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QUELLE COHÉRENCE DES LUTTES ?

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QUELLE COHÉRENCE DES LUTTES ?

Message par Patlotch le Ven 16 Nov - 17:12

vous avez bien lu, je n'ai pas écrit "quelle convergence des luttes ?"

la cohérence est dans la divergence

j'ouvre ce sujet au petit bonheur (des dames et des messieurs) sur la base d'un constat, à une semaine d'intervalle en France auront lieu deux initiatives de lutte, l'une demain des Gilets jaunes, l'autre le 24 novembre de féministes sous le label Nous toutes


une des caractéristiques de la première est qu'elle divise dans la confrontation de l'écologie avec l'économie et le social*, alors que la seconde est divisée par le contenu même du féminisme, notamment sur la question raciale, la légitimité d'organisations non mixtes prenant en compte des dominations spécifiques, etc. : Les féministes divisées avant la marche du 24 novembre contre les violences sexuelles

* lire par exemple Blocage du 17 novembre: Peut-on être écologiste et «gilet jaune»? 20 minutes, 16/11/18


Nous vivons décidément une époque formidable, les islamo-gauchistes et faux-nez du féminisme en tous genres peuvent oublier leurs stratégies d’entrisme, désormais ce sont les mouvements sociaux qui facilitent leur inclusion. D’ailleurs, des groupuscules comme Lallab, le STRASS, le Witch bloc… ne s’y trompent pas et exigent des organisatrices une visibilité spécifique dans la Marche car elles subiraient des violences sexuelles « marquées par l’expression quotidienne du racisme, de l’islamophobie et de la négrophobie » ; car « les femmes musulmanes subiraient des discriminations légales » ; car les « travailleuses du sexe » sont l’objet d’un harcèlement policier ; et puis les Trans, et puis les grosses, et puis…  (Tribune Médiapart 30/10/2018). Une surenchère de victimisation pour le moins douteuse car il n’est pas du tout prouvé que les non-musulmanes ou les « blanches » (Pantone numéro combien déjà ?) subissent moins de violences sexistes et sexuelles que les autres. L’art de diviser les femmes quand elles pourraient s’unir contre la domination masculine ! L’art de mentir aussi car la loi d’abolition de la prostitution a pour effet de ne plus importuner les prostituées, seulement les clients ;  car il n’y a aucune discrimination légale contre les musulmanes en France (s’il est fait référence à la burqa dans l’espace public ou le port du voile dans les administrations, il ne s’agit pas de discrimination mais de mesures de sécurité dans un cas et de neutralité de la fonction publique dans l’autre). Et pour couronner le tout, l’art du chantage. Elles/Ils ne sont pas #NousToutes mais #NousAussi comme si aussi n’était pas compris dans toutes ! Mieux se singulariser, mieux s’exclure pour mieux se mettre en avant ; une redoutable perversité quand on y pense.

25/11/2018 #NousToutes OU #NousAussi ? irréductiblement féministe !

en somme voilà la féministe conceptuelle, équivalent de l'ouvrier conceptuel* mettant en avant l'universalité toujours déjà là du prolétariat comme classe constituée. * Formule de Théorie Communiste dans TC26

mais mon propos initial n'était pas là, sans quoi je l'aurais posé dans le sujet LUTTES DE FEMMES, il est d'interroger ce fantasme d'unité immédiate relativement au fait que les cibles visées n'ont, en théorie comme en pratique, pas de cohérence, et surtout pas de cohérence face au capital : est-ce que le (seul) concept de classe peut structurer cette unité ? Voire...

en attendant il est intéressant de relever que ce qui fait l'unanimité ne fait pas l'unanimité (comprenne qui pourra)




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Re: QUELLE COHÉRENCE DES LUTTES ?

Message par Patlotch le Jeu 22 Nov - 17:01


« La patronne, faisait bouillir tous les printemps, pour sa famille et celle de ses ouvriers,
la tisane dépurative que l'on prenait en commun. »

Blaise Cendrars, 1925

le samedi 24 novembre sont programmées deux manifestations à Paris, celle des Gilets jaunes et celle des féministes de NousToutes et NousAussi. Si l'on ne peut être partout, ce n'est pas une raison pour jouer la concurrence ou l'opposition qu'il y aurait entre lutter contre les violences faites aux femmes et pour le pouvoir d'achat, d'autant que les médias et le gouvernement s'en occupent fort bien, NousToutes & Gilets Jaunes

Un appel aux "gilets jaunes" à ne pas manifester samedi. Sur les réseaux sociaux, plusieurs militantes ont ainsi appelé les "gilets jaunes" à ne pas se rassembler ce jour-là, veille de la Journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Une demande appuyée par l'ancienne ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol, sur Twitter. "Il y a déjà la manifestation #NousToutes contre les violences faites aux femmes. Ce serait très gentil de la part des #GiletsJaunes (...) de ne pas manifester le 24."

Violences faites aux femmes : les #NousToutes tentent d’exister face aux "gilets jaunes" Europe1 22 novembre 2018

comme je l'ai fait remarquer sur tweeter, grâce à GILLETTE JAUNE
pas de concurrence entre #NousToutes, #NousAussi et #GiletsJaunes  cheers


et puis, imaginez, le jour où ça pétera vraiment, il faudrait réserver un jour par sujet brûlant ? Ex. La journée des femmes, la journée sans voitures, bref, quelque chose qu'on n'a jamais vu...

scratch

voilà, pour diffusion sans confusion, en matière de luttes efficaces, ne pas confondre convergence ou fusion, tisane et infusion, sans quoi

« Tout l'automne à la fin n'est plus qu'une tisane froide.»
Francis Ponge, Le Parti pris des choses, 1942



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Re: QUELLE COHÉRENCE DES LUTTES ?

Message par Patlotch le Dim 25 Nov - 16:32

je l'importe ici de GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale, tant il y a dans ce mouvement une couleur féminine et raciale (raciste ou antiraciste), à travers des figures de prou, la mise en avant de femmes de têtes dans l'interclassisme des luttes actuelles, qui en font la cohérence dans la disparité. "Cohérence" s'entend pour moi du point de vue de leur compréhension théorique

quant aux "luttes de femmes", elles ne sont pas toutes féministes...

c'est aujourd'hui dimanche
il va falloir penser encore
sans oublier les femmes

flashback et retour au futur

dans ma tentative de penser le mouvement des Gilets jaunes depuis deux semaines, il y a eu deux phases, l'avant et l'après 17 novembre

j'ai en quelque sorte pris la voiture en marche puisque l'origine remonte à une pétition lancée le 29 mai par une ex-cadre dans la finance devenue présidente d'une entreprise de commerce cosmétique, une Martiniquaise de 33 ans

la pétition en ligne frôlera le million de signatures, ce qui n'est pas sans rappeler, début 2016, celle lancée par la féministe, ex chef d'entreprise et ex-PS Caroline de Haas contre la réforme du code du travail proposée par la ministre Myriam El Khomri : « Loi Travail : non, merci ! », qui dépassera le million de signatures


étrange rapprochement ? Voire... la première est à l'origine d'un mouvement où s'exprimeront plus que marginalement racisme et sexisme de beaufs décomplexés, et la seconde instigatrice de la marche féministe #NousToutes, « la plus grosse mobilisation (féministe) qu'on ait connue en France », dira-t-elle (presse). Les deux appels ont mobilisé des participations comparables de l'ordre de 100.000, peu pour la première, beaucoup historiquement pour la seconde qui a fait l'objet à la fois d'une moindre couverture et de moins d'opposition critique : elle est tout aussi "interclassiste"

je reviendrai sur cette non coïncidence des faits débouchant sur l'événement français 24 novembre dans sa totalité et sa complexité

scratch

dans la première semaine de mes considérations sur les Gilets jaunes, j'ai tâché en même temps d'en avoir une approche "objective" et d'utiliser la grille d'interprétation initiée avec ce forum, les nouvelles contradictions dans la société, entre capitalisme vert de la transition écologique et luttes socio-économiques interdisant l'application d'une stricte approche de classe

dans la semaine de luttes, du 17 novembre à la journée d'hier, j'eus à polémiquer avec les critiques se réclamant de la classe dans une perspective de révolution prolétarienne, au pire dans sa version antifasciste caricaturant le mouvement. Ces analyses n'ont pas manqué d'évoluer elles-mêmes pour prendre en compte les faits et désaccords internes à ce milieu radical, ce dont témoignent plusieurs textes que j'ai signalés, ou de plus récents :


Pour des gilets rouges et noirs
Collectif Alternative Libertaire Bruxelles

Classes d’encadrement et prolétaires dans le « mouvement des gilets jaunes »
Agitations Autonomes 25 novembre 2018

la chute de ce dernier texte, « Dans la phase politique actuelle, seules deux perspectives se dégagent. Celle du fascisme, ou celle du communisme » traduit bien ce méli-mélo objectiviste et subjectiviste, dans l'illusion immédiatiste qu'on pourrait comprendre le présent à la lumière d'un futur qu'il n'annonce en rien, nonobstant cette illusion de transcroissance de ce mouvement revendicatif :
si l’ensemble des franges du « mouvement social » (en particulier syndicales) tentent de mobiliser et de charpenter ce mouvement des gilets jaunes sur des bases saines (notamment antiracistes, comme certaines Union Locales et Fédérations le tentent actuellement), il est fort probable qu’il y ait un intérêt stratégique dans certains espaces pour structurer la contestation sur des bases classistes (prolétariennes).
c'est également le fond de ma critique à la perspective révolutionnaire prolétarienne de la théorie de la communisation dans la rubrique DU PASSÉ FAISONS TABLE RASE

Shocked

dans le futur proche, cf encadré en haut du post précédent, se présente, sur la base du relatif échec des Gilets jaunes hier, la reprise en main conjointe de l'État et des organisations syndicales, la tentative de casser ce qui a fait la singularité d'un mouvement revendicatif auto-organisé par défaut, où se joue donc la question de la représentation politique dans le vent mauvais du populisme avancé

cette semaine viendront également, avec plus de recul, les analyses de la presse hebdomadaire, celles des sociologues et autres ténors universitaires du crachoir idéologique, et des textes plus théoriques de la mouvance radicale héritée du marxisme et de l'anarchisme

j'essaierai d'en retenir le meilleur sans oublier le plus mauvais (il faut bien rigoler), et de tenir ma ligne générale en estimant, tout bien considéré, que mes cogitations ne peuvent faire de mal à personne, et qu'elles ne sont nulle part ailleurs. J'y suis encouragé par le fait que ce sujet atteint les 1200 vues, dont 200 pour la journée d'hier : merci ma chère lectorate

cheers

quelques mots donc sur le texte d'Agitations Autonomes (sic) : Classes d’encadrement et prolétaires dans le « mouvement des gilets jaunes ». C'est dimanche, on ne peut se fâcher avec tout le monde, et comme j'ai dit ce que je ne partageais pas, j'en retiens ici le meilleur revu selon mes critères, de haut en bas (sans citations, on n'a qu'à lire) :

- l'émergence de «meneurs» (et meneuses), les «maillots jaunes», leaders locaux, de réseaux sociaux ou de terrain, locaux ou nationaux, toujours favorisés pour leur charisme par les médias régionaux ou nationaux. C'est le point faible de cette autoorganisation par défaut, par lequel s'insinue la tentation de représentation et le glissement vers le populisme politique institutionnel (voir l'intéressant témoignage de Jean-Louis Roche du Prolétariat Universel : Stéphanie représente la police pour les gilets jaunes d'Etaples) : « elle a assez à faire avec la femme responsable des renseignements généraux avec qui elle discute régulièrement et qui a toute sa confiance, elle prévient aussi la gendarmerie la veille des lieux qui seront barrés. Tout se passe bien les gendarmes sont gentils. »


- les disparités, selon les régions, l'histoire ouvrière, de la présence plus ou moins forte d'ouvriers (les vrais prolétaires de la vulgate marxiste) dans ce mouvement "interclassiste" à forte composante de "classe moyenne" confrontée à sa paupérisation, plus qu'à sa prolétarisation au sens où le prolétariat serait le sujet à venir d'une révolution communiste

- l'extension de la présence dans la lutte de syndicalistes et de « militants antifascistes » jugés comme traîtres à « notre camp » par les purs et durs conceptuels de la lutte des classes. Le texte ne parle pas de militants écologistes : Des écologistes proclament « leur soutien total aux gilets jaunes » Reporterre 24 novembre 2018

- si la baisse de mobilisation se confirme, c'est la nature « réactionnaire » du mouvement qui l'emportera (et non  « se confirmera ») : il ne s'agit pas de savoir ce que ce mouvement aurait été par essence dès le début, mais de voir où il en est et vers quoi il mène

c'est l'enjeu d'une lutte en son sein dans son rapport à l'État et au capital, mais celle-ci ne se joue pas strictement sur un front de classe mythique hérité du programmatisme, ni dans une opposition « communisme-fascisme ». Cet enjeu se situe sur le terrain des contradictions du capitalisme dans le moment actuel, qui embarque le problème des rapports humanité-capital-nature (le vivant en tête de gondole du forum), et de plus en plus, les femmes en figures de prou des luttes sur tous les fronts antagoniques au capital y compris celui de l'antiracisme

je passe sur les considérations fumeuses convoquant Henri Lefebvre, « le droit à la ville tend à devenir le droit à la mobilité... droit à la centralité », qui fait penser à celles tout aussi aclassistes de Christophe Guilluy sur « la France périphérique » : étonnant paradoxe chez ces prolétaristes

remarquable absence dans ce texte des femmes et de l'écologie sans lesquelles on ne comprend rien à ce qui se passe aujourd'hui

cyclops

PS : cette intervention est mise à jour dans l'original GILETS JAUNES, couleurs d'une colère sociale

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