le travail. Pour la Matérielle, c’est le fait qu’elles restent à ce niveau d’analyse qui conduit les théories post-prolétariennes, malgré elles, à une forme de donation de sens. Qu’est-ce à dire ? C’est que la notion du capital comme relevant fondamentalement d’une « contradiction en procès », d’une valorisation qui sape sa propre base, implique, prise en elle-même, que le capital soit « virtuellement aboli ». Autrement dit, le sens révolutionnaire retranché de la nature du prolétariat n’a que été reporté sur cette « contradiction en procès » qui inscrit la nécessité d’un dépassement au cœur du rapport capital-travail. C’est pourquoi la Matérielle peut dire de TC qu’il reconduit la position théorique du paradigme ouvrier de la révolution, celle du prolétariat producteur et révolutionnaire, à ceci près que ce n’est plus tant le sujet prolétarien que la contradiction objective du capital qui est à l’origine du dépassement nécessaire. Par conséquent, la perspective claire sur ce dépassement, désormais perdue dans le cours effectif de la lutte des classes, ne peut être donnée que par la systématicité théorique qui réorganise les faits bruts dans ce qu’ils ont de chaotique en une ligne de fuite nommée communisation. D’où la tentation de l’« activisme théorique », de la diffusion de cette théorie de la révolution auprès d’un milieu élargi. Voilà le repoussoir de la Matérielle qui est en même temps son interlocuteur privilégié : la présentation de la nécessité de la révolution sous la forme de la spéculation systématisante.

Avec pour pierre de touche le cours actuel de la lutte des classes, la Matérielle engage donc la tâche d’un rééquilibrage de notre position pratique et de notre position théorique. Mener la critique du paradigme ouvrier jusqu’au bout revient à la porter jusqu’à la forme même de la théorie post-prolétarienne, à savoir cette spéculation systématisante qui donne un sens à l’histoire de la lutte des classes. Rien d’étonnant, alors, à ce que cela se répercute sur les textes eux-mêmes, nécessairement fragmentaires et provisoires. Il s’agit d’assumer, en théorie également, qu’il n’y a rien qui trace d’ores et déjà le chemin des luttes actuelles à la révolution. Cependant, la Matérielle tient ici un équilibre précaire, puisqu’elle souhaite par ailleurs maintenir l’horizon de la communisation comme transformation immédiate des rapports sociaux capitalistes. Comment comprendre que la lutte des classes soit à appréhender en et pour elle-même, dans son actualité pure, mais que d’un autre côté, il s’agit de conserver la perspective d’une rupture profonde avec cette actualité ? C’est que cette rupture profonde ne doit pas être conçue comme la conséquence de la prémisse du capital comme « contradiction en procès », c’est-à-dire comme la révolution nécessairement produite par un antagonisme de classe formalisé dans les termes d’une contradiction. L’horizon de la rupture ne doit pas primer sur l’analyse de la lutte des classes. Les perspectives d’une pratique autonome communiste par excellence, d’une extériorité du prolétariat vis-à-vis de la société du capital ou de luttes spécifiquement « anti-travail » ne font qu’instaurer un rapport sélectif et téléologique à la lutte des classes. En lieu et place de cela, c’est l’analyse des activités de lutte du prolétariat dans leur ensemble qui doit éclairer la forme qu’une révolution pourrait prendre aujourd’hui, mais aussi et surtout « ce qui n’est pas elle », autrement dit les formes que prennent l’absence de rupture ou, si l’on veut, la non-révolution. À son tour, cet infléchissement de la théorie de la révolution n’est pas sans effets sur notre conception du prolétariat. Si la révolution n’est plus inscrite au cœur du rapport capital-travail, on ne peut pas non plus présupposer l’existence de son acteur principal à l’instar des courants situationnistes et opéraïstes en quête d’un sujet révolutionnaire. Le prolétariat n’existe plus, alors, que dans un processus de constitution infini, inséparable du capital, dont l’issue n’est pas fixée d’avance. Les hypothèses développées dans la Matérielle constituent comme un correctif de toute théorie contemporaine de la révolution comme communisation, en ramenant celle-ci à sa seule raison d’être : les mutations profondes de l’antagonisme de classe.

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Dim 20 Jan - 23:52

d'hier, précisé

pourquoi je n'irai pas à la

Présentation publique à Paris de


PARIS, le 24 janvier à 19h à la librairie PUBLICO 145, Rue Amelot, 75011 Paris

comme c'est une évidence pour ma lectorate éclairée, ce sera pour d'autres. C'est près de chez moi, pas de prétexte. Raisons personnelles ? on pourrait le penser mais non : raisons théoriques conséquentes depuis 2015 au moins

d'abord j'ai lu tout ce qui, de Charrier, est publié sur son site éponyme La Matérielle, et si cet ouvrage présentait des inédits, je suppose que la maison d'édition l'aurait signalé. Personnellement, c'est je pense bien connu, j'ai appris à me passer de papier à la lecture comme à l'écriture, au point qu'en cas d'ouragan sur mes blogs il peut m'arriver de tout perdre, quand ce n'est pas moi qui le détruis pour passer à autre chose

ensuite j'ai rencontré Charrier en 2006 ou 2007, à vérifier, il est venu dormir chez moi après une réunion de Meeting à Montreuil, et nous avons pendant quelques mois entretenu des échanges par mails. Je n'ai aucune nouvelle de lui depuis, je ne sais même pas s'il est encore vivant. À ces occasions, il m'a dit certaines choses qu'il n'a jamais écrites, et que je ne saurais donc révéler en détail, mais en substance cela prolongeait ceci : si je leur dis ce que je pense vraiment, c'en ai fini de moi pour eux. "Leur", c'était le groupe Théorie Communiste, et sans doute quelques autres dans ce milieu fermé

c'est bien évidemment parce que ses textes restaient, comme Roland Simon le soulignait, au sein de la théorie de la communisation tout en la critiquant en ses fondements, que Charrier ne pouvait pas élaborer une autre théorie. Ceci éclaire donc pourquoi je n'ai rien à faire dans un éventuel débat lors de cette présentation, parce que sa publication et la "présentation de l'ouvrage" donnée par dndf s'inscrivent bien évidemment dans une problématique qui leur était encore commune, du moins dans les textes publiés de Charrier, mais qui ne me l'est plus

en d'autres termes, ce débat, s'il n'est pas strictement entre Charrier et Théorie Communiste, est en deçà de ce que Charrier pensait et qu'il m'a dit il y a maintenant plus de dix ans. Depuis j'ai produit quelques avancées sur le chemin qu'il avait ouvert, même si je ne l'ai pas présenté ainsi, en y faisant souvent référence alors que les initiateurs de cette édition n'en ont pratiquement rien dit depuis cette période. J'ai donc salué, voir ci-dessus 7 janvier, cette initiative pour "un débat apaisé" et j'espère plus honnête que les courriers de Roland Simon à son ami de quarante ans Christian Charrier. Un débat dépassé pour moi, qui ne m'intéresse plus, comme d'ailleurs les adeptes de Théorie Communiste ne s'intéressent pas à ce que j'écris, c'est bien connu, puisqu'ils se font une obligation de n'en parler jamais, de ne jamais le relayer, de ne le traduire jamais : comme si ce dont ils ne parlent pas n'existait pas, et ce n'est pas moi le plus important dans cette affaire, ce que savent les moins idiots de cette bande auto-collante et frappée par sa consanguinité

je me vois surtout mal passer par-dessus Charrier pour polémiquer avec Théorie Communiste, ce serait très irrespectueux du premier et d'un public qui ne viendra pas pour ça

mes considérations théoriques sont depuis  au-delà de Théorie Communiste et Charrier, et c'est bien la raison pour laquelle elles dérangent, par des questions que RS lui-même n'a pas manqué de trouver opportunes parfois, ou du moins les intuitions qu'elles portaient, au point d'en piquer quelques-unes à sa manière "d'auteur virgule de la pensée", ou, comme récemment à propos du rapport humanité-capital-vivant ("nature"), bottant en touche en ironisant sur « le chamane Patlotch » à un niveau théorique dont à sa place, je serais peu fier*. C'est dire que je n'ai aucune raison d'en être vexé, mais plus dans la compassion

* voir cette discussion dans L'HUMANITÉ CONTRE LE VIVANT ? ET LE CAPITAL ? à partir de décembre 2018

douze en retard ajouté à d'autres, le temps perdu ne se rattrape jamais, même quand on est au fond, tout en critiquant les avants-gardes, dans la certitude d'« avoir raison contre tout le monde », comme Christian Charrier le disait justement, en 2000-2005, de Théorie Communiste... au début des années 80 du siècle dernier

bon débat à toussétoutes, que l'ordre règne sans Patlotch

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 23 Jan - 16:09


du 20 janvier, mis à jour 16:09. J'ajoute pour et à sa mémoire un texte de Christian Charrier dans Meeting, du 3 avril 2005. J'ignore s'il figure dans le livre La Matérielle, fin de la théorie du prolétariat qui fera l'objet demain à Paris d'une présentation à laquelle je n'irai pas. J'explique pourquoi


pourquoi je n'irai pas à la

Présentation publique à Paris de


PARIS, le 24 janvier à 19h à la librairie PUBLICO 145, Rue Amelot, 75011 Paris

comme c'est une évidence pour ma lectorate éclairée, ce sera pour d'autres. C'est près de chez moi, pas de prétexte. Raisons personnelles ? on pourrait le penser mais non : raisons théoriques conséquentes depuis 2015 au moins [suite plus bas]

23 janvier
« explorer les voies de l'exploration... »

La communisation... point d’orgue
Christian Charrier, 3 avril 2005 in Meeting 2, juin 2005, via Libcom
Nourries par les forums de discussion, les différentes contributions proposées pour le numéro 2 de Meeting donnent à voir la plus grande confusion... Voilà de quoi fournir des arguments à qui dénigre le projet et accentuer les doutes qui ont pu être exprimés. Tant pis ou tant mieux. Est-ce une raison pour faire le ménage ? Il faudrait pour cela que nous soyons en mesure de balayer d’abord devant notre porte et ne pas nous contenter d’une gloire vite acquise. Pôvre communisation... Tu voulais être une symphonie, on te fait polyphone et tu te retrouves cacophone. À qui la faute ? Certainement pas aux partisans de « la sauvagerie communisatrice de nos vies » et autres tenants du « on arrête tout et on communise » qui ne font que s’engouffrer dans les limites de la dite communisation.

1. La communisation en question

Pourquoi et comment peut-on parler aujourd’hui de la « révolution comme communisation immédiate de la société capitaliste » [1] ? Pourquoi le discours « communisateur » rencontre-t-il aujourd’hui un écho non seulement en France (sa « terre d’origine ») mais encore en Italie (Alcuni fautori della comunizzazione - Quelques partisans de la communisation) au Québec... en général au-delà du petit cercle de la critique de l’ultra-gauche au sein duquel cette appréhension nouvelle de la révolution a pris corps au milieu des années soixante-dix ? Pourquoi cette notion en vient-elle à « faire débat », comme on dit, aujourd’hui, trente ans après, jusqu’à constituer aux yeux de certains un nouveau courant théorique dit « communisateur », précisément, ou la théorie d’une période originale de la lutte de classes, un « parti » théorico-politique, une nouvelle idéologie de la révolution avec son mythe fondateur, une nouvelle bannière pour les révolutionnaires actuels ? Un certain Potlach a même ouvert un site entièrement dédié à la gloire de la communisation [2]... Cette « sortie de la clandestinité » de la théorie de la révolution existe bel et bien et, que ce soit pour s’en réjouir (sûrement trop vite) ou s’en méfier (peut-être trop tôt) on ne peut faire l’économie d’une interrogation sur son sens.

[2] Ce site n’est apparemment plus disponible sur Internet. Peut-être que notre afficionados s’est rendu compte qu’il s’était fourvoyé...

Patlotch a écrit:4 avril 2005, en commentaire sous le texte
Je suis l’incertain Patlotch (et non Potlatch, mais peu importe), qui aurait « ouvert un site entièrement à la gloire de la communisation ».Non, je n’ai pas ouvert un site, j’ai consacré dans la rubrique politique de mon site des pages à ce "courant d’idées", alors que depuis près de trois ans j’ai produit quelques textes dont j’ai considéré après coup qu’ils s’inscrivaient, même critiques, dans le "démocratisme radical", d’un point de vue prétendant hériter de Marx, et bien que cherchant à relancer la problématique révolutionnaire du communisme. [j'explique ensuite comment j'ai "rencontré" la théorie de la communisation, via Les Fondements... de Roland Simon trouvés à la FNAC]

Nous avons écrit dans l’Invite à Meeting que le but de la revue est d’« explorer les voies de la communisation » (pt. 5) : je crois que tout le mal vient de cette formule expéditive est un peu racoleuse et qui suppose surtout que le résultat de la chose est déjà acquis, et de l’affirmation selon laquelle « d’ores et déjà un courant communisateur existe au travers d’expressions théoriques diversifiées et de certaines pratiques dans les luttes actuelles. » (pt. 3) - bien sûr, c’est du point de vue des pratiques que les choses se compliquent tout de suite (c’est là-dessus que trop loin [3] et Danel [4] ont tout de suite pointé leurs critiques). Lequel redoute que l’on se contente de « raisonner comme si la notion de “courant communisateur” ne faisait pas problème », de « l’abstraction la plus générale du processus de la communisation et d’une définition très politique du sujet communisateur », pour conclure : « je crains qu’on ne construise un sujet révolutionnaire ad hoc pour les besoins de la problématique fondatrice de la revue » [5]. À part ça, actuellement, seule Théorie communiste est capable de rendre compte théoriquement et de manière cohérente de l’existence pratique d’un courant communisateur au travers de sa thèse selon laquelle « dans la période actuelle (...) être en contradiction avec le capital c’est être en contradiction avec sa condition de classe » [6] ; ce qui suppose bien sûr toutes les médiations inhérentes au corpus técécien - à commencer par la théorie de l’achèvement de la « restructuration du capital » en ce qui concerne la période actuelle : « il nous semble impossible de parler de communisation sans parler de restructuration et de nouveau cycle de luttes. » [7]

L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande - qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants - fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre. Le résultat de ce pseudo consensus autour de ce qui n’est pas loin de devenir une « marque » théorique, ou mieux idéologique [8], est la cacophonie actuelle que les matériaux proposés pour le n.2 de la revue donnent à entendre. Je ne crois pas que tout ce bruit fasse avancer la cause de la théorie de la révolution... Il ne s’agit pas de regretter ou de dénoncer l’hétérogénéité, le manque d’unité, du discours actuel sur la communisation, encore moins de pointer du doigt les « mauvais » communisateurs, ceux qui défendent une si belle chose avec de si mauvais arguments... mais d’alerter sur un « écart de conduite » théorique possible général : « La tâche de l’heure, comme l’écrit trop loin, n’est pas d’organiser une expression commune, ni des argumentations qui se croisent sans se rencontrer, mais d’approfondir nos présupposés particuliers en admettant et en intégrant leur inachèvement, et de les confronter aux faits qu’ils analyses. » [9] ou, comme l’écrit F. Danel « d’approfondir nos doutes, nos divergences, pour produire ensemble son anticipation-approximation théorique juste [de la révolution]. » [10]

Ce qui a été écrit jusqu’à présent n’est pas sans intérêt. La notion de communisation, qu’elle soit utilisée de manière négative pour critiquer Meeting en rejetant le projet de revue lui-même (trop loin) ou pour émettre des doutes sur sa pertinence (Danel) du point de vue de ses attendus, ou de manière positive chez les autres rédacteurs, lorsqu’elle fonctionne comme un opérateur théorique (hypothétique) permettant de critiquer, de préciser ou de recadrer un matériel existant, ou simplement de se poser des questions, agit effectivement comme un concept exploratoire légitime, ou comme un « marqueur » théorique (non comme une « marque »). Ceci simplement parce que sa prise en compte oblige à regarder la réalité immédiate en face, dans sa trivialité et à l’accepter comme telle (plus encore si l’on parle de la communisation comme révolution de la société) : le texte de R. Simon sur l’Argentine, par exemple, proposé pour le n.2 de la revue, à propos de l’« autonomie réelle » des piqueteros est particulièrement convaincant. Mais dans ce cas la communisation ne peut être que l’ « éléments » ou l’« horizon » d’un discours sur autre chose qu’elle-même et non un sujet en soi, finalement un « sujet de dissertation » ou un exercice d’école obligé pour que s’ouvrent les colonne de Meeting.

Il me paraît difficile immédiatement de dire autre chose de positif sur la communisation que ce que l’on en sait depuis le milieu des années soixante-dix : la critique de la révolution comme affirmation du prolétariat, c’est-à-dire de la période de transition ouvrant la voie à la communisation de la société au travers de l’effacement progressif de l’État et de la loi de la valeur, sinon pour opérer une dénonciation des théories actuelles de l’autonomie prolétarienne ou de l’alternative révolutionnaire. Ceci a son utilité, mais pour le reste (l’abandon de la théorie des classes et la remise en question de la classe prolétaire dans sa « dissémination » au profit des « multitudes », les plans pour le Grand Soir de la Grève générale... à la communisation généralisée) on ne peut se contenter de le considérer comme un mal nécessaire dans le grand tout symbiotique de la communisation, impliqué par l’idée même de celle-ci, même si on reconnaît que cela pose quelques questions à la théorie de la révolution : « explorer les voies de la communisation », ce doit être, simultanément, explorer les voies de l’exploration ou, comme cela a été dit plus haut, explorer de manière critique les présupposés et les origines de la théorie de la révolution comme communisation de la société.

Ce « programme bis » ne remet pas en question le programme initial de Meeting - Revue internationale pour la communisation ; il ne fait que l’ajuster afin que la revue ne devienne pas un forum de propagande de la communisation dans ses alléluia œcuméniques. Plus important, au-delà de ce qu’il peut advenir de la revue elle-même, afin que la théorie de la communisation comme révolution de la société, c’est-à-dire comme processus de destruction des classes du capital que sont la classe prolétaire et la classe capitaliste, soit effectivement en mesure de répondre aux enjeux de la période qui s’est ouverte à la fin des années quatre-vingt. Comme l’écrivait Engels après 1848 : « Si donc nous avons été battu, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à recommencer depuis le début... » [11] Or, le début de la communisation se trouve dans la Théorie du prolétariat telle qu’elle s’établie entre la fin des années soixante et le milieu des années soixante-dix.

« Aucune question concernant les luttes actuelles ne peut être abordée sans référence au travail effectué dans cette période où le basculement dans une autre époque était le quotidien. » [12]

2. La Théorie du prolétariat en question

« La théorie de la révolution comme communisation immédiate de la société (sans période de transition) est le principal acquis du cycle théorique désormais clos de la théorie postprolétarienne de la révolution. » Cette thèse de la Matérielle [13] a pu être reprise, mais elle l’a été sans considération du caractère historique de cet acquis, c’est-à-dire dans l’absolu, et sans considération pour son contexte ; ce qui autorise à l’accommoder à toutes les sauces de manière totalement acritique. - Pour enlever toute ambiguïté disons tout de suite que critiquer la Théorie du prolétariat ne revient pas à enfourcher les allégations sur la disparition de la classe prolétaire et abandonner la théorie de la lutte de classes, bien au contraire.

Explorer les voies de l’exploration, cela revient donc à explorer les voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat, c’est-à-dire :

la définition des classes comme définition du prolétariat : « Si l’on ne définit pas les classes et principalement le prolétariat, on masque la nécessité à partir du capitalisme même, du communisme (...) » [14] ;
la périodisation du mode de production capitaliste en « domination formelle » : « première phase historique où le procès de valorisation ne domine pas encore réellement et totalement le procès de travail et où le mode de production capitaliste n’est pas encore implanté à l’échelle universelle sous quelque forme que ce soit (... ) », et « domination réelle » du capital, « deuxième phase historique où cette domination est effectivement réelle sous diverses formes (...) » [15] ;
cette seconde voie implique les modalités de la critique du paradigme ouvrier de la révolution comme « la perspective envisagée par Marx (...) celle d’une révolution dans la domination formelle du capital. » [16]

La critique de la première voie porte sur la réduction de l’approche des classes capitalistes au seul prolétariat ; celle de la seconde sur le fait de placer sur un même plan historique - comme deux périodes également définitoires du mode de production capitaliste - la subordination formelle du travail sous le capital et la subordination réelle, ce qui implique immédiatement le concept même de capital..

Aujourd’hui, cette exploration des voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat aboutit logiquement à s’interroger sur la nature de la « période actuelle » et donc sur les transformations subies par le régime d’accumulation capitaliste et la lutte de classes, ce qui n’est pas indifférent à la communisation dans le cas où, comme l’écrit trop loin (pour le dénoncer), celle-ci renvoie non pas simplement à « un processus concret de transformation communiste de relations sociales » mais « définit une époque entièrement nouvelle, celle de la révolution enfin possible-nécessaire » [17], par rapport à la période précédente marquée par sa défaite et son devenir contre-révolutionnaire ou son impossibilité.

Toutes ces interrogation sous-tendent les questions posées au début de ces lignes et, au-delà, le sens que l’on peut donner à ce qui n’est encore qu’une formule : la communisation comme révolution de la société capitaliste.

à suivre . . .

[1] Il me paraîtrait préférable d’inverser la formule en « communisation comme révolution de la société » afin d’éviter au moins déjà sur la forme toute ambiguïté immédiatiste et/ou alternativiste sur le fond.
[2] Ce site n’est apparemment plus disponible sur Internet. Peut-être que notre afficionados s’est rendu compte qu’il s’était fourvoyé...
[3] Communisation, mais..., K. Nésic, extrait de l’Appel du vide trop loin 2004, reproduit dans Meeting n.1, p. 26 et Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de troploin, n.4, juin 2004.
[4] Peut-on vraiment parler de « courant communisateur » ? in Meeting n.1.
[5] Op. cit., p. 6.
[6] B. Lyon, Sur le courant communisateur, Meeting n.1,p. 17.
[7] Théorie communiste, n.16, mai 2000, p. 11.
[8] Je reviendrai sur ce terme que je n’emploie pas ici dans son sens péjoratif de mensonge et de « fausse conscience ».
[9] Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de troploin (Dauvé&Nesic), n.4, juin 2004, p. 17.
[10] Théorie Communiste, n.17, septembre 2001, p. 127
[11] Révolution et contre-révolution en Allemagne, cit. in J. Camatte, Origine et fonction de la forme parti, « Forme et Histoire », éd. Milan, août 2002, p. 44.
[12] Rupture dans la théorie de la révolution, Textes 1965-1975, éd. senonevero, Paris 2004, 4ème de couverture.
[13] Numéro 1, novembre 2002, in la Matérielle volume I (Novembre 2002-Octobre 2003), janvier 2004, p.8 § 8. Je reviendrai sur le terme de « théorie postprolétarienne » et sur ses limites. Je parle désormais de Théorie du prolétariat.
[14] Intervention communiste n.2, décembre 1973, les Classes, A) Définition des classes, in Rupture... op. cit., p. 451. je souligne.
[15] Négation n.1, septembre 1972, le Prolétariat comme destructeur du travail, in Rupture... op. cit., p. 289.
[16] Invariance, n.2 série 11, 1972, p. 13.
[17] Op. cit., p. 18-19.
on trouve une suite en octobre 2005 avec Lettre ouverte à Théorie communiste, Sur votre pratique théorique en général et en particulier dans le cas de Meeting. On peut lire à mon sujet :
Christian Charrier a écrit:12. Contrairement à François [Danel, compilateur de Rupture dans la théorie de la révolution: Textes 1965-1975 2003), Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur, ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique lorsqu’il écrit dans sa réponse à Pour Meeting : « dans votre lettre et vos “ouvertures” pour sortir de la crise de Meeting, le fond et la forme (…) sont admirablement tenus, et pour ainsi dire, de votre point de vue, inséparables. Je perçois cette cohérence par la sortie, avec Meeting, de la clandestinité de Théorie communiste, spécialisée en théorie qui rencontre peu ou prou d’autres formulations théoriques (…). Tout est à sa place, y compris la sincère volonté d’élargissement et de diversification, qui deviennent incontournables, sauf à crever (…). Je sens bien la nécessité de faire écho à vos préoccupations, parce que en définitive, je comprends bien que vous n’avez pas le choix. »(e.mail du 7 octobre 2005 ; je souligne).

Tout y est. Sortir de la clandestinité ce n’est pas rompre un « isolement », de même que sortir d’une « marginalité » sur la base d’un rapport théorique à l’immédiateté des luttes, comme nous le disions en 1983 (n. 5, p. 6 et 7), parce que cette marginalité est construite par et dans ce rapport théorique comme un Existence. Qu’aujourd’hui la donne ait changé – dans la mesure où vous vous reconnaissez dans certains moments immédiats de la lutte de classes : ceux que vous proposez à Meeting de « guetter », de « formaliser » et même de « promouvoir » (§ 12), – ne bouleverse rien sur le fond de l’Existence de votre corpus. Tout y est, donc, et surtout le fait essentiel de l’Existence de votre théorie qui s’impose autant à vous–mêmes qu’aux autres comme détermination de votre pratique théorique : « sauf à crever, vous n’avez pas le choix », pour le dire comme Patlotch ; ce qui dit bien ce que ça veut dire en posant simultanément votre situation actuelle comme insupportable et inévitable. Mais il ne dit pas que cela.

13. Patlotch pose un bémol en écrivant : « le problème est qu’il n‘en va pas forcément de même [en ce qui concerne le caractère inséparable de la forme et du fond] pour ceux que vous appelez de vos vœux à participer ». Autrement dit, il n’est pas évident que tout le monde possède votre cohérence et encore moins la conception pratique de la théorie qui est la vôtre. Pour avancer sur cette question de la réception de votre pratique théorique (et donc de l’avenir de l’Existence de votre théorie) on a la chance d’avoir déjà une manière de réponse qui provient de deux participants au Cercle de discussion de Paris (en l’occurrence les deux auteurs de la Lettre à Meeting publié dans le n. 2, Maxime et le Niveleur) que vous considérez comme de possibles participants au collectif : « Autre raison, enfin, du “papier” de RS [il s’agit du texte Unification du prolétariat et communisation] : le fait qu’il ait été visiblement rédigé à l’attention spéciale de l’ultra–gauche. On dirait, nous le sentons en tout cas comme ça, que l’animateur de TC renifle aujourd’hui, à tort ou à raison, une brise de changement dans nos milieux, d’Aufheben à Échanges en passant par Mouvement communiste et le Cercle de discussion de Paris (cité nommément). J’imagine que c’est pour aider ce mouvement — dont il pressent la timidité et la fragilité encore grandes (de transgression de la loi de l’“autonomie ouvrière”) – que le preux Roland se glisse à la porte des foyers de discussion de l’ultra–gauche. C’est de bonne guerre. »
ce qui me frappe à la relecture, c'est la liberté de ton de Charrier, qui tranchait déjà dans ce milieu que je trouvais alors « constipé », cette liberté qui lui permet de mettre le doigt où ça fait mal en théoricien pointu et rigoureux qu'il était, une liberté qui a complètement disparu des échanges dans ce milieu depuis donc 12 ans, un liberté dont je n'ai pas eu à hériter de lui, parce qu'elle m'avait toujours animé et continue de le faire. Une liberté de Charrier que j'aimais

c'était l'époque où je faisais mes classe en théorie. Sur Meeting, si je n'étais certes pas le Robin de l'époque, à prétendre théoriser à grands renforts de mots-concepts incompris et de jargon impressionnant la galerie des totos-gogos, je ne savais pas encore faire, et je dois à Roland Simon, Charrier et quelques autres, de m'avoir appris par leur rigueur, ne serait-ce qu'à lire Marx. Je comprends donc que Lola (Miesseroff, Voyage en Outregauche) ait pu écrire de moi « Voilà ce qu'on se ramasse... » Aujourd'hui, je ne suis pas envieux de son "niveau théorique". Toujours est-il qu'elle m'a donné à connaître Roland "de l'intérieur", celui dont la personnalité explique grandement le type de théorisation qu'il produit

pour revenir à la liberté de Charrier, bien qu'elle fût vite limitée, puisqu'il a arrêté la théorie sans dire ce qu'il pensait vraiment (voir plus bas), autant dire que l'on ne la sent nulle part aujourd'hui. Le récent texte d'Alain Corne est certes une tentative d'explorer la communisation au-delà du carcan de TC, mais au prix de tels abandons de Marx et TC en rase campagne des ronds-points, qu'on ne sent pas que cette liberté puisse aboutir sérieusement à « explorer les voies de l'exploration. » C'est pour moi poudre aux yeux. Pour l'avoir entrepris une telle exploration depuis cette époque, rendant nécessaire ma rupture avec ce milieu, ses pratiques théoriques ou simplement humaines, son sectarisme impénitent, ce milieu m'a logiquement puni


Rolling Eyes

20 janvier
d'abord j'ai lu tout ce qui, de Charrier, est publié sur son site éponyme La Matérielle, et si cet ouvrage présentait des inédits, je suppose que la maison d'édition l'aurait signalé. Personnellement, c'est je pense bien connu, j'ai appris à me passer de papier à la lecture comme à l'écriture, au point qu'en cas d'ouragan sur mes blogs il peut m'arriver de tout perdre, quand ce n'est pas moi qui le détruis pour passer à autre chose

ensuite j'ai rencontré Charrier en 2006 ou 2007, à vérifier, il est venu dormir chez moi après une réunion de Meeting à Montreuil, et nous avons pendant quelques mois entretenu des échanges par mails. Je n'ai aucune nouvelle de lui depuis, je ne sais même pas s'il est encore vivant. À ces occasions, il m'a dit certaines choses qu'il n'a jamais écrites, et que je ne saurais donc révéler en détail, mais en substance cela prolongeait ceci : si je leur dis ce que je pense vraiment, c'en ai fini de moi pour eux. "Leur", c'était le groupe Théorie Communiste, et sans doute quelques autres dans ce milieu fermé

c'est bien évidemment parce que ses textes restaient, comme Roland Simon le soulignait, au sein de la théorie de la communisation tout en la critiquant en ses fondements, que Charrier ne pouvait pas élaborer une autre théorie. Ceci éclaire donc pourquoi je n'ai rien à faire dans un éventuel débat lors de cette présentation, parce que sa publication et la "présentation de l'ouvrage" donnée par dndf s'inscrivent bien évidemment dans une problématique qui leur était encore commune, du moins dans les textes publiés de Charrier, mais qui ne me l'est plus

en d'autres termes, ce débat, s'il n'est pas strictement entre Charrier et Théorie Communiste, est en deçà de ce que Charrier pensait et qu'il m'a dit il y a maintenant plus de dix ans. Depuis j'ai produit quelques avancées sur le chemin qu'il avait ouvert, même si je ne l'ai pas présenté ainsi, en y faisant souvent référence alors que les initiateurs de cette édition n'en ont pratiquement rien dit depuis cette période. J'ai donc salué, voir ci-dessus 7 janvier, cette initiative pour "un débat apaisé" et j'espère plus honnête que les courriers de Roland Simon à son ami de quarante ans Christian Charrier. Un débat dépassé pour moi, qui ne m'intéresse plus, comme d'ailleurs les adeptes de Théorie Communiste ne s'intéressent pas à ce que j'écris, c'est bien connu, puisqu'ils se font une obligation de n'en parler jamais, de ne jamais le relayer, de ne le traduire jamais : comme si ce dont ils ne parlent pas n'existait pas, et ce n'est pas moi le plus important dans cette affaire, ce que savent les moins idiots de cette bande auto-collante et frappée par sa consanguinité

je me vois surtout mal passer par-dessus Charrier pour polémiquer avec Théorie Communiste, ce serait très irrespectueux du premier et d'un public qui ne viendra pas pour ça

mes considérations théoriques sont depuis  au-delà de Théorie Communiste et Charrier, et c'est bien la raison pour laquelle elles dérangent, par des questions que RS lui-même n'a pas manqué de trouver opportunes parfois, ou du moins les intuitions qu'elles portaient, au point d'en piquer quelques-unes à sa manière "d'auteur virgule de la pensée", ou, comme récemment à propos du rapport humanité-capital-vivant ("nature"), bottant en touche en ironisant sur « le chamane Patlotch » à un niveau théorique dont à sa place, je serais peu fier*. C'est dire que je n'ai aucune raison d'en être vexé, mais plus dans la compassion

* voir cette discussion dans L'HUMANITÉ CONTRE LE VIVANT ? ET LE CAPITAL ? à partir de décembre 2018

douze en retard ajouté à d'autres, le temps perdu ne se rattrape jamais, même quand on est au fond, tout en critiquant les avants-gardes, dans la certitude d'« avoir raison contre tout le monde », comme Christian Charrier le disait justement, en 2000-2005, de Théorie Communiste... au début des années 80 du siècle dernier

bon débat à toussétoutes, que l'ordre règne sans Patlotch

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mar 29 Jan - 8:06

du 25 janvier, complété [textes d'Astarian et Carbure/Corne]. Ce dont je discute dans ce commentaire est inséparable du LE CONCEPT DE RÉVOLUTION si l'on ne veut pas rabattre ma vision de l'abolition du capital sur celle de la"fin du « grand récit » émancipateur de la révolution" des philosophes post-modernes à la suite de Lyotard, puisqu'ils ne se posent plus la question

Patlotch a écrit:1. les temps sont froids bien que des chauds fourrés : il faut bien que jaunisme exulte !
2. le récitatif communisateur
2. le récitatif communisateur
ou
le récit au présent de la future communisation


« J'épargnerai au lecteur le récit de toutes les phases de mon désespoir
à l'église paroissiale de Saint-Hugues. »

Stendhal, Henri Brulard, 1836

mon usage dans le titre de "récitatif" n'est a priori qu'ironique, mais dans la forme, on reconnaît un « en-commun au milieu » dont TC parle plus bas...
En musique classique, le récitatif est une forme musicale destinée à une voix de soliste soutenue par un accompagnement instrumental (ex. la Passion selon St-Matthieu de Jean-Sébastien Bach).
le "paradigme du récit" selon Théorie Communiste
TCn°23 a écrit:Qu’est-ce qui fait que Théorie Communiste apparaisse comme un paradigme suscitant méfiance et réticence vis-à-vis d’un milieu pourtant riche en divergences et affrontements ? TC apparaît comme extérieur à un en-commun à l’intérieur duquel se déroulent divergences et affrontements finalement convenus.
[...]
Le premier paradigme, celui de l’en-commun, dans lequel se déroule l’essentiel des débats et affrontements de « notre milieu » peut se définir de la façon suivante. La perspective révolutionnaire résulte d’un développement positif (transcroissance) du cours de la lutte de classe, ce rapport positif au cours de la lutte de classe est du type : « ça parle » et « on attend » (que l’attente soit plus ou moins interventionniste et que la parole soit reconnue comme plus ou moins claire, ne changent rien fondamentalement). C’est ce que nous pourrions appeler en forçant à peine le trait le paradigme du récit : « voilà ce qu’il se passe ». Les récits peuvent être différents et s’affronter, l’en-commun est de faire de l’analyse théorique un récit normatif du cours de la lutte de classe, car c’est bien toujours d’une analyse théorique dont il s’agit. Comme analyse théorique, le récit possède deux présupposés fondamentaux : une nature révolutionnaire du prolétariat ; la révolution comme approfondissement et surtout libération de ce qui est enfoui dans le cours actuel des luttes. La nature révolutionnaire est rarement posée explicitement, elle est le prérequis implicite du second point.
Théorie Communiste n°23, Franchir le pas, mai 2010
que TC échapperait à ce risque plutôt bien cerné du point de vue de la théorie prolétarienne de la révolution, j'ai montré par le passé des exemples où ce n'est pas le cas (Bernard Lyon, Sic, juin 2009, Communisation vs Socialisation, et plus généralement ses projections romanesques de la communisation, écrites au présent : Le prolétariat s’abolit dans la communauté humaine qu’il produit. / Le prolétariat, agissant en tant que classe, se dissout comme classe dans ces emparements, parce que dans ces emparements il dépasse son « autonomie »). On est dans "l'annonce" par "le préviseur" de l'événement des événement, event en anglais, voir DICTIONNAIRE DES IDÉES QU'ON SUIT

dans la thématique post-moderne de la "Fin des Grands Récits", Jean-François Lyotard dit en subtsance que le « grand récit » émancipateur de la révolution est bien fini

On ne sera donc pas étonné que Lyotard relie le savoir au récit : il existe différentes formes de savoirs et de cultures, mais elles ont toutes en commun d’accorder la prééminence à la forme narrative. C’est de cette prégnance de la forme narrative que découlent trois autres traits importants de ce savoir. D’abord, sa fonction unificatrice : la forme narrative accueille une pluralité de familles de phrases hétérogènes (phrases descriptives, mais aussi prescriptives, poétiques…), qu’elle relie et coordonne dans une perspective d’ensemble ; ensuite, sa temporalité, qui se caractérise comme un battement immémorial où l’oubli prévaut sur la mémoire ; enfin et surtout, son caractère autolégitimant, ou plutôt l’absence de la question de la légitimation en tant que telle : « De même qu’elle n’a pas besoin de se souvenir de son passé, une culture qui accorde la prééminence au récit n’a sans doute pas non plus besoin de procédures spéciales pour autoriser ces récits. » Parce que le savoir narratif n’accorde à aucun « poste pragmatique » (destinateur, destinataire, référent ou sens) le privilège de l’autorité, le peuple d’une culture n’a aucune autorité sur les récits qui y circulent : il ne fait qu’actualiser les récits (en les racontant, en les écoutant ou en les réalisant).
La Condition postmoderne, Paris, Minuit, 1979
lisons encore cet extrait antérieur,, en 1972, de Le cas du récit dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, intéressant par ce qu'il décrit le processus à l'œuvre dans et par l'écriture, en tant que fonctionnement d'un langage adéquat à ce que veut faire passer le récit :
Oswald Ducrot, Tzvetan Todorov a écrit:Le récit est un texte référentiel à déroulement temporel. L'unité supérieur qu'on repère à la proposition dans les récits est la séquence qu'on repère constituée par un groupe d'au moins trois propositions. Les analyses du récit actuelles, qui s'inspirent de l'examen auquel ont soumis, Propp, les contes populaires, et Lévi-Strauss, les mythes, s'accordent pour identifier, dans tout récit minimal, deux attributs d'un agent au moins, apparentés mais différents, et un processus de transformation ou de médiation qui permet le passage de l'un à l'autre. On a tenté de spécifier de plusieurs manières différentes :
1. a) absence du médiateur b) échec du médiateur c) succès du médiateur : annulation de la tension initiale d) succès du médiateur : renversement de la tension initiale.
2. différents moyens  par lesquels se réalise une médiation qui elle-même, ne change pas.
3. oppositions binaires ou  ternaires : héros sympathique ou antipathique au lecteur, une action dont le sujet porte l'entière responsabilité et celle qu'il subit passivement, l'amélioration et la dégradation d'une situation...

Dictionnaire encyclopédique des sciences du langage, Le cas du récit, 1972
j'y reviendrai, mais relevons que cet aspect échappe, comme point aveugle, à ce qui fait le caractère idéologique, inévitable et non contingent, de la théorie de la communisation, y compris dans l'alerte à la limite de TC n°23, un RS/TC qui dit aujourd'hui (un commentaire de dndf) ne plus parler au présent de communisation, et selon moi pas uniquement parce qu'ont disparu les "écarts" qu'il voyait dans les années 2000

je m'attacherai à montrer quelques exemples récents, et particulièrement dans l'approche par certains communisateurs du mouvement des Gilets jaunes, comme dans ma critique engagée en 1. les temps sont froids bien que des chauds fourrés : il faut bien que jaunisme exulte !

Hic-Salta a écrit:Nous en venons au Printemps Égyptien, qui est sans doute le plus important de ceux que nous avons avons à traiter dans cette partie empirique sur les luttes de la classe moyenne, avec ou sans le prolétariat, au cours de la dernière décennie. Il serait impossible de traiter le sujet de façon exhaustive sans lui consacrer un livre entier. Nous nous sommes concentrés, dans le récit aussi bien que dans l’analyse, sur les phases et les aspects qui sont les plus fondamentaux du point de vue du thème qui nous occupe dans ce feuilleton.
R. F. - Bruno Astarian - Ménage à trois: Episode 8 – Printemps Égyptien 2011–2013

Sans en faire un récit détaillé, et sans ignorer les problèmes que pose la non-participation de la classe ouvrière « traditionnelle », il faut...
Activité de crise et communisation Astarian, juin 2010
je n'ai pas retrouvé le passage complet, dommage, mais je n'ai pas souvenir que ces "problèmes" soient considérés comme suffisamment gros pour cesser de déduire de cette absence que cette participation n'est que partie remise
Alain Corne:Carbure a écrit: La baisse tendancielle du taux de profit comme contradiction matérielle ne porte aucun récit, et ne décrit rien d’autre que le contenu toujours renouvelé de la lutte des classes propre au monde capitaliste.
Principe d’incertitude, lutte des classes et théorie, novembre 2017
aucune réalité du capitalisme, aucune de ses contradictions, ne « portent un récit. » Celui-ci émane de leur interprétation, de leur représentation (voir le fonctionnement linguistique plus haut), dans l'esprit de qui est convaincu que la révolution communiste en sortira en tant qu'elles sont la "lutte des classes, implication réciproque prolétariat-capital" : mais la révolution n'est pas la réciproque du capital ! Tous les théoriciens de la communisation tournent autour du pot. C'est pourquoi leurs textes, déniant leur déterminisme de croyants, sont toujours aussi alambiqués, se voulant dialectiques où ils ne sont que rhétoriques, et il faut bien le dire à la limite du compréhensible noyant le poisson qu'ils n'ont pas pêché. Celui-ci est un must, puisqu'il porte sur ce « principe d'incertitude » dont il déduit une certitude : il ne faut pas regarder ailleurs

(à suivre)

25 janvier
1. les temps sont froids bien que des chauds fourrés
il faut bien que jaunisme exulte !

des temps français fourrés d'annonces d'événements qu'on souhaite plus qu'on ne les voit arriver. Mais qu'importe aux chevaliers de la révolution qui viendra, tôt ou tard, réaliser leur désir, le Graal enfin trouvé

je ne suis pas, je n'ai jamais été, de ceux qui à la moindre secousse sautent comme des cabris en criant : « la révolution ! la révolution ! » On l'aura lu à chaque événement "révolutionnaire" ou pas, selon l'appréciation des uns et des autres : Zapatistes au Mexique en 1994, Piqueteros en Argentine 2002, 1995 en France et la suite jusqu'au mitant des années 2000, émeutes de novembre 2006, CPE en 2006, etc, "Révolutions Arabes" de 2010 puis 2011 en Tunisie entraînant l’Égypte, le Yémen, Bahreïn, la Libye et la Syrie,...

et j'en oublie et j'en oublie, pour revenir chez nous avec les séquences Loi Travail, Nuit Debout, Gilets Jaunes... : rien ne les excite davantage que ce qui se passe chez nous, où chaque "événement" est l'occasion de ne pas regarder ailleurs

après avoir été séduit en 2005 par les thèses communisatrices, je m'aperçus bien vite de leur tendance à prendre leurs désirs pour la réalité, notant que leurs analyses rétro-projetaient sans faillir la conception, ou mieux la vision au sens de la voyance, des termes dans lesquels ils décrivaient, parfois à grand renforts de récits écrits au présent du futur comme au futur du présent, la communisation. Concernant la Tunisie, frappant dans le discours de RS/TC, et, alors que je m'en étonnais, il usa d'une pirouette comme à son habitude. Depuis, tous ses "préviseurs"* ont trouvé mieux : ne pas me répondre

* le nom que se donnait Bernard Lyon, de Théorie Communiste, annonçant la communisation pour 2020

tout change sans que rien ne change

des "camarades" et "compagnons de route" abandonnent la barque communisatrice sans même aider les autres à la colmater, et d'autres apparaissent, ou reviennent après avoir traversé le désert théorique, ainsi des Robin Banquo, Alain Corne... tout frétillants de jaunes illusions ou de perspectives théoriques nouvelles bien que "ne remettant pas en cause les fondements" (ainsi nomment-ils leurs normes révolutionnaires, preuve qu'ils ne sont pas "dogmatiques"), mais qu'offrirait ce carnaval de gilets, bonnets, foulards... jaunes, rouges, bleus, mais surtout bleu-blanc-rouge

on ne leur en voudra pas, il faut bien que jeunesse exulte ! Pour faire mentir l'adage « Si vieillesse pouvait, si jeunesse savait », non moi je ne sais pas plus que je peux. Je ne déduis pas de ce qui n'arrive pas que ça pourrait arriver, de ce qui manque la possibilité que ça vienne

mes considérations théoriques critiquent leurs apories et montrent qu'ils se trompent, mais pour le reste ne présentent pas une nouvelle théorie de la révolution, ou même une théorie révolutionnaire selon ce qui pourrait advenir, un conflit sur plusieurs fronts antagoniques au capital, un conflit de classe contre l'économie politique, de genre contre la domination masculine, écologique contre la destruction du vivant. Ce n'est pas un raisonnement par l'absurde comme celui des communisateurs, c'est de la projection raisonnée par une approche théorique regardant en face les choses qui vont et viennent


Adé a écrit:dndf 25/01/2019 à 18:36 #2
[citant Alain Corne/Carbure]

…”parce que toutes les classes sont touchées par la crise,…”
La seule classe réellement constituée en tant que telle, celle des capitalistes, ne semble pas en avoir beaucoup souffert, de fait c’est la classe capitaliste qui a touché encore plus par la crise.

D’autre part : …” ce n’est que tel qu’il est qu’il est [le prolétariat] révolutionnaire, que cela nous plaise ou non.”
Et : “Le prolétariat est révolutionnaire ou n’est rien”, qu’est-ce qu’on en fait ?… que ça vous plaise ou non ?

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 30 Jan - 12:46

post du 23 janvier complété suite à la présentation par Roland Simon (RS/TC) du livre La Métrielle : Fin de la théorie du prolétariat. J'apprends donc en début d'exposé le décès de Christian Charrier en juillet dernier. Condoléances à qui l'aura respecté, et honte à RS tout particulièrement puisqu'ils étaient des amis (de pétanque entre autres), leurs familles et leurs enfants liés depuis les années 70, compte tenu du traitement public malhonnête qu'il lui aura fait subir ainsi qu'à ses textes tout au long de leurs échanges publiés alors par La Matérielle

sur la présentation elle-même, je réserve mes commentaires pour après l'audition de ces 1h30 Fichier audio de la présentation de la Matérielle, faite le 24 janvier par Roland Simon à la librairie Publico


du 20 janvier, mis à jour 16:09. J'ajoute pour et à sa mémoire un texte de Christian Charrier dans Meeting, du 3 avril 2005. J'ignore s'il figure dans le livre La Matérielle, fin de la théorie du prolétariat qui fera l'objet demain à Paris d'une présentation à laquelle je n'irai pas. J'explique pourquoi

pourquoi je n'irai pas à la

Présentation publique à Paris de


PARIS, le 24 janvier à 19h à la librairie PUBLICO 145, Rue Amelot, 75011 Paris

comme c'est une évidence pour ma lectorate éclairée, ce sera pour d'autres. C'est près de chez moi, pas de prétexte. Raisons personnelles ? on pourrait le penser mais non : raisons théoriques conséquentes depuis 2015 au moins [suite plus bas]

23 janvier
« explorer les voies de l'exploration... »

La communisation... point d’orgue
Christian Charrier, 3 avril 2005 in Meeting 2, juin 2005, via Libcom
Nourries par les forums de discussion, les différentes contributions proposées pour le numéro 2 de Meeting donnent à voir la plus grande confusion... Voilà de quoi fournir des arguments à qui dénigre le projet et accentuer les doutes qui ont pu être exprimés. Tant pis ou tant mieux. Est-ce une raison pour faire le ménage ? Il faudrait pour cela que nous soyons en mesure de balayer d’abord devant notre porte et ne pas nous contenter d’une gloire vite acquise. Pôvre communisation... Tu voulais être une symphonie, on te fait polyphone et tu te retrouves cacophone. À qui la faute ? Certainement pas aux partisans de « la sauvagerie communisatrice de nos vies » et autres tenants du « on arrête tout et on communise » qui ne font que s’engouffrer dans les limites de la dite communisation.

1. La communisation en question

Pourquoi et comment peut-on parler aujourd’hui de la « révolution comme communisation immédiate de la société capitaliste » [1] ? Pourquoi le discours « communisateur » rencontre-t-il aujourd’hui un écho non seulement en France (sa « terre d’origine ») mais encore en Italie (Alcuni fautori della comunizzazione - Quelques partisans de la communisation) au Québec... en général au-delà du petit cercle de la critique de l’ultra-gauche au sein duquel cette appréhension nouvelle de la révolution a pris corps au milieu des années soixante-dix ? Pourquoi cette notion en vient-elle à « faire débat », comme on dit, aujourd’hui, trente ans après, jusqu’à constituer aux yeux de certains un nouveau courant théorique dit « communisateur », précisément, ou la théorie d’une période originale de la lutte de classes, un « parti » théorico-politique, une nouvelle idéologie de la révolution avec son mythe fondateur, une nouvelle bannière pour les révolutionnaires actuels ? Un certain Potlach a même ouvert un site entièrement dédié à la gloire de la communisation [2]... Cette « sortie de la clandestinité » de la théorie de la révolution existe bel et bien et, que ce soit pour s’en réjouir (sûrement trop vite) ou s’en méfier (peut-être trop tôt) on ne peut faire l’économie d’une interrogation sur son sens.

[2] Ce site n’est apparemment plus disponible sur Internet. Peut-être que notre afficionados s’est rendu compte qu’il s’était fourvoyé...

Patlotch a écrit:4 avril 2005, en commentaire sous le texte
Je suis l’incertain Patlotch (et non Potlatch, mais peu importe), qui aurait « ouvert un site entièrement à la gloire de la communisation ».Non, je n’ai pas ouvert un site, j’ai consacré dans la rubrique politique de mon site des pages à ce "courant d’idées", alors que depuis près de trois ans j’ai produit quelques textes dont j’ai considéré après coup qu’ils s’inscrivaient, même critiques, dans le "démocratisme radical", d’un point de vue prétendant hériter de Marx, et bien que cherchant à relancer la problématique révolutionnaire du communisme. [j'explique ensuite comment j'ai "rencontré" la théorie de la communisation, via Les Fondements... de Roland Simon trouvés à la FNAC]

Nous avons écrit dans l’Invite à Meeting que le but de la revue est d’« explorer les voies de la communisation » (pt. 5) : je crois que tout le mal vient de cette formule expéditive est un peu racoleuse et qui suppose surtout que le résultat de la chose est déjà acquis, et de l’affirmation selon laquelle « d’ores et déjà un courant communisateur existe au travers d’expressions théoriques diversifiées et de certaines pratiques dans les luttes actuelles. » (pt. 3) - bien sûr, c’est du point de vue des pratiques que les choses se compliquent tout de suite (c’est là-dessus que trop loin [3] et Danel [4] ont tout de suite pointé leurs critiques). Lequel redoute que l’on se contente de « raisonner comme si la notion de “courant communisateur” ne faisait pas problème », de « l’abstraction la plus générale du processus de la communisation et d’une définition très politique du sujet communisateur », pour conclure : « je crains qu’on ne construise un sujet révolutionnaire ad hoc pour les besoins de la problématique fondatrice de la revue » [5]. À part ça, actuellement, seule Théorie communiste est capable de rendre compte théoriquement et de manière cohérente de l’existence pratique d’un courant communisateur au travers de sa thèse selon laquelle « dans la période actuelle (...) être en contradiction avec le capital c’est être en contradiction avec sa condition de classe » [6] ; ce qui suppose bien sûr toutes les médiations inhérentes au corpus técécien - à commencer par la théorie de l’achèvement de la « restructuration du capital » en ce qui concerne la période actuelle : « il nous semble impossible de parler de communisation sans parler de restructuration et de nouveau cycle de luttes. » [7]

L’exploration tout de go des voies de la communisation, dans laquelle chacun s’est lancé comme dans une vente promotionnelle ou une opération de propagande - qu’il s’agisse de faire de la communisation le socle d’une théorie nouvelle de la révolution ou le débouché de corpus existants - fait l’économie des supposés de son objet et de ses origines, sur la base d’une apparente évidence de la chose portée par sa diffusion inhabituellement rapide et l’adhésion qu’elle rencontre. Le résultat de ce pseudo consensus autour de ce qui n’est pas loin de devenir une « marque » théorique, ou mieux idéologique [8], est la cacophonie actuelle que les matériaux proposés pour le n.2 de la revue donnent à entendre. Je ne crois pas que tout ce bruit fasse avancer la cause de la théorie de la révolution... Il ne s’agit pas de regretter ou de dénoncer l’hétérogénéité, le manque d’unité, du discours actuel sur la communisation, encore moins de pointer du doigt les « mauvais » communisateurs, ceux qui défendent une si belle chose avec de si mauvais arguments... mais d’alerter sur un « écart de conduite » théorique possible général : « La tâche de l’heure, comme l’écrit trop loin, n’est pas d’organiser une expression commune, ni des argumentations qui se croisent sans se rencontrer, mais d’approfondir nos présupposés particuliers en admettant et en intégrant leur inachèvement, et de les confronter aux faits qu’ils analyses. » [9] ou, comme l’écrit F. Danel « d’approfondir nos doutes, nos divergences, pour produire ensemble son anticipation-approximation théorique juste [de la révolution]. » [10]

Ce qui a été écrit jusqu’à présent n’est pas sans intérêt. La notion de communisation, qu’elle soit utilisée de manière négative pour critiquer Meeting en rejetant le projet de revue lui-même (trop loin) ou pour émettre des doutes sur sa pertinence (Danel) du point de vue de ses attendus, ou de manière positive chez les autres rédacteurs, lorsqu’elle fonctionne comme un opérateur théorique (hypothétique) permettant de critiquer, de préciser ou de recadrer un matériel existant, ou simplement de se poser des questions, agit effectivement comme un concept exploratoire légitime, ou comme un « marqueur » théorique (non comme une « marque »). Ceci simplement parce que sa prise en compte oblige à regarder la réalité immédiate en face, dans sa trivialité et à l’accepter comme telle (plus encore si l’on parle de la communisation comme révolution de la société) : le texte de R. Simon sur l’Argentine, par exemple, proposé pour le n.2 de la revue, à propos de l’« autonomie réelle » des piqueteros est particulièrement convaincant. Mais dans ce cas la communisation ne peut être que l’ « éléments » ou l’« horizon » d’un discours sur autre chose qu’elle-même et non un sujet en soi, finalement un « sujet de dissertation » ou un exercice d’école obligé pour que s’ouvrent les colonne de Meeting.

Il me paraît difficile immédiatement de dire autre chose de positif sur la communisation que ce que l’on en sait depuis le milieu des années soixante-dix : la critique de la révolution comme affirmation du prolétariat, c’est-à-dire de la période de transition ouvrant la voie à la communisation de la société au travers de l’effacement progressif de l’État et de la loi de la valeur, sinon pour opérer une dénonciation des théories actuelles de l’autonomie prolétarienne ou de l’alternative révolutionnaire. Ceci a son utilité, mais pour le reste (l’abandon de la théorie des classes et la remise en question de la classe prolétaire dans sa « dissémination » au profit des « multitudes », les plans pour le Grand Soir de la Grève générale... à la communisation généralisée) on ne peut se contenter de le considérer comme un mal nécessaire dans le grand tout symbiotique de la communisation, impliqué par l’idée même de celle-ci, même si on reconnaît que cela pose quelques questions à la théorie de la révolution : « explorer les voies de la communisation », ce doit être, simultanément, explorer les voies de l’exploration ou, comme cela a été dit plus haut, explorer de manière critique les présupposés et les origines de la théorie de la révolution comme communisation de la société.

Ce « programme bis » ne remet pas en question le programme initial de Meeting - Revue internationale pour la communisation ; il ne fait que l’ajuster afin que la revue ne devienne pas un forum de propagande de la communisation dans ses alléluia œcuméniques. Plus important, au-delà de ce qu’il peut advenir de la revue elle-même, afin que la théorie de la communisation comme révolution de la société, c’est-à-dire comme processus de destruction des classes du capital que sont la classe prolétaire et la classe capitaliste, soit effectivement en mesure de répondre aux enjeux de la période qui s’est ouverte à la fin des années quatre-vingt. Comme l’écrivait Engels après 1848 : « Si donc nous avons été battu, nous n’avons rien d’autre à faire qu’à recommencer depuis le début... » [11] Or, le début de la communisation se trouve dans la Théorie du prolétariat telle qu’elle s’établie entre la fin des années soixante et le milieu des années soixante-dix.

« Aucune question concernant les luttes actuelles ne peut être abordée sans référence au travail effectué dans cette période où le basculement dans une autre époque était le quotidien. » [12]

2. La Théorie du prolétariat en question

« La théorie de la révolution comme communisation immédiate de la société (sans période de transition) est le principal acquis du cycle théorique désormais clos de la théorie postprolétarienne de la révolution. » Cette thèse de la Matérielle [13] a pu être reprise, mais elle l’a été sans considération du caractère historique de cet acquis, c’est-à-dire dans l’absolu, et sans considération pour son contexte ; ce qui autorise à l’accommoder à toutes les sauces de manière totalement acritique. - Pour enlever toute ambiguïté disons tout de suite que critiquer la Théorie du prolétariat ne revient pas à enfourcher les allégations sur la disparition de la classe prolétaire et abandonner la théorie de la lutte de classes, bien au contraire.

Explorer les voies de l’exploration, cela revient donc à explorer les voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat, c’est-à-dire :

la définition des classes comme définition du prolétariat : « Si l’on ne définit pas les classes et principalement le prolétariat, on masque la nécessité à partir du capitalisme même, du communisme (...) » [14] ;
la périodisation du mode de production capitaliste en « domination formelle » : « première phase historique où le procès de valorisation ne domine pas encore réellement et totalement le procès de travail et où le mode de production capitaliste n’est pas encore implanté à l’échelle universelle sous quelque forme que ce soit (... ) », et « domination réelle » du capital, « deuxième phase historique où cette domination est effectivement réelle sous diverses formes (...) » [15] ;
cette seconde voie implique les modalités de la critique du paradigme ouvrier de la révolution comme « la perspective envisagée par Marx (...) celle d’une révolution dans la domination formelle du capital. » [16]

La critique de la première voie porte sur la réduction de l’approche des classes capitalistes au seul prolétariat ; celle de la seconde sur le fait de placer sur un même plan historique - comme deux périodes également définitoires du mode de production capitaliste - la subordination formelle du travail sous le capital et la subordination réelle, ce qui implique immédiatement le concept même de capital..

Aujourd’hui, cette exploration des voies théoriques de la communisation dans la Théorie du prolétariat aboutit logiquement à s’interroger sur la nature de la « période actuelle » et donc sur les transformations subies par le régime d’accumulation capitaliste et la lutte de classes, ce qui n’est pas indifférent à la communisation dans le cas où, comme l’écrit trop loin (pour le dénoncer), celle-ci renvoie non pas simplement à « un processus concret de transformation communiste de relations sociales » mais « définit une époque entièrement nouvelle, celle de la révolution enfin possible-nécessaire » [17], par rapport à la période précédente marquée par sa défaite et son devenir contre-révolutionnaire ou son impossibilité.

Toutes ces interrogation sous-tendent les questions posées au début de ces lignes et, au-delà, le sens que l’on peut donner à ce qui n’est encore qu’une formule : la communisation comme révolution de la société capitaliste.

à suivre . . .

[1] Il me paraîtrait préférable d’inverser la formule en « communisation comme révolution de la société » afin d’éviter au moins déjà sur la forme toute ambiguïté immédiatiste et/ou alternativiste sur le fond.
[2] Ce site n’est apparemment plus disponible sur Internet. Peut-être que notre afficionados s’est rendu compte qu’il s’était fourvoyé...
[3] Communisation, mais..., K. Nésic, extrait de l’Appel du vide trop loin 2004, reproduit dans Meeting n.1, p. 26 et Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de troploin, n.4, juin 2004.
[4] Peut-on vraiment parler de « courant communisateur » ? in Meeting n.1.
[5] Op. cit., p. 6.
[6] B. Lyon, Sur le courant communisateur, Meeting n.1,p. 17.
[7] Théorie communiste, n.16, mai 2000, p. 11.
[8] Je reviendrai sur ce terme que je n’emploie pas ici dans son sens péjoratif de mensonge et de « fausse conscience ».
[9] Communisation : un « Appel » et une « Invite », in lettre de troploin (Dauvé&Nesic), n.4, juin 2004, p. 17.
[10] Théorie Communiste, n.17, septembre 2001, p. 127
[11] Révolution et contre-révolution en Allemagne, cit. in J. Camatte, Origine et fonction de la forme parti, « Forme et Histoire », éd. Milan, août 2002, p. 44.
[12] Rupture dans la théorie de la révolution, Textes 1965-1975, éd. senonevero, Paris 2004, 4ème de couverture.
[13] Numéro 1, novembre 2002, in la Matérielle volume I (Novembre 2002-Octobre 2003), janvier 2004, p.8 § 8. Je reviendrai sur le terme de « théorie postprolétarienne » et sur ses limites. Je parle désormais de Théorie du prolétariat.
[14] Intervention communiste n.2, décembre 1973, les Classes, A) Définition des classes, in Rupture... op. cit., p. 451. je souligne.
[15] Négation n.1, septembre 1972, le Prolétariat comme destructeur du travail, in Rupture... op. cit., p. 289.
[16] Invariance, n.2 série 11, 1972, p. 13.
[17] Op. cit., p. 18-19.
on trouve une suite en octobre 2005 avec Lettre ouverte à Théorie communiste, Sur votre pratique théorique en général et en particulier dans le cas de Meeting. On peut lire à mon sujet :
Christian Charrier a écrit:12. Contrairement à François [Danel, compilateur de Rupture dans la théorie de la révolution: Textes 1965-1975 2003), Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur, ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique lorsqu’il écrit dans sa réponse à Pour Meeting : « dans votre lettre et vos “ouvertures” pour sortir de la crise de Meeting, le fond et la forme (…) sont admirablement tenus, et pour ainsi dire, de votre point de vue, inséparables. Je perçois cette cohérence par la sortie, avec Meeting, de la clandestinité de Théorie communiste, spécialisée en théorie qui rencontre peu ou prou d’autres formulations théoriques (…). Tout est à sa place, y compris la sincère volonté d’élargissement et de diversification, qui deviennent incontournables, sauf à crever (…). Je sens bien la nécessité de faire écho à vos préoccupations, parce que en définitive, je comprends bien que vous n’avez pas le choix. »(e.mail du 7 octobre 2005 ; je souligne).

Tout y est. Sortir de la clandestinité ce n’est pas rompre un « isolement », de même que sortir d’une « marginalité » sur la base d’un rapport théorique à l’immédiateté des luttes, comme nous le disions en 1983 (n. 5, p. 6 et 7), parce que cette marginalité est construite par et dans ce rapport théorique comme un Existence. Qu’aujourd’hui la donne ait changé – dans la mesure où vous vous reconnaissez dans certains moments immédiats de la lutte de classes : ceux que vous proposez à Meeting de « guetter », de « formaliser » et même de « promouvoir » (§ 12), – ne bouleverse rien sur le fond de l’Existence de votre corpus. Tout y est, donc, et surtout le fait essentiel de l’Existence de votre théorie qui s’impose autant à vous–mêmes qu’aux autres comme détermination de votre pratique théorique : « sauf à crever, vous n’avez pas le choix », pour le dire comme Patlotch ; ce qui dit bien ce que ça veut dire en posant simultanément votre situation actuelle comme insupportable et inévitable. Mais il ne dit pas que cela.

13. Patlotch pose un bémol en écrivant : « le problème est qu’il n‘en va pas forcément de même [en ce qui concerne le caractère inséparable de la forme et du fond] pour ceux que vous appelez de vos vœux à participer ». Autrement dit, il n’est pas évident que tout le monde possède votre cohérence et encore moins la conception pratique de la théorie qui est la vôtre. Pour avancer sur cette question de la réception de votre pratique théorique (et donc de l’avenir de l’Existence de votre théorie) on a la chance d’avoir déjà une manière de réponse qui provient de deux participants au Cercle de discussion de Paris (en l’occurrence les deux auteurs de la Lettre à Meeting publié dans le n. 2, Maxime et le Niveleur) que vous considérez comme de possibles participants au collectif : « Autre raison, enfin, du “papier” de RS [il s’agit du texte Unification du prolétariat et communisation] : le fait qu’il ait été visiblement rédigé à l’attention spéciale de l’ultra–gauche. On dirait, nous le sentons en tout cas comme ça, que l’animateur de TC renifle aujourd’hui, à tort ou à raison, une brise de changement dans nos milieux, d’Aufheben à Échanges en passant par Mouvement communiste et le Cercle de discussion de Paris (cité nommément). J’imagine que c’est pour aider ce mouvement — dont il pressent la timidité et la fragilité encore grandes (de transgression de la loi de l’“autonomie ouvrière”) – que le preux Roland se glisse à la porte des foyers de discussion de l’ultra–gauche. C’est de bonne guerre. »
ce qui me frappe à la relecture, c'est la liberté de ton de Charrier, qui tranchait déjà dans ce milieu que je trouvais alors « constipé », cette liberté qui lui permet de mettre le doigt où ça fait mal en théoricien pointu et rigoureux qu'il était, une liberté qui a complètement disparu des échanges dans ce milieu depuis donc 12 ans, un liberté dont je n'ai pas eu à hériter de lui, parce qu'elle m'avait toujours animé et continue de le faire. Une liberté de Charrier que j'aimais

c'était l'époque où je faisais mes classe en théorie. Sur Meeting, si je n'étais certes pas le Robin de l'époque, à prétendre théoriser à grands renforts de mots-concepts incompris et de jargon impressionnant la galerie des totos-gogos, je ne savais pas encore faire, et je dois à Roland Simon, Charrier et quelques autres, de m'avoir appris par leur rigueur, ne serait-ce qu'à lire Marx. Je comprends donc que Lola (Miesseroff, Voyage en Outregauche) ait pu écrire de moi « Voilà ce qu'on se ramasse... » Aujourd'hui, je ne suis pas envieux de son "niveau théorique". Toujours est-il qu'elle m'a donné à connaître Roland "de l'intérieur", celui dont la personnalité explique grandement le type de théorisation qu'il produit

pour revenir à la liberté de Charrier, bien qu'elle fût vite limitée, puisqu'il a arrêté la théorie sans dire ce qu'il pensait vraiment (voir plus bas), autant dire que l'on ne la sent nulle part aujourd'hui. Le récent texte d'Alain Corne est certes une tentative d'explorer la communisation au-delà du carcan de TC, mais au prix de tels abandons de Marx et TC en rase campagne des ronds-points, qu'on ne sent pas que cette liberté puisse aboutir sérieusement à « explorer les voies de l'exploration. » C'est pour moi poudre aux yeux. Pour l'avoir entrepris une telle exploration depuis cette époque, rendant nécessaire ma rupture avec ce milieu, ses pratiques théoriques ou simplement humaines, son sectarisme impénitent, ce milieu m'a logiquement puni


Rolling Eyes

20 janvier
d'abord j'ai lu tout ce qui, de Charrier, est publié sur son site éponyme La Matérielle, et si cet ouvrage présentait des inédits, je suppose que la maison d'édition l'aurait signalé. Personnellement, c'est je pense bien connu, j'ai appris à me passer de papier à la lecture comme à l'écriture, au point qu'en cas d'ouragan sur mes blogs il peut m'arriver de tout perdre, quand ce n'est pas moi qui le détruis pour passer à autre chose

ensuite j'ai rencontré Charrier en 2006 ou 2007, à vérifier, il est venu dormir chez moi après une réunion de Meeting à Montreuil, et nous avons pendant quelques mois entretenu des échanges par mails. Je n'ai aucune nouvelle de lui depuis, je ne sais même pas s'il est encore vivant. À ces occasions, il m'a dit certaines choses qu'il n'a jamais écrites, et que je ne saurais donc révéler en détail, mais en substance cela prolongeait ceci : si je leur dis ce que je pense vraiment, c'en ai fini de moi pour eux. "Leur", c'était le groupe Théorie Communiste, et sans doute quelques autres dans ce milieu fermé

c'est bien évidemment parce que ses textes restaient, comme Roland Simon le soulignait, au sein de la théorie de la communisation tout en la critiquant en ses fondements, que Charrier ne pouvait pas élaborer une autre théorie. Ceci éclaire donc pourquoi je n'ai rien à faire dans un éventuel débat lors de cette présentation, parce que sa publication et la "présentation de l'ouvrage" donnée par dndf s'inscrivent bien évidemment dans une problématique qui leur était encore commune, du moins dans les textes publiés de Charrier, mais qui ne me l'est plus

en d'autres termes, ce débat, s'il n'est pas strictement entre Charrier et Théorie Communiste, est en deçà de ce que Charrier pensait et qu'il m'a dit il y a maintenant plus de dix ans. Depuis j'ai produit quelques avancées sur le chemin qu'il avait ouvert, même si je ne l'ai pas présenté ainsi, en y faisant souvent référence alors que les initiateurs de cette édition n'en ont pratiquement rien dit depuis cette période. J'ai donc salué, voir ci-dessus 7 janvier, cette initiative pour "un débat apaisé" et j'espère plus honnête que les courriers de Roland Simon à son ami de quarante ans Christian Charrier. Un débat dépassé pour moi, qui ne m'intéresse plus, comme d'ailleurs les adeptes de Théorie Communiste ne s'intéressent pas à ce que j'écris, c'est bien connu, puisqu'ils se font une obligation de n'en parler jamais, de ne jamais le relayer, de ne le traduire jamais : comme si ce dont ils ne parlent pas n'existait pas, et ce n'est pas moi le plus important dans cette affaire, ce que savent les moins idiots de cette bande auto-collante et frappée par sa consanguinité

je me vois surtout mal passer par-dessus Charrier pour polémiquer avec Théorie Communiste, ce serait très irrespectueux du premier et d'un public qui ne viendra pas pour ça

mes considérations théoriques sont depuis  au-delà de Théorie Communiste et Charrier, et c'est bien la raison pour laquelle elles dérangent, par des questions que RS lui-même n'a pas manqué de trouver opportunes parfois, ou du moins les intuitions qu'elles portaient, au point d'en piquer quelques-unes à sa manière "d'auteur virgule de la pensée", ou, comme récemment à propos du rapport humanité-capital-vivant ("nature"), bottant en touche en ironisant sur « le chamane Patlotch » à un niveau théorique dont à sa place, je serais peu fier*. C'est dire que je n'ai aucune raison d'en être vexé, mais plus dans la compassion

* voir cette discussion dans L'HUMANITÉ CONTRE LE VIVANT ? ET LE CAPITAL ? à partir de décembre 2018

douze en retard ajouté à d'autres, le temps perdu ne se rattrape jamais, même quand on est au fond, tout en critiquant les avants-gardes, dans la certitude d'« avoir raison contre tout le monde », comme Christian Charrier le disait justement, en 2000-2005, de Théorie Communiste... au début des années 80 du siècle dernier

bon débat à toussétoutes, que l'ordre règne sans Patlotch

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Lun 4 Fév - 19:24

Patlotch a écrit:1. alors, c'est quelle classe, le capital ou le prolétariat "qui produit socialement la femme de ménage d’une famille bourgeoise" ?
2. communisation : messe d'enterrement d'un théorie de la révolution moribonde, Zones subversives (sic)
2. communisation :
messe d'enterrement d'un théorie de la révolution moribonde


De l'ultra-gauche à la communisation
Zones subversives (sic) Chroniques critiques, 1er Février 2019

après avoir subi les récits futurs de la communisation malmenés par ses théoriciens célibataires mêmes, voilà une resucée de "notre histoire", la leur comme si elle était celle de la lutte des classes depuis un siècle après Octobre 17 et l'ultragauche ouvrière germano-hollandaise. On la connaîtra bientôt par cœur comme les sourates du vieux Karl par les marxistes en chambres closes

celle de Zones Subversives aurait ceci de particulier : plus rien de subversif. Un récit du passé servant une vision de l'avenir qui n'a aucun fondement tangible dans le capitalisme mondialisé, et à défaut, le gauchisme insurrectionnaliste émeuté à la moindre secousse sociale, serait-elle la plus conservatrice et national-populiste comme les Gilets jaunes

après avoir ânonné la problématique des années 1970 « La théorie révolutionnaire se doit de dépasser les vieilles analyses issues du mouvement ouvrier », comme si elle n'avait pas bientôt cinquante d'âge, l'auteur nous la ressert déproblématisée même des questions que posait alors la naissante théorie de la communisation, et qu'elle pose encore aujourd'hui sur quelques points devenues partiels mais restant essentiels, comme l'affrontement de classe au cœur du capital, la production de marchandises

Zones subversives a écrit:- Conseils ouvriers



- Débats dans l’ultra-gauche
- Luttes contre le travail dans les années 1968



[la version autonome de la courroie de transmission politico-syndicale PCF-CGT de 68 aux années 80]

- Dépasser la logique marchande

Source : Rupture dans la théorie de la révolution. Textes 1965-1975, Entremonde, 2018 (Senonevero, 2003)
si encore ce texte était dit résumé, et non "chronique critique", du bouquin en "source" dont il est un condensé a-critique moins pertinent que la quatrième de couv' de François Danel en 2001 ; mais l'auteur raconte platement ce qui, de fait, n'a plus qu'un enjeu historique limité, voire limité à l'Europe Occidentale, quand ce n'est à la France, alors que les théoriciens de la communisation, dont les nouveaux "révolutionnaires" nous rebattent les oreilles, « se trompent d'époque » (Karl Nesic, Troploin, 2011, qui je pense la voyait "plus loin" alors que pour moi, cette forme de révolution ne viendra jamais -> LE CONCEPT DE RÉVOLUTION)

des textes vivants en leur temps, il y a un demi-siècle, des textes morts ressortis et lus par des morts vivants dans une nouvelle langue de bois, telle que succédant au Diamat stalinien : delultragauchàlacommunisation. La messe est dite : "laissons les morts enterrer leurs morts" (Marx 18 Brumaire)


1. alors, c'est quelle classe, le capital ou le prolétariat
"qui produit socialement la femme de ménage d’une famille bourgeoise" ?


scratch

un échange symptomatique chez dndf dans les commentaires de
Gilets jaunes et théorie #1 Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste, Alain Corne/Carbure (AC). ânonime, c'est mézigue

en relation avec SUR L'INTERCLASSISME, un renversement théorique de perspective, et 3 débats en 1

dav a écrit:AC : "c’est par conséquent cette classe qui produit socialement la femme de ménage d’une famille bourgeoise, son salaire de misère et ses conditions de travail.”

Qui est “cette classe” ?
Pepe@dndf a écrit:La classe capitaliste, non ?
mais pour l'auteur, pas du tout !
AC a écrit:“Cette classe”, c’est le prolétariat. Il aurait peut-être mieux valu dire “c’est l’existence de cette classe qui donne la possibilité de l’existence de la femme de ménage”. Ce qui est (mal) dit là, c’est que si le prolétariat à strictement parler est la classe qui produit la valeur, on ne peut pas le réduire à tous ceux qui sont directement engagés dans le processus de création de valeur (ceux qui échangent leur force de travail contre une fraction de capital).

La femme de ménage, et tous les actifs non immédiatement productifs mais qui n’ont que le salaire pour horizon, comme les chômeurs, auto-entrepreneurs etc. font partie de cette classe, et existent en tant que tels et sur leur propre base (comme segments de classe) quand elle entre en lutte. Il s’agissait de revenir sur “l’interclassisme de la classe”, et de rappeler que si l’extraction de plus-value est le cœur du rapport de classes, il faut toujours revenir à la manière dont elle existe socialement. Désolé pour le manque de clarté encore.
un désaccord patent avec TC, et moi, qui ne suit pourtant pas "communisateur"
Patlotch a écrit:évidemment bien sûr of course, cher pepe !

c’est la classe capitaliste qui "produit socialement la femme de ménage d’une famille bourgeoise", et d'une façon générale le prolétariat, mais pour que celui-ci se produise comme classe, c'est-à-dire se constitue en classe, avec une perspective révolutionnaire éventuelle, car ce ne fut pas toujours (jamais ?) le cas, jusqu'à envisager l'abolition du capital, de la valeur, etc. là, camarades, on patauge, et pour cause...

mais c'est une autre histoire, ou plutôt une autre façon d'« explorer les voies de l'exploration (de la communisation) » comme disait le regretté Christian Charrier en claquant la porte de Meeting,

une autre façon de faire de la théorie communiste, celle à laquelle je m'attache depuis quelques années. On sait où la trouver

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Ven 8 Fév - 13:49


le devenir "communisateur" de la langue de bois

Stive Modica est de longue date sur dndf, plus récemment sur Facebook et le mur d'Alain Corne/Carbure/Lutte des classes/Guerre civile/Communisation, un adepte de la théorie de la communisation, un admirateur et diffuseur zélé de Théorie Communiste. Il abat son Je prolétarien :
Stive Modica a écrit:Je crois que la notion de classes populaires est bien plus ancienne que tu le dis.
Le PCF, du temps où il était majoritaire et représentant principal de la classe ouvrière en France avait procédé à ce déplacement sémantiquement vers les classes populaires pour marquer « sa préférence nationale », sa « France » chantée par Jean Ferrat. Voyons cependant comment cela va évoluer. Mais il me semble que les séquences sociales restent encore très volatiles, et que nouvelles manifestations de la lutte des classes encore inédites risquent d’apparaître.

Il ne faut pas négliger non plus une tendance que je pense minoritaire et à qui va ma préférence car elle a le mérite de se faire entendre comme une profonde résonance prolétarienne : Appel de Gilets Jaunes de l’Est Parisien, Paris-Luttes.Info 18 janvier 2019
extraits

« Nous ne sommes pas cette « communauté de destin », fière de son « identité », pleine de mythes nationaux, qui n’a pas su résister à l’histoire sociale. Nous ne sommes pas français.

Nous ne sommes pas cette masse faite de « petites gens » prête à s’allier avec ses maîtres pourvu qu’elle soit « bien gouvernée ». Nous ne sommes pas le peuple.

Nous ne sommes pas cet agrégat d’individus qui ne doivent leur existence que par la reconnaissance de l’État et pour sa perpétuation. Nous ne sommes pas des citoyens.

Nous sommes ceux qui sont obligés de vendre leur force de travail pour survivre, ceux dont la bourgeoisie tire ses profits en les dominant et en les exploitant. Nous sommes ceux que le capital, dans sa stratégie de survie, piétine, sacrifie, condamne. Nous sommes cette force collective qui va abolir toutes les classes sociales. Nous sommes le prolétariat. »
le monde merveilleux de la propagande - celle qui critique le militantisme, ces objectivisme et subjectivisme... des autres. Bref, un morceau de choix digne de l'« ouvrier conceptuel » critiqué dans TC n°26

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 13 Fév - 9:11


Arrière-Gardiens, encore un effort pour devenir communistes
le communisme est-il gratuit ?

AVANT GARDE est le "Journal du Mouvement des Jeunes Communistes de France" (MJCF), lié au PCF et regroupant ses organisations de jeunesse dont les étudiants de l'UEC(F). Je ne leur ferai pas l'honneur de les considérer comme gauchistes, auquel est réservé le sujet CLOWNS et CLONES des AVANT-GARDES. Ils représenteraient plutôt ce qu'il y a de plus "droitiste" chez qui s'arroge encore le droit de se dire "communiste"

la fête, c'est pas gratuit !

cet article est intéressant en ce qu'il aborde un problème in fine peu débattu, celui de la gratuité dans une "société" communiste, guillemets dans la mesure où la question de savoir si la communauté humaine au-delà du capitalisme peut encore être considérée comme une société, donc une société mondiale, ce qui entrerait en contradiction avec des "relations immédiates entre individus", mais ce ne sera pas ici mon propos

si la gratuité n'est pas à proprement parler pour l'auteur un projet communiste, c'est qu'elle n'y est pas « une fin en elle-même », le but étant « l'organisation socialiste de la société » permettant de meilleures « répartitions des richesses », comparable à une généralisation des Services publics ("à la française" oblige), de la Sécurité sociale, etc. bref, la société communiste comme idéal démocratique, une sorte de Sociale démocratie radicale, et cerise sur le gâteau gratuit : « richesses produites par le travail cad par et pour la classe laborieuse »

dans ce modèle, ni le travail salarié, ni le prolétariat comme classe ne sont abolis, lors donner au Figaro des leçon de marxisme, il faudra réviser tes classiques, Thomas Liechti, au demeurant, cher Professeur à L'Université de Versailles, pas si jeune que ça, comme souvent des caciques du MJCF...


LA GRATUITÉ, PROJET COMMUNISTE ?
Thomas Liechti, Avant Garde, 9 février 2019

Le 5 février 2019, un vandale encore inconnu, à l’heure où j’écris ce texte, a dégradé la tombe de Karl Marx au cimetière de Highgate à Londres. L’occasion était trop belle pour certains de rappeler – j’imagine avec un sourire en coin – que la visite de cette tombe est payante. Pour les anti-communistes, c’est une savoureuse ironie capable de les mettre dans un état de satisfaction extrême.

Thomas Liechti a écrit:Vous rendez-vous compte ? « Il faut payer pour voir la tombe du révolutionnaire qui voulait tout rendre gratuit ! » lirait-on presque parfois :

« Karl Marx, pourfendeur de l’économie de marché de son vivant, a été marchandisé à son tour, une fois mort. Ironie du capitalisme? Il n’y avait que le pays qui a vu naître le libéralisme pour oser le faire. Il faut désormais débourser £4 (un peu plus de 5,50€) pour être autorisé à se rendre sur la tombe de l’auteur du Capital, au cimetière de Highgate à Londres, en dehors de la date du 15 mars – anniversaire de sa mort. Le fan club marxiste ne décolère pas, même si tout cela prête à rire, surtout lorsqu’on imagine, comble de l’ironie, que la visite de la tombe du penseur libéral Herbert Spencer, contemporain de Karl Marx et qui fait face à la sienne, pourrait être gratuite… »

C’est ainsi que le Figaro, journal d’habitude sérieux mais que l’on peut facilement qualifier de droite débutait son article éminemment important de 2015 sur la visite payante de la tombe du célèbre « philosophe » (qui n’était d’ailleurs pas seulement philosophe mais passons sur cette appellation simplifiée minimisante du travail de Marx pour éviter un article interminable). La tombe de Karl Marx aurait donc été « marchandisée » ? Vraiment ?

« A ceux qui y voient un dévoiement de son engagement socialiste, les représentants de l’association des «Friends of Highgate» répondent «qu’il s’agit de redistribution du capital, car tout l’argent généré est utilisé pour le cimetière.» » [le Capital n'est pas aboli, il est mieux redistribué]

C’est pourtant ainsi que l’article se poursuit démontrant lui-même qu’il ne comprend rien au sujet qu’il aborde. Ce qui caractérise le marché capitaliste : c’est l’accumulation de richesses (le Capital). Hors dans ce cas précis, il s’agit d’une association récoltant des fonds pour l’entretien de tombes privées (et plusieurs fois vandalisées dans le cas de celle de K. Marx), il n’y a ni accumulation de richesses, ni exploitation de la force de travail d’autrui. Rien à voir avec une quelconque capitalisation sur la vente d’une marchandise ! [on peut dire la même chose de la propriété privée de son appartement ou de sa voiture, qui ne sont pas sources de profits, sauf éventuellement spéculatifs, ou du fait de payer un.e domestique]

Cela nous rappelle que ce qui caractérise avant tout la majorité des anti-communistes, c’est de n’avoir précisément aucune idée de ce qu’est le communisme et encore moins le marxisme, tellement il est évident que le rédacteur de cet article n’a jamais lu le moindre ouvrage marxiste, ou alors qu’il ne les a pas compris. [on peut retourner le reproche à l'auteur...]

C’est cependant une erreur commune, on lit souvent par ici ou par là sur les pages américaines d’humour politique conservateur que les communistes veulent juste des « free stuffs » (des trucs gratuits). C’est une critique récurrente des anti-communistes, ils accusent les communistes de ne pas avoir ce goût de l’effort qui serait celui des capitalistes, celui qui fait travailler dur pour obtenir les choses à leur juste prix : le prix du mérite.

Mais est-ce vraiment cela ? Quel rapport le combat de K. Marx a-t-il avec la gratuité ?

Tout d’abord, si effectivement les communistes se battent aujourd’hui pour obtenir la gratuité dans de nombreux domaines : éducations, soins, transports, etc… Leur combat ne se résume pas à cela. Généralement, la gratuité n’est gratuité que pour l’utilisateur, les trains ne rouleront pas sans entretien, les médecins ne pratiqueront pas pour le plaisir, etc.

Par exemple, la Sécurité Sociale, dans son projet initial, impliquait une cotisation prélevée sur tous les salaires, en proportion du salaire total de l’individu (si l’on a peu, on cotise peu, si l’on a beaucoup, on cotise beaucoup) et la répartition des richesses collectivement réunies permet de payer les frais médicaux de toutes et de tous. Ainsi, la santé n’est gratuite que du fait qu’il n’y a pas d’échange de richesses directement du patient au médecin, mais cela n’implique pas que le système fonctionne sans échanges de richesses. Cela implique seulement que l’échange est collectivement géré par une répartition des richesses qui ajuste les moyens de l’individu aux moyens du collectif. En somme, la Sécurité Sociale ne pratique pas la charité, elle organise la solidarité, et elle le fait de façon égale et sans capitalisation privée (contrairement aux assurances et mutuelles privées qui ont en principe le même objectif mais une méthode capitaliste).

Dans le capitalisme, la gratuité existe aussi d’ailleurs. Imaginez que vous allez faire vos courses dans un supermarché, et on vous propose de goûter un échantillon de produit en vous disant « c’est gratuit ». En effet, c’est gratuit mais cela a deux objectifs : vous familiariser avec un produit qui ne l’est pas lui, et vous inciter à consommer dans ce magasin si sympa avec vous qu’il vous offre des « free stuffs ». En fait, si c’est gratuit, c’est par ce que VOUS êtes le produit : en réalité la marque tente d’acheter votre fidélité de consommateur. [c'est jouer sur les mots...]

Ce mode de gratuité capitaliste peut même être un modèle commercial à part entière : prenez l’exemple d’un jeu vidéo comme Hearthstone ou League of Legend, vous pouvez télécharger le jeu et y jouer gratuitement mais le jeu est rempli à ras bords de micro-transactions, il a été d’ailleurs conçu de telle manière que vous êtes en permanence incité à payer pour accéder à du contenu supplémentaire. Ainsi, vous êtes attiré par la gratuité proposée puis soumis à une publicité permanente alliée à une frustration qui suffira à créer des acheteurs prêts à payer pour du contenu non seulement prétendument gratuit, mais carrément virtuel ! Et c’est ainsi que pour seulement  70% des joueurs de Fortnite qui sont des joueurs payants, la moyenne des dépenses par joueur est de 85 dollars, c’est-à-dire un prix équivalent, voir légèrement supérieur, à un jeu neuf… et payant.

En réalité, la gratuité n’existe pas réellement hors du point de vue de l’individu, la question est toujours de savoir qui paye ? Qui achète quoi ? Et comment ? Lorsque nous revendiquons, en tant que communistes, la gratuité de l’école, ce que nous disons, c’est que l’élève doit pouvoir, toujours, aller à l’école sans que rien de plus que ce que paye déjà sa famille ou lui-même ne soit ajouté à sa charge [c'est une simple revendication de type syndical, puisqu'il s'agit encore de redistribuer de la valeur créé dans la production et collectée par l'impôt]. Mais ce sont bien les impôts, taxes et/ou cotisations sociales de la société en général qui paieront pour ces services, ils ne seront gratuits que du point de vue de l’utilisateur au moment où il s’en sert ! Mao Zedong ne disait-il pas : « Payer ses impôts est un devoir glorieux ! » ? Pas vraiment un éloge de la gratuité non ? En réalité, dans un modèle socialiste comme dans un modèle capitaliste, la gratuité d’une chose se finance simplement par le prix d’une autre ["finance, prix, gratuité" appartiennent au vocaulaire du capitalisme...]. Dans le communisme, la société sans classe et sans État, l’abolition finale des rapports marchands rendrait caduc l’idée même de la gratuité. [ça c'est vrai, mais plus bas, « les richesses sont produites par la classe laborieuses. » On est donc dans le modèle programmatique tiré de la Critique du Programme de Gotah (sauf erreur), les deux phases, inférieure et socialiste, et supérieure (après « abolition finale des rapports marchands ».), la question n'étant jamais abordée du passaage de l'un à l'autre, qui constituerait la véritable révolution des rapports sociaux

La gratuité dans la perspective socialiste/communiste, c’est donc une extraction de valeur hors des mains du capital privé vers un capital public pour collectivement financer un service démocratiquement jugé utile. [c'est la Sociale démocratie dans toute la splendeur passée de son rêve au 20e siècle]

La gratuité capitaliste, c’est un geste intéressé pour favoriser l’attachement commercial du consommateur à un service privé ou une marchandise.

Ainsi, ce qui est au cœur du projet communiste, ce n’est pas la gratuité car ce n’est pas une fin en elle-même. Ce qui caractérise le mouvement communiste et l’organisation socialiste de la société, c’est bien la révolution dans les moyens de production et de répartitions des richesses, qui se caractérise effectivement par une gratuité totale des services démocratiquement jugés nécessaires et/ou utiles au plus grand nombre, car financé sur les richesses produites par le travail du plus grand nombre : c’est-à-dire par et pour la classe laborieuse.

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Ven 15 Fév - 22:00


pourquoi leurs filles sont sourdes ?

une fois que tu as compris comment fonctionne une théorie de la révolution prolétarienne, communisation entre autres, et comment ils fonctionnent eux, cad quelle est leur méthode pour la mettre en "pratique théorique" à l'occasion de telle ou telle lutte, tu peux le faire aussi bien qu'eux, deviner quelle analyse ils feront de cette lutte, et comment ils vont en extrapoler les suites possibles sur la base de leurs présupposés idéologiques. Ça donnera par exemple, avec le "mouvement des Gilets Jaunes" (toute ressemblance avec la réalité est à imputer à cette dernière) :

1) phase d'observation et d'hésitation : « Avons-nous bien à faire à la lutte des classes ? Quelle place y tient le prolétariat ? Devons-nous y participer ? »

2) « Il y a "interclassisme", mais nous devons participer » (ou non selon la dose militante subjectiviste et objectiviste)

3) « Alors que c'était plutôt les classes moyennes (d'en-bas) qui dominaient au départ, avec des revendications populistes, le (vrai) prolétariat prend de plus en plus d'importance sur les ronds-points et dans les blocages. »

4) « Les violences policières et la répression sont telles qu'il est normal que le mouvement faiblisse. » (ou au contraire « se durcisse », mais toujours avec « une motivation de plus en plus grande »)

5) tout au long de ces observations éblouissantes (mêmes les borgnes y sont rois), des remarques ou des textes "théoriques" allant de la prudence au regard du dogme établi à la nécessité d'amender la théorie dans le sens de l'insurrection qui vient, l'émeute prime, : la reproduction, par la circulation des marchandises et leur transport qu'il convient donc de bloquer... prime sur la production industrielle de marchandises-valeur par la classe ouvrière "à l'ancienne" manipulée par "les-syndicats", puisque sans eux, c'est évident, la classe ouvrière aurait aboli le Capital depuis belle lurette : « les Gilets jaunes a- partis politiques et a-syndicats ne l'ont-ils pas compris, camarades ? »

6) le tout s'accompagne de "débats" ou ne sont livrées que les versions "optimistes" et "pessimistes" de la situation et de ses potentialités, considérations sur "notre rôle", etc.

à noter que le plus souvent dans leurs analyses le grand absent est le pouvoir de l'État et du Capital, seule classe effectivement constituée et consciente de l'être. De cette absence de dialectique des contradictions pouvoir-mouvement dans son implication réciproque découle l'impossibilité donc l'incapacité à comprendre ce qui se passe et où ça va nécessairement

7) le mouvement se tassant et finissant par s'arrêter, une séquence de silence est ouverte dans laquelle la plupart ne reconnaîtront pas qu'ils se sont manifestement plantés, et moins encore qu'armés d'une telle "théorie de la révolution" et de pareilles méthodes, ils ne pouvaient que se planter

Cool plus tard, des textes longs comme un jour sans pain viendront livrer l'analyse des analyses, qui resteront dans les annales du "milieu" comme le dernier état de la bible révolutionnaire, livrés à la critique songeuse des Patlotch pour les siècles des siècles, Amen

ne vous demandez pas pourquoi leur filles sont sourdes, elles n'en peuvent plus de supporter papa en professeur de l'être de son néant, maman en version genre, l'aîné et le cadet... de leurs soucis

sachez que tous ceux qui raisonnent comme ça sont morts à la théorisation communiste de notre temps


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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mar 26 Fév - 6:27

importé de
c'est ici que Hic Salta ne saute pas : une vaine théorisation et le refus de la confronter

UNE ERREUR ÉLÉMENTAIRE DE LOGIQUE FORMELLE,
NON DIALECTIQUE
Patlotch a écrit:je ne mets en cause ni le sérieux ni l'intérêt des constats et analyses de Hic Salta (HS), mais la pertinence de la catégorie couche moyenne (CMS pour supérieure), et partant celle d'interclassisme dans son Ménage à trois des classes sociales. J'appelle C la classe capitaliste, P le prolétariat, M la classe moyenne , CMS si l'on veut

admettons avec HS l'existence de M comme classe constituée, ce qui n'est qu'à moitié le cas, moins encore vrai concernant le prolétariat, justement compte tenu de ces luttes actuelles, dites interclassistes. HS nous dit que les luttes de M (lM), sont inéluctablement vouées à l'échec, autrement dit non révolutionnaires : lm#R, voire appelées à devenir contre-révolutionnaires nR : lM => cR

toute théorie de la révolution prolétarienne universelle, donc celle de la communisation, pose que P fera la révolution (R), et d'ici là ses luttes deviendront révolutionnaires dans la crise de reproduction du Capital : lP => R. C'est le noyau dur idéologique de ces théories, jamais démontré que par la logique quasi automatique du cours de l'implication réciproque P-C dans laquelle P est particularité dans la généralité C : P ∈ C (le prolétariat est classe du Capital et rien d'autre, c'est vrai)

en aucun cas l'on peut déduire de (lM# R) ou de (lM => cR) que lP => R

il ne s'agit pas d'une erreur de logique dialectique (des contradictions), mais de logique formelle (causale). Vouloir en déduire le devenir révolutionnaire du prolétariat (il n'est pas déduit mais présupposé), c'est un peu comme si, discutant de l'existence de Dieu, on disait que les athées ne croient pas en Dieu (tautologie), et qu'en tant qu'athées ils ne croiront jamais, sans se poser la question que si les croyants croient en Dieu, cela ne prouve pas son existence (c'est le syllogisme)

depuis 40 ans, la théorie de la communisation n'apporte rien de plus à son moulin, pas un grain à moudre pour prouver que le prolétariat peut devenir classe révolutionnaire, ce que seul en son sein avait questionné Christian Charrier (La Matérielle). C'est cette "systématicité" et ce syllogisme du prolétariat, qui en font une théorie déterministe, ceci dans toutes ses variantes, BA/Hic Salta, Dauvé/troploin-DDT21, RS/Théorie Communiste

alors depuis, ça bricole : RS/TC, (dernier cycle de luttes, théorie de l'écart, conjoncture), Dauvé (bien que troploin, "il va falloir attendre", il le voit), BA/Hic Salta (CMS, interclassisme). TC "colmate" avec le genre, Hic Salta avec CMS et interclassisme, Dauvé fait du Dauvé et ne dit plus rien de nouveau (cf, De la crise à la communisation, 2017)

deux problèmes imbriqués et non interrogés : l'inéluctabilité d'une révolution, et que seul le prolétariat peut la faire

la question qui oppose ces théoriciens aux activistes, sur l'immédiatisme, n'empêche qu'ils ont cette idéologie en commun, avec la variante émeutiste plus ou moins "marxiste (Joshua Clover, Riot-Srtrike-Riot) ou insurrectionnaliste a-classiste (Comité invisible, lundimatin, ultragauchistes et totos divers). C'est pourquoi il ne peuvent parler qu'entre eux, leurs désaccords permettant de ne pas interroger leur noyau idéologique commun, celui de leur "milieu théorique radical" qui mérite le label "camarades" : C'est un joli nom, Camarade, chantait Ferrat en 1969, quand c'était mieux avant, mais "programmatiste", dommage...





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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Ven 1 Mar - 18:30

1er mars
ce qui devait arriver arriva, suite à la publication de ce qui suit, Alain Corne m'a fermé l'accès à son mur facebook, m'appliquant ce dont il avait menacé un autre

Alain Corne a écrit:à Arkadi Tyszka : Bon. Je vais gentiment te demander d'arrêter de troller cette discussion. Soit tu dis quelque chose de cohérent et d'argumenté soit tu dégages. Ça te va ?
on ne l'attendra plus pour aborder les questions théoriques de fond qu'il évacue et censure depuis des années, en bon héritier qu'il est des méthodes staliniennes expéditives davantage que de la méthode théorique de Marx

28 février

parfois je me sens moins seul...

un irrésistible moment de plaisir
contre l'intellectualisme d'une "théorie" "communiste"

à propos de sa "définition" du "sionisme" et de l"antisionisme", Gregory Bekhtari remet à sa place Alain Corne/CarbureBlog/lutte des classes/guerre civile/communisation, le "théoricien" à sornettes qui s'est si manifestement planté tout au long de sa perception et de son analyse du mouvement des Gilets jaunes. Peut-on espérer qu'un jour advienne où cet olibrius, qui revendique ici son "dogmatisme" (dont acte), reconnaîtra ses erreurs ?
Alain Corne a écrit:"Le sionisme (c’est-à-dire la défense de l’Etat d’Israël au nom de la défense contre la menace antisémite) et l’antisionisme (c’est-à-dire la focalisation critique sur l’Etat d’Israël censé incarner à lui seul le capitalisme « impérialiste ») sont les deux mâchoires d’un même piège à cons."

Si je définis l'antisionisme de cette manière (comme idéologie) c'est que le "sionisme" actuellement n'est pas autre chose qu'un élément du discours antisioniste. Il n'y a plus de sionisme réellement existant dans la mesure où celui-ci reposait sur du travail juif et des capitaux juifs et projetait un développement économique de type socialiste sur cette base, alors que la structure des rapports sociaux actuels en Israël repose sur l'exploitation/exclusion d'un sous-prolétariat palestinien dont la prétendue "colonisation" n'est qu'un outil politique (on ne "colonise" rien en réalité, on s'implante pour mater les prolétaires palestiniens, empêcher le développement d'une bourgeoisie locale et attiser le conflit dans la zone). [...]
Gregory Bekhtari a écrit:J'ai toujours eu du mal avec les gens qui se croient plus intelligents que tout le monde et expliquent doctement pourquoi ils sont les seuls à analyser correctement ce que personne ne comprend. Surtout quand la "démonstration" n'en est pas une et que la soi disant argumentation est un fatras confus complètement déconnectée du terrain où se joue le conflit politique et militaire en cours...

je parle de quelque chose de très précis, à savoir le grand n'importe quoi pseudo théorique produit par Alain Corne. Pour le reste, je ne pratique pas les généralisations...

Les illusions intellectualistes sont une plaie, mais heureusement, elles ne concernent pas grand monde. Sinon pour rebondir sur ce que tu as dit, Jo Ao, le communisme n'est pas incompatible avec les luttes de libération nationales dans un contexte colonial, au contraire, l'histoire en fournit les preuves. En revanche ce qu'Alain Corne appelle "communisme" oui, mais ça tombe bien, il ne représente à peu près rien dans le champ large du mouvement dit communiste.
mais le tartuffe est assez biscornu pour en rajouter :
Alain Corne a écrit:La vérité c'est que vous êtes embarqué dans un débat de merde et sur des positions pourries et réactionnaires, que vous , et il va bien falloir en tenir compte tôt ou tard, ou mettre en place un dispositif politique pour les rendre inaudibles. Je suis sûr qu'il y en a qui discutent déjà de tout ça dans un coin.

Bon je vous laisse jouer maintenant.
vrai qu'Alain Corne et ses potes "communisateurs" sont réputés pour « ne pas discuter dans un coin », ne pas privilégier l'élite intellectuelle du « "milieu" "interne" de la théorie de la communisation », jamais  « multiplier les confusions et les diversions pour ne pas avoir à discuter du fond », avoir toujours « des positions claires et articulées », ne jamais « mettre en place un dispositif pour rendre inaudible » qui les dérange, tel Patlotch en le bloquant sur les réseaux soucieux de lui-même. Un autoportrait ?  scratch

Arrow

5 heures plus tard, d'autres ayant mis sous le nez de Corne qu'il n'y connaissait rien, mais faisait redescendre ses concepts théoriques abstraits sur une réalité régionale dont les particularités sont devenues déterminantes plus que la "structure"...
Alain Corne a écrit:à Boudjemaa Sedira : Bon, évidemment ça existe, mais j'avoue que je privilégie toujours la question des rapports sociaux à la géopolitique du baril, qui selon moi n'a jamais bien servi à expliquer autre chose que le fait que oui, les Etats sont des acteurs capitalistes particuliers, et que lorsque qu'une industrie est aussi liée au sol et aux transports que le pétrole, et donc au territoire et aux frontières, ils jouent évidemment un grand rôle. Mais ce qui se passe effectivement est rarement réductible à ça, je trouve, même si c'est à prendre en compte dans le contexte global.
en version communisatrice de "l'Idée" hégelienne, le général détermine le particulier devient "mon concept écrase ta singularité", et bientôt "ferme ta gueule, JE suis l'unique vérité du prolétariat universel révolutionnaire !" :
Alain Corne a écrit:à Arkadi Tyszka : Bon. Je vais gentiment te demander d'arrêter de troller cette discussion. Soit tu dis quelque chose de cohérent et d'argumenté soit tu dégages. Ça te va ?
les "trolls", c'est comme les "cons" ou les "sociaux-traîtres", chacun les siens... Depuis 20 ans, je fus successivement un "troll" pour des forums de Jazz, le"Forum des marxistes Révolutionnaires", "Multitudes" de Moulier-Boutang, Médiapart, Indymédias Nantes et Bruxelles, Paris-Luttes.Info..., question d'habitude

avec la version communisatrice du troll, transcendée par Alain Corne, je suis sûr que ma lectorate ne regrette pas de l'avoir connu(e)

affraid

la grosse difficulté, pour Théorie Communiste, RS/TC, c'est de sélectionner les "trolls" auxquels il est nécessaire ou contre-productif de répondre. Alain Corne est si mauvais que lui répondre serait apporter une caution à ses « inepties » au nom de la communisation, et le Pape Roland est bien emmerdé, parce qu'au fond ils ont les mêmes pré-supposés et la même « pratique théorique » : botter en touche, par tous les moyens de la rhétorique, de l'évitement à la censure, ce qui dérange leur foi en un prolétariat universel unique sujet de leur révolution fantasmée

question pour un champion, du pervers-pépère de Marseille : « Alain est un camarade, un des proches de nous, sur lesquels j'adore taper. Dans la conjoncture de cette séquence particulière, dois-je le faire ? »

Lewis Caroll a écrit:« Ils ne jouent pas du tout franc jeu, » commença Alice d’un ton de mécontentement, « et ils se querellent tous si fort, qu’on ne peut pas s’entendre parler ; et puis on dirait qu’ils n’ont aucune règle précise ; du moins, s’il y a des règles, personne ne les suit. »
Alice au Pays des Merveilles,
traduction par Henri Bué, 1869



Illustration par Sir John Tenniel

pour des discussions « cohérentes et argumentées », voir les sujets de les LUTTES et leurs THÉORIES

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Lun 4 Mar - 17:25


la 'théorie de la communisation' :
un bovarysme révolutionnaire


lettre intime de l'étranger, 37
Chère lectorate,
FoSoBo, le 4 mars 2018

[...]

PS : tu es cette fois encore très perspicace : « Tu a bien distingué "romanesque" et "romantisme", que ce soit en littérature ou en théorie communiste. Au fond, et depuis ton regard froid, ton cynisme à la Diogène mis en scène d'Alexandrie en abîme ici, tu montres mieux que dans tes textes théoriques que la "théorie communiste" de tes ex "camarades", nonobstant leur prétendu "matérialisme", relève de la philosophie idéaliste d'avant Marx, où la foi en leur révolution fantasmée se résout dans le plus vulgaire des romantisme révolutionnaire, à la différence près qu'il est un romantisme froid, cynique dans le sens mauvais de leur comportement sectaire. J'entends par là que leur froideur, ou leur supposée "rigueur" par l'absence de sentiments que revendique RS/TC, vient justement pallier leur déficit de matérialisme.

Le comble, tu l'avais d'ailleurs noté, n'est-il pas que leur "théorie de la communisation" échoue, au double sens d'échec et de naufrage, en un bovarysme révolutionnaire ?

Quant à ton roman, il est des plus "romanesques" au sens de ce qui est spécifiquement "constitué par les romans", qu'on ne trouve que dans cette forme de littérature, et non du sens détourné qui flirte avec le romantisme, exaltation des sens, bref, le bovarysme, confusion relevée par Georges Palante chez cet auteur :

L'éducation de la paysanne au couvent (...), l'influence romantique, agissant sur elle par les lectures (...), sont les causes (...) de l'avidité sentimentale (...) de la jeune fille. (...) on a pu voir en Mme Bovary le procès de l'éducation romanesque.
Jules de Gaultier, Bovarysme, 1902 »
tu as fait ma journée, je n'ai donc rien à ajouter



Emma Bovary
Amélie Beaury Saurel, 1894
huile sur toile, 75 x 82 cm


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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mer 6 Mar - 22:50


le roman de Roland
ou là quand
la théorie de la communisation révèle son impasse

extrait de
LA FEMME À LA JONQUILLE
chapitre 54 de
LA ZAD EN L'ÉTROIT TERRITOIRE - L'OUTRE-RÉEL III.2



Célanie, la cheminote rouge : « Alors, comme ça, Alfonce, tu t'en fous, du communisme ? - Mais pas du tout, t'as rien compris ! C'est pas parce que je pense que la fin du capitalisme ne pourra pas venir d'une révolution prolétarienne, et même que toute l'histoire des sociétés ne se réduit pas à la lutte des classes comme Marx dans le Manifeste, que je me fous du communisme. T'en veux un qui s'en fout et le clame ? le voilà, dans toute sa splendeur de Savant de Marseille. »
Roland Simon a écrit:Le communisme, on s'en fout, ce qui compte c'est la lutte des classes. Et ça, tu es dedans. Très tôt, dans le replis après 68, plein de copains, la perspective communiste disparaissant, ont dételé. Je me suis aperçu que, finalement, le communisme je m'en fous. Tous ces gens qui étaient orphelins du communisme, ça va finalement théoriquement avec mes critiques de toutes les normes, du normativisme, ce qui compte c'est la lutte de classes et, dans cette société, tu es dedans.
entretien avec Lola Miesserof, Voyage en outre-gauche, paroles de francs tireurs des années 68, 2018
« "Franc" tireur ? Roland Simon ! Plutôt le type qui n'aura cessé, douze ans durant, de me tirer dans le dos, comme à d'autres avant, qui n'avait pas "dételé" et ne se foutaient pas comme lui du communisme, qu'ils croient au devenir révolutionnaire de la lutte des classes, ou pas, comme moi. Alors maintenant le Pape de "Théorie Communiste", sic de nom modeste, cherche sa "lutte des classes" au moindre soubresaut social, tiens revoilà les Gilets jaunes... »
Roland Simon a écrit:Nous avons affaire tout simplement à un mouvement de classe, à la lutte de classe. Est-ce que nous avons demandé en 1995, en 2003, en 2005 (banlieues), 2006 (CPE), 2010 (Retraites), 2016 (loi travail), etc. comment ces mouvements allaient “abolir la propriété privée” “pratiquer l’emparement et ouvrir la voie à la communisation…” ? Il est important de critiquer ce type de discours hyperboliques (et je l’ai fait) qui pouvaient également exister dans les mouvements précédents. Mais, maintenant il faudrait enfin (perso je suis resté longtemps dans l’expectative), tout simplement, voir la lutte de classe dans ce qu’il se passe. La lutte de classe est quelque chose de très simple, c’est d’abord et avant tout une réaction et une lutte contre l’injustice et les inégalités sans présupposer la révolution et le communisme.
« Le tour est joué, de passe passe de ce qui se passe en vérité, qui ne va pas du tout dans le sens d'un prolétariat révolutionnaire. En tant que classe ouvrière, c'est le grand absent de ces trois mois d'une lutte très faible en nombre, moins de 1% de la population a manifesté, sur-médiatisée et dramatisée à dessein par les violences policières du pouvoir : le grand absent de cette lutte entre classes est la classe ouvrière des usines, pas de grèves, et ceux d'en-bas du bas, les chômeurs, migrants, non Blancs des quartiers populaires...

Célanie : Pas besoin t'énerver, je suis d'accord, chez nous, à l'atelier de maintenance de Clichy, il n'y avait de gilet jaune que le mieux payé, notre chef citoyen "de gauche" Gabriel et mien "frère de couleur"... Mais dis-moi un truc, ton type, là, il dit bien qu'il critique "toutes les normes" et que "la lutte de classe est quelque chose de très simple, c’est d’abord et avant tout une réaction et une lutte contre l’injustice et les inégalités sans présupposer la révolution et le communisme." ? »

- Si, mais qu'est-ce que ça vaut, concernant sa théorie, puisque son noyau dur non questionné, c'est la révolution communiste par le prolétariat ? Il a la lucidité de ne pas la voir venir mais pas celle de dire que c'est le prolétariat qui se fout de son concept théorique et de sa révolution de papier. Sa théorie s'effondre, mais pour ne pas admettre que c'est dans la foi son idéologie, il ruse en attendant la suite... »


Lauteur : « Et c'est reparti, le nègre, mets-moi l'eau à la bouche, "jonquille, symbole du désir", mais à peine ai-je le jonc en quille, que ça retombe en "qu'ouille" ouille ouille ! Et la Blackette qui la ramène, qui veut plus se faire sauter par son chef sur son canapé antillais. Au total reste quoi ? une fille aux jonquilles plutôt bandante, et moi la queue entre les jambes ! Tu parles d'un roman... »


scratch




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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Sam 9 Mar - 18:03


LA "THÉORIE" DE LA COMMUNISATION
UNE THÉORIE COMMUNISTE DE MERDE ET DE MERDEUX

Patlotch a écrit:
I. sur la forme
II. sur le contenu

I. LES DIX COMMANDEMENTS DU COMMUNISATEUR
bardé et blindé de
THÉORIE RÉVOLUTIONNAIRE et PROLÉTARIENNE


(toute ressemblance avec la réalité ne serait imputable qu'à elle seule)

1. tu affirmeras ta foi en la théorie-maîtresse avec conviction et persévérance face à toute tentative de la critiquer honnêtement, ce qui ne vise qu'à te déstalbiliser. À cet égard, ne te laisse d'aucune façon déstalbiliser, et si tu te sens faiblir, reprends-toi, ne le montre pas, ne l'exprime jamais. Au besoin, confie-toi au chef-théoricien, demande lui secours et conseil pour te ressaisir

2. tu ne reconnaîtras publiquement aucune "erreur" ou "faute", qui pourrait, le cas échéant éventuellement possiblement mais rarissimement, être avec tes "camarades" envisagée comme dépassable sans altérer la validité du corpus fondateur. Garde-le préférablement pour toi car « que vont-ils penser de moi si j'émets ce léger petit doute ? »

3. tu n'accorderas publiquement aucun crédit à des idées, textes ou théorisations, établissant de prétendues preuves de ces "erreurs" ou "fautes", mais tu t'efforceras d'y apporter les "réponses" les mieux appropriées aux circonstances :
- ne pas en parler,
- ne pas les publier et faire en sorte qu'aucun « proche de "nous" » ne les publie
- si tu es contraint d'y faire écho, évite les parties qui te dérangent et déforme celles auxquelles tu "réponds"

4. tu ne donneras jamais tort publiquement à un "camarade", et d'autant moins qu'il est plus « proche de "nous" »

5. tu diffuseras, bien qu'avec parcimonie et à bon escient, des textes de "camarades" du «"milieu" de la "théorie" "radicale"», même s'ils expriment ce que tu reconnais être des âneries. Garde précieusement en tête ces précédents, note-les, et n'omets pas d'en parler avec franchise post-stal au prochain bureau central de la communisation

6. aux thèses théoriques que tu considères comme « ineptes », inutile par définition d'en apporter une démonstration, ni concernant leur construction logique interne ou leur pertinence improbable relativement aux réalités, ni vis-à-vis de ta théorie-maîtresse de référence en dernière instance, car « elle a fait ses preuves et tient la route depuis un demi-siècle », et le prouve en se montrant réfutable par ton chef-théoricien, qui seul peut en déplacer les virgules comme d'autres les montagnes, et apporter, en gras ou en litanique, un grain à moudre éternellement par les meuniers qui dorment, traduisant ainsi le mouvement réel de l'histoire reflété par sa tête non fragile

7. ne donne jamais tort tout-à-fait à un « proche de "nous" », même si tu ne vois pas comment le repêcher. D'une part il convient en toutes circonstances de maintenir l'unité et la solidarité entre les "camarades", d'autre part il peut encore servir à diffuser ta théorie-maîtresse du centre aux marges du milieu, car la théorie-maîtresse est en même temps centrifugeuse et pète

8. ne te donne pas la peine de critiquer au quotidien les maux du capitalisme. Ces naïfs adversaires et tes ultimes ennemis de classe, les citoyennistes démocrates radicaux, sont là pour ça, et personne ne doit douter que tu haïsses, ho hisse et Hue, le capitalisme et tout ce qui va avec, ultra-plus et outre-davantage que personne au monde

9. à tout ex-"camarade", tourne le dos définitivement, et espique aux « proches de "nous"» les moins fiables qu'il n'est plus du tout un "camarade". Comme preuves, ressors les notes que tu avais prises depuis des années qu'il montrait des failles dans sa foi en la théorie-maîtresse

10. tu diras chaque soir, et si tu l'oublies le matin, deux « Notre-Savant de Marseille qui êtes à la Pétanque ce que Dieu est au Paradis » et trois « Je Vous Salue Bonne Mère du Genre abolissable et haïssable à merci #Balance-ton-Vieux-Port »



II. POURQUOI LA THÉORIE DE LA COMMUNISATION
EST UNE "THÉORIE COMMUNISTE" DE MERDE

II 1. Théorie Communiste (RS/TC), se fout du communisme
Célanie, la cheminote rouge : « Alors, comme ça, Alfonce, tu t'en fous, du communisme ? - Mais pas du tout, t'as rien compris ! C'est pas parce que je pense que la fin du capitalisme ne pourra pas venir d'une révolution prolétarienne, et même que toute l'histoire des sociétés ne se réduit pas à la lutte des classes comme Marx dans le Manifeste, que je me fous du communisme. T'en veux un qui s'en fout et le clame ? le voilà, dans toute sa splendeur de Savant de Marseille. »
Roland Simon a écrit:Le communisme, on s'en fout, ce qui compte c'est la lutte des classes. Et ça, tu es dedans. Très tôt, dans le replis après 68, plein de copains, la perspective communiste disparaissant, ont dételé. Je me suis aperçu que, finalement, le communisme je m'en fous. Tous ces gens qui étaient orphelins du communisme, ça va finalement théoriquement avec mes critiques de toutes les normes, du normativisme, ce qui compte c'est la lutte de classes et, dans cette société, tu es dedans.
entretien avec Lola Miesserof, Voyage en outre-gauche, paroles de francs tireurs des années 68, 2018
« "franc" tireur ? Roland Simon ! Plutôt le type qui n'aura cessé, douze ans durant, de me tirer dans le dos, comme à d'autres avant, qui n'avait pas "dételé" et ne se foutaient pas comme lui du communisme, qu'ils croient au devenir révolutionnaire de la lutte des classes, ou pas, comme moi. Alors maintenant le Pape de "Théorie Communiste", sic de nom modeste, cherche sa "lutte des classes" au moindre soubresaut social, tiens revoilà les Gilets jaunes... »
Roland Simon a écrit:Nous avons affaire tout simplement à un mouvement de classe, à la lutte de classe. Est-ce que nous avons demandé en 1995, en 2003, en 2005 (banlieues), 2006 (CPE), 2010 (Retraites), 2016 (loi travail), etc. comment ces mouvements allaient “abolir la propriété privée” “pratiquer l’emparement et ouvrir la voie à la communisation…” ? Il est important de critiquer ce type de discours hyperboliques (et je l’ai fait) qui pouvaient également exister dans les mouvements précédents. Mais, maintenant il faudrait enfin (perso je suis resté longtemps dans l’expectative), tout simplement, voir la lutte de classe dans ce qu’il se passe. La lutte de classe est quelque chose de très simple, c’est d’abord et avant tout une réaction et une lutte contre l’injustice et les inégalités sans présupposer la révolution et le communisme.
« Le tour est joué, de passe passe de ce qui se passe en vérité, qui ne va pas du tout dans le sens d'un prolétariat révolutionnaire. En tant que classe ouvrière, c'est le grand absent de ces trois mois d'une lutte très faible en nombre, moins de 1% de la population a manifesté, sur-médiatisée et dramatisée à dessein par les violences policières du pouvoir : le grand absent de cette lutte entre classes est la classe ouvrière des usines, pas de grèves, et ceux d'en-bas du bas, les chômeurs, migrants, non Blancs des quartiers populaires...

Célanie : Pas besoin t'énerver, je suis d'accord, chez nous, à l'atelier de maintenance de Clichy, il n'y avait de gilet jaune que le mieux payé, notre chef citoyen "de gauche" Gabriel et mien "frère de couleur"... Mais dis-moi un truc, ton type, là, il dit bien qu'il critique "toutes les normes" et que "la lutte de classe est quelque chose de très simple, c’est d’abord et avant tout une réaction et une lutte contre l’injustice et les inégalités sans présupposer la révolution et le communisme." ? »

- Si, mais qu'est-ce que ça vaut, concernant sa théorie, puisque son noyau dur non questionné, c'est la révolution communiste par le prolétariat ? Il a la lucidité de ne pas la voir venir mais pas celle de dire que c'est le prolétariat qui se fout de son concept théorique et de sa révolution de papier. Sa théorie s'effondre, mais pour ne pas admettre que c'est dans la foi son idéologie, il ruse en attendant la suite... »


II 2. la théorie de la communisation est pleine de trous, la comparer au Capital de Marx, c'est prendre la mesure de son réductionnisme radical

j'ai montré depuis une douzaine d'années de quoi était faite la "totalité" que ses théoriciens prétendent critiquer, héritier de Marx, donc aussi d'Aristote ou Hegel. Pour RS/TC, la totalité, la généralité, c'est le capital, mais dans TOUS ses textes, contrairement au Capital de Marx relativement à son temps, on ne trouve RIEN sur :

la NATURE (le vivant), les SCIENCES et TECHNIQUES y compris dans la PRODUCTION de MARCHANDISES au cœur de l'EXPLOITATION CAPITALISTE, les INVENTIONS et TECHNOLOGIES BIO-NUMÉRIQUES, qui donne les robots et l'idéologie du transhumanisme, alors que cette production est censée structurelle dans ce corpus théorique, donc forcément, les inventions dans ce domaine ne peuvent pas pour TC être motrices de l'histoire autant que la "lutte des classes", ainsi rendue hors-sol car coupée de son ancrage dans le MPC, mode de production capitaliste, même

je passe sur les « inepties » (un terme qu'adore RS/TC) concernant la "contradiction de genre" "dialectiquement" (cad pour TC/RS dans son terme de « rouages » mécaniquement à la contradiction de classe, réelle mais ne rendant compte que partiellement des contradictions antagoniques dans le capital

bref, car j'abrège :


TC THÉORIE COMMUNISTE EST UNE THÉORIE
MAIS UNE THÉORIE DE MERDE

et Roland Simon RS/TC, alias le Savant de Marseille, un nain bu de lui-même, doublé d'un débatteur malhonnête et lâche, quine mérite que des coups de pieds au culte. Poil au

PS : ce ne sont là que bribes, naturellement...


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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Lun 11 Mar - 20:31


15. Maj pour petit correction de compréhension


UN PUR CONFLIT CONCEPTUEL ENTRE NORMES RÉVOLUTIONNAIRES
en concurrence sur le marché des idées du "micro-milieu"

du rififi dans la norme communisatrice
au retard qui s'accumule dans l'analyse
et la critique de l'émeutisme insurrectionnaliste

dans le "débat interne", pléonasme, du «"milieu" de la "théorie" radicale"», un court texte de RS/TC, dont je retiens la chute, une évidence du point de vue de la théorie de la communisation comme théorie normative et déterministe du prolétariat universel révolutionnaire. Je souligne en gras et italique
RS/TC a écrit:Il y a comme une petite musique qui se répand dans notre micro milieu, mais pas si « micro » que cela quand il ne fait que répercuter dans ses problématiques propres et son langage des discours idéologiques dominants sur la production, la « société », la circulation, etc. Quand tous les Etats, toutes les entreprises, les organisations de la classe capitaliste ne cherchent qu’à contraindre les salaires, renforcer les mesures d’austérité, abaisser les coûts de production, trouver la main-d’œuvre la moins chère pour la production, les théoriciens annoncent, au pire, que la contradiction n’est plus là, que valeur et plus-value se créent ailleurs, au mieux, que si le travail productif demeure la contradiction centrale, plus rien ne se joue centralement à ce niveau. Il est vrai que les théoriciens du communisme ont toujours considéré que la classe capitaliste ne pouvait qu’évoluer dans l’immédiateté et l’apparence. Il est alors de leur devoir, face à une classe qui continue à être persuadée que son avenir est dans l’exploitation du travail, de lui enseigner qu’elle se trompe, que la contradiction est passée ailleurs, que l’exploitation dans la production n’est plus « centrale ».
« On voudrait seulement vivre un peu mieux » dndf 11/03/2019
j'ai souligné "théorie de la communisation comme théorie normative et déterministe", puisque le texte s'enfonce dans le déni de cette évidence cent fois montrée ici : ce déterminisme et sa mise en norme indiscutables, et ce texte en est encore la preuve, résident dans la seule et unique hypothèse mise à l'étude, alors qu'elle ne s'appuie que sur la foi des "partisans de la communisation", que ce soit celle de Roland Simon de Théorie Communiste ou de son challenger Alain Corne, de Carbure/Lutte des classes/Guerre Civile/Communisation (sic de non déterminisme !). Voir CRITIQUE DU CONCEPT DE RÉVOLUTION

une perle qui vaut un Carambar d'or ?

RS/TC a écrit:C’est bien la partie la plus précaire du prolétariat qui est là de façon majoritaire dans le mouvement [des Gilets jaunes], précaire non seulement en termes de revenus mais surtout de rapport à l’emploi. De plus en plus, c’est elle qui donne le tempo.
n'exagérons pas la bêtise du Savant de Marseille. Il ne veut pas dire que le prolétariat le plus précaire serait majoritaire dans le mouvement mais majoritaire au sein des prolétaires qui y ont participé, le prolétariat étant pour lui, de façon marxiste classique constitué centralement des ouvriers d'usines travaillant dans la production
RS/TC a écrit:Intégrer la production, ce n’est pas nécessairement des « occupations », la « grève générale », l’autogestion », etc. ; mais c’est au moins sortir des usines, entrepôts, bureaux, ateliers, grandes surfaces, de chez le particulier chez qui on travaille, autrement qu’en dehors des heures de travail.
car il va sans dire que je partage « la centralité des lieux de production, ne serait-ce que pour les abolir », et le raisonnement qui y conduit, contre la « petite musique qui se répand dans [leur] micro milieu » sous l'influence des thèses émeutistes et insurrectionnalistes mêlées de lundimatin et de Joshua Clover, auteur de Riot-Strike-Riot de mai 2016, dont RS critique ici la thèse centrale deux ans après mézigue...

rappelons que cet ouvrage a été traduit l'an dernier en L'émeute prime pour la collection Senonevero d'Entremonde, dirigée par Julien Guazzini, membre de TC, et alors que l'association éditrice Senonevero est majoritairement composée de membres de TC, qui décident donc des ouvrages à publier, écrits par eux ou traduits...

cette « petite musique », loin de ce « micro milieu », je l'ai épinglée dès la sortie de Riot-Strike-Riot aux États-Unis : ça va faire deux ans ! Si je n'ai plus besoin de RS/TC pour théoriser, il n'est aucune preuve de l'inverse... Il n'est pas près de me cloner mais assez près de rejoindre les clowns de l'avant-garde

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Sam 16 Mar - 18:03


chapitre 64

L'OUTRE-MATIÈRE
un concept ignoré de la philosophie, des sciences, et des arts

(extrait)

Patlotch a écrit:et quel prétendu "anarchiste" ou "communisateur" est-il aujourd'hui capable d'utiliser une si large palette tenant compte, aussi, de l'apport de l'art, de la poésie, et de ceux qui les font, les vivent et les offrent à vivre au quotidien ? Aucun de ma connaissance aujourd'hui, piètres héritiers de maîtres anciens autrement audacieux dont ils font pourtant leurs icônes !

quand ce n'est pas pour nous promettre un devenir révolutionnaire entièrement déterminé par leur prolétariat, le même qui constitue aujourd'hui encore les foules aux « regards envieux » des belles voitures, tout en protestant, en Gilets jaunes, contre le coût d'un carburant dont la fabrication même détruit la planète !

ils nous parlent de « détruire ce monde », mais il ont fait de moi, Patlotch, sinon du « poète un anathème, du penseur, un imbécile, de l’artiste, un fugitif, due visionnaire un criminel », mais un « chamane en connexion directe avec le "réel", le "vivant" et la "nature" », dans les termes du Savant de Marseille ! Il faut imaginer un paradis pour la bêtise et des gardiens dignes des meilleurs geôlier du monde (1)



toute pensée, d'où qu'elle vienne et aussi "révolutionnaire" qu'elle se présente, et quelles que soient ses bonnes intentions voire ses arguments sérieux, car ne pas en avoir contre ce monde devient rare, mais encore faut-il qu'ils produisent de la pertinence en lutte et non de l'ex-communion en ligne comme aux bons vieux temps du stalinisme ou des dictatures actuelles ; une telle pensée doit être qualifiée pour ce qu'elle est : étroite en bottes de non-lieu, étique en toc et tics, réactionnaire, en un mot dont ils aiment tant à caractériser les autres depuis leurs normes moisies : contre-révolutionnaire !


notes

1. mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

64. DE L'AUTRE CÔTÉ
ou le dessous des cartes, des choses et des mots

(extrait)

Patlotch a écrit:mais la poésie, l'art vivant, c'est comme le jazz une imprévisation, car il ne suffit pas de (se) dire « Je l'ai déjà fait, je l'ai enregistré, je suis bon...» Non, ça c'est le passé, et il est mort mon vieux, on ne peut naître d'avoir été, il faut remettre sur le métier, aller plus loin ou, à défaut, de pas revenir en arrière, comme ceux qui imaginent la révolution sur les modèles dont l'histoire a fait table rase

ils ont fini par opposer une telle résistance idéologique, de moins en moins digne d'une théorie, à toute critique du capitalisme même ne répondant pas à leur norme de la révolution prolétarienne, qu'ils en sont devenus réactionnaires

eh bien je ne pourrais faire de même, du revival dans le domaine de la création poétique, sans mériter à mes propres yeux la même sanction ! Tout ça, poésie, arts ou théories, c'est bien bon pour les musées, les collectionneurs, les rentiers de la mémoire morte, les consommateurs de madeleines sans Proust !

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Re: mésaventuriers de la classe perdue, théologiens du prolétariat et théorichiens de garde de l'ex-communisation

Message par Patlotch le Mar 19 Mar - 21:44


qu'est-ce qui a changé dans le milieu (post)ultra-gauche depuis 20 ans,
sinon, sur le fond et la forme, rien ?

au comble de la caricature et du déni de son dogmatisme et de son normativisme* révolutionnaire, par sa thèse prolétariste centrale inchangée depuis 40 ans, sa "pratique théorique" et la déformation des textes qu'il critique, je placerais le plus théoricien de tous, Roland Simon (RS), du groupe Théorie Communiste (TC), dont la sentence est d'ailleurs qu'il ne faut jamais discuter avec une critique telle que celle d'Alain Bihr ci-dessous, pas plus qu'il n'a jamais apporté le moindre démenti à mes "révélations" sur leur fonctionnement, ni discuté honnêtement les positions que je défends
RS/TC a écrit:Je me suis aperçu que, finalement, le communisme je m'en fous. Tous ces gens qui étaient orphelins du communisme, ça va finalement théoriquement avec mes critiques de toutes normes, du normativisme, ce qui compte c'est la lutte des classes et, dans cette société, tu es dedans.
Voyage en outre-gauche, Lola Miesseroff 2018, p. 275
c'est pourquoi bien qu'ayant abandonné le qualificatif de secte depuis quelques années, je n'hésite plus à le reprendre pour définir ce milieu et ses adeptes, fuyants, menteurs, censeurs, jésuites, tartuffes comme je n'en avais pas connus de ma vie, même au PCF, c'est dire... (il est vrai que je n'ai pas beaucoup fréquenté les sectes religieuses)

Alain Bihr définit lui-même ce qu'il appelle alors, en 1997, l'ultra-gauche, dans une acception proche des groupes qui s'en réclame ou de leur héritage. Je préfère quant à moi parler de post-ultragauche dans la mesure où il ne reste plus que de rares poches se réclamant de l'Ultragauche historique des Conseils ouvriers (Echanges d'Henri Simon, Vosstanie...), que les Théoriciens de la communisation (Roland Simon, Gilles Dauvé et Bruno Astarian plus quelques émules sombrant dans l'idéologie insurrectionnalistes des émeutes, du côté de Joshua Clover et lundimatin*) ont rompu avec cette base dans les années 70, et que Temps Critiques a abandonné Marx et la théorie du prolétariat

* lundimatin où publie l'ineffable Serge Quadruppani, que j'ai épinglé dans clowns et clones des avant- et arrières-gardes, qui vient de ce milieu avec lequel il a rompu, et dont parle Bihr à propos de négationnisme, d'antifascisme et d'antiracisme, ce qui n'est pas ici mon propos

quant au label policier d'ultragauche concernant les activistes et autres Black Blocs, les rapports théoriques avec ce "milieu théorique radical" peuvent exister, mais dans une adaptation de cette "théorie" mal digérée comme guide pour certains, de leurs "pratiques". À l'inverse, hormis une poignée de spectateurs consommateurs, blogueurs et traducteurs, les "activistes immédiatistes" s'avèrent le seul vecteur de diffusion pour cette théorie hors-sol que Pepe@dndf n'hésite pas à nommer "fusée" (TC26 Le kaléidoscope du prolétariat”, deuxième étage de la fusée)

vu le nombre d'exemplaires vendus de la fusée TC26, elle a dû explosé avant de sortir de l'atmosphère terrestre, et les dieux de la théorie sont retombés sur leur "tête fragile" idéologique, entre gilets jaunes nationalistes et noirs blocs "anarchistes"... Avec les Gilets jaunes, les communisateurs version TC sont devenus d'un coup très sensibles à la "pauvreté" et au "mépris de classe" de Macron, preuve qu'ils ont "une âme"

rappelons qu'un des sujets les plus lus de dndf (1920 clics en 3 ans, bof...) est de mézigues en décembre 2015 : “L’EXPLOITATION CAPITALISTE, c’est aussi la PAUVRETÉ qu’elle produit”, et que RS/TC, d'abord "dubitatif" puis révisant sa non-norme, a découvert avec les Gilets jaunes que la lutte de classe est d'abord trivialement une protestation contre l'injustice... : en brûlant et pillant quelques symbole du luxe de la consommation bourgeoise sur les Champs Élysées ? Silence radio sur la question, faut pas fâcher les "camarades" noirs blocs. Preuve qu'ils ont des bottes et restent aussi droits dedans que l'ennemi Juppé en 95

cette publication ne vaut pas approbation des positions politiques de Bihr. Concernant ses livres notamment les deux tomes de La reproduction du capital, c'est autre chose, et d'ailleurs RS/TC l'a beaucoup pillé, comme d'habitude sans le dire...


extrait de
Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire
Alain Bihr, Négationnisme : les chiffonniers de l’histoire, 1997

De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire


Au-delà ou plutôt en deçà des positions théoriques de l’ultra-gauche, c’est sa pratique politique elle-même qu’il faut en définitive interroger si l’on veut comprendre les raisons de la dérive négationniste de certains de ses membres. Héritiers de courants ultra-minoritaires du mouvement ouvrier, les différents groupes qui la composent se caractérisent traditionnellement par un fonctionnement politique sectaire. De la secte politique, ces groupes présentent en effet quelques uns des traits archétypiques.

A commencer par leur commune conviction d’être les détenteurs exclusifs d’une « vérité révolutionnaire » qu’ils ont pour mission de faire entendre et de propager contre le mensonge généralisé dans lequel vivrait le monde ambiant, vérité qu’il faut à la fois faire partager à tout le monde et défendre contre tout le monde. Cela conduit inévitablement au dogmatisme le plus étroit : à la rigidité doctrinale, au fétichisme des textes, à la confiance aveugle en ceux qui sont censés en être les dépositaires et les interprètes autorisés, à une obsession de la « pureté doctrinale » en définitive. Nous avons vu comment cette rigidité a pu conduire certains groupes de l’ultra-gauche à nier la réalité dans son essentielle complexité plutôt que de modifier leur « grille de lecture », dès lors que celle-ci s’avérait évidemment insuffisante.

Cette obsession de la « pureté révolutionnaire » n’est pas moins caractéristique d’un fonctionnement sectaire, incitant à pratiquer une sorte de fuite constante en avant dans l’hyper-criticisme (pour se distinguer des forces classiques de gauche et mêmes des « gauchistes »), encore accélérée par l’idée, classique à l’ultra-gauche, que l’effondrement du capitalisme est imminent et qu’il faut le hâter en lui portant des coups fatals. D’où par exemple la surenchère à la radicalité révolutionnaire entre les différents groupes de l’ultra-gauche, chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur  » ou reste d’« idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation. D’où aussi leur recherche délibérée de la provocation et du scandale, de surcroît seule façon de conquérir une audience en sortant de leur marginalité. Et, de ce point de vue, la cause négationniste était parfaite, et c’est pourquoi ils se sont empressés de l’épouser : pour un milieu qui avait tendance à mesurer l’authenticité et la radicalité de son engagement politique à sa capacité à faire scandale, à se mettre à dos à la fois la grande presse, l’Université mais aussi les organisations représentatives classiques du mouvement ouvrier, quelle meilleure occasion rêver ?34

D’autant plus — et cela aussi est un trait caractéristique du fonctionnement sectaire — que cela leur aura permis de se poser en martyrs de la vérité révolutionnaire : en victimes de la persécution qui frappe partout et toujours les authentiques détenteurs de la vérité critique et de la pratique révolutionnaire. Dès lors critiques, attaques ou poursuites pénales sont autant de preuve de la vérité inaudible et scandaleuse dont le groupe est porteur : celui-ci ne peut avoir qu’autant de fois raison que les autres, tous les autres, lui donnent tort. Ressort propre à toute pensée paranoïaque.

Autrement dit, là où, en principe, l’héritage d’une pensée critique, la discussion collective et la discipline (l’auto-contrôle) du groupe auraient pu et dû éviter des dérives de cette sorte, le caractère sectaire du fonctionnement des groupes d’ultra-gauche les aura au contraire favorisés, en court-circuitant l’ensemble de ces garde-fous.

De ce point de vue, la secte révolutionnaire, dont les groupes de l’ultra-gauche constituaient dans les années 1970 et 1980 une bonne illustration, apparaît comme beaucoup plus dangereuse encore que le « parti de type léniniste », dont certains de ces groupes se voulaient pourtant une critique en acte. Ne pouvant pas comme le second espérer prendre et exercer le pouvoir, ne se plaçant pas même dans une telle perspective, n’étant pas davantage contraint comme le second à composer avec la réalité (ne serait-ce que sous la forme de l’opinion publique) dans la marche au pouvoir ou dans l’exercice réel du pouvoir, la secte révolutionnaire peut laisser libre cours à son délire verbal. Elle compense ainsi en somme son impuissance politique réelle par un hyper-criticisme. Au pouvoir réel, qui est inaccessible, elle substitue le pouvoir fantasmatique des mots, seul capable en définitive de dissoudre magiquement la réalité, fût-elle de la dimension d’Auschwitz.

note : 2. Le concept d’ultra-gauche désigne traditionnellement des courants et groupes issus, plus ou moins directement, des différentes « gauches communistes » (hollandaise, allemande, italienne) qui se sont formées, au début des années 1920, en réaction à la double emprise social-démocrate et bolchevique (ultérieurement stalinienne) sur le mouvement ouvrier européen. Ces différentes « gauches communistes » n’en étaient pas moins opposées entre elles, l’italienne regroupée autour de Bordiga perpétuant un héritage léniniste que récusait la germano-hollandaise se réclamant du « communisme des conseils » à l’instar de Pannekœk ou de Korsch. Déjà minoritaires dans les années 1920, ces courants allaient se trouver rapidement laminés dans les années 1930, en étant pris en tenaille entre le fascisme et le stalinisme. Au cours des années 1950 et 1960, il n’en restait plus que quelques « buttes témoins » aux Etats-Unis (autour de Paul Mattick) et en France (autour de la revue bordiguiste Invariance).

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