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LE CAPITAL EXPLOITE LA NATURE, DONC LES PROLÉTERRES

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LE CAPITAL EXPLOITE LA NATURE, DONC LES PROLÉTERRES

Message par Patlotch le Ven 26 Oct - 22:51


du prolétariat aux proléterres
passation de témoin

c'est sciemment que je place ici cet article, qui relèverait dans une autre approche de "la défense de l'environnement" sans lien fait avec la double exploitation par le capitalisme des prolétaires et de la terre. Je poursuis la méthode dialectique complexe du précédent forum, chaque point de vue étant mis en rotation avec les autres dans une danse de la dialectique (Bertell Ollman), mais je le fais dans une structure et avec un plan qui remet les choses dans la hiérarchie qu'elles ont, historiquement et structurellement

Karl Marx a écrit:La grande propriété foncière réduit la population agricole à un minimum, à un chiffre qui baisse constamment en face d’une population industrielle concentrée dans les grandes villes et qui s’accroît sans cesse ; elle crée ainsi des conditions qui provoquent un hiatus irrémédiable dans l’équilibre complexe du métabolisme social composé par les lois naturelles de la vie ; il s’ensuit un gaspillage des forces du sol, gaspillage que le commerce transfère bien au-delà des frontières du pays considéré. (…) La grande industrie et la grande agriculture exploitée industriellement agissent dans le même sens. Si, à l’origine, elles se distinguent parce que la première ravage et ruine davantage la force de travail, donc la force naturelle de l’homme, l’autre plus directement la force naturelle de la terre, elles finissent, en se développant, par se donner la main : le système industriel à la campagne finissant aussi par débiliter les ouvriers, et l’industrie et le commerce, de leur côté, fournissant à l’agriculture les moyens d’exploiter la terre.

Le Capital, livre III, cité par John Bellamy Foster dans Karl Marx et l’exploitation de la nature

un exemple, après Trump, des tensions entre capitalistes sur la question de l'environnement, avec derrière la logique de l'extractivisme, à laquelle Macron aura du mal à faire croire qu'il est opposé. Ne soyons donc pas dupes du point de vue critique des opposants politiques au fascisme qui vient au Brésil. En attendant, on en est là...


Au Brésil, le candidat Bolsonaro menace l’Amazonie et les peuples autochtones
Abiano Maisonnave Climate Home news, via Reporterre 26 octobre 2018

Jair Bolsonaro, le favori de l’élection présidentielle de ce dimanche 28 octobre, souhaite abolir le ministère de l’Environnement du Brésil, exposant ainsi la plus grande forêt tropicale du monde et ses habitants à des bandes criminelles de bûcherons et de mineurs.


Si Jair Bolsonaro est élu dimanche face au candidat du Parti des travailleurs, Fernando Haddad, le Brésil quittera l’Accord de Paris, il n’y aura plus de ministère de l’Environnement, et une nouvelle autoroute pavée sera lancée à travers l’Amazonie.

Et ce n’est pas tout. Le candidat favori, qui a obtenu une quasi-majorité des votes lors du premier tour de l’élection présidentielle le 7 octobre, entend ouvrir des territoires autochtones à l’exploitation minière, assouplir l’application de la loi en matière d’environnement et l’octroi de permis d’exploitation. Tandis que les ONG internationales, telles que Greenpeace et WWF, pourraient être interdites dans le pays, M. Bolsonaro entretient une alliance étroite avec le lobby du bœuf.

Nostalgique de la dictature militaire de 1964 à 1985, ce capitaine de l’armée à la retraite est désormais célèbre pour sa rhétorique raciste, homophobe, autoritaire et misogyne. Bolsonaro a galvanisé les électeurs des centres urbains désabusés par les scandales de corruption et attirés par ses positions « tough on crime » [« intransigeant contre le crime »] dans un contexte de hausse des taux de criminalité. Mais ses vues sur la façon de gérer la plus grande forêt tropicale humide de la planète sont tout aussi sombres et épouvantables.

En Amazonie, des bûcherons, des mineurs, des accapareurs de terres ainsi que de grands propriétaires terriens se sont ralliés à lui. Ils ne s’attendent pas à ce que Bolsonaro fasse respecter la loi. Au contraire, ils espèrent qu’il tiendra sa promesse d’anéantir presque toutes les législations environnementales et pro-indigènes. Il a obtenu un soutien massif dans les États ruraux du centre-ouest et dans tous les États amazoniens sauf un.

L’Accord de Paris, un « complot de l’ONU » pour déposséder le Brésil de l’Amazonie

En août, Bolsonaro s’est engagé à retirer le Brésil de l’Accord de Paris. Ainsi, le pays ne chercherait plus à réduire ses émissions, notamment celles dues à la déforestation de l’Amazonie, qui est pour le pays une source de gaz à effet de serre plus importante que la combustion des énergies fossiles.

Bolsonaro reconnaît que le climat change dangereusement. Mais quand Climate Home News l’a interrogé à ce sujet lors d’une conférence de presse en avril, il a expliqué que la solution résidait dans un contrôle strict de la croissance de la population humaine. « Cette croissance démographique explosive conduit à la déforestation, a-t-il dit. Parce que vous ne cultiverez pas de soja sur la terrasse de votre immeuble ou n’élèverez pas de bétail dans la cour. Nous devons donc avoir une politique de planification familiale. Ainsi, vous commencez à réduire la pression de ce qui conduit, oui, à mon avis, au réchauffement de la planète, ce qui pourrait être la fin de l’espèce humaine. »

Il a également fait l’éloge de la politique du président Trump sur l’Accord de Paris - les États-Unis s’en sont retirés en juin 2017 -, et laissé entendre que cet accord faisait partie d’un complot de l’ONU visant à déposséder le Brésil de sa souveraineté sur l’Amazonie. « Félicitations à Trump. Si cela avait été bon pour eux, [les États-Unis] ne l’auraient pas dénoncé », a-t-il dit, ajoutant qu’un « concept de corridor écologique de 136 millions d’hectares (…) sous le contrôle du monde, pas le nôtre, » avait été « discuté ». « Je ne sais pas à quel point », a-t-il admis.

En réaction, l’actuel ministre brésilien de l’Environnement, Edson Duarte, a déclaré : « Au lieu de faire passer le message qu’il luttera contre la déforestation et le crime organisé, il s’attaquera au ministère de l’Environnement, à Ibama et à ICMBio [les agences fédérales de l’environnement du Brésil]. C’est la même chose que de dire qu’il retirera la police des rues. »

S’adressant au journal O Estado de Sao Paulo, Duarte a craint « une augmentation immédiate de la déforestation » en cas de victoire de M. Bolsonaro : « J’ai peur d’une ruée vers l’or vert. Ils sauront que, s’ils occupent illégalement des terres, les autorités feront preuve de complaisance. Ils seront certains que personne ne les dérangera. »

Les politiques environnementales de Bolsonaro sont à mettre en lien avec son attitude raciste envers les minorités et les peuples autochtones du Brésil. Dans un discours prononcé l’an dernier, il a déclaré : « Les minorités doivent se plier à la majorité… Les minorités [devraient] s’adapter ou simplement disparaître. »

« S’il gagne, il institutionnalisera le génocide »

Exprimant un point de vue commun dans le milieu militaire, il a affirmé, sans preuve, que les droits fonciers autochtones fesaient partie d’un complot occidental visant à créer des États amazoniens séparatistes soutenus par l’ONU. « Tôt ou tard, nous aurons des douzaines de pays à l’intérieur du Brésil. Nous n’aurons pas de droit d’ingérence dans ces pays, le premier monde exploitera les Indiens, et il ne nous restera plus rien », a-t-il dit l’année dernière.

Bolsonaro a promis d’ouvrir les terres autochtones à l’exploitation minière et à d’autres activités économiques. Environ 13 % du territoire brésilien est constitué de terres indigènes reconnues, la plupart situées en Amazonie. Ces réserves constituent un rempart contre la destruction de la forêt, seulement 2 % de la déforestation de la forêt tropicale humide ayant eu lieu à l’intérieur du territoire autochtone.

La loi protège les droits des peuples natifs. L’article 231 de la Constitution de 1988 dispose ainsi qu’ils ont « des droits originaux sur les terres qu’ils occupent traditionnellement », bien que ces terres appartiennent à l’État et qu’ils n’aient aucun droit de propriété sur les minéraux.

Mais Bolsonaro respectera-t-il ces lois ? Plusieurs analystes craignent que le Brésil glisse vers un régime autoritaire. Son colistier, le général Antonio Mourão, a plaidé pour une nouvelle Constitution sans participation populaire et a même évoqué la possibilité que Bolsonaro puisse proclamer un coup d’État.

Bolsonaro et Mourão ont tous deux défendu les excès de la dictature militaire brésilienne, qui a déplacé et tué (intentionnellement ou par des maladies) des milliers d’habitants autochtones en Amazonie, dans son effort pour construire des routes et des barrages hydroélectriques dans la forêt. Les forces armées n’ont jamais reconnu aucun acte répréhensible.

« S’il gagne, il institutionnalisera le génocide, a déclaré Dinamamam Tuxá, coordinateur national de l’Association brésilienne des peuples autochtones, dans une interview téléphonique avec Climate Home News. Il a déjà dit que le gouvernement fédéral ne défendrait plus les droits des autochtones, comme celui de l’accès à la terre. Nous avons très peur. Je crains pour ma propre vie. En tant que dirigeant national, je suis sûr que je serai puni par le gouvernement fédéral pour avoir défendu les droits des peuples autochtones. »


Opération conjointe de l’agence Ibama et du secrétariat d’État à l’environnement (Sema) du Mato Grosso contre l’exploitation illégale de la forêt, en juin 2018.

Au cours de la campagne électorale, Bolsonaro a promis d’abolir le ministère de l’Environnement et de transférer ses fonctions au ministère de l’Agriculture. Le portefeuille de l’Agriculture sera remis aux politiciens du « parti du bœuf », un groupe conservateur de parlementaires qui contrôlent environ un tiers du Congrès. Ils se sont opposés à la démarcation des terres autochtones et ont préconisé la réduction des unités de conservation (aires protégées), entre autres mesures, afin d’augmenter les surfaces agricoles. Depuis début octobre, ils soutiennent officiellement Bolsonaro.

Dans plusieurs discours, ce dernier a déclaré qu’il mettrait fin à l’« industrie de qualité » dirigée par Ibama et ICMBio, qui tentent de contrôler l’exploitation minière illégale, la déforestation et l’exploitation forestière. Juste après le premier tour, il a également assuré vouloir « châtrer » Ibama.

Une affaire personnelle pour Bolsonaro. En 2012, il a été pris en train de pêcher illégalement dans une réserve fédérale au large des côtes de Rio de Janeiro et s’est vu imposer une amende de 2.700 dollars. Depuis lors, en tant que membre de la Chambre des députés brésilienne, il a pris l’agence Ibama pour cible, allant jusqu’à présenter un projet de loi qui interdirait à ses agents de porter des armes, même s’ils opèrent dans certaines des régions les plus dangereuses du pays.

« Ibama sera privé de ses pouvoirs de délivrance de permis environnementaux »
, a-t-il dit au cours de la campagne. Ces fonds seraient redistribués à d’autres organismes officiels. Cela signifie, par exemple, que l’agence fédérale ne pourra plus s’opposer à des projets controversés tels que la réouverture de la BR-319 — une autoroute désaffectée de 890 km qui traverse l’une des zones les plus préservées de l’Amazonie —, ou São Luiz do Tapajós, une immense centrale hydroélectrique qui doit être construite dans une zone habitée notamment par le peuple Munduruku.

La BR-319, qui relie Manaus à Porto Velho, serait particulièrement néfaste à la forêt, car elle permettrait la construction de routes secondaires. Selon une étude de l’ONG Idesam, cette autoroute pourrait accélérer l’accaparement et la déforestation d’une zone aussi vaste que l’Allemagne et la Belgique. Les récentes tentatives de pavage ont été interdites par Ibama.

« Il a désigné Ibama et ICMBio comme ses ennemis publics numéro un et a indiqué qu’il mettrait à bas les lois environnementales et sociales, a noté André Guimarães, directeur de l’Amazon Environmental Research Institute. Cependant, une chose est ce qu’il a dit pendant la campagne électorale. Une autre chose est ce qu’il sera capable de faire s’il prend le pouvoir. »

D’après M. Guimarães, le « parti du bœuf » a récemment tenté d’assouplir la législation sur l’environnement et le travail forcé, en vain. Il a échoué dans la plupart de ces tentatives en raison de la forte opposition.

« Bolsonaro va essayer et il est obstiné, mais c’est à la société civile de réagir. Il y aura des conflits intenses et presque permanents, a-t-il déclaré. Nous devons nous indigner. »
au passage, relevons que les considérations décoloniales ne sont pas aussi stupides que le prétendent certains marxistes arriérés, Théorie communiste n°26 ou Alexandru Cistelecan en les réduisant à l'idéalisme contre-révolutionnaire d'un problème épistémologique ‘Epistemic Revolution’ and Counterrevolution. A Marxist Critique of Decolonial Reason

bien avant l'époque de Marx, l'appropriation des terres ne donnait lieu qu'à des luttes paysannes, pas encore prolétaires. Il décrit ce changement qu'il a sous les yeux, et dont nous connaissons les ultimes développements avec d'autres luttes, pas essentiellement prolétaires ou en tant que prolétaires, qui conduisent à envisager autrement et plus largement une sortie radicale du capitalisme

on peut supposer que les marxistes, ne voyant pas de sujet dans la nature exploitée, ont négligé les luttes de ceux par qui cela était possible, soit les paysans (esclaves, serfs, métayers, fermiers...), soit toutes les populations occupant les terres en question sources de rente foncière, d'où ils ont été et sont encore chassés, le colonialisme étant partie prenante du capitalisme, dans sa genèse esclavagiste comme dans son évolution néo-coloniales et ses séquelles actuelles. Comme on le voit, il ne s'agit pas d'une simple prolétarisation sur le modèle de l'extorsion de plus-value en usine, sans quoi le problème ne prendrait pas la forme d'une sous-prolétarisation des "expulsés" (Saskia Sassen) ou "Négres du monde" (Achille Mbembe) au delà de la couleur de peau (ladite 'race'), qui population en surplus (Endnotes) n'étant pas même exploitable, peut être jetée à la mer des calculs égoïstes (migrants...)

c'était oublier que ces luttes pourraient un jour prendre de l'ampleur et même le pas sur celles du prolétariat industriel, en mettant la barre du mouvement communisme bien plus haut. Sans réserves, nous le serons tous et toutes bientôt. Nous voilà

Proléterres de tous les pays, unissez-vous !


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