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À BON CHAT BON RAT

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À BON CHAT BON RAT

Message par Patlotch le Mar 2 Oct - 21:35


« Si je préfère les chats aux chiens, c'est qu'il n'y a pas de chats policiers »
Prévert ou Cocteau, va savoir...

dans ma jeunesse, j'ai lu un truc sur les gens qui aimaient les chats, opposés aux amoureux des chiens, une race que je déteste : les maîtres. J'appartiens incontestablement à la première catégorie. Ce que j'aime chez le chat, c'est qu'il n'obéisse pas, et comme je ne sais pas donner des ordres, ça me convient très bien

poèmes langue aux chats
photos Patlotch 2014



« L'homme est civilisé dans la mesure où il comprend le chat.»

George Bernard Shaw


1905

Mort en 1916 à quarante-neuf ans, Natsume Sôseki vécut aux confins de la psychose la déchirure dont pâtirent tous les intellectuels nés avec la révolution industrielle, politique et culturelle du Meiji. Formé aux lettres classiques chinoises, au haïku, mais envoyé en Angleterre de 1900 à 1903 pour pouvoir enseigner ensuite la littérature anglaise, il s'imprégna si profondément du ton de Swift, de Sterne et de De Foe que, sans nuire à tout ce qu'il y a de japonais dans Je suis un chat, cette influence nous impose de penser au voyage de Gulliver chez les Houyhnhnms; sans doute aussi d'évoquer Le chat Murr d'Hoffmann. C'est pourquoi le traducteur peut conclure sa préface en affirmant que Je suis un chat « suffit amplement à démentir l'opinion si répandue selon laquelle les Japonais manquent d'humour ». Ni Hegel, ni Marx, ni Darwin, qu'il a lus, ne lui ont fait avaler son parapluie.

La gouaille, voire la désinvolture apparente, n'empêchent pas les chapitres de s'organiser, cependant que tous les styles (jargon des savants et du zen, ou argot d'Edo, ancien nom de Tokyo) se mêlent pour présenter la satire désopilante d'une société en transition, et même en danger de perdition. Kushami-Sôseki se demande parfois s'il n'est pas fou, mais c'est la société d'alors qui devient folle, elle qui déjà enferme en asile ceux qui la jugent. Le chat ne s'y trompe jamais, lui : aucun ridicule n'échappe à ce nyctalope. Alors que peut-être on en devrait pleurer, on rit follement. Si vous voulez comprendre le Japon, identifiez-vous au chat de Sôseki.


Je suis un chat. Je n'ai pas encore de nom.

Je n'ai aucune idée du lieu où je suis né. La seule chose dont je me souvienne est que je miaulais dans un endroit sombre et humide. C'est là que pour la première fois j'ai vu un être humain. En plus, comme je l'ai appris par la suite, il appartenait à l'espèce des étudiants à demeure, la plus féroce parmi les hommes. Il paraît que ces étudiants nous attrapent parfois, puis nous cuisent et nous mangent.

[...]

J'ai écouté calmement les histoires de ces trois hommes, mais je ne les ai trouvé ni amusantes ni tristes. Je me dis que les hommes se forcent à ouvrir la bouche pour tuer le temps; riant là où il n'y a rien d'amusant, et prenant joyeusement de l'intérêt à ce qui n'en présente aucun. Ils ne savent rien faire d'autre. Je sais depuis longtemps que mon maître est un égoïste à l'esprit étroit, comme il parle peu d'habitude, il restait encore quelque chose en lui que je ne comprenais pas bien, quelque chose qui m'inspirait un peu de crainte. Mais maintenant que je l'ai entendu raconter son histoire, j'en suis venu brusquement à le mépriser. Pourquoi ne pouvait-il pas écouter en silence ce que disaient les deux autres ? Que croyait-il gagner en racontant ces ridicules sornettes pour ne pas être en reste ? Peut être était-ce recommandé par Epictète... Mon maître, Kangetsu et Meitei se donnent des airs d'ermites paisibles, détachés du monde comme des courges se balançant dans le vent, mais en réalité ils sont remplis d'ambitions et de désirs terrestres. Leurs esprit de compétition, leur ardeur à surpasser les autres se laissent voir par moment dans leurs conversations quotidiennes; un pas de plus dans cette direction et ce seront des bêtes du même niveau que les esprits vulgaires qu'ils dénigrent à longueur de journée. A voir tout cela d'un œil de chat, quelle tristesse ! La seule chose en leur faveur est que leurs paroles et leurs actions sont libres des affectations stéréotypées des demi-savants.

[...]

Il y a en ce monde des gens qui se donnent des airs et visent à des positions pour lesquelles ils n'ont aucune aptitude, avec d'autant plus d'ardeur qu'ils sont de petits monsieurs dépourvus de talent ; cette vanité prend racine dans leur esprit quand ils ont l'âge de Boba. Les racines sont si profondément implantées qu'il vaut mieux les laisser à leur folie, car ni l'éducation ni la discipline n'en viendraient à bout.

[...]

On dit que selon un livre appelé Bible ou quelque chose de ce genre, la création procède de dieu, et qu'ainsi l'homme est également une créature de Dieu. L'homme a donc accumulé ses observations pendant plusieurs millénaires et en même temps qu'il a tendance à trouver du mystère et de l'émerveillement partout, il est de plus en plus enclin à reconnaître l'omniscience et l'omnipotence de Dieu. La raison en est qu'il y a des foules et des masses d'hommes en ce monde, mais il n'y a pas deux qui aient le même visage. Les composants d'un visage sont bien sûr limités, et les dimensions en sont à peu près les mêmes partout. En d'autres termes, tous les hommes sont faits des mêmes ingrédients, mais le résultat n'est identique nulle part. On ne peut qu'admirer la technique du Créateur qui peut imaginer tant de visages différents avec d'aussi simples matériaux. Cette énorme variété ne peut s'expliquer que par une imagination très originale. Si on considère qu'un peintre, durant toute sa vie, ne pourrait composer en y mettant tous ses efforts que douze ou treize sortes de visages différents, on ne peut s'empêcher d'admirer l'adresse extraordinaire du Créateur qui a entrepris seul la réalisation des hommes. C'est une technique qu'on ne peut en aucun cas trouver dans les sociétés humaines, et on peut sans inconvénient la tenir pour toute-puissante. Sur ce point, l'homme semble se faire petit devant Dieu, et si on se met à sa place, on comprend sa modestie. Toutefois, du point de vue d'un chat, ces faits eux-mêmes peuvent être interprétés comme une preuve de l'incompétence de Dieu. On peut affirmer que s'il n'est pas totalement incompétent, il n'est certainement pas supérieur à l'homme en ce domaine. Car on peut en effet dire que Dieu a créé autant de visages que d'hommes, mais cette infinie diversité faisait-elle partie de son idée de la création, ou bien a-t-il commencé sa création en voulant faire tous les visages identiques, et cela s'est-il soldé par un échec à chaque essai, produisant ainsi la confusion actuelle ? Personne n'en sait rien. Si on peut considérer la création de tous ces visages comme un monument du succès de Dieu, ne peut-on pas également penser qu'elle représente les ruines de son échec ? Ainsi, il est légitime de parler de toute-puissance, mais rien n'empêche de porter au contraire un jugement d'incapacité.





Dernière édition par Admin le Jeu 4 Oct - 19:26, édité 1 fois

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Re: À BON CHAT BON RAT

Message par Patlotch le Jeu 4 Oct - 19:20


PAIX L’association Paris Animaux Zoopolis lance ce jeudi une vaste campagne d’affichage dans le métro parisien pendant une semaine pour dénoncer le «massacre» dont les rats sont victimes...


Une opération de dératisation à Paris en 2016 — : Francois Mori/AP/SIPA

Depuis fin 2016, la mairie a lancé un vaste plan doté d'un budget de 1,5 million d'euros pour éliminer les rongeurs.
« Ça coûte beaucoup d’argent, ça ne sert à rien et c’est cruel », répond le co-fondateur de l’association Paris Animaux Zoopolis qui appelle à « vivre » avec les rats.

Fumigènes, appâts, produits anticoagulants, raticides, nasses, gaz carbonique, stérilisation, applications ou encore pièges au Pastis… Depuis plusieurs mois, les idées et initiatives pour éradiquer les rats dans la capitale fleurissent. Présentée comme un « fléau » ou une « urgence sanitaire » par des élus ou syndicats, la présence des rats dans les rues, parcs et métro, inquiète. « La nuit c’est Rat land, ils sont chez eux. Ils se baladent librement entre le cinéma, les restaurants et les rues aux alentours. Impossible de les louper ! », témoignait récemment auprès de 20 Minutes, Marie, habitante de la région parisienne.


La mairie a déclaré la guerre aux rats. - R.LESCURIEUX

Depuis fin 2016, la mairie a lancé un vaste plan doté d’un budget de 1,5 million d'euros pour éliminer les rongeurs. La mairie affirme avoir considérablement augmenté le nombre d’interventions. Près de 5.000 de janvier à juillet 2018 contre 1.700 pour la même période un an plus tôt. Mais pour l’association animaliste, Paris Animaux Zoopolis, qui entend se battre pour l’intérêt des animaux sans distinction d’espèces, il faut « arrêter le massacre ». Ils dévoilent ce jeudi une vaste opération d’affichage dans les couloirs et quais de la RATP.

Paris Animaux Zoopolis
@ParisZoopolis
Demain, notre association @ParisZoopolis lance une campagne d’affichage sur les quais du métro
Cette campagne est destinée : à remettre en cause l’image négative des rats issus de préjugés ET à contester l’empoisonnement des #rats à #Paris
https://zoopolis.fr/stop-au-massacre-des-rats/




« La ville n’est pas réservée aux humains »
« L’idée de cette campagne est de casser les clichés que peuvent avoir les Parisiens. Les rats ne sont pas une menace, ils ne sont pas sales, ni dangereux. Ils ont le droit de vivre », explique Philippe Reigné, co-fondateur de Paris Animaux Zoopolis. Via cette opération, l’association veut aussi s’opposer à la politique de dératisation de la ville et de la préfecture de police. « Leur argument de santé publique est erroné. C’est de l’hypocrisie institutionnelle », poursuit celui qui en veut pour preuve la page site de la mairie de Paris : « Comment Paris lutte contre les rats » et cet encadré qui indique que « le risque sanitaire est minime ». « En fait, ils tuent les rats uniquement pour des raisons d’image. Mais ils reviendront et sont de plus en plus résistants », insiste-t-il.


Un dératiseur expose un rat mort - : Francois Mori/AP/SIPA

En septembre, la Ville de Paris a lancé une étude destinée à mettre au point un anticoagulant plus efficace, tant les rats tiennent tête. « Ça coûte beaucoup d’argent, ça ne sert à rien et c’est cruel », répond Philippe Reigné. Les experts évaluent le nombre de rongeurs à Paris à près de quatre millions. Selon la mairie, leur recrudescence dans les rues s’explique par l’augmentation des déchets alimentaires – de nouvelles poubelles ont d’ailleurs été mises en place - et les crues de la Seine qui ont poussé les rats à sortir des égouts.

Pour Philippe Reigné, il y a en effet eu un déplacement des populations de rats. « Avant ils étaient dans les sous-terrains, maintenant ils sont à la surface. Notamment à cause des vibrations des nombreux travaux du Grand Paris. Il faut vivre avec et nous pouvons nous en accommoder. Partageons la ville avec les rats, pas nos appartements, mais la ville n’est pas réservée aux humains », ajoute-t-il, déplorant surtout un sujet « politique » autour des rongeurs.

Le rat : « objet politique » et « vraie utilité » ?

Depuis un certain temps, un certain nombre d’élus parisiens se sont emparés de cette question. Le plus illustre, Geoffroy Boulard, maire (LR) du 17e arrondissement est même allé à New York pour découvrir des méthodes d’éradication. « La ville de Paris ne se creuse pas assez la tête sur la dératisation », expliquait-il récemment à 20 Minutes. « Ces élus jouent sur la peur », tacle Philippe Reigné. « Et la mairie joue le jeu. C’est la surenchère permanente », déplore-t-il. Pourtant, selon des experts, la présence des rats est même « utile ».


Geoffroy Boulard, le maire du XVIIe arrondissement de Paris, vient de lancer un site signalerunrat.paris. - @Alain Guizard

D’après Pierre Falgayrac, expert en hygiène et sécurité, formateur, et auteur du Grand guide de lutte raisonnée contre les nuisibles ou bio-agresseurs humains (Lexitis, 2017), contacté par 20 Minutes en en mars dernier, « l’extermination d’une espèce qui était présente avant nous sur la Terre… Non seulement c’est impossible, mais en plus non souhaitable, vu leur utilité ». Selon lui, « les rats mangent 25 grammes de déchets par jour. Chacun d’entre eux nous débarrasse donc de 9 kg de déchets au cours de sa vie [La durée de vie moyenne d’un rat est d’un an] ».

mais en même temps, il paraît que les chats ne sont pas si bons que ça, face aux rats


Miser sur nos chats domestiques pour se débarrasser des meutes de rats qui prolifèrent en ville : une bonne idée sur le papier. Mais selon une nouvelle étude, cette méthode est non seulement inefficace mais dangereuse pour la vie sauvage.

Les rats envahissent les villes. En janvier 2018, une vidéo montrant une meute de rats dans un conteneur parisien a fait le tour des réseaux sociaux et les agents de la ville alertent sur leur prolifération. Selon Pierre Falgayrac, consultant spécialiste de la lutte contre les rats, 2,9 millions de rats peupleraient les égouts de la capitale, et en cœur de ville, il y en aurait 1,5 à 2 par habitant. À New York, la ville est confrontée au même problème, avec de gros rats bruns rôdant près des poubelles et dans les jardins publics.

Les rats urbains sont pourtant confrontés à un redoutable prédateur : les chats domestiques. Du moins, c'est ce que l'on pourrait penser. Mais une étude publiée dans Frontiers in Ecology and Evolution vient mettre à mal cette réputation : le chat serait en fait un piètre chasseur pour les rats urbains. Durant cinq mois, les chercheurs ont pisté à Brooklyn (New York) les chats et les rats partageant le même territoire grâce à des caméras de surveillance. Et le butin est bien maigre pour les chats : à peine 20 tentatives de chasse en 79 jours et... deux rats tués. La majorité du temps, le chat ne montre aucun intérêt pour le rat qui se faufile sous ses yeux. Le problème, estiment les chercheurs, c'est que les rats de Brooklyn sont trop gros pour les chats, qui préfèrent des proies plus petites. Un oiseau ou une souris pèsent 30 grammes contre plus de 340 grammes en moyenne pour un rat. Rat qui, avec ses dents et ses griffes, risque de blesser le chat, lequel n'aime pas prendre de risques.


Les chercheurs ont observé les chats et les rats vivant sur un même territoire grâce à des caméras de surveillance. ©️ Michael H. Parsons et al., Front. Ecol. Evol.

Des milliards d’oiseaux et de mammifères décimés par les chats
Si les chats sont nuls pour éradiquer les rats, ils font en revanche peser un grave danger sur la vie sauvage. En 2013, une étude publiée dans Nature Communications estimait que les chats domestiques tuent chaque année quatre milliards d'oiseaux et 22 milliards de petits mammifères aux États-Unis, ce qui en fait « la première cause de mortalité d'origine anthropique », devant les voitures ou les pesticides. En Australie, le chat aurait déjà causé la disparition de 20 espèces natives et tue chaque minute plus de 2.000 animaux endémiques. En France, la présence du félin a été multipliée par deux en 25 ans dans les foyers : elle est estimée à 13,5 millions d'individus par la Fédération des fabricants d'aliments pour animaux familiers (Facco). Selon la Ligue de protection des oiseaux (LPO), 75 millions d'oiseaux sont tués par des chats en France.

En attendant, les municipalités sont plutôt démunies dans leur lutte contre les rats, d'autant plus que plusieurs produits chimiques ont été récemment interdits. À New York, le service antiparasitaire teste depuis cette année la neige carbonique déposée dans les trous, qui asphyxie les rongeurs lorsqu'elle se transforme en gaz.

mes amis les rats
Patlotch photos 2014, Parc Montreau, Montreuil > la petite bête






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Re: À BON CHAT BON RAT

Message par Patlotch le Mar 9 Oct - 16:40

lu dans La raison du plus faible, Jean-Marie Pelt 2009, p. 186-189

De la compétition à la solidarité
Une sombre histoire de rats

Un chercheur du laboratoire de biologie comportementale de l'université de Nancy, Didier Desor, a eu l'idée d'étudier les comportements sociaux de petites populations de rats. Il plaça pour cela six rats dans une cage dont l'unique issue débouchait sur une piscine qu'ils devaient nécessairement traverser pour atteindre leur nourriture. Il eût été logique de penser que les six rats se jetteraient à l'eau, nageraient de conserve et atteindraient ensemble la mangeoire. Il n'en fut rien. Le groupe se scinda en nageurs et non-nageurs. Parmi ces derniers, deux individus tenaient le haut du pavé : lorsque deux des nageurs revenaient avec de la nourriture, ces deux-là les malmenaient, leur enfonçaient la tête sous l'eau jusqu'à ce qu'ils lâchent les vivres. Ce n'est qu'après avoir nourri les deux dominants, les exploiteurs, que les deux dominés, les exploités, pouvaient se permettre de consommer à leur tour leurs croquettes. Les exploiteurs, eux, ne nageaient jamais ; ils se contentaient de rosser les nageurs pour être nourris.
Hors ce couple exploiteurs-exploités, deux rats adoptèrent un autre comportement. L'un, plutôt robuste, nageait et semblait ne point craindre les exploiteurs ; il ramenait sa nourriture et la consommait sans manifester d'agressivité envers les exploités. L'autre occupait le bas de l'échelle : c'était le souffre-douleur ; incapable de nager, il n'avait d'autre choix que de se contenter des miettes tombées lors des combats.
Cette expérience fut conduite dans vingt cages avec chaque fois six rats ; chaque fois la même hiérarchie se mit en place.

Le chercheur plaça ensuite six rats exploiteurs dans la même cage. Ils se battirent toute une nuit et, au matin, avaient recréé les mêmes rôles : deux exploiteurs, deux exploités, un souffre-douleur.
Puis Didier Desor réunit dans une cage six exploités, dans une autre six autonomes, dans une troisième six souffre-douleur. Il obtient à nouveau le même résultat.
Il en conclut qu'il avait réussi à mettre au jour le système hiérarchique existant chez les rats. Quel que soit leur statut initial, une fois que plusieurs rats étaient réunis, on distinguait parmi eux des dominants et des dominés, des forts et des faibles.

Puis il effectua une expérience dans une grande cage contenant deux cents individus. Les combats furent féroces. Il retrouvé le lendemain plusieurs rats morts, le corps déchiqueté, la peau arrachée. Parallèlement, les exploiteurs entretenaient des lieutenants à leurs ordres qui respectaient leur autorité sans qu'ils eussent eux-même besoin de se donner le moindre mal pour terroriser les exploités.

Les chercheurs nancéens poursuivirent leurs expériences en analysant, à partir de l'étude des secrétions hormonales des rats, leur niveau de stress. Quelle ne fut pas leur surprise de constater que les plus stressés étaient les exploiteurs ! Sans doute ceux-ci redoutaient-ils de perdre leur statut privilégié, ou plus simplement d'être privés de nourriture en cas de défaillance de leurs affidés.

Ces expériences mettent ainsi en évidence les changements toujours possibles de statut lorsque changent les conditions de vie. Rien b'est jamais perdu, même pour les plus faibles qui peuvent alors se voir propulsés à leur tour au sommet de la hiérarchie...

Nul dote que des expériences analogues conduites sur des groupes de jeunes humains conduiraient à la reconstitution de pareilles hiérarchies, quoique atténuées par les imprégnations culturelles et sociétales. On le voit dans les dortoirs des lycées et les cours de récréation. L'armée russe n'est pas la seule institution où les bizutages sont féroces et les souffre-douleur torturés à mort. La privation de nourriture faisait partie des habituels sévices infligés aux internes des pensionnats, avant que les plateaux individuels remplacent, dans les cantines scolaires, la pratique du plat commun dans lequel tout le monde puisait

à méditer concernant l'ascenseur social, la prolétarisation, l'inter- et le transclassisme, la collaboration de classe chez les prolétaires, la classe moyenne de l'encadrement (Alain Bihr), et bien sûr la classe des capitalistes même quand ils se retrouvent dans la même cage...

que dieu nous garde !




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Re: À BON CHAT BON RAT

Message par Patlotch le Lun 15 Oct - 8:38


des souris et des hommes (et des femmes)

Des souris naissent sans père à partir de deux mères
Erwan Lecomte Sciences et avenir 12.10.2018


Une souris née de deux mères, a été capable de donner naissance à des souriceaux
©️LEYUN WANG

Des chercheurs chinois sont parvenus à faire naître, à partir de deux femelles, des souriceaux viables et capables elles-mêmes de se reproduire. La même expérience à partir de deux mâles permis le développement d'embryons qui n'ont survécu que 48h.

De nombreuses espèces animales sont capables de se reproduire par parthénogénèse, c'est-à-dire sans avoir recours à la reproduction sexuée. Cette reproduction parthénogénétique s'effectue à partir d'un gamète (cellule sexuelle) femelle non fécondée par un mâle, qui va se diviser jusqu'à donner un embryon qui sera alors un clone de l'individu d'origine. On retrouve ce type de reproduction chez certains insectes (abeilles), poissons (requin-zèbre) ou reptiles (varan de Komodo) pour ne citer qu'eux. Toutefois une telle forme de reproduction n'a jamais été observée chez les mammifères. Est-elle pour autant impossible au niveau biologique ? C'est ce qu'a voulu savoir une équipe de chercheurs chinois, affiliés à l'académie des sciences. Et leurs résultats sont surprenants.

Ils ont réussi à obtenir des souriceaux viables à partir de souris femelles sans que n'intervienne la moindre souris mâle. À l'inverse, l'équipe a également réussi à faire naître des souriceaux à partir de souris mâles, sans l'aide de gamète femelle. Les deux expériences ont toutefois eu un succès relatif très différent. Le succès a été total pour les souriceaux nés sans père. Non seulement ceux-ci ont survécu, mais ils se sont avérés capables d'avoir des petits à leur tour. Ceux issus d'une lignée génétique exclusivement mâle n'ont en revanche survécu que 48 heures. L'expérience, qui vise à mieux comprendre les mécanismes génétiques de la reproduction, montre donc que la parthénogénèse n'est pas totalement impossible chez les mammifères. Du moins en laboratoire, à l'aide de complexes manipulations génétiques.

Bien plus complexe qu'un clonage

En effet, l'opération réalisée par l'équipe chinoise est bien plus complexe qu'un "simple" clonage, comme celui réalisé pour la première fois en 1996 sur la désormais célèbre brebis "Dolly". L'opération avait à l'époque consisté à partir d'une cellule "adulte" dont le noyau et tous ses chromosomes avaient été reprogrammés pour se mettre à se multiplier comme s'il s'agissait d'un oeuf fraîchement fécondé. L'équipe chinoise a, elle, réussi à produire une descendance non pas à partir d'une cellule adulte, mais directement à partir de gamètes mâles (spermatozoïdes) ou femelle (ovule). Et ce sans que jamais le patrimoine génétique d'une souris d'un sexe ne vienne compléter celui de l'autre sexe.

Les scientifiques ont été confrontés à une double difficulté. La première est que les gamètes (spermatozoïdes ou ovules) ne possèdent que la moitié du patrimoine génétique dont ils sont issus. En effet, comme nous, les souris disposent de deux jeux de chromosomes. L'un provenant du père, et l'autre de la mère. Comme le montre le schéma ci-dessous, dont la partie inférieur représente plusieurs paires de chromosomes (rouge, violet et jaune). Les cellules des souris, tout comme les nôtres, sont dites "diploïdes".



Nos cellules sexuelles, en revanche, ont subi une division aléatoire, et un seul des chromosomes de chaque paire se retrouve dans chaque gamète. Les gamètes sont donc des cellules dites "haploïdes" car elles ne contiennent qu'une seule copie de chaque chromosome.

Dans le cadre de la reproduction sexuée, c'est la rencontre d'un gamète mâle et d'un gamète femelle qui permet, à partir de deux cellules haploïdes, de former la cellule diploïde qui, en se multipliant, formera petit à petit un embryon. Dans le cadre de cette expérience de laboratoire, les chercheurs ont dû eux aussi se faire rencontrer deux gamètes haploïdes, afin de faire naître leurs souriceaux. Ils ont donc simplement provoqué la rencontre de deux gamètes femelle ou de deux gamète mâles. Pour ce faire, ils sont partis non pas directement des gamètes, mais de cellules souches appelées "ESCs", précurseurs des spermatozoïdes et des ovules et qui sont elles aussi haploïdes.

Effacer l'empreinte parentale

Sauf qu'en réalité, la chose est affreusement compliquée. Et ce à cause d'un phénomène biologique appelé "genomic imprinting". Dans la langue de Molière, on parle "d'empreinte parentale". De quoi s'agit-il ? Il s'agit du fait que, sur le chromosome, certains gènes (principalement ceux impliqués dans le développement de l'embryon) soient systématiquement "désactivés" chez l'un des deux parents mais jamais chez l'autre. Un peu comme si on disposait de deux jeux de Legos identiques (les gènes) pour réaliser une même construction (l'embryon), mais que certaines pièces de chaque jeu (différentes d'un jeu à l'autre) aient été rendues inutilisables parce que remplies de pâte à modeler. La "pâte à modeler" de notre analogie, est, dans le monde réel provoquée par une méthylation de ces gènes. C'est-à-dire l'adjonction naturelle d'un ensemble de molécules ayant pour effet d'empêcher l'expression du gène à côté duquel il se place.

Dans la nature, peu importe qu'un gène essentiel au développement soit inactivé si son complémentaire provenant de l'autre parent prend le relais. Mais dans le cadre de cette expérience de laboratoire, cette méthylation rendait tout développement de l'embryon impossible. Les chercheurs ont donc du procéder à une "déméthylation" de ces gènes vitaux afin d'effacer cette "empreinte parentale" et donc rendre possible la croissance de l'embryon.


Résumé de l'expérience. Image extraite de la publication. ©️ Cell

Pour la lignée femelle, cette cellule haploïde "nettoyée" de toute empreinte parentale (trois gènes ont été déméthylés) a ensuite été insérée dans l'ovule d'une autre souris, comme s'il s'agissait d'un spermatozoïde. Pas moins de 210 embryons ont été produits selon ce procédé. La plupart n'ont pas survécu, à l'exception de 29 d'entre eux qui ont donné naissance à autant de souriceaux en parfaite santé.

Ce n'est pas la première fois qu'une telle expérience est réalisée. En 2004 déjà, une équipe japonaise expliquait dans un article publié dans Nature, comment elle était parvenue à donner naissance à un embryon par parthénogénèse, à partir de deux femelles. Avec un succès moindre cette fois puisque les embryons n'avaient survécu qu'une dizaine de jours. L'équipe s'était toutefois contentée de sélectionner des lignées de souris avec le moins de méthylation possible sur ces chromosomes.

Pour la lignée mâle, les chercheurs ont du procéder à la déméthylation de 7 gènes pour effacer l'empreinte parentale. Ils ont ensuite inséré ce pré-gamète "nettoyé" dans un ovule dépourvu de noyau, afin d'être certain qu'il n'entre pas en contact avec du patrimoine génétique femelle. L'autre moitié du patrimoine génétique manquant a ensuite été insérée dans cet ovule sous la forme de cellules spermatiques non déméthylées. Les embryons ainsi produits ont été ensuite insérés dans une mère porteuse. Mais les chercheurs ont alors constaté que ces embryons issus du croisement de deux pères ne survivaient pas plus de 48 heures.

à quoi ça sert ?

Des souriceaux sont nés sans avoir eu besoin de père biologique. De quoi révolutionner la procréation médicalement assistée.
"Si la recherche est reproductible et qu'elle fonctionne également chez l'homme, il faut quand même démontrer son innocuité ", a déclaré Bob Williamson, président du conseil de Stem Cells Australia. Elle ouvre en tout cas des voies intéressantes pour la procréation médicalement assistée.
les camarades abolitionnistes du genre vont être contents ! Et pas besoin d'insurrection ! (capitalisme, genres et communisme : L’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes, Incendo 20 septembre 2012

en relation les rubriques APPRENTIS SORCIERS et SCIENCES et COMMUNISME

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Re: À BON CHAT BON RAT

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