SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES

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Message par Patlotch le Ven 19 Oct - 16:04

un nouveau magazine crée de l'émoi chez les camarades, un "magazine populaire pour une nouvelle ère de la révolution" recommandé par @Comin Situ, @Endnotes, @Chuang, @George Ciccariello-Maher, @JoshuaClover... Comme il est dit :
Our editorial policy is non-dogmatic and multi-tendency. We do not adhere, as editors, to a particular strain of radical or left-wing thought, but rather to a set of broad political intuitions about the necessity of total social transformation. Our pages will be a space for debate and disagreement, but also new alliances and new sympathies.

Notre politique éditoriale est non-dogmatique et multi-tendance. Nous n'adhérons pas, en tant qu'éditeurs, à une souche particulière de pensée radicale ou de gauche, mais plutôt à une série d'intuitions politiques générales sur la nécessité d'une transformation sociale totale. Nos pages seront un espace de débat et de désaccord, mais aussi de nouvelles alliances et de nouvelles sympathies.
pour ma part, ni sympathie, ni antipathie. Ceux qui sont venus, qui sont tous là, tous déjà encore là, me font rigoler de bon cœur. Je prendrai au sérieux qui s'en tient à distance

Commune
a popular magazine for a new era of revolution


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ouvert le 28 septembre, le compte tweeter @commune_mag a déjà plus de 6000 abonnés !

dans le comité de rédaction, on retrouve deux "poètes" bien connus du "milieu" : Jasper Bernes, Managing Editor, et Joshua Clover*, Reviews Editor, et des designers branchés

* idéologue de l'ère des émeutes

ya même un uniforme, pour les soutenir

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Parade the f/18 streets in this cyber-yellow hoodie
as an additional reward with your 1 subscription for only $85


allez les jaunes !

25 octobre
rien que de bonnes nouvelles pour la nouvelle avant-garde

d'abord son compte twitter @commune_mag frise les 7000 abonnés, dont je suis à ma humble honte

ensuite, elle s'internationalise, prouvant que l'avant-garde ne sera pas seulement américaine
We are honored that our work has already been translated into French and Italian in our first two weeks. More French and Spanish translations forthcoming. We look forward to future international collaborations.
CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES GHQCsU_4_400x400
Addie Tinnell
alias @AddieCommune

enfin, cette avant-garde relève ainsi de son temps, ne manquant pas une occasion, comme sa Creative direction, de rappeler que tout s'y vend et s'achète
AddieCommune a écrit:And don't forget to subscribe!
avec Commune, la révolution est entrée sur le marché des idées, et de la poésie, dixit les poètes Joshua Clover, Jasper Bernes, Brian Whitener... s'auto-congratulant dans leur revue révolutionnaire comme au bon vieux temps des "compagnons de route" du stalinisme et du trotskisme. Farce de la tragédie, voici venus les compagnons de la déroute !

la révolution ne sera pas télévisée, on le savait déjà, ni faite par les plumitifs de Commune, on leur pardonnera. Mais si elle devait avoir lieu, elle serait gratuite, alors en attendant, ne payez pas pour ça ! De toutes façons, je vous dis qu'elle n'aura pas lieu, et n'allez pas penser que ce serait de ma faute

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Gif-typo-5a9d1a7f0e03a

30 octobre
CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Bqqmr5Tw?format=jpg&name=600x314

commune.mag a écrit:We aim to become an indispensable feature of left politics in the US, and hope these regular, quarterly releases will trace the evolution of a rising revolutionary movement.

Nous visons à devenir une caractéristique indispensable de la politique de gauche aux États-Unis, et espérons que ce périodique et nos communiqués trimestriels retraceront l'évolution d'un mouvement révolutionnaire en hausse.
"la gauche", américaine ou pas, sa propagande et ses fantasmes d'un "mouvement révolutionnaire en hausse", cela ne s'arrêtera donc jamais ? Quand on voit le contenu de la revue, partant dans tous les sens dont les plus contradictoires, on peut avoir quelques doutes sur ce qui les a réunis, et la composition de son directoire comme de son lectorat me semblent témoigner davantage que cette avant-garde est globalement paumée, impuissante et surtout avide de sa propre contemplation

par ici la money

We are just shy of our second stretch goal. If we reach $37,500, we will be able to cover printing costs for the year for our quarterly. As a bonus, our first issue will include a pull out poster made by our stellar design team.

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES DqxG45lVYAEcxdS

Nous sommes un peu justes dans notre second objectif. Si nous atteignons $37 500, nous serons en mesure de couvrir les coûts d'impression pour l'année. En prime, notre premier numéro comprendra un poster détachable de notre équipe de conception stellaire.

les revues militantes n'ont fait que retracer le mouvement révolutionnaire de différentes manières, ce qui importe c'est de le transformer

11 novembre
souscrivez !
de $40 (Standard)  à $250 (Communard)
pour un gilet jaune révoltionnaire


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES 61da320aef143c547dbbf504440bbae3_original.PNG?ixlib=rb-1.1

@commune_mag, plus de 9000 followers (folles heures ?)


Dernière édition par Patlotch le Sam 16 Fév - 14:08, édité 9 fois

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CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Empty Re: CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES

Message par Patlotch le Mer 5 Déc - 9:47

2 décembre
l'insurrection est-elle venue avant lundi matin ?

quoique Commune comme la blogosphère radicale anglo-saxonne traduise et relaie ou condense les textes français les plus gauchistes sur le mouvement des Gilets Jaunes (The Yellow Vest Movement in France, Between “Ecological” Neoliberalism and “Apolitical” Movements), je privilégie les insurrectionnalistes bien de 'chez nous', héritiers de L'insurrection qui vient

LundiMatin a écrit:Facebook 13h 2 décembre

Chères lectrices, chers lecteurs,

Ce qui s’est passé hier à Paris ressemblait beaucoup au début de ce que l’on appelle dans nos livres d’histoire, un soulèvement ou une insurrection.

Il faut donc nous attendre à ce que le pouvoir y réponde par la force (ce qu’il fait déjà) mais aussi et surtout par la propagande en recouvrant ce qu’il se passe d’interprétations et de discours aberrants. Qui a écouté la radio ou regardé la télévision depuis hier a pu s’apercevoir que déjà, nos confrères n’y allaient pas avec le dos de la cuillère. Il va donc y avoir un grand enjeu ces prochains jours autour de la question de l’information. Du fait de l’intensité des événements parisiens, il semblerait que nos confrères de la presse centriste occultent quelque peu tout ce qui s’est passé ailleurs sur le territoire et qui était probablement tout aussi important et significatif.

Nous aimerions donc pour demain, rédiger un article qui fasse le tour de France des différents blocages et actions spectaculaires. Toutes nos équipes sont sur le pied de guerre mais nous avons clairement besoin d’aide pour que nous remontent les informations. Donc si dans votre ville de province vous avez participé à tel ou tel événement, merci de nous en envoyer un bref résumé par message privé. Pour que l’article final ne soit pas trop confus, il nous faut vraiment nous tenir aux faits et aux actes, le plus sobrement possible (et accessoirement avec des photos).

Merci pour votre aide,

LM

quant à ce qui serait "insurrectionnel" car violent dans ce mouvement, j'ai lu la presse dont régionale toute la journée d'hier et appris par elle comme tout le monde ce qui s'était passé "en Province", résumé ce matin par Le Monde :
Des défilés de « gilets jaunes » dégénèrent dans plusieurs villes de province
Des manifestations et des blocages ont eu lieu un peu partout en France, samedi, émaillés par des échauffourées, notamment à Marseille, Dijon, Toulouse ou Bordeaux.

concernant Marseille, Pepe@dndf précise :
dndf 02/12/2018 à 12:49 | #3

Pour faire suite aux infos” diverses”.
Il faut préciser que la manif de Marseille dont toute la presse fait état pour l’additionner aux violences de Paris n’était pas seulement une manif de “gilets jaunes”.
La dite manif spécifiquement jaune a rassemblé 200 clampins en début d’après midi et quelques bouchons ça et là.
La manif qui a dégénéré était celle du “logement digne”, qui faisait suite à celle de la colère en référence aux morts de la rue d’Aubagne, et qui s’était finie dans les gazs lacrymogènes elle aussi.
La “convergence des luttes” a donc agrégé aux milliers de manifestants contre la mairie environ 350 CGTistes et 200 ou 300 gilets jaunes.
Elle a été également violente et les flics sont remontés à la poursuite des manifestants depuis la mairie jusqu’aux Réformés mais…. pas beaucoup de gilets jaunes ici. C’était une manifs offensive dont le slogan central était “GAUDIN ASSASSIN” plus que “MACRON DEMISSION”

5 décembre
anarchisme tendance sans-culotte/gilet jaune

yavait longtemps que ne n'avais pas épinglé le petit Guillon, écrivain-anarchiste. En publiant le texte APPEL DES GILETS JAUNES DE COMMERCY À DES ASSEMBLÉES POPULAIRES PARTOUT,... LA DÉMOCRATIE DIRECTE ! PAS BESOIN DE «REPRÉSENTANTS» RÉGIONAUX !, il a montré combien le populisme radical (démocratisme radical + populisme sans leader) pouvait accueillir aussi bien l'ultradroite que l'ultragauche et même des "anarchistes". Ce texte, qui finit par se condenser dans la formule tripartite Liberté, égalité, justice, renvoie explicitement à la Révolution française plus qu'aux Conseils ouvriers. C'est pourquoi sur son "blog historien" La Révolution et nous, à propos de La situation en France, il peut tranquillement refourguer ce dessin de Chapatte

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Message par Patlotch le Lun 24 Déc - 13:13

16 décembre
une vacherie imméritée ?

Jonathan Joly a écrit:y a Alain Corne qui passe dans le huffingtonpost, si ça c est pas le signe qu on est dans une conjoncture. source
il indique cette vidéo


le talent de Jonathan Joly est ailleurs que dans la théorie communiste, et là, comme moi, il pisse dans sa contrebasse




des avant-gardes, il en est de toutes sortes

21 décembre
Make America Green Again !



2006

24 décembre

l'international illettriste

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Fly Rider Digest, 2018

Pauvre Isou !



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Message par Patlotch le Mer 9 Jan - 17:27

17 décembre
histoire de ne pas me faire des ami.e.s, à propos des violences policières et de la justice nulle part

lance-pierre qui roule n'amasse pas rouge

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES 830x532_gilet-jaune-tire-lance-pierres-paris-1er-decembre
Un «gilet jaune» tire avec un lance-pierres à Paris, le 1er décembre.
Lucas Bariouley / AFP, image ajoutée

Nantes révoltée, relayant cet article

Pour préciser les faits, selon le quotidien local L’est républicain, l’homme âgé de 21 ans aurait été vu « en train de jeter des billes d’acier sur la police à l’aide d’un lance-pierre » alors que le second aurait été « vu par un policier en train de jeter de gros boulons d’acier sur les forces de l’ordre ».
@Nantes_Revoltee a écrit:il y a 8 heures
1 an de prison ferme pour avoir jeté des billes en direction des policiers ! Combien pour les tireurs assermentés qui ont éborgné des adolescents ?
@Patlotch a écrit:il y a 1 heure
si avec un lance-pierre et des billes d'acier, il n'a éborgné aucun policier, c'est qu'il est un mauvais tireur. Il ne mérite pas la prison, mais un stage chez Thierry La Fronde
CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES AyxSR0Gf815FrpXvtRmPg300jYw

peu me chaud qu'ils prennent ça pour du lard ou du cochon, et sans en faire de la théorie de la fronde, comment (faire mine de) s'étonner de violences policières quand on les a dûment provoquées dans le but de les dénoncer, tout en appelant à une juste justice de l'État policier ? Celui-ci n'a-t-il pas mérité sa peine ? c'est la question que se poserait, d'avant-garde ou pas, tout un chacun.e ne voulant pas passer pour un clown. Je suis curieux de savoir comment ils imaginent régler le problème, dans leur monde : en jouant aux billes ?

9 janvier
déplacé. Finalement aucune raison d'engluer une réflexion sérieuse avec ce genres de petits rigolos. Dans tout mouvement, car il leur faut un mouvement pour exister, on trouve des gauchistes avec toute une gradation de raisons pour qu'ils soient produits durant certains événements. Si celui dit des Gilets Jaunes atteint en la matière des sommets c'est sans doute qu'il est un des mouvements de l'histoire qui se comprend le moins lui-même, à la différence des processus révolutionnaires réels, du moins quand ils sont progressistes. C'est aussi pourquoi le destin de ce mouvement étant plutôt réactionnaire voire fascisant, les théoriciens de la Nouvelle droite sont les plus en phase avec lui : c'était en somme le souhait, il y a quelques années, d'Alain de Benoist...

interlude
JAUNE
"Voici un journal qui propose une position révolutionnaire au sein des Gilets Jaunes"
édité par @contact19h17, compte tweeter @JAUNE00790742

jamais si bien servi que par soi-même : mieux que les trotskistes, un rédacteur, une tendance, et deux comptes tweeter. C'est si anecdotique et dérisoire que je ne m'étends pas. Sachons simplement que ça ne pouvait pas ne pas exister, du côté des Clowns de l'avant-garde, bien sûr aussitôt vendu par l'écrivain-anarchiste Claude Guillon... Comme dit @arnoferrat à propos de Soyons tou.te.s des boxeurs chariot élévateur ! : « Le concours de textes complètement pétés sur les Gilets jaunes continue, notamment sur @Paris_luttes. »

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Capture-d_e%CC%81cran-2019-01-08-a%CC%80-02.33.35

13 janvier
« Le hasard donne les pensées et le Hazan les ôte. »
d'après Blaise Pascal



j'avoue n'avoir écouté que par sondages
une demi-heure d'Hazan, c'est trop
20:27
Lancelin : - Cette insurrection n'est pas extrêmement défendu par la classe intellectuelle...
Hazan : - Ah oui...
Lancellin : - Rares sont les grandes voix qui se sont élevées pour les soutenir sans nuances, ya eu vous, ya eu Emmanuel Todd, qui a même déclaré que cette insurrection le rendait à nouveau fier d'être français...
Hazan : - C'est pas rien...
ils ont oublié Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Jean-Claude Michéa, Alain de Benoist... Vous me direz BHL, Luc Ferry... Mais il y a deux choses, le soutien à Macron et celui aux Gilets jaunes notamment contre les violences policières n'impliquent pas les mêmes présupposés idéologiques, et quant à moi contrairement à Hazan, si mes ennemis ne sont jamais mes amis, les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis

PS : j'ai découvert cette vidéo par le conseil de Jean-Louis Roche, du Prolétariat universel, "marxiste maximaliste" : « PAR CONTRE VOIR ET ECOUTER L'EXTRAORDINAIRE ERIC HAZAN, que j'ai trop longtemps sous-estimé ». "maximaliste" : comme on disait Minime Gremetz, bras droit de Georges Marchais ?

d'où ce pléonasme : le minimalisme des vieux est la maladie sénile du gauchisme de jeunesse


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Message par Patlotch le Dim 13 Jan - 15:29


« Le hasard donne les pensées et le Hazan les ôte. »
d'après Blaise Pascal



j'avoue n'avoir écouté que par sondages
une demi-heure d'Hazan, c'est trop
20:27
Lancelin : - Cette insurrection n'est pas extrêmement défendu par la classe intellectuelle...
Hazan : - Ah oui...
Lancellin : - Rares sont les grandes voix qui se sont élevées pour les soutenir sans nuances, ya eu vous, ya eu Emmanuel Todd, qui a même déclaré que cette insurrection le rendait à nouveau fier d'être français...
Hazan : - C'est pas rien...
ils ont oublié Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Jean-Claude Michéa, Alain de Benoist... Vous me direz BHL, Luc Ferry... Mais il y a deux choses, le soutien à Macron et celui aux Gilets jaunes notamment contre les violences policières n'impliquent pas les mêmes présupposés idéologiques, et quant à moi contrairement à Hazan, si mes ennemis ne sont jamais mes amis, les ennemis de mes ennemis ne sont pas nécessairement mes amis

PS : j'ai découvert cette vidéo par le conseil de Jean-Louis Roche, du Prolétariat universel, "marxiste maximaliste" : « PAR CONTRE VOIR ET ECOUTER L'EXTRAORDINAIRE ERIC HAZAN, que j'ai trop longtemps sous-estimé ». "maximaliste" : comme on disait Minime Gremetz, bras droit de Georges Marchais ?

d'où ce pléonasme : le minimalisme des vieux est la maladie sénile du gauchisme de jeunesse


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Message par Patlotch le Mer 16 Jan - 12:52

du 14 janvier, juste pour ajouter que ça y est, le texte compilé des œuvres de Robin, expurgé des autres commentaires dont il est tiré, est traduit par les "camarades" : The Coming crisis, breath & yellow vests: where are we going? Le niveau international du débat va monter ! C'est à se demander, comme le suggéraient des théoriciens allemands, si les "communisateurs" comprennent toujours ce qu'ils écrivent, mais à cette question, je réponds qu'au-delà des trois ou quatre théoriciens véritables (Dauvé, RS/TC, Astarian/Hic Salta, Prada Meinhof, Alain Corne parfois, qui d'autre, franchement ?), j'en doute de plus en plus

14 janvier
Robin, Roland, Alain, et les autres :

Haut les Cornes !

finalement, plutôt que dans MES CONNERIES, je le mets là, c'est vraiment sa place

Robin : c'est complètement con ce que je dis, mais je le dis quand même. On va pas citer, tout est bon chez lui, ya rien à jeter : Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ? dndf 14/01/2019 à 15:53 #4. Quand Robin écrit « Tout d’abord un grand merci aux auteurs de ce texte pour avoir compilé, corrigé, approfondis, et structuré pas mal de mes interventions dans le débat sur ce site (je serais curieux de savoir qui c’est quand même, parce qu’a priori on devrais s’entendre théoriquement) », une question se pose effectivement : d'où sort ce texte, d'abord publié par Paris-Luttes.Info ? parce qu'un précédent, pendant Nuit debout sauf erreur, était manifestement mâtiné du même Robin, on y trouvait Marcel Campion en communisateur... Il avait été diffusé par toute la bande sans commentaires, et peut-être même traduit ! M'enfin, qu'il y en ait un d'un peu moins barré pour en faire un texte lisible, en introduisant l'économie politique absente des autres textes du milieu Toto&Cie, rien d'étonnant, et même RS y trouve son compte, après avoir été « dubitatif » :
RS/TC a écrit:dndf 12/01/2019 à 01:34 #2
Nous avons affaire tout simplement à un mouvement de classe, à la lutte de classe.
laissons de côté que l'on parle de la lutte deS classeS parce qu'il en faut au moins deux, et que pour l'heure seule la classe capitaliste, constituée comme telle, est en lutte de classe comme telle, au singulier

m'avait il est vrai surpris que RS n'ait pas affirmé d'emblée le mouvement des gilets jaunes c'est la lutte des classes, puisqu'en dernière instance pour eux, tout doit en être, et pas de problème, puisqu'elle n'est pas « pure » mais « interclassiste », « segmentée », et mieux depuis TC26 : « kaléidoscopique » ! Au début d'ailleurs, le mouvement était dû « au bas de la classe moyenne », normal qu'il soit ce qu'il est puisque (Astarian/Hic Salta, radio anti-capitaliste...), la classe moyenne est contre-révolutionnaire par nature. Ce n'est qu'un petit problème de présentation théorique, dont ils ont le secret... rhétorique. Le capital doit trembler dixit Robin, et là je ne résiste pas :
- la classe capitaliste est dos au mur
- La médiation raciale et la distinction « braves travailleurs – racailles de l’économie informelle/assistés » si présente dans le cours normal des choses au point où on à un TC entier consacré au sujet [qu'on peut donc brûler avec tous les précédents, comme disait Dauvé à propos de la contradiction de genre ?], s’est comme évaporée, dissoute dans la lutte
- contrairement à Roland, je penses que les Gilets Jaunes préfigurent des “solutions” aux questions de la communisation
- je garde l'espoir que cette conjonction  « restructuration impossible - luttes qui dépassent les médiation par souci d’efficacité » est porteuse de la communisation, parce que la communisation est la forme d’organisation la plus forte, et que toutes les autres seraient défaites
- Vu qu’il ne peut y avoir de restructuration et que la tension ne peut que monter avec la crise , et vu que tout ce qui tendrais à restaurer des médiations du capital signifierais la défaite, et qu’il ne peut y avoir que reprise des luttes immédiatement après la défaite puisque pas de restructuration possible, alors on est en train d’amorcer une phase ou la résultante ne peut être que la communisation.
c'est une version accélérationniste du « dernier cycle de lutte » de TC. Pauvre Roland ! Pendant Meeting, revue à laquelle j'ai participé entre 2005 et 2007, il y avait certes une controverse entre théoriciens (uniquement de TC) et "activistes-immédiatistes" supposés, mais leurs positions n'atteignaient pas à cette exaltation sans frontières de Robin, qui bénéficie pourtant d'un traitement beaucoup plus "bienveillant". Il faut croire que l'isolement menace ou qu'il reste le préféré de Pepe@dndf, pour qui c'était moi « le Vichinsky de la communisation »

pourquoi depuis bientôt deux ans, n'ont-ils rien à dire de mes travaux à partir de Marx sur la constitution en classe du prolétariat ouvrier sur le modèle de la classe bourgeoise avec la Révolution française ? Pourquoi rien sur le Marx affirmant que « la classe ouvrière est révolutionnaire ou n'est rien », c'est à dire pas une classe pour soi, avec sa conscience de classe, tant qu'elle n'est pas constituée comme telle, et pour Marx avec un parti communiste, idée il est vrai mise à bas dans la décomposition du programmatisme ouvrier ? Pourquoi ? Parce qu'ils n'ont rien à répondre, que leur credo sur la communisation qui viendra, même si c'est plus tard que dans les fantasmes à Robin

et pourquoi au final censurer Patlotch ? ma participation à ladite discussion sous 'Réponse à Patlotch', qui n'est pas pour rien dans un succès de lecture sans précédent depuis des années chez dndf (44 commentaires, 1250 vues, ya qu'à voir depuis mon retrait les autres sujets GJ), est complètement passée à l'as par Robin et une technique proprement stalinienne de relecture. Il peut donc ajouter, digne du Staline des images retouchées, Marchais du "bilan globalement positif", et bientôt Macron avec son "grand débat" : « en tout cas c’est un débat que je trouve très intéressant », pour sûr, en n'en retenant que ce qu'il a dit..., et même chose dans les blabla communisation autour et par Alain Corne sur Facebook (tweeter ché pas, chui bloqué), où l'on palabre très sérieusement des délires de Robin : quelle bande de clowns ! et aussi quels malades d'eux-mêmes, avec une question : ne guériront-ils jamais ? Je leur souhaite de prendre soin d'eux

clown


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Message par Patlotch le Sam 19 Jan - 21:53

Jean-Louis Roche, du Prolétariat Universel, a écrit à la farce tranquille des gilets jaunes

LETTRE OUVERTE A PRISCILLA LUDOSKY
vendredi 18 janvier 2019

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES FINU
Mademoiselle,

Permettez-moi tout d'abord de vous féliciter pour votre initiative avec Eric Drouet. Nous vous resterons toujours reconnaissant, le peuple des basses classes, d'avoir permis l'éclosion du mouvement de révolte qui restera désormais dans l'histoire comme celui des gilets jaunes. Merci de continuer d'assumer la transparence de votre action, puisque vous m'avez fait parvenir directement, quand je ne suis qu'un des nombreux anonymes signataires de votre première pétition, l'objet de votre convocation par des instances étatiques. Je préfère mille fois m'adresser à vous comme personne que nous considérons en haute estime comme des nôtres, et en vous critiquant fraternellement, que de m'abaisser à quémander quoi que ce soit au despote sadique de l'Elysée.

J'ai lu attentivement votre longue contribution, en sautant je l'avoue des longueurs techniques dont les employés d'Etat spécialisés peuvent très bien se charger dans le détail, ou, ne m'en veuillez pas, peuvent parfaitement se passer de ce souci du détail réformateur où je ne doute pas que des spécialistes écologiques et industriels du « pacifisme en actions » vous aient aidé.
Je le répète, vous avez toute mon admiration pour votre initiative originelle, fondatrice du mouvement, et je suis fier que cela ait été l'oeuvre d'une jeune femme noire qui s'inscrit ainsi à la suite de la place primordiale des femmes dans à peu près toutes les révolutions populaires et prolétariennes de l'histoire mondiale. Mais, je ne vous l'apprends pas, nombre d'initiateurs ou initiatrices de révolution ne restent pas fidèles à leur action première, voire la trahissent. Vous n'êtes pas plus propriétaire du mouvement aujourd'hui que n'importe lequel d'entre nous.

Or vous vous arrogez de déterminer trois seules revendications finales en quelque sorte à cette jacquerie moderne qui a dérangé autant le pouvoir bourgeois que les marxistes de salon, comme terminales du mouvement : la baisse des taxes, le RIC « en toutes matières » et la baisse prioritaire des revenus des hauts fonctionnaires. Vous êtes de quel côté ? Des puissants ou des pauvres ? Vous imaginez que nous les pauvres ont croit pouvoir obtenir SOUS LA FÉRULE DE CE POUVOIR, le beurre, la crémière et le salaire de la crémière ?

. D'un côté vous êtes bien représentative d'un mouvement emmené par de petits entrepreneurs comme vous, qui se pensent plutôt managers confirmés à l'avenir que prolétaires comme la majorité de celles et ceux qui ont été au devant des flash ball criminels de la police du sieur Macron, et qui ont été mutilés à vie.

Comment pouvez-vous envisager de discuter avec cette élite arrogante qui a causé tant de blessés, interné tant de personnes dans la pisse des gendarmeries, et j'y inclus une grande partie des « casseurs » qui ont bien été utiles, à leur détriment judiciaire souvent, à la « visibilité » du mouvement ?

Vous résumez vous-même votre argumentation auprès de ces messieurs du CESE, Conseil Economique Social et Environnemental - cette sinécure à politiciens fainéants - pour la COMMISSION TEMPORAIRE : « FRACTURES ET TRANSITIONS : RECONCILIER LA FRANCE, ainsi sur 4 thèmes :
- la transition écologique
- les fractures sociales et territoriale
- le pouvoir d'achat, les conditions de vie, la justice fiscale,
- la participation citoyenne.

Votre participation anodine à ce conclave gouvernemental est déjà une trahison du mouvement, de ses morts, de ses nombreux blessés à vie, de ses injustement condamnés. On ne s'autorise pas de négocier avec un gouvernement qui s'est comporté depuis deux mois comme une bande de voyous, où, par l'antiphrase son premier flic a constamment joué au big brother qui faisait brutaliser les manifestants pour « les protéger contre eux-mêmes ». Vous venez contribuer parallèlement à la mise en route de la supercherie du débat national taillé sur mesure pour le prince, entre tous ses marquis et valets politiciens , du plus vulgaire pion maire de village à la bande des députés soumis dont nous ne supportons plus l'image ni en peinture ni sur BFM.

Etes-vous naïve ou ignare en politique au point d'oublier ce qu'est l'Etat moderne capitaliste ? Comme une enfant inoffensive vous lui demandez en introduction de « justifier les dépenses des taxes » ainsi que la liste des « projets d'invention de bio-carburants » ! Vous laissez supposer à ce même Etat qui nous a immédiatement envoyé sa police et craché dessus via ses médias qu'il aurait pu avoir une autre visée qu'une « écologie punitive » ? Qu'il se préparait à faire interrompre les incessantes publicités toutes les trois minutes sur ses « chaînes » pour l'achat d'une voiture à crédit à vie, entre l'apologie d'un parfum et la pub pour un fromage ? Qu'il se souciait de ces millions qui roulent par obligation avec des caisses qui puent le diesel et d'où sort la fumée d'un clodo salarié ?

Vous osez une pichenette pas bien dérangeante dans votre plaidoyer collaborationniste - « il n'y a pas d'accompagnement pour les véhicules polluant mais une prise en otage – mais aussitôt vous leur proposez de se racheter en favorisant « un redéploiement industriel », tout en regrettant que la voiture électrique ne soit pas plus une solution et que l'on n'abandonne pas l'extraction pétrolière.

Il est assez significatif que sur le chapitre des « fractures sociales » vous soyez peu éloquente, vu la position sociale que vous vous attribuez (moyenne en quelque sorte), et que vous vous souciez peu de la hausse des salaires comme madame Le Pen mais que vous recommenciez, servilement, à proposer de racler les fonds de tiroir de la gabegie d'Etat pour faire croire qu'il pourrait nous resservir les sommes, ou niches fiscales disparues.

Enfin vous m'avez fait beaucoup rire en radotant le gadget d'un prof ordinaire nommé Chouard, le RIC, qu'il a défini lui-même comme une capsule (!) de la démocratie classique, c'est à dire, selon ma traduction, d'une rustine sur un système parlementaire pourri. Comment pouvez-vous nous vendre ce gadget comme « initiative appartenant exclusivement aux citoyens » quand le pouvoir reste entre les mains de l'Etat de la bourgeoisie, de ses partis et syndicats qui se fichent des citoyens individuels et multiples comme moi de ma première chemise ? OU encore « comme initiative en dernier ressort du peuple », lequel peuple n'existe pas plus que la classe ouvrière pour la minorité qui nous gouverne et nous opprime ?

Votre modèle et celui du péquenot Chouard est la Suisse, le pays des coffre-forts et de la surexploitation des immigrés, comme la Grèce antique était magnifiquement démocratique mais sur le dos des esclaves ! Et comme vous savez que je vous ai déjà objecté que c'était chimé...RIC parce que inapplicable dans les grandes puissances capitalistes, vous êtes incapable d'expliquer comment cela pourrait être applicable dans un grand pays.

Enfin, imaginez-vous un avenir de députée de nos chères îles océaniques ? Pourquoi terminez-vous votre plaidoyer sur la Martinique et la Guadeloupe ? Certes je partage tous vos constats sur la misère et le délaissement de nos « compatriotes » lointains, mais vous eussiez pu parler aussi de l'état de misère où vivent nombre de nos « compatriotes » en Lozère ou dans le Pas-de-Calais ?


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES NON%2BIMPO

En conclusion le principal reproche que je me permets de vous faire est d'oublier les classes sociales, de rester le cul entre deux chaises comme deux de vos pères en politique, Proudhon et Poujade. Vous ne serez pas prise au sérieux par la classe dominante. Soit ils se serviront de vous comme une marionnette le temps de masquer les enjeux et de reprendre leurs attaques féroces contre le prolétariat, soit ils vous écraseront comme un citron.

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES GROUPIE
Une groupie du prince des épiciers ?

Recevez mademoiselle Priscilla, mes cordiales mais critiques salutations,

Jean-louis Roche (ouvrier retraité et communiste de cœur)

bon, vous me direz, pas si clown que ça, mais de l'avant-garde, qu'en pensez-vous ? Mais du coup je l'ai passée à Ludosky sur tweeter, parce qu'elle semblait être jalouse de Drouet et Nicolle cités par France Culture : Les leaders des "gilets jaunes" sont-ils réellement apolitiques ?

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Message par Patlotch le Lun 21 Jan - 23:23


lecture pour tous

21 janvier 1924


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on dirait pas

remarque pour les cons : c'est pas Lénine, le clown

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Message par Patlotch le Jeu 24 Jan - 11:59


un festival de clowns
le burlesque s'empare de la communisation
et des singes de "tion"

un nouveau "concept" est apparu, nommé déstabilisation. Il est appelé à un grand avenir dans un petit milieu, et promis à un beau devenir grandébatesque avec les Appelistes et autres Destitués du parti imaginaire, épris d'insurrection, disruption, destitution...

remarque futuriste : on pourra bientôt y ajouter l'implosion, puisque tout est au bord...

son inventeur n'est autre qu'Alain Corne/Carbure dans Gilets jaunes et théorie #1 Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste

7. Déstabilisation et retour à l’ordre
- Un des facteurs de déstabilisation interne de ce mouvement, à savoir l’incapacité à se cristalliser autour de revendications univoques et donc de figer politiquement sa nature populiste, tient autant à sa composition de classe qu’à l’impossibilité de faire tenir ensemble revendications et volonté de destitution du gouvernement.
- On ne fait pas la révolution en construisant des cabanes, mais quand le petit patron et son employé aménagent ensemble le rond-point, ils ne le font pas en tant qu’employé et patron : c’est ailleurs que cette division est rétablie. Mais cet ailleurs est l’ici-même de la société existante, et dès lors une distance est établie entre la lutte et le social, un écart, une déstabilisation.
- Déstabilisation et retour à l’ordre s’articulent selon une dynamique contradictoire qu’il s’agit de saisir dans sa particularité.

8. Comment se pose la question de la révolution, si elle se pose ?
- Si cette déstabilisation n’est jamais parvenue à créer une rupture nette avec les fondements populistes de ce mouvement, qui demeure un cadre d’ensemble de la lutte, peut-être parce que répondant à la nécessité intérieure de sa poursuite, elle a été bien réelle, à plusieurs moments de la lutte.
- Il s’agit d’abord de comprendre les luttes pour elles-mêmes, de rendre compte de leurs tensions internes [on retrouve la notion de tension chère à Temps Critiques (« tension entre l'individu et la communauté humaine ») et l'éloignement d'une dialectique des contradictions et de leur dépassement produit chère à TC comme à moi-même] dès lors qu’elles atteignent un niveau d’intensité critique [il n'est pas ici question d'un seuil d'émergence et du passage du qualitatif au quantitatif de la dialectique complexe]. C’est pourquoi nous préférerons parler de « déstabilisation », de façon interne aux luttes, que d’un « écart » qui supposerait de connaître les deux rives ou les deux bords auparavant jointifs qui s’écartent, parce que de toute évidence nous ne connaissons pas « l’autre rive ».
après ça, cerise sur le gâteau : « Cela n’invalide en rien les fondements majeurs de la théorie de la communisation. »

il fallait toute le génie propre d'un Robin pour en tirer, n'en déplaise à Corne, la substantifique moelle, dans leurs échanges sur le mur facebook où la "théorie interne aux communisateurs" est accessible au grand public. Banquo de port :

Robin a écrit:chaque "coup de hache" porté par les luttes affaiblisant un où plusieurs instances sur lesquelles est fondées le MPC s'inscrivent dans un mouvement ou la déstabilisation s'accroit. Ces "coups de haches" ne pouvant etre le catalyseur d'une restructuration du MPC conduisant à une situation finale plus stable, ils créent de la conjoncture, ils créent toujours plus d'instabilité.
Ainsi je me dis que meme si les luttes menées sous ces idéologies qui me débectent autant que toi ne peuvent ne peuvent produire immédiatement autre choses que le conséquences logiques que tu décrit, elle font tout de meme progresser la destabilisation.
Après on est d'accord que cette déstabilisation ne conduit pas "inévitablement " au communisme, et l'issue peut en etre aussi la guerre civile, telle que décrite dans ce texte, et ça fait froids dans le dos.
diantre ! 100.000 manifestants : 100 blessés = 1 pour 1000, 1 mort = 1 pour 100.000, on tremble car ça annonce la "guerre civile", comme Carbure le site de Corne sous-titré : Lutte des classes / Guerre civile / Communisation.

mais bien entendu, cela ne signifie pas « un "écart" qui supposerait de connaître les deux rives ou les deux bords auparavant jointifs qui s’écartent, parce que de toute évidence nous ne connaissons pas "l’autre rive".» Donc Corne ne connaît pas "l'autre rive", mais sait qu'il va y trouver la "guerre civile" puis la "communisation". CQFD : pas de « finalité» ? pas d"« eschatologie » ? pas de « déterminisme » ! mais...


Hic Salta ! Hourra l'Oural !


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Message par Patlotch le Mer 30 Jan - 6:38


loin des effluves jaunes du gazoil

ce n'est pas qu'ici nous tenions Yves Coleman en grande considération, mais par les temps maudits qui courent, un tien vaut mieux que deux tu l'auras

Yves Coleman a écrit:A mon avis le meilleur est celui de H.S. (Henri Simon) publié dans Echanges n° 165 (automne 2018) : Gilets jaunes ? et après ?

Posé, prudent et au moins lui n’a pas fumé la moquette... Ou plutôt respiré trop de gasoil.
Certains ont balancé des textes grandiloquents et ridicules (inutile de les reproduire ici, donc, vous les connaissez déjà).

D’autres ont tenté de justfier leur intervention dans ce mouvement interclassiste sans chercher apparemment à le récupérer avec de gros sabots partidaires ou groupusculaires. [...]
j'avais signalé le texte d'Henri Simon le 24 janvier ici avec quelques commentaires critiques. Il n'est en effet pas surprenant qu'Y.C. le trouve « le meilleur » puisqu'il relève du regard de l'ultragauche ouvrière historique propre à son auteur, avec naturellement sa grande attention à ce qui se passe et ne semble pas alerter la gauchosphère « grandiloquente et ridicule » du NPA au communisateur Alain Corne/Carbure

d'aucuns nous verraient comme des « puristes » de la luttes de classes, ou des apologistes de « l'ouvrier conceptuel » pourfendus par TC n°26. Ce n'est évidemment pas mon cas et je renvoie pour le vérifier aux rubriques et sujets de LES LUTTES et leurs THÉORIES. Mais, pour détourner le poète de La Rose et le Réséda en 1943 :


Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croit à la révolution
Celui qui n'y croit pas

28 janvier
le NPA rêve d'un score de 0,33 % aux élections
@NPA_officiel a écrit:14h15
La manif d'hier à #Nîmes prouve que la mobilisation, en léger repli en terme de nombre (500 GJ), en réalité ne faiblit pas réellement. Comme samedi dernier, avec moins de flics, ça a été tranquille. Mais il est clair que la détermination est toujours là. https://npa2009.org/node/54740
@patlotch a écrit:Vous plaisantez ? Nîmes 150.000 habitants. 500 GJ ça fait 0,33 % ! Alors la "détermination"...
Chez #Marx, la dialectique des contradictions, c'est la qualité (bof pour les GJ) et la quantité (classe ET masse), l'une ne pouvant sans l'autre produire de dépassement.

26 janvier
Guillaume Deloison a écrit:@GDeloison91 vers 20h
Wah serieux c'est insultant allez vous faire foutre, notre histoire n'est pas un gadget pour revolutionnaire romantique de merde la serieux...
« Bougez-pas, camarades, je mène l'enquête »

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25 janvier
scoop bidouille Ah !

le gilet jaune communisateur Alain Corne de la revue Carbure a fait la jonction avec le magazine Commune, animé par les émeutistes de Joshua Clover. Le gilet jaune radical s'étatzunise !

souscrivez !
de $40 (Standard)  à $250 (Communard)
pour un gilet jaune révoltionnaire


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Message par Patlotch le Sam 9 Fév - 23:18


9 février

LE débat à ne pas rater : Corne contre Pepe
(là, je suis dans le camp de Pepe@dndf, pas vous, chère lectorate ?)

ça prolonge les échanges du 7 février plus bas, recommence chez dndf, et se poursuit sur le mur sans oreilles du "communisateur" de gilets jaunes Alain Corne... au cul, Alain Corne !
Anonyme a écrit:09/02/2019 à 19:05 #9
“combien VOUS, vous savez vraiment ce qu’il se passe.” @L.Salander

Pas militants, non, pas pédagogues, mais quoi au juste?

Refiler des tracts aux G.J aux ronds-points, vraiment c’est un interventionnisme vraiment insupportable, alors que publier, diffuser, vendre revues, livres, blogs pour un public choisi, ça c’est top.
Patlotch a écrit:09/02/2019 21:15

tsss... quel contenu les "tracts", s'ils se voulaient « armer [les GJ] de références historiques pour qu’ils se comprennent eux-mêmes » ? C'est cela qui me semble déterminer une posture militante [j'ajoute avant-gardiste...]

quant à qui publie, diffuse, vend revues, livre, blog pour un public choisi, TC est assez grand pour réagir, mais là encore il me semble que le "théoricisme" éventuel dépend davantage de qui le lit et pour quoi en faire, autrement dit comme ce peut être le cas "une théorie comme guide de la pratique", suspecte d'attentisme

je ne sache pas que ce public soit vraiment "choisi", bien que par la force des choses ciblé, via une diffusion privilégiée là où il se reconnaît lui-même comme cible privilégiée et fière de l'être, ce que je n'ai cessé de reprocher à TC

quant à moi, Patlotch, je ne cible personne, sans quoi à lire mon fatras je serais bien mauvais cibleur, et parfois coucheur, surtout avec les « camarades, mais femmes. » Je pense avoir écarté tout risque d'être lu pour être suivi, je n'ai même pas besoin des Corne et autre Clover pour me bloquer : leurs adeptes ne s'intéressent ni à ma prose, ni à ma poésie

bien la bonne nuit à toussétoutes


« La nuit partout même le jour, c'était mieux avant parce que j'étions jeune, insoucieux des réseaux, des raisons, sans raison de m'en faire, l'avenir m'appartenait alors, moi qui longtemps me suis couché de si tarde heure, cette ardeur qui m'aura trahi ! » ACTE MANQUÉ
et pour bien faire, Pepe@dndf, alias Emile Soutier qu'ici je soutiens, met son grain de sel. Extraits, après le rappel de l'aveu et hommage involontaire à mézigue
Alain Corne/Carbure a écrit:à Robin Banquo
Je me disais ce matin qu'il faudrait faire un travail d'historien sur ces trois mois, en collectant tout ce qui s'est dit dans la presse régionale, les publis des GJ, etc. pour se faire une idée du vrai mouvement, sans ça on réfléchit un peu à l'aveugle. Gros boulot, moi j'ai pas le temps.
Pepe@dndf a écrit: Si vous voulez faire œuvre d'historiens, il va falloir changer votre éternelle question paradigmatique à savoir "Qu'a t-il manqué à la réalité pour qu'elle se transforme en nos fantasmes insurrectionnels?"
Alain Corne a écrit:Et "vous" [TC], quand est-ce que vous allez vous sentir un peu concernés par ce qui se passe ? Déjà dans TC25 RS soulignait le fait qu'avec "Une séquence particulière" le problème était l'extériorité du point de vue, et que ça n'était pas possible de faire de la théorie comme ça. Il semblerait que certains cultivent cette extériorité jusqu'au bouddhisme théorique. "Attendre la fin", ça va bien deux minutes, il serait peut peut-être bon de commencer à s'apercevoir qu'elle est en train de nous tomber sur le coin de la gueule, la fin.
Pepe@dndf a écrit:Bon, je vais quand même quitter votre petit groupe de discussion. Je n'ai aucune appétence pour l'anathème et il y a autre chose à faire en ce moment que s'invectiver sur les réseaux sociaux.

Comment mesures tu le degré d'implication de quelqu'un ou des quelques uns qui émettent un point de vue sur ce qu'il se passe. "On" a été si silencieux que cela, depuis trois mois??? Il faut montrer quoi, un doigt cassé par un LDB??? Ca commence a bien faire ces certificats de participation au mouvement. TOUTE PÄROLE EST LÉGITIME, D'OÙ QU'ELLE VIENNE

Et si "vous", vous avez "participé", vous pouvez nous dire à quoi cela a servi ?

(Alain Corne : Merde

Robin Banquo :  " Et si "vous", vous avez "participé"... on dirait ma mère)

Pepe@dndf : OK, arrivé à ce niveau d'élaboration, je me retire sur la pointe des pieds...
Alain Corne a écrit:1) Personne n'a jamais demandé à personne de faire quoi que ce soit pour être "légitime", perso j'ai dû aller dans quatre manifs et ça ne me pose pas problème. La légitimité de la parole incarnée c'est pour les réunions des alcooliques anonymes. Il n'est pas question de droit à parler du mouvement mais de la pertinence de ce qu'on en dit. [sic le concernant depuis le début...]

2) comme théoriciens voire même comme "communistes" (ou simplement a minima favorables à cette idée), on a quand même, c'est barge de devoir le rappeler, un devoir de s'intéresser à ce qui se passe, voire au moins d'essayer d'en rendre compte, c'est la moindre des choses.

3) Il n'y a pas d'extériorité qui tienne, l'extériorité même est une position. Par ailleurs c'est aberrant de demander à ceux qui participent au mouvement d'y être extérieurs (et au passage et dans le même temps de leur reprocher d'être des corps étrangers dans la "vraie lutte", qu'on respecte tellement qu'on n'y met pas les pieds), il faut juste comprendre leur position en fonction de leur implication. Ça ne sert à rien de cracher sur toute forme d'implication a priori, simplement parce que quand il y a un mouvement les gens s'impliquent, c'est comme ça. On a pas 14 ans pour s'indigner qu'il y ait des gens qui votent et qui se syndiquent, c'est pareil. Par ailleurs on peut s'étonner qu'il y ait des personnes qui se disent communistes pour lesquelles tout engagement pratique apparaisse suspect, comme s'il fallait d'abord prouver qu'on ne fait rien et qu'on ne croit en rien, bref qu'on n'est personne ni nulle part pour avoir le droit de parler. Tout ça c'est des embrouilles de merde internes au "milieu", tout le monde est le gauchiste de quelqu'un. [c'est vrai, mais pour moi, fort peu échappent au gauchisme réel consistant à prendre ses désirs pour des réalités, agir sans comprendre justement "la conjoncture", et prendre les autres pour des cons]

4) Dire "ça ne sert à rien", outre que c'est le cas pour tout ce qui existe, si ce n'est pas juste un propos de vieux con c'est juste dire "ça n'est pas la révolution", et c'est ça qui est normatif [tsss, moi je pense que les Alain Corne & Cie n'ont in fine servi que la dynamique générale, et ya pas de quoi en être fier]. Si on attend d'être bien sûrs que ça soit la révolution pour se demander ce qui se passe et en rendre compte, voire pour au moins aller voir ce qui se passe, on ne fera ni ne dira jamais rien et on n'aura rien compris du tout. La théorie, même si on ne participe à rien et qu'on ne se prend pas du LBD toutes les semaines, ça n'est pas un petit endroit bien chaud à l'abri duquel on peut parler avec détachement de ce qui se passe en s'en foutant à moitié. On doit au moins prendre le risque de se planter. [mais voyons, en aurais-je parler "avec détachement" ? en tout cas pas un détachement blindé d'âneries comme toi, idiot bête à Corne]
Pepe@dndf : a écrit:Donc, puisqu'on en, a fini avec toute idée de légitimité, d'extérieur, d'intérieur et qu'on se replie sur la pertinence des propos seule, on peut aller plus vite... Donc on est d'accord, tout le monde ici est aussi impliqué, intéressé, passionné, terrorisé, par ce qui se passe en France depuis trois mois, et ce quelle que soit sa position personnelle, physique, par rapport au mouvement. D'abord parce que cet argument n'a aucun intérêt et qu'ensuite, personne ne sait si je passe mes nuits en boite, sur un rond point ou devant mon ordinateur...

Le problème que je rencontre ici ou là c'est le procès en impertinence du propos si on n'est pas d'accord avec ce qui se dit par ailleurs au long des fils de discussion. Je pense pouvoir résumer mes critiques, si je puis me permettre d'en formuler a celle ci :
mon principal propos c'est de critiquer les positions théoriques qui semblent faire dire à un mouvement plus que ce qu'il montre par lui même. Bien sur que, comme on prend des positions au cours du mouvement, on a pas le confort du recul du temps, de la recherche documentaire, des échanges et des réflexions. Ça sort comme ça vient [pour ma part, je ne le pense pas, dans le travail il est vrai marathonien que je me suis fadé au jour le jour depuis 3 mois, ou alors depuis le temps que je mets sur le métier, ça vient de loin et profond sans besoin de me gratter la tête en consultant les oracles à cornes]. Pas de problème à ce que d'aucun(e)s espère plus que ce que la réalité nous montre. Je veux juste avoir le droit, moi aussi, d'exprimer une critique de ce qui se produit, s'écrit, se dit chemin faisant. Pas plus. Et, comme vous tous et toutes, je réagis promptement et parfois trop vivement quand je lis des choses avec lesquelles je ne suis pas d'accord... C'est tout. Pas plus pas moins.

Pour résumer, je crois que ce qui me fait vraiment bondir c'est "pourquoi ce mouvement n'est pas allé là ou nous pensions, espérions, aimerions qu'il aille"
et dieu sait que ces clowns et clones d'avant-garde nous auront fait bondir et rebondir !

7 février

un prolo qui dit des conneries,
c'est un prolo, mais c'est des conneries


et qu'on vienne me dire que c'est du "mépris de classe" !

puisque j'ai épinglé Kacem Joseph ci-dessous et dans le fil de dndf, droit de réponse élémentaire, qui ne change rien à mon appréciation, puisqu'il répond à Lisbeth à côté. Comme elle le redit dessous, c'est la posture "pédagogique" qui fait problème, à laquelle il en rajoute en prétendant que ce qu'il fait n'en relève pas. Un prolo qui ne capte pas ce qu'il fait (sic ; c'est lui qui ne se comprend pas lui-même) en posture d'expliquer "les références historiques", qu'est-ce que vous voulez que j'en dise ? de mon point de vue communiste, c'est un idiot inutile, point barre

mais quand un cador "communisateur" (Corne...) nous rebat les oreilles avec ce qu'aurait fait dans ce mouvement le prolétariat, si... Perso, je dis : LE PLUS CON DES 2, C'EST PAS KACEM, C'EST ALAIN CORNE/CARBURE/ LUTTE DE CLASSE/GUERRE CIVILE/COMMUNISATION !

Kacem Joseph a écrit:dndf 07/02/2019 à 17:46
@Lisbeth Salander : ” eh, petit, tu te prends pour qui, exactement?”

Le mieux est encore de répondre, puisque c’est moi l’hérétique:
Kacem, 41 ans, père de deux moutards de 17 et 11 ans. Ex-ouvrier du batiment, ex-ouvrier de la pétro-chimie et actuellement cuisinier en atelier de transformation agricole, mais aussi romancier (quand c’est possible).
Autrement dit, je me prend pour pas grand chose et ne suis pas trop militant (des gens de TC m’ont croisés dans des milieux “militants”, mais je penses qu’ils peuvent confirmés que je tiens plus du sub-militant que du militant à la Koestler – car justement, le milieu militant m’est assez pesant).
Pour le reste, j’écris mon ressentis (et ça, c’est attaquable) avec le bagage critique qui est le miens (et ça aussi c’est attaquable). Quand les GJ se refilent mes trucs sur les ronds-points, c’est juste qu’ils les impriment, se les filent et puis c’est tout. Je les démarche pas. Après, je ne sais pas où tu as lu que j’appelais aux armes (ce genre de truc j’en suis pas fan). ["armer de références...", c'est faire de la théorie une arme pour la pratique, pas parler des armes à feu etc.]
Enfin, si je parle de “pédagogie” (terme peut-être exagéré, mais je n’en voyais pas d’autres) dans le com, c’est juste qu’en discutant avec des GJ, ce sont eux qui m’ont exprimé un désir ; désir que j’ai tenté de satisfaire en écrivant ce texte comme en les interviewant au micro depuis plus d’un mois maintenant (dispo sur soundcloud – par ex: https://soundcloud.com/user-116871419/2-fevr-2019-acte-xii-des-gilets-jaunes-a-ales-gard)
Pourquoi m’ont ils exprimé ce désir et laissé être observateur-intime de cette lutte? Peut-être parce que je suis de ce milieu, partage les mêmes boulots, les mêmes bistros, le même langage et que j’ai le même niveau d’étude qu’eux – je suis un familier, pas une avant-garde éclairé (et pourvus que ça reste comme ça, car je trouve la militance éclairé fatigante)
Pour le reste, je ne sais pas quoi te répondre: tout ce que je lis me semble si étranger à mon propos que j’en reste baba.

PS: Désolé pour les fautes, mais je fais pas corriger un com.

les fautes, yen na que 10, Kacem pourrait donner des leçons d'orthographe à Drouet, et même pour un "romancier" chaleureusement recommandé par Quadruplâni, c'est pas ça le plus grave

Lisbeth Salander a écrit:07/02/2019 à 18:15 #7
Kacem Joseph : “et de les armer de références historiques pour qu’ils se comprennent eux-mêmes”


7 février

les vannes sont ouvertes...

« S'il s’agit d’une révolution, elle a commencé le 17 novembre 2018...
armons les GJ de ronds-points et de cabanes de références historiques
pour qu’ils se comprennent eux-mêmes, toujours plus précisément. »


avec les "références et précisions" du maître-pédagogue de la révolution Joseph Kacem, les GJ n'ont qu'à bien se tenir en bons "apprenants"... Prolongeant les délires théorico-pratiques précédents, et leurs contradictions internes patentes, “Le « “Peuple » : fin d’un mythe au sein des Gilets Jaunes ?” de Joseph Kacem le 4 février 2019, et ses échanges sur le mur (sic) d'AC/Carbure/Communisation :


Kacem a écrit:Si aujourd’hui il s’agit d’une révolution, elle a commencé le 17 novembre 2018 et elle doit encore dépasser une multitude de contradictions qui germeront en elle pendant des années... Pas si optimiste en fait… Perso, je table plutôt sur l’option du non-dépassement... Formuler les questionnements qui traversent les GJ de ronds-points et de cabanes, et de les armer de références historiques pour qu’ils se comprennent eux-mêmes, toujours plus précisément.

Lisbeth Salender a écrit:je ne sais pas si ça m’est bien sympathique, ce rapport aux luttes sur le mode pédagogique performatif… à voir...

le problème de ce mouvement, c'est que sa dynamique de réciprocité avec le pouvoir ne pose rien à dépasser. Voir le fil LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique : les débats continués. Beaucoup dans ce "milieu" auto-proclamé radical (Joseph Kacem encensé par Serge Quadruppani, le "communisateur" Corne...) oublient leurs propres bases supposées, et dans la conjoncture présente, ce que porte indécrottablement ce mouvement jaune franco-français, l'économie politique mondiale et sa critique héritée de Marx (ou même de TC), sa double faiblesse quantitative et qualitative, le nez sur leur rond-point nombrilique des "humbles", emportés par l'enthousiasme propre à toute situation minimale de rébellion


1. prêche la presse du lundi matin

des "gilets jaunes toujours pas fatigués"
débattent avec Éric Drouet "bien amicalement"


le GRAND ÉCART THÉORIQUE et PRATIQUE des RÊVOLUTIONNAIRES en GILETS JAUNES
de L'INSURRECTIONNALISME IDÉOLOGIQUE au RÉFORMISME BAVARD

la jonction orthographique qui vient

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Une-lundi-matin


on se souvient que le camionneur le plus célèbre de France avait déclaré le 5 décembre à BFMTV : "Si on arrive devant l'Elysée, on rentre dedans". Le gouvernement (Shiappa présente à l'émission...) avait voulu entendre dans ce propos « une incitation à la violence contre les institutions et à l’émeute ». Éric Drouet s'en est toujours défendu, protestant de son "pacifisme", mais nos émeutiers pressés de "pousser plus loin de désordre" (dixit AC/Communisation) veulent aussi pousser le pauvre illettré à adopter leur certitude intellectuelle

dans le genre émeutiste, qui ne m'émeut pas trop, de Joshua Clover (Riot-Strike-Riot) aux versions de "chez nous", celle de lundi.matin pour qui la voie unique pour sortir du capitalisme est la révolution, et celle-ci toujours commencée par une insurrection, elle-même par une émeute

@lundimat1 a écrit:S’il y a des émeutes qui ne conduisent ni à l’insurrection ni à la révolution, il n’y a pas de révolution ni d’insurrection qui ne commencent par une émeute. L’émeute est un début de débat.

une fois posée cette "évidence" indiscutable, il ne peut être question de débattre :

- du fait que toutes les révolutions ont jusque-là échoué, et donc leur introduction par une insurrection n'en a pas garanti le succès
- de la question théorique la moins posée : pourquoi seule une révolution, prolétarienne ou non, serait-elle la voie de passage au-delà du capitalisme ?

voir deux sujets incontournables :
- MÉSAVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE
- LE CONCEPT DE RÉVOLUTION

le reste n'est pas théorie révolutionnaire, mais littérature de curé

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Message par Patlotch le Mar 12 Fév - 11:14


le prolétariat universel n'était donc pas en jaune

après avoir martelé deux mois et demi le caractère prolétarien des Gilets jaunes, Jean-Louis Roche, du Prolétariat universel, qui a mouillé son gilet sur tous ronds-points à la ronde près de chez lui en Normandie, en Francilie et ailleurs, affiché sa belle gueule souriante aux côtés d'un clodo arborant des insignes nazis, nous apporte une fois de plus ses lumières, universellement franchouillardes

CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES DSC00902
à Calais le 21 novembre

IMPASSE DES GILETS JAUNES ET CRISE DE LA BOURGEOISIE FRANÇAISE
Le Prolétariat universel, 11 février 2019
extraits
Jean-Louis Roche a écrit:Le mouvement des gilets jaunes n'en a donc pas pour autant pris une orientation « de classe prolétarienne ». Il persiste à exister, et même à empoisonner le système politique français sans que, depuis l'opposition une personnalité ou un groupuscule puisse émerger pour au moins relayer cette colère et pallier à l'incurie du pouvoir. Il confirme par ses divisions et dérives qu'il n'a pas d'avenir comme tel.

Avant d'analyser l'incurie du mouvement, il faut noter la persistance du gouvernement et de ses séides à chercher sans cesse le « facho » sous le gilet jaune. [...] Tout cela c'est de la blague. [...] La notion de populisme est un fourre-tout où chacun peut mettre ce qu'il veut.

Les prolétaires apprécieront en quoi leur conscience de classe est résumée à un « émotionnel de souffrances »...

La grande « famille » des gilets est désormais complètement éclatée et son vide théorique et politique éclate au grand jour [celui de Jean-Louis roche, dont le soleil prolétarien ne se couche jamais sur l'éther, mais qui fait parfois la grasse matinée]
m'avait échappé cette déclaration d'Étienne Chouard, « théoricien du RIC coulé » : « La dernière fois, j'ai voté Mélenchon [à la présidentielle, NDLR]. Ce coup-ci, je voterai Asselineau. Ce sont mes deux préférés », mais à part ça, pour le théoricien du Prolétariat universel, le populisme n'existe pas...

ce que les gauchisses tenant du prolétariat universel incolore et déjà sans patrie sauf "chez nous" ont en commun, c'est l'acrobate habilité à vous expliquer, après coup, ce qui n'a pas marché qui aurait pu, si... Ici, si les prolétaires en gilets jaunes avaient, comme dit Kacem, su « se comprendre eux-mêmes », d'où la nécessité des tracts pédagogiques de ce prolo et des explications de Jean-Louis Roche (revendiqué prolo) ou de son équivalent Directeur des 7duQuébec Robert Bibeau

bon, moi, Jean-Louis Roche, je l'aime bien, parce qu'il me fait souvent rigoler, il écrit bien quoi qu'un peu long, mais je suis mal placé pour lui reprocher. Dans son suivi quasi quotidien de ce mouvement, il aura aussi apporté des témoignages qu'on ne trouvait nulle par ailleurs. Alors, l'un dans l'autre, côté embarquement, ça vaut bien de l'Alain Corne


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Message par Patlotch le Ven 15 Fév - 13:12


véloruption ou vélodrame en 14 Actes
annonçant le restructuration politique macrono-lepéniste ?

Patlotch a écrit:@Patlotch

quand la cible de la destruction "révolutionnaire" est à ce niveau de contenus et formes, complaisamment délayée par des "intellectuels de gauche" aussi peu critiques, faut pas s'étonner de l'absence de "lien organique" avec les masses, qui feront tout sauf aller où ils veulent

où alors c'est qu'ils veulent aller au même endroit, et ce sera sans moi  Twisted Evil
@Groseille a écrit:Depuis décembre, les vélos et trottinettes en libre-service sont très heureux d'agrandir leur spectre de fonctionnalités en servant de barricades ou de projectiles lors des manifestations des gilets jaunes.



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Message par Patlotch le Sam 16 Fév - 14:28


un gibet jaune pour ce grand démagogue politicard de Ruffin !

"avant-gardes" étant ici antiphrase (ironique), un équivalent, à quelque près, pourrait être "arrières-gardes". Je complète donc le titre. Mais on conviendra que si tous s'en croient, tous ne s'en réclament pas explicitement. Le cas Ruffin est gratiné. C'est un cumulard d'antinomies et contradictions dans les termes, sur la démocratie, sur ce qu'il est et fait, car il est d'abord l'un des plus grands démagogues politicards de la période

François Ruffin, le Baron perché d'Aigrufin de MICROCOSME, roman initiatique n'a pas de lui-même une petit idée, je veux dire aussi pas la moindre idée. Après s'être pris pour un homme politique incomparable à tout autre, puis, en partisan de la "démocratie directe" et du RIC, pour un député qui ne serait pas banalement un représentant dans la démocratie représentative, il se prend pour un "artiste" qui va mettre son "œuvre" au service de la "révolution citoyenne"


François Ruffin :
le mouvement des «gilets jaunes» a «besoin d'être habité par des œuvres»
son principal «déficit» a été que l'art ne s'en est jamais rapproché


Dans ce road movie tourné en décembre avec le cinéaste Gilles Perret, le député de la France Insoumise parcourt la France pour tendre le micro aux membres du mouvement contestataire. Dévoilé à Grenoble hier soir, le film sortira en salles le 3 avril prochain.

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À peine trois mois après la naissance des «gilets jaunes», le mouvement bénéficie déjà d'un film! Et il est réalisé par nul autre que François Ruffin. Le journaliste et député de la France insoumise a dévoilé vendredi soir à Grenoble J'veux du soleil, son nouveau documentaire dans lequel il tend le micro aux manifestants au cours d'un périple à travers la «France des ronds-points».

Tourné en décembre avec le cinéaste Gilles Perret, ce road-movie se déploie d'Amiens à Montpellier sur une période de six jours, durant laquelle le duo est allé caméra au poing recueillir des témoignages de nombreux «gilets jaunes». Trois salles avaient été mobilisées par un cinéma pour accueillir les 350 personnes qui ont découvert en avant-première le nouveau long-métrage du fondateur du journal alternatif Fakir, qui doit encore être étalonné et mixé avant sa sortie en salles, prévue le 3 avril.

En 2017, François Ruffin avait été récompensé d'un César pour le très satirique et politique Merci patron!. Avant sa rencontre avec Gilles Perret, le journaliste avait pour projet d'interroger seul des «gilets jaunes» pour en faire un livre. «Vous êtes des cobayes!», a ironisé, sourire aux lèvres, le député de la première circonscription de la Somme devant les spectateurs présents, avant de donner le coup d'envoi de la projection, à laquelle il a assisté.

«On a envie de retourner aux urnes»
Durant 80 minutes, François Ruffin et Gilles Perret posent un regard plein d'empathie sur les récits douloureux de ces hommes et de ces femmes au quotidien rongé par la précarité, qu'ils ont pu filmer jusque dans leur intimité. Devant la caméra, ces «isolés» au «frigo vide», qui s'unissent désormais chaque jour pour faire entendre leur voix au travers de cette «grogne de durs à la peine», évoquent leurs parcours faits de galères et de désespoir.

«La devise nationale, on la retrouve aujourd'hui davantage sur les ronds-points», pointe au début du film un jeune homme interrogé par le duo sur un campement de «gilets jaunes» dans la Somme, évoquant les liens qui s'y sont créés. «Grâce à cette petite porte ouverte, on a envie de retourner aux urnes», explique un peu plus loin Cindy, une mère de famille passée par le Secours populaire et la dépression.

François Ruffin explique avoir été gagné par l'envie de vérifier par lui-même si cette grogne était bien celle de «fachos» dès les prémices du mouvement. Avant d'être indigné par son traitement par les médias nationaux, focalisés sur les violences à Paris. «Une série d'isolés qui s'unissent. Cela faisait 20 ans que j'attendais ça! Alors qu'en général, les pauvres se cachent pour souffrir. Le gilet jaune, c'est le bleu de travail contemporain», résume à l'AFP le journaliste engagé.

Un «caillou dans la chaussure» d'Emmanuel Macron
Comme cinéaste, il se défend d'avoir voulu réaliser un film analytique sur le mouvement, mais davantage une «analyse de gens qui s'en sont emparé». «Ce sont avant tout nos semblables», a-t-il ensuite souligné face aux spectateurs lors d'un temps d'échange de près d'une heure. «Le film a un but: faire décrocher le soutien passif de la classe intermédiaire à l'oligarchie», a-t-il ajouté, l'invitant désormais «à se bouger pour se solidariser» aux «gilets jaunes».

Le député de la France insoumise, qui compare sa démarche à «un scrupule, un caillou dans la chaussure» d'Emmanuel Macron, estime que le mouvement des «gilets jaunes» a «besoin d'être habité par des œuvres» et que son principal «déficit» a été que l'art ne s'en est jamais rapproché.

@Francois_Ruffin
"Les héros, c’est eux. C’est Cindy, c’est Marie, c’est Loïc, avec des histoires, à chaque fois, inattendues... Je veux dire à ces gens : "Je vous aime", ces gens si longtemps résignés, méprisés, qui se mettent debout maintenant."

«Ce qu'on voit dans le film, c'est l'âme de ce qui se passe sur ces ronds-points. Il fallait que quelqu'un le montre», a réagi une spectatrice. «J'ai 66 ans et j'ai rarement connu ce genre de mouvement. Profitez-en! On est tous concernés», a lancé plus tard un homme coiffé d'une casquette.

François Ruffin espère que le mouvement se relancera au printemps «sous une autre forme», car s'il a été «innovant» à ses débuts, un mouvement «sans imagination, c'est un mouvement mort». «Pour moi, cela prend aujourd'hui la forme d'un film. Mais il faut que quelque chose se passe aussi en dehors des salles de cinéma», conclut-il.

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Message par Patlotch le Mar 26 Fév - 19:43


l'Avant-garde Populiste de France a trouvé son lit d'heures...
pour quelques années


Ruffin créé son micro-parti
et relance les suspicions de rivalité avec Mélenchon

Marie-Pierre Haddad Journaliste RTL

Le député la France insoumise a créé, le 12 février dernier, son micro-parti "Picardie Debout". Au sein de la France insoumise, Alexis Corbière refuse d'y voir un désir d'indépendance vis-à-vis du mouvement politique et de son leader Jean-Luc Mélenchon.

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François Ruffin et Jean-Luc Mélenchon, le 5 février 2019
Crédit : Bertrand GUAY / AFP
Un premier pas de côté ? François Ruffin a créé son propre micro-parti, selon des informations de La Lettre A et de Libération. Ainsi, le député La France insoumise a fait déposer au Journal officiel "deux associations au nom de "Picardie Debout", le mouvement de François Ruffin qu’il avait lancé pour les législatives", souligne le quotidien.

Cette association, créée le 12 février, a pour objectif de "favoriser les réflexions philosophiques, économiques, sociales et politiques localement, nationalement et internationalement".

Une association de financement de "Picardie Debout", a aussi été créée à la même date. À noter qu'initialement, elle a été enregistrée "à l'adresse de la permanence parlementaire du député insoumis", mais "a finalement été transférée le 21 février dernier au domicile de sa présidente, Isabelle Guyot", ajoute Libération.

Une confrontation avec Mélenchon ?
Pourquoi créer un micro-parti ? Son entourage revendique la nécessité de mettre en place "un cadre juridique". Un micro-parti donne surtout la possibilité à "un élu local, un député, un ministre, un président de la République" de recueillir des dons, comme l'indique L'Obs. Son principal avantage est qu'il offre à "une personnalité un minimum d’autonomie financière", stature qu'il n'a pas "au sein d'un grand parti", ajoute Franceinfo.

Avec la création de ce micro-parti, François Ruffin ajoute un nouvel élément à une actualité déjà riche avec la sortie de son documentaire le 16 février dernier, "J'veux du soleil", sur les "gilets jaunes" et la publication d'un livre Ce pays que tu ne connais pas.

Autant de données qui contrastent avec la position délicate dans laquelle se trouve Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise. Le député Alexis Corbière a affirmé : "Jean-Luc continue à être au premier rang, le moment de la confrontation et de la rivalité n'est pas ouvert, je souhaite surtout qu'il ne soit jamais ouvert et que si un jour il fallait se poser la question de qui fait quoi à quel poste, on le fasse collectivement".

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Message par Patlotch le Mer 27 Fév - 19:43


clowns américains
entre émeutes et Gilets jaunes pré-révolutionnaires

Commune a écrit:"The Gilet Jaunes overcome the distinction between riot and everyday life." An exciting new analysis on the ongoing struggles in France.

"Les Gilets jaunes surmontent la distinction entre émeute et vie quotidienne." Une nouvelle analyse passionnante sur les luttes en cours en France.
un texte que le magazine Commune de Joshua Clover & Cie (voir en haut du sujet) trouve "passionnant" ne peut être que clownesque. La conclusion a toute sa place ici en traduction Bing non retouchée. Les plus pressés pourront se contenter du passage en italique conservée de l'original (c'est le mot)

MEMES WITH FORCE – LESSONS FROM THE YELLOW VESTS
By Paul Torino & Adrian Wohlleben, Mute 26 February 2019

Dans les années à venir, les luttes pourraient émerger autour d'un sentiment de dégoût, et non une expérience commune de la souffrance. De notre point de vue, rien ne pourrait être mieux aujourd'hui. L'expérience humaine caractéristique dans les ex-Urbs et les arrière-pays américains est tout à fait à la différence des sortes d'usines métropolitaines sur lesquelles le mouvement ouvrier a été construit. L'étalement suburbain et rural d'aujourd'hui produit une extrême aliénation, isolement et solitude. La société américaine est aujourd'hui séparée par des lignes de différenciation de plus en plus complexes: classe, commerce, race, sexe, sexualité, âge, religion, poids, politique, sous-culture, régime alimentaire, profil de santé, identité astrologique, etc. Certes, les luttes continueront à émerger sur la base de l'altérité et de la différence politique, mais nous ne sommes pas convaincus que ce seront des luttes libératoires. Il semble, à ce stade, plus probable que les luttes libératoires sortiront d'un vortex comme les gilets jaunes, où diverses pratiques s'écoulent dans une zone commune d'articulation, que des affrontements continus entre les groupes politiques rivaux, ou les luttes de groupes marginalisés de représenter leurs intérêts dans le «centre» de plus en plus creux de la société normative. Certes, le contraire devient de plus en plus difficile à imaginer: qu'une large section des États-Unis s'unirait sous une seule identité et bannière.

Une lutte de cette nature pourrait ressembler à ceci: les gens en colère et les personnes privées de franchise commencent à descendre sur les centres urbains, ou sur des sites logistiques comme les aéroports et les ports. Leur invasion en colère résonnait d'une manière distincte mais parallèle avec les personnes vivant dans des quartiers marginalisés ou à faible revenu, soit à l'intérieur de la ville ou à ses abords (équipes de graffiti, cols rouges, camionneurs, trafiquants de drogue, travailleuses du sexe, anciens prisonniers, retraités ). Les extrémistes éthiques de diverses persuasions idéologiques ou subculturelles opèrent les uns aux côtés des autres dans les rues, Unis seulement par leur réticence respective à la police de la colère de l'autre au système (pour le meilleur et pour le pire: anarchistes, Neonazis, soccer Hooligans, membres de gangs). Les différents groupes sociaux ne synthétisent jamais dans un ensemble plus grand, mais se déplacent simplement les uns aux côtés des autres, se heurtant occasionnellement les uns aux autres, mais retournant semaine après semaine pour briser les façades scintillantes des villes et attaquer la police et les gouvernements Bâtiments. Ceux qui ne peuvent pas se rendre aux centres urbains bloquent les routes et les infrastructures artérielles dont ils dépendent, de l'extérieur. Cette alliance hétérogène des «randos» des arrière-pays proches et lointains et des extrémistes éthiques urbains repolarise la situation politique du haut et du bas, plutôt qu'à gauche et à droite. Les politiciens, les organisations de gauche, les syndicats et les ONG se distaient d'abord des mêlée déroutants et dénonçaient la violence. Les foules ne leur paient aucun esprit, faute d'allégeance. Réalisant qu'ils ont été éclipsés, les organisations gauchistes n'ont pas d'autre choix que de Border leur queue et de chasser après la foule d'une position d'arrière-garde, tentant toutefois possible de co-opt, de gérer, et éventuellement de les pacifier. Les étudiants et les cadres intermédiaires de toutes les démographie tentent de faire honte et de diviser les émeutiers racialement, sexuellement, géographiquement, par classe, par n'importe quel axe de l'identité qu'ils peuvent, afin de mieux prendre pied dans le chaos. En cours de route, la police commettra ses fautes d'habitude lourdes, qui (au début) élargiront l'antagonisme et élargiront la lutte, forçant le gouvernement à déployer la garde nationale. Quand ils atteignent ce point, les luttes se dissibreront, ou bien réussiront à fracturer les forces armées et induisent une défection sociale généralisée...

Les révolutionnaires devraient être préparés, parce que la situation est susceptible d'obtenir plus confus et pas moins. Il nous semble peu probable que le pays se plonge dans une guerre civile entre les anti-fascistes, les néo-nazis, et le centre extrême. Il est également impossible d'imaginer un nouveau consensus politique qui émerge entre les démocrates et le GOP d'une manière qui aborde adéquatement les angoisses et le tumulte de l'âge. Si quelque chose comme les gilets jaunes vient aux États-Unis, vous pouvez parier qu'il sera encore plus confus et bizarre, encore plus violent et inconfortable. C'est notre pari, cependant, que les mouvements à venir ne seront pas sans leur propre charme, leurs propres innovations, leur propre beauté

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Message par Patlotch le Ven 1 Mar - 9:11

1er mars
ce qui devait arriver arriva, suite à la publication de ce qui suit, Alain Corne m'a fermé l'accès à son mur facebook, m'appliquant ce dont il avait menacé un autre

Alain Corne a écrit:à Arkadi Tyszka : Bon. Je vais gentiment te demander d'arrêter de troller cette discussion. Soit tu dis quelque chose de cohérent et d'argumenté soit tu dégages. Ça te va ?
on ne l'attendra plus pour aborder les questions théoriques de fond qu'il évacue et censure depuis des années, en bon héritier qu'il est des méthodes staliniennes expéditives davantage que de la méthode théorique de Marx

28 février

parfois je me sens moins seul...

un irrésistible moment de plaisir
contre l'intellectualisme d'une "théorie" "communiste"

à propos de sa "définition" du "sionisme" et de l"antisionisme", Gregory Bekhtari remet à sa place Alain Corne/CarbureBlog/lutte des classes/guerre civile/communisation, le "théoricien" à sornettes qui s'est si manifestement planté tout au long de sa perception et de son analyse du mouvement des Gilets jaunes. Peut-on espérer qu'un jour advienne où cet olibrius, qui revendique ici son "dogmatisme" (dont acte), reconnaîtra ses erreurs ?
Alain Corne a écrit:"Le sionisme (c’est-à-dire la défense de l’Etat d’Israël au nom de la défense contre la menace antisémite) et l’antisionisme (c’est-à-dire la focalisation critique sur l’Etat d’Israël censé incarner à lui seul le capitalisme « impérialiste ») sont les deux mâchoires d’un même piège à cons."

Si je définis l'antisionisme de cette manière (comme idéologie) c'est que le "sionisme" actuellement n'est pas autre chose qu'un élément du discours antisioniste. Il n'y a plus de sionisme réellement existant dans la mesure où celui-ci reposait sur du travail juif et des capitaux juifs et projetait un développement économique de type socialiste sur cette base, alors que la structure des rapports sociaux actuels en Israël repose sur l'exploitation/exclusion d'un sous-prolétariat palestinien dont la prétendue "colonisation" n'est qu'un outil politique (on ne "colonise" rien en réalité, on s'implante pour mater les prolétaires palestiniens, empêcher le développement d'une bourgeoisie locale et attiser le conflit dans la zone). [...]
Gregory Bekhtari a écrit:J'ai toujours eu du mal avec les gens qui se croient plus intelligents que tout le monde et expliquent doctement pourquoi ils sont les seuls à analyser correctement ce que personne ne comprend. Surtout quand la "démonstration" n'en est pas une et que la soi disant argumentation est un fatras confus complètement déconnectée du terrain où se joue le conflit politique et militaire en cours...

je parle de quelque chose de très précis, à savoir le grand n'importe quoi pseudo théorique produit par Alain Corne. Pour le reste, je ne pratique pas les généralisations...

Les illusions intellectualistes sont une plaie, mais heureusement, elles ne concernent pas grand monde. Sinon pour rebondir sur ce que tu as dit, Jo Ao, le communisme n'est pas incompatible avec les luttes de libération nationales dans un contexte colonial, au contraire, l'histoire en fournit les preuves. En revanche ce qu'Alain Corne appelle "communisme" oui, mais ça tombe bien, il ne représente à peu près rien dans le champ large du mouvement dit communiste.
mais le tartuffe est assez biscornu pour en rajouter :
Alain Corne a écrit:La vérité c'est que vous êtes embarqué dans un débat de merde et sur des positions pourries et réactionnaires, que vous , et il va bien falloir en tenir compte tôt ou tard, ou mettre en place un dispositif politique pour les rendre inaudibles. Je suis sûr qu'il y en a qui discutent déjà de tout ça dans un coin.

Bon je vous laisse jouer maintenant.
vrai qu'Alain Corne et ses potes "communisateurs" sont réputés pour « ne pas discuter dans un coin », ne pas privilégier l'élite intellectuelle du « "milieu" "interne" de la théorie de la communisation », jamais  « multiplier les confusions et les diversions pour ne pas avoir à discuter du fond », avoir toujours « des positions claires et articulées », ne jamais « mettre en place un dispositif pour rendre inaudible » qui les dérange, tel Patlotch en le bloquant sur les réseaux soucieux de lui-même. Un autoportrait ?  scratch

Arrow

5 heures plus tard, d'autres ayant mis sous le nez de Corne qu'il n'y connaissait rien, mais faisait redescendre ses concepts théoriques abstraits sur une réalité régionale dont les particularités sont devenues déterminantes plus que la "structure"...
Alain Corne a écrit:à Boudjemaa Sedira : Bon, évidemment ça existe, mais j'avoue que je privilégie toujours la question des rapports sociaux à la géopolitique du baril, qui selon moi n'a jamais bien servi à expliquer autre chose que le fait que oui, les Etats sont des acteurs capitalistes particuliers, et que lorsque qu'une industrie est aussi liée au sol et aux transports que le pétrole, et donc au territoire et aux frontières, ils jouent évidemment un grand rôle. Mais ce qui se passe effectivement est rarement réductible à ça, je trouve, même si c'est à prendre en compte dans le contexte global.
en version communisatrice de "l'Idée" hégelienne, le général détermine le particulier devient "mon concept écrase ta singularité", et bientôt "ferme ta gueule, JE suis l'unique vérité du prolétariat universel révolutionnaire !" :
Alain Corne a écrit:à Arkadi Tyszka : Bon. Je vais gentiment te demander d'arrêter de troller cette discussion. Soit tu dis quelque chose de cohérent et d'argumenté soit tu dégages. Ça te va ?
les "trolls", c'est comme les "cons" ou les "sociaux-traîtres", chacun les siens... Depuis 20 ans, je fus successivement un "troll" pour des forums de Jazz, le"Forum des marxistes Révolutionnaires", "Multitudes" de Moulier-Boutang, Médiapart, Indymédias Nantes et Bruxelles, Paris-Luttes.Info..., question d'habitude

avec la version communisatrice du troll, transcendée par Alain Corne, je suis sûr que ma lectorate ne regrette pas de l'avoir connu(e)

affraid

la grosse difficulté, pour Théorie Communiste, RS/TC, c'est de sélectionner les "trolls" auxquels il est nécessaire ou contre-productif de répondre. Alain Corne est si mauvais que lui répondre serait apporter une caution à ses « inepties » au nom de la communisation, et le Pape Roland est bien emmerdé, parce qu'au fond ils ont les mêmes pré-supposés et la même « pratique théorique » : botter en touche, par tous les moyens de la rhétorique, de l'évitement à la censure, ce qui dérange leur foi en un prolétariat universel unique sujet de leur révolution fantasmée

question pour un champion, du pervers-pépère de Marseille : « Alain est un camarade, un des proches de nous, sur lesquels j'adore taper. Dans la conjoncture de cette séquence particulière, dois-je le faire ? »

Lewis Caroll a écrit:« Ils ne jouent pas du tout franc jeu, » commença Alice d’un ton de mécontentement, « et ils se querellent tous si fort, qu’on ne peut pas s’entendre parler ; et puis on dirait qu’ils n’ont aucune règle précise ; du moins, s’il y a des règles, personne ne les suit. »
Alice au Pays des Merveilles,
traduction par Henri Bué, 1869


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES 460px-Alice_frontispiece-937x1333
Illustration par Sir John Tenniel

pour des discussions « cohérentes et argumentées », voir les sujets de les LUTTES et leurs THÉORIES

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Message par Patlotch le Lun 4 Mar - 15:41


quadruple ânerie
insipide et désormais convenu
[les quatre de Quadruppani sont notées dans le texte]

LES GILETS JAUNES ET LA NÉCESSITÉ DE REPRENDRE LE TEMPS
Serge Quadruppani - paru dans lundimatin#181, le 4 mars 2019

Du point de vue qui nous intéresse, à savoir la critique anticapitaliste, le mouvement des gilets jaunes est un événement au sens fort : son surgissement a pris tout le monde, quidam ou spécialiste de la pensée, par surprise. On peut toujours en expliquer les causes factuelles- une histoire de taxe sur les carburants, lui dresser de manière plus ou moins convaincante une généalogie historique, enquêter et argumenter sur sa composition sociale, mais ce sera un travail d’interprétation a posteriori, et nul ne peut prétendre l’avoir prévu. Cet événement a un sens fort, donc, mais quel lequel ? Pour répondre, on s’efforcera d’abord de le replacer dans une temporalité plus longue, celle des luttes sociales dans le capitalisme français (et donc mondial) depuis 1968. [1]

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Le macronisme est une tentative d’achèvement à marche forcée de la mise aux normes ultra-libérales de la société française, dont la thatchérisation a sans cesse été ralentie en France par le fantôme de Mai 68. Ce mouvement d’insubordination de la société a eu, quoi que racontent les pleureuses qui n’y voient qu’une ouverture de nouveaux marchés de la consommation, quelques effets bénéfiques avec les accords de Grenelle et le départ, un an plus tard de De Gaulle. Même si les bénéfices concrets des accords ont été perdus par la suite, et si le général a été remplacé par des politiciens aussi néfastes, on a conservé la conscience, aussi bien du côté du peuple, que du côté des gouvernants qu’en descendant dans la rue, on pouvait ébranler l’État et contrer ses desseins.

Contre la loi Devaquet en 86, contre le CIP en 1994, contre la réforme des régimes spéciaux de retraite en 1995, contre l’accord CFDT-patronat sur la suppression des Assedic en 1997-98, contre le CPE en 2006 : de nombreux mouvements avaient entraîné une reculade des gouvernements successifs. Mais en 2008, le mouvement contre la réforme des retraites, en dépit de manifs massives et de blocages réunissant étudiants, précaires et ouvriers, s’est soldé par la défaite. Le « mai 68, c’est fini » de Sarkozy était censé acter l’évaporation du fantôme. Le renouveau de combativité manifesté dans la lutte contre la loi travail n’a pas empêché une défaite orchestrée avec les centrales syndicales. Seule la lutte de la Zad de Notre-Dame des Landes s’est soldée par une victoire (amère, certes, mais une victoire) : s’il n’y a pas d’aéroport aujourd’hui, il n’a échappé à personne que c’était grâce, d’une part à l’alliance d’opposants hétérogènes, et d’autre part à une confrontation directe et courageuse avec les forces de l’ordre. Si éloignés qu’ils soient des préoccupations immédiates des gilets jaunes, les différents épisodes de ce combat ont offert une leçon qui n’a pas été perdue.

Si, aujourd’hui, 40 ans après l’irruption du modèle reagano-thatchérien, la contre-révolution néo-libérale n’est pas tout à fait achevée, malgré l’adhésion fanatique de toute l’éditocratie et des médias dominants, on le doit à ce « retard français », à cette « gréviculture » qui fait que Macron intervient à un moment où la donne, mondialement, a changé : après la crise de 2008 et ses séquelles, et dans une époque de chaos géostratégique, il ne peut s’appuyer, à la différence de Thatcher ni, sur des promesses d’actionnariat populaire, ni espérer, autour de l’enlisement des opérations sub-sahariennes, un élan patriotique comme celui de la guerre des Malouines. Même la lutte antiterroriste ou contre l’antisémitisme ne fonctionnent comme vecteurs d’union sacrée que de manière éphémère et seulement pour un segment précis de population.

Saisir le sens de l’événement gilets jaunes implique de se dessaisir de grilles d’analyse qui s’avéraient déjà depuis quelques décennies bien incommodes pour saisir la réalité et qui sont ici tout à fait inopérantes. [1. je l'ai dit aussi, mais fustiger le "classisme" n'empêchera jamais que le Capital existe encore comme domination de la classe capitaliste, et que ça ne marche qu'en exploitant le prolétariat, de la classe ouvrière d'usine, du salariat d'en-bas et de la paysannerie qui produit de quoi nourrir le monde, et ça c'est la production avant la reproduction et la circulation... du Capital ! L'erreur des tenants de la révolution prolétarienne universelle, montrer qu'elle n'arrive pas comme prouvant qu'elle viendra plus tard, est déplacée ici en un prétendue constat qu'elle va venir d'ailleurs]

Pour moi, qui suis issu de cette famille [sic, le "milieu" de la "théorie" "radicale" comme "famille", quoi de plus communautariste identitaire ?], aller voir ce que racontaient sur ce mouvement les groupes et individus de l’ultragauche issue de la critique marxienne du léninisme, fut une expérience à la fois intéressante et déprimante : à quelques exceptions près (Temps Critiques, notamment [2. sic]), l’impression d’être en visite dans un Ehpad de la pensée dérangé dans ses habitudes. Tel qui a passé sa vie à recenser jusqu’à la moindre grève patagone pour prouver que dans le monde il n’y a qu’une classe en lutte, ne trouve à dire, après trois mois d’un mouvement étendu à toute la France, qui a durablement marqué la vie économique et sociale et qui a pour la première fois depuis la Commune porté le feu dans les beaux quartiers du pouvoir, qu’il ne s’est pas passé grand-chose. Tel autre a très tôt tranché : ça ce n’est pas le prolétariat, donc, il ne peut l’emporter contre le Capital – et de s’inventer une composition sociale du mouvement : ce serait « la classe de l’encadrement ». Tel autre groupe a décidé que ce mouvement ne pourrait être qu’une tentative de constituer un peuple en dialogue exclusif avec l’Etat, donc étranger à la seule voie pour l’émancipation universelle, l’autonomie ouvrière. Le fond de l’affaire étant la dérangeante composition sociale du mouvement, beaucoup trop composite.

Il faudra vous y faire, les copaines, nous sommes entrés dans l’ère des soulèvements impurs. Au lieu de regretter que ne s’affirme pas « la classe en tant que classe », vous auriez peut-être beaucoup à gagner à vous demander comment il se fait qu’il y ait tant d’ouvriers, et de plus en plus, sur les ronds-points et dans les manifs, et pourquoi ils ont choisi de se battre là plutôt que sur leur lieu de travail. Et continuer en vous demandant ce qu’est devenue cette notion de « lieu du travail » - et si par hasard, le trajet pour se rendre à l’usine n’en faisait pas partie. Pourquoi les ouvriers qui voient les établissements fermer du jour au lendemain suivant les fluctuations d’un capital en circulation accélérée ont-ils tendance à délaisser ce que vous appelez encore les « lieux de production », pour aller se battre ailleurs ? Peut-être parce que la « production » s’étend désormais à toute la société et qu’il est bien hasardeux de lui attribuer un « lieu » exclusif ? [3. là ça ressemble à du Negri dans Multitude]

Comprendre toutes les potentialités de ce bouillonnement impur nécessite aussi de prendre la juste mesure de la présence d’éléments nationalistes, racistes, antisémites au sein du mouvement. Sans les ignorer, ni les surestimer, il faut être conscients du danger réel qu’ils représentent pour l’avenir, celui d’un repli d’une partie de ses troupes sur des formes régressives, populistes-électoralistes. Car si les phénomènes répugnants, xénophobes et antisémites, sont restés isolés, très largement marginalisés par d’innombrables déclarations collectives antiracistes, si les groupes fascistes organisés n’ont jamais, aux dires mêmes de la DGSI, pris une position dominante, il est vrai que l’âme du mouvement, cette volonté de constitution d’un peuple qui dresserait l’immense majorité contre les mauvais gouvernants, est ambiguë. Qu’on ait beaucoup chanté la Marseillaise au début et qu’on la chante encore, suivant les occasions et les lieux (mais le mouvement a su aussi créer ses propres chants), peut se comprendre aisément. Comme disait un gilet jaune : « Quand on est face au flic, notre seule force c’est d’être ensemble et pour se sentir ensemble, on a besoin de chanter, et le seul chant que tout le monde connaît, c’est celui-là ».

La référence à la Révolution française est bien la référence universelle. Mais quelle république ? La Marseillaise peut être le chant de la République Universelle à la Anarchasis Cloots que Temps Critiques appelle de ses vœux dans une affiche : la république de tous ceux qui veulent en être membres, quelle que soit leur nationalité. Elle peut aussi être ce qu’elle a beaucoup été dans l’histoire : le chant des bourreaux versant un sang impur. Le piège du RIC peut se refermer sur la question : « qui est citoyen ? ». Comme dit TL : « il faut aussi rappeler qu’il paraît difficile d’être sur un barrage ou un rond-point avec un « étranger » qui se bat contre l’injustice fiscale à côté de vous et de lui dire que le RIC ce n’est pas pour lui ! »

Ce genre d’involution [4. sic, on "révolutionne" les mots en attendant mieux] ne peut être combattu que par l’approfondissement et la radicalisation des tendances les plus positives. C’est ici que s’avère féconde la confrontation à la dernière séquence de luttes (luttes de territoires contre les Grands Projets, lutte contre la loi travail avec ses cortèges de tête). Les gilets jaunes se distinguent de ces luttes en ce que, contrairement à elles, ils ne mettent en cause ni les modes de production de la richesse, ni la nature même des richesses, mais se battent presque exclusivement sur le terrain de leur répartition. Gilets jaunes, zadistes et réfractaires à la loi « Travaille ! » ont cependant en commun un point essentiel : le refus de l’exploitation. Comme le montre la lutte contre les Grands Projets et ses échanges (de slogans, de participants, d’imaginaire) avec les cortèges de tête, l’exploitation de l’homme par l’homme, l’exploitation de la femme par l’homme et l’exploitation de la nature procèdent de la même démarche. Elle consiste à dominer l’autre pour s’approprier ce qu’il-elle produit en ne lui laissant que de quoi survivre dans les normes fixées par le dominant. Ces normes ont été fabriquées par des siècles de batailles et d’arrachements : séparation nature-culture, sophistication de la domination masculine, imposition du temps de travail comme mesure de la valeur.

La socialité née sur les ronds-points, qui échappe au temps de l’économie et aux rôles sociaux (notamment genrés), est déjà en elle-même une piste pour combattre ces normes et elle favorise aussi les échanges d’expérience qui permettent de dépasser l’opposition entre la question de la fin du monde et celle des fins de mois. Pour que nous ayons le temps d’avancer sur ces pistes là, il faut tenir bon sur les points forts du mouvement : sa magnifique solidarité face à la répression, et le refus obstiné de la représentation (malgré les porte-paroles médiatiquement fabriqués). Plutôt que de céder à la tentation du Grand Blabla national, du dialogue obligatoire avec les autorités comme s’il allait de soi qu’on leur déléguait la tâche de décider de tout à la fin, c’est à nous de continuer à avancer à notre rythme. Continuer à prendre le temps. C’est le propre de l’événement de nous obliger à repenser aussi bien nos outils de pensée que nos priorités d’action et, d’une façon très générale, au niveau des groupes comme de l’ensemble de la société, notre manière d’employer le temps.
[Photos : N.A.]

[1] Ce texte servira de point de départ à une rencontre qui aura lieu à l’initiative de Peuple et Culture jeudi 7 mars à Tulles à 20h30. Salle des Fêtes Latreille ; 10 impasse Latreille

Serge Quadruppani en attendant que la fureur prolétarienne balaie le vieux monde, publie des textes d'humeur, de voyages et de combat, autour de ses activités d'auteur et traducteur sur https://quadruppani.blogspot.fr/

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Message par Patlotch le Mar 5 Mar - 5:39


le réel à la nasse ?

le pouvoir, les médias, la police vous mentent
réveillez-vous !
lisez Paris-Luttes.Info !


Acte XVI des Gilets Jaunes, un fragment
Paris-Luttes.Info 3 mars 2019
florilège
La mobilisation ce samedi 2 mars pour l’acte XVI des Gilets Jaunes à Paris ayant été massive [...]

La manifestation déclarée
[...]
Contrairement à ce que rapporte alors Le Monde, qui annonce que « quelques centaines de personnes forment un cortège clairsemé sur les Champs-Élysée », c’est au contraire une foule dense de plusieurs milliers de personnes qui occupe toute l’avenue depuis le rond-point des Champs-Élysée jusqu’à la place de l’Étoile.
[...]
toute la tête de cortège est dans une sorte de nasse géante et mobile, avec interdiction d’en sortir sous peine d’être rappelé à l’ordre par un « Restez dans le cortège ! » vindicatif. Cela tourne souvent à l’absurde quand les flics décident que les manifestant·es doivent rester sur une ou deux files et ne pas aller sur les trottoirs ou les pistes cyclables [...]

C’est là un des paradoxes auquel doit faire face la préfecture : en annonçant une participation ridiculement minorée, elle semble ne pas pouvoir engager un nombre adéquat de forces pour parfaire son dispositif sous peine de trahir leur mensonge hebdomadaire.
[...]
Voici le paradoxe auquel nous, nous faisons face : il n’y a sans doute jamais eu une proportion aussi importante de personnes équipées de masques, de casques, de lunettes de piscine dans une manifestation, et pourtant il n’y a quasiment aucune envie d’engager des actions plus offensives [phénomène typique des fins de mouvements, la masse des manifestants a déserté, la proportion d'irréductibles et gauchistes en tous genres augmente mathématiquement]. Juxtaposées aux images des premiers actes, où des manifestant·es pas équipés n’hésitaient pas à aller au contact pour faire valoir leur droit à être entendus, le contraste est saisissant. Comme si les parcours déclarés anesthésiaient toute volonté de sortir de cette forme de soumission volontaire.
[...]
Les 4000 participant·es annoncé·es par la préfecture le soir même ressemble à une blague (ou alors, dans leur stupidité, ils ont oublié un zéro). [même les photos et vidéos des Paris-luttistes ne trompent pourtant pas]

Tout le long de la rue de la Convention, on sent que l’ambiance a bien changé depuis les premiers actes. Il n’y a plus de Marseillaise, les fachos ne se montrent plus, tout au plus y a-t-il quelques individu·es un peu louches, mais plus par ignorance que par conviction. De fait, les slogans les plus repris sont « Et la rue elle est à qui ? Elle est à nous ! », « Tout le monde déteste la police ! » et « Ah ah, anti, anticapitaliste ! ». En arrivant à Alésia, grâce à la persévérance de plusieurs camarades, une bonne partie du cortège a repris cette chanson :

Nous on est là,
Nous on est là !
Même si Macron ne veut pas,
Nous on est là !

Pour l’honneur des travailleurs,
Et pour un monde meilleur,
Même si Macron ne veut pas,
Nous on est là !

[bonjour le niveau "anticapitaliste !]

La manif sauvage
Malgré les protestations de quelques manifestant·es qui nous informent que « c’est pas par là ! », un gros groupe de plusieurs centaines de personnes suit et descend l’avenue, dans l’idée de retourner sur les Champs-Élysée.

La zone des manifs sauvages
De nouveau, nous jouons au chat et à la souris avec les flics [...]

La nasse

Qu’en retenir ?
Nous avons pu voir le côté mortifère d’une manifestation sur un parcours déclaré, les manifestant·es s’auto-censurant et s’empêchant toute initiative. Il nous revient, militant·es anti-autoritaires, de leur rappeler que nous n’avons rien à prouver aux flics : iels persistent à défendre un pouvoir qui nous oppresse, et s’iels [aide-toi, le s'iels t'aidera] ne rejoignent pas les rangs des manifestant·es, nous n’avons pas à jouer aux « gentils » avec elleux.

Cette conscience de l’impasse des parcours négociés avec la préfecture commence néanmoins à se diffuser : là où aucune initiative pour en sortir n’avait été prise la semaine dernière, cette fois, plusieurs tentatives ont été faites, encouragées par la submersion des flics devant notre nombre. Nous ne pouvons que souhaiter que ce mouvement s’amplifie encore.

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Message par Patlotch le Mer 6 Mar - 20:27


plus clone que clown, mais la même soupe,
maintenant réchauffée, et tiède malgré ses grands airs chauds

sur la forme, les interventions tirant des Gilets jaunes des perspectives révolutionnaires nouvelles, ou renouvelées, sont plus ou moins clown, mais sur le contenu toujours un peu clones les unes des autres, puisque c'est la nouvelle vulgate, des invisibles de lundimatin à Temps Critiques trop loin, en passant par le fat Corne de Carbure, "communisateur" dissident de Théorie Communiste (TC) et son pote Robin déjà communisateur de Nuit debout, ou (ci-ssus) le turlupin Quadrappani,, et ici une inspiration par l'ultragauche classique ~ conseilliste (Charles Reeves et l'auto-organisation...)

une différence, cette rhétorique est plus ou moins théorisée. D'emblée, ça commence bien, l'auteur voit une "contre-révolution" ou il n'y a pas de révolution, signant comme tous les autres sa sous-estimation du fait que très vite - discours de Macron le 10 décembre -, c'est le pouvoir politico-économique qui menait la danse et dictait par divers procédés classiques (dont les violences policières sur-médiatisées par ses opposants...), et déterminait l'issue de la dynamique pouvoir-mouvement vers la restructuration politique depuis le 17 décembre 2019 : les débats continués (Gilets jaunes...). Soulignons en passant que ce sujet, cliqué plus de 6.000 fois, n'a fait l'objet d'aucune réponse de nulle part...



Une tentative de réfléchir la séquence actuelle et son ancrage dans des dynamiques plus longues et transnationales. L’objectif de ce geste est d’exposer un point de vue, forcement spéculatif, sur les potentialités de la situation, désirables ou désastreuses, pour mieux s’y préparer. [sic]
On pensait, là haut, qu'à part quelques agitations de temps à autre, on avait fait passer la pilule. On ne s'attendait plus, pas si tôt en tout cas, que le peuple, « les pauvres », soudainement, se mettent à vouloir renverser l'ordre social. Alors, on est surpris. Chez toutes les élites, du chercheur au grand patron, du journaliste au député, on est incrédule. Presque autant que lorsque les révolutions arabes ont éclatés. Le racisme remplacé par le classisme. Dans les deux cas, leur décalage et leur mépris tient dans ce simple terme : imprévisible. [ben si, j'ai il y a plus de deux mois prévu, annoncé ce qui allait se confirmer]

Du revendicatif au subversif
Après l'euphorie des journées insurrectionnelles du 1er et du 8 décembre et l'occupation massive des ronds points dans toute la France et à la Réunion, si l'on peut dire que la révolte des gilets jaunes a perdu de son aspect spectaculaire, cela ne peut être fait qu'en rappelant que dans le même temps elle a permi d'amplifier considérablement le bouillonnement de l’époque.

Quand l'on parle inlassablement d'un mouvement « qui s'essouffle », en se contenant d'étudier le nombre des manifestants, on oublie volontairement à la fois les centaines d'assemblées populaires qui les ont suivis et surtout les innombrables rencontres au bar du quartier, à la cantine de l'entreprise, pendant la pause clope d'un chantier. Ces discussions -où on partage la colère, où on débat de ses suites- donnent une nouvelle épaisseur au soulèvement. Celle-ci ni BFM ni la police ni personne, n'est capable d'en mesurer l'envergure.

Si le temps court est souvent le temps du revendicatif concret (fin de la taxe, augmentation des salaires, fin de Macron) le contenu réellement subversif (fin des inégalités, fin du régime, fin du système) s'inscrit dans un autre temps.1 Un temps qui a commencé avant et continuera après. La révolte protéiforme des gilets jaunes, en s'ancrant peu à peu dans un espace et dans un temps plus étendu, a permis de dépasser une visée uniquement consacrée aux objectifs immédiats. Il n'y a plus seulement la contestation du cadre existant et la recherche de gains en son sein mais bien le désir de le combattre et d'en inventer un nouveau. Soi-même.

C'est l'un des profonds succès du mouvement en cours. Contrairement à Mai 68 par exemple, où la la canalisation de l'immense colère, le triomphe du court terme et l'échec d'une révolution furent permis par la gestion et les négociations d'habituels médiateurs et donc pacificateurs. Les paroles de cette femme sur un rond point — et le fait que personne n'ai pu la contredire jusque là — pointent ce qui sépare le mouvement de 68 du mouvement des Gilets Jaunes : « En mai 68 on était géré, maintenant on se gère nous même ».

L'absence d'intermédiaire permet l'émergence d'un long terme qui dépasse les revendications classiques. Une temporalité qui quant à elle, favorise l'éclosion d'une dynamique propice à l’auto-organisation [forme ! pour quel contenu de rupture ? le RIC ? Drouet appelant à voter Asselineau ? car en masse, c'est ça, pas les Totos...] et à la rencontre des expériences déjà existantes. En ne se cantonnant pas à des demandes formulées à l’État, elle se manifeste dans les tentatives de trouver des solutions pour des vies meilleurs au sein même de la lutte menée contre lui. Dans les Maisons du Peuple de Saint Nazaire et de Lorient, à l'assemblée populaire de Commercy, [tu parles, Charles, un fourre-tout acreux et bordélique, quelques centaines de délégués (belle "auto-organisation, en passant) dont plus de la moitié gauchistes organisés faisant de l'entrisme, mais quelle naïveté !] ou lors de plantations de légumes sur les ronds-points de la Réunion. [c'est faire oublier une situation explosive là-bas, bien avant les GJ]

Pour le moment, les formes que pourrait faire exister un long terme restent à l’état embryonnaire. L'enjeu sera de les reconnaître, de les développer et de les maintenir. En attendant le prochain assaut.

Les fissures du Régime
Il faut admettre que si le court terme fut rendu impossible, cela s'explique aussi par la réussite du gouvernement à retenir son effondrement. En s'appuyant sur ce qui est apparu aux yeux de tout le monde comme ses deux principaux piliers : les médias et la police, le Régime est parvenu à endiguer provisoirement la vague jaune la plus virulente du début du mois de décembre. Si elle a eu le mérite d'empêcher le saccage de l’Élysée, la cohésion affichée par les élites, lui a coûté cher.

Les illusions démocratiques maintenues par la classe politique ont fané. La prétendue objectivité des médias n'est plus que sujet à plaisanterie. Et l'image d'une police agissant avec une violence proche de celle exercée depuis des années dans les quartiers populaires, s'est profondément délégitimé. Toutes les fissures étaient bien là, Mais la période est en train de les élargir considérablement. Parmi elles, on peut s'arrêter un moment sur celles apparues au sein même des forces de l'ordre.

Les soulèvements arabes de 2011, comme d'autres plus anciens, nous montrent que pour permettre la chute d'un régime, la défection des forces policières ou militaires reste essentielle.

Ils nous apprennent aussi que celle-ci intervient généralement suite à deux dynamiques distinctes :

Une première, de ralliement, motivé par un sentiment de proximité sociale des gardiens de l'ordre avec les foules insurgées.

Une seconde, de désertion, due à un sentiment de pression et de peur suscitée par les expressions physiques ou orales de haine à leur égard.

Dans ces deux cas, la décision est aussi animée par une évaluation des coûts et des bénéfices potentielles d'une défection. Pour profiter d'un renversement du pouvoir en place ou tout simplement s'en sortir indemne. Ne pas se retrouver du mauvais côté au mauvais moment.

Les images du policier frappant son major2 ou alors d'une policière pleurant dans un fourgon de CRS attaqué par des émeutiers3 semblent aller dans ces deux sens. On peut imaginer comment les repas en famille ou entre voisins, réunissant gilets jaunes et gendarmes ont pu favoriser des rapprochements. De même que les affrontements hebdomadaire ainsi que les débats au sujet des mutilations causé par leurs armes a sûrement entraîné des inquiétudes. Sans pour autant pouvoir mesurer ces facteurs chez l'ensemble des forces de l'ordre, on peut tout de même suggérer qu'ils n'ont pas été aussi présent en France depuis bien longtemps.

Aussi, n'oublions pas que la fidélité de la police envers un personnage comme Macron ou le système actuel, n'a rien d'évident et ne pourra être assuré à l'aide de prime ou de poignée de main au pied de l'arc de triomphe. Pour le dire autrement : ce n'est la même chose pour la police française, de défendre le Général De Gaulle face à la « menace communiste » en mai-juin 1968 que de protéger le siège du Médef ou l'Elysée de Macron face aux gilets jaunes en 2019.

Si cette défection devait un jour advenir, il faudra nous en méfier. Inutile de rappeler vers quel bord politique vont majoritairement les affinités de la police. Ainsi, qu'arriverait-il les mois suivants si un tel ralliement se produisait ? Comment garantir que les déserteurs ne fournissent pas à l'intérieur même d'un soulèvement, les forces nécessaires à l'écrasement des dynamiques révolutionnaires les plus subversives ? Comment s'assurer de leur démission définitive afin d'éviter leur retour à la première occasion ? Les pousser à rendre leurs armes et leurs uniformes, peut-être. Mais aussi développer des formes d'auto-défense populaire pour se protéger, tout en élaborant des modes de résolution des conflits peuvent être des propositions parmi d'autres à échafauder.

La contre-révolution
Dans le cas, où la police ne désobéit pas, il est certain que, comme on le voit déjà, la répression aura besoin de s’intensifier exponentiellement pour mater émeutes et résistances qui ne manquerons d’apparaître de plus en plus régulièrement.

Dans un autre registre et s'inscrivant dans une autre temporalité, le grand débat, la loi anti-casseurs, ou les pressions aux médias les moins dociles comme Médiapart, ont pour objectif de déstabiliser plus durablement le mouvement que les grenades lacrymogène.

Il en va de même d'une technique simple mais avec de lourdes conséquences : l'instrumentalisation de l’antisémitisme ou de l’émigration pour jouer la division. Elle risque de provoquer une amplification de ce qu'elle prétend condamner. C'est ce que l'on a pu voir en Syrie par exemple. En les montant les uns contre les autres, en promettant des faveurs à certains, Bachar Al Assad divisa avec succès Kurdes et Arabes, Musulmans et Chrétiens. Pourtant unis au début de la RévolutionSyrienne4.

En répondant coup pour coup ces mesures tentent d'affaiblir la contestation mais ne peuvent suffire à interrompre le processus de remise en cause du système. Par contre elles parviennent à lui faire gagner du temps. Dès lors les élites ont deux choix :

- Parfois le fossé entre les nantis et les peuples est trop profond pour permettre aux premiers une connaissance de ce qui se joue. Leur refus de comprendre découle d'une impossibilité de céder. Ils pourraient bien maintenir leur obstination à ne pas changer de cap et s'appuyer uniquement sur la répression. Auquel cas, la dérive autoritaire peut les mener -comme à pu l’amorcer l'affaire Bennalla ou les polémiques sur les LBD- à une désunion de leur propre camp.

- Ou alors, prendre conscience du danger que la période représente, et permettre aux architectes de l'ordre établi, l’élaboration, d’une riposte non coercitive en apparence : une contre-révolution.

« Il ne s'agit pas d'une simple restauration, d'un retour à l'ancien régime, du rétablissement d'un ordre social malmené par les conflits et les révoltes. (...). La « contre révolution » exactement comme son symétrique inverse, ne laisse rien à l'identique. Elle construit activement un ordre nouveau à sa mesure et son usage. Elle façonne les mentalités, les comportements culturels, les goûts, les us et les coutumes (…) Mais il y a autre chose : la contre révolution se sert des mêmes présupposés et des mêmes tendances (économiques, sociales, culturelles) que celles sur lesquelles pourrait s'appuyer la « révolution ; elle occupe, elle colonise le terrain de l'adversaire, elle donne d'autres réponses aux mêmes questions. Elle réinterprète à sa manière »5.

On retient bien souvent des années 60-70 les échecs des mouvements révolutionnaires. On oublie souvent de dire que, si défaite il y a eu, c'est bien parce qu'ils ont été battu. Pour arrêter la propagation de la contestation dans le monde occidental, la classe industrielle, tout en bouleversant les modes de productions, a mis sur pied une contre-offensive répressive, mais aussi idéologique6. En déformant les exigences de l'époque elle lui enleva sa dimension conflictuelle et collective.

Pour commencer à déjouer les dangers d'une contre-révolution, il faut rechercher les chemins qu’elle emprunte et ceux antérieurs dans laquelle elle s’inscrit. Par contre, on peut gager qu'elle réutilisera à sa sauce (et à l'aide de « grands débats » par exemple) les propositions les plus vulnérables aux réinterprétations : la démocratie participative, le revenu universel, le RIC etc. En s'alliant avec les acteurs les plus prometteurs et puissants : start-up, géants du numérique ou multinationales dématérialisé. Le tout, vraisemblablement, à l'aide d'une surveillance toujours plus sophistiqué et autrement efficace que les coups de matraques.

Il faudra continuer à se rendre illisible par le pouvoir tout en le poussant à répondre précipitamment. Continuer à affirmer notre diversité pour déjouer les divisions et ne pas tomber dans le piège de l'homogénéisation. Continuer à développer nos autonomies pour contrecarrer récupérations et centralisation, tout en œuvrant à les lier pour éviter l'isolement. Poursuivre, enfin, les offensives de toute part. Percer le plus de trou possible dans le navire, pour forcer son équipage à écoper. Le priver du temps nécessaire pour réfléchir à comment éviter le naufrage. Un délai indispensable pour déployer nos propres aspirations et continuer à apprendre à nous organiser sans lui.

Plus que jamais, l'intensité peut resurgir sous bien des formes et à tout moment. Dans les rues et dans les universités, dans les camp de réfugiés comme dans les Centres de Rétention Administrative (CRA)7 dans les quartiers populaires et dans les entreprises, dans les territoires d'outre-mer ou sur les ronds points. On peut bien l'acter à présent : le ciel est devenu plus nerveux.

Alors réjouissons nous. Car si rien n'a encore vraiment changé, déjà, rien ne sera plus comme avant.

Amilcar Ahmar

1. Certaines idées développées s'inspirent d'un ouvrage dont l'on conseille la lecture : Socialisme Sauvage, Essai sur l'auto-organisation et la démocratie directe dans les luttes de 1789 à nos jours, de Charles Reeve

2. Le samedi de l'ACTE 15 à Toulouse. La vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=YTvV5OXGlEI

3. Le samedi de l'Acte 14, la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=i5_cL5xefDY

4. A ce sujet :

- https://lundi.am/Les-revolutionnaires-n-ont-pas-eu-d-autre-choix-que-de-s-armer

- https://lundi.am/Les-peuples-veulent-la-chute-des-regimes : une prise de position de révolutionnaires syriens et syriennes au sujet du mouvement des gilets jaunes

5. « Do you remember counter-revolution » dans la Horde d'Or, de Paolo Vinio, disponible en entier ici : http://ordadoro.info/?q=content/paolo-virno-do-you-remember-counterrevolution

6. La contre-révolution libérale des années 60-70 est mise en lumière à partir des discours mêmes des élites dans l'ouvrage de Grégoire Chammayou « Société ingouvernable ». [ça reste à prouver, il n'y a même pas de crise politique, ni gouvernementale, encore moins institutionnelle, et surtout aucune atteinte à l'Etat comme tel...]

7. « Les centres de rétention administrative sont utilisés pour retenir les étrangers auxquels l'administration ne reconnaît pas le droit de séjourner sur le territoire français et a décidé de procéder à leur éloignement forcé. » Ce sont des prisons pour sans papier.

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Message par Patlotch le Sam 9 Mar - 10:52


une perle soralienne et guyonnesque
en même temps

Discussion Wikipédia : Claude Guillon - écrivain anarchiste
Une des sources du paragraphe "la Polémique autour de la pédophilie" nous envoie vers un blog soralien à la note 4. Au-delà de Claude Guillon, la personne fait des généralités sur les libertaires : "Ce texte est révélateur du piètre niveau de débat qui règne chez les libertaires. Leurs positions n'ont guère varié depuis un siècle et voyant du facisme partout, ils ne débattent bien souvent qu'entre eux." Source non-fiable, je supprime.
d'où qu'elle vienne, extrême-droite ou anarchistes, la polémique contre "Claude Guillon pédophile", dont j'ignore tenants et à-bouts-tissants, n'a aucun intérêt, du moins pour moi

par contre l'affirmation concernant les positions des libertaires, vieilles d'une siècles, n'ayant pas varié, et discutées seulement entre eux ne ressort pas d'un complot soralien. Elle est vérifiable, et personnellement, l'ayant expérimentée, on ne me racontera pas d'histoires

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Message par Patlotch le Sam 16 Mar - 18:32


de la jaunisse en noir ananar

il paraît que « le Mouvement des Gilets jaunes ne s'essouffle pas », loin de là, il ne ferait même que commencer

L'incendie d'une banque en rez-de-chaussée d'un immeuble a entraîné des blessures à une dizaine de personnes dans un immeuble de l'avenue Franklin Rossevelt. Une femme et son bébé ont été sauvés des flammes alors qu'ils étaient coincés au deuxième étage du bâtiment.
mais
"On a 12 compagnies de CRS qui ont été cantonnées et cloisonnées pour sanctuariser l'Elysée et on a laissé les débordements se faire", selon l’UNSA Police
tract signé d'«anarchistes» trouvé sur le blog "Lignes de force" (sic : "du désordre" ?) de l'écrivain-anarchiste-Claude Guillon, en relation directe, comme on dit de l'Action des Black Blocks, dont les exploits pratiques sont aussi remarquables que ceux, théoriques, des "communisateurs" qui les appellent, c'est parfois implication réciproque, "camarades", un joli nom...

on a les amis qu'on se choisit


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« On va tout brûler ! »

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mais c'est qu'ils sont « courageux » et prennent d'énormes risques pour affronter les « violences policières »... qu'ils provoquent, en tout cas ici
Denis Grozdanovitch a écrit:m'étant déjà initié à un mode de pensée plus anthropologique que philosophique, j'avais cru déceler chez les quelques défenseurs du sacrifice idéologique - se réclamant pourtant d'un athéisme intransigeant - les clairs relents d'une atavisme chrétien rémanent.
Dandys et excentriques, Les vertiges de la singularité, 2019, p. 169

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Message par Patlotch le Lun 18 Mar - 15:41


quadruple ânerie
suite du 4 mars


REMARQUES COMPLICES SUR L’ACTE 18 ET LA SUITE POSSIBLE
Serge Quadruppani lundimatin#183 18 mars 2019

Samedi 16 mars, il y avait donc plusieurs cortèges et rassemblements dans Paris. Celui contre les violences policières était constitué en grande partie de porteurs des gilets jaunes, le comité Adama et les autres y étaient aussi en force et la présence nombreuse des sans-papiers organisés était remarquable. Ces milliers et ces milliers de gens représentaient sans doute le maximum de fusion entre les différents combats qui s’exprimaient au même moment dans la capitale.

les âneries en gras
En effet, des pancartes « Même ennemi même combat » et « Changer le système, pas le climat », y voisinaient avec les portraits des tués par la police et tout ce très beau monde s’est retrouvé en tête de la manifestation « pour le climat » qui a marché jusqu’à la place de la République. Disons que, à part le fait qu’on était sûr, au moins, en se trouvant dans la manif pour le climat, de ne pas risquer de se faire crever un œil (ce qui explique sans doute aussi la présence de beaucoup de gilets jaunes dont le souhait de ne pas se faire mutiler est parfaitement respectable), et le fait aussi que c’est sans doute celle qui a rassemblé les effectifs les plus nombreux, on ne dira pas grand chose, ayant peu de goûts pour les démonstrations si consensuelles qu’elles n’ont plus guère de tranchant. Pas plus que la présence de momies du PS et du gadget Glucksman, celle du camion géant d’une start-up culturelle n’a jamais été gage de radicalité dans la remise en cause du système qui produit ce climat. On peut juste se réjouir qu’une jeunesse en grande partie issue des csp++ se pose des questions sur l’avenir, tout en doutant qu’elle trouve des réponses auprès d’Alternatiba.

En fait, s’il y avait un endroit où l’on s’attaquait avec sérieux et détermination à quelques-uns des plus grands pollueurs de la planète, c’était sur les Champs Elysées. La contribution au réchauffement de la planète du commerce de luxe et des industries de la consommation en général n’étant plus à démontrer, tout écologiste conséquent devrait forcément se réjouir que des cibles précises aient été désignées à travers la destruction de quelques 80 commerces et l’incendie d’un de ces lieux où les destructeurs de la planète complotent contre elle entre deux coupes de champagne (ou pire encore, d’eau gazeuse). S’en prendre aux ultimes terminaux des porte-conteneurs qui saccagent les océans sera toujours une œuvre de salubrité publique. On peut aussi considérer à juste titre que la répartition à la volée des fringues de H&M et quelques autres enseignes exploiteuses de prolétaires du Sud était une sorte de réponse anticipée à la réponse anticipée de Lemaire au Grand Débat. « Notre » ministre de l’économie a en effet annoncé que, à l’issue du Grand Blabla, la solution ne passera pas « par plus de redistribution » : trop fort les gilets jaunes, ils anticipent les anticipations du pouvoir !

C’est précisément sur ce terrain, celui de la temporalité du mouvement et de l’anticipation des temps à venir, qu’il va falloir être inventif. La présence de quelques dizaines de milliers de personnes criant « Révolution » sur les Champs Elysées, toute réjouissante qu’elle soit ne doit pas nous aveugler. [pas plus, pour ce que tu vois]

Certes, on a pu vérifier que quatre mois d’auto-éducation populaire ont porté leur fruit et que la propagande distinguant méchants casseurs et gentils manifestants pacifistes ne prend plus. Place de l’Etoile, en milieu de matinée, l’arrivée d’un bloc d’une trentaine de manifestants équipés a été accueillie par une haie d’honneur et des applaudissements. Sur les Champs, nous étions deux ou trois dizaines de milliers de complices, pour reprendre la terminologie macronienne. Cette population, de tous âges, et beaucoup plus variée par ses origines sociales et géographiques que celle de la « défense du climat », était solidaire de ceux qui affrontaient les flics et consciente que sa présence en nombre les protégeait relativement. Avec les gilets jaunes, se renouvelle à une échelle bien plus vaste le phénomène des cortèges de tête de 2016 : une part de plus en plus nombreuse de participants au mouvement [cette part grandit en proportion du nombre de manifestants diminue] décide de sortir des cadres légalement encadrés et essentiellement neutralisants, pour manifester sa sympathie envers une stratégie offensive. En 2019, il faut constater que la neutralisation sur le thème de la violence comme mal absolu (pratiqué par une société qui la pratique comme jamais, ici dans les relations sociales et dans ses guerres ailleurs), ne fonctionne plus pour une part, certes très minoritaire, mais très active, de la population : c’est un acquis qu’on ne nous enlèvera pas, quelle que soit la suite. [on vérifiera bientôt le contraire, et par les meures de Macron,et par le e vote aux européennes, la véritable victoire des Black Blocs, anarchistes et Gilets jaunes réunis : faire monter le nationalisme française ou européen, le racisme et la xénophobie...]

Les deux caractéristiques originales du mouvement des gilets jaunes, qui lui ont donné sa puissance d’ébranlement, auront été sa capacité à durer, à imposer son tempo contre celui du gouvernement, et son ancrage dans le territoire permettant d’articuler occupations de rond points et actions locales avec les grandes manifs du samedi. Sur le premier point de force, la capacité à durer, l’Acte 18 peut être considéré comme une réussite. L’agenda gouvernemental qui prévoyait la fin en douceur du mouvement noyé dans le Grand Blabla national a été bousculé et le weekend au ski du startuper en chef a dû être écourté. Cependant, s’il y avait certainement des dizaines de milliers de gilets jaunes dans la capitale [faux !], et si les chiffres gouvernementaux sont comme d’habitude ridicules, il faut reconnaître que l’objectif de submerger Paris n’a pas été atteint. De plus, l’introuvable et sempiternelle convergence tant désirée n’a pas fonctionné. La marche pour le climat a tourné le dos aux Champs, là où sa présence aurait eu un tout autre impact, pour finir à République, la place désormais consacrée comme mouroir des grandes ambitions sociétales [très importante différence...]. C’était bien entendu dans la logique des organisateurs. Mais celles et ceux dont ils ont organisé la marche n’ont pas fait preuve, de leur côté, de beaucoup de réticence envers la direction qui lui était donnée, malgré la présence en leur sein de milliers de gilets jaunes.

Donc, voyons les choses en face : si ne fût-ce que la moitié des participants aux grandes manifestations des semaines passées dans les autres métropoles s’était retrouvés à Paris, la ville aurait été effectivement submergée. Ça n’a pas été le cas. Sans doute faut-il voir dans la baisse des effectifs le résultat de l’étiolement de l’autre point de force, celui de la présence visible sur les ronds-points et ailleurs sur le territoire. Or, c’est elle jusqu’à présent qui a assuré la continuité. Devient décisive la bataille pour imposer de nouveaux lieux où perdurerait cette socialité gilets jaunes et cette auto-éducation radicalisante et (quand c’était nécessaire) délepénisante qui a produit de si beaux résultats. Conjuguée à la bataille contre la répression dont on peut prévoir qu’elle va franchir de nouveaux paliers, alors qu’elle était déjà d’une ampleur sans précédents, elle devrait mobiliser notre énergie dans les semaines à venir. [nouveaux paliers surtout dans les mesures législatives pour doter la police du droit de cogner plus fort...]

Comment tenir des lieux qui permettent de durer, dans la confrontation plus ou moins musclée et plus ou moins négociatrice avec les autorités locales (maires, préfets, institutions culturelles), qu’y faire, et de quoi y débattre, quel rapport entretenir avec l’environnement immédiat et comment mettre ces lieux en réseaux, cela devrait être un des sujets de débat à venir.

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Message par Patlotch le Mer 20 Mar - 7:10


pitres laquais ou clowns démago- narcissiques, même combat !

comme suite à
"INTELLECTUELS"
les laquais font la queue à l'Élysée



et les extudieux et estudieuses de tout l'bac à sable de la pensée critique de faire la claque et le maître de frétiller assis sur son culte... Je lis qu'un certain Gérald Bronner, ici peu importe d'où, qualifie Lordon de « commentateur tout aussi incompétent que navrant », estimant qu’il a une « approche herméneutique qui consiste à décrypter ce qu’un groupe voudrait dire mais qu’il ne peut pas dire, et qui par un heureux hasard, correspond à ce que le ventriloque savant voudrait qu’il dise. »

relevons que ça ressemble, comme deux gouttes d'au-delà, à la "théorie au sens restreint" (elle l'est effectivement) du Savant de Marseille, RS/TC, qui fait parler les "luttes théoriciennes" : siennes ?


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Lordon

on se souvient en effet de la sortie modeste du clown héritier de Bourdieu aux étudiants de Tolbiac : « Ce que vous faites est encore plus important que vous ne l'imaginez. » ("Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font"). C'était le 3 avril 2018,Frédéric Lordon invité à débattre avec l'économiste Bernard Friot sur “l'actualité de la révolution” dans un lieu de circonstance : la fac occupée de Tolbiac, à Paris. Pour d'autres, voir Quadruppani plus haut, le haut lieu, c'est maintenant sur les Champs Élysées, un incendie sinon rien

s'il m'est moins pénible d'écouter deux heures de Macron que cinq minutes de Lordon, c'est peut-être parce que je suis persuadé que ce que dit le premier, même quand c'est vide ce qu'on finalement admis plusieurs intellectuels « piégés » lundi soir, aura plus d'effets que ce que chante le second, de son trop plein de lui-même bon challenger du Président. Et l'on oubliera pas que ce "penseur radical" termine sa réponse à Macron sur ces mots : « Monsieur Macron, il faut partir. Monsieur Macron, rendez les clés », sans même remettre en cause le régime présidentiel. Au prochain tour, choisira-t-il Mélenchon ou le populiste qui monte, François Ruffin ?


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Message par Florage le Sam 23 Mar - 12:59

Patlotch a écrit:
des militaires faisant usage de leurs armes, "c'est terrible"

David Dufresne n'est certes pas gauchiste, ni clone ni clown "révolutionnaire", il n'est qu'un journaliste démocrate qui a fait son boulot de "lanceur d'alerte" sur les violences policières, mais nul ne le prendrait non plus pour un théoricien bien performant, sauf, peut-être, lundimatin qui le retweete comme toute la nébuleuse gaucharde effarée par la nature de l'État dont elle décrypte pourtant ad nauseam l'essence policière

ainsi, que des affrontements "entre classes" puissent être mortels est hors champ du petit poil qu'ils ont dans la tête

@lundi.am a retweeté @DavidDufresne qui a retweeté @franceinfo

@davduf a écrit:il y a 20 heures
C’est le gouverneur militaire de Paris, c’est le général Bruno Le Ray, et c’est terrible.


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES X240-R6K


non mais c'est vrai, un militaire devrait se laisser, sinon tirer du moins trucider, comme un lapin, parce que se défendre avec son fusil contre un gauchard idiot utile du pouvoir d'État, de la part d'un militaire, ce serait « tirer sur le peuple », dixit Mélenchon de retour de l'Île d'Elbe

bref, on veut bien "la guerre civile" comme "guerre sociale", mais il faudrait quand même que "l'ennemi de classe" comprenne qu'il n'a pas à se défendre avec les moyens qu'il a prévu POUR ÇA !


scratch


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Message par Florage le Mar 26 Mar - 17:59


APRÈS LES BLACK BLOCS SUR LES CHAMPS
LAFAYETTE, NOUS VOILÀ !


CLOWNS et CLONES des ARRIÈRE- et AVANT-GARDES Galeries-lafayette-le-nouveau-magasin-des-champs-elysees-se-devoile-1332925
Patlotch a écrit:il n'est pas impossible que nous soyons tous tombés dans le panneau de la médiatisation du "mouvement des Gilets jaunes", et moi aussi par le suivi quotidien et les analyses que je lui ai consacrés du début à la fin, bien que j'aie toujours insisté sur son immense faiblesse quantitative

mais la palme du plus grand clown outre-gauchiste revient incontestablement au communisateur Alain Corne et ses variations contradictoires depuis le début (sans jamais la moindre autocritique il écrit aujourd'hui le contraire de ses textes précédents, pillant ici ou là quelques vérités qu'ils n'avaient pas vues...), mais sur un thème sous-jacent invariable bien qu'hors de propos, « le prolétariat fera la révolution ». La première phrase de sa dernière livraison mérite un Caramchabard'Or

Alain Corne/Carbure a écrit:L’acte 18 des Gilets jaunes, destiné à fêter dignement la clôture du « grand débat national », a fait la preuve que le mouvement n’est non seulement pas en perte de vitesse, mais qu’il choisit ses moments et ses modes d’action, ce qui lui permet d’imposer à l’exécutif son propre calendrier.
source : Et maintenant ? Gilets jaunes, politique et retour à l’ordre, 25 mars 2019

écrire ça pour un mouvement qui se termine avec 1/1000 de la population dans la rue, faut le faire, et quant à « imposer son calendrier », quelle surprise pour « l'exécutif » que de les voir manifester tous les samedis depuis quatre mois ! Gage que l'immense majorité des manifestants ayant depuis décembre déserté le mouvement en remercient les copains d'Alain Corne pour qui, plutôt que les kiosques détruits, « Le samedi 16 mars restera dans les mémoires  comme le jour où on a brûlé le Fouquet’s et pillé les boutiques des Champs-Elysées. Peut-être que dans quelques années, au fin fond d’une province déshéritée, on sortira des couverts du Fouquet’s pour le repas du dimanche, et on s’en souviendra. »

ma "révolution" se fera sans dîner avec ce gars là, mais, à propos de Champs Élysées, puisque le choix ne s'en justifie que par la médiatisation de la presse française et internationale, ennemi supposé à la solde de l'État dont il convient de brûler les kiosques, voici d'étranges similitudes et plus que formelles : un clonage entre groupes internationaux ?

retenons des points communs entre l'enseigne commerciale, les Gilets Jaunes, et les Blacks Blocs :
- Le magasin des Champs-Elysées ne ressemblera à aucun autre promet la direction des Galeries Lafayette. [comme les manifs des Actes successifs...]

- Le projet a été conçu pour devenir une adresse incontournable auprès des parisiens, mais surtout auprès des touristes qui ont des attentes très fortes pour vivre de nouvelles expériences shopping [dites de "reprise" par les anarcho-Robin-des Voies]. « Répondre à ces attentes, c'est notre rôle », explique le directeur général du magasin boulevard Haussmann.

- S'installer sur les Champs-Elysées, c'est avant tout ouvrir une vitrine sur l'étranger. C'est un peu l'image du magasin que les touristes vont ramener chez eux. [c'était l'argument d'Éric Drouet, repris par Quadrupplânerie, l'écrivain défroqué de l'ultragauche négationniste : « S’il y avait un endroit où l’on s’attaquait avec sérieux et détermination à quelques-uns des plus grands pollueurs de la planète, c’était sur les Champs Elysées. [...] La marche pour le climat a tourné le dos aux Champs, là où sa présence aurait eu un tout autre impact, pour finir à République, la place désormais consacrée comme mouroir des grandes ambitions sociétales. » source]

- On joue à fond la carte de l'art de vivre à la française, et on monte en gamme. [remplacer par "l'art de lutter à la française...", 0,1% de la population représentant en purs populistes les « 99% du peuple contre l'oligarchie »]

- Comme cette armée de « personal stylists » réquisitionnés pour conseiller les clients et formés pour l’occasion dans une académie mise en place en partenariat avec l’Institut français de la Mode. Les Galeries Lafayette s'offrent un rôle de dénicheur de tendances. [ça c'est pour les costumes, le mixte de Gilets jaunes et Sweats noirs, dont le magazine révolutionnaire américain Commune a eu par avance le côté tendance :


bientôt en vente aux Galeries Lafayette Champs-Élysées
le costume de l'avant-garde révolutionnaire américaine


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Parade the f/18 streets in this cyber-yellow hoodie
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source

- Si le nouveau concept est un succès, il pourrait être dupliqué ailleurs. Car l'international est l'un des relais de croissance prioritaire du groupe. [comme du groupe Black Blocs, à ceci près que les Gilets jaunes n'ont jamais chanté : "l'Internationale sera le genre humain", mais plutôt "On est chez nous" sur "la plus belle avenue du monde" et l'air de La Marseillaise]

grands ou petits, les voix des groupes internationaux ne sont pas impénétrables


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Message par Patlotch le Mer 8 Mai - 15:55

[i][size=18]être ou ne pas être...[/size][/i]
[center][size=18]MILITANT COMMUNISATEUR
[b]Alain Corne repasse les platitudes contorsionnistes
de l'activisme "théorique"[/b]

[url=https://dndf.org/?p=17780][u]Blog Carbure
[i]« [b]Du radicalisme médiatique considéré comme un repas de famille[/b] »[/i][/u][/url]
facebook https://blogs.mediapart.fr/carbure, 08/05/2019[/size][/center]
[quote="Patlotch"][size=18]ce n'est pas tant la critique de la concurrence médiatisée d'extrême-gauche, l'éternel petit Autre du parfait outre-gauchiste radical, en famille pas moins, qui retient on attention entre ma biscotte de Proust et mes gammes matinales, que l'accumulation de rhétorique auto-justificatrice convenue depuis décennies dans ce milieu, avec tout l'art littéreux auquel nous avait habitué Denis de Léon de Mattis de Sic à mort la démocratie de Meeting (noblesse oblige)

il n'y a rien d'intéressant dans ce texte mais il est d'un grand classicisme outre-gauchiste, y compris justement par ses tics de "langage" et ses clins d'œil aux vrais camarades (il doit encore s'en trouver une dizaine, et les petits nouveaux impressionnés par ce "niveau théorique" bien qu'il ne casse pas trois pattes à un canard révolutionnaire). Rien de surprenant de la part de celui qui s'est distingué en se plantant systématiquement dans son analyse du mouvement des Gilets Jaunes (chttt... faut pas le dire  et au besoin le censurer, Alain Corne étant un expert en mort du moindre geste "démocratique")

qu'Alain Corne est un fat, on le savait déjà, mais il m'est plaisant de voir s'étaler son ridicule revendiqué dans ce texte, dont on se demande bien à qui il s'adresse (sur [i]Médiapart[/i], de plus...) et à quoi il sert, sinon à conforter ses opinions et la très haute qu'il a de lui-même[/size][/quote]
[quote="Alain Corne"][size=16]On s’est récemment agacé, dans les milieux d’extrême-gauche, d’entendre critiquer les Branco, Lordon, Ruffin et autres radicaux-médiatiques, en imputant à ces critiques un supposé élitisme qui serait responsable du fait que nos idées – les idées communistes et anarchistes, en gros – ne “passent” pas dans la population et ne sont discutées que dans des petits cercles. Mais il faut le dire clairement : si ces gens-là occupent le haut de l’affiche médiatique, c’est précisément parce qu’ils ne sont pas révolutionnaires. Ce n’est pas que, bien que pas très radicaux, ils sont tout de même accessibles, et aident “les gens” à réfléchir, ce qui devrait amener “les gens” vers des idées plus radicales : dès qu’ils sont présents, la question révolutionnaire est écartée d’emblée, le pas-très-radical est la condition de l’accès au débat public.

Il n’y a là nul complot, nul frein mis à la diffusion des idées révolutionnaires. Outre que la possibilité concrète de la révolution ne sera évidemment jamais discutée à la télévision, ils sont aussi la manifestation du fait que des masses de gens ne veulent pas de la révolution, ou sont mêmes incapables de la penser, non par manque d’imagination, par bêtise ou par lâcheté, mais parce que la lutte des classes telle qu’elle existe n’est jamais, dans ses manifestations les plus courantes, que la défense des divers intérêts de classe tels qu’ils existent dans le capital. C’est-à-dire que la lutte des classes, dans la période post-programmatique où nous sommes, s’exprime toujours d’abord dans la langue de ce qu’on va appeler le réformisme, pour faire simple. On peut “adapter” les discours tant qu’on veut, on ne met pas dans la tête des gens des idées dont ils ne veulent pas. Si les intellectuels radicaux-médiatiques sont écoutés, c’est qu’ils traduisent la critique de cette société dans le langage même de cette société. La révolution n’est pas une idée, une opinion à laquelle il faudrait rallier le plus grand nombre, mais un dépassement, une rupture. Et à cette rupture, personne n’est prêt : on renoncera plutôt aux énergies fossiles qu’à la division de la société en classes (et plus probablement à aucun des deux).

Les intellectuels et politiques radicaux-médiatiques manifestent la limite de toutes les luttes, la limite est leur environnement naturel, c’est là qu’ils habitent et prospèrent en bons petits parasites des luttes qui ne-sont-qu’un-début-continuons-le-combat, ou qu’un débat-continuons-le-début, comme ils aiment à fredonner plaisamment. D’ailleurs ils adorent les luttes, ils ne seraient rien sans elles. Une usine qui ferme, bingo, c’est Ruffin qui fait un film. Pourvu que ça dure. Ils excellent à se savoir du bon côté et à donner à tout le monde cette satisfaction d’être du bon côté, celui des pauvres et des opprimés. Et en prime, il y a l’allant de la révolte, le pied de nez aux institutions, et le plaisir du pavé lancé dans le potage du grand repas de famille qu’est l’opinion publique. On s’engueule, mais au bout du compte on est toujours d’accord sur l’essentiel : l’Etat, la démocratie, le travail et le salaire qui est son juste prix, les riches-mais-pas-trop, la propriété évidemment, la famille sous une forme ou une autre. Café, pousse-café, bisous, à dimanche prochain.

Pour nous, les luttes ne sont pas un environnement douillet, une toile de fond destinée à mettre nos idées en valeur, elles sont le problème. Et si nous n’y sommes jamais complètement chez nous, même quand nous y participons, c’est que dans cette société il n’y a pas de place pour le communisme. Les questions que nous posons aux luttes telles qu’elles sont, nous les posons du point de vue du dépassement et de la rupture, du point de vue de ce qui craque, du point de vue des tensions et des déchirements, et ça n’est jamais confortable. Mais nous les posons aussi du point de vue de la situation telle qu’elle est, et des rapports tels qu’ils sont, c’est-à-dire d’une situation et de rapports de merde. Parce qu’en toute lutte nous savons avoir à faire à la société capitaliste. Pour le dire pompeusement, l’ennemi est en nous, il nous reproduit autant que nous le reproduisons. La critique que nous pratiquons ne construit pas des fronts unis, mais dévoile l’éclatement en une multiplicité de fronts et de conflits tels qu’ils apparaissent dans les sociétés de classes, précisément parce qu’elles sont des sociétés de classes, qui divisent les individus pour les réassembler selon leurs propres critères. Nous n’avons rien à valoriser qui soit déjà présent et tout à perdre de ce que nous possédons. Nous n’emballons pas nos productions théoriques dans le joli papier argenté des justes colères et des lendemains qui chantent pour aller les porter au marché des idées émancipatrices. Si nos idées ne sont pas à vendre, ce n’est ni par élitisme ni par fierté, mais parce que simplement, il n’y a ni marché ni acheteurs pour elles.

Mais son caractère public et accessible au plus grand nombre n’est pas le critère de jugement absolu et définitif pour ce qui est d’une production théorique : postulons avec un peu d’optimisme que son adéquation à la situation, et la capacité de la saisir au plus près, dans toutes ses contradictions, est le critère qui importe avant tout. Et postulons aussi que ceux qui voudraient véritablement en faire usage, autrement que pour vendre des livres ou aller sur les plateaux télés, sauront en trouver la véritable utilité. Et n’oublions pas que les théories meurent avec les révolutions, comme tout le reste[/size][/quote]

Patlotch
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