SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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METS TA THÉORIE

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METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 28 Oct - 0:35

le débat sur l'interclassisme est dans un nouveau sujet : SUR L'INTERCLASSISME, un renversement théorique de perspective. C'est en fait une mise en cohérence de mes "thèses" théoriques depuis les "Gilets Jaunes"

Une métathéorie, ou méta-théorie, est une théorie dont l'objet est une théorie

le mot, un peu prétentieux ici, pour dire qu'il s'agit de réflexions sur ma manière de théoriser, ou celle d'autres...

confidence pour conflit dense

j'ai ouï dire qu'une mauvaise langue dans le milieu prétendait que mes écrits critiques n'étaient que ressentiment et vengeance d'un défroqué, en même temps que jalousie envieuse de leur succès, bref que je cultiverais ma singularité par pur narcissisme, ma "mauvaise réputation", posture de l'artiste maudit, pseudo-poète, prétendu théoricien, et j'en oublie

au-delà de la honte réelle que je ressens à m'être compromis, presque vingt ans avec le PCF et plus de dix avec les communisateurs, ce que je ne me pardonnerai jamais, je ne sais pas ce que vous en pensez, moi non plus. Faut-il que j'en pense quelque chose ? Je n'en sais rien. Je me sens manquer des abstractions théoriques pour ça, mettez vous à ma place !

« Ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux, quoique j'ai l'esprit assez grave, c'est que je me trouve ridicule, non pas de ce ridicule relatif qui est le comique théâtral, mais ce ridicule intrinsèque à la vie elle-même et qui ressort de l'action la plus simple, ou du geste le plus ordinaire. » Flaubert, cité par Frédéric Ferney, Aragon, La seule façon d'exister, Grasset 1997, p.103, déjà cité in LE POÈTE EN PÉDALO, Délire en sept sizains, 28 novembre 2011, de CRISE EN VERS

je me sens d'autant plus ridicule que je suis trop grave, mais il y a pire : je me crois drôle. Dès que je me fais sourire je pense qu'un autre va rigoler. Et c'est vrai, rien ne me plairait plus qu'on rie de mes sorties, surtout si l'on n'est pas d'accord. Faites rire une femme, elle est déjà dans votre lit, dit-on. Si c'était vrai, le mien déborderait. Mais par contre faites rire un concurrent, un adversaire, un ennemi, il est déjà vaincu ; un ami et il est conquis

si vous croyez que c'est drôle de ne pas savoir si vous riez en me lisant... si vous riez de moi ou parce que c'est drôle pour vous

vous voyez bien que tout ça n'est pas sérieux. Mais ça quoi ? Vous ne la trouvez pas bizarre, la tournure de Flaubert dans « Ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux... », dans laquelle on entend à la fois « me prendre au sérieux » et « prendre la vie au sérieux » ? une ambivalence assez poétique, pour autant que les deux ne signifieraient pas la même chose. Mais si la vie est ce qu'on en fait, la prendre au sérieux serait prendre ce qu'on fait au sérieux. Avant j'aurais opposé l'un à l'autre, soi, sa vie à ce qu'on fait. Aujourd'hui, je ne sais plus, ou plutôt je m'en fous ; pour moi, la vie n'est qu'un jeu, mais comme Flaubert pas un théâtre, dans lequel je poserais en acteur. C'est comme il dit « un ridicule intrinsèque à la vie même ». Il n'y a chez moi aucun histrionisme, je joue dans la franchise et toute ma vie est à balle dans le pied. Du coup, ce dont je parle avec gravité me semble terriblement extérieur, comme si cela ne me concernait pas, et puis en général les autres ne savent pas jouer avec moi, nous n'avons pas les mêmes règles, et du coup je n'ai pas envie de jouer avec eux

tenez, quand j'affirme, ici, « Moi, franchement, ça m'est complètement égal que l'humanité disparaisse », c'est tout de même d'un détachement des plus égoïstes pour le sens commun, d'un cynisme ahurissant, non ? Et le mec, avec ça pas gêné, il prêche le communisme... C'est tempéré, certes, par le fait que je disparaîtrai avant l'humanité, et affirmer qu'on s'inquiète de ce qui se passera après sa mort, ça ne mange pas de pain, surtout pour quelqu'un qui ne croit pas en l'au-delà. Passe encore pour ses enfants, ses proches, deux ou trois générations... mais l'humanité, ça fait beaucoup, et c'est trop loin. Quel individu pourrait accueillir en son cœur, son âme si vous préférez, toute la misère du monde futur ? Et qu'est-ce qu'il y peut ?

bon d'accord, le monde futur va dépendre de ce qu'on fait du monde présent, comme on dit « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? », mais on c'est pas moi, c'est les autres, et puis c'est beaucoup moins bandant, de s'occuper du présent ici et maintenant. C'est très sérieux, trop sérieux je pense, pour moi. En plus c'est pas drôle, ça fait rigoler personne. Et personne c'est pas moi. Moi, je est un autre, ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux

tenez, la phrase qui commence cet écrit, « j'ai ouï dire qu'une mauvaise langue...», si je vous disais que ce n'est pas vrai, croiriez-vous que c'est vrai ?

scratch

je ne sais trop le statut de ce sujet. Hormis le premier post, il pourrait être plus littéraire que théorique comme le premier post. C'est comme ça, je commence quelque chose, je ne sais jamais ce que ça devient, et comme disait Aragon, je n'ai jamais appris à écrire

caractères de police

ce qui m'étonnera toujours chez certains autres, c'est qu'ils sachent, ou du moins qu'ils fassent comme si. Ai-je jamais usé d'une telle assurance pour ne pas dire d'une morgue méprisante à l'égard de qui n'aurait pas "la conscience", de classe ou d'autre chose dont la plupart seraient dépourvus, ces pauvres cons ? Certainement je l'ai fait, et je n'en suis pas fier : m'étant si souvent trompé, il faut bien que ça cesse, que l'emporte le doute sur les certitudes

on sait toujours sauf ce qu'on ne sait pas, ce qu'on ne sait pas qu'on ne sait pas. Les militants, les prosélytes m'exaspèrent, et plus encore ceux qui critiquent le militantisme qui crève les yeux chez eux du subjectivisme et de l'objectivisme qu'ils ne voient que chez d'autres. C'est pourquoi je ne fait guère de différence entre croyants en une religion ou une théorie, aussi matérialiste se donnerait-elle pour être

me scie le cul le prétendu rejet des normes et dogmes chez RS, lui porteur d'un des plus gratinés du marxisme contemporain, comme sa prétention, passant pour modestie, à écrire impersonnellement, de nulle part, puisqu'il ne serait pas un « auteur virgule de la pensée », mais l'expression même de l'époque, de son adéquate théorie dont seraient porteuses les "luttes théoriciennes"

bon, ça y est, je sors de la littérature... Vous voyez bien que je ne sais pas où je vais, non que je sois perdu. Vous me suivez ? Ne me suivez pas, j'ai horreur de ça, je me sens harcelé, prêt à vous dénoncer à la police des mœurs

ça me fait penser que je n'ai rien posté dans la rubrique LA POLICE, ni dans d'autres sujets au demeurant. Bon, la police, tout le monde la déteste, paraît-il. Moi, ça dépend, encore un truc dont je serai soupçonné. D'ailleurs le seul endroit où je l'ai été de ma vie, c'est une réunion-procès de communisateurs, mis en accusation de frayer avec le démocratisme radical parce que j'avais dit préférer que le Front national ne parvienne pas au pouvoir

m'a sauté aux yeux, et pris de plein fouet malgré ma précédente fréquentation des "staliniens", la tendance policière dans le milieu radical, leurs mœurs de sociétés secrètes, comme ce jour où RS écoutait derrière la porte un coup de fil à ma compagne, et que je vis son reflet dans la vitre. Ça dépend au point que je ne sais pas imaginer un monde sans police, et que je soupçonne les révolutionnaires d'avoir toujours besoin de "commissaires du peuple du prolétariat". M'enfin, à leur décharge publique, il est vrai qu'avant la révolution, nul ne peut être révolutionnaire, et eux disent ne pouvoir mener en attendant qu'une vie normale : une vie policée ?

Pepe@dndf, lui et ses semblables si prompts à censurer ce qui ne leur convient pas, voyait en moi « le Vichinsky de la communisation ». J'ai toujours eu du mal avec « c'est celui qui dit qui l'est »


montage Patlotch 2015

moralité : comme le con d'un autre, on est toujours le policier d'un autre. Que Dieu m'en préserve !

Twisted Evil

PS : il paraît qu'un de mes sites, http://patlotch.com/text/index.html, va disparaître des écrans, autant en emporte le vent, du passé faisons table rase...





Dernière édition par Patlotch le Mar 22 Jan - 19:44, édité 4 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Ven 9 Nov - 16:01


refoulement sans retour

il me faut admettre que je suis un "penseur" décalé, un drôle de coco. Depuis l'ouverture de ce nouveau forum, il n'est référencé nulle part sur les blogs qui traitent peu ou prou des mêmes problèmes que moi, alors qu'il est porté à connaissance de plusieurs de leurs administrateurs, via tweeter ou autres, et que je sais que certains me lisent

je n'arrive pas à me faire à l'idée que ce que j'écris, et le sens général de mes recherches, seraient moins intéressant que d'autres, il est vrai plus connus, et surtout qui se lisent entre eux, à défaut de se commenter publiquement

une des plus grosses tares de la pensée critique, alors qu'elle est consciente de la séparation entre penseurs (universitaires et/ou radicaux) et supposés incapables de production théorique, militants ou non, est le peu d'effort que font les premiers pour combler ce fossé, ou ne serait-ce que le déficit de débats entre eux. C'est en soi significatif

17 novembre

contradictions et bololo

tout bien considéré, rien ne vaut un bon "bololo" pour réveiller mes ardeurs théoriques. Mon billet de ce jour sur les Gilets jaunes, une lutte massive sur le salaire est un des meilleurs depuis l'ouverture de ce nouveau forum

alors certes, il n'est pas strictement dans ma ligne générale, mais il est à comprendre dans la contradiction entre luttes prolétariennes et luttes écologiques sur le terrain où veut l'entraîner le pouvoir macronien, le capitalisme vert de sa transition énergétique. Et comme de bien entendu sont tombés dans le panneau les écolos-bobos, comme on dit rats des villes à vélo

magie des contradictions du capital, il faut toujours s'attendre à des surprises dans son cours quotidien, ce que ne savent pas faire ceux qui croient annoncer l'avenir sur le critère de leurs a priori dogmatiques

pour le dire franchement, car je sentais venir le vent, j'aurais été déçu que cette journée fût un bide. Alors pourquoi n'y suis-je pas allé ? Cela tient-il à ma phobie des uniformes ? À ma condition tout sauf prolétarienne ? À l'éloignement du plus proche lieu de blocage ? Au temps qu'il fait à ne pas mettre un vieux dehors ?

je n'y suis pas allé parce qu'au fond, je ne suis pas aussi d'accord que ç'en a l'air, et là doit résider une de mes contradictions, un bololo dans ma tête


quartier de Bololo, N'Djamena, Tchad, source

20 novembre

penser les luttes en temps réel

il y a quelque chose d'excitant à faire la chronique d'événements en temps réels, comme m'en avaient donné l'occasion le mouvement du CPE en 2006, la loi Travail ces dernières années, la ZAD NDDL ce printemps, et là les Gilets jaunes

c'est à ces occasions que j'ai eu la plus nombreuse lectorate, ce qui se vérifie encore ces derniers jours

c'est excitant parce que, sur le plan de l'interprétation et de l'analyse "théorique", on prend le risque de se planter, ou d'avoir à infléchir son analyse en fonction de ce qui se passe au jour le jour

c'est une façon très différente de faire de la théorie que celle des analyses après coup, qu'elles soient universitaires, théorico-radicales ou communisatrices. Ils prennent moins le risque de se planter. C'est peut-être pourquoi certains adeptes préfèrent la fermer, puisque dès qu'ils l'ouvrent c'est pour dire des conneries qui seront bientôt balayées par leur gourou théoricien même

à quoi servirait la théorie des luttes sociales si elle ne devait parler qu'après coup ? Non que je prétende avoir la moindre influence, mais enfin moi, c'est comme ça que j'ai besoin de comprendre, et si c'est ma principale activité, je suppose que ceux qui luttent ont besoin aussi de comprendre en temps réel ce qu'ils font, ce que cela produit, dans un aller-retour de la théorie et de la pratique qui ainsi ne sont plus séparées

et puis bon, j'aime pas trop les inspecteurs des travaux finis... par les autres


Dernière édition par Patlotch le Lun 24 Déc - 12:58, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 26 Nov - 12:35


tous les médias sont bons...
à lire

ma lectorate peut s'étonner que je ne fasse pas de sélection dans la presse selon la couleur politique des médias, malgré la réputation sulfureuse qu'ont certains surtout à gauche. Tel peut être le cas non seulement des grands quotidiens et hebdomadaires tels que Le Figaro, Marianne, L'Express, Valeurs Actuelles voire de blogs comme Causeur, BD Voltaire, etc. mais aussi de BFMTV, 20 minutes...

les journaux "bourgeois" ne font pas moins bien le boulot d'information que d'autres prétendus plus critiques : Libération, L'Obs... et l'on y trouve des journalistes et pigistes, des reporters de terrain dotés encore d'une solide éthique. Pour une grande partie des informations générales et de l'étranger, ce sont les mêmes dépêches d'agences qui sont utilisées quand il n'y a pas de correspondant ou de reporter sur place. Les réseaux sociaux sont une mine d'informations et de déformations

ainsi, alors qu'il (m')a fallu des heures pour savoir qui étaient les "casseurs", les « séditieux » de Castaner et « la peste brune » de Darmanin, ce sont des journaux de droite, comme Marianne et Valeurs actuelles, qui ont les premiers informé de la présence d'"ultra-gauche" (label policier) aux Champs Élysées, présence qu'ils revendiquent eux-mêmes, exemple : Gilets jaunes Acte 2 / Et maintenant c'est qui les casseurs ? @LaMeutePhoto, 25 novembre. Selon eux, les barricades c'était eux et seulement eux, et  « les petits groupes clairement identifiés [d'extrême-droite] ne participaient pas au gros de la révolte sur l’Avenue des Champs-Élysées, mais restaient en retrait dans les rues parallèles. »


je pourrais donné centaines d'exemples où la presse bourgeoise ou d'extrême-droite n'est pas moins objective en matière de faits que la presse de gauche, d'extrême-gauche, et les blogs radicaux. Il est absolument impossible de se faire avec ces derniers une idée réaliste des luttes. Dans 10, 20 ou 50 ans, tu relis ça, tu n'as aucune idée de ce qui s'est passé en France et dans le monde. Autant lire la presse stalinienne de l'époque pour connaître la réalité en URSS

de plus il n'est pas sans intérêt de connaître la position de l'adversaire idéologique supposé, et j'ai plus appris à critiquer l'économie politique avec Les Échos qu'avec L'Humanité. Quand tu lis un canard tu relativises en fonction de son orientation générale

à l'expérience, utiliser toutes les ressources d'information et d'expression médiatique est une garantie pour ne pas avaler des couleuvres d'où qu'elles sortent. Et donc, je recoupe, je croise, je sélectionne... sans parler de l'augmentation du nombre de médias qui réservent la lecture aux abonnés ou la font payer au bout de quelques articles accessibles par semaine ou par mois : Le Parisien pourtant excellente source, Libération, L'Humanité, Le Monde, des quotidiens régionaux...


j'ai un principe, dussé-je en pâtir : je ne paye pas et ne fais pas payer. La gratuité, c'est moins cher, et ça peut rapporter gros

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Jeu 29 Nov - 9:47


pourquoi je ne suis pas gilet jaune
et comment j'y serai samedi

dans un échange avant-hier sur tweeter, où je lui demandais comment il appréciait mon 'suivi théorique' du mouvement, Guillaume Deloison écrit :
Ouai c'est bien, ça soutient pas betement, c'est cool meme si je suis vraiment pas convaincu du tournant
ma réponse
Patlotch a écrit:merci. Je ne soutiens rien, je dis ce que je vois. Le tournant, la délégation-négociation, c'est à la fois un débouché inhérent politico-syndicaliste au contenu revendicatif, et un clivage dans les luttes, une situation ouverte vers une extension mais toujours assez imprévisible

d'abord, très personnellement, je ne me vois pas m'affubler d'un gilet jaune plus que de tout uniforme

ensuite je ne partage pas le "cahier de revendications" qui ressort tant au niveau de la représentation nationale que de l'expression des "doléances" à la base

ma non-motivation ne tient donc pas à ce que ce mouvement serait interclassiste, populiste ou pire, et donc non révolutionnaire puisque ceci est impossible aujourd'hui. Si je tiens qu'aucune lutte revendicative ne peut être révolutionnaire, je ne considère pas moins juste d'y participer, pour autant qu'elle répond à ses intérêts ou convictions, et je ne suis pas fana des luttes "par solidarité"

j'estime que mon travail soutenu et permanent d'analyse est une forme certaine de participation critique sans allégeance à qui et quoi que ce soit

c'est dans cet esprit, et parce que Macron est définitivement haïssable et trop c'est trop, que je participerai à la mobilisation samedi, je ne sais pas encore dans quel cortège et sous quelle forme, mais j'y serai

 Rolling Eyes  

4 et 5 décembre
d'hier, ajout en bas

une leçon de méthode théorique

la grande leçon théorique du mouvement en cours, des Gilets Jaunes et au-delà, elle est de méthode : c'est qu'on ne voit que ce qu'on regarde, et si on ne regarde pas tout, si l'on privilégie tel aspect ou telle composante sur la base d'a priori normatifs ou dogmatiques, et bien l'on prend le risque de se tromper d'analyse et d'enjeux

cela peut arriver à tout le monde, mais c'est aussi pourquoi certains textes provenant d'idéologies assez lointaines de "la nôtre" (je pense aux intellectuels de la nouvelle-droite) peuvent être plus lucides que certains des "nôtres", tout dépendant de la part d'idéologie injectée dans la théorisation. Ceux qui n'évacuent pas les faits qui gêneraient leurs analyses sont les meilleurs

pour prendre l'exemple le plus clair, les grands bourgeois et certains politiques dans l'État ont parfaitement compris, d'un point de vue de classe, ce qui se passe, et même si Macron a commis quelques erreurs à leurs yeux, ils feront en sorte qu'il s'en sorte par le haut, le sien et le leur. Il serait hasardeux de les sous-estimer

je pense ne pas m'être trompé depuis le début du fil GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale le 10 novembre, ou avoir saisi les tournants dans le mouvement qui appelaient des ajustements théoriques. Maintenant, les "acquis" foisonnent et le moment viendra d'en faire la synthèse. Je ne suis pas partisan comme d'autres de gros textes synthétiques en court de mouvement, ils sont vite caducs d'autant que leurs auteurs se seraient plantés depuis le départ avec une grille de lecture dépassée ou un tamis normatif

ajout
il semble que beaucoup soient atteint du syndrome américain, "le bien et le mal", "qui n'est pas avec nous est contre nous",  sans grande considération de leur nombre de divisions, dans tous les sens du terme. Comprenne qui pourra

10 décembre
"on n'analyse pas à chaud" ?

ça dépend

cette remarque est fait sur facebook ici par une lectrice d'Alain Corne/Carbure Blog répliquant à Stive Modica, proche de Théorie Communiste, lui-même répondant au reproche de Daniel Peymans à Alain Corne : « j'en ai marre de tes jeux de mot à la con. Prends position ouvertement. »

qu'en penser ? Ce qu'on voudra, bien sûr. Deux aspects :

1) sur la pratique théorique d'Alain Corne de Carbure.blog / Lutte des classes / Guerre civile / Communisation

il y a longtemps que je constate qu'Alain Corne, ex Cornebouc, fait de la retape sur Facebook, où il a 1915 "amis", par une drague démago sans frontières. Il était prévisible que cela finirait par influer sur ses considérations théoriques de Carbure.blog et faire glisser sa conception de la communisation, de sa théorie, comme en atteste notamment son dernier papier : 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre, où il sort des fondements même de cette théorie sans trop de maîtrise, emporté par l'enthousiasme de sa participation, si j'ai bien compris, au cortège de Saint-Lazare, Comité Adama, cheminots, postiers, Tolbiac, NPA, et autre militants du démocratisme radical

lors de ma période "décoloniale", en 2015-2017, j'ai relayé de façon de plus en plus critique concernant le PIR des positions de cette mouvance, FUIQP, "Au secours, notre police assassine !"..., mais je n'ai jamais été dans l'allégeance, et ils me l'ont bien rendu. Je pense aussi que la Marche de la dignité en octobre 2015 disait bien son nom, qu'elle était plus saine que ces alliances manipulées par les néo-trotzkistes, et que si TC26 n'en a pas trop parlé dans sa critique des "entrepreneurs en racialisation", c'est qu'il s'agissait massivement de tout autre chose, le PIR était noyé dans les diverses associations de "racisé.e.s" et les gauchistes relégués à la queue du cortège. J'y ai participé de bon cœur et sans m'y sentir militer pour une quelconque récupération

2) sur la théorisation à chaud

c'est effectivement un exercice difficile et un débat ancien, que RS de TC posait en distinguant participer à des luttes "en théoricien" ou "en "tant que théoricien", ceci du fait qu'il considérait les luttes comme étant théoriciennes, la "théorie restreinte" consistant, après coup, à l'exprimer en termes proprement théoriques

personnellement, j'ai renversé cette notion en "luttes théorisantes", ce qui explique que je théorise à chaud des luttes auxquelles je ne participe pas, comme je l'ai fait pendant Nuit debout en 2016, le conflit de la SNCF ce printemps, et là avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale

* voir luttes 'théorisantes' et théorie communiste : inverser la perspective, février 2014

j'écrivais en PS de mon texte “Les gilets jaunes, l’État, et le capital”, remarques critiques sur l’analyse de Théorie communiste
Patlotch a écrit:nos façons de faire de la théorie sur la base des luttes se sont pas comparables et je ne prétends pas à des textes qui disent tout, mais ma cohérence interne comme externe, elle, n’évacue rien pour se donner raison
j'ai souvent ironisé sur la manière dont Roland Simon de TC, mais aussi Nicolas Astarian de Hic Salta ou d'autres, produisent des textes d'analyse après coup, mais surtout assez longtemps après le coup, sans parler du décalage entre écriture et publication concernant les revues (numéros de TC, SIC, etc.)

RS fait aussi effort pour théoriser pendant les luttes, ce fut le cas à propos des émeutes de 2005 (La voiture du voisin, Ballade en novembre), le CPE (Le point d'explosion de la revendication), et là une Note sur le mouve­ment des gilets jaunes, publiée le 27 novembre, cad entre l'Acte 2 et l'Acte 3. Je suppose qu'il attend au moins l'intervention de Macron aujourd'hui, puisqu'elle clôt la séquence après le tournant politique de ce mouvement revendicatif et la nécessité pour le pouvoir d'une adaptation "sur mesure" de sa 'gouvernance' aux effets qu'elle produit. Cela lui permet plus de recul avec moins de risques de se planter, comme de présenter quelque chose de plus abouti, mieux construit, intégrant dans l'analyse ce qui s'est passé au début...

je conviens que ma manière de faire n'a d'intérêt que pour qui la suit au rythme des événements, et cela demande du temps aussi bien pour l'écrire (j'y passe jusqu'à 12 heures par jour) que pour le lire, le comprendre et le faire ou non sien de façon critique. Ce qui se passe dépend de ce qui a précédé mais l'éclaire aussi à rebours si bien que l'exposé qu'on en a fait peut se trouver à corriger. Théoriser à chaud, non seulement ce n'est pas montrer et monter en épingle tel épisode pour le dénoncer (par exemple les violences policières), mais en comprendre le sens et la nécessité produite à ce moment là, et l'on peut se tromper : par exemple quand j'ai pensé que le pouvoir souhaitait un bain de sang samedi 8 décembre, alors qu'il voulait faire peur, montrer l'efficacité de la police, et mettre en avant les gilets jaunes "pacifiques". Les arrestations préventives l'ont montré comme une relative retenue policière par rapport aux samedi précédents. Il fallait surtout préparer le terrain pour le retour public de Macron, et une trop grande violence aurait pu être contre-productive comme ses précédentes interventions

je dis souvent que les événements prennent tous leur sens par leurs résultats, comme 1968 des années après. Pourtant, dans mon suivi théorique du mouvement des gilets jaunes, je ne pense pas m'être trop planté et quoi qu'il en soit, au fil des jours le nombre de lecteurs/lectrices a augmenté, de quelques dizaines à plus de 150 en moyenne par post quotidien (dans mon ancien forum une centaine de sujets étaient vus plus de 10.000 fois, plusieurs centaines par post)

est-ce que théoriser à chaud sert à quelque chose ? J'en ai la conviction puisque dans une telle lutte, cela participe d'une compréhension permanente de la stratégie adverse et permet d'adapter la sienne, tout en gardant les enjeux en tête et les possibilités immédiates du mouvement. Force est de constater, du moins dans ce qui a été publié, la faiblesse de l'analyse théorique au sein de ce mouvement, qui traduit aussi son incapacité de dépassement "révolutionnaire"

scratch

pour revenir à Alain Corne, il ne fait ni l'un ni l'autre, il est dans le militantisme sur la base de la théorie de la communisation, une entreprise de séduction qui ne peut qu'aboutir aux ambiguïtés constatées quand il « partagé une publication » sans commentaire ou avec des « jeux de mot à la con ». Il écrit une chose dans ses textes théoriques et donne l'impression d'en faire une autre par sa "pratique théorique" sur facebook. Je trouve ça malsain et je comprends l'emportement de l'anar de service

le problème n'est pas de « prendre position ouvertement », si l'on entend par là une sorte de propagande interventionniste, mais d'être clair en posant les bonnes questions même quand on n'a pas les réponses. J'espère l'être dans ma théorisation à chaud


Dernière édition par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:49, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 11 Déc - 13:59


trêve... de plaisanterie

Pepe a écrit:10/12/2018 à 16:56 #9

Bien vu Patloch/Hyde!!
Patlotch/ânonime a écrit:10/12/2018 à 17:44 #10
@pepe

mon corps intermédiaire est dévoilé, voilà que mon masque agace, et même pas Julien coupable…

bon alors qu’est-ce qu’on fait ?

« Si la question de la diffusion de la théorie communiste ne se pose pas, est-ce parce qu’elle aurait la faculté se répandre par la force de sa justesse ? A cette question on pourrait répondre oui. » Bon alors qu’est-ce qu’on fait ? Bernard Lyon, Meeting, 14 juillet 2005
Pepe a écrit:10/12/2018 à 18:20 #11
on fait rien et on continue a se relayer les uns et les autres pour y voir un peu plus clair dans ce tsunami social!! On a autre chose à faire, en ce moment, que de s’embrouiller, comme on dit ici
Pepe a écrit:11/12/2018 à 08:37 #12
@ânonime
J’ai la sensation que pendant cette période de “trêve” entre nos deux sites, nous arrivons chacun(e)s à notre façon à tenir une position délicate, sur le fil du rasoir, mais qui me parait la seule “assumable”:
– Ne pas faire la fine bouche, en surplomb, au sujet d’un mouvement qui bouleverse la france (au moins) comme on ne l’avait pas vu depuis très très longtemps.
– Garder la tête froide et essayer de faire circuler une “critique chemin faisant” qui s’exprime et se produit en temps réel, hors sol ou pas. Qu’on soit physiquement sur les points chauds ou pas, la question n’a jamais été là!
Patlotch/ânonime a écrit:vers 13:00

@pepe
On peut le dire comme ça, et je t'en remercie, pour ce qui nous concerne et pour autant que ce soit important. Je ne le vois pas comme une "trêve" mais comme un tournant lié :

- à la reconnaissance par TC, à propos d'Althusser, de son structuralisme prolétarien,
https://dndf.org/?p=17307
- aux éclaircissements sur la question centrale "prolétariat, écologie et capital" (voir #7 et texte de lundimatin http://patlotch.forumactif.com/t98-rupture-en-cours-dans-la-critique

Il me paraît clair que la situation et son évolution reposent la question de ce qu'est une «intervention» et même l'«activisme», qui ne crée pas nécessairement des «écarts» mais n'est pas sans effets sur la suite. La fonction de la “critique chemin faisant” est là-dedans "pratique" si j'ose dire.

16 décembre
1. ce qu'ils ont sous les yeux et ne veulent pas voir, 15 décembre
2. réflexions partant de "nous sommes tous dedans" 16 décembre


1. ce qu'ils ont sous les yeux et ne veulent pas voir

le suivi de l'événements "gilets jaunes" est une leçon de théorie et d'histoire sans précédent pour moi, non seulement sur ce qui se passe, mais sur la façon dont c'est rapporté, interprété, pensé. Je ne parle pas seulement des médias, ni même des militants politiques avec leurs œillères normatives voire dogmatiques bien connues, ni seulement du peuple dupe des citoyens jaunes qui se sont fait vendre ce que produisaient leurs luttes en formes et contenus, mais de ceux qui se sont toujours prévalu de n'être pas comme ça, et ne disent pas toujours autant de bêtises

jusqu'au bout, la plupart auront soutenu l'insoutenable, et qui plus est en le présentant comme analyses théoriques, au point de se demander si nous avons été confrontés aux mêmes réalités

la preuve est pourtant donnée, je pense l'avoir fait même si j'ai pu me tromper en route et si certains points sont discutables, à reprendre plus tard, la preuve qu'il était possible de comprendre ce qui se passait, de le prévoir dans les lignes essentielles. Ce que j'ai avancé, ni hypothèses ni prévisions, ne tient qu'à mon observation et au souci de comprendre chaque particularité de ce mouvement dans une dialectique complexe de rapports sociaux économiques, politiques, médiatiques et idéologiques, le tout dans les circonstances déjà connues de la situation générale, en France particulièrement, et les enjeux qui émergeaient dans la conjoncture créée, surtout dans les dernières semaines

ça m'a demandé depuis un mois du temps, beaucoup, de la patience et du boulot, mais j'ose dire avoir fait la démonstration magistrale que théoriser au fil de la lutte est possible, et à certain.e.s utile (record aujourd'hui ~250 clics). Dernier épisode ici

Impressions,
soleils, coups, champs



Monet, Impressions, soleil levant, 1872

PS : pour la modestie, tant pis, d'autres la revendiqueront à juste titre, à la hauteur de ce qu'ils auront écrit ou fait, et parfois annoncé de ce qui n'est pas venu

2. réflexions partant de "nous sommes tous dedans"

en écrivant ces mots le 13 décembre, qui m'impliquaient plus subjectivement, poétiquement, dans ce qui se passait sous mes yeux mais à distance, je sentais confusément que quelque chose changeait dans le rapport que peut, ou doit, avoir la théorie, mieux dit la théorisation parce qu'elle est celle de quelque chose et non guide pour l'intervention, avec ce qui se passe

"nous sommes tous dedans" était nouveau relativement à tous les conflits précédents, ce qu'on sentait venir avec Nuit debout mais pas avec cette ampleur et du seul point de vue plus militant. C'est la première fois depuis 1968 qu'on peut le dire d'un conflit social et politique, qu'on y participe ou pas. La question de l'extériorité (sociologique ou théorique), ne se posait plus dans les mêmes conditions

écrire, parler, que ce soit sur les ronds-points ou en famille, au bistrot avec les copains, dans les réseaux sociaux, sur les blogs ou dans les médias, c'était en être, participer. Même se taire devant sa télé, c'était encore participer, sans quoi 23 millions n'auraient pas écouté Macron le 10 décembre, alors que la mobilisation n'a jamais dépassé 500.000 : ces 23 millions, même spectateurs passifs, ont changé l'implication réciproque du mouvement et du pouvoir politique, via les sondages et les médias, comme leurs marges de manœuvres et leurs stratégies d'intervention, ceci évidemment bien plus que tout discours militant

c'est un mouvement où tout re-sortait, et quelle qu'en soit la proportion, les intérêts et les idées de toutes les classes sociales en réciprocités complexes, y jouant de la grosse caisse ou de la flûte, du violon ou du triangle, du cor de chasse ou de la voix cassée, de la grenade ou du mégaphone, avec le génie créateur d'une improvisation collective quasi inconsciente, ou jouant des coudes dans la cacophonie de cet orchestre, dysharmonique dans tous les sens du terme, discordant et schizophrénique

un signe ne trompe pas, les gilets bleus, puisque même les flics pouvaient se sentir dedans, des deux côtés de la barricade, comme déchirés entre leurs corps et leurs esprits, je ne parle pas des cogneurs sadiques

cette nouveauté accompagne la "victoire de la subjectivation collective", dont j'ai parlé à contre-courant, à la fois contre la résignation concernant les reculs limités du pouvoir, et contre les illusions d'un possible dépassement révolutionnaire. C'est là que ce mouvement indiquait, comme le souligne Alain Corne/Carbure (AC) dans un commentaire sur facebook, « la décomposition de l'extrême-gauche, qui transforme ses problèmes internes et les symptômes de sa profonde inadaptation au moment actuel en analyses et en discours. » *

* à titre d'exemple de double déconnection théorique et politique des "marxistes", la revue Période, de «Politique et théorie marxiste » dont « l'enjeu » serait d’« intervenir politiquement dans la théorie, intervenir théoriquement dans la politique », n'a rien publié sur le mouvement en cours, alors que la NPA, qui en est proche, n'a cessé son racket militant

AC n'est pas allé jusqu'à remarquer que le mouvement signale aussi la décomposition de la post-ultragauche, à laquelle il appartient en tant que partisan de la communisation singulièrement à côté de la plaque dans sa propre analyse à chaud, hormis quelques remarques pertinentes. Davantage à côté de ses pompes à Saint-Lazare que RS dans "la soute" de Théorie Communiste, nonobstant notre désaccord fondamental quant à l'attente d'une révolution prolétarienne, parce qu'AC obsédé par les controverses théorico-militantes n'a rien compris de ce qui faisait la nouveauté de ce mouvement pris dans son ensemble. Bien que dedans enthousiaste, il était à côté de la colère, et je n'ai pas senti la sienne, "c'est un peu embêtant"

il y a là pour le petit monde de la critique radicale matière à réflexion


Dernière édition par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:52, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 24 Déc - 15:12


"la théorie interne"

entre la cuisse de dinde et le cuistre dindon : la farce ?

« Sur le fil » : le RIC, la gauche et les Gilets jaunes Alain Corne/CarbureBlog 23 décembre 2018

ce qu'en dit son modeste auteur dans un échange classieux avec son pote, et "poète" tout aussi classieux, le "khâgneux" dixit Nathan François qui, haut fait d'armes, « vira physiquement de Tolbiac un harceleur connu et souvent dénoncé »
Nathan François a écrit:Nous parlions de ligne de crête, PEM reprenait la métaphore et maintenant un fil !
Merci pour ce texte Alain... Que je trouve un peu lisse, tu l'as écrit d'une traite non ? J'ai l'impression qu'il fallait redonner les bases, comme redire tous ces mots qu'on a perdu en route...
L'impression qu'il fallait nécessairement en passer par là, que le RIC est presque une excuse (bonne parce que, précisément, expressive de la dynamique actuelle).
Alain Corne a écrit:Oui c'est basique, ça n'est pas de la théorie interne au milieu communisateur et en effet écrit vite fait. Pour le reste, là je n'ai pas vraiment le temps, mais on va s'occuper de la question du "miracle", de la conjoncture et des mouvements comme situation après les "fêtes", qu'elles crèvent. J'ai mis TC 20 sur la "Théorie de l'écart" (elle est passée où, celle-là ?) dans mon petit sac, avec les papillotes. Ça va être sympa à lire avec le Grand cabaret et Patrick Sébastien en fond sonore. Amusez-vous bien aussi les camarades.
jusque-là on avait "la théorie restreinte" des "luttes théoriciennes" de TC, qui avait « un problème pour redescendre » dixit RS, mais au moins savait-on qu'à défaut d'être d'un abord immédiat, et pour peu qu'on le bûche de Noël à la Toussaint, on pouvait se sentir concerné et même associé* tout en étant "externe" au "milieu communisateur"

lais là, yaurait comme un aveu qu'existe une élite savante, apte à discuter "en interne" entre gens assez 'subtils' et 'intelligents' pour ne pas se contenter de leurs propres "écrits vite fait", néanmoins bien bons pour la vitrine d'un blog comme d'autres : écrits pas vite fait ?

* rappelons qu'au mieux AC m'ignore, au pire il me censure, bloqué qu'il m'a sur Tweeter comme sur Facebook. C'est quand même mieux de voir ça "en interne"
Vous avez été bloqué, vous ne pouvez ni suivre @carbureblog, ni voir les Tweets de @carbureblog

c'est vrai queCorne n'a "pas vraiment le temps", la faute au Grand Cabaret et Patrick Sébastien. Mais que faisiez-vous aux temps chauds de la jaunisse française ?

au vu de ce que cet AC (est-ce assez ?) a apporté de nouveau à la théorie de la communisation, ou mieux pour sortir de ses apories, je dirais volontiers : Alain Corne est un cuistre, et quelle fatuité, nom d'un Petit Papa Noël !


avec des si : si j'étais sur un rond-point, et que ces deux-là s'y pointent, je les virerais à coups de pieds au culte... de la personnalité. Parfois, ceux d'en-haut me rendent populairiste  

affraid

PS 1 : plus sérieusement, voir ce que j'en pense, et quant à la "théorie de l'écart", elle n'a pas fonctionnellement de défaut majeur, du point de vue de l'émergence possible de "dépassements produits". Même JW de Temps Critiques en convenait, et pour que ce frère ennemi de Théorie Communiste le dise... Elle était peut-être un peu précipitée quand elle apparut il y a dix ans, la faute au Préviseur qui vit trop près trop loin ? Mais avant de se la faire Corne en avant, AC ferait bien de se relire, pour aller plus loin que son désordre... interne


alors, qu'est-ce qu'on fait, on lit Corne ?

PS 2 : j'ai donné, quand j'avais encore une famille pour ça, dans les fêtes de Noël sans m'y sentir ni tout à fait à ma place ni à celle d'un autre qui aurait dû les boycotter, car moi j'y éteignais les Sébastien de mon époque. Je n'ai jamais vraiment pu vivre "normalement" et schizophrénétiquement, en attendant la fin

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 6 Jan - 16:26


1. écoute réveillée d'une critique bienveillante
2. la "dynamique" dans le mouvement dialectique des contradictions

2. la "dynamique" dans le mouvement dialectique des contradictions
ce qui se vulgarise finit par perdre sa substance théorique : ce qui est considéré comme "dynamique" et "limites" dans la théorisation marxiste renvoie toujours à la dialectique marxienne comme étude des contradictions en mouvement et celles de leurs dépassements (de leurs limites) comme changements de quantité et qualité. Ce sens se perd quand il ne considère plus les choses comme rapports contradictoires en mouvement mais succession d'états marqués par des tournants qui affecteraient la structure de ces contradictions

à titre d'exemples, ainsi a-t-on voulu prendre l'émergence et la domination du RIC comme affectant le contenu intrinsèque du mouvement à son départ, celui-ci isolé de ses conditions de productions en amont ; ou encore se focaliser sur une "composition de classe", terme confondu avec la sociologie des manifestant.e.s

il y a bel et bien eu des changements dans la dynamique, par exemple du caractère revendicatif au caractère politique, mais ils n'ont produit aucun dépassement des contenus dans leur rapport au capital et à l'État, le premier intouché dans son essence, la production de marchandises, le second non atteint dans son essence par le citoyennisme indécrottable d'un populisme État-nationiste de gauche ou de droite et du discours sur la République que tout le monde se dispute comme vertu

il ne me semble pas avoir introduit à cet égard d'ambiguïté dans mon usage du concept de "dynamique" dans mon journal de bord depuis le début du mouvement. Il est tout de même un peu ennuyeux que des gens se prévalant d'être des théoriciens (de la lutte de classe, de la guerre civile et de la communisation) soient dépourvus à ce point des fondements de la critique radicale, celle qui prend les choses à la racine : les rapports sociaux en mouvement

c'était une banalité de base, de la métathéorie  Shocked

10h21
1. écoute réveillée d'une critique bienveillante
je me suis résolu à écouter l'émission A la radio : « FACE A FACE », présentée comme
Une analyse critique bienveillante du mouvement des gilets jaunes, au-delà d’un populisme acritique et d’un anti-fascisme réducteur – avec des membres d’Agitations autonomes, participant-e-s à ce mouvement...  un mouvement qui suscite beaucoup de controverses dans les milieux libertaires, autonomes, marxistes, etc. entre deux positions "extrêmes", les gilets jaunes comme mouvement quasi-insurrectionnaliste où il y aurait peu de choses à critiquer [...] et une condamnation absolue anti-fasciste...
avec bonheur les interventions échappent à cette dichotomie, montrant ainsi que le débat dudit milieu, on s'en fout dans la mesure où, ne faisant preuve d'aucune dialectique des contradictions, il est incapable de cerner la dynamique essentielle dans ses apparitions successives, et que les conflits sociaux ne s'examinent pas à la lumière de ce qu'en pensent les "avants-gardes" de texte à texte "lumineux" dont se gargarise ce milieu dans son splendide et condescendant isolement

j'y retrouve donc non sans plaisir quelques-unes de mes remarques, sur la dynamique nationaliste commune, "de gauche ou de droite", la différence pour moi étant que ce clivage ne fonctionne plus, non seulement comme structurant la vie politique, les partis, mais l'idéologie même qui les traverse, clivage qu'ont fait sauter dans leur réciprocité à peine décalée le macronisme et le mouvement, dans ce moment qui représente l'apothéose de ce que j'ai nommé après les attentats de 2015 l'idéologie française. Au-delà de relever comme moi la référence à la Révolution française comme aux luttes d'avant le mode de production capitaliste dans la disparition de l'identité ouvrière "de classe", on peut regretter que l'émission ne s'intéresse pas explicitement aux spécificités françaises en les contextualisant dans la situation mondiale du capital comme économie politique, justement
RS/TC a écrit:dndf 14/12/2018 à 12:35 #8
A propos de ce mouvement je considère qu’il y a un point qui est constamment négligé. Nous n’en avons qu’une vision nationale. A la fin des notes sur le mouvement publiées sur le blog de Théorie Communiste est évoquée la signification d’un mouvement comme celui-ci dans la crise du mode de production capitaliste comme crise de sa mondialisation...
paradoxalement, si les délires de dépassement mondial engagé s'avouent très franchouillards, c'est peut-être l'esprit du cocher de Tarnac descendu sur la commune de Commercy

dit hors de cette émission, le racisme, le fascisme, etc. ne sont pas des épiphénomènes venus se greffer sur un mouvement splendidement vierge dans la sainteté de ses fautes d'orthographe, comme le laisse croire la transcription en langage Paris-Luttes.Info du giletjaunisme antifas


ces expressions ne sont que la partie visible de l'iceberg de nationalisme français qui s'est emparé de tout le mouvement

je ne saurais pour ma part porter une critique "bienveillante" ou malveillante", c'est-à-dire in fine morale ou militante cherchant à orienter le mouvement pour le meilleur. Le mot est peut-être mal choisi puisque ce n'est pas ce que fait l'émission dans le feu roulant des remarques. Plus les choses se dessinent et moins je suis porté à prendre des gants pour qualifier ce mouvement social comme un des plus 'cons' de l'histoire de France (voir la conjuration des gogos). Quant à ses "perspectives", question posée en fin d'émission avec des réponses décevantes en retrait des meilleures remarques en amont, je n'en attends que du mauvais et ceci sans même comme après 68 une période de mieux ressentie avant l'entrée massive en restructuration mondiale du capital

on ne peut pas comprendre les "reculs" du pouvoir sans y voir l'implication réciproque qui le pousse et l'autorise à accélérer sa restructuration politique, et qu'elle comporte inévitablement, par l'intégration de la violence comme moyen de la politique, une dimension néo-fascisante avec ou sans une issue d'extrême droite au gouvernement. Cela fait 30 ans que les pouvoirs successifs intègrent, à la suite de Mitterrand, les solutions à la Le Pen dans leurs programmes ; un pas nouveau est franchi, un ordre nouveau va arriver

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 13 Jan - 12:36

du 11 janvier, ajout en-bas

coup de gueule : pauvre Lisbeth...

la théorie communiste honteuse
parce que jugée has been, anti-jauniste primaire ?

à propos d'un texte que j'avais signalé à dndf avec quelques mots (en dessous). Je ne sais pas si c'est de l'auto-censure due au choc provoqué par la répression, mais tout se passe comme si l'on devait se sentir con de donner un avis plus que sceptique sur l'issue de ce conflit. Il est tout-à-fait possible de détester Macron, d'être solidaire des manifestants contre la violence sociale et policière sans se sentir obligé de participer à ce mouvement quand on reste persuadé qu'il conduit à un désastre politique (et social...). Ma conviction est faite et je n'en changerai pas du fait qu'elle serait ultra-minoritaire. Un clivage jusqu'entre les partisans de la communisation : certains sont-ils devenus solubles dans l'extrême-gauche au point que la logique de leur positionnement "bienveillant" ne s'en distingue pas vraiment, quand dans "le milieu radical" se diffuse surtout ce qui est bon chez les GJ et mauvais pour ce pouvoir ? Est-ce dû à la crainte de prendre le risque théorique de se planter ? Je vois à la réception de mes envois sur tweeter que ça ne passe pas. Et comme j'ai cité BHL : « le prolétariat d’autrefois avait, quand même, une autre allure », les remarques de Lisbeth Salender tombent à point

Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ? Paris-Luttes.Info
- La crise qui vient . Remarques générales . La situation . la restructuration impossible
- Les Gilets jaunes comme signe
- Où ce mouvement va-t-il aller ?
- Petite suggestion stratégique...
Lisbeth Salender a écrit:dndf 11/01/2019 à 21:05 #1
Il y a une petite musique de fond qui est en train d’envahir la réflexion théorique ou politique autour de ce mouvement des gilets jaunes et ce texte l’illustre bien, à la suite de Robin, mais on peut l’entendre a plein d’occasions dans « lundi matin » et dans toutes les productions qu’on pourraient appeler « jaunistes » : la pensée marxienne, les références aux producteurs de marchandises, à la classe ouvrière, les gens qui ne se précipiteraient pas dans la rue en ce moment seraient devenus une espèce d’arrière-garde ronchonne, dépassée par les événements, qui ressasse son catéchisme communiste, les anciens quoi, ceux qui pensaient que la révolution à venir ne pourrait se passer du monde de la production… Des tontons maussades, has been, sidérés, assis sur leurs grimoires, devant la montée de ce qui serait devenu une irruption inattendue, spontanée, joyeuse, inventive d’un nouveau sujet ou plutôt, d’une nouvelle socialité révolutionnaire.

Je crois qu’il ne faut pas inverser la charge de la preuve. C’est comme pour l’existence de Dieu : ça n’est pas à ceux qui savent que Dieu n’existe pas de faire la preuve de sa non existence.

C’est aux jaunistes de nous expliquer comment, du plaisir de la socialité dans la lutte, du bonheur énorme de la solidarité contre l’Etat, contre les flics, on passe à des acquis qui vont permettre d’abolir la propriété privée, à l’emparement, à la communisation…. C’est un peu facile d’envoyer paître les pisse vinaigres de « l’ancienne théorie » quand on voit à quel point ce mouvement est en fait la somme complètement disparate de (presque) toutes les colères qui traînent dans ce pays. Et des colères, il y en a, et pas toutes très modernes…

La décantation se fait doucement, envahie de pleins de bonnes volonté activistes qui essayent de souffler sur les braises de la grève générale dont il n’a encore jamais été question, tout ce beau monde s’excitant du Riot Porn que nous offre Paris chaque samedi et qui fait l’affaire de TOUT LE MONDE…. On verra bien…

Bref, continuons à jouir du spectacle, mais en gardant la tête froide…
Patlotch a écrit:un texte qui rompt avec le gauchisme... habituel, par un réalisme inscrit dans une critique de l'économie politique, mais dont la chute est pour le moins décalée

à tout prendre, je préfère quand Théorie Communiste (BL) nous dit « pas de stratégie » plutôt que cette retombée dans des suggestions pratiques dont on se demande la pertinence face à la répression formidablement accrue dans laquelle s'est engagé le pouvoir, ce qui devrait nous conduire à revenir sur la/les fonctions des violences dans ce conflit, selon d'où elles viennent, pourquoi, comment, et quand elles sont offensives de la part des gilets jaunes ou autres, à quoi mènent-elles : peut-on parler d'une estimation quelque peu optimiste du "rapport de forces" ?

quant à la "restructuration impossible", je ne saisis pas comment elle le resterait dans la crise annoncée, ce qui quoi qu'il en soit rendrait inopérant toutes velléités stratégiques à l'avance
selon diverses sources, ce texte serait un habile collage de morceaux empruntés, notamment à Robin dans la discussion de dndf, d'où viendrait au fond son incohérence théorique à prendre en considération la crise, "la médiation temporelle" (TC contre l'activisme) puis de réinjecter hors ces prémisses son credo interventionniste. Robin est depuis des années un spécialiste du rapprochement de la théorie de la communisation avec tout ce qui bouge depuis Nuit debout

sur la suite, intervention de RS et ce que j'en pense, voir le fil de suivi des gilets jaunes. Avec ça, je me sens un peu plus seul, question d'habitude...

Lisbeth Salender a écrit:dndf 12/01/2019 à 11:28 #3
J’aimerais d’ailleurs qu’on me signale les productions des groupes ou rebelles en question qui ont ensuite critiqués honnêtement leur propre enthousiasme et analysé pourquoi, pour la 4520° fois, “Ça” ne s’est pas passé comme ils l’attendaient…
pour le coup, cette honnêteté je l'attends encore de TC même, jamais empressé de reconnaître ses erreurs et le faisant de façon si bien enrobée qu'elle ne paraissent plus comme telles (SIC, le genre, "la race"...). Mais bon, avec le temps, ça vient. Je suis sidéré par l'orgueil, l'égotisme et le manque d'humilité chez l'immense majorité des militants et même des théoriciens quels qu'ils soient. Ce comportement mental de curé me répugne. Esprit de l'escalier (pour le paradis des faux culs), vous avez le bonjour de Barbarin de sa race con Twisted Evil

quand un fameux théoricien communiste n'a plus qu'un Robin, communisateur en gilet jaune, à se mettre sous la dent pour se mettre lui-même en valeur, c'est dire où est tombée son exigence. Et quand une poignée d'adeptes de la communisation (d'Alain Corne@Carbure à Lola Miesseroff en passant par Christian Broutchoux, ex Le Nivellé, soutier de dndf, tous en chœur avec les gilets dans la manif parisienne de samedi) se gargarisent d'un texte compilant les seules interventions du même Robin dans un débat qui promettait mieux, ya du souci à se faire pour leur esprit critique. Je n'ai jamais été aussi fier d'être par ce milieu censuré : « ce qui est méprisable mérite le mépris », disait Debord

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:41

15 janvier

debriefing
où en est-on dans le "rapport de la théorie et de la pratique"
du milieu radical au mouvement des Gilets jaunes ?

du "niveau théorique" de la compréhension du conflit
je reste effaré du niveau des considérations théoriques sur le "mouvement des gilets jaunes", pour ne pas dire de celui général des réflexions un tant soit peu prospectives, sans lesquelles il est difficile de se situer dans ce qui se passe, et d'y intervenir en conséquence. Cela n'est pourtant pas dû à la perte de tous repères de classe(s), c'est-à-dire aujourd'hui à « la conscience du capital » (Endnotes), mais plutôt au contenu qu'elle prend dans la défaisance populiste et nationaliste du "démocratisme radical", lui même produit par la "décomposition du programmatisme prolétarien", la "perte de l'identité ouvrière" comme conscience de classe pour soi

la nécessité de théoriser dans le cours du mouvement
le travail que j'ai mené quotidiennement depuis le début du conflit me confirme par ses résultats que cette manière de théoriser est la plus susceptible d'être en prise sur les événements, de les anticiper ainsi que les "surprises" qu'aurait apporté chaque Acte sabbatique. L'intérêt d'une telle démarche est différent dans un contexte de luttes auxquelles on hésite à participer en raison de leur dynamique générale et de l'impossibilité de l'en faire changer, et dans un autre que l'on jugerait porteur d'une dynamique révolutionnaire : communiste s'entend, et non nationale comme peut le voir ici la Nouvelle droite dans le sens identitaire français ou européen, avec ses transcriptions politiques par Le Pen, Philippot, Maréchal, Dupont-Aignan, Asselineau, Lassale, les restes de Républicains, et même de façon de plus en plus perceptible chez Macron dans la référence appuyée ar sa Lettre aux Français au "grand récit national"

un clivage d'appréciations au-delà du milieu radical
s'il y a un clivage d'appréciations autour de cette caractérisation de la dynamique essentielle du conflit (pris comme réciprocité pouvoir-mouvement et non seule position de "la classe" ou sociologie de la "composition de classe"), il n'est pas seulement interne au milieu radical théorique ou activiste, puisque l'illusion de faire changer l'orientation générale est commune à une grande partie de la gauche, France Insoumise, Ensemble, Verts...) et de l'extrême-gauche institutionnelle (néo-trotskistes, NPA, groupuscules programmatistes) : on a donc vu des "communisateurs" beaucoup moins regardant quant à leur participation à des manifestations où dominait de l'extrême-gauche, du NPA au Comité Adama en passant par les lundimatinistes

les errements auxquels on a assisté dans le milieu jusqu'au sein du courant dit communisateur relèvent de ce clivage élargi bien plutôt qu'à deux options internes à un milieu qui porterait les conditions d'émergence d'une conjoncture révolutionnaire

"ne pas y perdre son âme"
cette évolution était de longtemps perceptible dans la manière dont ce milieu, tout en critiquant radicalement les démocrates radicaux et les syndicats, ne pouvaient qu'intégrer a minima leur opposition effective au pouvoir politique, pour ne pas « perdre leur âme » (RS/TC 2017), comme si l'enjeu était l'image de soi. Il leur fallait faire comme si leur opposition au système allait de soi, sans avoir à l'exprimer, d'où le "on participe aux luttes telles qu'elles sont en essayant de les pousser le plus loin possible", actualisé par la formule d'Alain Corne/Carbure 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre

ainsi apparaît-il évident à chacun.e qu'on "perdrait son âme" à ne pas dénoncer les violences policières, minimum syndical pour assurer qu'on est pas "dans le camp d'en face", ou comme disait Elsa Triolet, de l'autre côté de la barricade qui n'en a que deux

des luttes qui ne se théorisent pas, ou dans la seule limite de leur perspective réformiste
de longtemps aussi, si je considère que les luttes sont auto-théorisantes, ce n'est au mieux que de leur contenu propre, non de son dépassement tant que celui-ci ne ressort pas d'écarts qu'elles produiraient ou pourraient produire "si...", et comme noté déjà pour Nuit Debout, nous sommes confrontés à un mouvement qui ne se comprend pas, ce que traduit fort bien dans les deux cas le subjectivisme sans limites de -h-R&eid=ARDAViUcP1iug9QUubwBwVV-skXvNLVjxijIidZZXT09gQv_330Ek6-FLV9xmlj0pdOqRuxVLBQVkOY6]Robin Banquo, la sélection de ce qui arrange sa vision et la mise à l'écart explicite de ce qui la dérange

un déterminisme persistant et le risque de son envers : optimisme vs pessismisme
et l'on voit bien ici le même clivage selon qu'on a ou non une vision quoi qu'elle en dise plutôt déterministe du cours de l'histoire. Ce déterminisme, on pourrait me reprocher, par un pessimisme excessif, de le faire tourner à l'envers, et je conviens ici que mon analyse des perspectives, tant de ce mouvement que de ce qui pourrait sortir d'un retour prochain de la crise, ne sont pas sans affecter la subjectivité que j'en ai. Cela dit, le subjectivisme n'est pas essentiellement de mon côté, si j'en crois l'intérêt porté aux délires du petit Robin (voir hier les clowns de l'avant-garde)

14 janvier
Temps acritiques ?

signalé, plus par habitude que pour son intérêt qu'il soit "théorique" ou "pratique", le dernier texte de Temps Critiques : Ce qui dure dans la lutte des Gilets jaunes, dimanche 13 janvier 2019, chez Mondialisme.org d'Yves Coleman

les Jacques racontent, plutôt bien, ce qui s'est passé, au demeurant depuis un certain temps recoupant sans nouveauté mon suivi en temps réel, refourguant leurs concepts sans trop s'embarrasser de leur creux pathétique, et sonnant encore la charge contre le marxisme "classiste", comme si le capital ayant « fait sa révolution » n'était plus le capital, mode de production de l'économie politique, avec sa classe capitaliste en face des gilets ou des sans gilets. Ils sont de plus d'un optimisme déconcertant pour la suite

ya même rien de drôle à récupérer pour mon roman. Leur esprit de sérieux est d'une tristesse qui n'a rien à envier à celle des "classistes", mais, me direz-vous, il est toujours mal venu de faire remarquer que d'autres manquent d'humour, ça fait çui-ci qui se croit drôle, et moi je suis comme mon "vieux", je rigole tout seul de mes vannes




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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Ven 18 Jan - 11:44


quelques observations et propositions générales

avec le suivi quotidien du 'mouvement des Gilets jaunes' :
1. 17 nov - 16 déc : avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale
2. 17 déc et depuis : LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique : les débats continués
3. 10 janv et depuis : Infos et commentaires 'GILETS JAUNES'
j'ai essayé plusieurs présentations alternant d'abord infos commentées, textes extérieurs et considérations théoriques (1. et 2.), puis changé à partir du 13 janvier (3. et 2.), considérant que s'imposait une clarification en raison de la faiblesse de la critique radicale notamment en termes d'économie politique et de compréhension du mouvement comme événement mondial et pas seulement français, sur le terrain même de son idéologie bien de "chez nous". J'ai donc séparé le suivi chronologique commenté des textes théoriques et de mes considérations plus synthétiques

il va sans dire qu'une théorisation à chaud ne peut adopter un plan exposant le plus théorique de la façon logique la plus pertinente, comme inversée à l'exemple du Capital, qui comporte aussi une alternance d'exposés concrets de "ce qui se passe", dans l'histoire des sociétés, la production industrielle, la sphère de l'économie théorique... et des exposés plus abstraits de Marx, vers une complexification croissante où les deux, abstrait et concret, tendent à se rejoindre (par exemple au Livre III Le procès d'ensemble de la production capitaliste § 3 : Loi tendancielle de la baisse du taux de profit)

mon propos ne prétend pas bien sûr à ce niveau théorique ni ré-inventer sa poudre explosive et géniale, mais suppose acquis ses principaux fondements, ainsi que les théorisations qui ont suivi dans le marxisme jusqu'à la théorie de la communisation. En même temps, je m'efforce à ce qu'il soit abordable largement et pas seulement par des experts de "théorie internes" des communistes/anarchistes et d'une révolution que seuls eux comprendraient et pourraient annoncer à l'heure de la dernière instance, plus ou moins loin dans la crise

dans ce fil, il est question de métathéorie et aussi de réflexions plus générales, dont celles-ci, un tantinet provocatrices ou du moins décalées dans mon analyse relativement à d'autres :
Patlotch a écrit:sur la violence, les violences, en France et dans le monde
on est très loin de la "guerre civile". Comparer nos victimes en nombre et gravité avec les éclopés des guerres et guerres civiles du Kosovo, des Balkans, d'Afrique, d'Irak, de Palestine ou de Syrie permet de relativiser et aussi de resituer le mouvement français dans la situation mondiale, en sus de l'économie politique de la mondialisation, généralement absente des considérations françaises, comme le relevait RS/TC en décembre, bref d'avoir les pieds sur terre, pas "chez nous", gênant pour des "révolutionnaires mondialistes"
la stratégie policière et judiciaire a manifestement changé depuis 68 : la violence intègre la politique
Gilets jaunes à Strasbourg: il vise les policiers avec un pavé d'1,3 kg et prend huit mois ferme : combien de tonnes de pavés en 68 et d'années de prisons cumulées si la répression policière et judiciaire avait été d'un tel niveau ? Voir Préfet Grimaud 1968

cette remarque sur les violences peut être étendue au niveau de vie et à la pauvreté comparée avec celle des pays du bas du PIB par habitant, ou plus près avec le quart-monde français, absent du mouvement

masses et "classes"
"les gilets jaunes" n'a jamais été un mouvement de masse (Inde, grève générale récente, 150 à 200.000 millions, entre 10 et 15% de la population), ni un mouvement de "la classe ouvrière" rejetant ses organisations (6,3 millions d’ouvriers, trois catégories : qualifiés, non qualifiés et agricoles), ni massivement un mouvement de chômeurs (2,5 millions)

1 million, que se propose d'atteindre l'Acte V, représente 2% de la population en âge de manifester
. Le chiffre de l'acte I du 17 novembre, près de 300.000 (< 0,5%), n'a jamais été retrouvé.

dans la dynamique populiste, populaire, et nationaliste française ou identitaire européenne, le racisme...

Priscillia Ludosky, à l'origine en février 2018 de la pétition sur les taxes (1,2 millions), et récemment reçue au Conseil économique, social et environnemental (CESE), Priscillia Ludosky se montre de plus en plus domienne avec des élans propres à ses origines martiniquaises qui auront certainement influencé tout le mouvement bien au-delà du Comité Adama : en France on n'est pas raciste, mais on est chez nous et français, pas étranger : chacun chez soi, une sorte de multinationalisme populaire et populiste, loin de l'internationalisme prolétarien marxiste ou de l'idéal sans frontières anarchiste : tout à fait de nature à régler à la Trump "le problème des migrants"

"peuple" et "classe"
relativement à la notion de "peuple", qui serait un «mythe» ou un «non-sens» pour des tenants vulgaires de "la classe", je distingue le peuple relatif à l'État-Nation (y compris au sens de l'Europe), qui engage l'identité nationale et nourrit les populismes de droite ou de gauche, et le peuple de ceux d'en-bas, au sens de populaire. C'est ainsi que Marx utilise plusieurs acceptions du mot peuple, et contrairement à une fausse citation qui traîne, écris parfois "peuple" à la place et au sens de "prolétariat" comme classe, avec la différence que n'existait pas de son temps de façon formalisée le phénomène politique du populisme

"interclassisme"
ma thèse générale est depuis des années, après une étude sur la genèse du concept de classe chez Marx :
- que ce concept ne vaut comme révolutionnaire en puissance qu'une fois un peuple, ou une de ses parties, constitué en classe, dans le sens marxien de la classe pour soi et de la conscience de classe, défaite dans la "disparition de l'identité ouvrière avec la restructuration mondiale du capital" (TC)
- que "la conscience de classe est aujourd'hui la conscience du capital" (Endnotes), que ce mouvement n'a précisément pas au sens de l'attaquer en substance, dans sa structure, ni l'État comme son administrateur politique général
- que l'interclassisme, cherchant des classes inter-pénétrées pour distinguer par leurs activités le "prolétariat" potentiellement révolutionnaire des "classes moyennes intrinsèquement contre-révolutionnaires", oublie cette distinction essentielle que seule une classe constituée peut faire la révolution, au sens où Marx écrivait : « la classe ouvrière est révolutionnaire ou n'est rien », d'où s'en suivent les considérations plus sociologiques que théoriques sur la composition de classe du mouvement et de la lutte : le point de fusion entre cette composition et la constitution en classe, un dépassement du quantitatif au qualitatif en terme de dialectique des contradictions, n'est pas atteint dans ce que nous avons sous les yeux, ceci pour autant qu'un processus révolutionnaire dans le capitalisme actuel, qui remet en cause l'humanité entière et le vivant (L'HUMANITÉ CONTRE LE VIVANT ? ET LE CAPITAL ?) vienne à l'ordre du jour de l'histoire future (cf sur LE CONCEPT DE RÉVOLUTION dans DU PASSÉ FAISONS TABLE RASE et CAMATTE et NOUS)
- cela ne signifie pas qu'il n'y a pas la lutte de classe : en tant que classe constituée, seule la classe capitaliste la mène, contre tous les autres ne constituant pas encore une, des classes, mais se vivant et parfois luttant ensemble justement comme peuple, populiste et/ou populaire
- la notion d'interclassisme penche inéluctablement vers une conception programmatiste, voire déterministe ou eschatologique de la révolution communiste, serait-elle dite communisation
j'espère par ces quelques lignes avoir mis en évidence la cohérence interne/externe de mon approche et proposé un guide de lecture de mes principales thèses

PS : je regrette sincèrement, ce depuis des années, l'absence déplorable de mise en commun et de "travail collaboratif", de reconnaissance de problèmes, accords et divergences sur fond de sectarismes et petites censures et 'exclusions' typiques du "milieu radical", un véritable gâchis intellectuel et théorique, qui tranche singulièrement avec ce qu'on entend dire ici ou là des discussions "sur le terrain". Bref, l'esprit détestable du militantisme, et de chacun sa merde, qu'il prend pour de l'or, dans les tuyaux

ce blog est le seul, désolé, où l'on trouve tout sans exclusive aucune


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 20 Jan - 17:47


dissensus en noir, jaune, rouge


c'est un résumé de ce que j'ai tiré dans LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique : les débats continués et Infos et commentaires 'GILETS JAUNES', sous l'angle de questions théoriques à creuser
1) immigration, migrants, racisme, nationalisme franco-européen...
2) l'articulation gilets jaunes - lutte(s) de(s) classe(s), et accessoirement masse-classe compte tenu de la faible mobilisation quantitative de manifestants, en sus du faible contenu qualitatif
il faudra quoi qu'il advienne se demander pourquoi les dissensions perdurent dans "le milieu radical" étendu aux gauchistes institutionnels ou anti-citoyennistes, sans parler du silence des théoriciens de la communisation Bruno Astarian/Hic Salta et Gilles Dauvé- Tristan Leoni/DDT 21 qui n'ont pas parlé depuis le début du mouvement, ce qui n'est pas en soi reprochable, pour ce que je vois qu'il en sortirait, mais j'aimerais bien connaître leurs points de vue, comme celui de RS/TC, histoire de voir, en ce que nous partageons, si je ne me serais pas planté

s'interroger et tenter de cerner les points où ça glisse, où ça grince, où ça craque... dans un dissensus que j'ai toujours pour ma part considéré normal, salutaire comme nécessaire qu'il s'exprime, comme le disait Meeting dans son Adresse. On peut même au demeurant regretter l'époque bénie où les commentaires en ligne abondaient sur le site de cette première Revue internationale pour la communisation, enrichissant entre 2003 et 2008 des débats encore accessibles à toussétoutes sur libcom


un ajout qui vaut pour 1. et 2. copié sur le mur facebook d'Alain Corne/Carbure
Coco Billard a écrit:y avait beaucoup de fachos hier aussi... ça commence à manquer cruellement d anti fa dans les manifs
tout ce qui me semble compris dans cette discussion et celles qui précèdent dans ce milieu très élargi par Alain Corne à ses "amis", c'est cette opposition "fachos-antifas", comme si elle déterminait la dynamique du schmilblick. Pourtant celle-ci existe inchangée dans la conjoncture depuis le début du mouvement, je l'ai montré factuellement et théoriquement. Il serait peut-être temps qu'ils s'en rendent compte, ou s'ils préfèrent d'en avoir "la conscience de classe" en terme de rapport à l'immigration étrangère non européenne et de rapport aux masses vu la faiblesse quantitative du mouvement et plus encore la leur. Depuis qu'ils fantasment sur leur influence, ont-ils "infléchi" cette dynamique ? Que nenni, elles est devenue plus politique, plus citoyenne, Macron et Le Pen progressent : les urnes sont descendues dans la rue aussi sûr que la structure du machin, telle que dite par mézigue, ou RS/TC du moins en décembre

1) immigration, migrants, racisme, nationalisme franco-européen...

les violences policières, c'est au nom de la France qu'il faut les dénoncer, sauf quand depuis décennies elles ne concernaient que le 'Colored People' des "quartiers populaires", à vie "issu de l'immigration de x générations", alors celle qui vient, je te dis pas...


du groupe facebook gilets jaunes de Drouet
photos La France en colère !!!

si j'en crois l'expression de la gauchosphère radicale, toto, anarcho-libertaire d'AL, et quelques figures tel l'anarchiste de maisons d'éditions Claude Guillon, ceux-là ne sont pas trop empressés de souligner les contradictions de ce "mouvement" dont l'unité sans rupture n'a jamais tenu qu'au jaune gilet, et à la conjoncture française depuis quelques années, ce que j'ai nommé en 2015 L'idéologie française atteignant là son acmé ; si je les en crois donc, ce sont les problématiques de l'immigration, celle des migrants et celle des "racisé.e.s" et donc encore la question de "la race", ou plutôt du racisme, et plus généralement du nationalisme identitaire franco-européen de droite ou de gauche, qui ne leur poseraient pas de problèmes majeur, si ce n'est à la marge dans l'expressions des "fachos", des Dieudonné, des Soral & Cie

d'autres dans la galaxie post-ultragauche, Vosstanie, Yves Coleman, André Dréan... tiennent un cap inverse, malgré leurs présupposés parfois communs avec les précédents, mais ancrés somme toute dans une approche "de classe" qui les protège de glisser. Je l'apprécie d'autant plus que leurs fondements ne sont pas ma tasse de thé

parmi ceux dont j'apprécie la tenue, j'ai signalé parmi les tweetistes les plus intéressants A Small Conversation with Rebel Workers @rebel_workers, des camarades de la gauche autonome ayant l'avantage d'être trilingues et, si c'en est un, non européens : ils sont je crois Guyanais, ce qui peut expliquer davantage de distanciation de l'événement qui emballe la gauchosphère
@IcingSugar4 a écrit:Des partisans de Dieudonné qui sécurisent et s'interposent entre flics et manifestants, très problématique en effet pour ceux qui nous les vendent comme des nazis fascistes à moitié loup Garou.
@rebel_workers a écrit:Donc des nazis qui sécurisent une manif c'est plus des nazis parce qu'ils sécurisent une manif ? Ou comment faire un tweet-dialectique à 2 balles. Si vous croyez qu'un nazi en 2019 c'est un antisémite négationniste bah non en fait c'est pas ça. La magie de tweeter en gros.
Patlotch a écrit:toute la "dialectique" de cette merde, c'est la dynamique inéluctable de ce "mouvement" : nationaliste franco-européenne, Macron et les #GiletsJaunes en réciprocité, Le Pen en arbitre. Les gauchistes en tous genres ont de la merde dans les yeux
exemple de gauchisme en version "libertaire anarchiste", etc.
ou le subjectivisme gauchard dans toute sa splendeur
Aternative Libertaire officiel a écrit:AL officiel @alternativelib 10h
#GiletsJaunes - Rien n'est fini, tout commence : construisons la #grèvegénérale ! Généralisons la #colère, construisons la #grève. Et que celle-ci soit aussi déterminée et incontrôlable que la mobilisation des gilets jaunes !
petit ajout en direct de Paris-Luttes.Info
Jaunes de rage pour toujours ? - Alternative Libertaire

2) l'articulation gilets jaunes - lutte(s) de(s) classe(s)
, et accessoirement masse-classe compte tenu de la faible mobilisation quantitative de manifestants, en sus du faible contenu qualitatif
je pense l'avoir suffisamment posé dans le sens de ma théorisation, et développé face à d'autres, je n'y reviens pas

ce sera tout pour aujourd'hui

 Rolling Eyes


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 22 Jan - 15:57

déplacé dans le nouveau sujet SUR L'INTERCLASSISME, un renversement théorique de perspective

ceci n'est pas de la métathéorie, mais de la "théorie lourde", comme disait de Théorie Communiste Roland Simon (RS/TC). Elle n'est cependant pas réservée aux initiés de "la théorie interne de la communisation", concept de haut-niveau dont Alain Corne/Carbure est l'inventeur et le garant pour le grand débat introuvable : rendons à ses airs ce qui leur appartient. C'est en fait une mise en cohérence de mes "thèses" théoriques depuis les "Gilets Jaunes"

17:25 :quand on parle du loup... ça vient de sortir :
Gilets jaunes et théorie #1
Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste
, sur CarbureBlog et mur facebook d'Alain Corne pour commentaires,

relayé par dndf où j'ai laissé un commentaire (copie en bas). C'est un long texte. J'y reviendrai après lecture, sachant que l'ayant balayé, ni TC (ce serait plus proche de Léon de Mattis et ça va plaire à Robin cité plus bas) ni moi ne pouvons être d'accord sur certains points importants, en lien avec la critique que j'ai faite et des conceptions et de la pratique théorique, notamment sur facebook, de l'auteur

à ce stade, disons que ça se veut un "renversement de perspective" aussi, mais plus immédiatiste bien qu'interne à la théorie de la communisation, et bien que remettant en cause des aspects majeur du point de vue de TC : nous nous trouvons donc avec trois débats en un : un entre TC et moi, un entre AC et TC, un entre AC et moi, mais s'il n'y vient pas, c'est son problème


réflexion à partir de l'interclassisme

ce ne seront d'abord que notes préliminaires, intégrant peu à peu des références familières à qui me suit depuis une dizaine d'années. C'est du lourd, mais ça bouge

introduction

l'interclassisme est un terme, on n'ose pas dire un concept tant il est mis à toutes les sauces critiques, mais dans un sens toujours péjoratif, par les marxistes ou anarchistes héritant du programmatisme ouvrier (le prolétariat va prendre le pouvoir d'État ou instaurer l'autogestion), qu'ils le prolongent en fossiles ânonnant leurs dogmes intemporels, ou le renversent en attendant la reconstitution en classe du prolétariat, comme les "communisateurs" dans une révolution immédiate où il retrouverait son unité, dissolvant et absorbant en lui les autres classes dont les couches moyennes et la paysannerie, le temps d'abolir tout ce fatras des classes sociales

Patlotch a écrit:15 janvier
l’interclassisme, j'ai dit mes réticences avec ce concept, qui laisse entendre des classes constituées (moyenne haute et basse, prolétariat). À tout prendre, quand le capital n'est pas remis en cause ni la classe capitaliste attaquée comme telle, je préfère la vieille terminologie de réformisme voire de collaboration de classes
je voudrais proposer une autre perspective, une autre compréhension de l'inter-classisme, d'une part en reprenant certaines de mes "thèses", d'autre part en m'appuyant sur le meilleur du mouvement des gilets jaunes, une subjectivation proprement trans-classiste voire a-classiste selon l'acception théorique que l'on donne à "classe"

je rappelle que pour moi "la conscience de classe, c'est la conscience du capital", formule que j'emprunte à Endnotes, et qu'elle ne présuppose pas la formation, en face, d'une classe particulière autour du prolétariat conçu par un marxisme à l'ancienne. À cet égard, la théorie de la communisation, malgré les raffinements dialectiques de Théorie Communiste (TC) avec le "kaléidoscope du prolétariat" dans TC26 en 2018, ne parvient pas à saisir ce qui fait une caractéristique du capitalisme en subsomption réelle (domination de tous les rapports sociaux et "à la nature"), le fait qu'il produit comme ses ennemis antagonistes toutes les couches de la population

c'est justement ce qui me semble sous-jacent au transclassisme des gilets jaunes, même si cela ne produit dans la conjoncture actuelle aucune défaisance de leurs rapports aliénés à l'économie politique

éléments
quelques citations relatives à l'inter-classisme dans le mouvement des gilets jaunes, leur compréhension interne, et en quoi elle est problématique] :

robin a écrit:“Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ?” dndf 14/01/2019 à 15:53 #4
-  Ça donne plus l’impression que les différents segments de l’interclassisme se sont dissous dans le jaune qu’une coalition temporaire ou chacun vise ses propres objectifs limités en se servant d’une alliance temporaire.
- la classe capitaliste est dos au mur
- La médiation raciale et la distinction « braves travailleurs – racailles de l’économie informelle/assistés » si présente dans le cours normal des choses au point où on à un TC entier consacré au sujet [qu'on peut donc brûler avec tous les précédents, comme disait Dauvé à propos de la contradiction de genre ?], s’est comme évaporée, dissoute dans la lutte
- contrairement à Roland, je penses que les Gilets Jaunes préfigurent des “solutions” aux questions de la communisation
- je garde l'espoir que cette conjonction  « restructuration impossible - luttes qui dépassent les médiation par souci d’efficacité » est porteuse de la communisation, parce que la communisation est la forme d’organisation la plus forte, et que toutes les autres seraient défaites
- Vu qu’il ne peut y avoir de restructuration et que la tension ne peut que monter avec la crise , et vu que tout ce qui tendrais à restaurer des médiations du capital signifierais la défaite, et qu’il ne peut y avoir que reprise des luttes immédiatement après la défaite puisque pas de restructuration possible, alors on est en train d’amorcer une phase ou la résultante ne peut être que la communisation.
Alain Corne a écrit:3 décembre, porter plus loin le désordre CarbureBlog - Lutte des classes / Guerre civile / Communisation
le contenu révolutionnaire de la période actuelle a commencé à apparaître sous la croûte des discours et des idéologies... La rencontre avec les « quartiers » lui a apporté ce qui lui manquait pour correspondre au « mouvement réel [référence à la manif à Saint-Lazare, avec le Comité Adama et le NPA]... On pourra imaginer passer de l’émeute ou du soulèvement à la révolution... Ce mouvement porte tout ce que peut être aujourd’hui une révolution communiste, ses limites, ses dangers, son caractère imprévisible.
Alain Corne a écrit:15 janvier sur son 'mur facebook' partageant la publication de dndf Gilets Jaunes, nos débats continuent…
Et du coup on se demande à quoi ça sert de parler d'interclassisme en effet, s'il n'y a plus que des "gens". Il va encore falloir être dogmatique : soit il y a un "magma interclassiste" où les rapports de classe deviennent indistincts, soit il y a un ensembe interclassiste et là il faut préciser la nature des rapports que désigne le préfixe "inter".
Patlotch a écrit:effectivement : « que désigne le préfixe "inter" » ? Il désigne ce qui se passe entre des classes considérées comme constituées (pour soi) : mission théorique impossible tant qu'on se refuse à différencier classes existantes (comment, en dehors de la classe capitaliste : une existence sociologique en termes de "composition" ?) et classes constituées : c'est le fondement classiste de la théorie de la communisation qui est en crise !
on peut donc repartir de ces visions les plus enthousiastes sur le mouvement et la nécessité d'y participer "en révolutionnaire" souhaitant "porter plus loin de désordre", chez qui se réclame de la théorie de la communisation, plutôt que chez les divers gauchistes, des totos dits de "l'ultragauche" au NPA électoraliste, pour qui cela relève du subjectivisme militant le plus fantasmateur ou le plus citoyenniste et institutionnel

position
c'est en effet avec ce courant que l'on peut discerner où le pas est franchi de prendre ses rêves pour la réalité, alors qu'il n'y a pas d'écart au sens de transgression par la dynamique du mouvement des limites du capital, pas d'«unité de rupture» susceptible d'être produite au sein du mouvement par ces activités qui ne peuvent être pour l'abolition du capital qu'en paroles et gestes symboliques marginaux. J'utilise en l'assumant le vocabulaire propre à TC quand il a valeur générale et méthodologique, avec l'avantage d'être compris par ses adeptes tout en en proposant la critique : le débat, c'est cela

renversement
entrons dans le sujet : dès lors que l'on n'est plus omnibulé (pris dans la bulle déterministe) ou obnubilé (se faisant de la bile) par la reconstitution en classe du prolétariat à l'ancienne des marxistes, voire des ouvriéristes, dès lors qu'on pressent la multiplication des lignes de fronts antagonistes au capital (exploitation, dominations masculines et racialistes, destruction du vivant, la "nature", dont l'humain), alors on ouvre une nouvelle perspective révolutionnaire, je ne dis pas une fenêtre immédiate

la défaisance des "classes", on peut la pressentir dans la nouvelle subjectivation produite dans les rencontres sur les ronds-points et blocages, telle qu'elle a été par beaucoup décrite. Ici le témoignage de Robin est intéressant au-delà d'un subjectivisme qu'il reconnaît lui-même. Je lui ai d'ailleurs dit, le 24 décembre (cadeau de Noël ?), dans Réponse aux commentaires de Patlotch : « pour moi c’est de ce genre de témoignages que nous manquons le plus...». Mais dégagée de son optimisme surjoué, on la trouve aussi chez Henri Simon dans un texte dépourvu de toutes sortes d'illusions dans Gilets jaunes ? Et après ? Ici le phénomène n'est pas pris dans sa seule positivité, il est décortiqué, critiqué au sens théorique :

Henri Simon a écrit:soutiens et solidarités
- Nous reviendrons sur la solidarité qui s’exprime dans le mouvement lui-même entre participants actifs et les formes qu’elle peut prendre [...] depuis le discours jusqu’au simple message y compris les gestes et les coups de klaxon en passant les barrages, un premier soutien matériel celui-là se concrétise partout dans l’apport de victuailles et autres sur les barrages routiers : s’il exprime une sympathie « active » pour le mouvement il ne va quand même pas certainement pour un tas de raisons personnelles au-delà et on pourrait les appeler « intéressés désintéressés »
- Toute une autre partie des soutiens de solidarité vient de ceux que j’appellerais les « intéressés intéressés ». Qui ne viennent pas comme les précédents seulement pour aider mais pour tenter d’influer sur les perspectives et les orientations du mouvement. C’est inévitable. [...] Etant donné le caractère hétéroclite interclassiste de participants « gilets jaunes », des soutiens de marginalités locales très diverses peuvent penser y trouver à la fois une possibilité d’action les sortant de leur isolement et inaction relative et éventuellement des possibilités de recrutement.
j'ai bien sûr été moi-même frappé, positivement, par ce phénomène de longtemps disparu de l'expérience syndicale ou politique, sauf précisément dans la grève, la grève dure et qui dure, celle des cheminots en 95 autour des "feux de camp", qui étaient un peu leurs "ronds-points", mais au sein de leur entreprise, où nous avons vu de tels exemples se multiplier contre les liquidations, ces dernières années

en parler en terme de subjectivation
quitte à préciser qu'elle ne peut être révolutionnante des individus et révolutionnaire contre le capital que si elle porte un "contenu de rupture", de même que j'affirmais le 27 novembre « l'auto-organisation révolutionnaire n'est concevable qu'avec un contenu révolutionnaire », parler de subjectivation est moins "froid" que décrire une auto-organisation surtout en termes conceptuels non rapportés au "vécu" collectif d'une lutte singulière. C'est bien ici un point qui me séparer de Théorie Communiste peu porté, il le reconnaît à "faire du sentiment" :

RS/TC a écrit: TC n’a jamais apprécié ni l’ « humain », ni les sentiments (sauf les prendre à leur niveau comme des « efficaces idéologiques »)
Théorie Communiste et le marxisme structuraliste althussérien 26 novembre 2018
c'est toute la différence avec Dauvé, à qui TC reproche : « Dauvé possède l’Humain et la permanence d’une Révolution qui, épurée de ses « erreurs » et « manques », va peut être réussir la prochaine fois », où pointe le rejet de tout humanisme au-delà même de l'humanisme-théorique, une tare durable chez Roland Simon que l'on retrouve encore dans sa compréhension du "vivant"*, dont on ne saurait pas ce qu'il est. Perso, il ne m'étonne pas le connaissant qu'il l'ignore, mais il serait hors-sujet d'aborder ce qu'il reconnaît lui-même « J'ai un problème avec le "perso" »
* cf discussion dans L'HUMANITÉ CONTRE LE VIVANT ? ET LE CAPITAL ? à partir du 19 décembre

Dauvé reconnaît l'importance de la subjectivité comme le montre le texte Communisation, de 2011 avec Karl Nesic, paragraphe Inévitable subjectivité sociale, un passage que j'ai souvent cité :

Dauvé&Nesic a écrit:Il n’y aura pas communisation sans qu’existe préalablement dans l’imaginaire collectif la possibilité, inévitablement multiforme et brouillonne, d’une autre façon de vivre, où « travail », « salaire » et « économie » n’iront plus de soi. Les idées ne font pas l’histoire, mais la force (ou inversement la faiblesse) du mouvement communiste dépend aussi d’une volonté subjective chez des prolétaires, et de l’aptitude d’une minorité à prendre des initiatives, tant collectives qu’individuelles. « La volonté n’est pas tout, mais sans volonté on n’a rien. », écrivions-nous en 2009 dans Le Tout sur le tout.

Si le dilemme objectivité/subjectivité était soluble par le maniement d’une imparable dialectique, nous n’aurions aucune décision à prendre sur quoi que ce soit : elle se prendrait sans nous, le choix s’imposant tout seul sans alternative. Il n’y aurait plus ni réflexion nécessaire ou possible, ni conflit, ni d’ailleurs histoire, car l’histoire est faite de contradictions, chacune résolue par la pratique de ceux qui y sont impliqués, non par le blocage d’un de ses deux termes.
or c'est justement d'une pratique de la subjectivité et de la volonté qu'il est question dans les rencontres de luttes des gilets jaunes où ils sont impliqués

violences : subjectivation et pratiques de luttes
on pourrait examiner le rapport entre subjectivité et luttes dans celui des "violences policières" aux sentiments et réactions qu'elles provoquent, avec toute une gradation allant de la peur au dégoût, des condamnations morales aux politiques, du rejet de toutes violences (la manif qui vient le 27 janvier de soutien de fait au pouvoir) au choix délibéré de se défendre voire d'attaquer par la violence (c'est dans l'air du temps, rappelons l'excellent Se défendre: Une philosophie de la violence d'Elsa Dorlin en octobre 2017)

quand j'ai parlé, le 5 décembre, du rôle de la violence dans ce mouvement : contribution à son caractère revendicatif, c'était bien du rapport réciproque de la lutte et de ses formes à ses objectifs aussi limités étaient-ils. Il n'était pas alors question d'en tirer un dépassement révolutionnaire possible en "poussant plus loin le désordre" (Corne, plus haut.e)

mon propre "ressenti" (comme on dit sur les plateaux) sur les violences, leur rôle et leur perception dans ce mouvement, j'en ai fait part dans une série de lettres intimes de l'étranger à ma lectorate, pour sortir d'un véritable tabou théorique

par conséquent la "question de la violence" se pose comme le disent à leur façon tant Dauvé qu'Henri Simon de la subjectivité, en tirant soit vers le bas soit vers le haut du contenu des luttes, en d'autres termes en-deçà ou au delà des limites à franchir pour seulement commencer à affronter l'État et le capital

nous baignons avec tout ça en pleine dialectique, il faudra bien qu'elle casse le RIC, à défaut d'autres perspectives immédiates

(à suivre)


limites
elles pourraient aller sans dire et je les ai posées chemin faisant (immédiatisme, subjectivisme chez Robin, objectivisme chez Alain Corne...), mais relativement au schéma d'une révolution par trop semblable encore à celui de la communisation, qui dans cette conception/vision ne convient plus. Ce qui renvoie aux limites, précisément du CONCEPT DE RÉVOLUTION qui n'est pas la seule possibilité d'envisager le processus révolutionnaire vers la communauté humaine

(à suivre)

en commentaire à Gilets jaunes et théorie #1 Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste, dndf, en attente de publication
Patlotch a écrit:alias ânonime dndf 22 janv 13:33

bonjours et bonnes années

pas encore lu ce texte de Carbure, donc je réagirai où j'ai pondu ça qui est cours, du lourd mais qui bouge :

RÉFLEXIONS À PARTIR DE L'INTERCLASSISME
http://patlotch.forumactif.com/t63-mets-ta-theorie#935

il y est question, à partir de mes thèses et du meilleur du mouvement Gilets Jaunes, de renverser la conception péjorative qu'en ont les marxistes dit "classistes" dans une perspective nouvelle. Il y est donc question aussi de la subjectivation selon ses contenues (de rupture ou non), du rapport à l'auto-organisation approche plus "froide" quand elle reste conceptuelle si déconnectée des luttes où des sujets individuels et collectifs sont "impliqués", donc retour aux Gilets jaunes

il y est question de Roland Simon, Henri Simon, Gilles Dauvé et Karl Nesic, et pour le fun de l'auteur de ce texte de Carbure, que je lirai attentivement, bien que cet individu ait établi avec moi un rapport des plus malsains et plutôt incompréhensible

merci si vous le publiez, et sinon tant pis. Bonne continuation à toussétoutes

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 22 Jan - 19:41


coup de gueule d'un jobard

à propos de :


"théorie interne au milieu communisateur"

la théorie interne au communisme,
ça n'existe pas

l'expression est d'Alain Corne en commentaire sur facebook de son texte
« Sur le fil » : le RIC, la gauche et les Gilets jaunes carbureblog 23 décembre 2018
Alain Corne a écrit:Oui c’est basique, ça n’est pas de la théorie interne au milieu communisateur et en effet écrit vite fait. Pour le reste, là je n’ai pas vraiment le temps, mais on va s’occuper de la question du “miracle”, de la conjoncture et des mouvements comme situation après les “fêtes”, qu’elles crèvent. J’ai mis TC 20 sur la “Théorie de l’écart” (elle est passée où, celle-là ?) dans mon petit sac, avec les papillotes. Ça va être sympa à lire avec le Grand cabaret et Patrick Sébastien en fond sonore. Amusez-vous bien aussi les camarades.
indépendamment du fait qu'il s'agit d'une "réponse" à un texte qui ne vient pas du "milieu communisateur", c'est un texte théorique qui suppose connue la théorie dont on est partisan dans ce milieu, à moins qu'il ne s'agisse de clins d'œil (publics) entre Happy Fews, et ça relèverait de la posture d'un pédant ou d'un fat

ce qui me conduit à un petit rappel avec mise au point : j'ai produit un texte Communisation 2015 : ruptures communiste et décoloniale dans la théorie de la révolution indiquant une "Rupture dans la théorie de la communisation", et, par suite de l'absence de réactions de ce "milieu" si singulièrement "interne" à lui-même  comme de désaccords qui s'approfondissaient notamment sur "la question raciale" : "Rupture avec la théorie de la communisation"

de là il découlerait, pris au pied de la lettre, que je me suis retiré de ce milieu de la communisation, alors que j'en avais été critique depuis ma participation à Meeting, en 2005, dans les échanges en ligne comme par un texte de 2006 : " Communisation, troisième courant". Et c'est effectivement ainsi que j'ai été "traité" par ce "milieu", au-delà de polémiques devenues personnelles : non publication de mes commentaires ici ou là, sale réputation faite par ce milieu en Europe (via Kommunisierung.net @Kommunisierung et d'autres) et jusqu'aux États-Unis (Ross Wolfe Introducing Patlotch in The Charnel House, 2016 : « Patlotch is an enigmatic character. Claude Guillon explains that his handle is an (unimpressive) anagram derived from the Situationist journal Potlatch »), aucun relais, aucune traduction entre ces "camarades" si particulièrement liés

je ne l'entends pas de cet oreille et pour plusieurs raisons :

0) c'est nul : je n'en fais pas une affaire personnelle
1) la théorie de la communisation n'appartient à personne, ils l'ont écrit et répété depuis qu'ils l'ont formulée (notamment Bernard Lyon de TC)
2) la théorie n'est pas faite pour "guider une pratique", ça ils le disent aussi, mais pas davantage une "pratique théorique" sectaire, ce qu'ils font : "pratique théorique" de TC critiquée par Christian CHARRIER, c'est d'actualité...
3) les débats sont nécessaires, les désaccords doivent s'exprimer... c'est en substance dans l'adresse de Meeting, et je ne sache pas que ceux qui y participaient (dont moi) l'entendait "en interne" pour un élite arrogante et sûre de son avance, ou persuadée que les autres sont des cons, la preuve, s'il ne l'étaient pas, ils se reconnaîtraient comme "camarades" du "milieu de la communisation"

4) imaginons un seul instant que Marx ait écrit, par exemple de Salaire, prix, et profit, Un rapport au Conseil Général de l'Association Internationale des Travailleurs (AIT) de 1965, d'un haut niveau de "vulgarisation"

Karl Marx a écrit:Oui c’est basique, ça n’est pas de la théorie interne au milieu partageant nos idées communistes, et en effet écrit vite fait. Pour le reste, là je n’ai pas vraiment le temps...

Rolling Eyes

dernière exemple en date, sur l'interclassisme, j'ai écrit à propos de

Gilets jaunes et théorie #1
Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste
, sur CarbureBlog, relayé par dndf et mur facebook d'Alain Corne pour des commentaires

Patlotch a écrit:c'est un long texte. J'y reviendrai après lecture, sachant que l'ayant balayé, ni TC (ce serait plus proche de Léon de Mattis et ça va plaire à Robin cité plus bas) ni moi ne pouvons être d'accord sur certains points importants, en lien avec la critique que j'ai faite et des conceptions et de la pratique théorique, notamment sur facebook, de l'auteur

à ce stade, disons que ça se veut un "renversement de perspective" aussi, mais plus immédiatiste bien qu'interne à la théorie de la communisation, et bien que remettant en cause des aspects majeur du point de vue de TC : nous nous trouvons donc avec trois débats en un* : un entre TC et moi, un entre AC et TC, un entre AC et moi, mais s'il n'y vient pas, c'est son problème[/color]
[/size]

* comme il y aurait pu en avoir un triple avec Christian CHARRIER, voir le 20 janvier pourquoi je n'irai pas à la Présentation publique de
LA MATÉRIELLE
PS: accessoirement pour ma gouverne et la clarté y compris des non-échanges, s'il y avait des raisons théoriques fondées à cet ostracisme, je suis curieux de les connaître, des fois qu'elles différent des explications théoriques que j'ai fini par comprendre, parce qu'au fond, étant comme disait Pepe@dndf un "jobard", je ne comprendrais pas, vu les enjeux théoriques, qu'elles soient personnelles, et je donne donc ma langue au chat
CNRTL a écrit:jobard : trop naïf, d'une grande crédulité. Passer pour un jobard; prendre qqn pour un jobard; traiter qqn de jobard. exemple : « J'aime Odette de tout mon cœur, mais pour lui faire des théories d'esthétique, il faut tout de même être un fameux jobard ! » Marcel Proust, Swann, 1913
extrait de jobard, CNRTL, outil pour un traitement optimisé de la langue

le même Marx écrivait, à propos du communisme
Marx&Engels a écrit:Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses. Les conditions de ce mouvement résultent des données préalables telles qu’elles existent actuellement.
à moins que ces "données" n'existent pas dans les rapports sociaux du monde que tous ont « sous les yeux », mais seulement dans l'esprit génial de quelques privilégiés d'un so called "milieu interne à la théorie de la communisation", auquel cas, je n'auaris rien compris au communisme, et je présente à ma lectorate mes excuses

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mer 30 Jan - 14:02


gauchismes
essai de définition et catégorisation

j'avais ouvert dans le précédent forum un sujet tentant de définir les plutôt que le gauchisme/s. J'y rappelais ce qu'ils étaient pour Lénine dans le célèbre Le gauchisme, maladie infantile du communisme (1920) écrit contre les Communistes de Conseils (ouvriers) dits plus tard Ultragauche germano-allemande ou italienne, et généralement opposés au parlementarisme. Sans y revenir ou plus tard, quelques remarques

1) il apparaît que les gauchismes ont un regain de vigueur en « périodes non-révolutionnaires », comme certains d'entre eux les qualifient pourtant, puisqu'il faudrait en discerner plusieurs formes et contenus, une ligne de partage opposant :

- ceux que j'appelle les gauchistes institutionnels, donc citoyennistes et électoralistes (NPA, LO...)
- ceux qui, héritant du Conseillisme ouvrier, sont opposés au parlementarisme et plus proches du mot d'ordre anarchiste Élections piège à cons. Je les ai regroupés sous le mien label post-ultragauche, mais qui ne s'applique pas nécessairement à tous ceux qui en relèvent après 1968 (exemple : on ne peut considérer Temps Critiques comme gauchiste)

les choses se compliquent puisque chacune de ces catégories peut considérer l'autre comme gauchiste. La post-ultragauche considérera le NPA comme gauchiste en raison de son fantasme de changer les choses par les élections, un objectivisme/subjectivisme militant. On peut y ajouter la France Insoumise, bien que son programme n'ait rien d"« anticapitaliste », et plus généralement tout la sphère politique, syndicale et associative relevant du démocratisme radical, À l'inverse celui-ci taxera la post-ultragauche de gauchiste pour fantasmer sur une révolution qu'ils considèrent comme une sorte de "Grand soir", généralement ignorant du concept de communisation

disons qu'une tendance générale et communisme aux gauchismes est "prendre ses désirs pour des réalités", et l'opportunisme plus ou moins ravageur qui en découle du racket militant de tous au racolage électoral des institutionnels. L'accompagne assez souvent le sectarisme dès qu'on sort de leur cible, l'entre-soi de "milieux", et la censure, puisque la critique les dérange dès qu'elle met le doigt où ça fait mal

pour ma part, j'ai élargi depuis quelques années le champ de mes gauchistes, comprenant les gauchistes institutionnels et partie de la post-ultragauche. En son sein, je vise comme les théoriciens de la communisation les activistes immédiatistes (Totos, Comité invisible, divers groupuscules ou bloguistes présents davantage sur Internet via les réseaux sociaux

il arrive aussi que certains "communisateurs" relèvent pour moi du gauchisme, tels que Léon de Mattis (ex de Meeting et Sic, auteur de Mort à la démocratie en 2008) ou plus récemment Alain Corne de Carbure.blog (Lutte des classes / Guerre civile / Communisation), tare qui s'est aggravée avec le Mouvement des Gilets jaunes :

Alain Corne/Carbure a écrit:1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre »
- “le contenu révolutionnaire de la période actuelle a commencé à apparaître sous la croûte des discours et des idéologies”.
- “la rencontre avec les « quartiers » lui a apporté ce qui lui manquait pour correspondre au « mouvement réel “.
- “Cet état de fait porte aussi bien la guerre civile comme limite que le dépassement révolutionnaire : franchir le pas qui mène de l’insurrection à la révolution, c’est marcher sur la lame d’une épée”.
- “on pourra imaginer passer de l’émeute ou du soulèvement à la révolution.”
- “Ce mouvement porte tout ce que peut être aujourd’hui une révolution communiste, ses limites, ses dangers, son caractère imprévisible”
le 22 janvier, AC/Carbure a théorisé son gauchisme communisateur dans Gilets jaunes et théorie #1 Thèses provisoires sur l’interclassisme dans le moment populiste. Je l'ai montré dans SUR L'INTERCLASSISME, un renversement théorique de perspective, et 3 débats en 1
depuis, il tend sur son mur facebook à rétropédaler devant la tournure du "mouvement" révélant pour lui ce que j'annonçais dès le mois de décembre dans LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique : les débats continués

ces gauchismes divers et avariés sont épinglés dans LES CLOWNS DE L'AVANT-GARDE, alors que ma critique de fond, avant renversement théorique par ailleurs, figure dans DU PASSÉ FAISONS TABLE NAZE vec deux sujets :
- MÉSAVENTURIERS DE LA CLASSE PERDUE
- LE CONCEPT DE RÉVOLUTION (structure d'horizon, qui s'éloigne au fur et à mesure qu'on s'en approche)

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mer 6 Fév - 17:41


pour en finir avec une double incompréhension

à propos (du concept) de "conjoncture"
et de son usage réducteur du sens commun à une conjoncture favorable (à...)

par de so called "communisateurs" mal inspirés par TC

1. 1. l'introduction du concept dans la théorie communiste par TC en 2012
2. qu'est-ce qu'une conjoncture en général ?
situation, favorable ou défavorable, qui résulte d'une rencontre de circonstances
3. "conjoncture économique" : dans le cours quotidien du capital se créent des conjonctures économiques notamment...
4. réductionnisme prétendu relever de la théorie de la communisation (version TC)
5. Patlotch en 2012 : la fonction détournée du concept dans le milieu identifié comme radical ou communisateur
6. 6. pour en finir avec un usage immodéré et faux du concept de conjoncture
conduisant à ne pas en voir une où elle est évidente
7. sept penseurs de l'antiquité au 20e siècle pour comprendre conjoncture en français


"Senonevero e ben mal capito"

1. l'introduction du concept dans la théorie communiste
quand Roland Simon (RS) de Théorie Communiste (TC) a défini le concept de conjoncture, développé dans TC n°24 en 2012, il l'a placé sous l'expérience de Lénine pour engager la Révolution d'Octobre, parce une conjoncture révolutionnaire était selon lui présente, à saisir...

2. qu'est-ce qu'une conjoncture en général ?
le sens commun de conjoncture est « Situation qui résulte d'une rencontre de circonstances : une conjoncture favorable, difficile...», et par conséquent son sens pour RS/TC le porte sur conjoncture favorable à, une « unité de rupture » (celle qui n'existait pas dans le mouvement dit des gilets jaunes), une situation insurrectionnelle (à la limite en Grèce avant l'arrivée au pouvoir de Tsipras/Syrisa), et bien sûr dans cette théorie, une fenêtre historique produisant la communisation comme nécessaire

je n'entre pas dans les détails, ce n'est pas mon propos ici

3. "conjoncture économique"
l'utilisation en économie est courante, la "conjoncture économique": « état de l'économie à un moment donné.
La conjoncture internationale.»
, à tel point qu'à la Direction des Affaires économiques et internationales du Ministère de l'Équipement et des transports, où j'ai travaillé une quinzaine d'année, il y avait un bureau de la conjoncture, qui publiait un Bulletin mensuel sur la conjoncture dans le BTP dont il exerçait la "tutelle", guillemets puisque ça allait surtout dans l'autre sens, avec les Bouygues &Cie


4. réductionnisme prétendu relever de la théorie de la communisation (version TC)
quand Steve Modica, afficionados de RS/TC, écrit sur le mur facebook d'Alain Corne/Carbure...
6 février vers midi
Peut-être faut-il regarder du côté de la conjoncture ? C'est bien son absence qui a permis à la répression d'étouffer le mouvement en dépit du soutien majoritaire de la population (on a parlé de 70% de sympathies) soutien resté platonique. Ça ne fait pas une conjoncture.
... il restreint sa compréhension à une conjoncture favorable,- on ne sait trop à quoi vu la dynamique pouvoir-mouvement depuis l'entrée en scène des Gilets jaunes en novembre 2018, et le sujet LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique montre abondamment qu'il y a eu, précisément dans le sens décrit par RS au niveau phénoménologique, production d'une conjoncture à travers la complexité et l'intrication des tendances centrales ou marginales du "mouvement", mais toutes prises dans l'implication réciproque pouvoir actuel-luttes actuelles

5. ce qu'en j'en écrivait en 2012 dans Pour en finir avec mon communisme-théorique

Patlotch a écrit:Sur la conjoncture comme "concept nécessaire à la théorie de la communisation"

Je n'ai pas grand chose à redire au développement de RS. D'une certaine façon, et d'un point de vue interne à cette théorie, il présente plusieurs avantages :

- en finir avec la "détermination de l'économie en dernière instance", dans le prolongement des réflexions d'Althusser, mais sans tomber dans son matérialisme aléatoire de la rencontre épicurienne des atomes crochus révolutionnaires.

- ranger définitivement la nécessité pour engager la révolution de conditions objectives ou subjectives au magasin des accessoires, précisément, objectivistes ou subjectivistes.

- complexifier et assouplir la présentation binaire de la contradiction essentielle (l'exploitation et particulièrement son deuxième moment, l'extraction de la force de travail), en faisant jouer un rôle à des déterminations sociales liées à d'autres instances de la reproduction capitaliste en crise. Cette complexification, dans le jeu de trapèzes técéiste conjuguant dialectique et rhétorique dans le discours théoricien, ne supporte aucune reformulation sans être déformée, voire trahie, ce que n'entend que le théoricien lui-même ou quelques rares discrets.

On observe dans le milieu communiste en général et communisateur en particulier un grand flou artistique dans l'utilisation même des concepts ou des mots qui les portent, tels que prolétariat, classe ouvrière, production, exploitation, aliénation, classes moyennes, voire capitalisme - ceci bien au-delà de débats de fonds (par exemple concernant l'aliénation, entre TC et Aufhebung/Endnotes). C'est ce flou qui permet au milieu d'exister, car il crée un commun, une identité communiste qu'il est préférable de ne pas questionner.
6. pour en finir avec un usage immodéré et faux du concept de conjoncture
conduisant à ne pas en voir une où elle est évidente

mon intervention de 2012 ne signifiait pas que le concept de conjoncture serait inutile à la théorie communiste (cmmunisation ou autre, moi je le retiens), mais qu'il convient dans l'analyse du réel présent d'en conserver tout le sens général, aussi défavorable serait-il, ce qui est à mon avis le cas de la conjoncture produite depuis 3 mois en France par le mouvement des gilets jaunes sur la base du contexte existant avant, "chez nous" comme au plan mondial

ce n'est pas clair ? Alors c'est un problème de français, pas de théorie communiste, et dans ce cas, lisez du Drouet, puisqu'il est depuis octobre 2018 l'un des hommes qui ont le plus participé par son cheffisme refoulé à la production d'une telle conjoncture, aussi mauvaise et aussi favorable au pouvoir macronien pour retourner la lutte en conjoncture national-populiste à l'échelon français ou européen. Pour la compréhension du français de Patlotch, voir 7. ci-dessous

7. sept exemples tirés de penseurs, écrivains, poètes, depuis l'Antiquité

Il n'est point de conjoncture où l'on puisse se dispenser d'être juste. Cicéron, Traité des devoirs, 44 av. J.C.

Il n'y a rien de si dangereux que la flatterie dans les conjonctures où celui que l'on flatte peut avoir peur. Cardinal de Retz Mémoires, 1676

On ne pourrait se défendre de quelque joie à voir périr un méchant homme : l’on jouirait alors du fruit de sa haine, et l’on tirerait de lui tout ce qu’on en peut espérer, qui est le plaisir de sa perte. Sa mort enfin arrive, mais dans une conjoncture où nos intérêts ne nous permettent pas de nous en réjouir : il meurt trop tôt ou trop tard. La Bruyère, Les Caractères, 1688

La conduite qu'il leur conviendrait de tenir dans les conjonctures présentes et les éventualités futures. Anatole France, L'Île des pingouins, 1908

Esclaves-nés des circonstances et des conjonctures, Bernanos, L'Imposture, 1927

Nous avons (...) en quelques dizaines d'années, créé et bouleversé tant de choses aux dépens du passé (...) que le présent nous apparaît comme une conjoncture sans précédent et sans exemple, un conflit sans issue entre des choses qui ne savent pas mourir et des choses qui ne peuvent pas vivre. Paul Valéry, Variétés IV, 1938

C'est un étrange sentiment que celui de fixer le destin de certains êtres. Sans votre intervention, la médiocre table tournante de la vie n'aurait pas autrement regimbé. Tandis que les voici livrés à la grande conjoncture pathétique... René Char, Fureur et mystère 1948


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 10 Fév - 20:47


UNE LEÇON DE THÉORIE COMMUNISTE
par un soralien d'extrême-droite, anarchiste, marxiste...
issue d'une famille de petits blancs de HLM ?

ce n'est pas d'aujourd'hui, mais depuis que j'ai forgé et approfondi le concept d'Idéologie française en 2015 (long sujet détruit), que j'estime que la droite de la droite, pour ne pas dire extrême mais plutôt nouvelle, dans la mouvance théorique d'Alain de Benoist (Crisis, Éléments) et pratique d'Alain Soral (Égalité et Réconciliation), était plus avancée, c'est-à-dire plus en prise idéologiquement sur ce qui se passe au présent, que la gauche radicale et la post-ultragauche y compris la théorie de la communisation du moins dans son retard à l'allumage et ses avatardises proprement délirantes ces derniers temps. Ceux là lisent et non-récupèrent Marx, Proudhon, Nietzsche, Orwell, Hannah Arendt, Debord... et même parfois copient-collent  Théorie Communiste ! ce dont je suis le seul à avoir parlé (Francis Cousin, en 2015) en donnant des explications logiques de part et d'autres, déclenchant le silence radio dans le milieu "radical"...

un exemple m'en est encore fourni par l'ineffable "communisateur" de gilets jaunes Alain Corne, qui décidément n'en rate pas une, un peu comme mon Guillon-écrivain-anarchiste de ma préférence il y a quelques années

il se fait ramasser au pied de son mur par un facebooker qui se dit "à la base à l'extrême-droite soralienne" et pousse ce coup de gueule finalement bien senti, le 4 décembre 2018 :

Zara Thoustra a écrit:Je pense que c'est la dernière fois que je vais poster un truc avec un rapport avec ces connards de gilets jaunes.

Je vais être cash et parler sans détours : je suis à la base de l'extrême droite Soralienne. C'est ma curiosité, cette volonté de comprendre le monde qui m'entoure, et également quelques bonnes rencontres qui m'ont fait prendre connaissance de l'existence de la pensée critique Anarchiste.

Bakounine, Kropotkine, Marx, Malatesta, James Guillaume, Rosa Luxemburg, Emma Goldman, Daniel Guérin etc... tant de grand.e.s personnages malheureusement ignoré.e.s du grand public.

La commune de Paris, la révolution de 1848, la révolte Spartakiste, l'Espagne de 36, les années de plomb en Italie... des pans entiers de l'histoire des luttes sociales également absentes des manuels scolaires.

J'ai grandi dans le 93 de parents racistes et alcooliques agents d’accueil dans les HLM. En plus de 20 ans d'existence dans ces zones de vies précaires et marginalisés, là où les options scolaires sont plus orientées BEP carrosserie que Fac de sciences politiques je n'ai jamais croisé un.e seul.e camarade. Alors en les côtoyant, depuis peux de temps finalement, ils/elles parlent de révolution prolétarienne non-stop mais sans aucun prolétaire parmi eux à de très rares exceptions prêtes. Je peux témoigner d'une certaine hostilité de regard quand un élément qui ne fait partie du club, qui sort de nulle part, à l'insolence de passer la porte d'un local libertaire.

Malgré mes lectures intensives (mais malgré tout insuffisante je m'en rend bien compte) je n'ai rien dis j'ai écouté et j'ai observé. J'ai également connu mes 1ers manifs l'année dernière pour parcoursup et croisait la route de gens fort charmants.

Toutefois c'est triste à dire, mais j'ai vu aussi un milieu militant extrêmement consanguin puant terriblement le renfermé. Partagé entre la posture surfaite et l'engagement qui durera le temps de la Fac pour bons nombres d'entre eux avec pour encadrement de brillants penseurs mais enfermés dans une conceptualisation totalement déconnectée du monde où la lutte est plus un sujet de réflexion analytique matérialiste qu'une partie d'échecs qui conviendrait un jour d'envisager la victoire.

Ces mêmes militant.e.s qui affichent un mépris diffus avec une constance remarquable, ces mêmes qui n'ont que le mot "déconstruction" à la bouche et regarde d'un coin de l’œil inquisiteur toute personne pouvant faire une "micro-agression" ont subitement retourné leur veste pour embrasser ce mouvement des gilets malgré les très très nombreux débordements racistes homophobe islamophobe et complotistes !

Je vois dans cette capitulation un aveu de faiblesse énorme : les structures libertaires ont abandonné le prolétariat depuis bien longtemps préférant partir des Fac remplis d'enfants des classes moyennes que des Lycées professionnels là où est le "peuple" souffrant ! Prêt à tous les compromis pour se persuader qu'ils incarnent encore quelque chose !

À l'heure d'internet leur absence c'est faite remarquer quand Alain Soral lui l'envahissait convertissant un nombre incalculable de gens au complot Sioniste alors qu'ils auraient tout aussi bien être des sympathisants anarchistes si les grands théoriciens et les structures de la glorieuse avant garde se seraient sortis les doigts du cul plus tôt ! Mais non Youtube devrait être trop "société du spectacle" pour que l'élite de l’émancipation sociale se salisse les mains...
15 ans au bas mot où les théories du complot sont sur Internet ! Même le fils Einthoven a plus fait contre le complotisme que tous les libertaires réunis !
Summum de l'ironie : on me taxe de mépris de classe de petit bourgeois alors que je suis au RSA et ancien SDF par ceux là même qui se complaisent dans le rotary club Stendhalien !

Cette insurrection qui vient (enfin) n'a rien du grand soir ! Elle n'a rien de mai 68 ! Ce n'est pas un monde meilleur qui motive ces braves gens mais la trouille du déclassement ! C'est l'insurrection Keynésienne ! La révolution du statut Co ! Alors continuer vos petites affaires "camarades" je reste là je prend les crachats mais je note les noms des collabos pour régler les comptes quand l’excitation du spectacle de la barricade sera retombé...
Alain Corne, donc, "partage une publication" et la commente comme s'il découvrait la lune :
AC/Carbure a écrit:Pendant qu'à gauche on s'inquiète du caractère réactionnaire des GJ, à l'extrême-droite on les trouve de plus en plus marxistes. Comme quoi :
1) des fois, les torgnoles ça fait réfléchir
2) personne n'est vraiment chez lui dans ce qui se passe, et c'est peut-être le meilleur signe qu'il se passe quelque chose.
et notre soralien anarcho-marxiste de se faire plaisir, comme à moi (ici...) :
Zara a écrit:Pourtant c'est très clair comme mouvement : appeler à la révolution pour gratter quelques billets et avoir la sensation d'être faussement important politiquement (de part une pseudo démocratie direct mais qui est juste un peu moins représentative) bref un mouvement à l'image de son temps (confuse hypocrique et surtout inoffensive pour le capitalisme)
Simon Deroude a écrit:ça a le mérite d’être clair

sunny


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 11 Fév - 11:29


LES CHOSES et LES MOTS
le VRAI et le FAUX
réel, faits et réalités... idées, croyances et idéologies
PRATIQUES et THÉORIES et PRATIQUES et THÉORIES...

un billet jeté comme ça, improvisé comme un lundi matin

une boucle d'idées et de réalités
l'idéologie, les idéologies, les théories qui peuvent en être ou le devenir, ne sont pas séparables de réalités particulières dans l'espace et le temps, qu'elles produisent décisives ou non, changeant ou non en une certaine proportion le tout de "la réalité" que constituent ces moments particuliers, non que les idées détermineraient toujours les choses, vision idéaliste extrême, mais qu'impulsant des activités et des actes ceux-ci ne peuvent être absolument sans effets, et ces effets produire en retour des idées, dans une boucle sans fin

quand Debord renverse Hegel en écrivant « le vrai est un moment du faux », il ne fait pas que provoquer la réflexion sur un temps où tout est « accumulation de spectacles », il dit cette profonde vérité quasi intemporelle que nous modelons notre représentation du réel sur ce qui se passe en le connaissant ou pas, car il n'est pas sous l'apparence idéologique des choses, à révéler comme on soulèverait un voile. C'est à prendre au pied de la lettre en boucle : le vrai est un moment du faux moment du vrai, etc.

Marx s'en mêle encore
ainsi, quand Marx écrit en substance qu'"une idée qui s'empare des masses devient force matérielle", il ne présuppose pas qu'elle soit vraie ou fausse, au sens de rendre compte adéquatement de la réalité, d'en proposer une juste représentation, qu'on ne saurait avoir qu'en participant (Thèses sur Feuerbach, 11). Lui sait bien que ce fut, est et sera le cas des religions, et partant d'idéologies même matérialistes (le ciel sur terre de Feuerbach) et pas seulement idéalistes (l'Idée de Hegel)

les idées religieuses s'emparant des masses, il est vrai dominées par telle classe, ont construit des temples, des pyramides, des cathédrales... bien que Dieu n'existât pas : bien que fausse représentation, elles sont devenues force matérielle. Mais aujourd'hui, depuis qu'hier Dieu est mort (Nietzsche), les individus n'ont pas moins besoin de croire, et tendent à forger leurs idées sur leurs désirs les prenant pour la réalité, désirs eux-mêmes produits par leurs vie de souffrances, de malheurs et/ou de simples insatisfactions. Ces idées peuvent se prétendre matérialistes car non religieuses, elles n'en tombent pas moins sous la critique par Marx des idéologies

résumons : des idées particulières vont s'emparer de réalités particulières en proportions plus ou moins déterminantes

les gilets jaunes et leurs avant-gardes
de ces considérations générales, que pouvons-nous induire du rapport entre idées et activités des Gilets jaunes, idées et activités des aspirants à l'insurrection, celle-ci pouvant un jour être le premier pas de la révolution communiste de leurs rêves, qu'ils soient ou non fantasmatiques ou illusoires, une foi déterminée par la croyance en son advenue inéluctable ?

en revenant aux idées qui, s'emparant des masses, deviennent force matérielle, on voit bien que tel est le cas du "mouvement des Gilets jaunes" dans son ensemble, avec sa dynamique et ses limites de contenus et formes dans la réciprocité avec le pouvoir économique et politique, son projet, sa stratégie, sa réactivité, car les individus font certes leur histoire mais dans des conditions déterminées, et même si déter' à la changer, ils se heurtent a minima à un rapport de forces... matérielles, le poids de réalités avec ou contre leurs désirs, que ne changent ni la radicalité des slogans ni la violence d'actes de destruction symboliques, ou anecdotiques s'ils n'étaient amplifiés par les médias et leur propre surestimation des effets

en être et en avoir ou pas
comme le dit Pepe@dndf, et comme je l'ai posé dès le début de mes considérations, participer ou non ne change rien à l'appréciation qu'on peut avoir au-delà d'une perception individuelle, preuve en est que l'on trouve de tout dans un cas comme dans l'autre : en tant que communistes nous nous y intéressons, nous nous sentons concernés, que ce soit dans nos vies ou celles de personnes dont le sort ne nous est pas indifférent, sans quoi nous ne serions pas communistes, anarchistes, car nous avons une âme, et même une âme théorique, car notre théorie communiste ne va pas sans cette éthique

nous gardons la tête froide mais avons le cœur chaud, et certains le corps plus chaud que d'autres. C'est comme ça, pas besoin d'en faire un fromage de morale

donc nous prenons parti, plus ou moins pour ou contre, le tout ou telle tendance dont certains espèrent qu'elle va s'emparer du tout. Mais là où ils se trompent, et sortent complètement de la tradition matérialiste marxienne, c'est en croyant que leurs idées marginales puissent s'emparer d'autres qu'eux-mêmes et quelques-uns des leurs, qu'ils leurrent


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 11 Fév - 15:00


suite corollaire du billet précédent


COMMENT THÉORISER ENCORE EN COMMUNISTE
et pourquoi je le fais encore dans un "milieu théorique radical"
dont je me dis en marge ?

en réponse à Pepe@dndf et aux autres, ici
pour ne pas complètement désespérer du "milieu théorique", qui comme tu dis ne l'est pas toujours autant qu'il le prétend ou le voudrait, relevons que ce fil, comme le mur facebook d'AC, pas assez certes, ont enfin proposé la rencontre sinon la confrontation honnête et jusqu'au bout de points de vue pourtant considérés par tous au sein de cette mouvance. Il est cependant déplorable qu'entre "nous" la censure (c'est le mot) ou comme tu dis ce que je nomme, insulte ou pas, une injure, soit encore considérée comme un moyen intelligent de débattre pour avoir raison

jetons un œil sur le nombre de lectures, y compris chez moi où, du fait de la structure de mes sujets, débats reconstitués au long cours, elle apparaît supérieure : c'est peanuts relativement à la grande causerie en tous sens et non-sens à propos des Gilets jaunes

autant dire que si nous avions la moindre velléité d'influencer le cours des choses en un sens ou l'autre, ce serait bien la plus grande de nos illusions

Lisbeth est bien bonne avec moi quand elle écrit que ma « position en permanence “critique” » serait « au sens de la critique de cinéma ni à charge ni à décharge. » Si tel était le cas, j'y aurais perdu mon âme de communiste, cette éthique que je revendique comme propre à notre engagement et jusque dans la théorie communiste "embarquée" que nous pratiquons tous avec plus ou moins de bonheur ou de plans sur l'aplat net de nos songes. J'estime, et contre l'apparence que cela peut donner, que j'ai pensé et agi en communiste conséquent et cohérent avec sa théorisation, cad nécessairement "critique", au sens fort, des autres

car c'est ainsi, tout ce que nous disons, écrivons tombe à plat sur une dynamique qui l'emporte comme le vent les feuilles mortes de l'oubli

deux choses sont vraies concernant ma méthode, ma "pratique théorique", c'est d'une part que je n'ai rien laissé de côté, et pas plus des positions de camarades que je pense infondées sur les faits déterminants le présent et la suite ; d'autre part que j'ai néanmoins sélectionné des faits et des propos significatifs voire symptomatiques de ce qui se passait ou pas, mais qui faisait causer à raison, à tort ou à travers

[j'ajoute ici que cette méthode consiste bien à observer les réalités sur la base des derniers critères théoriques que nous avons retenus comme opérants, donc susceptibles d'être validés par l'empirisme des faits, sans quoi autant dire que la théorie, donc le/la théoricien/ne, ne sert en rien à rien, et je ne sache pas que ç'ait été le cas de Marx, qui ne fut ni sur les barricades en 1848, et qui n'est pas mort en Communard pendant la Semaine sanglante

mais, si en cours de route nous nous apercevons qu'ici ou là ces critères théoriques ne marchent pas tout à fait, nous sommes appelés à les amender. Ce n'est pas comme qui modifie d'emblée son appréciation, comme si la situation était indépendante du contexte qui l'a produite, dans la formation d'une conjoncture qui serait plus favorable qu'attendue

par exemple, dans ce travail, si j'ai cru bon de garder ma ligne générale, je n'en ai pas moins retenu la puissante subjectivation collective qui a fait la force, et la victoire relative, revendicative et ~syndicale, de ce mouvement. cela n'appelait pas comme pour certains qu'elle puisse sortir de ce qui était prévisible, que j'avais annoncé et qui s'est confirmé

autrement dit, le "pas de dépassement envisageable car pas d'unité de rupture" productible devait (me) servir de boussole théorique, et c'est en ceci qu'à partir de la mi-décembre, je pouvais en gros être en phase avec TC et dndf]


pourquoi tenir encore cette position alors qu'en marge de ce milieu ? Parce qu'il y reste quelques têtes pas assez fragiles pour se laisser emporter dans le vent de toutes idéologies, y compris celles qu'on tire parfois de leur théorie, la plus pertinente disais-je dans ma critique du texte de travail de RS/TC, en terme d'affrontement entre classe exploiteuse et dominante, et classe exploitée dans la production de marchandises qui demeure essentielle à l'existence même du Capital

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Sam 16 Fév - 13:40


pense-bête pour penser intelligent !
enfin, si je peux me permettre cet écart outrecuit

un pense-bête pour revenir sur quelques questions métathéoriques, ou de "pratique théorique", posées d'un côté dans le cours du "mouvement des Gilets jaunes" par les attitudes opposées du "milieu théorique radical", d'un autre côté par mon expérience actuelle de l'écriture d'un roman-feuilleton improvisé quotidiennement et diffusé chaque jour sur Internet

dans une réponse à Pepe@dndf ici

Patlotch a écrit:je distinguerais :
1. ce que la théorie peut faire pendant la lutte, qui n'est pas nécessairement, qu'on participe ou non, de l'“agit prop”, dont je considère que la mienne ne relève pas : elle veut rendre compte "en temps réel" de ce qui se passe
2. ce qu'elle doit faire après, rendre compte de ce qui s'est passé

en règle générale, Théorie Communiste et plus encore Astarian ou Dauvé ne font que le 2, si bien que ces deux derniers peuvent tranquillement se rassurer : Notre théorie ne sert à rien qu'à pointer les erreurs des luttes précédentes, et alerter sur les illusions...

ce non-engagement est le comble de la critique du militantisme et du primat de la pratique sur la théorie, dont il aboutit à nier la nécessité DANS la lutte. Il est cohérent avec un strict dogme anti-interventioniste, laissant à chacun.e le soin de se déterminer en individu que le collectif n'engage pas

sur quoi je reviendrai à propos de la critique radicale des organisations, partis ou syndicats..., qui aura été le plus grand leurre des anarchistes face au 'mouvement des Gilets jaunes', ce qui pourrait valoir des réflexions à nouveaux frais sur le rapport formes-contenus d'une lutte et la prétendue autonome auto-organisation

2. cf, dans LE GRAND ÉBAT, roman outre-réaliste, microcosmique et mélancomique, les développements du chapitre 36. LES LOGES ou L'ÉLOGE du FEUILLETON

il apparaît que ce qui est programmé, prévu... donne assez souvent des résultats effectifs, même si la part d'imprévisible vient compliquer l'effectivité de ce "programmatisme" littéraire. Cela me semble dépendre essentiellement de la dose d'un "académisme de la tradition" comme d'un "académisme de la transgression" (Henri Meschonnic, 1999). Cela va dans le sens en 1. de « revenir à nouveaux frais sur le rapport formes-contenus d'une lutte et la prétendue autonome auto-organisation. »

à retenir aussi de ce chapitre la critique par ce bon Georges Palante du Bovarysme comme Une moderne Philosophie de l'Illusion, 1903, dans une généralisation du concept au-delà de la littérature et de la lecture

Le Bovarysme, un fait de psychologie courante, que chaque homme a pu observer sur lui-même et dont Flaubert a montré l'évolution et décrit les effets dans l'âme de ses principaux personnages.

Ce fait est le bovarysme ou pouvoir qu'a l'homme de se concevoir autre qu'il n'est. Ce fait très simple est aussi très général. Nul n'échappe au bovarysme. Tout homme en subit la loi à des degrés divers et suivant des modes particuliers. Le Bovarysme est le père de l'illusion sur soi qui précède et accompagne l'illusion sur autrui et sur le monde ; il est l'évocateur de paysages psychologiques par lesquels l'homme est induit en erreur et en tentation pour sa joie et pour son malheur. [...]

On ne peut s'empêcher d'admirer dans ces perspectives sur le rôle du Bovarysme des Collectivités, du Bovarysme de l'Humanité et du Bovarysme de l'Être universel, la marche sûre et hardie d'une dialectique qui saisit dans les cercles successifs de ses généralisations des espaces de réalité de plus en plus vastes. [...]
en ce sens, on pourrait assimiler mes critiques à celles de bovarysme communautariste, bovarysme du milieu radical, bovarysme révolutionnaire, bovarysme du prolétariat universel

les théoriciens et leurs suivistes, si fiers d'être des lanceurs d'alertes contre les illusions "immédiatistes" ou autres, ont-ils jamais songé à s'interroger sur leurs propres leurres ?

PS : il m'est plaisant d'imaginer Roland Simon en bovaryen, lui qui n'a pourtant rien d'un romantique. Gage que ça va beaucoup lui plaire, mais si, messie


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 19 Fév - 15:24


j'ai ouvert un "groupe de conversations" sur ce thème, désespérant de critiques sérieuses de mes considérations communistes dans le "milieu radical radical" (3 sic) et son évitement quasi systématique voire son dénigrement de mes positions, qu'on trouve là : http://patlotch.forumactif.com/

j'ai écrit "conversations", pas pseudos "débats" où l'on joue au chat et à la souris rongeuse de son frein en attendant que le prolétariat universel accomplisse sa supposée mission d'abolir le Capital et de "communiser" le monde

merci de votre intérêt et bonnes disputions

PS : je suis un Facebook Maker béotien, il peut y avoir des ratées au démarrage


Rolling Eyes


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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Jeu 28 Fév - 9:01


comme j'en explique ci-dessous les raisons, je cesse de diffuser les textes du "milieu" "radical" de la "théorie" "communiste", comme je l'ai fait depuis 15 ans sans renvoi d'ascenseur, ayant échoué à y favoriser un travail commun et collaboratif comprenant l'expression nécessaire des désaccords, et non le dénigrement ou la censure de qui les exprime. Je cesse du même coup d'y répondre ou de les commenter chez moi ou sur leurs blogs


« Ce qui est méprisable mérite le mépris. »
Guy Debord

Patlotch a écrit:
une CADUCITÉ DÉFINITIVE et SANS APPEL
un "milieu" "théorique" "radical" ?

mon cul !


on n'y trouve pour le communisme plus aucun théoricien digne d'intérêt

toujours aucune participation au groupe facebook de conversations et prospectives communistes, offrant un lieu de mise en œuvre de mon appel THÉORISATIONS POUR LE COMMUNISME : PROSPECTIVE !

je n'en suis ni étonné ni désespéré plus que je ne l'étais, au contraire cela conforte ma perception de réalités consternantes dont chacun.e peut faire le constat. En effet, je commence à connaître mes cocos du "milieu" de la "théorie" "radicale". Même entre eux ils ont du mal à se causer sans déformer, quand ils les relaient, les positions des autres

par ailleurs, sur les réseaux soucieux de chacun.e son nombril et d'être vu.e ou "liké.e" par le plus possible, seule un proportion infime répond, ou simplement remercie quand on leur envoie quelque chose qui, pourtant, à n'en point douter les intéresse. Bref, un "milieu" "théorique" "radical" de merde

cela me conforte dans la direction prise par ce forum, et concernant la théorisation communiste, qu'il n'y a plus rien à attendre de ses infatués d'eux-mêmes. Le fait en lui-même que ce sujet soit lu par moins d'une trentaine montre qu'il intéresse bien moins que mes élaborations personnelles, scrutées elles par désir d'apprendre quelque chose de nouveau y compris dans le domaine de la théorie communiste, ou par simple jouissance. C'est très bien comme ça

en conséquence, je cesserai prochainement de diffuser leurs textes comme depuis 15 ans, et d'y répondre chez moi ou sur leurs blogs, leur donnant ainsi plus d'importance qu'ils n'en ont

la critique de leurs thèses n'a plus d'intérêt pour la pensée communiste vivante. Concernant les luttes, rappelons qu'ils ne reconnaissent jamais, quand c'est le cas, qu'ils se sont plantés dans leurs analyses, et que leurs idées n'ont strictement d'effets que sur les activistes qui s'en emparent, de sus en les déformant. Laissons-les donc s'écharper en leur milieu semi-mondain fossilisé et fossilisant

je pense que Jacques Camatte, nonobstant mes désaccords sur ses projections hasardeuses, a eu profondément raison, il y a 45 ans, de couper radicalement avec ce milieu dont il avait été pour être un maître à qui leurs théories devaient beaucoup, et qu'au lieu d'en faire discussions et débats honnêtes, ils ont craché dessus et crachent encore (voir Camatte et nous)

depuis 15 ans que j'essaye, en vain, de promouvoir un travail commun et collaboratif, c'est un échec complet. Quant à avoir une proximité avec quiconque, je fonctionne avec les autres sur le principe des affinités électives, c'est écrit dessus : Patlotch => Potlatch. Mais le détourneur du concept, Debord, disait aussi que si nécessaire, un Potlatch pouvait être négatif

il va sans dire que je poursuivrai ce travail avec qui l'entendra de la bonne oreille, comme mon ami Adé : ADÉ A DE L'IDÉE : ADELIDÉ ! un coin de reports sages et trouductions


ni dieu, ni maître !

mort* aux moines-copistes et moines-soldats
de toutes obédiences !

* symbolique, natürlich, puisqu'ils sont déjà morts-vivants

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