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AVANTI POPOLO !? DU POPULISME

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AVANTI POPOLO !? DU POPULISME

Message par Patlotch le Dim 28 Oct - 22:50

le "populisme", de droite ou de gauche, est-il en passe de prendre l'ampleur mondiale du mouvement communiste d'antan ?


un sujet dans l'attente du résultat des élections au Brésil, après minuit en France. Ce soir en Allemagne, dans la Hesse (Francfort), les grands partis CDU/CSU et SPD plongent de 10% chacun, l'extrême-droite cumulée est à 20%, mais signe des temps les Verts ont le vent en poupe

nous nous en tiendrons dans un premier temps aux faits, quitte à proposer plus tard des analyses

Tour du monde des pays touchés par la vague du populisme
Alexis Feertchak Le Figaro 27/10/2018

DÉCRYPTAGE - Des Philippines aux États-Unis, en passant, peut-être, par le Brésil, où Jair Bolsonaro est ce dimanche le favori de l'élection présidentielle, des dirigeants aux manières controversées, promettant de renverser le «système», bousculent la vie politique de leur pays.


carte ajoutée, 2017, source

«Trump tropical », déclarent les médias pour baptiser Jair Bolsonaro, en tête des intentions de vote pour l'élection présidentielle au Brésil. « Il ferait passer Trump pour un enfant de chœur », pouvait-on lire à propos du président philippin Rodrigo Duterte, élu en 2016 quelques mois avant le président américain. Ces dernières années, d'autres élus ont été qualifiés de populistes en Inde, au Mexique, au Pakistan ou, plus récemment encore, au Québec. Jouant largement sur les controverses qu'ils suscitent, ces dirigeants partagent en commun le souhait de « renverser le système ».

Le mot de «populiste» fait débat parmi les politologues, certains le trouvant trop flou, d'autres bêtement dépréciatif. Des concepts pouvant en partie recouvrir le même phénomène font florès, comme «démocratie illibérale» voire «démocrature». Au-delà du vocable et malgré d'évidentes différences culturelles selon les pays, des problématiques communes émergent en matière de sécurité, d'immigration, de paupérisation des classes moyennes, de peur de la mondialisation et du déracinement. «À certains égards, on peut parler d'une vague national-populiste planétaire», déclarait récemment le politologue Jacques Rupnik au Centre de recherches internationales (CERI) de Sciences Po. À l'occasion des élections au Brésil, nous vous proposons un tour du monde des pays que l'on peut qualifier, avec plus ou moins de certitude, de populiste.

Élites contre élites

Donald Trump aux États-Unis
Donald Trump incarne plus qu'aucun autre cette vague contestataire. Élu en novembre 2016, le 45e président des États-Unis s'est érigé en héraut des classes moyennes blanches délaissées par l'establishment de Washington. Dénonçant les délocalisations et s'en prenant à la Chine, le milliardaire républicain l'a ainsi emporté dans les États ouvriers de la Rust Belt (région industrielle du nord-est des Etats-Unis). Le succès des populistes s'explique-t-il par leur capacité à porter les passions populaires? «Non, répond Dominique Reynié, professeur à Sciences Po Paris et directeur général de la Fondapol. Ils sont plutôt des entrepreneurs politiques qui parviennent à tirer des bénéfices de l'ouverture de marchés comme la colère, la frustration, le ressentiment». L'économiste souverainiste Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS, est moins catégorique: «Il y a certes une récupération politique de ce désarroi populaire, mais pas seulement. Les populistes parviennent à capter une aspiration profonde, celle de rapports politiques dépassant la logique technicienne et individualiste du néolibéralisme. C'est cette combinaison qui donne sa force à ce que l'on appelle le populisme».

Au Brésil, député depuis 1991, Jair Bolsonaro a connu une longue carrière politique sans autre éclat que de régulières polémiques. Une absence de responsabilités qui l'avantage dans la course à la présidentielle. S'érigeant en champion de la lutte contre la corruption, il peut pointer les échecs de la classe politique tout en affichant des mains blanches. « Le populisme est toujours un mouvement initié par des élites qui sont à la marge d'un système et qui essaient d'en occuper le centre », confirme Dominique Reynié.

La tentation du repli sur soi

Salvini en Italie
L'Europe est aussi le laboratoire de plusieurs gouvernements «antisystème». Avant Trump, en juin 2016, le Royaume-Uni a voté pour le Brexit sur fond de préoccupations assez similaires portées notamment par le parti UKIP. À l'intérieur de l'Union européenne, les gouvernements qualifiés de populistes sont légion, notamment en Europe centrale et orientale: Viktor Orban en Hongrie, Andrzej Duda en Pologne, Miloš Zeman en République Tchèque. Plus à l'Ouest, l'Italie en est l'exemple type avec l'alliance en mai 2018 de deux mouvements antisystème, l'un à droite (la Ligue, ex-Ligue du Nord) et l'autre à gauche (Mouvement Cinq étoiles).

« Dans tous ces pays, il y a quelque chose de fondamentalement commun. Ils illustrent une même tentation du repli sur soi, à l'image d'une forteresse assiégée. C'est la grande différence avec les fascismes des années 1930, foncièrement expansionnistes », explique au Figaro l'ancien diplomate et chercheur à l'IFRI Philippe Moreau Desfarges, auteur de La Tentation du repli. Une tentation que les populistes eux-mêmes définissent davantage comme une protection face aux effets néfastes de la mondialisation - America First , lance ainsi Donald Trump. « Il y a une aspiration à la souveraineté. Les peuples ont besoin d'une bonne distance envers le monde globalisé », résume Jacques Sapir.

À la conquête des jeunes démocraties

Rodrigo Duterte aux Philippines
Un discours souverainiste voire nationaliste que l'on retrouve ailleurs qu'en Europe : l'Inde de Narendra Modi, premier ministre depuis 2014 et qualifié de populiste par plusieurs chercheurs, incarne particulièrement cet attrait pour l'indépendance nationale, par le biais du «Made in India» industriel et technologique. « Dans les pays émergents, les classes moyennes font face à une frustration, considère Philippe Moreau Desfarges. Face à la formidable accélération de l'histoire, elles sont nourries d'ambition, mais trouvent que ça ne va pas assez vite. Ces pays sont encore émergents, mais font déjà face à des problèmes de vieux pays. Deux forces convergent: au sud, celle des ambitions déçues, au nord celle de la peur du déclassement ».

Au Brésil avec Jair Bolsonaro ou aux Philippines avec Rodrigo Duterte, la démocratie est récente, et par conséquent fragile. «Le populisme est un appel au peuple. Mais la démocratie l'est aussi. Il y a une fausse gémellité entre les deux», analyse Dominique Reynié. « Le populisme remet en cause une certaine définition de la démocratie et en défend une autre. Pour les populistes, la démocratie consiste à établir une fusion entre le peuple et l'individu », abonde Philippe Moreau Desfarges qui défend une «démocratie libérale» dans laquelle « le peuple exerce le pouvoir, encadré par des institutions servant de garde-fou ».

Corruption et insécurité, moteurs du populisme

Andrés Manuel López Obrador au Mexique
Dans les pays émergents dont les structures étatiques sont fragiles, le problème se pose dès lors que les élites politiques, garantes des institutions, échouent dans ce rôle. La lutte contre la corruption et l'insécurité ont ainsi nourri les campagnes de Duterte et Bolsonaro. Le premier a bâti sa réputation de champion de la lutte contre le narcotrafic lorsqu'il était maire de Davao de 1988 à son élection en 2016. «The Punisher», l'a surnommé le magazine Time rappelant qu'il est aimé de la population pour ses escadrons de la mort chargés d'exécuter les criminels sans autre forme de procès. « Oubliez les droits de l'homme, si je deviens président, ça va saigner », n'hésitait-il pas à déclarer. Comme les Philippines qui sont sorties de la dictature en 1986 après le renversement de Ferdinand Marcos, le Brésil a connu une dictature militaire de 1964 à 1985. C'est ce souvenir plus ou moins diffus selon les générations qui resurgit quand Jair Bolsonaro, lui-même ancien capitaine, annonce vouloir recourir à l'armée pour vaincre l'insécurité.

Au Mexique, également miné par une violence endémique, c'est un homme politique au profil différent, mais également qualifié de populiste, qui a surgi lors des dernières élections. Homme de gauche, le président élu mais pas encore investi, Andrés Manuel López Obrador, surnommé AMLO, dénonce la corruption de l'élite politique, qu'il nomme «la mafia du pouvoir» et défend une approche sociale pour éradiquer la pauvreté qui alimente la violence. Tribun hors pair, presque messianique, il s'oppose avec virulence à Donald Trump.

La question nationale et le risque de la xénophobie

Imran Khan au Pakistan
Entre ces pays, « les déterminants communs ne signifient pas qu'il existe un peuple transversal qui ressentirait la même chose partout sur la planète », tempère Dominique Reynié. Les dirigeants populistes exaltent au contraire les différences nationales. Au Pakistan, c'est un ancien joueur international de cricket formé à Oxford, Imran Khan, qui a été élu à la tête du pays en 2018 en dénonçant là encore la corruption. Mais, régulièrement qualifié de populiste, le nouveau premier ministre qui passait-il y a quelques années encore pour un libéral dans un pays particulièrement religieux a pris un tournant conservateur en se rapprochant des islamistes. Il défend ainsi la loi sur le blasphème, qui vise les minorités religieuses, en particulier chrétiennes.

Au Brésil, Jair Bolsonaro est accusé de xénophobie. « Ayant peur de perdre leur identité, les populistes défendent l'idée d'une nation pure, analyse Philippe Moreau Desfarges. Mais leur xénophobie n'est pas la même que dans les années 30: elle passe moins par l'affirmation ‘nous sommes supérieurs' que par celle ‘nous sommes différents'». Jacques Sapir note également cette tentation xénophobe, mais diverge sur sa cause: « Il y a indéniablement des représentations mythifiées de l'identité qui dérivent vers le racisme ou l'ethnicisme. Mais elles sont surtout le produit d'une mondialisation néolibérale qui nie le besoin de politique exprimé par le plus grand nombre. L'identité n'est pas un gros mot. Au contraire, le besoin de réaffirmer une culture nationale va de pair avec l'affirmation de la souveraineté ».

François Legault au Québec

Une problématique qui est apparue dans les dernières élections au Québec, lors desquelles la traditionnelle opposition entre libéraux partisans d'une union toujours plus étroite avec le Canada anglophone et un centre-gauche partisan de l'indépendance a volé en éclat au profit d'un candidat antisystème, François Legault, qui l'a emporté en promettant de réduire l'immigration et en critiquant le multiculturalisme canadien, lequel mettrait en danger l'identité québécoise francophone. Mais ce comptable de profession, peu coutumier des effets de manche, ne partage pas grand-chose avec le style et la radicalité populistes, notait néanmoins dans Le Figaro le sociologue québécois Matthieu Bock-Côté.

Le populisme, produit d'une crise de la mondialisation

Narendra Modi en Inde
Les dirigeants contestataires non occidentaux sont encore unis - pour la plupart - par un même rejet d'un Occident dominateur et défendent l'avènement d'un monde multipolaire, se rapprochant des positions géopolitiques de la Chine ou la Russie. Le premier ministre pakistanais Imran Khan et le président philippin Rodrigo Duterte dénoncent ainsi l'impérialisme américain et préconisent un rapprochement avec Pékin. Le premier ministre indien, Narendra Modi, est quant à lui le premier à chercher un équilibre entre ses partenaires russe et américain et souscrit au projet de club des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).

Recep Erdogan en Turquie
Un dernier exemple est la Turquie de Recep Erdogan, au pouvoir depuis 2003, comme premier ministre puis président. D'abord favorable à une adhésion à l'Union européenne, celui qui se rêve désormais en «sultan» a transformé la république parlementaire turque en régime présidentiel autoritaire, particulièrement depuis le coup d'État manqué de 2016. Se détournant des Occidentaux, il s'est rapproché de la Russie de Vladimir Poutine et remet au goût du jour le passé ottoman de la Turquie, dont il souhaite voir l'influence s'étendre au Moyen-Orient.

« Le populisme s'inscrit dans un mouvement de retour des nations, de fin de l'hégémonie américaine et d'avènement du monde multipolaire. Nul ne prétend aujourd'hui revenir à l'autarcie. Mais nul ne peut supporter de se voir imposer des règles et des normes de l'étranger. La globalisation se meurt, espérons le retour à des formes de coopération interétatiques », conclut Jacques Sapir. Un constat partagé par Philippe Moreau Desfarges, mais qui le regrette: « Nous entrons dans une période de repli marquée par l'émergence d'empires fermés (Russie, Chine, Turquie, ndlr). Le dernier chapitre de mon livre s'intitule ‘la démondialisation n'aura pas lieu'. Beaucoup n'ont pas compris cette phrase, clin d'œil à "La guerre de Troie" n'aura pas lieu de Jean Giraudoux. À la fin de la pièce, la guerre de Troie a bien lieu. ».

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