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METS TA THÉORIE

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METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 28 Oct - 0:35

Une métathéorie, ou méta-théorie, est une théorie dont l'objet est une théorie

le mot, un peu prétentieux ici, pour dire qu'il s'agit de réflexions sur ma manière de théoriser, ou celle d'autres...

confidence pour conflit dense

j'ai ouï dire qu'une mauvaise langue dans le milieu prétendait que mes écrits critiques n'étaient que ressentiment et vengeance d'un défroqué, en même temps que jalousie envieuse de leur succès, bref que je cultiverais ma singularité par pur narcissisme, ma "mauvaise réputation", posture de l'artiste maudit, pseudo-poète, prétendu théoricien, et j'en oublie

au-delà de la honte réelle que je ressens à m'être compromis, presque vingt ans avec le PCF et plus de dix avec les communisateurs, ce que je ne me pardonnerai jamais, je ne sais pas ce que vous en pensez, moi non plus. Faut-il que j'en pense quelque chose ? Je n'en sais rien. Je me sens manquer des abstractions théoriques pour ça, mettez vous à ma place !

« Ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux, quoique j'ai l'esprit assez grave, c'est que je me trouve ridicule, non pas de ce ridicule relatif qui est le comique théâtral, mais ce ridicule intrinsèque à la vie elle-même et qui ressort de l'action la plus simple, ou du geste le plus ordinaire. » Flaubert, cité par Frédéric Ferney, Aragon, La seule façon d'exister, Grasset 1997, p.103, déjà cité in LE POÈTE EN PÉDALO, Délire en sept sizains, 28 novembre 2011, de CRISE EN VERS

je me sens d'autant plus ridicule que je suis trop grave, mais il y a pire : je me crois drôle. Dès que je me fais sourire je pense qu'un autre va rigoler. Et c'est vrai, rien ne me plairait plus qu'on rie de mes sorties, surtout si l'on n'est pas d'accord. Faites rire une femme, elle est déjà dans votre lit, dit-on. Si c'était vrai, le mien déborderait. Mais par contre faites rire un concurrent, un adversaire, un ennemi, il est déjà vaincu ; un ami et il est conquis

si vous croyez que c'est drôle de ne pas savoir si vous riez en me lisant... si vous riez de moi ou parce que c'est drôle pour vous

vous voyez bien que tout ça n'est pas sérieux. Mais ça quoi ? Vous ne la trouvez pas bizarre, la tournure de Flaubert dans « Ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux... », dans laquelle on entend à la fois « me prendre au sérieux » et « prendre la vie au sérieux » ? une ambivalence assez poétique, pour autant que les deux ne signifieraient pas la même chose. Mais si la vie est ce qu'on en fait, la prendre au sérieux serait prendre ce qu'on fait au sérieux. Avant j'aurais opposé l'un à l'autre, soi, sa vie à ce qu'on fait. Aujourd'hui, je ne sais plus, ou plutôt je m'en fous ; pour moi, la vie n'est qu'un jeu, mais comme Flaubert pas un théâtre, dans lequel je poserais en acteur. C'est comme il dit « un ridicule intrinsèque à la vie même ». Il n'y a chez moi aucun histrionisme, je joue dans la franchise et toute ma vie est à balle dans le pied. Du coup, ce dont je parle avec gravité me semble terriblement extérieur, comme si cela ne me concernait pas, et puis en général les autres ne savent pas jouer avec moi, nous n'avons pas les mêmes règles, et du coup je n'ai pas envie de jouer avec eux

tenez, quand j'affirme, ici, « Moi, franchement, ça m'est complètement égal que l'humanité disparaisse », c'est tout de même d'un détachement des plus égoïstes pour le sens commun, d'un cynisme ahurissant, non ? Et le mec, avec ça pas gêné, il prêche le communisme... C'est tempéré, certes, par le fait que je disparaîtrai avant l'humanité, et affirmer qu'on s'inquiète de ce qui se passera après sa mort, ça ne mange pas de pain, surtout pour quelqu'un qui ne croit pas en l'au-delà. Passe encore pour ses enfants, ses proches, deux ou trois générations... mais l'humanité, ça fait beaucoup, et c'est trop loin. Quel individu pourrait accueillir en son cœur, son âme si vous préférez, toute la misère du monde futur ? Et qu'est-ce qu'il y peut ?

bon d'accord, le monde futur va dépendre de ce qu'on fait du monde présent, comme on dit « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? », mais on c'est pas moi, c'est les autres, et puis c'est beaucoup moins bandant, de s'occuper du présent ici et maintenant. C'est très sérieux, trop sérieux je pense, pour moi. En plus c'est pas drôle, ça fait rigoler personne. Et personne c'est pas moi. Moi, je est un autre, ce qui m'empêche de me prendre la vie au sérieux

tenez, la phrase qui commence cet écrit, « j'ai ouï dire qu'une mauvaise langue...», si je vous disais que ce n'est pas vrai, croiriez-vous que c'est vrai ?

scratch

je ne sais trop le statut de ce sujet. Hormis le premier post, il pourrait être plus littéraire que théorique comme le premier post. C'est comme ça, je commence quelque chose, je ne sais jamais ce que ça devient, et comme disait Aragon, je n'ai jamais appris à écrire

caractères de police

ce qui m'étonnera toujours chez certains autres, c'est qu'ils sachent, ou du moins qu'ils fassent comme si. Ai-je jamais usé d'une telle assurance pour ne pas dire d'une morgue méprisante à l'égard de qui n'aurait pas "la conscience", de classe ou d'autre chose dont la plupart seraient dépourvus, ces pauvres cons ? Certainement je l'ai fait, et je n'en suis pas fier : m'étant si souvent trompé, il faut bien que ça cesse, que l'emporte le doute sur les certitudes

on sait toujours sauf ce qu'on ne sait pas, ce qu'on ne sait pas qu'on ne sait pas. Les militants, les prosélytes m'exaspèrent, et plus encore ceux qui critiquent le militantisme qui crève les yeux chez eux du subjectivisme et de l'objectivisme qu'ils ne voient que chez d'autres. C'est pourquoi je ne fait guère de différence entre croyants en une religion ou une théorie, aussi matérialiste se donnerait-elle pour être

me scie le cul le prétendu rejet des normes et dogmes chez RS, lui porteur d'un des plus gratinés du marxisme contemporain, comme sa prétention, passant pour modestie, à écrire impersonnellement, de nulle part, puisqu'il ne serait pas un « auteur virgule de la pensée », mais l'expression même de l'époque, de son adéquate théorie dont seraient porteuses les "luttes théoriciennes"

bon, ça y est, je sors de la littérature... Vous voyez bien que je ne sais pas où je vais, non que je sois perdu. Vous me suivez ? Ne me suivez pas, j'ai horreur de ça, je me sens harcelé, prêt à vous dénoncer à la police des mœurs

ça me fait penser que je n'ai rien posté dans la rubrique LA POLICE, ni dans d'autres sujets au demeurant. Bon, la police, tout le monde la déteste, paraît-il. Moi, ça dépend, encore un truc dont je serai soupçonné. D'ailleurs le seul endroit où je l'ai été de ma vie, c'est une réunion-procès de communisateurs, mis en accusation de frayer avec le démocratisme radical parce que j'avais dit préférer que le Front national ne parvienne pas au pouvoir

m'a sauté aux yeux, et pris de plein fouet malgré ma précédente fréquentation des "staliniens", la tendance policière dans le milieu radical, leurs mœurs de sociétés secrètes, comme ce jour où RS écoutait derrière la porte un coup de fil à ma compagne, et que je vis son reflet dans la vitre. Ça dépend au point que je ne sais pas imaginer un monde sans police, et que je soupçonne les révolutionnaires d'avoir toujours besoin de "commissaires du peuple du prolétariat". M'enfin, à leur décharge publique, il est vrai qu'avant la révolution, nul ne peut être révolutionnaire, et eux disent ne pouvoir mener en attendant qu'une vie normale : une vie policée ?

Pepe@dndf, lui et ses semblables si prompts à censurer ce qui ne leur convient pas, voyait en moi « le Vichinsky de la communisation ». J'ai toujours eu du mal avec « c'est celui qui dit qui l'est »


montage Patlotch 2015

moralité : comme le con d'un autre, on est toujours le policier d'un autre. Que Dieu m'en préserve !

Twisted Evil

PS : il paraît qu'un de mes sites, http://patlotch.com/text/index.html, va disparaître des écrans, autant en emporte le vent, du passé faisons table rase...





Dernière édition par Patlotch le Lun 10 Déc - 10:35, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Ven 9 Nov - 16:01


refoulement sans retour

il me faut admettre que je suis un "penseur" décalé, un drôle de coco. Depuis l'ouverture de ce nouveau forum, il n'est référencé nulle part sur les blogs qui traitent peu ou prou des mêmes problèmes que moi, alors qu'il est porté à connaissance de plusieurs de leurs administrateurs, via tweeter ou autres, et que je sais que certains me lisent

je n'arrive pas à me faire à l'idée que ce que j'écris, et le sens général de mes recherches, seraient moins intéressant que d'autres, il est vrai plus connus, et surtout qui se lisent entre eux, à défaut de se commenter publiquement

une des plus grosses tares de la pensée critique, alors qu'elle est consciente de la séparation entre penseurs (universitaires et/ou radicaux) et supposés incapables de production théorique, militants ou non, est le peu d'effort que font les premiers pour combler ce fossé, ou ne serait-ce que le déficit de débats entre eux. C'est en soi significatif

17 novembre

contradictions et bololo

tout bien considéré, rien ne vaut un bon "bololo" pour réveiller mes ardeurs théoriques. Mon billet de ce jour sur les Gilets jaunes, une lutte massive sur le salaire est un des meilleurs depuis l'ouverture de ce nouveau forum

alors certes, il n'est pas strictement dans ma ligne générale, mais il est à comprendre dans la contradiction entre luttes prolétariennes et luttes écologiques sur le terrain où veut l'entraîner le pouvoir macronien, le capitalisme vert de sa transition énergétique. Et comme de bien entendu sont tombés dans le panneau les écolos-bobos, comme on dit rats des villes à vélo

magie des contradictions du capital, il faut toujours s'attendre à des surprises dans son cours quotidien, ce que ne savent pas faire ceux qui croient annoncer l'avenir sur le critère de leurs a priori dogmatiques

pour le dire franchement, car je sentais venir le vent, j'aurais été déçu que cette journée fût un bide. Alors pourquoi n'y suis-je pas allé ? Cela tient-il à ma phobie des uniformes ? À ma condition tout sauf prolétarienne ? À l'éloignement du plus proche lieu de blocage ? Au temps qu'il fait à ne pas mettre un vieux dehors ?

je n'y suis pas allé parce qu'au fond, je ne suis pas aussi d'accord que ç'en a l'air, et là doit résider une de mes contradictions, un bololo dans ma tête


quartier de Bololo, N'Djamena, Tchad, source

20 novembre

penser les luttes en temps réel

il y a quelque chose d'excitant à faire la chronique d'événements en temps réels, comme m'en avaient donné l'occasion le mouvement du CPE en 2006, la loi Travail ces dernières années, la ZAD NDDL ce printemps, et là les Gilets jaunes

c'est à ces occasions que j'ai eu la plus nombreuse lectorate, ce qui se vérifie encore ces derniers jours

c'est excitant parce que, sur le plan de l'interprétation et de l'analyse "théorique", on prend le risque de se planter, ou d'avoir à infléchir son analyse en fonction de ce qui se passe au jour le jour

c'est une façon très différente de faire de la théorie que celle des analyses après coup, qu'elles soient universitaires, théorico-radicales ou communisatrices. Ils prennent moins le risque de se planter. C'est peut-être pourquoi certains adeptes préfèrent la fermer, puisque dès qu'ils l'ouvrent c'est pour dire des conneries qui seront bientôt balayées par leur gourou théoricien même

à quoi servirait la théorie des luttes sociales si elle ne devait parler qu'après coup ? Non que je prétende avoir la moindre influence, mais enfin moi, c'est comme ça que j'ai besoin de comprendre, et si c'est ma principale activité, je suppose que ceux qui luttent ont besoin aussi de comprendre en temps réel ce qu'ils font, ce que cela produit, dans un aller-retour de la théorie et de la pratique qui ainsi ne sont plus séparées

et puis bon, j'aime pas trop les inspecteurs des travaux finis... par les autres


Dernière édition par Patlotch le Lun 24 Déc - 12:58, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 26 Nov - 12:35


tous les médias sont bons...
à lire

ma lectorate peut s'étonner que je ne fasse pas de sélection dans la presse selon la couleur politique des médias, malgré la réputation sulfureuse qu'ont certains surtout à gauche. Tel peut être le cas non seulement des grands quotidiens et hebdomadaires tels que Le Figaro, Marianne, L'Express, Valeurs Actuelles voire de blogs comme Causeur, BD Voltaire, etc. mais aussi de BFMTV, 20 minutes...

les journaux "bourgeois" ne font pas moins bien le boulot d'information que d'autres prétendus plus critiques : Libération, L'Obs... et l'on y trouve des journalistes et pigistes, des reporters de terrain dotés encore d'une solide éthique. Pour une grande partie des informations générales et de l'étranger, ce sont les mêmes dépêches d'agences qui sont utilisées quand il n'y a pas de correspondant ou de reporter sur place. Les réseaux sociaux sont une mine d'informations et de déformations

ainsi, alors qu'il (m')a fallu des heures pour savoir qui étaient les "casseurs", les « séditieux » de Castaner et « la peste brune » de Darmanin, ce sont des journaux de droite, comme Marianne et Valeurs actuelles, qui ont les premiers informé de la présence d'"ultra-gauche" (label policier) aux Champs Élysées, présence qu'ils revendiquent eux-mêmes, exemple : Gilets jaunes Acte 2 / Et maintenant c'est qui les casseurs ? @LaMeutePhoto, 25 novembre. Selon eux, les barricades c'était eux et seulement eux, et  « les petits groupes clairement identifiés [d'extrême-droite] ne participaient pas au gros de la révolte sur l’Avenue des Champs-Élysées, mais restaient en retrait dans les rues parallèles. »


je pourrais donné centaines d'exemples où la presse bourgeoise ou d'extrême-droite n'est pas moins objective en matière de faits que la presse de gauche, d'extrême-gauche, et les blogs radicaux. Il est absolument impossible de se faire avec ces derniers une idée réaliste des luttes. Dans 10, 20 ou 50 ans, tu relis ça, tu n'as aucune idée de ce qui s'est passé en France et dans le monde. Autant lire la presse stalinienne de l'époque pour connaître la réalité en URSS

de plus il n'est pas sans intérêt de connaître la position de l'adversaire idéologique supposé, et j'ai plus appris à critiquer l'économie politique avec Les Échos qu'avec L'Humanité. Quand tu lis un canard tu relativises en fonction de son orientation générale

à l'expérience, utiliser toutes les ressources d'information et d'expression médiatique est une garantie pour ne pas avaler des couleuvres d'où qu'elles sortent. Et donc, je recoupe, je croise, je sélectionne... sans parler de l'augmentation du nombre de médias qui réservent la lecture aux abonnés ou la font payer au bout de quelques articles accessibles par semaine ou par mois : Le Parisien pourtant excellente source, Libération, L'Humanité, Le Monde, des quotidiens régionaux...


j'ai un principe, dussé-je en pâtir : je ne paye pas et ne fais pas payer. La gratuité, c'est moins cher, et ça peut rapporter gros

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Jeu 29 Nov - 9:47


pourquoi je ne suis pas gilet jaune
et comment j'y serai samedi

dans un échange avant-hier sur tweeter, où je lui demandais comment il appréciait mon 'suivi théorique' du mouvement, Guillaume Deloison écrit :
Ouai c'est bien, ça soutient pas betement, c'est cool meme si je suis vraiment pas convaincu du tournant
ma réponse
Patlotch a écrit:merci. Je ne soutiens rien, je dis ce que je vois. Le tournant, la délégation-négociation, c'est à la fois un débouché inhérent politico-syndicaliste au contenu revendicatif, et un clivage dans les luttes, une situation ouverte vers une extension mais toujours assez imprévisible

d'abord, très personnellement, je ne me vois pas m'affubler d'un gilet jaune plus que de tout uniforme

ensuite je ne partage pas le "cahier de revendications" qui ressort tant au niveau de la représentation nationale que de l'expression des "doléances" à la base

ma non-motivation ne tient donc pas à ce que ce mouvement serait interclassiste, populiste ou pire, et donc non révolutionnaire puisque ceci est impossible aujourd'hui. Si je tiens qu'aucune lutte revendicative ne peut être révolutionnaire, je ne considère pas moins juste d'y participer, pour autant qu'elle répond à ses intérêts ou convictions, et je ne suis pas fana des luttes "par solidarité"

j'estime que mon travail soutenu et permanent d'analyse est une forme certaine de participation critique sans allégeance à qui et quoi que ce soit

c'est dans cet esprit, et parce que Macron est définitivement haïssable et trop c'est trop, que je participerai à la mobilisation samedi, je ne sais pas encore dans quel cortège et sous quelle forme, mais j'y serai

 Rolling Eyes  

4 et 5 décembre
d'hier, ajout en bas

une leçon de méthode théorique

la grande leçon théorique du mouvement en cours, des Gilets Jaunes et au-delà, elle est de méthode : c'est qu'on ne voit que ce qu'on regarde, et si on ne regarde pas tout, si l'on privilégie tel aspect ou telle composante sur la base d'a priori normatifs ou dogmatiques, et bien l'on prend le risque de se tromper d'analyse et d'enjeux

cela peut arriver à tout le monde, mais c'est aussi pourquoi certains textes provenant d'idéologies assez lointaines de "la nôtre" (je pense aux intellectuels de la nouvelle-droite) peuvent être plus lucides que certains des "nôtres", tout dépendant de la part d'idéologie injectée dans la théorisation. Ceux qui n'évacuent pas les faits qui gêneraient leurs analyses sont les meilleurs

pour prendre l'exemple le plus clair, les grands bourgeois et certains politiques dans l'État ont parfaitement compris, d'un point de vue de classe, ce qui se passe, et même si Macron a commis quelques erreurs à leurs yeux, ils feront en sorte qu'il s'en sorte par le haut, le sien et le leur. Il serait hasardeux de les sous-estimer

je pense ne pas m'être trompé depuis le début du fil GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale le 10 novembre, ou avoir saisi les tournants dans le mouvement qui appelaient des ajustements théoriques. Maintenant, les "acquis" foisonnent et le moment viendra d'en faire la synthèse. Je ne suis pas partisan comme d'autres de gros textes synthétiques en court de mouvement, ils sont vite caducs d'autant que leurs auteurs se seraient plantés depuis le départ avec une grille de lecture dépassée ou un tamis normatif

ajout
il semble que beaucoup soient atteint du syndrome américain, "le bien et le mal", "qui n'est pas avec nous est contre nous",  sans grande considération de leur nombre de divisions, dans tous les sens du terme. Comprenne qui pourra

10 décembre
"on n'analyse pas à chaud" ?

ça dépend

cette remarque est fait sur facebook ici par une lectrice d'Alain Corne/Carbure Blog répliquant à Stive Modica, proche de Théorie Communiste, lui-même répondant au reproche de Daniel Peymans à Alain Corne : « j'en ai marre de tes jeux de mot à la con. Prends position ouvertement. »

qu'en penser ? Ce qu'on voudra, bien sûr. Deux aspects :

1) sur la pratique théorique d'Alain Corne de Carbure.blog / Lutte des classes / Guerre civile / Communisation

il y a longtemps que je constate qu'Alain Corne, ex Cornebouc, fait de la retape sur Facebook, où il a 1915 "amis", par une drague démago sans frontières. Il était prévisible que cela finirait par influer sur ses considérations théoriques de Carbure.blog et faire glisser sa conception de la communisation, de sa théorie, comme en atteste notamment son dernier papier : 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre, où il sort des fondements même de cette théorie sans trop de maîtrise, emporté par l'enthousiasme de sa participation, si j'ai bien compris, au cortège de Saint-Lazare, Comité Adama, cheminots, postiers, Tolbiac, NPA, et autre militants du démocratisme radical

lors de ma période "décoloniale", en 2015-2017, j'ai relayé de façon de plus en plus critique concernant le PIR des positions de cette mouvance, FUIQP, "Au secours, notre police assassine !"..., mais je n'ai jamais été dans l'allégeance, et ils me l'ont bien rendu. Je pense aussi que la Marche de la dignité en octobre 2015 disait bien son nom, qu'elle était plus saine que ces alliances manipulées par les néo-trotzkistes, et que si TC26 n'en a pas trop parlé dans sa critique des "entrepreneurs en racialisation", c'est qu'il s'agissait massivement de tout autre chose, le PIR était noyé dans les diverses associations de "racisé.e.s" et les gauchistes relégués à la queue du cortège. J'y ai participé de bon cœur et sans m'y sentir militer pour une quelconque récupération

2) sur la théorisation à chaud

c'est effectivement un exercice difficile et un débat ancien, que RS de TC posait en distinguant participer à des luttes "en théoricien" ou "en "tant que théoricien", ceci du fait qu'il considérait les luttes comme étant théoriciennes, la "théorie restreinte" consistant, après coup, à l'exprimer en termes proprement théoriques

personnellement, j'ai renversé cette notion en "luttes théorisantes", ce qui explique que je théorise à chaud des luttes auxquelles je ne participe pas, comme je l'ai fait pendant Nuit debout en 2016, le conflit de la SNCF ce printemps, et là avec ou sans GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale

* voir luttes 'théorisantes' et théorie communiste : inverser la perspective, février 2014

j'écrivais en PS de mon texte “Les gilets jaunes, l’État, et le capital”, remarques critiques sur l’analyse de Théorie communiste
Patlotch a écrit:nos façons de faire de la théorie sur la base des luttes se sont pas comparables et je ne prétends pas à des textes qui disent tout, mais ma cohérence interne comme externe, elle, n’évacue rien pour se donner raison
j'ai souvent ironisé sur la manière dont Roland Simon de TC, mais aussi Nicolas Astarian de Hic Salta ou d'autres, produisent des textes d'analyse après coup, mais surtout assez longtemps après le coup, sans parler du décalage entre écriture et publication concernant les revues (numéros de TC, SIC, etc.)

RS fait aussi effort pour théoriser pendant les luttes, ce fut le cas à propos des émeutes de 2005 (La voiture du voisin, Ballade en novembre), le CPE (Le point d'explosion de la revendication), et là une Note sur le mouve­ment des gilets jaunes, publiée le 27 novembre, cad entre l'Acte 2 et l'Acte 3. Je suppose qu'il attend au moins l'intervention de Macron aujourd'hui, puisqu'elle clôt la séquence après le tournant politique de ce mouvement revendicatif et la nécessité pour le pouvoir d'une adaptation "sur mesure" de sa 'gouvernance' aux effets qu'elle produit. Cela lui permet plus de recul avec moins de risques de se planter, comme de présenter quelque chose de plus abouti, mieux construit, intégrant dans l'analyse ce qui s'est passé au début...

je conviens que ma manière de faire n'a d'intérêt que pour qui la suit au rythme des événements, et cela demande du temps aussi bien pour l'écrire (j'y passe jusqu'à 12 heures par jour) que pour le lire, le comprendre et le faire ou non sien de façon critique. Ce qui se passe dépend de ce qui a précédé mais l'éclaire aussi à rebours si bien que l'exposé qu'on en a fait peut se trouver à corriger. Théoriser à chaud, non seulement ce n'est pas montrer et monter en épingle tel épisode pour le dénoncer (par exemple les violences policières), mais en comprendre le sens et la nécessité produite à ce moment là, et l'on peut se tromper : par exemple quand j'ai pensé que le pouvoir souhaitait un bain de sang samedi 8 décembre, alors qu'il voulait faire peur, montrer l'efficacité de la police, et mettre en avant les gilets jaunes "pacifiques". Les arrestations préventives l'ont montré comme une relative retenue policière par rapport aux samedi précédents. Il fallait surtout préparer le terrain pour le retour public de Macron, et une trop grande violence aurait pu être contre-productive comme ses précédentes interventions

je dis souvent que les événements prennent tous leur sens par leurs résultats, comme 1968 des années après. Pourtant, dans mon suivi théorique du mouvement des gilets jaunes, je ne pense pas m'être trop planté et quoi qu'il en soit, au fil des jours le nombre de lecteurs/lectrices a augmenté, de quelques dizaines à plus de 150 en moyenne par post quotidien (dans mon ancien forum une centaine de sujets étaient vus plus de 10.000 fois, plusieurs centaines par post)

est-ce que théoriser à chaud sert à quelque chose ? J'en ai la conviction puisque dans une telle lutte, cela participe d'une compréhension permanente de la stratégie adverse et permet d'adapter la sienne, tout en gardant les enjeux en tête et les possibilités immédiates du mouvement. Force est de constater, du moins dans ce qui a été publié, la faiblesse de l'analyse théorique au sein de ce mouvement, qui traduit aussi son incapacité de dépassement "révolutionnaire"

scratch

pour revenir à Alain Corne, il ne fait ni l'un ni l'autre, il est dans le militantisme sur la base de la théorie de la communisation, une entreprise de séduction qui ne peut qu'aboutir aux ambiguïtés constatées quand il « partagé une publication » sans commentaire ou avec des « jeux de mot à la con ». Il écrit une chose dans ses textes théoriques et donne l'impression d'en faire une autre par sa "pratique théorique" sur facebook. Je trouve ça malsain et je comprends l'emportement de l'anar de service

le problème n'est pas de « prendre position ouvertement », si l'on entend par là une sorte de propagande interventionniste, mais d'être clair en posant les bonnes questions même quand on n'a pas les réponses. J'espère l'être dans ma théorisation à chaud


Dernière édition par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:49, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 11 Déc - 13:59


trêve... de plaisanterie

Pepe a écrit:10/12/2018 à 16:56 #9

Bien vu Patloch/Hyde!!
Patlotch/ânonime a écrit:10/12/2018 à 17:44 #10
@pepe

mon corps intermédiaire est dévoilé, voilà que mon masque agace, et même pas Julien coupable…

bon alors qu’est-ce qu’on fait ?

« Si la question de la diffusion de la théorie communiste ne se pose pas, est-ce parce qu’elle aurait la faculté se répandre par la force de sa justesse ? A cette question on pourrait répondre oui. » Bon alors qu’est-ce qu’on fait ? Bernard Lyon, Meeting, 14 juillet 2005
Pepe a écrit:10/12/2018 à 18:20 #11
on fait rien et on continue a se relayer les uns et les autres pour y voir un peu plus clair dans ce tsunami social!! On a autre chose à faire, en ce moment, que de s’embrouiller, comme on dit ici
Pepe a écrit:11/12/2018 à 08:37 #12
@ânonime
J’ai la sensation que pendant cette période de “trêve” entre nos deux sites, nous arrivons chacun(e)s à notre façon à tenir une position délicate, sur le fil du rasoir, mais qui me parait la seule “assumable”:
– Ne pas faire la fine bouche, en surplomb, au sujet d’un mouvement qui bouleverse la france (au moins) comme on ne l’avait pas vu depuis très très longtemps.
– Garder la tête froide et essayer de faire circuler une “critique chemin faisant” qui s’exprime et se produit en temps réel, hors sol ou pas. Qu’on soit physiquement sur les points chauds ou pas, la question n’a jamais été là!
Patlotch/ânonime a écrit:vers 13:00

@pepe
On peut le dire comme ça, et je t'en remercie, pour ce qui nous concerne et pour autant que ce soit important. Je ne le vois pas comme une "trêve" mais comme un tournant lié :

- à la reconnaissance par TC, à propos d'Althusser, de son structuralisme prolétarien,
https://dndf.org/?p=17307
- aux éclaircissements sur la question centrale "prolétariat, écologie et capital" (voir #7 et texte de lundimatin http://patlotch.forumactif.com/t98-rupture-en-cours-dans-la-critique

Il me paraît clair que la situation et son évolution reposent la question de ce qu'est une «intervention» et même l'«activisme», qui ne crée pas nécessairement des «écarts» mais n'est pas sans effets sur la suite. La fonction de la “critique chemin faisant” est là-dedans "pratique" si j'ose dire.

16 décembre
1. ce qu'ils ont sous les yeux et ne veulent pas voir, 15 décembre
2. réflexions partant de "nous sommes tous dedans" 16 décembre


1. ce qu'ils ont sous les yeux et ne veulent pas voir

le suivi de l'événements "gilets jaunes" est une leçon de théorie et d'histoire sans précédent pour moi, non seulement sur ce qui se passe, mais sur la façon dont c'est rapporté, interprété, pensé. Je ne parle pas seulement des médias, ni même des militants politiques avec leurs œillères normatives voire dogmatiques bien connues, ni seulement du peuple dupe des citoyens jaunes qui se sont fait vendre ce que produisaient leurs luttes en formes et contenus, mais de ceux qui se sont toujours prévalu de n'être pas comme ça, et ne disent pas toujours autant de bêtises

jusqu'au bout, la plupart auront soutenu l'insoutenable, et qui plus est en le présentant comme analyses théoriques, au point de se demander si nous avons été confrontés aux mêmes réalités

la preuve est pourtant donnée, je pense l'avoir fait même si j'ai pu me tromper en route et si certains points sont discutables, à reprendre plus tard, la preuve qu'il était possible de comprendre ce qui se passait, de le prévoir dans les lignes essentielles. Ce que j'ai avancé, ni hypothèses ni prévisions, ne tient qu'à mon observation et au souci de comprendre chaque particularité de ce mouvement dans une dialectique complexe de rapports sociaux économiques, politiques, médiatiques et idéologiques, le tout dans les circonstances déjà connues de la situation générale, en France particulièrement, et les enjeux qui émergeaient dans la conjoncture créée, surtout dans les dernières semaines

ça m'a demandé depuis un mois du temps, beaucoup, de la patience et du boulot, mais j'ose dire avoir fait la démonstration magistrale que théoriser au fil de la lutte est possible, et à certain.e.s utile (record aujourd'hui ~250 clics). Dernier épisode ici

Impressions,
soleils, coups, champs



Monet, Impressions, soleil levant, 1872

PS : pour la modestie, tant pis, d'autres la revendiqueront à juste titre, à la hauteur de ce qu'ils auront écrit ou fait, et parfois annoncé de ce qui n'est pas venu

2. réflexions partant de "nous sommes tous dedans"

en écrivant ces mots le 13 décembre, qui m'impliquaient plus subjectivement, poétiquement, dans ce qui se passait sous mes yeux mais à distance, je sentais confusément que quelque chose changeait dans le rapport que peut, ou doit, avoir la théorie, mieux dit la théorisation parce qu'elle est celle de quelque chose et non guide pour l'intervention, avec ce qui se passe

"nous sommes tous dedans" était nouveau relativement à tous les conflits précédents, ce qu'on sentait venir avec Nuit debout mais pas avec cette ampleur et du seul point de vue plus militant. C'est la première fois depuis 1968 qu'on peut le dire d'un conflit social et politique, qu'on y participe ou pas. La question de l'extériorité (sociologique ou théorique), ne se posait plus dans les mêmes conditions

écrire, parler, que ce soit sur les ronds-points ou en famille, au bistrot avec les copains, dans les réseaux sociaux, sur les blogs ou dans les médias, c'était en être, participer. Même se taire devant sa télé, c'était encore participer, sans quoi 23 millions n'auraient pas écouté Macron le 10 décembre, alors que la mobilisation n'a jamais dépassé 500.000 : ces 23 millions, même spectateurs passifs, ont changé l'implication réciproque du mouvement et du pouvoir politique, via les sondages et les médias, comme leurs marges de manœuvres et leurs stratégies d'intervention, ceci évidemment bien plus que tout discours militant

c'est un mouvement où tout re-sortait, et quelle qu'en soit la proportion, les intérêts et les idées de toutes les classes sociales en réciprocités complexes, y jouant de la grosse caisse ou de la flûte, du violon ou du triangle, du cor de chasse ou de la voix cassée, de la grenade ou du mégaphone, avec le génie créateur d'une improvisation collective quasi inconsciente, ou jouant des coudes dans la cacophonie de cet orchestre, dysharmonique dans tous les sens du terme, discordant et schizophrénique

un signe ne trompe pas, les gilets bleus, puisque même les flics pouvaient se sentir dedans, des deux côtés de la barricade, comme déchirés entre leurs corps et leurs esprits, je ne parle pas des cogneurs sadiques

cette nouveauté accompagne la "victoire de la subjectivation collective", dont j'ai parlé à contre-courant, à la fois contre la résignation concernant les reculs limités du pouvoir, et contre les illusions d'un possible dépassement révolutionnaire. C'est là que ce mouvement indiquait, comme le souligne Alain Corne/Carbure (AC) dans un commentaire sur facebook, « la décomposition de l'extrême-gauche, qui transforme ses problèmes internes et les symptômes de sa profonde inadaptation au moment actuel en analyses et en discours. » *

* à titre d'exemple de double déconnection théorique et politique des "marxistes", la revue Période, de «Politique et théorie marxiste » dont « l'enjeu » serait d’« intervenir politiquement dans la théorie, intervenir théoriquement dans la politique », n'a rien publié sur le mouvement en cours, alors que la NPA, qui en est proche, n'a cessé son racket militant

AC n'est pas allé jusqu'à remarquer que le mouvement signale aussi la décomposition de la post-ultragauche, à laquelle il appartient en tant que partisan de la communisation singulièrement à côté de la plaque dans sa propre analyse à chaud, hormis quelques remarques pertinentes. Davantage à côté de ses pompes à Saint-Lazare que RS dans "la soute" de Théorie Communiste, nonobstant notre désaccord fondamental quant à l'attente d'une révolution prolétarienne, parce qu'AC obsédé par les controverses théorico-militantes n'a rien compris de ce qui faisait la nouveauté de ce mouvement pris dans son ensemble. Bien que dedans enthousiaste, il était à côté de la colère, et je n'ai pas senti la sienne, "c'est un peu embêtant"

il y a là pour le petit monde de la critique radicale matière à réflexion


Dernière édition par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:52, édité 2 fois

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Lun 24 Déc - 15:12


"la théorie interne"

entre la cuisse de dinde et le cuistre dindon : la farce ?

« Sur le fil » : le RIC, la gauche et les Gilets jaunes Alain Corne/CarbureBlog 23 décembre 2018

ce qu'en dit son modeste auteur dans un échange classieux avec son pote, et "poète" tout aussi classieux, le "khâgneux" dixit Nathan François qui, haut fait d'armes, « vira physiquement de Tolbiac un harceleur connu et souvent dénoncé »
Nathan François a écrit:Nous parlions de ligne de crête, PEM reprenait la métaphore et maintenant un fil !
Merci pour ce texte Alain... Que je trouve un peu lisse, tu l'as écrit d'une traite non ? J'ai l'impression qu'il fallait redonner les bases, comme redire tous ces mots qu'on a perdu en route...
L'impression qu'il fallait nécessairement en passer par là, que le RIC est presque une excuse (bonne parce que, précisément, expressive de la dynamique actuelle).
Alain Corne a écrit:Oui c'est basique, ça n'est pas de la théorie interne au milieu communisateur et en effet écrit vite fait. Pour le reste, là je n'ai pas vraiment le temps, mais on va s'occuper de la question du "miracle", de la conjoncture et des mouvements comme situation après les "fêtes", qu'elles crèvent. J'ai mis TC 20 sur la "Théorie de l'écart" (elle est passée où, celle-là ?) dans mon petit sac, avec les papillotes. Ça va être sympa à lire avec le Grand cabaret et Patrick Sébastien en fond sonore. Amusez-vous bien aussi les camarades.
jusque-là on avait "la théorie restreinte" des "luttes théoriciennes" de TC, qui avait « un problème pour redescendre » dixit RS, mais au moins savait-on qu'à défaut d'être d'un abord immédiat, et pour peu qu'on le bûche de Noël à la Toussaint, on pouvait se sentir concerné et même associé* tout en étant "externe" au "milieu communisateur"

lais là, yaurait comme un aveu qu'existe une élite savante, apte à discuter "en interne" entre gens assez 'subtils' et 'intelligents' pour ne pas se contenter de leurs propres "écrits vite fait", néanmoins bien bons pour la vitrine d'un blog comme d'autres : écrits pas vite fait ?

* rappelons qu'au mieux AC m'ignore, au pire il me censure, bloqué qu'il m'a sur Tweeter comme sur Facebook. C'est quand même mieux de voir ça "en interne"
Vous avez été bloqué, vous ne pouvez ni suivre @carbureblog, ni voir les Tweets de @carbureblog

c'est vrai queCorne n'a "pas vraiment le temps", la faute au Grand Cabaret et Patrick Sébastien. Mais que faisiez-vous aux temps chauds de la jaunisse française ?

au vu de ce que cet AC (est-ce assez ?) a apporté de nouveau à la théorie de la communisation, ou mieux pour sortir de ses apories, je dirais volontiers : Alain Corne est un cuistre, et quelle fatuité, nom d'un Petit Papa Noël !


avec des si : si j'étais sur un rond-point, et que ces deux-là s'y pointent, je les virerais à coups de pieds au culte... de la personnalité. Parfois, ceux d'en-haut me rendent populairiste  

affraid

PS 1 : plus sérieusement, voir ce que j'en pense, et quant à la "théorie de l'écart", elle n'a pas fonctionnellement de défaut majeur, du point de vue de l'émergence possible de "dépassements produits". Même JW de Temps Critiques en convenait, et pour que ce frère ennemi de Théorie Communiste le dise... Elle était peut-être un peu précipitée quand elle apparut il y a dix ans, la faute au Préviseur qui vit trop près trop loin ? Mais avant de se la faire Corne en avant, AC ferait bien de se relire, pour aller plus loin que son désordre... interne


alors, qu'est-ce qu'on fait, on lit Corne ?

PS 2 : j'ai donné, quand j'avais encore une famille pour ça, dans les fêtes de Noël sans m'y sentir ni tout à fait à ma place ni à celle d'un autre qui aurait dû les boycotter, car moi j'y éteignais les Sébastien de mon époque. Je n'ai jamais vraiment pu vivre "normalement" et schizophrénétiquement, en attendant la fin

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 6 Jan - 16:26


1. écoute réveillée d'une critique bienveillante
2. la "dynamique" dans le mouvement dialectique des contradictions

2. la "dynamique" dans le mouvement dialectique des contradictions
ce qui se vulgarise finit par perdre sa substance théorique : ce qui est considéré comme "dynamique" et "limites" dans la théorisation marxiste renvoie toujours à la dialectique marxienne comme étude des contradictions en mouvement et celles de leurs dépassements (de leurs limites) comme changements de quantité et qualité. Ce sens se perd quand il ne considère plus les choses comme rapports contradictoires en mouvement mais succession d'états marqués par des tournants qui affecteraient la structure de ces contradictions

à titre d'exemples, ainsi a-t-on voulu prendre l'émergence et la domination du RIC comme affectant le contenu intrinsèque du mouvement à son départ, celui-ci isolé de ses conditions de productions en amont ; ou encore se focaliser sur une "composition de classe", terme confondu avec la sociologie des manifestant.e.s

il y a bel et bien eu des changements dans la dynamique, par exemple du caractère revendicatif au caractère politique, mais ils n'ont produit aucun dépassement des contenus dans leur rapport au capital et à l'État, le premier intouché dans son essence, la production de marchandises, le second non atteint dans son essence par le citoyennisme indécrottable d'un populisme État-nationiste de gauche ou de droite et du discours sur la République que tout le monde se dispute comme vertu

il ne me semble pas avoir introduit à cet égard d'ambiguïté dans mon usage du concept de "dynamique" dans mon journal de bord depuis le début du mouvement. Il est tout de même un peu ennuyeux que des gens se prévalant d'être des théoriciens (de la lutte de classe, de la guerre civile et de la communisation) soient dépourvus à ce point des fondements de la critique radicale, celle qui prend les choses à la racine : les rapports sociaux en mouvement

c'était une banalité de base, de la métathéorie  Shocked

10h21
1. écoute réveillée d'une critique bienveillante
je me suis résolu à écouter l'émission A la radio : « FACE A FACE », présentée comme
Une analyse critique bienveillante du mouvement des gilets jaunes, au-delà d’un populisme acritique et d’un anti-fascisme réducteur – avec des membres d’Agitations autonomes, participant-e-s à ce mouvement...  un mouvement qui suscite beaucoup de controverses dans les milieux libertaires, autonomes, marxistes, etc. entre deux positions "extrêmes", les gilets jaunes comme mouvement quasi-insurrectionnaliste où il y aurait peu de choses à critiquer [...] et une condamnation absolue anti-fasciste...
avec bonheur les interventions échappent à cette dichotomie, montrant ainsi que le débat dudit milieu, on s'en fout dans la mesure où, ne faisant preuve d'aucune dialectique des contradictions, il est incapable de cerner la dynamique essentielle dans ses apparitions successives, et que les conflits sociaux ne s'examinent pas à la lumière de ce qu'en pensent les "avants-gardes" de texte à texte "lumineux" dont se gargarise ce milieu dans son splendide et condescendant isolement

j'y retrouve donc non sans plaisir quelques-unes de mes remarques, sur la dynamique nationaliste commune, "de gauche ou de droite", la différence pour moi étant que ce clivage ne fonctionne plus, non seulement comme structurant la vie politique, les partis, mais l'idéologie même qui les traverse, clivage qu'ont fait sauter dans leur réciprocité à peine décalée le macronisme et le mouvement, dans ce moment qui représente l'apothéose de ce que j'ai nommé après les attentats de 2015 l'idéologie française. Au-delà de relever comme moi la référence à la Révolution française comme aux luttes d'avant le mode de production capitaliste dans la disparition de l'identité ouvrière "de classe", on peut regretter que l'émission ne s'intéresse pas explicitement aux spécificités françaises en les contextualisant dans la situation mondiale du capital comme économie politique, justement
RS/TC a écrit:dndf 14/12/2018 à 12:35 #8
A propos de ce mouvement je considère qu’il y a un point qui est constamment négligé. Nous n’en avons qu’une vision nationale. A la fin des notes sur le mouvement publiées sur le blog de Théorie Communiste est évoquée la signification d’un mouvement comme celui-ci dans la crise du mode de production capitaliste comme crise de sa mondialisation...
paradoxalement, si les délires de dépassement mondial engagé s'avouent très franchouillards, c'est peut-être l'esprit du cocher de Tarnac descendu sur la commune de Commercy

dit hors de cette émission, le racisme, le fascisme, etc. ne sont pas des épiphénomènes venus se greffer sur un mouvement splendidement vierge dans la sainteté de ses fautes d'orthographe, comme le laisse croire la transcription en langage Paris-Luttes.Info du giletjaunisme antifas


ces expressions ne sont que la partie visible de l'iceberg de nationalisme français qui s'est emparé de tout le mouvement

je ne saurais pour ma part porter une critique "bienveillante" ou malveillante", c'est-à-dire in fine morale ou militante cherchant à orienter le mouvement pour le meilleur. Le mot est peut-être mal choisi puisque ce n'est pas ce que fait l'émission dans le feu roulant des remarques. Plus les choses se dessinent et moins je suis porté à prendre des gants pour qualifier ce mouvement social comme un des plus 'cons' de l'histoire de France (voir la conjuration des gogos). Quant à ses "perspectives", question posée en fin d'émission avec des réponses décevantes en retrait des meilleures remarques en amont, je n'en attends que du mauvais et ceci sans même comme après 68 une période de mieux ressentie avant l'entrée massive en restructuration mondiale du capital

on ne peut pas comprendre les "reculs" du pouvoir sans y voir l'implication réciproque qui le pousse et l'autorise à accélérer sa restructuration politique, et qu'elle comporte inévitablement, par l'intégration de la violence comme moyen de la politique, une dimension néo-fascisante avec ou sans une issue d'extrême droite au gouvernement. Cela fait 30 ans que les pouvoirs successifs intègrent, à la suite de Mitterrand, les solutions à la Le Pen dans leurs programmes ; un pas nouveau est franchi, un ordre nouveau va arriver

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Dim 13 Jan - 12:36

du 11 janvier, ajout en-bas

coup de gueule : pauvre Lisbeth...

la théorie communiste honteuse
parce que jugée has been, anti-jauniste primaire ?

à propos d'un texte que j'avais signalé à dndf avec quelques mots (en dessous). Je ne sais pas si c'est de l'auto-censure due au choc provoqué par la répression, mais tout se passe comme si l'on devait se sentir con de donner un avis plus que sceptique sur l'issue de ce conflit. Il est tout-à-fait possible de détester Macron, d'être solidaire des manifestants contre la violence sociale et policière sans se sentir obligé de participer à ce mouvement quand on reste persuadé qu'il conduit à un désastre politique (et social...). Ma conviction est faite et je n'en changerai pas du fait qu'elle serait ultra-minoritaire. Un clivage jusqu'entre les partisans de la communisation : certains sont-ils devenus solubles dans l'extrême-gauche au point que la logique de leur positionnement "bienveillant" ne s'en distingue pas vraiment, quand dans "le milieu radical" se diffuse surtout ce qui est bon chez les GJ et mauvais pour ce pouvoir ? Est-ce dû à la crainte de prendre le risque théorique de se planter ? Je vois à la réception de mes envois sur tweeter que ça ne passe pas. Et comme j'ai cité BHL : « le prolétariat d’autrefois avait, quand même, une autre allure », les remarques de Lisbeth Salender tombent à point

Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ? Paris-Luttes.Info
- La crise qui vient . Remarques générales . La situation . la restructuration impossible
- Les Gilets jaunes comme signe
- Où ce mouvement va-t-il aller ?
- Petite suggestion stratégique...
Lisbeth Salender a écrit:dndf 11/01/2019 à 21:05 #1
Il y a une petite musique de fond qui est en train d’envahir la réflexion théorique ou politique autour de ce mouvement des gilets jaunes et ce texte l’illustre bien, à la suite de Robin, mais on peut l’entendre a plein d’occasions dans « lundi matin » et dans toutes les productions qu’on pourraient appeler « jaunistes » : la pensée marxienne, les références aux producteurs de marchandises, à la classe ouvrière, les gens qui ne se précipiteraient pas dans la rue en ce moment seraient devenus une espèce d’arrière-garde ronchonne, dépassée par les événements, qui ressasse son catéchisme communiste, les anciens quoi, ceux qui pensaient que la révolution à venir ne pourrait se passer du monde de la production… Des tontons maussades, has been, sidérés, assis sur leurs grimoires, devant la montée de ce qui serait devenu une irruption inattendue, spontanée, joyeuse, inventive d’un nouveau sujet ou plutôt, d’une nouvelle socialité révolutionnaire.

Je crois qu’il ne faut pas inverser la charge de la preuve. C’est comme pour l’existence de Dieu : ça n’est pas à ceux qui savent que Dieu n’existe pas de faire la preuve de sa non existence.

C’est aux jaunistes de nous expliquer comment, du plaisir de la socialité dans la lutte, du bonheur énorme de la solidarité contre l’Etat, contre les flics, on passe à des acquis qui vont permettre d’abolir la propriété privée, à l’emparement, à la communisation…. C’est un peu facile d’envoyer paître les pisse vinaigres de « l’ancienne théorie » quand on voit à quel point ce mouvement est en fait la somme complètement disparate de (presque) toutes les colères qui traînent dans ce pays. Et des colères, il y en a, et pas toutes très modernes…

La décantation se fait doucement, envahie de pleins de bonnes volonté activistes qui essayent de souffler sur les braises de la grève générale dont il n’a encore jamais été question, tout ce beau monde s’excitant du Riot Porn que nous offre Paris chaque samedi et qui fait l’affaire de TOUT LE MONDE…. On verra bien…

Bref, continuons à jouir du spectacle, mais en gardant la tête froide…
Patlotch a écrit:un texte qui rompt avec le gauchisme... habituel, par un réalisme inscrit dans une critique de l'économie politique, mais dont la chute est pour le moins décalée

à tout prendre, je préfère quand Théorie Communiste (BL) nous dit « pas de stratégie » plutôt que cette retombée dans des suggestions pratiques dont on se demande la pertinence face à la répression formidablement accrue dans laquelle s'est engagé le pouvoir, ce qui devrait nous conduire à revenir sur la/les fonctions des violences dans ce conflit, selon d'où elles viennent, pourquoi, comment, et quand elles sont offensives de la part des gilets jaunes ou autres, à quoi mènent-elles : peut-on parler d'une estimation quelque peu optimiste du "rapport de forces" ?

quant à la "restructuration impossible", je ne saisis pas comment elle le resterait dans la crise annoncée, ce qui quoi qu'il en soit rendrait inopérant toutes velléités stratégiques à l'avance
selon diverses sources, ce texte serait un habile collage de morceaux empruntés, notamment à Robin dans la discussion de dndf, d'où viendrait au fond son incohérence théorique à prendre en considération la crise, "la médiation temporelle" (TC contre l'activisme) puis de réinjecter hors ces prémisses son credo interventionniste. Robin est depuis des années un spécialiste du rapprochement de la théorie de la communisation avec tout ce qui bouge depuis Nuit debout

sur la suite, intervention de RS et ce que j'en pense, voir le fil de suivi des gilets jaunes. Avec ça, je me sens un peu plus seul, question d'habitude...

Lisbeth Salender a écrit:dndf 12/01/2019 à 11:28 #3
J’aimerais d’ailleurs qu’on me signale les productions des groupes ou rebelles en question qui ont ensuite critiqués honnêtement leur propre enthousiasme et analysé pourquoi, pour la 4520° fois, “Ça” ne s’est pas passé comme ils l’attendaient…
pour le coup, cette honnêteté je l'attends encore de TC même, jamais empressé de reconnaître ses erreurs et le faisant de façon si bien enrobée qu'elle ne paraissent plus comme telles (SIC, le genre, "la race"...). Mais bon, avec le temps, ça vient. Je suis sidéré par l'orgueil, l'égotisme et le manque d'humilité chez l'immense majorité des militants et même des théoriciens quels qu'ils soient. Ce comportement mental de curé me répugne. Esprit de l'escalier (pour le paradis des faux culs), vous avez le bonjour de Barbarin de sa race con Twisted Evil

quand un fameux théoricien communiste n'a plus qu'un Robin, communisateur en gilet jaune, à se mettre sous la dent pour se mettre lui-même en valeur, c'est dire où est tombée son exigence. Et quand une poignée d'adeptes de la communisation (d'Alain Corne@Carbure à Lola Miesseroff en passant par Christian Broutchoux, ex Le Nivellé, soutier de dndf, tous en chœur avec les gilets dans la manif parisienne de samedi) se gargarisent d'un texte compilant les seules interventions du même Robin dans un débat qui promettait mieux, ya du souci à se faire pour leur esprit critique. Je n'ai jamais été aussi fier d'être par ce milieu censuré : « ce qui est méprisable mérite le mépris », disait Debord

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Re: METS TA THÉORIE

Message par Patlotch le Mar 15 Jan - 8:41

15 janvier

debriefing
où en est-on dans le "rapport de la théorie et de la pratique"
du milieu radical au mouvement des Gilets jaunes ?

du "niveau théorique" de la compréhension du conflit
je reste effaré du niveau des considérations théoriques sur le "mouvement des gilets jaunes", pour ne pas dire de celui général des réflexions un tant soit peu prospectives, sans lesquelles il est difficile de se situer dans ce qui se passe, et d'y intervenir en conséquence. Cela n'est pourtant pas dû à la perte de tous repères de classe(s), c'est-à-dire aujourd'hui à « la conscience du capital » (Endnotes), mais plutôt au contenu qu'elle prend dans la défaisance populiste et nationaliste du "démocratisme radical", lui même produit par la "décomposition du programmatisme prolétarien", la "perte de l'identité ouvrière" comme conscience de classe pour soi

la nécessité de théoriser dans le cours du mouvement
le travail que j'ai mené quotidiennement depuis le début du conflit me confirme par ses résultats que cette manière de théoriser est la plus susceptible d'être en prise sur les événements, de les anticiper ainsi que les "surprises" qu'aurait apporté chaque Acte sabbatique. L'intérêt d'une telle démarche est différent dans un contexte de luttes auxquelles on hésite à participer en raison de leur dynamique générale et de l'impossibilité de l'en faire changer, et dans un autre que l'on jugerait porteur d'une dynamique révolutionnaire : communiste s'entend, et non nationale comme peut le voir ici la Nouvelle droite dans le sens identitaire français ou européen, avec ses transcriptions politiques par Le Pen, Philippot, Maréchal, Dupont-Aignan, Asselineau, Lassale, les restes de Républicains, et même de façon de plus en plus perceptible chez Macron dans la référence appuyée ar sa Lettre aux Français au "grand récit national"

un clivage d'appréciations au-delà du milieu radical
s'il y a un clivage d'appréciations autour de cette caractérisation de la dynamique essentielle du conflit (pris comme réciprocité pouvoir-mouvement et non seule position de "la classe" ou sociologie de la "composition de classe"), il n'est pas seulement interne au milieu radical théorique ou activiste, puisque l'illusion de faire changer l'orientation générale est commune à une grande partie de la gauche, France Insoumise, Ensemble, Verts...) et de l'extrême-gauche institutionnelle (néo-trotskistes, NPA, groupuscules programmatistes) : on a donc vu des "communisateurs" beaucoup moins regardant quant à leur participation à des manifestations où dominait de l'extrême-gauche, du NPA au Comité Adama en passant par les lundimatinistes

les errements auxquels on a assisté dans le milieu jusqu'au sein du courant dit communisateur relèvent de ce clivage élargi bien plutôt qu'à deux options internes à un milieu qui porterait les conditions d'émergence d'une conjoncture révolutionnaire

"ne pas y perdre son âme"
cette évolution était de longtemps perceptible dans la manière dont ce milieu, tout en critiquant radicalement les démocrates radicaux et les syndicats, ne pouvaient qu'intégrer a minima leur opposition effective au pouvoir politique, pour ne pas « perdre leur âme » (RS/TC 2017), comme si l'enjeu était l'image de soi. Il leur fallait faire comme si leur opposition au système allait de soi, sans avoir à l'exprimer, d'où le "on participe aux luttes telles qu'elles sont en essayant de les pousser le plus loin possible", actualisé par la formule d'Alain Corne/Carbure 1er décembre 2018 : porter plus loin le désordre

ainsi apparaît-il évident à chacun.e qu'on "perdrait son âme" à ne pas dénoncer les violences policières, minimum syndical pour assurer qu'on est pas "dans le camp d'en face", ou comme disait Elsa Triolet, de l'autre côté de la barricade qui n'en a que deux

des luttes qui ne se théorisent pas, ou dans la seule limite de leur perspective réformiste
de longtemps aussi, si je considère que les luttes sont auto-théorisantes, ce n'est au mieux que de leur contenu propre, non de son dépassement tant que celui-ci ne ressort pas d'écarts qu'elles produiraient ou pourraient produire "si...", et comme noté déjà pour Nuit Debout, nous sommes confrontés à un mouvement qui ne se comprend pas, ce que traduit fort bien dans les deux cas le subjectivisme sans limites de -h-R&eid=ARDAViUcP1iug9QUubwBwVV-skXvNLVjxijIidZZXT09gQv_330Ek6-FLV9xmlj0pdOqRuxVLBQVkOY6]Robin Banquo, la sélection de ce qui arrange sa vision et la mise à l'écart explicite de ce qui la dérange

un déterminisme persistant et le risque de son envers : optimisme vs pessismisme
et l'on voit bien ici le même clivage selon qu'on a ou non une vision quoi qu'elle en dise plutôt déterministe du cours de l'histoire. Ce déterminisme, on pourrait me reprocher, par un pessimisme excessif, de le faire tourner à l'envers, et je conviens ici que mon analyse des perspectives, tant de ce mouvement que de ce qui pourrait sortir d'un retour prochain de la crise, ne sont pas sans affecter la subjectivité que j'en ai. Cela dit, le subjectivisme n'est pas essentiellement de mon côté, si j'en crois l'intérêt porté aux délires du petit Robin (voir hier les clowns de l'avant-garde)

14 janvier
Temps acritiques ?

signalé, plus par habitude que pour son intérêt qu'il soit "théorique" ou "pratique", le dernier texte de Temps Critiques : Ce qui dure dans la lutte des Gilets jaunes, dimanche 13 janvier 2019, chez Mondialisme.org d'Yves Coleman

les Jacques racontent, plutôt bien, ce qui s'est passé, au demeurant depuis un certain temps recoupant sans nouveauté mon suivi en temps réel, refourguant leurs concepts sans trop s'embarrasser de leur creux pathétique, et sonnant encore la charge contre le marxisme "classiste", comme si le capital ayant « fait sa révolution » n'était plus le capital, mode de production de l'économie politique, avec sa classe capitaliste en face des gilets ou des sans gilets. Ils sont de plus d'un optimisme déconcertant pour la suite

ya même rien de drôle à récupérer pour mon roman. Leur esprit de sérieux est d'une tristesse qui n'a rien à envier à celle des "classistes", mais, me direz-vous, il est toujours mal venu de faire remarquer que d'autres manquent d'humour, ça fait çui-ci qui se croit drôle, et moi je suis comme mon "vieux", je rigole tout seul de mes vannes




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