SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT

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Message par Patlotch le Lun 29 Oct - 6:39

[i]manière un peu détournée d'aborder le sujet, mais dans l'esprit pointilliste-impressionniste qui est celui de ce nouveau forum
[/i]
un.e préfet.e, même non des pires, n'en relève pas moins du Ministère de l'Intérieur, la police de l'État. Le successeur de Hulot à l'écologie en a choisie une comme directrice de cabinet, fonction de très proche collaborateur, qui le seconde dans ses prises de décision. L'écologie en France serait donc d'abord affaire de police...

[center][url=https://www.20minutes.fr/politique/2362203-20181028-loire-atlantique-prefete-nicole-klein-recrutee-ministre-francois-rugy][b][i][u][size=18]La préfète Nicole Klein recrutée par le ministre François de Rugy[/size][/u][/i][/b][/url]
[i]20 minutes[/i], 28 septembre 2018

[img(640px,506px)]https://www.letelegramme.fr/ar/imgproxy.php/images/2018/04/17/la-prefete-des-pays-de-la-loire-nicole-klein-a-droite-sur_3907835.jpg?article=20180417-1011929927&aaaammjj=20180417[/img]
image ajoutée, Notre-Dame des Landes, avril 2018[/center]

[quote][size=15]On le savait, Nicole Klein, préfète de Loire-Atlantique et de la région Pays-de-la-Loire, cessera ses fonctions fin novembre dans le cadre de son départ en retraite. Mais, selon [i]Le Journal du dimanche[/i], elle devrait finalement prolonger de plusieurs mois sa carrière professionnelle.

Agée de 66 ans, elle aurait en effet accepté de devenir la nouvelle directrice de cabinet du Nantais François de Rugy, nommé ministre de la Transition écologique en septembre dernier en remplacement de Nicolas Hulot.

[b]Son expérience au service du ministère[/b]
Appréciée du gouvernement pour sa gestion du difficile dossier Notre-Dame-des-Landes, Nicole Klein mettrait ainsi son expérience au service d’un ministère ayant à traiter de  sujets aussi épineux que les conflits avec les chasseurs, la limitation des pesticides dans l’agriculture, l’avenir du parc nucléaire français ou la reconversion des centrales électriques fonctionnant au charbon.

Cette Parisienne d’origine sera restée un peu moins de deux ans en poste en Loire-Atlantique.[/size][/quote]


Dernière édition par Patlotch le Jeu 21 Mar - 11:51, édité 2 fois

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Message par Patlotch le Mer 5 Déc - 14:56

ché pas trop où le mettre, cet animal fossile du stalinisme, mais comme flic du système, je le trouve pas mal


L’ancien député-maire (PCF) de Vénissieux en appelle à la responsabilité du gouvernement et de "toute la classe politique"

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Andrei-gerin-02-a-ceiline-vautey
image ajoutée


« Le Président Macron est dans l’impasse avec les Gilets jaunes. Face à leur légitime colère, il va devoir céder du terrain. Mais pour l’emporter, les Gilets jaunes doivent condamner sans équivoques les violences qui embrasent notre pays, et les casseurs de tout ordre. »

"Nous sommes passés à la révolte"

André Gerin, l'ancien député-maire (PCF) de Vénissieux, en appelle à la responsabilité dans un communiqué publié ce mercredi matin. Pour lui, le gouvernement doit envoyer un signal fort, et vite, sous peine de déboucher sur une situation très grave.

« Du ras-le-bol fiscal nous sommes passés à la révolte et assistons, depuis peu, à des scènes de chaos. Si nous n’y prenons pas garde, celles-ci peuvent très vite déboucher sur une guerre civile et je pèse mes mots. »

Le communiste tonne : « Il n’y a pas de place pour la démagogie, tout comme pour ceux qui surfent sur la haine. Toute la classe politique doit afficher son unanimité vis-à-vis de ces violences. Il s’agit de défendre l’ordre républicain, les pouvoirs régaliens de la République, en refusant que la police nationale ne devienne l’ennemi à abattre, car elle est garante de la cohésion nationale. »

Il conclut ainsi: « Aujourd’hui, tout le monde doit sortir de cette crise par le haut. Les Gilets jaunes ont refusé d’être instrumentalisés par les politiques mais ils peuvent devenir les otages de la violence. Restons unis, rassemblés, dans le respect des lois républicaines. »

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Message par Patlotch le Dim 30 Déc - 6:45

d'hier, pour ajouter cette remarque : à mon avis, si Macron est allé réveillonner au Tchad en "soutien à nos soldats contre le terrorisme" et prend toujours soin de "notre armée" et de "notre police", ce n'est pas tant pour y avoir recours "en dernière instance" que pour s'assurer qu'elles ne se retourneront pas un jour contre lui

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la documentation de ce sujet est considérablement réduite relativement au forum antérieur. Tout ce qui concerne la police et l'armée se trouve aisément en suivant la veille de @MathieuRigouste sur tweeter

cet article a le double intérêt de porter sur l'évolution de l'armement de la police et de la "doctrine française" quant à son utilisation. Quand on considère que l'armée n'intervient pas pour le maintien de l'ordre intérieur, cela devient très relatif, sauf sans doute en matière d'effectifs de la police et de la gendarmerie, qu'on a vues parfois débordées lors des événements de novembre-décembre. Il semble que même le non-respect des règles par les policiers et gendarmes, les so called "bavures" et le déchaînement sadique de certains policiers, sont parfaitement intégrés dans la volonté de dissuader par la peur. Il va sans dire que la police et la gendarmerie françaises sont largement prêtes à servir un gouvernement de plus en plus fort, éventuellement d'extrême-droite ou néo-fasciste. Au demeurant, c'est le cas de toute la fonction publique, et les précédents ne manquent pas, on l'a vu sous Pétain, démontrant à qui ne voudrait l'entendre que la police, c'est l'État, et non "notre police qui assassine". Dans la police comme telle, rien n'est à nous, tout est à eux

Violences policières : la fuite en avant de Castaner
Jean-Marc Manach Blog Le Monde 28 décembre 2018

Alors que, souligne le sociologue Fabien Jobard, face aux « Gilets Jaunes« , l’action répressive et le bilan, en termes de blessés, sont d’une ampleur considérable et sans précédent depuis Mai 68, le ministère de l’Intérieur a (opportunément ?) publié en ce week-end de veille (a priori chargé) de Noël un appel d’offres portant sur l’achat de 1730 « lanceurs multi-coups (et) mono-coup » de maintien de l’ordre.

Étrangement, aucun des médias qui ont repris l’info n’ont mis de lien vers ledit appel d’offres, non plus qu’ils n’en ont montré de photos, pas plus qu’ils ne semblent avoir lu les spécificités techniques attendues (sans parler de ceux qui ont aussi omis de citer ledit Canard Enchaîné qui, le premier, a révélé l’information).

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  CSI_MIS_0716_low_res-768x543
40MM PUMP MULTI-LAUNCHER
Présentation, dans le catalogue de son vendeur, de l’un des « lanceurs multi-coups » que veut acheter le ministère de l’Intérieur

Intitulé « LBD_40«  (pour lanceur de balle de défense -le nom du successeur des « flash-balls« , marque déposée- suivi du diamètre -en millimètres- de ses munitions), l’appel d’offres vise à « équiper les personnels de la sécurité intérieure notamment lors des missions de maintien de l’ordre, pour contrôler les mouvements de foule et disperser des individus agressifs« , au moyen de 1280 nouveaux « lanceurs mono-coup » (type LBD, dont 1275 pour la gendarmerie), plus 270 « lanceurs multi-coups » (LMC) « 4 coups« , et 180 « 6 coups » (soit 450 LBD semi-automatiques) pour les policiers.

Tandis que la fenêtre de « tir optimum » du LBD est de 30 mètres, les « multi-coups« , précise le cahier des charges techniques, devront quant à eux « permettre de stabiliser les munitions utilisées sur les distances comprises entre 30 et 100 m« .

Ces « armes » à « réarmement manuel ou semi-automatique« , dotées pour l’une d’entre elles d’un mécanisme de fusil à pompe, devront pouvoir « utiliser l’ensemble des munitions de calibre 40 mm munies de leurs moyens de propulsion à retard en dotation au sein du ministère de l’intérieur » (du nom donné aux grenades de maintien de l’ordre fumigènes et/ou lacrymogènes ), et permettre de « lancer les grenades sous un angle de 45°, avec une portée en adéquation avec le moyen de propulsion utilisé (50 ou 100 mètres)« .

Le site collaboratif d’infos alternatives Rebellyon avait été le premier, en juin 2016, à documenter l’utilisation, par des CRS, du lance-grenades Penn-Arms PGL65-40 (ou 40mm launchers) de l’entreprise américaine Combined Systems, « qui fonctionne comme un fusil à pompes« , dont les spécificités techniques correspondent trait pour trait à celles de l’appel d’offres et dont cette photo fit la couverture d’un rapport consacré à l’utilisation d’armes « moins létales » à Ferguson, aux USA, ainsi qu’à la militarisation des opérations de maintien de l’ordre policier.

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Penn-Arms-Pump
An officer fires a Penn Arms Pump-Action Multi-6 Shot Launcher near W. Florrisant
Avenue, Ferguson on Monday, August 18, 2014.
Photo Credit: David Carson / St. Louis Post-Dispatch

Dans une note d’analyse (.pdf) adressée en juillet 2017 au Défenseur des droits au sujet des pratiques et conséquences du maintien de l’ordre en France, l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) avait elle aussi commencé à s’intéresser à cette nouvelle armée. D’après Rebellyon, « une centaine de ces lance-grenades seraient en fonction en France et en dotation dans la police depuis 2010« . ACAT estimait, elle, qu’il serait utilisé par les CRS depuis 2013, bien qu’il n’aurait été aperçu qu’au printemps 2016 au cours de manifestations à Lyon, Paris et Nantes.

L’ACAT déplorait alors « la très grande opacité des autorités françaises » à son sujet, et le fait que « la mise en service de nouvelles armes ou munitions ne fait l’objet d’aucune communication auprès de la population, qui la plupart du temps les découvre directement dans le contexte des manifestations« , ce qui peut être d’autant plus déstabilisant qu’elle ressemble plus à la mitraillette Thompson camembert des films de gangsters des années 20 qu’à une arme non-létale.

L’ACAT s’inquiètait par ailleurs du fait que « cette arme peut accueillir non seulement des grenades lacrymogènes, mais également des balles de défense en caoutchouc, telles que celles utilisées pour les LBD 40, dont le diamètre est identique« , mais également que « les circonstances et conditions dans lesquelles elles sont susceptibles d’être utilisées ne sont pas davantage rendues publiques« .

Du maintien de l’ordre « à la française »
Contactée par Libération, la Direction générale de la police nationale assure que ces lanceurs «multicoups» seraient «destinés à tirer exclusivement des grenades lacrymogènes, fumigènes ou assourdissantes».

Or, et comme David Dufresne, journaliste d’investigation auteur d’une enquête sur (le non-respect de) la doctrine française du « maintien de l’ordre« , n’a de cesse de le documenter depuis le début du mouvement des « gilets jaunes« , près de 200 personnes auraient d’ores et déjà été victimes, et pour bon nombre blessées, certaines mutilées à vie, du fait de manquements graves (parfois possibles, souvent avérés) à la doctrine légale du maintien de l’ordre dit « à la française ».

L’an passé, l’ACAT avait ainsi recensé (.pdf) 2 morts et 44 blessés (dont 24 éborgnés) du fait de tirs de flash-balls et de LBD ces dernières années (cf aussi cette chronologie sur Wikipedia), plus 3 blessés graves (dont 2 amputés au main) du fait des grenades lacrymogène instantanée GLI F4 (constituées -notamment- de 25 grammes de TNT).

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Desarmonsles-768x330
Extrait du recensement provisoire des blessés des manifestations de novembre-décembre 2018

Depuis le début du mouvement des « gilets jaunes« , le collectif Désarmons-les a de son côté dénombré (au moins) 4 autres personnes ayant eux aussi eu leurs mains arrachées par des GLI F4, 41 à avoir été blessées par des tirs de LBD… dont 10 éborgnées, en moins d’un mois 1/2.

Pourquoi la gendarmerie refuse-t-elle de s’en doter ?

Rien n’indique que le « timing » de cet appel d’offres corresponde au mouvement des « gilets jaunes« . Le Canard Enchaîné avait ainsi révélé, fin août 2017, que le ministère de l’Intérieur avait lancé un appel d’offres d’une « valeur totale estimée » de 22M€ pour l’achat de plus d’1,2 million de grenades de maintien de l’ordre fumigènes, lacrymogènes et assourdissantes, dont 584 000 « moyens de propulsion à retard« , là aussi pour « permettre, notamment aux personnels de la sécurité intérieure lors des missions de maintien de l’ordre et d’opérations de police judiciaire, de contrôler les mouvements de foule et de disperser des individus agressifs« .

« Il y a eu Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Calais, les manifs contre la loi travail… On n’a pas arrêté de grenader« , avait alors expliqué un représentant des forces de l’ordre au Canard Enchaîné. A quoi le ministère de l’Intérieur avait répondu que « Ça n’a rien à voir. Il s’agit simplement d’un renouvellement d’appel d’offres arrivé à son terme. »

En l’espèce, on retrouve effectivement trace (.pdf), dans le projet de loi de finances 2015, de l’achat de « 125 lanceurs multi-coups, dont 96 pour les compagnies républicaines de sécurité dans le cadre du programme SPI4G CRS ».

A en croire ce tract (.pdf) de l’UNSA Police, évoquant une formation de FTSI (pour formateur aux techniques de sécurité en intervention) effectuée en avril 2018, et qui montre les deux LMC en dotation chez les CRS, « dans un premier temps, un volume de 10 fonctionnaires habilités est fixé par compagnie ».

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  UNSALMC
Un volume de 10 fonctionnaires par compagnie seront habilités à s’en servir

Les 450 nouveaux LMC que vient de commander le ministère de l’Intérieur ne relèvent donc pas stricto censu d’un seul « renouvellement », mais bel et bien d’une extension du domaine du « maintien de l’ordre », avec son lot de « dommages collatéraux » en devenir, parce que le ministère de l’Intérieur persiste à vouloir militariser les policiers.

Dans son rapport, l’ACAT soulignait à ce sujet que « les forces de l’ordre françaises comptent parmi les plus armées d’Europe (et que) depuis le début des années 2000, le nombre et le type d’armes dites « non-létales » se sont massivement développées en France », alors même qu' »un autre modèle se développe chez nos voisins européens. Basé sur le dialogue et la désescalade, le modèle dit « KFCD » (Knowlegde, Facilitation, Communication, Differenciation) vise notamment à minimiser les violences collatérales, inutiles ou dangereuses, ainsi qu’à construire et à entretenir un dialogue permanent avec la foule afin de permettre une désescalade des tensions ».

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  AcatComparatifEu-768x473
Extrait du rapport de l’ACAT sur les violences policières

Un rapport (.pdf) de la Cour des comptes avait à ce titre révélé, en septembre dernier, que la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) avait de son côté refusé de doter les gendarmes de tels « lanceurs multi-coups de balles de défense« .

Il serait dès lors opportun que Christophe Castaner (et/ou son ministère) explique ce pourquoi il décide ainsi d’acquérir 1280 nouveaux LBD (dont 1275 à destination de la gendarmerie) alors qu’on en avait jamais autant mesuré la dangerosité que ces dernières semaines, et que la doctrine du maintien de l’ordre « à la française » mériterait donc potentiellement d’être remise à plat. Mais aussi ce pourquoi les gendarmes se voient refuser le fait d’être dotés de ces « lanceurs multi-coups » potentiellement encore plus dangereux.

NB : si vous avez des infos à ce sujet, vous pouvez me contacter de façon sécurisée (voire anonyme) en suivant ce mode d’emploi.

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LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Empty Re: LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT

Message par Patlotch le Ven 11 Jan - 17:56

dossier en cours dans avec ou sans gilets, LES LUTTES EN FRANCE vers la restructuration politique

19. sur les violences et leurs fonctions
1. des "armes de la critique" à la "critique des armes", des questions
2. violences policières : faits et propos
2. violences policières : faits et propos


David Dufresne : "La police s’est enfermée dans une logique d’escalade et d'affrontement" L'Obs
LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  16707840 Paris, 5 janvier, Zakaria Abdelkafi, AFP
En France, politique et maintien de l'ordre sont intimement liés. Dans le maintien de l'ordre, une arme ne sort que sur autorisation du commandement préfectoral qui prend ses ordres à Beauvau, qui les prend à Matignon, qui éventuellement les prend à l'Elysée. Les 250 cas que je soulève sont autant de cas politiques.
- hors sujet, confidence pour confidence : Macron prémonitoire ?
Le pouvoir, Sarkozy, Hollande... Macron se confie dans un livre
Les auteurs citent à la fin de l'ouvrage une confidence d'Emmanuel Macron faite à Thierry Solère, l'ex-LR passé à En Marche! : « Si ça se passe mal, je terminerai plus bas que François Hollande, si je termine mon mandat. »
les entretiens datent d'avant la "crise des gilets jaunes", mais j'ai peut-être été un peu optimiste (pour lui) en pensant qu'il s'en sortait pas trop mal. Avec les cafouillages sur 'le grand débat', les annonces sécuritaires délirantes, et les coups portés à son cœur d'électorat, l'isolement menace toute la bande

- hors sujet, un texte complètement creux
Appel des Gilets Jaunes de Montreuil en réponse à l’appel des Gilets Jaunes de Commercy

- Castaner anticipe hors la loi
« Ceux qui appellent aux manifestations demain savent qu'il y aura de la violence, et donc ils ont leur part de responsabilité. [...] Demain, ceux qui viennent manifester dans des villes où de la casse est annoncée savent qu'ils seront complices de ces manifestations. » vidéo Rémy Buisine

- Les textes officiels encadrant le maintien de l’ordre Reporterre 5 mai 2016

- Gilets jaunes : on a soumis 8 vidéos (et photos) de violences policières présumées France Inter 13h19 « Nous avons soumis ces huit séquences à deux avocats, l'un proche de la police, l'autre proche des "gilets jaunes".»
Les manifestations de "gilets jaunes" ont donné lieu à de nombreuses scènes de violences partout en France depuis le 17 novembre. Des violences contre les forces de l'ordre et par les forces de l'ordre. Ces dernières estiment qu’il y a eu 1 000 blessés dans leurs rangs. De l'autre côté, plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de "gilets jaunes" ont été blessés par des Flash-Ball ou des grenades. Le défenseur des droits a lui-même alerté à plusieurs reprises, notamment sur la dangerosité des lanceurs de balles de défense. Au total, 78 enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN et 200 signalements ont été transmis. Mais, pour l'instant, aucun policier n'a été suspendu.
- DES GILETS JAUNES FACE A LA JUSTICE… DE CLASSE, suite : de l’intérêt de refuser la comparution immédiate L'envolée 9 janvier
De fait, les quelques nuances que nous introduisons ici, ne doivent pas masquer l’essentiel, à savoir la continuité de la violence d’Etat : violence policière dans la rue, rigueur des condamnations devant les tribunaux. Les rouages de l’appareil répressif tournent à plein régime pour qu’il y ait de moins en moins de monde dans la rue. Depuis janvier plus qu’en décembre encore, le gouvernement assume : il veut blesser, abîmer, terroriser les participants et tente par tous les moyens de retourner la population contre le mouvement. Jusqu’ici, malgré un travail assidu notamment des tribunaux  il n’est pas parvenu à trier le bon grain de l’ivraie -ce qui est déjà exceptionnel-, il s’agit donc de continuer à l’en empêcher.
- le patron de la police s'exprime...
«Gilets jaunes» : L'IGPN saisie de 67 dossiers de violences policières, Le Figaro
L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a reçu près de 200 signalements pour violences policières présumés et a été saisi de 67 dossiers par l'autorité judiciaire, a déclaré aujourd'hui, Eric Morvan, le directeur général de la police nationale (DGPN). Onze dossiers ont été confiés à la "police des polices" dans le cadre du mouvement lycéen de décembre. Elle a également fait l'objet d'une saisine administrative sur le cas du commandant de police filmé en train de frapper plusieurs personnes à Toulon.

Eric Morvan a précisé à France Inter qu'aucun policier n'avait été suspendu pour l'instant dans le cadre de ces dossiers mais a assuré qu'il n'y aurait aucune complaisance à l'égard de tels actes s'ils étaient avérés. "Il n'y a pas de mois où je ne sois amené à signer des sanctions extrêmement fortes contre des policiers. Donc l'idée selon laquelle il y aurait une permissivité vis-à-vis des forces de police est totalement fausse", a-t-il déclaré. Il a également rejeté l'idée qu'on puisse mettre sur le même plan des manifestants violents et des policiers chargés du maintien ou du rétablissement de l'ordre.

"Le maintien de l'ordre public, voire son rétablissement, ça ne se fait pas sans moyens. Rétablir l'ordre public c'est utiliser (...) des armes intermédiaires qui peuvent provoquer des blessures." Eric Morvan a toutefois souligné que les "flash balls" dénoncés par des manifestants n'étaient plus utilisés. "On utilise ce qu'on appelle des lanceurs de balles de défense, qui ont une visée, et donc il y a moins d'accidents qu'avec les flash balls, qui n'en disposaient pas", a expliqué le patron de la police nationale. Il est convenu que cela pouvait tout de même occasionner des blessures involontaires.

« La police n'a pas besoin de cagnotte »
Eric Morvan a aussi estimé que la police n'avait pas "besoin de cagnotte" comme celle lancée par Renaud Muselier en faveur des forces de l'ordre blessés lors de manifestations de "gilets jaunes" et qui a dépassé le million d'euros. "Cette fracture (...) qui se manifeste à coups de cagnottes peut à certains égards friser l'indécence. S'il y a de la générosité dans ce pays, manifestons-là à la recherche médicale ou à l'enfance en danger mais les policiers n'ont pas besoin de cagnotte"...
- Pont-à-Mousson, 6 h du matin : le RAID défonce la porte d’un gilet jaune


1. des "armes de la critique" à la "critique des armes", des questions
11 janvier
il est assurément difficile de parler des violences sans commencer par dénoncer "les violences policières", c'est un peu montrer patte blanche pour avoir son mot à dire, du moins est-ce ainsi que je le constate à la multiplication des dénonciations et révélations qui n'en sont que pour qui ferme les yeux, y compris sur les "médias" qui mettraient leur mouchoir dessus. Il est clair que le gouvernement a retourné la situation à son avantage par ses appels au calme et à l'ordre, la mise en avant des "violences" des gilets jaunes et "casseurs" qui l'autorise à accroître (légitimement aux yeux de l'opinion publique ?) la prévention, la répression et la punition judiciaire. J'avais engagé une réflexion :
- le 5 décembre : 1. réflexions sur le rôle de la violence dans ce mouvement : contribution à son caractère revendicatif
- le 6 janvier : 2. la violence comme moyen de la politique
il me semble impossible d'en rester à cette dénonciation des violences policières, un rien manichéenne au demeurant, sans poser la question de la légitimité du recours à la violence par les manifestants, rapportée non à une condamnation a priori, mais assumée comme nécessaire, défensivement bien sûr, mais offensivement et dans ce cas rapportée à un objectif, des cibles, des moyens... qui n'aboutissent pas systématiquement à envoyer les autres, mal armés et inexpérimentés, au casse-pipe suicidaire via internet et les réseaux sociaux
Marx a écrit:De toute évidence, l’arme de la critique ne peut pas remplacer la critique des armes : la force matérielle doit être renversée par une force matérielle, mais la théorie, elle aussi, se change en force matérielle dès qu’elle saisit les masses.
Contribution à la critique de La philosophie du droit de Hegel
j'avoue avoir un peu de mal à saisir que ceux qui ont recours à la violence comme modalité offensive, parfois prétendue contre l'État et le capital, se contentent ensuite de dénoncer une "justice de classe", comme s'il allait de soi qu'elle pourrait être différente, de même que la police autre chose que violente. J'y vois un mixte de critique radicale et d'utopie démocrate radicale qui fait l'impasse sur cette question : la situation se prête-t-elle à l'usage volontaire de la violence quand les armes de la critique sont si peu aiguisées que le passage à la critique des armes relève d'une utopie révolutionnaire sans fondements dans le moment actuel ?

- un texte qui rompt avec le gauchisme... habituel par un réalisme inscrit dans une critique de l'économie politique, mais dont la chute est pour le moins décalée
Crise qui vient, souffle et gilets jaunes : où va-t-on ? Paris-Luttes.Info
- La crise qui vient
. Remarques générales
. La situation
. la restructuration impossible
- Les Gilets jaunes comme signe
- Où ce mouvement va-t-il aller ?
- Petite suggestion stratégique...
à tout prendre, je préfère quand Théorie Communiste (BL) nous dit « pas de stratégie » plutôt que cette retombée dans des suggestions pratiques dont on se demande la pertinence face à la répression formidablement accrue dans laquelle s'est engagé le pouvoir, ce qui devrait nous conduire à revenir sur la/les fonctions des violences dans ce conflit, selon d'où elles viennent, pourquoi, comment, et quand elles sont offensives de la part des gilets jaunes ou autres, à quoi mènent-elles : peut-on parler d'une estimation quelque peu optimiste du "rapport de forces" ?
quant à la "restructuration impossible", je ne saisis pas comment elle le resterait dans la crise annoncée, ce qui quoi qu'il en soit rendrait inopérant toutes velléités stratégiques à l'avance

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LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Empty Re: LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT

Message par Patlotch le Mer 23 Jan - 11:09

suite française de l'arrestation de Battisti au Brésil, dont j'avais parlé le 15 décembre, quand elle s'annonçait (dessous)

23 janvier
internationalisme poliçarien

La France juge «possible» la présence de 14 ex-activistes réclamés par l'Italie
Le Figaro.fr avec AFP 09:33

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a jugé aujourd'hui "possible" la présence en France de 14 Italiens recherchés pour terrorisme par Rome depuis les "années de plomb", mais Paris n'a "pas encore" reçu de demandes d'extradition.

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  5c471977d8ad5878f02d6f5e AFP/AP
L'Italie a annoncé samedi avoir recensé 30 personnes condamnées pour terrorisme en fuite à l'étranger et dont elle souhaite qu'elles soient livrées à la justice pour purger leur peine de prison en Italie, comme l'ex-militant d'extrême gauche Cesare Battisti, incarcéré le 14 janvier après 37 ans de cavale. Parmi elles, "14 sont localisées en France", selon le ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, également chef de file de l'extrême droite transalpine.

"C'est possible", a répondu la garde des Sceaux sur France Inter. "C'est un dossier que (...) je n'ai pas encore travaillé réellement. Nous allons regarder cela avec la plus extrême attention", a encore déclaré Mme Belloubet.

Matteo Salvini s'est dit "prêt à partir à Paris" pour rencontrer le président français Emmanuel Macron et "ramener en Italie ces assassins". Il a également précisé que le gouvernement italien était "prêt à des démarches officielles pour demander la collaboration aux pays hébergeant des terroristes, à commencer par Paris".

La ministre de la Justice, qui n'a "pas encore" reçu de demandes d'extradition, a assuré qu'elle porterait "un regard attentif sur chacun des dossiers" et promis "une discussion" avec l'Italie.

15 janvier
Battisti is not my Super Hero but tant que ça dure, j'en serai heureux pour lui et les siens


L'ex-militant d'extrême gauche italien, qui s'était un temps réfugié en France, n'a plus été vu depuis l'élection de Jaïr Bolsonaro, qui a promis pendant la campagne de le remettre à l'Italie.

LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  16668599
Où est passé Cesare Battisti ? La police brésilienne n'est toujours pas parvenue, samedi 15 décembre, à localiser l'ex-militant d'extrême gauche. L'homme, devenu écrivain, est sous le coup d'un mandat d'arrêt en vue d'une extradition vers l'Italie, où il a été condamné à la prison à perpétuité pour quatre homicides dans les années 1970. L'acte d'extradition signé vendredi par le président brésilien, Michel Temer, a été publié samedi au Journal Officiel.

Jeudi soir, le juge de la Cour suprême Luiz Fux avait ordonné que Cesare Battisti, 63 ans, soit placé en détention pour éviter "une quelconque tentative de fuite" face à une éventuelle extradition. Selon la radio brésilienne CBN, un avion militaire italien se trouve déjà à l'aéroport international de Guarulhos, près de Sao Paulo, pour ramener Battisti dans son pays d'origine une fois qu'il sera arrêté.

Son avocat ignore où il se trouve
Des agents de la police fédérale se sont rendus au domicile de l'Italien à Cananeia, petite ville côtière de l'Etat de Sao Paulo (sud-est), où il réside depuis plusieurs années, mais ne l'ont pas trouvé. Il a également été recherché à certaines adresses à Sao Paulo, capitale économique du Brésil. Vendredi, son avocat Igor Sant'Anna Tamasauskas a annoncé avoir présenté un recours contre la décision du juge Fux et affirmé à l'AFP ne pas savoir où se trouvait son client, expliquant qu'il ne lui avait pas parlé depuis le mois dernier.

Des voisins de Battisti à Cananeia ont révélé au quotidien O Globo qu'ils ne l'ont pas vu depuis la victoire du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro au second tour de l'élection présidentielle, le 28 octobre. Ex-capitaine de l'armée brésilienne, Jair Bolsonaro a réitéré à plusieurs reprises son intention de livrer à l'Italie celui qu'il qualifie de "terroriste".

Ancien militant d'un groupe d'extrême gauche classé comme terroriste par la justice italienne, Cesare Battisti a été condamné par contumace en 1993 en Italie à la réclusion à perpétuité pour quatre meurtres et complicité de meurtres à la fin des années 1970. Aujourd'hui âgé de 63 ans, il a toujours clamé son innocence et vit exilé au Brésil depuis 2004, après avoir passé près de quinze ans en France.

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LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Empty Re: LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT

Message par Patlotch le Mar 19 Mar - 4:06


les Champs de la victoire des Blacks Blocs. 2

et maintenant le recours à l'armée...

la police c'est l'État donc au besoin l'armée, à l'intérieur comme à l'extérieur du territoire de l'État-nation. La réciproque n'est pas une implication (=>) : l'État n'est pas réduit à la police, et comme État du capital elle ne saurait en être "le dernier rempart" que dans une situation révolutionnaire. Ni le mouvement des gilets jaunes, ni les violences offensives des Blacks Blocs à la marge de la puissance capitaliste marchande n'ont remis en cause l'État dans cette essence, mais seulement fait courir le risque à son pouvoir politique d'être désavoué par l'opinion publique

on constate que si le soutien aux Gilets jaunes se replie en dessous de 50% de la population sondée, 84% désapprouvent les violences de samedi, la même proportion que le soutien au plus fort d'un mouvement aujourd'hui à son plus faible

il n'y a pas toujours une "complicité objective" entre le pouvoir et les actes gaucho-anarchistes, mais là, c'est l'évidence, n'en déplaise aux Guillon et Cie qui se taisent sur les dizaines de kiosques à journaux détruits et préfèrent condamner les Vegan qui détruisent les boucheries

mais les anars-BB ont sans doute atteint leur objectif, "prouver" que l'État n'hésite pas, ici à recourir à l'armée. Manque plus que l'aspirant théoricien de la communisation Alain Corne/Carbure pour mettre en œuvre, sur le papier l'acte 2 de son programme : lutte des classes-guerre civile-communisation

la France n'a pas la bourgeoisie la plus bête du monde, mais les gauchistes les plus cons en Europe


Acte 19 des Gilets jaunes
Emmanuel Macron appelle l'armée en renfort pour assurer la sécurité
La Dépêche 20/03/2019

A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a annoncé ce mercredi que la mission antiterroriste militaire Sentinelle serait mobilisée de manière "renforcée" samedi dans le cadre de l'acte 19 des Gilets jaunes afin de protéger des bâtiments officiels et autres "points fixes".

La décision a été prise au plus niveau de l'Etat puisque c'est Emmanuel Macron qui en est à l'origine et qui l'a annoncé en Conseil des ministres. Après les débordements, les violences et les pillages survenus à Paris à l'occasion du 18e samedi de manifestations des Gilets jaunes, le Président de la République a décidé de sortir les grands moyens. Les militaires de la mission antiterroriste Sentinelle seront en effet mobilisés de manière "renforcée" samedi prochain dans le cadre de l'acte 19 des Gilets jaunes. Le chef de l'État a décidé de faire appel à l'armée afin de protéger des bâtiments officiels et autres "points fixes".

L'opération Sentinelle représente une mobilisation sans précédent de l'armée sur le territoire national depuis la guerre d'Algérie. Des chiffres de 2017 faisaient état de 7.000 militaires déployés en permanence - pour moitié en région parisienne - depuis les attentats de janvier 2015 à Paris. Les militaires protègent en France des sites religieux (synagogues, mosquées...), des lieux particulièrement exposés au risque terroriste ou très fréquentés (lieux touristiques, gares...). Ils sont présents de manière quasi permanente sur certains sites comme les aéroports ou les musées.

"Cette initiative permettra aux forces de l'ordre de se concentrer sur les mouvements, sur le maintien et le rétablissement de l'ordre, a justifié Benjamin Griveaux. On a à notre disposition cette mission Sentinelle assurée par des militaires et qui ont parfaitement vocation à sécuriser les lieux, comme d'ailleurs nos concitoyens ont l'habitude de les voir."

Cette décision intervient deux jours après de nouvelles mesures sécuritaires annoncées par Edouard Philippe comme l'interdiction pour les casseurs de manifester dans certains lieux, dont la Place du Capitole à Toulouse, ou encore l'augmentation des amendes pour les participants à une manifestation interdite. Dans la foulée de ces annonces, plusieurs têtes sont tombées, dont celle du préfet de police Michel Delpuech.

Cette nouvelle escalade sécuritaire risque d'être au centre de toutes les discussions ce soir sur  BFMTV où six chefs de partis débattront en direct des issues à la crise des Gilets jaunes. À deux mois des élections européennes, qui font l'objet d'une grande défiance des Gilets jaunes, François Bayrou pour le Mouvement démocrate (MoDem), Olivier Faure pour le Parti socialiste (PS), Stanislas Guerini pour la République en marche (LREM), Marine Le Pen pour le Rassemblement national (RN), Jean-Luc Mélenchon pour la France insoumise (LFI) et Laurent Wauquiez pour les Républicains (LR) échangeront sur "la crise et après ?", dans une émission spéciale animée par la journaliste Ruth Elkrief.

les Champs de la victoire des Blacks Blocs 1.

GILETS JAUNES

ce qu'il faut retenir des annonces d'Edouard Philippe


Deux jours après les scènes de violences sur les Champs-Elysées en marge de "l'acte 18" des "Gilets jaunes", le Premier ministre a tenu une conférence de presse lundi 18 mars où il a annoncé ses mesures, et dévoilé sa "nouvelle stratégie" de maintien de l'ordre.


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"Ces actes sont des actes criminels, la réponse du gouvernement doit être forte". Edouard Philippe a dévoilé la réponse du gouvernement après les heurts ayant eu lieu dans plusieurs villes du territoire, samedi 16 mars.

Manifestations interdites en présence "d'éléments ultras"
"Nous interdirons les manifestations se revendiquant des 'Gilets jaunes' dans les quartiers les plus touchés dès lors qu'une présence 'd'éléments ultras' sera signalée", a indiqué Edouard Philippe, citant le cas des Champs-Elysées, de la place Pey Berland de Bordeaux, et de la place du Capitole de Toulouse.

"Nous procéderons à la dispersion immédiate de tous les attroupements", a t-il précisé.

"Commandement unifié" et nouveaux moyens
Le Premier ministre veut "accorder une plus grande autonomie aux forces sur le terrain, avec un commandement unifié doté d'une 'large capacité d'action rapide'".  Des "moyens nouveaux" seront déployés : drones, produits marquants pour faciliter l'identification des fauteurs de troubles. "Nous placerons davantage d'officiers de police judiciaire sur le terrain" a t-il ajouté. Les nouvelles dispositions permettront de "renforcer les contrôles aux abords des manifestations, prononcer des interdictions de manifester, et placer en garde à vue les personnes qui dissimulent leurs visages."

"Des consignes inappropriées ont été passées pour réduire l'usage"
des lanceurs de balle de défense (LBD), a-t-il déploré, assurant que le gouvernement va "renforcer la fermeté de (sa) doctrine de maintien de l'ordre".

Philippe fait sauter le "fusible" Delpuech

Le préfet de police de Paris Michel Delpuech paie lui les pots cassés des heurts. Il sera remplacé par Didier Lallement, actuel préfet de Nouvelle Aquitaine, a annoncé Edouard Philippe. "Mercredi en Conseil des ministres, le président de la République nommera préfet de police M. Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur, actuel préfet de la Nouvelle Aquitaine", a indiqué le patron de Matignon. Michel Delpuech, 66 ans, était régulièrement donné partant entre affaire Benalla et polémiques à répétition sur la gestion de l'ordre public dans la capitale.

Hausse des contraventions

Le gouvernement veut également "taper au portefeuille", promettant une "augmentation très nette" de la contravention encourue en cas de participation à une manifestation interdite. "Les manifestants pacifiques doivent prendre leurs distances avec les casseurs", a déclaré le Premier ministre, qui a expliqué sa nouvelle stratégie de "chercher systématiquement la responsabilité financière des fauteurs de troubles".

Le Premier ministre a terminé son allocution en rendant hommage aux forces de l'ordre et aux sapeurs-pompiers, qui "même sous la pression continuent de faire preuve de maîtrise de d'exemplarité". "En leur demandant plus de mobilité, nous les exposerons à des contacts plus durs", a t-il décrit,. "Leur protection sera notre priorité (...]. J'attends du pays tout entier qu'il se regroupe derrière eux", a t-il conclu.

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Message par Patlotch le Jeu 21 Mar - 11:49


"l'armée contre le peuple français" ?
mais aurait-il manifesté son désaccord ?

la controverse politique enfle sur ce qui serait ou non le rôle de l'armée en rapport avec le maintien de l'ordre intérieur
Jean-Luc Mélenchon, LFI : Vous êtes devenus fous ! Un militaire, c’est pas un policier.

Marine Le Pen, RN : On ne met pas l’armée contre le peuple français. L’armée, on l’envoie contre des ennemis ! Pas contre les Français !

Olivier Faure, PS : Dresser l’armée face au peuple… Quel symbole épouvantable !
faut-il rappeler que la Gendarmerie nationale, qui dépendait jusqu’alors du ministère de la défense, est  depuis le 1er janvier 2009, officiellement placée sous la tutelle du ministère de l’intérieur, rapprochant 100 000 militaires des 120 000 policiers pour opérer une mutualisation des moyens humains et matériels de ces deux forces de sécurité. C'est ce qu'on appelle de façon critique la militarisation des force de l'ordre ou du maintien de l'ordre

certes, l'opération Sentinelle, "contre le terrorisme" comportait au départ ~10.500 militaires, dispositif complété par 4 700 policiers et gendarmes, donc militaires ou non, et la mesure prise par Macron franchit un pas supplémentaire, mais inscrit dans les modifications législatives amalgamant terrorisme et luttes sociales ou politiques

les précédents

Exclu du gouvernement au printemps 1947, le PCF lance un appel à la grève générale qui prend une tournure "insurrectionnelle" aux yeux de Jules Moch, ministre de l’Intérieur de l’époque. A l’automne 1947, puis à nouveau en 1948, ce dernier doit faire appel à la troupe pour suppléer aux CRS et aux gendarmes mobiles.
Elie Tenenbaum, chercheur, note de juin 2016 pour l’Ifri consacrée à Sentinelle

Auparavant ont été créées les unités spécialisées dans le maintien de l’ordre : les gendarmes mobiles (1921) et les compagnies républicaines de sécurité (1944). Pendant la guerre d’Algérie, [l’armée] joue un rôle statique en métropole, où des soldats sont utilisés pour garder des sites sensibles, un peu comme les patrouilles du plan Vigipirate de nos jours.

Jean-Marc Berlière, chercheur, Le Monde 13 septembre 2013

Les événements de la Guadeloupe en 1967 et de la nouvelle Calédonie entre 1982 et 1988 n’ont mobilisé pour le maintien de l’ordre (MO) que des gendarmes mobiles (les forces spéciales de l’armée ont participé à des opérations de libération d’otage mais ce n’est pas du MO). Plus récemment et dans un autre contexte Edouard Philippe a déployé le 33e Rima à Saint-Martin dans une logique qui participait en même temps de l’aide aux populations (classique en cas de tempêtes, incendies) et de maintien de l’ordre contre les pillages.
Elie Tenenbaum, Checknews
les frontières sont ainsi franchissables, entre maintien de l'ordre social et politique, intérieur et extérieur, concernant une France qui n'a pas éradiqué ses pratiques coloniales et néo-coloniales en la matière. Le seul critère, pour l'État, ou tel au gouvernement à un moment donné, est de protéger, préserver, faire durer son pouvoir politique, et toutes les dispositions légales, constitutionnelles, existent pour le faire, comme on le vérifie aujourd'hui

par conséquent, les critiques politiques, cad sur le terrain de la démocratie politique, ne risquent pas de mettre le doigt où ça fait mal, pas plus d'ailleurs que les activistes à l'origine des mesures gouvernementales, qu'ils ont manifestement souhaitées pour mieux les dénoncer

or le problème, c'est que "le peuple français" au nom duquel l'armée ne doit pas être utilisée "contre lui", ce peuple par la voie des sondages condamnent à 84% les actions violentes de ces activistes, et n'a jamais trouvé à redire contre cette utilisation Outre-Mer

l'équation est certes complexe, mais le problème transparent

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LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  Empty Re: LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT

Message par Florage le Mer 27 Mar - 19:50

Patlotch a écrit:
ça doit faire partie de la "bifurcation" chère à ceux, de lundimatin au communisateur AlainCorne/Carbure, qui n'auront vu que de légers ratés dans le devenir révolutionnaire des gilets jaunes... Perso, rien ne me surprend du "peuple français", dès lors qu'il se reconnaît comme tel


Un nouveau sondage, cité ce mercredi par Le Point et commandé par l'éditeur JC Lattès qui vient de publier un roman explorant cette possibilité, établit qu'un Français sur deux approuve l'idée de l'accession temporaire au sommet de l'Etat d'un militaire en cas de nouveaux attentats.

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Emmanuel Macron passant en revue des soldats. - GUILLAUME HORCAJUELO / POOL / AFP
C'est le résultat d'une tendance sécuritaire animant la scène publique depuis de longues années déjà. Un sondage Odoxa, cité par le site du Point ce mercredi, établit que 50% des Français acquiesceraient à l'arrivée au pouvoir, temporaire, d'un militaire en cas de nouveaux attentats.

71% des électeurs du RN favorables
Ce sondage, réalisé en février auprès de 1002 Français, a été commandé par la maison d'édition JC Lattès, qui a publié il y a un mois le roman du journaliste Henri Vernet, Article 36. La fiction envisage la perspective d'une ascension vers les rênes de la nation d'un général, sur fond de terrorisme et de troubles, permis par cet article de la Constitution dont l'application est censée instituer l'état de siège.

Dans le détail, l'enquête d'opinion conduite par Odoxa indique ainsi que 20% des Français seraient "tout à fait d'accord" avec l'idée de confier l'exécutif à un militaire en cas de nouveaux attentats sur notre sol, tandis que 30% se disent "plutôt d'accord".

Un détour par les électorats politiques souligne que ce sont les sympathisants du Rassemblement national (RN) qui s'affirment comme les plus chauds partisans d'un tel tour de vis, avec un taux de 71%, devant ceux des Républicains, avec 58%. Les soutiens de La France insoumise sont 49% à aller en ce sens. Les plus rétifs à voir un militaire s'installer au sommet du pays sont les électeurs de La République en marche, dont 25% tout de même sont "tout à fait" ou "plutôt d'accord" pour valider cette solution.

Mesures d'exception
Le sondage envisage encore une autre piste. Pour faire face au terrorisme, nos concitoyens admettraient-ils de nouvelles mesures d'exception "pour mieux assurer la sécurité des Français quitte à limiter leurs libertés" ?

Ils sont 55% à répondre par l'affirmative, contre seulement 44% de "non". Et la photo est alors radicalement différente: cette fois, ce sont les électeurs de La République en marche qui poussent, avec 67% d'approbation, tandis que ceux du Rassemblement national sont légèrement plus circonspects, avec 60%. Au sein de La France insoumise, en revanche, pas question ou presque de concéder davantage dans ce domaine: 67% de ses sympathisants sont contre la prise de nouvelles mesures d'exception.

En-dehors de cette exception, le fond de l'air semble donc avoir quelque chose de militaro-policier. Au moment d'expliquer un tel phénomène, le site du Point souligne deux traits principaux: tout d'abord il est porté par des jeunes moins attachés que les précédentes générations au schéma de la démocratie libérale, et plus enclins à un régime autoritaire. De surcroît, le terrorisme islamiste nourrit une demande de sécurité.

La figure de Pierre de Villiers
L'emploi usuel du mot de "guerre" par une partie du personnel politique devant la menace terroriste, pour une bonne part jihadiste, paraît aussi un facteur déterminant. Six Français sur dix ont ainsi déclaré à Odoxa que le pays était "en guerre" contre le terrorisme. Et si l'on est "en guerre", il convient de tirer une dernière conséquence: dans la lutte contre le fléau de la terreur, l'armée s'impose comme l'institution dans laquelle nos compatriotes placent leur confiance en priorité. Elle arrive en tête de cette liste, avec 54%, devant la police, à 20%, et la justice, fixée au même seuil.

Cette enquête confirme d'autres constats. En octobre dernier, une étude de l'Ifop montrait que 41% des Français étaient favorables à "un pouvoir politique autoritaire" pour réformer la société en profondeur. Plus récemment, une portion des gilets jaunes a espéré l'arrivée d'un officier au pouvoir, citant principalement le général Pierre de Villiers, ex-chef d'état-major des armées.

Si cette popularité du gradé a transpiré dans les médias, elle n'a cependant pas pris partout: une pétition lancée il y a trois mois "pour que Pierre de Villiers soit au pouvoir" a plafonné à 318 signatures à ce stade.

Florage

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Message par Florage le Lun 15 Avr - 13:38


Les origines répressives du capitalisme
François Jarrige, La Vie des Idées le 15 avril
À propos de :
LA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  LinebaughLA POLICE ou L'ARMÉE, C'EST L'ÉTAT  81oURkkzlaL

L’ouvrage classique de Peter Linebaugh sur les pendus de Londres est enfin traduit en français. Il montre comment au XVIIIe siècle le capitalisme industriel s’est adossé à la justice répressive pour criminaliser un prolétariat attaché à des coutumes jugées dangereuses pour le nouvel ordre social.

Historien états-unien et marxiste engagé, Peter Linebaugh n’a cessé de militer contre la peine de mort et les ravages du capitalisme, tout en défendant les biens communs comme alternatives au néo-libéralisme [1]. Sa trajectoire et son œuvre restent pourtant assez mal connues en France. Traduit une première fois via son travail avec Marcus Rediker sur l’histoire de l’Atlantique révolutionnaire [2], la publication en français de son premier livre constitue un évènement éditorial.

Fruit d’une collaboration entre deux éditeurs indépendants, Lux éditeur basé au Canada, et le CMDE (collectif des métiers de l’édition) à Toulouse, l’ouvrage éclaire trois questions majeures de l’historiographie du XVIIIe siècle : l’histoire sociale et populaire de Londres, devenue une grande métropole commerciale qui atteint le million d’habitants à la fin du XVIIIe siècle ; l’histoire du crime et de la justice et de ses reconfigurations à l’heure de la répression des communs ; mais aussi celle de l’avènement du capitalisme industriel au moyen d’un arsenal normatif qui remodèle en profondeur les rapports sociaux au travail. Mêlant érudition historique et récits hauts en couleur, à la manière d’Edward Thompson, l’auteur nous plonge au cœur du quotidien des travailleurs londoniens. Il fait revivre ces pendus de Londres, dont il montre qu’ils n’étaient pas des criminels endurcis, mais des travailleurs ordinaires dont les us et coutumes apparaissaient comme une menace pour les élites au pouvoir et les nouvelles logiques d’accumulation.

Un classique de l’histoire sociale
À l’origine, ce livre est une thèse de doctorat soutenue en 1975 à l’université de Warwick en Grande-Bretagne, où E. P. Thompson a créé en 1968 le « Center for the study of social history ». En pleine vague contestataire, ce centre est rapidement devenu un espace de ralliement pour de jeunes historiens soucieux de repenser l’histoire « par en bas ». Après ses travaux sur la formation de la classe ouvrière et le radicalisme politique – ce courant politique anglais revendiquant la démocratisation des institutions et la souveraineté populaire, l’égalité religieuse, l’abolition de l’esclavage, et la réforme sociale – Thompson accompagne toute une série de travaux sur le crime et le fonctionnement de la justice en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle [3]. Il attire alors une nouvelle génération d’historiens séduits par une histoire engagée et écrite du côté des classes dominées. Il lance notamment une longue enquête sur les braconniers dans laquelle il propose de repenser le rôle du droit dans la société. Dans la perspective de l’histoire sociale, les illégalismes populaires sont d’abord des révélateurs susceptibles d’éclairer des pratiques oubliées ou rendues invisibles. Les émeutes et le vol, le braconnage dans les forêts et la contrebande voyaient en effet s’affronter deux visions du monde : celle du prolétariat urbain et rural d’un côté, celle des grands propriétaires, entrepreneurs manufacturiers et négociants de l’autre. Qu’il s’agisse de son travail sur « l’économie morale de la foule » ou sur le Black Act qui réprimait le braconnage dans les forêts royales, Thompson n’a cessé de tenter de reconstruire les logiques qui présidaient aux actions populaires, en s’efforçant d’aller au-delà de ce qu’il appelait « l’immense condescendance de la postérité ».

La thèse de Linebaugh est présentée dans ce contexte, avant de paraître dans une version révisée en 1991. Réédité à plusieurs reprises et abondamment discutée comme le rappelle l’historien Philippe Minard dans la précieuse introduction qu’il a rédigée pour la version française, l’ouvrage est depuis devenu un classique de l’historiographie anglo-américaine, alors que les relations de travail et l’invention du salariat moderne ne cessent d’occuper les recherches historiques, mêlant histoire du droit, de l’économie, et des pratiques sociales informelles. De Thompson on retrouve la fougue engagée, même si Linebaugh s’en écarte sur plusieurs points cruciaux.

L’histoire économique et sociale britannique a maintes fois montré comment Londres est devenu un gigantesque entrepôt où s’échangent et se transforment des matières importées du monde entier. Un vaste « prolétariat » s’affaire dans les ateliers, sur les quais ou les chantiers navals. Dans l’Angleterre du XVIIIe siècle, le mot « prolétaire » désigne « les plus pauvres des pauvres » (p. 146), ceux qui effraient les élites. Les coutumes et pratiques de ce peuple travailleur apparaissent en effet de plus en plus contraires à la nouvelle éthique de la propriété, ainsi qu’au besoin d’ordre et de contrôle qui l’accompagne. D’où le durcissement de la répression qui s’observe dans la capitale britannique et que l’auteur étudie en suivant l’essor du capitalisme : d’abord le capitalisme monétaire ou financier, puis « le mercantilisme » fondé sur le commerce, auquel succède le temps des manufactures qui s’achève à « l’ère de la Révolution » avec l’industrialisation et la montée en puissance de la production mécanisée, qui vient parachever le processus, ouvrant le chemin au grand capitalisme industriel du XIXe siècle.

Répressions
À chaque étape de l’expansion du capitalisme mondial, dont la Grande-Bretagne est un pilier, la répression se durcit contre des pratiques ouvrières et populaires perçues comme autant de freins. Ce sont d’abord les troubles révolutionnaires du XVIIe siècle : de nombreuses revendications sociales et la quête de nouvelles formes de liberté de la part des travailleurs sont combattues par des offensives moralisatrices et religieuses, mais aussi une justice criminelle qui durcit son arsenal répressif. La législation criminelle se renforce, tout comme les lois sur les pauvres, alors que les workhouses, où ils sont enfermés et contraints à un travail forcé, tendent à se généraliser.

L’étude de Linebaugh repose sur le dépouillement des comptes rendus des procès ayant eu lieu à l’Old Bailey, le principal tribunal de la capitale britannique où sont jugés les crimes passibles de la peine de mort. L’auteur y a associé de nombreuses autres sources imprimées et manuscrites, comme les récits de vie publiés par l’aumônier de la prison de Newgate où sont enfermés les condamnés. Grâce à ses recherches, il a reconstitué la biographie de 1242 hommes et femmes pendus entre 1703 et 1772. Même si ce chiffre n’est pas exhaustif, il est assez large pour proposer un portrait-robot des pendus de Londres condamnés pour vols et atteintes à la propriété.

Une part importante des victimes de la potence est composée d’Irlandais et de gens nés hors de Londres : le monde des pendus est plus international que le reste de la population, et beaucoup ont déjà fait l’expérience de la domination dans d’autres territoires. Ces pendus ne sont par ailleurs ni des bandits professionnels, ni des criminels endurcis, mais des travailleurs humbles et ordinaires, des tisserands, cordonniers, charpentiers, qui formaient une « partie intégrante du prolétariat » (p. 133). L’ouvrage propose dès lors une plongée particulièrement vivante et originale dans les mondes du travail de l’une des villes les plus peuplées et actives du monde au XVIIIe siècle.

Rémunérations et avantages en nature
L’arsenal répressif a criminalisé et peu à peu éliminé les rémunérations coutumières en nature et les prélèvements opérés par les travailleurs sur certaines marchandises comme la soie, le bois, le tabac ou le sucre, remplacés par un salaire monétaire après l’adoption de normes redéfinissant en profondeur l’organisation du travail. Linebaugh montre comment cette substitution s’opère grâce à un contrôle accru de la main-d’œuvre et de ses déplacements, des rythmes et des sociabilités de travail, mais aussi des savoir-faire professionnels que les ingénieurs et inventeurs encadrent de plus en plus strictement au moyen de multiples outils. La thèse fondamentale du livre est que l’essor du capitalisme industriel n’est pas seulement le résultat du développement pacifique du commerce, ou le fruit direct d’une révolution technologique, mais aussi le produit d’une politique de terreur via l’utilisation de la peine capitale comme « instrument de la destruction de l’économie domestique » (p. 497) et des coutumes qui réglaient les relations de travail avant l’essor du salariat.

La question des rémunérations et modes de rétribution de la main-d’œuvre est centrale. Si les quantités et les types de matériaux transportés et transformés dans la capitale britannique peuvent varier selon la conjoncture, dans tous les cas, les chapardages, déchets ou fraudes révèlent l’extraordinaire capacité de résistance du peuple, ses multiples ruses pour subsister en profitant des faiblesses de la surveillance et de l’encadrement. Son approche par les matières transportées et travaillées est particulièrement originale, car elle permet de faire revivre des mondes sociaux disparus, comme ces porteurs de charbon – une matière essentielle à Londres au XVIIIe siècle – qui déploient mille ruses pour détourner le combustible. Linebaugh rappelle aussi le rôle fondamental de la soie, dont les ouvriers forment une part significative des pendus. Chaque phase – le dévidage, le moulinage, le montage puis le tissage final – donne lieu à des chutes de matière qui peuvent faire l’objet de réutilisations ou être réinjectées dans le circuit des matières soyeuses. L’organisation dispersée du travail à travers des chaînes opératoires complexes et les solidarités de métier sont propices au détournement par les producteurs d’une partie de la précieuse matière soyeuse, au grand dam des négociants qui œuvrent à partir du milieu du XVIIIe siècle à requalifier en vol ce qui n’était auparavant qu’une juste rémunération en nature.

La grande originalité de l’étude est donc de lier les transformations du droit et de la justice au développement du capitalisme. Les coutumes du peuple – déjà au cœur du travail d’E. P. Thompson [4] – sont ici au centre de l’analyse, et la richesse des archives judiciaires permet à l’auteur une plongée rare dans des pratiques et des univers sociaux qui laissent généralement peu de traces. Ainsi apparaît la diversité des coutumes et des tarifs qui réglaient l’organisation du travail avant l’imposition du salariat et de la subordination croissante de la main-d’œuvre. Linebaugh montre les multiples pratiques informelles qui permettaient la survie quotidienne des classes populaires via des rétributions en nature et des négociations incessantes sur les frontières du licite. Il propose ainsi l’une des études d’histoire sociale les plus riches sur les mondes du travail londonien, confirmant une fois de plus l’importance des sources judiciaires pour penser les pratiques sociales.

Londres et le Monde
L’historien propose également une histoire globale des formes de criminalités à partir de l’observatoire londonien. Bien plus que l’œuvre d’E. P. Thompson qui demeurait centrée sur l’Angleterre, celle de Linebaugh se déploie d’emblée à l’échelle globale. La vie économique de la capitale britannique dépend en effet des circulations d’hommes et de matières à grande distance, qu’il s’agisse de la soie déjà mentionnée, du coton, du tabac, du bois, ou du sucre. Une grande part des matières chapardées circule via des navires entre plusieurs continents. C’est pourquoi les matelots, marins et ouvriers des arsenaux et des ports, occupent une place décisive dans une histoire qu’on appellerait peut-être aujourd’hui globale ou transnationale, tant les incessants jeux d’échelle sont importants dans l’analyse. L’auteur montre notamment comment les expériences lointaines des rébellions d’esclaves et des insurrections coloniales, mais aussi les souffrances des marins au long cours, ont pu façonner le prolétariat londonien. Une grande partie de la population londonienne entretient en effet des liens étroits et quotidiens avec ce monde des marins, comme avec d’anciens esclaves. Linebaugh rappelle ainsi l’importance de la communauté afro-américaine de Londres, généralement négligée lorsqu’il s’agit d’étudier l’histoire du radicalisme et du mouvement ouvrier outre-Manche. Citons le cas d’Olaudah Equiano, natif du Nigéria, esclave dans une plantation de sucre à la Barbade puis dans une plantation de tabac de Virginie, avant de devenir « l’un des principaux militants de Londres » (p. 462).

L’ouvrage de Linebaugh a aussi ouvert la voie à de nombreux travaux reliant criminalité, essor de l’État répressif et nouveau capitalisme commercial mondial, à l’image de l’étude récente de Michael Kwass sur la figure du criminel Mandrin au XVIIIe siècle [5]. Kwass prête une grande attention aux circulations globales d’hommes et de matière et aux pratiques contrebandières auxquelles elles ont donné naissance. L’« économie morale » des contrebandiers, les stratégies qu’ils inventent – comme les « ventes forcées » et l’émission de reçus – témoignent d’une économie souterraine, certes illégale, mais aussi capable de susciter la compréhension voire le soutien des populations. Face à l’État militaro-fiscal qui tente de contrôler la consommation via des taxes, des monopoles et des prohibitions, Mandrin incarnerait un « capitalisme commercial souterrain » façonné par des pratiques morales et une certaine conception du juste et du licite. La répression de la contrebande, l’un des crimes les plus fortement réprimés dans la France moderne, a ainsi joué un rôle majeur dans l’émergence d’un impitoyable arsenal juridique, comme cette commission extraordinaire de Valence qui condamna finalement Mandrin à être roué en place publique puis exposé à l’entrée de la ville.

Infrastructures et technologies de normalisation
L’ouvrage de Linebaugh propose enfin des éclairages originaux sur les débuts du capitalisme industriel et les nouvelles formes de concentration et d’organisation du travail au moyen d’infrastructures techniques. L’auteur observe que si les premières usines sont d’abord installées loin de Londres, c’est notamment « parce que le refus de la subordination était un trait caractéristique de la main-d’œuvre londonienne » (p. 40), contraignant les capitalistes à s’installer loin de la capitale. Ce type de corrélation s’observe ailleurs et mériterait une enquête approfondie, même si bien d’autres facteurs ont pu jouer dans la localisation des activités productives. En tout cas, c’est bien cette population prolétaire insubordonnée qu’il a fallu contrôler et domestiquer en réorganisant les modes de rémunération, les modalités de surveillance, mais aussi l’équipement productif.

Peter Linebaugh accorde une attention particulière au nouveau contrôle technologique qui se met en place entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle alors que s’engage une nouvelle étape de l’industrialisation. Il rappelle à ce propos l’existence des soulèvements contre les machines dans le milieu populaire londonien, comme en 1768 lorsqu’une scierie à vapeur est détruite près de Deptford. Selon Linebaugh, la mécanisation du travail n’intervient toutefois qu’au terme d’un lent processus de domestication et de redéfinition des opérations productives : « pour introduire la mécanisation de manière satisfaisante, une révolution dans le processus de production devait d’abord avoir lieu » (p. 445). Enquêtant sur le travail dans les arsenaux, il montre ainsi comment l’apparition de grandes scieries à vapeur joue un rôle déterminant dans la suppression des copeaux et la disparition de l’ancienne « république du Bois », avec ses mystères, ses modes d’existence originaux et ses circuits d’échange. Plus généralement, face à « l’oisiveté », à « l’insubordination » et à la « malhonnêteté » endémique des classes laborieuses, les « solutions technologiques » (p. 205) s’affirment comme une réponse adéquate, qui contribue à orienter les investissements productifs.

L’invention du salariat et de modes d’organisation du travail standardisés a donc constitué un prélude au déploiement du capitalisme industriel via son appareillage technologique. Cette analyse centrée sur les débuts de l’âge industriel rappelle les enquêtes menées à la même époque aux États-Unis par David Noble, lorsque les discours managériaux, la mondialisation économique et les mutations technologiques remodèlent à nouveau les mondes du travail. Noble proposait une ambitieuse histoire de l’industrie des machines-outils à commande numérique dans l’après-guerre et les enjeux sociopolitiques que soulevait ce qu’on appelait alors l’automatisation. Il montrait notamment son rôle dans l’affaiblissement des syndicats après 1945, et comment les nouveaux procédés visaient moins à améliorer l’efficacité de la production qu’à normaliser le travail en transférant le pouvoir des ouvriers qualifiés aux employés en col blanc [6].

À l’heure où un nouveau « libéralisme autoritaire » apparaît dans la foulée de la « crise de gouvernabilité » des années 1970, qui a vu renaître comme l’a montré Grégoire Chamayou le spectre d’une société ingouvernable [7], l’étude de Peter Linebaugh permet de replonger dans les origines répressives et autoritaires du capitalisme moderne. Tandis que le salariat se redéfinit aujourd’hui à la faveur des crises des régulations et des anciennes institutions protectrices, qu’un nouveau milieu technologique s’installe avec le numérique, parallèlement à la circulation toujours plus poussée des marchandises, l’auteur offre un jalon essentiel pour penser les liens entre les luttes et pratiques populaires et la genèse d’un nouvel ordre économique qui fut aussi un nouvel ordre disciplinaire.

Peter Linebaugh, Les pendus de Londres. Crime et société civile au XVIIIe siècle. Édition préfacée et annotée par Philippe Minard. Trad. de l’anglais par Frédéric Cotton et Elsa Queré. CMDE/Lux, 2018 [1re édition : The London Hanged : Crime and Civil Society in the Eighteenth Century, Allen Lane, The Penguin Press, 1991].

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