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Message par Florage le Jeu 28 Mar - 10:53


un ambulaire est l'ancien nom d'un promenoir


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Funambules
montage Patlotch

funambule ambulaire
sur un fil sans aplomb
rue d'étroit territoire

inflammable est Ubu

la bulle d'un savant
éclate en rire histoire
de s'envoyer en l'art


Question

donner sans encombrer
Patlotch a écrit:quand on se dit opposé à toute fonction représentative élue ou pas, élitaire par position universitaire, sociale, culturelle ou artistique, et qu'on critique radicalement toute posture avant-gardiste en quelque domaine que ce soit, alors il est tout à fait essentiel, indispensable sinon contradictoire et inconséquent, de refuser qu'on vous la reconnaisse malgré vous

la contrepartie est d'accepter, non seulement comme conséquence mais comme nécessité, de rester relativement inconnu, et ceci de son vivant et si l'on peut au-delà

c'est, au regard des canons tant de la réussite sociale que de l'importance de sa personne ou de son œuvre, une attitude réellement suicidaire dans la société, ce que j'ai longuement développé concernant mon refus de toute édition comme participant d'une trahison de cette éthique

en attendant la Communauté humaine du vivant, le prix à payer est la solitude


Jacques Camatte a écrit:Quand quelqu'un donne trop pour être reconnu, pour s'affirmer, il ne se rend pas compte que son soi-disant don est un encombrement pour le devenir de l'autre. C'est de l'égocentrisme, un désir de valorisation, de capitalisation, etc... Or il y a une grosse tendance à l'heure actuelle à ce que les êtres humains se posent en médiateurs nécessaires et, par moment, absolus, ce qui crée la dépendance. Créer la dépendance chez l'autre, c'est commencer à le domestiquer.

Toutes les formes d'inhibition dérivent du fait que ceux qui la provoquent ont un besoin d'être reconnus, de s'affirmer, etc... De ce fait, ils ont toujours tendance à surcharger leurs actes de données matérielles et immatérielles (significations, affections, etc....). Ce sont des êtres dépendants qui ne peuvent se sauver qu'en rendant d'autres dépendants. Ils ne peuvent pas vivre la simultanéité des vies qui est bien au-delà de la simple acceptation des autres. C'est pourquoi le silence - moment de calme et de densité d'assimilation de l'autre dans sa situation dans le monde, donc dans son rapport cosmique et dans son intimité, tout en maintenant sa propre réalité - devient rare dans la communication entre les hommes et les femmes.

L'existence de la dépendance s'accompagne de la recherche de l'autonomie qui aboutit très souvent à d'autres formes de violence, dans la mesure où pour y accéder hommes et femmes brisent les liens de leur procès de vie. Ceci pourrait être positif mais, étant donné que cette autonomisation est opérée au sein d'une dynamique individualiste, elle est absorbée par le procès capitaliste de séparation des êtres humains et de leur réduction à particules neutres. Cela aboutit à la solitude.

Le danger de l'autonomie est la destruction de toute possibilité de Gemeinwesen.

Violence et domestication
, Août 1980


Dernière édition par Florage le Dim 14 Juin - 4:14, édité 1 fois

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Message par Florage le Mar 16 Avr - 13:59


NOTRE -DAME D'ÉLANS DE
"COMPASSION"
les cathédrales n'ont à perdre que leur chênes
mais tant que les êtres humains ont envie de conserver leurs chaines...
Patlotch a écrit:un billet que je n'ose pas nommer coup de gueule, j'y perdrais ma dernière lectorate, mais enfin, je ne puis qu'honorer ma réputation d'être pour ce qui est contre et contre ce qui est pour comme disait Pierre Dac. Ma réaction sur tweeter :
@Patlotch a écrit:GRAND REMPLACEMENT : MACRON CÈDE LA PLACE À DIEU

je ne suis pas insensible aux flammes qui ont détruit partie de Notre-Dame, plutôt allergique au trop c'est trop de larmes pour ce drame, qui n'a fait ni blessé ni mort, mais déclenché une vague inédite d'émotions et de "compassion", terme revenant dans la bouche de politiques et sous la plume de journalistes. Rappelons que compassion vient du latin cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια, sym patheia, sympathie, qui s'adresse à des personnes, non à des murs seraient-ils "sacrés" et représenter l'image de Dieu ou du Christ en croix, comme la photo illustrant cet article le suggère

quant à l'identité de la France, tous ne sont pas Braudel qui doit se retourner dans sa tombe,...

Emmanuel Macron : Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste ce soir de voir brûler cette part de nous.
Nicolas Sarkozy : la France est touchée dans sa chair, dans son cœur, dans son identité, dans son histoire.
Laurent Wauquiez : désolation en voyant partir en fumée ce symbole de nos racines chrétiennes, de la littérature de Victor Hugo. C’est toute une part de notre Histoire, de nous-mêmes, qui brûle ce soir.
François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux Européennes : Que la classe politique s’émeuve d’une seule voix, c’est légitime et nécessaire, et c’est beau même. [...] L’heure est venue de dépasser nos querelles de clocher. Notre-Dame est le point zéro des routes de France.
Eric Ciotti : une partie de l'identité nationale est détruite.
Nicolas Dupont-Aignan a annoncé suspendre sa campagne et appelé à « l'union sacrée» : Une des symboles de la grandeur de la France et de l'identité de notre peuple...[/i]
Jean-Luc Mélenchon "sidéré" devant un "immense malheur" a appelé à une “pause politique” de 24 heures : La cathédrale de Notre-Dame incarne quelque chose de l'avancée multiséculaire de l'esprit humain (...) Notre-Dame c'était le lieu où les Français se sont retrouvés en toute circonstance quelle que soit leur foi (...) Ce bâtiment est un membre de notre famille à tous.
etc..

difficile à chaud, si j'ose dire, de prendre un parti opposé à l'émotion française et internationale, et risqué de faire des comparaisons avec d'autres "drames" quand ils touchent des êtres humains, ou du moins vivants tels les animaux, les forêts et les plantes, voire d'autres chef-d'œuvres de l'architecture bien plus anciennes, Moyen-Orient par exemple. Quand c'est le résultat des guerres dans la guerre culturelle ou économique opposant États-Nations ou croyants de religions différentes, on en fait pas un pareil plats, sans parler des migrants noyés dans les eaux glacées du calcul égoïste. Même le Vatican, en attendant la parole du Pape, étonnement discret, a fait preuve de plus de retenue...

on l'aura compris, si tous ces gens-là se montrent solidaires de causes qui touchent "les gens" en tant qu'ils sont leurs potentiels électeurs. La véritable pudeur, s'ils souhaitaient une "pause politique", aurait été qu'ils se taisent

dans le concert politique et militant, l'article dans Reporterre plus bas, de l'écologiste Hervé Kempf, nonobstant son parallèle entre « la "forêt" de la charpente constituée de poutres de chênes" », et celles qui brûlent ou son détruite dans le monde, est de la même eau compassionnelle, celle qui éteint mes incendies...

on peut toujours lire ou relire Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, mais pour l'occasion, je conseille un véritable roman historique, us intéressant passa documentation que par son intrigue, encore que Hugo...


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Sous le règne du roi Louis VII, commence la construction de la cathédrale Notre Dame de Paris. Un projet ambitieux et pharaonique qui va coûter une fortune et nécessiter des années de travail, de souffrance et d'ingéniosité de la part de ses créateurs, Maître Jean, un visionnaire qui veut construire l'édifice le plus haut de toute la Chrétienté et son élève, Vincent Pasquier, qui aura l'idée d'adjoindre des arc-boutants pour maintenir l'édifice. Problèmes et tribulations ne manqueront pas : arrêt du chantier en hiver, manque de moyens, épidémies et même révolte des ouvriers avec incendie et destructions. Tout dédiés qu'ils soient à leur oeuvre, les deux concepteurs n'en demeurent pas moins des hommes dont les amours vont également se révéler assez chaotiques... Très documenté sur l'époque et les techniques de construction, ce livre présente trois volets ou trois centres d'intérêt principaux : l'historique, et c'est de loin le plus intéressant car le lecteur, qui se retrouve placé au cœur de l'action de ces bâtisseurs de cathédrale, apprendra énormément de choses qu'il ne soupçonne pas en admirant ces grands vaisseaux de pierre bâtis pour l'éternité. Le romantique est déjà un peu plus discutable avec ces amours contrariées et sans doute totalement fictives (Maître Jean amoureux de Sybille devenue lépreuse puis de Clémence et Vincent tiraillé entre Tiphaine, nièce du roi de la Cour des Miracles et Jacoba, la fille du médecin juif de la cour). Le statut des juifs, très variable selon le bon plaisir du roi, occupe lui aussi un bon tiers du volume. Autant Louis VII leur fut favorable, autant son fils, Philippe Auguste, leur fut hostile et les persécuta, officiellement pour se faire bien voir du pape et en réalité pour « leur faire rendre gorge » et financer ainsi les guerres qu'il envisageait de mener. Là encore, le lecteur apprendra beaucoup sur ces fameux banquiers «Lombards » (en réalité juifs d'origine italienne), véritables précurseurs du capitalisme. L'ensemble, bien que fort intéressant, n'en demeure pas moins assez disparate et manque un peu du rythme et du souffle que l'on peut attendre d'un roman historique classique.
De la fragilité du monde
16 avril 2019 Reporterre Hervé Kempf

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Arton17286-073a4
L’effroi, la catastrophe, la sidération, la tristesse, une part de nous-même, un trésor mondial... les mots et bien d’autres ont été prononcés, et ils sont justes. L’incendie qui a ravagé le toit de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, lundi 15 avril au soir et dans la nuit, a abîmé gravement bien plus qu’un monument : ce drame qui a frappé un des lieux les plus connus au monde a fait vibrer dans l’âme de millions de personnes un sentiment d’effondrement. Comme si une part du monde s’écroulait, comme si un des piliers de l’univers s’était affaissé, comme si l’ordre qui permet à l’humanité agitée de mille tourments et conflits de tenir tant bien que mal était ébranlé.

C’est bien de cela qu’il est question. Et d’une manière très différente de l’effroi que l’on avait ressenti le 11 septembre 2001, quand les tours du World Trade Center s’étaient écroulées sous le choc d’avions terroristes. Ce qui était en cause, alors, c’était la puissance de la nation la plus forte, assaillie par ses adversaires.

Quand les flammes ont rugi dans les combles obscurs de Notre-Dame-de-Paris, elles ont altéré une trame indicible qui a à voir avec la spiritualité, si l’on entend par ce mot l’acte créateur qui pousse les humains à se dépasser.

Une métaphore pourrait surgir chez celles et de ceux qui ont en permanence la gravité de la crise écologique à l’esprit : cette catastrophe qui frappe si lourdement une œuvre humaine chargée de sens et de puissance d’évocation, elle est un écho de la catastrophe silencieuse qui ravage les forêts et les savanes, les îles et les montagnes, et qui se traduit partout par un massacre insensé de la vie - ce qu’en termes savants on nomme « extinction de la biodiversité ». Le feu est parti dans une charpente constituée de poutres de chênes vieux de plusieurs centaines d’année ; d’un endroit qu’on appelait « la forêt ». Les forêts du monde brûlent aussi en Amazonie, en Indonésie, en Afrique, et d’une manière indirecte chez nous.

Puisse le sentiment de compassion et d’effroi, mais aussi de souci de préserver un trésor commun, jailli au regard de la catastrophe, nourrir notre attention au monde qui nous entoure, et pas seulement les pierres que nous ont léguées nos ancêtres.

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Message par Florage le Dim 14 Juil - 11:15

9:25, complété

MA PARTICIPATION AUX 14 JUILLET
je suis depuis toujours un déserteur

« J’ai bien l’honneur chez moi, dans ce livre, à cette place,
de dire que très sciemment je conchie l’armée française dans sa totalité. »

Louis Aragon, Traité du style, 1927
Patlotch a écrit:il y eut d'abord, quand j'étais écolier, les défilés auxquels nous redevions participer, non pas en uniformes, mais en s'habillant tous de la même couleur des pieds à la tête pour marcher au pas. J'étais généralement pris de nausées ou autres angines aphteuses, pour rester à la maison

puis, quand je fus soldat faisant ses classes au Mont-Valérien, notre régiment devait participer au défilé du 14 juillet à Paris. Comme j'étais exempté du port du fusil au-delà de 5 minutes, je balayais la cour de la caserne pendant que les copains faisaient les clowns au pas, sous le soleil exactement

maintenant, le défilé à Paris du 14 juillet, c'est deux jours avant les avions militaires qui finissent leur parcours sur la banlieue Est et me cassent les oreilles, comme bientôt ceux du défilé en cours

et puis, hein, les pétards et les feux d'artifices. Hier soir avec ma compagne, nous sommes allés voir celui de Montreuil, au Parc Montreau à deux pas. Mais il n'y en avait pas, seulement le calme du parc et la fraîcheur sous les grands arbres, et quelques promeneurs qui s'étaient fait avoir comme nous par de fausses infos. En rentrant, des hauteurs de Fontenay, l'horizon s'illuminait d'une dizaine de feux d'artifices fracassant leurs échos, mêlés à ceux des pétards, sur les hauts murs des quartiers populaires. Tout ce pognon envoyé en l'air ne vaut pas mieux que celui du commandement militaire de l'espace par Macron

je hais les 14 juillet, j'ai même pas envie qu'ils redeviennent populaires et plus commémorant les révolutionnaires de la Bastille que militaires sélectionnant leurs publics : on a toujours à voir avec ce qu'on critique, alors les Gilets Jaunes au Champs-Élysées, et les Actions autour du 14 juillet je laisse ça à Drouet et Temps Critiques réunis

PS : le suivi par France.Info est un sommet de franchouilladise et cocoricoterie qui rappelle les grands Léon Zitrone et Yves Mourousi

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Message par Florage le Dim 22 Sep - 16:15

Patlotch a écrit:Freud avait tout-à-fait raison dans ce passage  que j'avais recopié il y a une trentaine d'années :

«  L'artiste, comme le névropathe, s'était retiré loin de la réalité insatisfaisante dans ce monde imaginaire, mais à l'inverse du névropathe il s'entendait à trouver le chemin du retour et à reprendre pied dans la réalité. Ses créations, les œuvres d'art, étaient les satisfactions imaginaires de désirs inconscients, tout comme les rêves, avec lesquels elles avaient d'ailleurs en commun le caractère d'être un compromis, car elles aussi devaient éviter le conflit à découvert avec les puissances de refoulement. Mais à l'inverse des productions asociales narcissiques du rêve, elles pouvaient compter sur la sympathie des autres hommes, étant capables d'éveiller et de satisfaire chez eux les mêmes inconscientes aspirations du désir. De plus elles se servaient, comme "prime de séduction", du plaisir attaché à la perception de la beauté de la forme. »



j'ignore toutefois, et de plus en plus, sur quelle sympathie de quels autres hommes je pourrais compter, ayant de moins en moins de retour à ce que, vaille que vaille, je jette à la mer d'Internet. Il faut croire que c'est le seul chemin du retour pour reprendre pied dans la réalité que j'ai trouvé

c'est, en somme, le comble de Patlotch comme envers du Potlatch, ce don en suscitant un meilleur en retour, puisque celui-ci ne vient pas, bien que ne manque pas le plaisir attaché à l'expression de la beauté de la forme. C'est ce que cherchait à exprimer ce dernier poème


PATLOTCH POTLATCH

Un don sort de ma poche
crevé. De ma tâche
immédiate, macache !

Sans son de la partoche
et délit là livré

Qu'emporte le flot con
pour but qu'il a l'ivresse

FoSoBo, 22 septembre 2019, 15:46

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Message par Florage le Sam 4 Jan - 6:09


BONNE ANNÉE, BONNE SANTÉ
je ne sais pas si cela a grand sens de présenter mes vœux à "ma lectorate". Mes proches dans la vraie vie ne me lisent pas ici, quant à l'immensité humaine à qui je souhaite le meilleur des futurs proches et éloignés, et particulièrement ceux/celles qui en auraient le plus besoin, à quoi cela leur servirait-il ?

merci à qui me lit et y trouve matière à réflexion ou simple plaisir

il n'est pas difficile de savoir à quoi j'occuperai prioritairement mon temps en 2020 pour ce que j'en rends public, et je laisse aller les supputations quant à ce qu'il advient de mon point de vue en théorie communiste, à laquelle je me suis consacré intensément pendant une quinzaine d'années. Je pourrais amender ce que j'ai exposé sur la question, mais si questionner le monde qui est là et qui vient m'est toujours aussi cher, je ne tiens plus à l'exprimer. Je me suis plus encore éloigné de ce que je considère comme des visions idéologiques, normatives et dogmatiques, auxquelles je tends par mon silence en guise de vœux un doigt d'honneur

on ne change pas le monde, ou ce monde, en le quittant comme le suggère Jacques Camatte, mais quand même la critique du pire s'empare du pire de la critique, tout me porte à me tenir à distance de ce et ceux qui rendaient mon quotidien invivable. Il ne me reste qu'à constater que j'en ai encore les moyens

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Message par Florage le Dim 1 Mar - 7:22


SANCTION DOMINICALE
on s'est beaucoup moqué, parfois non sans raison, des séances de psychanalyse de Jacques Lacan interrompues au bout de quelques instants, ou plutôt à la fin d'une phrase de l'analysant. Ma psychanalyste n'était pas lacanienne, et ses séances avaient une durée moyenne d'une vingtaine de minutes, mais elle ne manquait jamais de les arrêter après de telles phrases, qu'elle me laissait mariner jusqu'à la prochaine

j'y vois aujourd'hui un procédé utile pour interrompre un (supposé) échange sur Internet après une intervention de mon interlocuteur, plutôt que d'avoir le dernier mot. Renvoyé à ses mots, ils lui tourneront dans la tête, et celle du lectorat, avec tout leur poids de signification, qu'ils soient selon stupides ou intelligents, ou simplement la preuve de ce qu'il fallait démontrer : on n'est jamais mieux servi que par certains adversaires

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Message par Florage le Mar 24 Mar - 6:12


PROPOS D'UN CONFINÉ DE BELLE LURETTE
moi le confiné par excellence, je ne suis pas sorti depuis que le confinement est ordonné par l'État, non que je tienne à lui obéir absolument, mais je ne me suis pas résolu à remplir une attestation sur l'honneur pour continuer à vivre ma vie quotidienne comme je l'entends. Très peu de changements donc, puisque je ne sortais que pour faire mes courses, aller à la bibliothèque, prendre l'air du printemps qui vient dans les parcs. Reste ma terrasse, un grand ciel, des oiseaux et des fleurs

mon fils et ma compagne ont fait les courses, une fois dans la semaine. Elle est clouée à la maison pour télétravail, sa boîte japonaise a fermé l'usine de production de fibre de carbone et composites dans la région de Lacq, les expatriés et leurs familles sont rentrés au Japon. Son boulot s'en ressent, mais la reprise dans l'industrie qui consomme cette matière première, notamment l'aéronautique, pourrait pousser à rouvrir l'usine (300 salariés), où la présence syndicale est forte et importante l'image de Toray la maison mère japonaise, multinationale de la chimie aux multiples productions

au Japon, la population commence à se plaindre des retours d'Europe avant la décision du gouvernement de mise en quarantaine, et les cas se multiplient d'infections importées d'Europe

j'ai repris goût à la théorie communiste, voir THÉORIE RADICALE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS, du fait que la situation me semble favoriser son utilité (voir XI. THÉORICIENS COMMUNISTES, QUE FAISONS-NOUS ?

il faut dire que je ne fais rien sans en avoir envie, mais quand elle me prend, comme pour la guitare, mon énergie et ma capacité de travail sont hors normes

je comprends certes ceux et celles qui, contraints de rester chez eux, se sentent prisonniers et impuissants, mais ma compassion va davantage à la masse des soutiers de ce monde de merde qu'il oblige pour le sauver à sortir de chez eux à leurs risques et périls. Alors oui, je me considère comme un privilégié, mais sans en ressentir de culpabilité. Je fais ce que je peux dans les domaines où je me sens le meilleur de moi-même. De chacun selon ses possibilités et besoins, les miens sont à la fois exceptionnels et modestes, parce que je me contrefous de ce que cette société veut que je fasse, et des « braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux »



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Message par Florage le Jeu 26 Mar - 4:25


DU CONFINEMENT LIBRE

« Pour se protéger l'espèce s'est enfermée dans un devenir, son errance,
et est devenue incapable d'imaginer autre chose; ce qui constitue sa folie »

Jacques Camatte, Lettre au sujet de la pandémie et du risque d 'extinction, 14 mars 2020
au dixième jour de non-sortie auto-autorisée (voir ci-dessus), je me demande si je ne devrais pas élargir ce principe à Internet, tweeter excepté où l'on peut dire absolument n'importe quoi et son contraire sans risquer la moindre sanction. La tentative œcuménique que j'ai faite le 16 mars, de relancer le blog dndf, fut une erreur de ma part, tant il est impossible d'y exprimer librement ce que je pense (voir pourquoi ICI)

à la décharge de Pepe et de ses amis communisateurs, ce n'est pas leur faute, mais la nature même de leurs présupposés et leurs habitudes de confinement de la pensée dans les étroites convictions qui les ligotent, la théorie prolétarienne structuraliste, jusqu'à leurs manières de police, de censure, de pré-modération qui produisent le sentiment de n'être qu'un enfant surveillé par son père, un castré au long cours sous le pseudo contraint d'anonime

bref, être confiné physiquement chez soi par l'État et confiné intellectuellement chez de supposés critiques radicaux de ce monde, ça fait un confinement de trop pour un Patlotch

dans la situation créée par l'état d'urgence dit sanitaire s'accompagnant de la privation de toutes les libertés censées faire la différence entre démocratie et dictature, la liberté d'expression serait-elle individuelle est encore ce que nous avons de plus précieux. Tous les sujets réfractaires des régimes totalitaires l'ont dit, écrit, chanté, comme tous les prisonniers du monde (voir Cesar Battisti depuis la prison de haute-sécurité d'Oristano). Je crois que quelque chose leur échappe, là, à ces "camarades", un bon auto-diagnostic de la maladie d'eux-mêmes dont crèvent leurs idées parce qu'elles sont aujourd'hui à côté de la plaque tectonique qui secoue les structures du monde d'hier à l'agonie  

on ne détruira pas le capitalisme en étant porteur de ses tares psychiques et psychologiques comme d'un virus dont on est malade sans le savoir


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Message par Florage le Ven 27 Mar - 4:59

du sujet FUNAMBULE AMBULAIRE dans EXTIMITÉ

un ambulaire est l'ancien nom d'un promenoir


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Funambules
montage Patlotch
d'avant confinement (et fermeture des parcs)
ici, Parc des Beaumont, Montreuil, 2014

26 mars
DU CONFINEMENT LIBRE

« Pour se protéger l'espèce s'est enfermée dans un devenir, son errance,
et est devenue incapable d'imaginer autre chose; ce qui constitue sa folie »

Jacques Camatte, Lettre au sujet de la pandémie et du risque d 'extinction, 14 mars 2020
au dixième jour de non-sortie auto-autorisée (voir ci-dessus), je me demande si je ne devrais pas élargir ce principe à Internet, tweeter excepté où l'on peut dire absolument n'importe quoi et son contraire sans risquer la moindre sanction. La tentative œcuménique que j'ai faite le 16 mars, de relancer le blog dndf, fut une erreur de ma part, tant il est impossible d'y exprimer librement ce que je pense (voir pourquoi ICI)

à la décharge de Pepe et de ses amis communisateurs, ce n'est pas leur faute, mais la nature même de leurs présupposés et leurs habitudes de confinement de la pensée dans les étroites convictions qui les ligotent, la théorie prolétarienne structuraliste, jusqu'à leurs manières de police, de censure, de pré-modération qui produisent le sentiment de n'être qu'un enfant surveillé par son père, un castré au long cours sous le pseudo contraint d'anonime

bref, être confiné physiquement chez soi par l'État et confiné intellectuellement chez de supposés critiques radicaux de ce monde, ça fait un confinement de trop pour un Patlotch

dans la situation créée par l'état d'urgence dit sanitaire s'accompagnant de la privation de toutes les libertés censées faire la différence entre démocratie et dictature, la liberté d'expression serait-elle individuelle est encore ce que nous avons de plus précieux. Tous les sujets réfractaires des régimes totalitaires l'ont dit, écrit, chanté, comme tous les prisonniers du monde (voir Cesar Battisti depuis la prison de haute-sécurité d'Oristano). Je crois que quelque chose leur échappe, là, à ces "camarades", un bon auto-diagnostic de la maladie d'eux-mêmes dont crèvent leurs idées parce qu'elles sont aujourd'hui à côté de la plaque tectonique qui secoue les structures du monde d'hier à l'agonie  

on ne détruira pas le capitalisme en étant porteur de ses tares psychiques et psychologiques comme d'un virus dont on est malade sans le savoir


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24 mars
PROPOS D'UN CONFINÉ DE BELLE LURETTE
moi le confiné par excellence, je ne suis pas sorti depuis que le confinement est ordonné par l'État, non que je tienne à lui obéir absolument, mais je ne me suis pas résolu à remplir une attestation sur l'honneur pour continuer à vivre ma vie quotidienne comme je l'entends. Très peu de changements donc, puisque je ne sortais que pour faire mes courses, aller à la bibliothèque, prendre l'air du printemps qui vient dans les parcs. Reste ma terrasse, un grand ciel, des oiseaux et des fleurs

mon fils et ma compagne ont fait les courses, une fois dans la semaine. Elle est clouée à la maison pour télétravail, sa boîte japonaise a fermé l'usine de production de fibre de carbone et composites dans la région de Lacq, les expatriés et leurs familles sont rentrés au Japon. Son boulot s'en ressent, mais la reprise dans l'industrie qui consomme cette matière première, notamment l'aéronautique, pourrait pousser à rouvrir l'usine (300 salariés), où la présence syndicale est forte et importante l'image de Toray la maison mère japonaise, multinationale de la chimie aux multiples productions

au Japon, la population commence à se plaindre des retours d'Europe avant la décision du gouvernement de mise en quarantaine, et les cas se multiplient d'infections importées d'Europe

j'ai repris goût à la théorie communiste, voir THÉORIE RADICALE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS, du fait que la situation me semble favoriser son utilité (voir XI. THÉORICIENS COMMUNISTES, QUE FAISONS-NOUS ?

il faut dire que je ne fais rien sans en avoir envie, mais quand elle me prend, comme pour la guitare, mon énergie et ma capacité de travail sont hors normes

je comprends certes ceux et celles qui, contraints de rester chez eux, se sentent prisonniers et impuissants, mais ma compassion va davantage à la masse des soutiers de ce monde de merde qu'il oblige pour le sauver à sortir de chez eux à leurs risques et périls. Alors oui, je me considère comme un privilégié, mais sans en ressentir de culpabilité. Je fais ce que je peux dans les domaines où je me sens le meilleur de moi-même. De chacun selon ses possibilités et besoins, les miens sont à la fois exceptionnels et modestes, parce que je me contrefous de ce que cette société veut que je fasse, et des « braves gens qui n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux »



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Message par Florage le Lun 30 Mar - 4:02

30 mars
LA CIGARETTE DU CONFINÉ
mon confinement fait un tabac dans l'économie domestique
j'ai les dimanches. Comme avant. La différence était en semaine, depuis le télétravail ma compagne est là tous les jours. De différence plus. Nous fumons plus, elle tape dans mon paquet, j'ai décidé de faire des économies de crise, fumer autant mais consommer moins de tabac. Comment ? Innovation ! Start Up Patlotch !

m'inspirant des cigarettes russes, vous savez, avec un filtre creux, qui a donné les gâteaux du même nom... je roule une allumette dans la moitié de la feuille de papier. La quantité de tabac diminue d'autant, et je le fume entièrement, aucune perte

28 mars
LECTURE POUR TOUSSE
« Un homme a été envoyé en témoignage pour attester
l'empire de la vérité sur l'erreur, et de la réalité sur le néant.»

Louis Claude de Saint-Martin, L'Homme de désir, 1790
pour la première fois de ma vie confinée, je soussigné Patlotch, confis né et demeuré à FoSoBo, j'atteste sur l'honneur être sorti ce matin à 7 heures 37 minutes de mon domicile pour aller acheter du pain, des croissants, des fruits et légumes, du tabac et du papier, parce que sans papiers...

sur un parcours de 2 km aller-retour, j'ai compté 2 promeneurs de chiens, ou chiennes, va savoir... 1 cycliste à vélo, 1 joggeuse de bonne aventure, 2 bus de la RATP l'un à moitié plein, l'autre à moitié vide, attendus chacun par 1 confiné à tester d'une attestation présumé, et 2 drôles d'oiseaux

la boulangerie et le primeur étaient désachalandés, tous les autres commerces fermés, et le tabac sur le point d'ouvrir, attendu sur le trottoir par 3 fumeurs putatifs

je n'ai rencontré aucun policier, et tant mieux, je n'avais pas rempli d'attestation, ni de détestation, bien que, parfois, souvent, un peu beaucoup passionnément à la folie, virusement, pandémiquement...

je suis rentré peinard laver le tout sauf mes pâtes avec du savon de Marseille, et me suis roulé la première de la journée


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 016

depuis, je tousse


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Message par Florage le Mar 31 Mar - 16:38


LE CON COMBLE MASQUÉ
roman d'anticipation
18 juin 2020
« À l'appel du Président de la République et en application du décret qu'il a pris sans retard le 1er avril, le port du masque est obligatoire à l'extérieur des domiciles privés. Le délit de non port est passible d'une amende de 135 €, portée à 200 € en cas de récidive... »

son sens ne fit qu'un tour, il referma le journal en ligne, et pris sa décision, il ne le porterait pas, jamais ! Il ne sortirait plus, jamais ! Il n'avait nulle envie de croiser des tronches déconfinées masquées, des regards sans bouche, qui vous font la tête d'un batracien, bâtard de pangolin coupable et de grenouille de météo virologique

les fabricants de masques français, eux, anciens au chômage technique ou reconvertis de la confection vestimentaire ou de la plongée sous-marine, se frottaient les couilles en or depuis que le Président les avaient mis au premier rang de l'actualité, le 31 mars au matin, en visitant un producteur d'Angers. Il s'y était rendu de bon cœur, cédant à la pression populaire qu'il subissait depuis des semaines, sous le feu de critiques légitimes


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 1-aaah-macron-masque-ds

du masque déconseillé au masque interdit sous peine d'amende pour égoïsme anti-républicain, le glissement avait insensiblement abouti à cette décision soutenue par 84% des Français : le masque obligatoire

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Concombre-masque%CC%81-et-algorithmes


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Message par Florage le Ven 3 Avr - 5:52


CONFINÉ AU CENTRE DU MONDE
ce n'est pas le moindre des paradoxes que chacune et chacun, confiné.e chez soi, et sauf s'il ou elle bosse en dehors, dans l'impossibilité de voir de ses propres yeux plus loin que le supermarché du coin, n'ait jamais été plus branché sur le monde via ses écrans* qui lui mettent sous le nez la plus grande unité que le monde ait jamais connu, l'unité de sa maladie pandémique, économique et sociale

* pour l'économiste Daniel Cohen, « la crise du coronavirus signale l'accélération d'un nouveau capitalisme, le capitalisme numérique. »



les déjà vieux routiers du télétravail prodiguent des conseils aux petits nouveaux
Que vous soyez déjà habitué à faire du télétravail de temps à autre ou que vous n’en ayez encore jamais fait (il y a une première fois à tout !), ces conseils pourraient vous être bien utiles pour aborder cette période si particulière et rester efficace, même de votre canapé. Avec l’aide d’adeptes invétérés du télétravail, nous vous avons concocté un guide pour vivre sereinement ces prochaines semaines hors du temps. Prenez soin de vous et “bon” confinement !

mais, télétravailleur.euse ou non, chacun chacune est ainsi au centre du monde, spectateur obligé impuissant, consommateur consumé de désirs révolus, tournant en rond à 1 mètre de tous et moins d'1 km de chez lui, sans la moindre révolution à l'horizon, invité dans l'ombre à devenir son propre soleil...

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE R%C3%A9volution_Terre_autour_Soleil
Les quatre positions caractéristiques de la Terre pendant sa révolution autour du Soleil
(en violet la nuit)

c'est pour ainsi dire à si peu près ma vie quotidienne inchangée, je ne me suis jamais senti aussi privilégié dans ma différence à l'identité de destin, la mort plus ou moins proche, et qui n'attend pas l'âge
2 avril
LES COUACS GLUANTS DU DÉCONFINEMENT
nous voilà donc entrés dans le confinement pour une durée indéterminée et ne pas en sortir, du moins indemnes sinon sains

le vocabulaire politique s'enrichit du mot déconfinement, emprunté à la science, avec son poids de poésie : "Le déconfinement des quarks: le plasma quark-gluon", Futura-Sciences, 2002


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nul doute que le déconfinement, annoncé "progressif et non général" par le Premier Ministre, s'accompagnera de Couacs, et qu'ils lui colleront à la peau : gluants

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Message par Florage le Mar 7 Avr - 6:06

7 avril
69 ANNÉES, MORD LE DÉCONFINÉ
on lit ici ou là, sous le plume de grands penseurs ou de petits décompenseurs, que le confinement a du bon, qu'il doit être l'occasion de s'occuper de son bien-être personnel, ou de se livrer à une introspection préparant le retour à l'après jamais plus comme avant. Pourquoi pas ? sauf que le plus souvent ça ne pisse pas bien loin, serait-ce chez les Grands-Pères La Sagesse que se veulent Edgar Morin, "Nous devons vivre avec l'incertitude", Hubert Reeves, "demain est toujours un risque", ou l'ineffable Cyrulnik au niveau de la Reine d'Angleterre, avec leur "résilience"

Bruno Le Maire : "Je veux éviter un naufrage"

il n'y aurait pour tous ceux-là rien de conflictuel qu'on ne puisse apaiser par soi-même en étant un peu raisonnable... Confinement et déconfinement ne seraient que les deux faces d'une médaille dont chacun peut se décorer pour retourner dans le décor de l'adaptation darwinienne au changement... mais de quoi ?

car s'il est un revers aux deux côtés de la médaille, c'est le caractère proprement idéologique de la fausse opposition confinement-déconfinement... de quoi ? puisqu'elle renvoie à la liberté d'aller et venir dans le décor spectaculaire de la marchandise et de la valeur toujours recommencées

le désir légitime de déconfinement masque celui du retour à la normale dans la consommation inessentielle pour la consumation de soi


ANNIVERSÉ

69 années
déconfiné
des normes
poète non conforme

rimeur et qui mord vœu
retrou à l'anormable
demeure ingouvernable

FoSoBo, 7 avril 2020, 05:20

5 avril
RÊVE DÉCONFINÉ
j'ai expliqué dans J'AI FAIT UN RÊVE en quoi je considère avec Freud « le rêve comme la voie royale d'accès à l'inconscient », mais certainement pas la psychanalyse comme le meilleure façon de les décrypter

j'ai toujours, comme beaucoup, fait le rêve de voler, ou d'en être empêché. Depuis plusieurs années, je vole, sans autre moyens que le mouvement de mes bras pour la propulsion et de mes mains pour l'orientation, à la façon d'un hélicoptère, mais jusque-là, c'était plutôt moyennant de gros efforts au décollage, une altitude ne dépassant pas la hauteur des immeubles et une vitesse limitée comparable à celle d'un vélo

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Rever-voler-airs

depuis le confinement, tout s'est étendu et accéléré, à l'espace aérien de contrées entières, survolées à des vitesses allant du sur-place à la supersonique, comme une espèce de Patlotch-Superman, ou comme certains jeux vidéos en donnent un aperçu

il n'est pas difficile d'y voir l'expression du désir de sortir de tout confinement, ce qui m'étonne pour le moins puisque je n'en souffre aucunement. Nul doute aussi que cela exprime mon fantasme d'une théorisation qui prendrait son envol pour être à même de comprendre ce qui se passe et où ça va  
4 avril
L'IMAGINATION CONFINÉE
dans l'antre parenthèses


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Antre_int
ce n'est qu'un début, continuons la crise. Tout le monde est prévenu, nous n'en sommes qu'au début de la pandémie, de ses effets déjà terrifiants dans une partie du monde, mais pas la plus pauvre  

pour l'heure, la population à l'opinion publique confinée, soumise aux gouvernements concernant les mesures à respecter, tend à ne voir que ce qui change immédiatement dans sa vie quotidienne, et qui n'est pas touché directement ou ses proches a trouvé la pilule amère. Voir les départs interdits en vacances, le report glissant du déconfinement, le bac par contrôle continu... et ça ne fait que commencer

d'ici quelques semaines, sous le double effet du nombre de malades et de morts qui va exploser, et des effets psycho-sociaux imprévisibles de la privation de sortie comme de l'obligation au travail, la mesure sera prise de ce qui ne pourra jamais plus être comme avant, ni aucun "retour à la normale" qu'il n'est point besoin de promettre en militant vengeur aux responsables et coupables politiques, puisque la situation économique et sociale l'empêchera au-delà de toutes luttes sociales et politiques, ses conséquences sanitaires promettant d'être pires que celles du virus même

quelque chose me dit que cette crise est beaucoup plus mondiale que toutes les crises précédentes, plus spécifiquement financières et économiques (1929, 2008), portant moins sur l'économie réelle, elle plus globalement capitaliste que les guerres mondiales mêmes. En d'autres termes pour moi, ces comparaisons sont très limitées et sous-estiment la multi-dimensionnalité des conséquences en chaînes de rétro-actions

quelque chose va changer dans notre perception du monde, particulièrement dans "nos" pays qui n'ont pas connu de guerre sur leur sol depuis 75 ans. Quelque chose dont je n'ai moi-même qu'une idée floue, mais qui sera décisif dans l'acceptation ou le refus de la situation entièrement nouvelle ainsi créée de façon si brutale

dit autrement, la dimension subjective s'articule avec la crise objective multidimensionnelle, et aucun récit de fiction, avec son catastrophisme et ses super-héros sauveurs de l'humanité, ne saurait en rendre compte. Quant aux experts et prévisionnistes, ils sont bien en-dessous de "la crise qui vient"

merci à @Bibliobra pour l'ironème Antre parenthèses


Vous êtes moins brumeux, moins noirs, moins ignorés,
Vous êtes moins profonds et moins désespérés
Que le destin, cet antre habité par nos craintes,
Où l'âme entend, perdue en d'affreux labyrinthes,
Au fond, à travers l'ombre, avec mille bruits sourds,
Dans un gouffre inconnu tomber le flot des jours !


Hugo, Les Rayons et les ombres, 1840


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Message par Florage le Mer 8 Avr - 5:40


DÉCONFINEMENT PRÉVENTIF

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Large
Paris. Bal du 14 juillet devant le Panthéon, 1912
c'est la carte que j'ai eue pour mon anniversaire, hier soir, avec un Chiffon Cake au rhum, aux fraises et à la crème fraîche

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Victoria_sponge_cake_fraises

ensuite, totalement déconfinés et pas déconfits du tout, nous avons dansé sur Martial Solal, Lucien, valsons, du vinyl 33 T LP Concert à Gaveau en 1962, avec Guy Pedersen à la contrebasse et Daniel Humair à la batterie

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à mes lecteur.euse.s guitaristes, désolé de ne plus publier, mais faites comme moi, ne lâchez rien, travaillez, prenez de la peine, c'est la musique qui manque le plus. Piochez dans mes CARNETS D'UN GUITAREUX, de quoi devenir un virtuose, et si c'est de musique en chambre, pourquoi pas ?

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Message par Florage le Mar 14 Avr - 7:00


14 avril
PROLONGATIONS SANS ATTESTATION
CONTESTATION SANS RELÉGATION
bien que, sans me forcer, je reçoive cinq sur cinq le conseil présidentiel à ses "aînés" de rester chez eux plus longtemps que les autres, aux autres il va falloir apprendre à désobéir s'ils ne veulent pas crever pour le boulot. Comme dit dans CONFINEMENT VOLONTAIRE, les décisions de l'État sont pour moi, à titre individuel, pure contingence dans la conduite de ma vie, mais l'expérience historique montre que les masses sont globalement portées, comme l'écrivait au 16e siècle de La Boétie, à la servitude volontaire

rester chez moi n'est que moindre contrainte tant j'ai à m'y occuper, les journées et les nuits n'étant pas assez longues pour y tenir la musique, la théorie et l'écriture reprise de mon "roman", dont le titre Conflinés dissociaux ne me plaît guère, mais j'ai cédé à l'ironème Conflits inédits sociaux

je ne me suis jamais senti aussi contraint de m'engager par un appel à désobéir depuis que je sens qu'il y va de la mort ou la vie, pour la bourse des autres
13 avril
LE BON CÔTÉ DU CONFINEMENT
s'épargner la fréquentation des cons finis
Baltasar Gracián a écrit:
CXCVII
Ne s’embarrasser jamais avec les sots

C’en est un que celui qui ne les connaît pas, et encore davantage celui qui, les connaissant, ne s’en défait pas. Il est dangereux de les hanter, et pernicieux de les appeler à sa confidence, car, bien que leur propre timidité et l’œil d’autrui les retiennent quelque temps, leur extravagance s’échappe toujours à la fin, parce qu’ils n’ont différé de la montrer que pour la rendre plus solennelle. Il est bien difficile que celui qui ne sait pas conserver son propre crédit puisse soutenir celui d’autrui. D’ailleurs, les sots sont très malheureux ; car la misère est attachée à l’impertinence, comme la peau aux os. Ils n’ont qu’une seule chose, qui n’est pas tant mauvaise : c’est que, comme la sagesse des autres ne leur sert de rien, ils sont au contraire très utiles aux sages qui s’instruisent et se précautionnent à leurs dépens.

L’homme de cour Intégral PDF

11 avril
DU CONFINEMENT VOLONTAIRE
si je reste chez moi et si je sors le moins possible, ce n'est pas parce que l'État m'y contraint, mais par esprit de prudence, et sans paranoïa excessive, pour me protéger et les miens, les autres de surcroît

j'ai de longtemps considéré les décisions de l'État comme pure contingence, et cela vaut pour le confinement comme cela vaudra pour le déconfinement, le port de masques, etc. Je ne suis pas anarchiste ou rebelle au sens où ils sont toujours dépendants de l'État dans les critiques qu'ils lui adressent


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1981
roman que m'avait fait découvrir le Michel Onfray de
Politique du rebelle, Traité de résistance et d'insoumission, 1997
à l'époque où il ne faisait pas l'apologie des vrais chefs
la bibliographie est une vraie mine
L'État universel s'est déjà réalisé et disloqué en un archipel de petits États : Eumeswil est l'un d'eux, dirigé par un dictateur, le Condor, du haut de la Casbah qui domine la cité. Le Condor méprise les braves démocrates d'Eumeswil, leurs réunions qu'ils croient secrètes, leurs bavardages inefficaces. Martin, alias Manuelo Venator, un historien, jeune chargé de cours à l'Université, travaille toutes les nuits comme steward à la Casbah : il devient ainsi le contemplateur privilégié des puissants, admis dans la «zone interdite». Lui aussi dédaigne les amis du peuple, les opposants, plus ou moins manipulés par la police : c'est l'homme de la réserve, de l'hivernage, du «recours aux forêts», qui se dit non anarchiste, mais «anarque» - l'anarchiste étant à l'anarque, selon l'auteur, ce que le monarchiste est au monarque.
Roman du détachement et de la lucidité, Eumeswil pourrait être considéré comme le Second Faust d'Ernst Jünger.

en d'autres termes je ne me sens pas privé de liberté dès lors que j'en décide par moi-même. Je n'avais pas particulièrement envie de sortir et voir du monde avant, et ça n'a pas changé, je ne vis aucune frustration hormis celle de la nature, des parcs alentour, ce piètre recours à mes forêts

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Message par Florage le Ven 17 Avr - 12:45


LA MORT QUI VIENT
ET CELLE QUI EST LÀ
émoi, mais moi ?
plusieurs textes ont fait référence au ivre de Philippe Aries en 1975, "La mort en Occident" *, moi-même ici, en constatant que comme en "temps normal" on ne nous annonce pas chaque soir les 1.500 à 1.600 morts par jour en France, la séance quotidienne Salomon-Véran nous confronte à la "mort anormale", et donc à la mort "normale" mais non annoncée, qui est refoulée

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* dans L'homme devant la mort. Le temps des gisants, qui fait suite en 1977
« La mort est maintenant si effacée de nos mœurs que nous avons peine à l’imaginer et à la comprendre. L’attitude ancienne où la mort est à la fois proche, familière et diminuée, insensibilisée, s’oppose trop à la nôtre où elle fait si grand-peur que nous n’osons plus dire son nom. C’est pourquoi, quand nous appelons cette mort familière la mort apprivoisée, nous n’entendons pas par là qu’elle était autrefois sauvage et qu’elle a ensuite été domestiquée. Nous voulons dire au contraire qu’elle est aujourd’hui devenue sauvage alors qu’elle ne l’était pas auparavant. La mort la plus ancienne était apprivoisée. »

que puis-je en dire à titre intime, c'est-à-dire ici extime ? Que très certainement j'ai été fort peu confronté à la mort de mes proches dans ma vie, hormis ceux de ma famille et celle de ma compagne, mais aussi que ma tendance à couper les ponts avec mes amis de 20 ou 30 ans avait un avantage tenant certainement d'une forme de lâcheté : ne pas apprendre leur mort, un jour ou l'autre, et, ne les voyant plus ni n'en prenant de nouvelles, m'en lavant les mains

à ce jour et due au coronavirus, aucune mort de mes connaissances directes, ou de connaissances de connaissances, si je n'y mets pas les personnalités connues (Lucien Sève,  Luis Spulveda, et les jazzmen, Manu Dibango, Lee Konitz, Jimmy Meritt, Bucky Pizzarelli...). Pas même de malades que je connaisse. C'est dire que cette épidémie ne me touche pas de près, et que peut-être cela participe d'un certain regard froid avec lequel je peux l'analyser en théoricien. Il va sans dire qu'y consacrant 5 à 6 heures par jour, je ne pourrais le faire avec autant de détachement, et que si j'étais dans le chagrin, je chercherais sans doute davantage à me "changer les idées"

alors, est-ce que mon regard sur la mort en est changé ? Sur la mienne, pas vraiment, si ce n'est qu'étant classé dans les personnes âgées, sinon à risque, je me protège sans ressentir de frustration à respecter les règles de confinement et distanciation sociale. Sur celle de mes proches, il est évident que nous prenons réciproquement toutes les précautions recommandées. Sur la mort en général, je ne sais pas, le fait est que c'est, comme dit plus haut, une thématique qui entre nécessairement en considération quant aux aspects subjectifs de ce qui se passe, ne serait-ce que parce que personne, quelle que soit son appartenance de classe, n'a envie de crever, et fort peu de faire crever les autres en toute conscience

quant aux capitalistes, j'ai dit ailleurs que leur rapport à la mort de centaines de milliers de personnes, et surtout parmi les classes qu'il défavorise le plus, n'est, ni en première ni en dernière instance, une affaire morale. Fort peu sont cyniques au point de s'en foutre, mais ils font ce qui est dans l'essence de leur classe pour perpétuer le système capitaliste

je dois toutefois ajouter qu'ayant entrepris de donner une suite à mon roman L'OUTRE-RÉEL, quelque chose ne fonctionnait pas. Ayant ressuscité mes personnages, dont le trio principal, Levieux, Célanie, et AliBlabla, je pressentais que quelque chose de terrible pouvait leur arriver, ou à d'autres tout aussi attachants pour un auteur. L'écriture s'en ressentait, un fond mélancolique plus que celui mélancomique qui est le mien, rien de vraiment drôle, une atmosphère triste planait, reflétant sans doute celle du monde réel, et je me suis senti incapable de la porter jusqu'au bout. J'ai donc détruit les deux chapitres écrits


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Message par Florage le Dim 19 Avr - 9:06


RÊVE DÉCONFINÉ
DE LA MUSIQUE À LA THÉORIE
et vice-versa
j'ai beaucoup insisté sur l'importance pour moi de mes rêves, révélateur de mes désirs inconscients si l'on en croit Freud (cf J'AI FAIT UN RÊVE)

je rêve beaucoup ces jours parce que je dors par intermittence, entre véritable sommeil entre 21 heures et 1 ou 2 heures du matin, et plusieurs siestes au cours de la journée. J'y vais, disais-je, comme au cinéma, me déconfiner

j'ai avant-hier fait un de mes rêves les plus musicaux, jouant à la guitare des mélodies dont je pourrais encore chanter les notes. Mais c'est surtout la nuit dernière que me vint l'étrange désir de reprendre la clarinette ou de jouer du saxophone

j'allais donc (pour autant qu'il y ait dans un rêve des "donc") en acheter un dans un piteux magasin d'une quelconque ville de province, où les vendeurs étaient particulièrement incompétents, et le choix réduit à quelques vieux ténors, mais de fabrication française, car hein, sont pas de la gnognotte, les Selmer, Buffet-Crampon, marques situées à Mantes-la-Ville près d'où j'ai résidé quelques années

je rapportais chez moi, un chez moi inconnu, une clarinette que j'avais essayée, oubliant qu'emboucher un instrument ayant traîné entre toutes les lèvres, par temps de coronavirus, n'est pas des plus conseillés

et là, c'est rien moins que Sidney Bechet (du normand "petit bec", nom de l'esclavagiste possesseur de ses ancêtres à la Nouvelle-Orléans), qui me donna un cours : comment jouer le blues ? comment produire un growl ? comment changer de registre sans canarder ? comment utiliser les anches les plus épaisses et difficiles à mettre en vibration, chez lui au si ample vibrato ? etc.

c'était le plus fabuleux rêve depuis que j'avais rencontré Dizzy Gillespie, qui mettait sa trompette coudée dans la sacoche de mon vélo-solex et m'accompagnait en fredonnant la ligne de basse de Salt Peanuts !

d'autant plus étrange que c'est la nuit où j'écrivis un des textes théoriques que je considère comme un de mes meilleurs depuis 20 ans, SEPT THÈSES PROVISOIRES DANS LE SALE AIR DU TEMPS et DE LA PEUR  pour favoriser l'émergence de luttes efficientes contre la pandémie, l'État, et le Capital

vous ne voyez pas le rapport ? moi non plus, à moins que ce soit un furieux besoin de créer. Ma psychanalyste, dans les années 90, me disait que mes rêves étaient aussi des créations personnelles, et qu'ils ne pouvaient être ceux d'un autre. Alors peut-être que mes divagations théoriques ne sont après tout qu'un rêve aussi, l'expression d'un désir dans lequel il faudrait toujours se garder du besoin de croire, qui alimente la foi communiste. En attendant, on fait aussi avec, et de la musique avant toute chose



Blue Horizon, blues composé par Sidney Bechet. Interprété  en solo par lui à la clarinette, et accompagné par ses "Blue note jazzmen" en 1944. Remarquez la sonorité dense, âpre, et sensuelle, le vibrato serré, l''expressivité,  le feeling et le swing sous jacent.

Sidney Bechet : clarinette
Sidney De Paris : trompette
Vic Dickenson : trombone
Art Hodes : piano
Pops Foster : contrebasse
Manzie Johnson : drums
WOR Studios, NYC, December 20, 1944

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Message par Florage le Ven 24 Avr - 7:12

23 avril, maj 24
pas de raison de placer ceci dans ce sujet "extime", hormis mon témoignage personnel, et le fait que ce qui concerne le Japon me concerne et me touche particulièrement en raison de liens familiaux et amicaux. Voir de "mon" PAYS DU SOLEIL LE VENT, le Japon
presse française, twitter,...
LE FAUX EST UN MOMENT DU VRAI
chez les "camarades" aussi ?

non, "le Japon" n'a pas fermé, rouvert puis refermé toutes ses écoles
mais seulement quelques départements sur 47


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Carbure.blog a écrit:#StayTheFuckAtHome [In English, ça fait classe, c'est lu par les "prolétaires" selon Carbure]
Pandémie de coronavirus : "Le 2 mars, le Japon ferme ses écoles. Le 6 avril, il les rouvre partiellement. Une semaine plus tard, il les ferme de nouveau, confronté à une deuxième vague de contamination". "Rapports de forces" : Réouverture des écoles : le rétropédalage japonais, 21 avril
j'avais dans mon journal de la crise importé cette info du site "Rapports de forces", et prévenu qu'aucune de ces mesures de fermetures, ouvertures et refermetures n'avait jamais été nationale, prise par Abe et le gouvernement central. Il suffit d'ailleurs de lire l'article : « En conséquence, le gouvernement central décrète l’état d’urgence national et certaines autorités locales durcissent les mesures de confinement et ferment à nouveau écoles, collèges et lycées. C’est notamment le cas sur le territoire d’Hokkaido... »

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Carte-japon-7-1

@Conflits_FR a relayé cette info provenant de RTBF, sans lien avec l'article qui ne parle pourtant que du « cas de Hokkaido au Japon ». Elle est rapidement "RT", actuellement à 6,3K, et "likée", 10,1K. Dans l'heure de la publication, à moins de 0,5 K j'avais alerté le site @Conflits_FR de cette généralisation hâtive qui s'apparentaient à une Fake News, expliquant qu'aucun média japonais ne relayait cette information, que ma compagne japonaise est en contact quotidien avec le Japon pour le retour de collègues parti la veille du confinement en France dans la perspective de la reprise de la filiale de Toray-Fiber Carbone. Selon leurs régions, leurs enfants continuent d'aller à l'école ou non. Une amie institutrice d'Osaka y est également contrainte

dans les versions anglaises de journaux japonais, Japan Today et Japan Times, rien à ce jour que de local, les gouverneurs (préfets) prenant des mesures et certains faisant pression sur le gouvernement central. J'avais le 8 avril (ici) souligné la légèreté d'Abe, beaucoup moins réactif que notre Macron, il est vrai dans un contexte où le Japon, avec 281 décès, en a 60 fois moins que la France, 160 fois moins par million d'habitants : sic de "deuxième vague", réelle et plus mortelle que la première, mais il faut comparer ce qui est comparable. Le faire concernant la reprise en France n'a guère de sens, d'autant que d'ici le 11 mai, le gouvernement aura mis de l'eau dans son vin, il a d'ailleurs commencé avec les écoles, reprise sur 3 semaines, pas plus de 15 élèves par classe, base du volontariat pour ceux qui pourront télé-étudier...

Rapports de forces, site d'information pour les mouvements sociaux
(sic), ne fait ainsi pas mieux que Le Figaro, qui titre le 21 avril avec la même généralisation : Premier à fermer ses écoles, le Japon hésite toujours à les rouvrir. Les commentaires en tous sens sur Twitter reposent sur cette généralisation, "le peuple japonais discipliné" (j'y ai toujours vu des masques en ville, contre la pollution, mais aujourd'hui, on voit aussi les plages de surfeurs insouciants, les patchinko restant ouverts), comme si au Japon, ou ailleurs, on généralisait à la France les chiffres de l'Île de France ou du Grand Est. On imagine les protestations... Le "communisateur" Carbure.blog y va de son RT, sans avoir pris soin de seulement lire l'article de la RTBF dont il donne la phrase trompeuse


comment surfer sur la deuxième vague ?
FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 8
This photo shows the beach in the town of Ichinomiya in Chiba Prefecture
where approximately 600,000 people visit every year.
Mainichi/Kimi Takeuchi, April 24

de la nécessité d'un travail collaboratif pour vérifier les sources et donner des informations fiables
que peut une personne rétablissant la vérité, à la surface de diffusion 1.000 ou 10.000 fois moins grande, et dont on doute de la crédibilité même quand il fournit les preuves de ce qu'il avance ? Peu ont réagi favorablement, une personne a discuté mon info, confondant JapanToday et JapanTimes, prétendant que celui-ci donnait l'info que je démentais. Je lui ai mis sous les yeux les articles japonais. Elle n'est pas revenue en convenir... La plupart ont honte d'être pris en défaut, l'égo fait le reste, on connaît ça...

j'en ai certes l'habitude, avec les "camarades", qui font circuler leurs textes sans la plupart aller aux sources pour vérifier les informations qu'ils contiennent. Ce qu'on constate actuellement sur "les banlieues". Prole Wave, réseau d’ultra-gauche pour l’anarchie & le communisme, basé à Los Angeles, demande :

@prolewave a écrit:Camarades en France: existent-t-ils des textes pour analyser le contexte des émeutes qui frappent le pays maintenant ?
personne parmi leurs abonnés du milieu n'est foutu de les aider correctement. @Kommunisierung.net : « Qqs textes assez courts sur le FB d'@actazone et un article du 19 sur @Paris_luttes, sinon je n'ai pas vu grand-chose pour l'instant.» Alors je m'y suis collé, envoyant le lien vers la presse française qui en parle ("base de l'info" à défaut d'une implantation militante), l'interview du sociologue Michel Kokoreff dans Libération, et signalé le texte Quoi qu’il en coûte Le virus, l’État et nous de Tristan Leoni et Céline Alkamar, DDT21, qui comporte un paragraphe Fantasmes autour des « banlieues ». Les abonnés de Prole Wawe sont pourtant bien plus proches que moi idéologiquement. C'est par ce genre de "détails", depuis des années, que je sais que dans "le milieu" rares sont ceux qui font le boulot indispensable pour un travail d'analyse théorique, ils se contentent de refourguer, diffusion et traduction, le travail fini des théoriciens et les pavés idéologiques des activistes. C'est par des gens comme ça que j'ai été dénigré pendant des années, et toujours considéré pour le moins de façon méfiante... Ben évidemment, quand on met le doigt sur leurs "tares", et retards...

quel rapport avec le Fake sur les écoles japonaise ? ils fonctionnent pareil, tout simplement : leur faux est un moment de leur vrai

NOUS N'AVONS PAS LES MOYENS
DE VOUS COMPTER
mais nous savons que vous êtes moins
et que vous comptez guère
« Le système des blogs permet à chacun de se donner de l'importance
(j'en sais quelque chose)
voire de se faire passer pour un groupe
et satisfait ainsi une mégalomanie assez répandue...»

Jean-Louis Roche dixit
Annexe mégalomaniaque
j'en sais quelque chose aussi, mais ne donne pas à penser que je suis plusieurs, sauf dans mon débat intérieur et mes activités multiples

ce n'est au fond que pathétique, mais saurons-nous jamais combien se cachent derrière des blogs aux noms aussi ronflants que Carbure.Blog (un et demi), Vosstanie (de Vosstania, insurrection en russe, deux), Agitations Autonomes (deux ?), Mondialisme.org (un), Le Prolétariat Universel (un, il l'a dit), Hic Salta (un, et demi), Des Nouvelles du Front (ils sont plusieurs, Pepe, soutiers, traducteurs..., mais quand ya pas de nouvelles, ils attendent le front) et quelques autres. Ils n'indiquent pas le nombre de leurs lecteurs, ça pourrait faire désordre. Un spectacle et pas de spectateurs ? Sans blague !


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE EVz6daQUMAAY5YK?format=jpg&name=large
En Allemagne, les supporters de Mönchengladbach ont obtenu du club que leurs répliques en carton
soient dans les tribunes lorsque les matches de leur équipe reprendront à huis clos.

car ce qui frappe, quand on sait, qu'on devine, c'est l'écart, incommensurable, l'abîme, entre les mots et la chose, risible dérisoire du manque ainsi comblé, vouloir paraître plus qu'on est, plus important, indispensable même, et tout ça comme on dit "derrière son clavier"

si je suis aussi libre d'expression dans la forme et le contenu, c'est qu'au fond je sais l'absence de toutes conséquences à mes écrits, au-delà de quelques-un.e.s pour leur gouverne sans gouvernement ni groupe à penser pour eux, qui le trouvent utile ou simplement plaisant. Vu l'ambition, ou l'amplitude, de mon propos, comment ne pas voir le fossé entre mes désirs et la réalité ?

je n'en ressens pas d'affliction, moins encore d'amertume, tout juste un peu le sentiment d'une injustesse, quand elle s'exprime, bête et méchante, à l'endroit de ce que je fais, au regard du service qu'après tout je rends, gagner du temps à ne pas chercher ailleurs ce qu'on trouve chez moi, gagner du temps pour apprendre ce qu'il faut des années, d'un passé, d'un passif, d'une vie à s'être trompé, gagner du temps pour éviter un temps perdu que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, et qu'oublient si facilement des plus de cinquante

s'agissant de compter, LE MONDE AU TEMPS DU CORONAVIRUS a reçu 15.208 clics pour 105 commentaires, moyenne de 145, soit une grosse centaine de lecteur.eus.es par jour, le double pour THÉORIE RADICALE ET CRISE VIRALE. À comparer avec 17.459 clics pour mes CARNETS D'UN GUITAREUX, moyenne une centaine par message et autant pour un lectorat d'une autre provenance. Mon roman L'OUTRE-RÉEL, plusieurs centaines, mais là on ne compte plus, c'est pour d'autres discrets, avides, la vie d'après, un autre monde, d'après

il serait de ma part inconséquent de prétendre à la moindre influence sur les idées et sur les actes, même si je maudis que d'autres en aient davantage qu'ils ne semblent pas mériter. Encore que... on a les influences qu'on mérite, irresponsables des actes qui en découlent, pas toujours ceux qu'on cherche ni qu'on assumerait soi-même. Ne point vouloir être suivi, ce n'est pas de la modestie, mais question de principe, un peu d'humilité et beaucoup de lucidité, histoire de ne pas perdre la tête : quand on prétend ne pas guider, il faut ne rien faire pour être suivi

sans doute incité-je plus à la réflexion muette, pour soi, qu'à l'expression publique d'accords sur ce qu'on partage avec moi. Et c'est fort bien ainsi, car n'ai-je pas dit et redit que les témoignages d'approbation sans critiques, s'ils me font plaisir, me servent moins que les reproches argumentés, dont je déplore qu'ils soient aussi rares

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Message par Florage le Mar 28 Avr - 4:43

28 avril
TOCSIN DE TOC ET BRAILLARDS AU BALCON
« Du pain, du vin, puis le tocsin.»
Gaëtan Faucer

« Dire que je vis les fenêtres fermées,
tant ces braillards d'enfants de la maison d'en face de moi font de bruit,
et un bruit qui commence avec le jour et finit avec la nuit ! »

E. et J. de Goncourt, Journal, 1886


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Image
échos de l'Union nationale
à vingt heures sonne le tocsin, qui à lui seul résume et symbolise toute l'ambivalence du "soutien des Français à "nos" soignants", et résonne aussi comme un soutien aux propos et décisions de "notre" Président. Cette cloche "civile" qui n'est plus usitée depuis 1960 pour « alerter la population d'un danger imminent tel qu'incendie, invasion, catastrophe naturelle, naufrage, l'est aussi pour rassembler la population en urgence », dixit Wikipédia. Il n'y a pas chaque soir d'urgence à 20 heures, pas plus qu'habituellement se poser devant le "20 heures" à la télé. Macron ne s'y trompa point qui décala son allocution à 20h02 pour laisser les casseroles l'introduire

ambivalence, disais-je, car il y a historiquement du "en même temps" dans le tocsin. Exemples :

Appeler à la révolte
Il s’agit ici d’un usage détourné du tocsin par les émeutiers :
- À Paris, la cloche « Marie » de l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois est réputée avoir sonné le tocsin dans la nuit du 23 au 24 août 1572 et déclenché le massacre des civils protestants lors de la Saint-Barthelémy.
- En 1675, le tocsin a été utilisé par les Bonnets rouges en Bretagne pour rassembler la population et l’inviter à s’armer pour lutter contre les représentants du roi de passage pour réclamer la taxe.
- En 1851, Maupas fait occuper les églises de Paris, afin que nul ne puisse y sonner le tocsin.
- En 1907, le tocsin fut utilisé par les vignerons révoltés du Languedoc.

"En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin." (Chamfort).
"Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée." (Danton, discours du 2 septembre 1792).
"La propriété, c’est le vol ! Voici le tocsin de 93 ! voici le branle-bas des révolutions !… " (Proudhon, Qu'est-ce que la propriété ?, 1840).

braillards : la cloche et le haut parleur
monsieur Wikipédia nous apprend encore que « la cloche réservée à cet effet est souvent un « braillard » situé dans le campanile ou le beffroi civil, ou l’une des cloches du clocher de l’église. » Un braillard, c'est tout-à-fait ce qu'est le type qui chaque soir depuis un mois et demi, après la cloche du même nom, harangue la non-foule d'une vingtaine de personnes aux balcons alentours, en gueulant dans un mégaphone les quatre mêmes phrases désormais convenues et la liste de "nos héros" à soutenir, à qui, avec le temps, ça fait une belle jambe d'autant que les mêmes mots-tocsins* abreuvent les ondes dans les bouches compassionnelles de la France d'en haut politico-médiatique

* « Je connais le pouvoir des mots ; je connais le tocsin des mots » Au sommet de ma voix, Maïakovski, 1928-1930


faire du bruit avant toute chose
puis le porte-parole auto-mandaté du quartier met de la musique tout en appelant à "faire du bruit", déclenchant une batterie de quelques casseroles accrochées aux paroles d'un tube, tiens, avant-hier Les mots bleus de Christophe, la vedette victime, un succès de 1974 dont je me souviens que ma sœur cadette le passait en boucle, avec les bramements de Julien Clair, tout ce que j'insupportais à l'époque

le braillard, les mots d'ordre insipides, le bruit qu'il faut faire, le tube incontournable, ça fait beaucoup pour un seul Patlotch, et, pour ne retenir que la cloche et son origine religieuse, je préfère cette référence : « On prétend qu'on a sonné le tocsin, arboré le bonnet rouge sur l'une des tours et essayé de mettre le feu à l'église. » Maurice de Guérin, Correspondance, 1832

au début le 16 mars - y avait-il déjà la cloche ?-, je me disais c'est de bonne "guerre", en me demandant de quelle obédience pouvait bien être l'auteur local de cette "initiative", - guillemets car en est-ce une ? - entre spécialiste du genre en manif' et version "peuple" du leader ou du curé du haut de sa chaire, du prédicateur de rue, du muezzin de son minaret, bref, une sale race à mes yeux quel que soit son discours et son appartenance sociale

éloge de la non amplification
s'il ne tenait qu'à moi, dans un monde d'après "après", seraient interdits les sonos et gueulophones en tous genres, ceux des manifs comme ceux des concerts en plein air, qui n'ont qu'un but ou du moins un effet, transformer l'auditoire en foule grégaire dont la passivité spectaculaire se réduit à "faire du bruit"

mais ce que j'en dis, autant pisser dans un violon


« La vessie joue un certain rôle chez ces messieurs et c'est elle qui, parfois,
bien avant l'estomac ou les jointures, sonne le tocsin d'alarme »

Georges Duhamel, Les Maîtres, 1937

25 avril
ÉLOGE DE L'INDIVIDU CONTRE LE CAPITAL

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Brigitte Fontaine chez elle. Crédits : Areski Belkacem
titre un rien provoc' par temps de déconfinement annoncé et de précipitation des foules sur les boulevards de la consommation*, enfin, ceux qui pourront participer de tout cœur et de bourse à la "relance de l'économie". Il y a de ces activités qu'on pourrait dire "complices" de "ce monde de merde", le fait qu'en dernière instance les individus ont la société qu'ils méritent, et qu'on ne me rebatte pas les oreilles avec le "peuple" qui ne serait que victime du grand méchant capitalisme

*  cf le sondage BVA Voici ce que les Français veulent faire le plus vite possible après le déconfinement
et Consommation : les achats prioritaires des français après le confinement, Sortirlidaires à Paris


il y a quelques années, un sujet rendait compte de l'anarchisme individualiste, qui n'est pas loin pour moi d'un oxymore dans l'idée que je me fais de l'anarchie. On y trouvait la figure d'Alain Jouffroy, auteur de De l'individualisme révolutionnaire, qui a bien vieilli mais conserve de beaux restes. En fait l'anarchisme individualisme qui m'est le plus sympathique est souvent nommé "anarchisme de droite" alors qu'il est plutôt apolitique. Comme philosophe, à Max Stirner je préfère George Palante (cf l'excellent Les antinomies entre l'individu et la société, 1913)


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 50205_2

l'esprit grégaire des groupes anarchistes me débecte autant que celui des partis quels qu'ils soient

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Moutonscolor-copy

cela dit, je ne crois en rien en une capacité d'individus isolés de faire quoi que ce soit d'efficace ce soit contre le capital et pour son abolition, hormis s'en protéger surtout quand, pauvre Dylan, The Times They Are Not A Changing

paradoxalement les vieux assez bien portants pour se passer de l'hôpital ou échapper à l'Ehpad sont ceux qui ont pu le mieux s'adapter au confinement, car il n'a pas changé grand chose à leur vie, et je suis loin d'être le seul dans ce cas

Brigitte Fontaine a écrit:Mais puisque je vous dis que ce confinement ne change rien à ma vie. Je suis comme une odalisque tordue, une odalisque infirme presque. Je suis tordue comme un ver sur le lit. Donc ces derniers mois j’étais confinée tout le temps chez moi, sauf quand il fallait aller travailler, c’est à dire donner des concerts à travers la France ou à Paname. Bon, maintenant qu’il n’y a plus de salles de spectacles, je reste à la maison.

"Désormais, nous sommes des fruits confits", France Culture, 22 avril

le monde m'emmerde et j'emmerde le monde justement parce qu'il n'y a pas à attendre de le changer pour ça, et pas assez de luttes ou pas les bonnes pour le faire. On n'a qu'une vie et de ce point de vue, je suis comme un certain théoricien de la communisation : le communisme je m'en fous

le pire serait justement que ce coronavirus et son connard de management politique m'empêche de vivre "comme avant" si "le monde d'après" doit tant lui ressembler en pire. C'est bien assez de consacrer la moitié de mes jours et nuits à rendre compte de ce que je vois qu'il se passe, mais trop pour entraver mon désir et mon projet musical. Somme toute, le jour où j'en serais vraiment dépossédé, autrement dit sans réserves spirituelles, je n'aurais plus qu'une solution en non-prolétaire : faire la révolution, ou quelque chose comme ça, qui ne passera pas à la radio



Brigitte Fontaine | Areski Belkacem avec Art Ensemble Of Chicago
Comme À La Radio [Full Album], 1969
le seul genre de groupe que je puisse supporter
Se joignent aux musiciens de l'Art Ensemble le violoncelliste Jean-Charles Capon et le contrebassiste Jean-François Jenny-Clark, tous deux aux avant-postes du jazz français, ainsi que deux musiciens tunisiens, Kakino De Paz [qanûn, sorte de cithare) et Albert Guez (luth).

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Message par Florage le Dim 3 Mai - 7:17

3 mai
ET L'HOMME CONTA MINET

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voici, parmi dizaines, quelques photos illustrant l'information Un chat contaminé par le coronavirus, une première en France, vous savez, ces "images d'illustration" qu'utilisent les médias à défaut de photos précises du sujet

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Le Télégramme, Huffington Post, Zinfos 974
La Dépêche, Yahoo News, Midi Libre

pas de jaloux, ils l'ont tous fait : Nice Matin, Europe 1, La Voix du Nord, Le Parisien, BFMTV, etc. avec des chats, ou de chattes, en apparence bien portants, mais peu importe : un chat sain peut en cacher un autre, malade

imaginez que dans la presse féline on illustre d'humains bien portants des articles sur la pandémie, quel scandale au pays des droits de l'homme !

mais une chose est sûre, les chats ne viendront pas se plaindre, ou si c'était le cas, qui les entendraient ?


L'INVENTION DE LA RIME MUETTE
(Histoire secrète de la poésie)

Un faune étique et muet promenait son chat dans les gorges profondes de l'Abîme, quand tomber nous le vîmes. Le chat. Quelqu'un de haut jura : « Ah brutes que ces gorges ! » Le faune acquiesça d'un silence. L'écho nous le bas en perdîmes en haut de l'insondable gouffre, alors que le chat retombait sur nos pieds. Vous le comprîtes, nous en restâmes coïtes. C'est alors, encore une fois, que de haut le faune opina.

Donnons ma langue au chat : « C'est dans les gorges de l'Abîme que mon faune haut maître, à l'âme sublime, et moi chat retombé sur vos pieds, découvrîmes la rime muette »

Patlotch, 13 décembre 2011, CRISE EN VERS

2 mai
POUR UN DÉCONFINEMENT HEUREUX
MAIS SANS SORTIE

le porc du masque, moi, jamais !


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Transports-en-commun---Paris
une chose est certaine, je n'aurai pas davantage envie de sortir après qu'avant le confinement, et pendant avec une attestation. Je l'ai dit, porter un masque et rencontrer mes semblables affublés de ce machin ne m'enchante pas, et voilà que dispensé de l'attestation, on va se payer, dixit Castaner, « les réservistes, les agents de sécurité, les contrôleurs de transports en commun [qui] pourront après le 11 mai sanctionner les infractions des mesures liées à l’état d’urgence sanitaire (port du masque obligatoire dans les transports publics). »

un petit malin suggère « Les gardes pêche aussi ! Lol » et moi « les gardiens de buts, ils n'auront que ça à foot »

finalement, j'aime encore moins les gens avec masques que sans. Mon amour de l'humanité est une abstraction théorique concrète

note bien, chère lectorate que je n'ai rien contre cette mesure, et qu'il me sera facile de m'y dérober, puisque rien ne m'oblige à sortir
1er mai
Le secrétaire d’État aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, a averti que le non-respect du port du masque dans les transports publics pourrait être sanctionné d’une amende de l’ordre de 135 euros à partir du 11 mai, dans une interview au Parisien de ce vendredi 1er mai.

impensable quand j'écrivais ici, le 31 mars
LE CON COMBLE MASQUÉ
roman d'anticipation
18 juin 2020
« À l'appel du Président de la République et en application du décret qu'il a pris sans retard le 1er avril, le port du masque est obligatoire à l'extérieur des domiciles privés. Le délit de non port est passible d'une amende de 135 €... »

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Message par Florage le Lun 4 Mai - 10:24


TARTUFFE THÉORICIEN

« Nous avons bien encore par-ci par-là quelques tartufes,
mais dans le monde, le nôtre, la religion n'en fait plus,
c'est un masque qu'elle a laissé à la politique. »

Jean-Françis Bayard, Le Mari à la campagne, 1844


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Ob_dfd659_tartuffe-1
RS a écrit:dndf 02/05/2020 à 17:45 #7
Comme quelques personnes peuvent le savoir, je n’ai jamais été un adepte du “fair play” dans les échanges. Je pense même que la polémique et parfois même la mauvaise foi sont le meilleur moteur de la production théorique.

je fais partie de ces « quelques personnes », dont la liste est longue depuis que Roland Simon sévit dans le milieu, à la fin des années 60. Les premiers ciblés furent « les proches sur qui j'aime bien taper », dont son ami de cinquante ans Christian Charrier, son concurrent théoricien de la communisation Bruno Astarian, etc.

si la « mauvaise foi » est « une méthode très efficace », en la matière RS est un expert, un des meilleurs tricheurs dans le milieu théorique, comme je l'ai relevé en 2014 dans les tricheries intellectuelles de Roland Simon de Théorie Communiste, et plus récemment faisant les frais de sa tartufferie manifeste à propos de "capitalisme vert"

admettons que les eaux troubles de la polémique, entre la bonne sur le fond et la mauvaise usant de toutes ficelles et roublardises, ont l'avantage de titiller l'adversaire, le poussant à se défendre contre la malveillance, comme Christian Charrier « face à la violence de l’attaque », en 2003 (Eppur Si Muove..., p.61), ou Bruno Astarian dans Où va Théorie Communiste en 2012

dans le cas où l'on ne s'arrêterait pas à l'éthique communiste attendue entre "camarades", j'ai la naïveté de croire en "la vérité révolutionnaire" (Lénine), et donc que jouer cartes sur tables est plus efficace, naïveté dont a cru pouvoir jouer Pepe@dndf m'affublant de l'incongru « jobard »

dndf 09/04/2015 à 16:17
Patloch [sic], un vieux camarade un peu jobard, passionnant et incontournable mais qu’on ne peut pas sortir car il chie sur la table en permanence…

les temps changent, - n'est-ce pas ainsi qu'ils sont "le temps" ? -, mais RS pas beaucoup. Il est assez pathétique de le voir ici pratiquement revendiquer sa mauvaise foi comme féconde pour la théorie, mais au moins sait-on maintenant une chose : il la reconnaît. C'est déjà ça

j'y vois bien plutôt un moyen, une tactique certes pas des plus fines, pour faire l'édredon, droit dans ses bottes de non-lieu, face à tout ce qui pourrait déranger les certitudes assénées et la réputation de sérieux d'un théoricien qui a pourtant, je le reconnais, de bien meilleures facettes, et cartes dans son jeu

c'est pourquoi tenir ainsi dans la durée, des années voire des décennies, avant d'avouer ce qu'on sait être, au fond, une faiblesse, cela tient de l'exploit

PS : il est un temps où je ressassais tout ça avec amertume. Il a passé. Pêcherais-je aujourd'hui par esprit de revanche, plat qui se mange froid ? Sans doute un peu, mais c'est surtout par besoin qu'un jour enfin les choses soient dites et reconnues, en ce qui le concerne, et moi aussi. Et comme la page ne sera pas tournée avant d'avoir été lue...


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Message par Florage le Mer 6 Mai - 3:15

6 mai
UN CASSE-TÊTE CHINOIS EN VERSION FRANCO-JAPONAISE
des normes de retour au travail inapplicables

un témoignage en réponse à la question :
4 mètres carrés par salarié, sens de circulation... les règles sanitaires imposées aux entreprises sont-elles applicables ?

ma compagne, Japonaise en France depuis 1993, est assistante de direction dans l'antenne parisienne technico-commerciale de la succursale de Toray Fiber Carbon, multinationale japonaise de la chimie, dont l'usine européenne est à Abidos, pays Basque, fournissant notamment les géants de l'aéronautique. Le patron de l'usine est français, celui sous ses ordres à Paris japonais. Concernant la reprise, un désaccord est intervenu entre eux, le premier ordonnant le retour des télétravailleurs, le second s'y opposant, conformément aux prescriptions gouvernementales et de la région Île de France, et dans la logique de ses instructions anticipées à la mi-mars : tous les agents du bureau en télétravail

à ce titre, seule trilingue pour assurer le lien linguistique japonais-français avec les non-anglophones (sic), elle participe à la réorganisation et à la nouvelle ergonomie de l'Open Space parisien. Un problème est apparu : l'entreprise sous contrat pour la maintenance s'est déclarée dans l'impossibilité de réaliser les travaux conformément au Protocole national de déconfinement pour les entreprises pour assurer la santé et la sécurité des salariés. D'une part elle ne dispose pas des moyens techniques pour le faire, d'autre part les entreprises fournissant le matériel indispensable sont soit débordées soit confrontées elles-mêmes à des problèmes du même ordre. Résultat, cette entreprise a retiré ses billes

une solution se profile, faire appel à la boîte qui organisait la logistique du Salon des matériaux composites, JEC World, initialement prévu du 3 au 5 mars, et alors reporté du 12 au 14 mai, puis à l'année prochaine, du 9 au 11 mars 2021. Elle s'est opportunément reconvertie dans la mise en œuvre matérielle des nouvelles conditions de travail...

la reprise en serait suspendue jusqu'à nouvel ordre. Affaire à suivre, intéressante car significative de l'écart entre d'un côté les normes gouvernementales et les souhaits des entrepreneurs, et de l'autre les possibilités de les appliquer dans le monde réel y compris le leur, de l'économie. On l'a vu pour les transports et l'école, mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg, pour le "grand public", comme on dit des masques
5 mai
TOUCHE À TOUT
fait mentir
QUI TROP EMBRASSE MAL ÉTREINT
ma lectorate peut se demander comment je fais pour mener de front, en alternance d'un instant à l'autre, considérations théoriques, lectures, techniques guitaristiques, poésie et autres écrivures légères sur twitter (ironèmes, faut rigoler...)

j'ai toujours été comme ça, mais quand je bossais avec moins de temps et plus de mauvaise conscience quand je faisais l'un et pas l'autre, entre créer et militer, etc. Actuellement, elle porterait davantage sur la guitare, bien que je consacre plusieurs heurs aux exercices techniques que je recommande, sans quoi je ne me le permettrais pas

temps de confinement ou pas, c'est ainsi que je trouve mon équilibre, que je ne m'ennuie jamais, et que je ne fais que ce que j'ai envie, parce qu'il n'y a que ça qu'on fasse bien, comme une activité, voire un travail, mais pas une corvée

j'ai remarqué que chaque champ d'activités, loin de nuire aux autres, les enrichit, leur donne un autre éclairage qui permet de ne pas s'y enfermer, d'y être confiné

je suis, dans mon confinement au long cours, un éternel déconfiné, étranger à la mauvaise dialectique binaire qu'on nous impose, ou qu'on s'impose. La vie n'a souvent que les couleurs qu'on lui donne. C'est de l'opium de ne pas la considérer "objectivement" ? Voire, ceux qui le prétendent ne m'en ont pas convaincu

regardez ceux qui juge de la poésie selon leurs critères politiques, prétendus communistes, pour vanter les mérites d'une "poésie communiste". Mais quelle ignorance crasse de l'histoire des rapports entre art et communisme, ne serait-ce que la période stalinienne et son prolongement malgré elle dans le gauchisme esthétique de 68 et après. C'est véritablement un massacre de la pensée, et c'est ceux-là qui voudraient nous montrer la voix révolutionnaire à suivre ? Le monde a déjà donner, et bien qu'en ayant pas payé de ma vie, moi aussi

ignorance de l'histoire de l'art dans tous les domaines, ignorance que la forme y est contenu, ce qu'ont montré les philosophes Hegel, Nietzsche, Henri Lefebvre... s'appuyant sur les œuvres et le témoignage des artistes, ces "Frères voyants" selon Paul Éluard, très méconnu comme historien de l'art


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Anthologie-des-ecrits-sur-lart-de-paul-eluard-format-broche-1212500102_L

si je n'avais pas eu l'art, le jazz, la poésie, la peinture... pour me prouver ce qu'il en est dans la praxis, je serais peut-être comme eux, un éternel mutilé par lui-même, et qui ne le sait pas

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Message par Florage le Ven 8 Mai - 1:37


AVEC LE TEMPS...
propos d'un reconfiné volontaire
ou
l'art de la fugue


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Pratt-Corto-Heros-ba11a
voilà, pour moi, c'est fini. Une page est tournée, que j'ai lue. Je ne sais si je vais poursuivre, ni comment. À vrai dire j'en ai marre, de ce temps volé à ne pas créer quelque chose de plus vivant, marre de compter les morts comme les autres en tâchant de lire dans leurs cendres communes l'avenir d'un illusion

je l'affirme au risque de me tromper, la crise en tant que pandémique, dans nos contrées, est derrière nous. La véritable crise, économique et sociale, va commencer. Tout, de ce point de vue sera "comme avant, en pire", comme dit Houellebecq. De la misère en plus, de la violence en plus, de la séparation en plus. De la politique capitaliste en plus, des luttes pas plus révolutionnaires du "prolétariat en tant que tel", comme dit l'autre. 45 ans pour en arriver là, comme c'est bizarre, avec le temps, prendre acte, reconnaître ce que d'aucuns, plus lucides, écrivaient alors, et qu'on traitait en chiens crevés de la théorie communiste

RS a écrit:dndf 02/05/2020 à 17:45 #7
je conseille à RF, encore un homme jeune, de ne pas perdre sa vie à la production théorique comme moi-même, BA, Christian Charrier (encore que …)

c'est à comprendre ici, un sujet, comme c'est bizarre, hors pandémie, comme on dit hors sol (encore que...)

il y a une chose que je comprendrais, que je partagerais presque, c'est que ma lectorate puisse s'en foutre, parce qu'au fond moi aussi. C'est à me demander si c'est bien moi qui ai pondu tout ça. "Je est un autre", je suis ailleurs, j'ai toujours été ailleurs, on me l'a toujours dit ou fait savoir. Je n'ai pas même à "quitter ce monde", je lui appartenais si peu

la véritable libération, la mienne du moins, est de n'en faire qu'à sa tête, ailleurs. En abyme ici j'y retourne, donc, avec grande appétence


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE B9714081862Z.1_20171209145400_000+G28A8U077.1-0
Hugo Pratt

PS : je lis ça : "Je préfère rester chez moi" : après huit semaines de confinement, la peur de sortir, je la conçois mais ne ressens pas. Sortir avant m'ennuyait sortir pendant m'ennuyait, sortir après m'ennuiera

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Message par Florage le Mar 12 Mai - 8:12

12 mai
AVEC MON PETIT MASQUE, J'AVAIS L'AIR D'UN CON, MA MÈRE
qu'on appelait Marinette...


ça y est, IL est arrivé, gratuit, dans ma boîte à lettre, accompagnée d'une lettre signée du maire de Fontenay-sous-Bois, me proposant de « récupérer des masques supplémentaires, tenant compte de la composition de [mon foyer] (sur présentation d'un justificatif) »

ainsi, je suis comme Trump, qui refuserait de porter un masque de peur que ça le rende "ridicule". Mais c'est que, chère Lectorate, tu n'as pas vu ma tronche avec le masque municipal, déjà que je n'ai rien d'un bel hidalgo, et je crains trop de te croiser sur le trottoir de mes emplettes

reste une question : ai-je été ciblé en raison de mon âge ou parce que je suis "le chef de famille", alors que ma compagne se contente du masque en tissu qu'elle a fabriqué de ses mains pour retourner, certes en taxi payé par son patron, préparer l''Open Space' pour l'arrivée sécurisée selon les normes pénicaudes, dans quelques jours, de ses collègues de travail ?
11 mai
JOURNÉE NATIONALE DES CONS
finement ?
la France, profonde, urbaine et périphérique, va descendre, française, des balcons, pour envahir la rue, les gares et les trains, et le métro-boulot dans le train-train d'après

elle a commencé par me réveiller, avec ses pétards, de fêtards, de fait tôt, autour de minuit

comme le 1er mai commémore dans le monde la lutte des travailleurs, comme le 8 mars rappelle les droits des femmes, le 2 février fête la marmotte et le 8 le Nutella, le 20 mars le moineau, le conte et le bonheur, le 7 avril le travail invisible et mon anniversaire, le 5 mai la sage-femme et l'hygiène des mains, le 6 juin la mini-jupe et le 14 la poupée, le 14 juillet rien mais le 29 le rouge à lèvres français, le 12 août les éléphants et le 13 les gauchers, le 20 septembre la prostate et le 23 les sourds, le 13 octobre l'œuf et le 14 Colomb, le 4 novembre les parents au bureau et les toilettes le 19, le 5 décembre le bénévolat et le 21 l'orgasme *

le 11 mai, dédié dans le monde d'avant aux espèces menacées, sera, dans le monde d'après, la Journée française des cons finement. Sans exclusive seront fêtés les cons pour et les cons contre, et même les cons sans opinions

* source site des Journées Mondiales

PS : je ne suis pas prêt d'accorder à la bêtise et à la méchanceté moins de place qu'elles n'en ont dans l'histoire de l'humanité, et la séquence française confinement-déconfinement augure mal de la suite, toutes classes sociales confondues

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 51VBug3z3wL._SX354_BO1,204,203,200_


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Message par Florage le Mer 13 Mai - 21:10


ET BASTA !
pourquoi je n'est-il pas un autre ?


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE AdoDessinServiette
Patlotch, autoportrait sur une serviette en papier, 1981
il y a des jours où je préférerais n'avoir de capacité que dans quelques domaines limités : la musique, la cuisine, et l'amour. Le moins de mots possibles,  seulement des choses, de la vie

aucun mot dans la théorie communiste. De la vie contre tout ce qui m'y fait perdre mon temps, et pire, avec des gens qui n'en valent pas la peine, imbus d'eux-mêmes au point d'être comme fiers d'avoir cinquante ans de retard pour prendre en compte des problèmes que l'humanité posait déjà à l'humanité quand ils se considéraient eux, déjà, comme ses lumières

quel surmoi "communiste" me pousse à le faire ? Je ne veux y voir que l'écran dressé par un autre pour m'interdire de me consacrer entièrement à l'art. Pourquoi ? parce que c'est le plus difficile, le plus exigeant, et le plus élevé de l'activité humaine. Je hais cet autre

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Message par Florage le Lun 18 Mai - 18:06


16 mai, mis à jour 19 mai

relève de l'extime notre intime au monde,
à ce qu'il nous fait, ce qu'on en fait,
à ce qu'on en dit, ou pas
je le sors de ma bulle en but lent
et je m'en vais clopin-clopant
entre ajouts, modifications, corrections des coquilles, ce texte trouvera peu à peu sa forme définitive, sans attendre la fin. Il sera évoqué dans les futurs épisodes de RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et CONJONCTURE PANDÉMIQUE :
XXXVII. MONTÉE ET ADAPTATIONS DES IDÉOLOGIES, RELIGIONS ET SECTES DANS LA CRISE
XXXVIII. MODIFICATIONS DANS LES RAPPORTS À LA NATURE

en effet, à partir de ce qui suit, la Théorie de la communisation, désormais considérée comme idéologie à part entière, fondée sur une foi communiste notoirement portée par le groupe-secte Théorie Communiste, doit aussi s'adapter à la situation créée. François Danel, auteur de Conjoncture épidémique, crise écologique, crise économique et communisation, propose donc à TC d'y intégrer les rapports à la nature, mais sur la base de son seul corpus : il va falloir attendre...

FD a écrit:Patlotch, je suis de fait enfermé dans une polémique avec toi seul, qui ne m’intéresse pas.
[...]
Si maintenant j’interviens sur Dndf / le lieu théorique où j’interviens /en posant la question écologique, càd la question du rapport capital/nature/communisation, je la pose uniquement dans la conjoncture déterminée par cette putain de pandémie [...] La pandémie, en manifestant une fois de plus la profondeur de la crise écologique et précipitant l’éclatement d’une nouvelle crise économique, m’a seulement donné le signal : vas-y.
[...]
Je m’adresse d’abord à TC / une théorie qui tient la route / mais pas seulement : aucun des groupes qui interviennent sur Dndf n’intègre ce que je nomme la question écologique...

FD espère-t-il un TC n°27 ? J'en suggère le titre : Le vert est la couleur de Théorie Communiste

 No  

incidemment tombe cette nouvelle :
La pandémie de Covid-19, une aubaine pour les théoriciens de la fin du monde France Info, 17 mai
Témoins de Jéhovah, catholiques traditionalistes ou évangéliques, la crise actuelle validerait, selon eux, une théorie millénariste. Certains prédicateurs en ont fait un argument de séduction.
j'y reviendrai dans le sujet ad'hoc. Voir en présentation le rapport entre sectes révolutionnaires et Témoins de Jéhovah

DÉCONFINEMENT RADICAL
autocritique


déterrons enterrons
LA HACHE DE NAGUÈRE
ce n'était pas ma guerre
- présentation
- motivations
- De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire, Alain Bihr, 1997, et commentaires
- témoignage personnel, vécu de l'intérieur, vu, lu ou perçu de l'extérieur
- épilogue
- après la sortie
vue intérieure et extérieure sur la micro-secte TC
Théorie Communiste et ses environs
témoignage personnel

« 12. Contrairement à François [Danel], Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur,
ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique... »

Christian Charrier, La Matérielle, Lettre ouverte à Théorie Communiste, octobre 2005


approfondir ce qui se passe
laisser pisser ce qui ne se passe pas
mais remplace le réel pour le sectarisme révolutionnaire
analyse par Alain Bihr en 1997

plus intéressant sur le plan théorique, voir THÉORISATION COMMUNISTE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS et, en conséquence, un sujet pour tourner la page :
LES RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et LA CONJONCTURE PANDÉMIQUE


présentation
Patlotch a écrit:à toutes fins utiles préventives, pour qui serait tenté de mettre les pieds dans une secte de théorie révolutionnaire, ou qui, convaincu de s'être fait enfumer pendant des années, voudrait sortir de son addiction

ce qui suit est un contribution bien informée à l'histoire d'un naufrage intellectuel, vérifiant que la théorie prolétarienne de la révolution-communisation selon Théorie Communiste, passées quelques illusions créées par sa sortie d'une réserve de 20 ans après sa création en 1978, avec les revues Meeting et Sic au début du siècle, n'aura cessé depuis de perdre en crédibilité donc en audience et influence dans le petit milieu même où elle inspirait les falsifications lui permettant d'exister de façon opportuniste à travers des controverses réciproques exclusives, sur le théoricisme vs l'activisme immédiatiste, le genre, la race, et maintenant l'écologie...

c'est aussi le dépassement autoproduit par la malhonnêteté intellectuelle du leader d'un groupuscule sectaire dont la barque idéologique prenait eau de toutes parts, et qui n'a plus aujourd'hui pour la colmater que ses tripatouillages rhétoriciens, avec en prime l'aveu et la revendication de sa mauvaise foi

faire référence à "TC" fut une fierté, c'est devenu une tare

au-delà du style polémique et ci et là de l'ironie du récit, très résumé car tant d'autres événements et détails croustillants l'attesteraient, dont des rapports hommes-femmes aux antipodes de ceux qu'on attendraient, au-delà donc de l'expérience affligeante et traumatisante que j'ai vécue, je m'attache à comprendre le pourquoi de comportements des individus en relation avec le contenu de l'idéologie qu'ils portent, les raisons profondes dans l'intérêt psychologique qu'ils y trouvent, car c'est seulement une fois déconstruit ce lien que l'on peut se défaire d'une attraction par celui-ci en se disant que ceux-là peuvent s'améliorer. Je l'ai longtemps espéré, mais j'ai fini par saisir que l'un n'allait pas sans l'autre, et qu'ils ne changeront pas, ou sauf individuellement, en claquant la porte

le terme de "secte" n'est pas qu'une métaphore des sectes religieuses, et plus fort que le qualificatif "sectaire" attribué à des personnes faisant preuve d'intolérance et d'étroitesse d'esprit. Il pointe des comportements individuels et collectifs, effectifs et caractéristiques, "archétypiques" comme l'écrit Alain Bihr, des membres d'une secte. Il n'y a pas chez RS un Docteur Jekyll théoricien, et un Mister Hyde leader du groupe TC, mais le tout d'une personnalité brillante à l'écrit et charismatique dans ses relations personnelles, qui répond au profil psychologique des gourous

la nuance est d'importance, car il ne s'agit pas d'une simple « dérive sectaire » au sens de celle des partis et militants, mais d'une nature sectaire au sens de la secte, que l'on trouve déjà dans les premiers textes de RS à la fin des années 60 [citer]. Nuance que n'a pas notée Bruno Astarian en 2012, dans « Où va Théorie Communiste ? » : « TC a donc pris un tournant nettement politique, voire sectaire (« franchir le pas » du « paradigme técéiste » est devenu un impératif.) »

la parenté avec les sectes religieuses tient au fait que la Théorie de la communisation, ne trouvant pas de base dans la réalité sociale pour fonder sa thèse principale d'une révolution prolétarienne, ses partisans n'appuient plus ce point que sur une foi communiste qui n'a plus rien de matérialiste, , besoin de croire comblant le manque par ce qui se présente comme "théorie", un nouvel opium du peu

Les Témoins de Jéhovah constituent un groupement volontaire de croyants. Le sociologue Régis Dericquebourg souligne dans son étude sur la période de 1973 à 1979 que les Témoins de Jéhovah considèrent le monde comme intrinsèquement mauvais et impossible à améliorer, ce qui les classe dans la catégorie des « sectes révolutionnaires » de la typologie de Bryan Wilson. Ils s’affirment les uniques détenteurs de la vérité et vouent à toute autre organisation que la leur à une destruction prochaine. En enlevant à ce mot toute nuance péjorative, ils correspondent à la définition sociologique de la secte et n’aspirent d’aucune manière à devenir une Église.
sources : Les Témoins de Jehovah. Un siècle d'histoire, Bernard Blandre, 1987 et Bryan Wilson, Religious Sects : a Sociological Study, 1959-1970

en ce sens, les groupuscules sectaire d'ultragauche ont bien une filiation et des rapports avec les sectes révolutionnaires de la première moitié du XIXe siècle, au nombre desquelles
la Ligue des Justes, directement issue d'une société secrète à la hiérarchie très stricte dirigée par Jacob Venedey, la Ligue des bannis (sic), composée essentiellement d'intellectuels issus de la petite bourgeoisie, son bureau central fut installé à Londres en 1839 et il faut attendre 1847 pour qu'elle soit rebaptisée Ligue des communistes sous l'impulsion de Marx et Engels, qui écriront pour elle le Manifeste du Parti Communiste en 1847. Dans une lettre du 23-24 novembre 1847, Engels suggère à Marx d'abandonner la forme catéchistique et propose le terme de manifeste.

la plus grosse différence fondant la foi des sectes révolutionnaires du début du XXIe siècle et de celle de Théorie Communiste ne réside donc pas dans la nature religieuse ou non, mais dans le rapport à une base sociale existante pour les premières, inexistante pour TC, qui ne peut théoriser la sortie du capitalisme que de façon abstraite, conceptuelle, idéaliste.

toute secte est singulière, avec ses spécificités. Caractériser Théorie Communiste comme secte, en dépit de son nombre, 5 à 10 membres et 2 ou 3 dizaines d'adeptes, et du fait qu'il ne cherche pas son expansion, comme un parti devenant une Église - on pourrait parler de groupe théorique micro-secte - tient à ses caractéristiques archétypiques, comportements individuels et collectifs liés à l'idéologie de son corpus théorique

ayant lu ces lignes, personne ne percevra plus comme avant Théorie Communiste et Roland Simon dit RS

motivations
il est des prises de conscience tardives qu'on a commis des erreurs de parcours, comme ce coureur cycliste de mon rêve qui, seul et se croyant échappé, perdait l'itinéraire officiel et finissait, le retrouvant, par l'emprunter à l'envers pour retrouver le peloton, dans une compétition qu'il n'avait pas même envie de remporter (voir LE TOUR DE FRANCE DE PATLOTCH, en solitaire ?)

une autre vérité qui fâche, c'est qu'on a toujours à voir avec ce qu'on critique, et dès lors aucune raison de prétendre que ça pourrait aussi bien ne pas exister, que ça ne changerait rien au cours des choses. D'où la pertinente question de Pepe@dndf : « C’est quoi qui t’oblige à revenir tous les deux mois ? », à quoi une réponse s'imposait : « ma connerie. » Encore faut-il que les raisons de ne pas y retourner ne soient pas une simple tactique du gendarme de la pensée, ignorer ce qui aurait de l'importance pour ne pas lui en reconnaître

à cette stratégie de l'édredon, ou politique de l'autruche, fondée sur l'art de l'esquive, le milieu communisateur recourt depuis décennies, aboutissant à une théorie qui peut sélectionner ce dont elle parle comme si n'existait que ça. Ce qui n'empêcha pas RS, chef du groupe Théorie Communiste, de piller sans le dire le sociologue communiste libertaire Alain Bihr, La reproduction du capital-Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, 2002, ou Pepe@dndf de reconnaître l'intérêt de son dernier livre, Le Premier Âge du capitalisme (1415-1763), 2018-2019, le même Alain Bihr qui aboutissait en 1997 à la même conclusion que moi : « ces groupes présentent quelques-uns des traits archétypiques de la secte politique » (Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire »). Je ne parle pas là du négationnisme d'ultragauche, dont TC fut préservé et fin critique en 1996 dans Ultragauche et négationnisme, mais de « la propension à réduire l’essentielle complexité du réel à quelques schémas simplistes, puis à nier le réel lui-même dès lors qu’il s’avère résister à cette réduction », ou, paragraphe De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire ci-dessous

De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire, Alain Bihr, 1997. J'insère mes commentaires pour donner de la chair, préciser et actualiser cette analyse générale un peu datée
Alain Bihr a écrit:Héritiers de courants ultra-minoritaires du mouvement ouvrier, les différents groupes qui la composent se caractérisent traditionnellement par un fonctionnement politique sectaire. De la secte politique, ces groupes présentent en effet quelques uns des traits archétypiques.

À commencer par leur commune conviction d’être les détenteurs exclusifs d’une « vérité révolutionnaire »* qu’ils ont pour mission de faire entendre et de propager contre le mensonge généralisé dans lequel vivrait le monde ambiant, vérité qu’il faut à la fois faire partager à tout le monde et défendre contre tout le monde [j'apporte plus bas des nuances et distinctions à cette généralisation, sur le thème de la schizophrénie]. Cela conduit inévitablement au dogmatisme le plus étroit : à la rigidité doctrinale, au fétichisme des textes**, à la confiance aveugle en ceux qui sont censés en être les dépositaires et les interprètes autorisés, à une obsession de la « pureté doctrinale » en définitive. Nous avons vu comment cette rigidité a pu conduire certains groupes de l’ultra-gauche à nier la réalité dans son essentielle complexité plutôt que de modifier leur « grille de lecture », dès lors que celle-ci s’avérait évidemment insuffisante.


* ce qui fait tout le sel du nom du groupe et de la revue, "Théorie Communiste", comme étant LA théorie communiste, et d'y écrire de façon impersonnelle comme si elle tombait du ciel de la vérité pure, en affirmant que « Les auteur(e)s ne sont que les accidents de la pensée », aphorisme tout de fausse modestie mégalomaniaque, et superbe d'idéalisme philosophique - tout un programme pour « la théorie adéquate à la période »... Ainsi, Daredevil pouvait-il écrire en 2007 dans À propos de TC : « Dans cette contradiction, toute production théorique est TC, mais TC doit séparer le vrai du faux tout en considérant le faux comme partie intégrante de sa théorie. Ainsi Dauvé, La Matérielle, Aufheben, l’autre courant de Meeting, cette critique même, etc. [et la mienne, Patlotch, depuis 15 ans] sont pour TC du TC. TC se retrouve comme l’Idée Absolue qui est la totalité et son aliénation pour se retrouver. Pour TC cette critique même sera du TC en mouvement. Mais, n’est-ce pas cela la théorie adéquate (naturelle) à la période ? [...] On peut critiquer la théorie « técéiste », peut-on en faire une autre ? Je n'ai pas de réponse. » Moi depuis un certain temps, j'en ai une...

** les "textes" jouent un grand rôle, voire remplacent les débats entre eux, au demeurant fort rares comme on le peut le vérifier dans les commentaires de blogs et sur les listes internes (quand j'y étais inscrit, liste Sic et même la liste interne à TC). Ils sont diffusés, traduits par et dans le réseau des micro-bandes qui constituent le "milieu radical", sans besoin d'être commentés (exemple récent de Carbure.blog : Le vert est la couleur du dollar, mes commentaires signés ironiquement 'Anonyme'). Ils seront publiés en brochures ou en livres, base du réseau commercial où "les camarades" sont à la fois fournisseurs, distributeurs et clients les uns des autres, en quasi autarcie, puisque cette littérature révolutionnaire n'est pratiquement lue que par eux. C'est pourquoi il leur faut rester en bons termes même avec des groupes assez éloignés idéologiquement, notamment les réseaux anarchistes et leurs Salons de livres (voir dernièrement “La Sociale” au salon du livre anarchiste virtuel de Montréal: dndf héberge leur page de présentation")

cerise sur le gâteau, sont considérés et nommés "camarades" ceux du groupe et sympathisants, mais aussi les concurrents sur le marché des idées révolutionnaires, ainsi que les librairies ou maisons d'éditions de leurs publications : Entremonde/Senonevero, Éditions de l'Asymétrie, Libertalia... Ainsi observe-t-on, ironie du sort et paradoxalement pour des groupes qui refusent d'être une avant-garde guidant les luttes, non une solidarité de classe entre prolétaires, puisqu'il n'y en a plus dans ce milieu majoritairement de classes moyennes, mais, comme dans tout réseau d'intérêts avec ses copinages et carnets d'adresses, une solidarité opportuniste de collaboration et concurrence entre eux, substituts, en attendant la fin, d'un prolétariat mythique qui n'existe plus comme classe révolutionnaire constituée, la classe ouvrière pour soi de Marx

ce qu'ils ont en commun : le manque d'un sujet révolutionnaire. Les théoriciens l'inventent sur le papier, les activistes se prennent pour son embryon

ajoutons que l'on constate les mêmes rapports de coteries et copinages dans la sphère décoloniale, ou les différents féminismes

Cette obsession de la « pureté révolutionnaire » n’est pas moins caractéristique d’un fonctionnement sectaire, incitant à pratiquer une sorte de fuite constante en avant dans l’hyper-criticisme (pour se distinguer des forces classiques de gauche et mêmes des « gauchistes »), encore accélérée par l’idée, classique à l’ultra-gauche, que l’effondrement du capitalisme est imminent et qu’il faut le hâter en lui portant des coups fatals [cette dernière affirmation ne concerne que les activistes, pas les théoriciens persuadés que leurs thèses n'accélèrent rien]. D’où par exemple la surenchère à la radicalité révolutionnaire entre les différents groupes de l’ultra-gauche, chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur » ou reste d’« idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation. D’où aussi leur recherche délibérée de la provocation et du scandale [même remarque], de surcroît seule façon de conquérir une audience en sortant de leur marginalité.
[...]
Dès lors critiques, attaques ou poursuites pénales sont autant de preuve de la vérité inaudible et scandaleuse dont le groupe est porteur : celui-ci ne peut avoir qu’autant de fois raison que les autres, tous les autres, lui donnent tort. Ressort propre à toute pensée paranoïaque. [voir mon témoignage ci-dessous, TC a joué au sein du milieu théorique radical de cette singularité. Cf les premières lignes, autocentrée, de Franchir le pas, TC23, 2010]

Qu’est-ce qui fait que Théorie Communiste apparaisse comme un paradigme suscitant méfiance et réticence vis-à-vis d’un milieu pourtant riche en divergences et affrontements ? TC apparaît comme extérieur à un en-commun à l’intérieur duquel se déroulent divergences et affrontements finalement convenus.
[...]
Ne se plaçant pas même dans [la] perspective [de prendre le pouvoir], n’étant pas davantage contraint à composer avec la réalité (ne serait-ce que sous la forme de l’opinion publique), la secte révolutionnaire peut laisser libre cours à son délire verbal. Elle compense ainsi en somme son impuissance politique réelle par un hyper-criticisme. Au pouvoir réel, qui est inaccessible, elle substitue le pouvoir fantasmatique des mots, seul capable en définitive de dissoudre magiquement la réalité.

témoignage personnel, vécu de l'intérieur, vu, lu ou perçu de l'extérieur
Patlotch a écrit:* en fait, il faudrait distinguer selon leur dose de schizophrénie, entre ceux ayant, en dehors de leurs liens et activités internes, une activité prosélyte, militante, pour faire adhérer à leurs idées ou leur groupe, et d'autres au contraire forts discrets dans leurs relations extérieures, sociales, d'autant qu'ils peuvent se sentir menacés d'interdiction (la police tremble...). C'est aussi la raison de l'usage d'initiales sur le blog @dndf, ou du pseudo anonyme "Anonyme", un comble ! Témoignage : un certain membre de Théorie Communiste cache soigneusement à l'extérieur son appartenance à ce groupe. Attablé avec un ami dans un café, il retourne la couverture de la revue TC dont il lui vente le contenu : « TC n°26, une fusée ! ». Mais il est vrai, dit sans ironie, que TC ne veut pas "faire des adeptes" et que ses membres sont tout sauf des prosélytes, bien que leur chef ne soit de fait entouré et apprécié que des adeptes qu'il a "formés". La plupart ferment leurs comptes twitter et facebook à qui les critique, s'épargnant ainsi de leur répondre. Comme au PCF d'antan, pour avoir droit à leur bon accueil, mieux vaut être un "bon sympathisant proche de nous" qu'un dissident avec sa carte : « T'es dans quel camp, toi ?! » Cf les ronds-de-jambe entre Pepe@dndf et FD

j'ai connu dans le monde du travail pareille discrétion chez une collègue Témoin de Jéhovah, au demeurant presque "normale" (exceptions : ne pas lui souhaiter son anniversaire ni lui offrir de cadeaux à Noël, pas de prise de sang bien que pensant être atteinte du Sida, mais aussi refus de la cérémonie au drapeau dans l'équipe du général où elle travaillait, quasi anarchiste dans ce domaine...) et même, outre brillante et efficace, agréable dans ses relations professionnelles et amicales, au point qu'il était difficile de lui supposer une appartenance sectaire. Parfois - ce n'était pas son cas -, cette "gentillesse" fait partie du militantisme et du prosélytisme, comme dans tous les partis et « groupuscules-racket » analysés par Jacques Camatte dans les 70' *

* « rejet de tous les rackets - la théorie du prolétariat est une représentation inadéquate... le piège du groupe racket dans lequel nous pouvions tomber. » Invariance série II, 1973-1975

dans le cas de TC, cette discrétion est comme une reconnaissance de leur totale impuissance pratique, qu'ils s'expliquent non seulement par la distance astronomique entre leurs thèses et la possibilité de les comprendre aujourd'hui, mais surtout en enrobant celle-ci dans la conviction que "la théorie n'est pas un guide pour l'action". Facteur aussi de fierté, le sentiment d'un privilège d'appartenir à une élite, que révèlent chez certains la suffisance et la fatuité intellectuelles, surtout quand elles couvrent les réelles insuffisances de ceux qui ne font qu'ânonner les thèses de leur gourou, se contentant de le citer comme les croyants la bible, les sutras ou le Coran

mais schizophrénie qui explose quand, dans ce milieu, un leader théorique de la communisation respecté, haut-fonctionnaire grec, devient en même temps sous-ministre dans le gouvernement Tsipras/Syrisa, la communisation et la cravate...

rien de pire qu'une théorie autoréférentielle et jugeant toutes les autres en bloc comme idéologies, en interprétant les mots des autres avec le sens qu'ils ont pour elle, ficelle typique de Théorie Communiste, d'où ses déformations de la pensée des autres, et ses procès chargés de « malveillance » contre les plus proches, comme Bruno Astarian (Hic Salta) en le « pestiférant » par « un florilège de contre-vérités, de déformations et d’ironie mal placée qui montrent surtout la brutalité et la mauvaise foi de l’attaque... réquisitoire où les accusations sont trop souvent fantaisistes...» (Où va Théorie Communiste?, 2012). Qu'importe, droit dans ses bottes de non-lieu, RS peut aujourd'hui affirmer, ici : « Je pense même que la polémique et parfois même la mauvaise foi sont le meilleur moteur de la production théorique », et l'on vérifie qu'elle est chez lui élevée au rang d'un art. Mais il n'empêchera aucun sérieux chercheur, penseur, théoricien, philosophe, artiste, poète... d'être convaincu que seule la quête honnête de la vérité conduit... à la vérité

mon alerte en 2014, dans TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée, et les tricheries intellectuelles de Roland Simon de Théorie Communiste n'a manifestement pas servi de leçon à Roland Simon et sa bande, ni que le "jobard"* se rebiffe. Qu'ils l'emportent donc, en toute impunité, pas vus pas pris, au paradis artificiel de leur drogue théorique

autre expérience du sectarisme révolutionnaire d'ultragauche, exemple de l'« inclination à suspecter et à dénoncer » dont parle Alain Bihr : en 2006, participant aux réunions de Meeting, revue internationale pour la communisation, je fus comme convoqué à une réunion informelle d'activistes communisateurs parisiens, sans membres de TC, dans un café de Ménilmontant, à une sorte de procès stalinien du XXIe siècle, et sommé de faire preuve de mon opposition à "l'ennemi démocratisme radical", tout ça parce que j'avais confié à l'un deux préférer ne pas voir le Front national arriver au pouvoir : j'étais suspecté d'"antifascisme" !

c'était d'un temps ou d'autres voyaient plus clair que moi. Exemple : Meeting ou l’abstraction communisatrice, Calvaire, 15 juin 2005, certes "immédiatiste" et proposant de remplacer le théoricisme par l'activisme : organisons-nous pour la communisation de la vie

Au nom sacré d’un prolétariat unifié qui s’abolira, ils incantent la venue de la communisation (comme d’autres le messie ou Godot). Refusant la pertinence pour la communisation de la vie, des luttes et de l’organisation concrètes aujourd’hui, ils théorisent le nouveau grand soir. Ils se non-vivent dans un no man’s land tout entièrement théoriciste (théorie sur la théorie sur la théorie...). Ils refusent l’échange avec celles et ceux qui ne peuvent pas se contenter de proclamations théoricistes et qui s’organisent. Meeting se vit comme une chapelle pour les incantations técéistes et matériellistes, une abstraction communisatrice !

en réalité ils n'ont pas "refusé" cet "échange", ils l'ont instrumentalisé pour se faire diffuser dans le milieu qu'en même temps il critiquaient tout en lui fournissant la théorie adéquate à sa pratique. Cet opportunisme réciproque était la base contradictoire sur laquelle reposait Meeting, le dévoiler ne faisait déjà de moi qu'un faire-valoir pissant dans un violon, un idiot utile. Telle fut aussi plus tard la fonction ambiguë de l'affirmation : « C'est au présent que nous parlons de communisation », qui ne pouvait que donner lieu à l'interprétation immédiatiste qu'on a constatée dans les squats autonomes et les ZAD, mêlée à l'idéologie du Comité Invisible, à l'Appel du groupe Coupat auteur de L'insurrection qui vient, et relayé aujourd'hui par lundimatin, les blogs Paris-Luttes.Info et équivalents des grandes villes. RS connaît le poids des mots, il est un manipulateur hors-pair au charisme de gourou de secte

un rien guépéiste aussi, le petit père RS sur son piédestal, « chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur » ou reste d’«idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation », comme l'écrit Alain Bihr. Je le surpris, un jour du Summermeeting-communisation de 2007 en Haute-Provence, à écouter une conversation au téléphone avec ma compagne, derrière la porte entrouverte du dortoir voisin, son reflet dans la vitre de la fenêtre. N'étais-je pas moi-même un policier infiltré, un agent double ? De fait, j'étais plutôt, ayant été jadis au PCF, un ex-"stalinien", et soupçonné de démocratisme radical comme vu plus haut dans l'épisode parisien

dans le même registre et pour compléter mes souvenirs, j'ajoute qu'il n'y a que dans ce groupusculaire so called milieu radical de la post-ultragauche (post, après qu'elle ait été réellement ouvrière), que j'ai été traité, en vrac, de tout et son contraire : fasciste confusionniste d'extrême droite, trotskiste, anticommuniste, troll flic déchet communisateur, ayatollah de la Communisation et à l'inverse par Pepe@dndf de Vichinsky de la communisation, jobard*..., antisémite, raciste, racialiste, troll transphobe pro islam politique, sexiste, nationaliste, par RS/TC de "au comble du narcissisme se prenant pour le centre du monde", "préfère la Collection Arlequin à la Série Noire" (selon le Le sexe sans excès, je serais romantique-fleur bleue) et "chamane qui transmet de confuses paroles" (soupçonné d'écologisme)..., les auteurs (que des mecs et blancs) étant pour certains accueillis comme "camarades" chez Pepe@dndf, membre de Théorie Communiste

* "jobard : trop naïf, d'une grande crédulité, facilement dupé". Encore faut-il qu'il y ait volonté de "jobarder" (duper, tromper), un art dans lequel excelle Pepe@dndf, roué tacticien mais stratège à balle dans le pied

ça glisse mais qu'on ne s'y trompe pas, l'ultime injure théorique est pour TC et ses adeptes "humaniste-théorique" dont me taxe FD, François Danel, qui entend, idée saugrenue, faire intégrer à leur corpus structuraliste prolétarien la dimension écologique dont il n'ont jamais parlé en 40 ans, comme quoi la crise pandémique pousse les idéologues à s'adapter, j'y reviendrai dans LES RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et LA PANDÉMIE COVID-19. J'avais pronostiqué avant la sortie de TC26 un n°27 sur la question de l'écologie. Si FD obtient satisfaction je suggère comme titre : Le vert est la couleur de Théorie Communiste

épilogue
rassurons donc Pepe, il n'aura pas à « sortir les ciseaux pour la dixième fois » contre « le vieux papa ronchon qui chie sur la table »,  et maintenons que secte ne relève non de « l'insulte », mais d'une qualification objective, et que m'y être laisser prendre constitue le fond de "ma connerie", car on ne discute pas avec une secte, on s'en protège et on la fuit

j'aurais pu ajouter que "ma connerie" relève d'une longue addiction, puisque ce que je dis là, je le disais déjà il y a dix ans et plus, ayant connu leur fonctionnement interne, comme l'a souligné Christian Charrier dans Lettre ouverte à Théorie Communiste, octobre 2005 : « 12. Contrairement à François Danel, aujourd'hui de retour, cf FD chez dndf], Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur, ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique... »

il y a quelques jours, j'écrivais à l'ami Adé : « il faudrait absolument que je ne mette plus les pieds chez dndf, je ne leur fais que de la pub, là-bas le cul entre trois chaises », qui me répondait : « tu as raison (j'aurais dû te le dire), c'est aussi ce que je pense ». Les critiquer chez eux ne leur sert que de faire-valoir, et quitte à le faire, il fallait le faire jusqu'au bout, loin d'eux, et de telle sorte que, contrairement à Daredevil disant de ses remarques : « cette critique même sera du TC en mouvement », ma critique ne soit pas intégrable

on peut s'expliquer que jamais mes textes critiques de tout ce milieu n'aient été relayés par eux, l'ostracisme, la déformation, le dénigrement et la censure de fait dont mes idées furent et sont encore l'objet, dévoilant par trop son fonctionnement et ses manigances. C'est pourquoi il n'est pas surprenant que ce forum soit aussi lu, par des personnes qui n'en sont pas, y compris des textes théoriques relativement difficiles (bientôt 30.000 vues pour la rubrique LE MONDE AU TEMPS DU CORONAVIRUS qui n'a que deux mois, dont plus de 9.000 et près de 400 par messages pour THÉORISATION COMMUNISTE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS). Ceci dit pour couper court par avance à l'idée que je serais comme eux paranoïaque, ou d'y voir un règlement de comptes entre egos. Je ne suis moi en concurrence avec personne car je n'ai aucune idée à vendre, les miennes étant proposées pour penser par soi-même. Il en est qui préfèrent ça


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après la sortie
il y a dans le texte de Camatte, Instauration du risque d'extinction, de multiples observations sur ce qui se produit sous nos yeux qui peuvent servir de base à cet approfondissement, et nombre de matériaux, dans les reportages et témoignages, pour le faire sans « mariner » (FD) dans les gros concepts descendant du ciel de leurs idées sur la terre du réel, dont raffolent les théoriciens de la communisation, méthode qui « substitue le pouvoir fantasmatique des mots, seul capable en définitive de dissoudre magiquement la réalité. » (Alain Bihr plus haut)


en somme, une fois reconnue l'addiction, l'emprise volontaire, le fait d'avoir été malade de soi-même, les causes et les dommages tant pour soi que pour son travail, il n'y a plus de raison d'y céder, et par l'auto-analyse « la guérison vient de surcroît », comme disait Lacan reprenant le « bénéfice annexe de la cure analytique » selon Freud. C'est un processus assez semblable à l'inversion de Jacques Camatte*, qui écrit en exergue de son site Invariance : « Je n'ai pas d'ennemis : l'enfermement s'abolit. » Voilà le déconfinement radical
Camatte a écrit:* Inversion : Désigne la mise en place d’un devenir contraire à celui effectué jusqu'à nos jours, comportant en particulier : sortie de la nature, répression, refus, abstraïsation, émeutes (soulèvements, révolutions) mais aussi guerres et paix. Elle n'est pas un détournement de ce qui fut détourné et n'est pas un retour au moment où ceci s'est imposé. Non, car c'est à partir du potentiel Gemeinwesen en nous ici et maintenant et en la communauté de ceux et celles qui convergent et participent, que cela s'effectuera. Il ne s’agit donc pas de retourner à une phase antérieure, à un comportement ancestral, mais d’accéder à quelque chose en germe en nous, en l’espèce : la naturalité profonde qui a toujours été réprimée, en grande partie occultée, ainsi que la continuité avec tous les êtres vivants, avec le cosmos.
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Message par Florage le Mar 19 Mai - 7:28


16 mai, mis à jour 19 mai

relève de l'extime notre intime au monde,
à ce qu'il nous fait, ce qu'on en fait,
à ce qu'on en dit, ou pas
je le sors de ma bulle en but lent
et je m'en vais clopin-clopant
entre ajouts, modifications, corrections des coquilles, ce texte trouvera peu à peu sa forme définitive, sans attendre la fin. Il sera évoqué dans les futurs épisodes de RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et CONJONCTURE PANDÉMIQUE :
XXXVII. MONTÉE ET ADAPTATIONS DES IDÉOLOGIES, RELIGIONS ET SECTES DANS LA CRISE
XXXVIII. MODIFICATIONS DANS LES RAPPORTS À LA NATURE

en effet, à partir de ce qui suit, la Théorie de la communisation, désormais considérée comme idéologie à part entière, fondée sur une foi communiste notoirement portée par le groupe-secte Théorie Communiste, doit aussi s'adapter à la situation créée. François Danel, auteur de Conjoncture épidémique, crise écologique, crise économique et communisation, propose donc à TC d'y intégrer les rapports à la nature, mais sur la base de son seul corpus : il va falloir attendre...

FD a écrit:Patlotch, je suis de fait enfermé dans une polémique avec toi seul, qui ne m’intéresse pas.
[...]
Si maintenant j’interviens sur Dndf / le lieu théorique où j’interviens /en posant la question écologique, càd la question du rapport capital/nature/communisation, je la pose uniquement dans la conjoncture déterminée par cette putain de pandémie [...] La pandémie, en manifestant une fois de plus la profondeur de la crise écologique et précipitant l’éclatement d’une nouvelle crise économique, m’a seulement donné le signal : vas-y.
[...]
Je m’adresse d’abord à TC / une théorie qui tient la route / mais pas seulement : aucun des groupes qui interviennent sur Dndf n’intègre ce que je nomme la question écologique...

FD espère-t-il un TC n°27 ? J'en suggère le titre : Le vert est la couleur de Théorie Communiste

 No  

incidemment tombe cette nouvelle :
La pandémie de Covid-19, une aubaine pour les théoriciens de la fin du monde France Info, 17 mai
Témoins de Jéhovah, catholiques traditionalistes ou évangéliques, la crise actuelle validerait, selon eux, une théorie millénariste. Certains prédicateurs en ont fait un argument de séduction.
j'y reviendrai dans le sujet ad'hoc. Voir en présentation le rapport entre sectes révolutionnaires et Témoins de Jéhovah

DÉCONFINEMENT RADICAL
autocritique


déterrons enterrons
LA HACHE DE NAGUÈRE
ce n'était pas ma guerre
- présentation
- motivations
- De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire, Alain Bihr, 1997, et commentaires
- témoignage personnel, vécu de l'intérieur, vu, lu ou perçu de l'extérieur
- épilogue
- après la sortie
vue intérieure et extérieure sur la micro-secte TC
Théorie Communiste et ses environs
témoignage personnel

« 12. Contrairement à François [Danel], Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur,
ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique... »

Christian Charrier, La Matérielle, Lettre ouverte à Théorie Communiste, octobre 2005


approfondir ce qui se passe
laisser pisser ce qui ne se passe pas
mais remplace le réel pour le sectarisme révolutionnaire
analyse par Alain Bihr en 1997

plus intéressant sur le plan théorique, voir THÉORISATION COMMUNISTE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS et, en conséquence, un sujet pour tourner la page :
LES RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et LA CONJONCTURE PANDÉMIQUE


présentation
Patlotch a écrit:à toutes fins utiles préventives, pour qui serait tenté de mettre les pieds dans une secte de théorie révolutionnaire, ou qui, convaincu de s'être fait enfumer pendant des années, voudrait sortir de son addiction

ce qui suit est un contribution bien informée à l'histoire d'un naufrage intellectuel, vérifiant que la théorie prolétarienne de la révolution-communisation selon Théorie Communiste, passées quelques illusions créées par sa sortie d'une réserve de 20 ans après sa création en 1978, avec les revues Meeting et Sic au début du siècle, n'aura cessé depuis de perdre en crédibilité donc en audience et influence dans le petit milieu même où elle inspirait les falsifications lui permettant d'exister de façon opportuniste à travers des controverses réciproques exclusives, sur le théoricisme vs l'activisme immédiatiste, le genre, la race, et maintenant l'écologie...

c'est aussi le dépassement autoproduit par la malhonnêteté intellectuelle du leader d'un groupuscule sectaire dont la barque idéologique prenait eau de toutes parts, et qui n'a plus aujourd'hui pour la colmater que ses tripatouillages rhétoriciens, avec en prime l'aveu et la revendication de sa mauvaise foi

faire référence à "TC" fut une fierté, c'est devenu une tare

au-delà du style polémique et ci et là de l'ironie du récit, très résumé car tant d'autres événements et détails croustillants l'attesteraient, dont des rapports hommes-femmes aux antipodes de ceux qu'on attendraient, au-delà donc de l'expérience affligeante et traumatisante que j'ai vécue, je m'attache à comprendre le pourquoi de comportements des individus en relation avec le contenu de l'idéologie qu'ils portent, les raisons profondes dans l'intérêt psychologique qu'ils y trouvent, car c'est seulement une fois déconstruit ce lien que l'on peut se défaire d'une attraction par celui-ci en se disant que ceux-là peuvent s'améliorer. Je l'ai longtemps espéré, mais j'ai fini par saisir que l'un n'allait pas sans l'autre, et qu'ils ne changeront pas, ou sauf individuellement, en claquant la porte

le terme de "secte" n'est pas qu'une métaphore des sectes religieuses, et plus fort que le qualificatif "sectaire" attribué à des personnes faisant preuve d'intolérance et d'étroitesse d'esprit. Il pointe des comportements individuels et collectifs, effectifs et caractéristiques, "archétypiques" comme l'écrit Alain Bihr, des membres d'une secte. Il n'y a pas chez RS un Docteur Jekyll théoricien, et un Mister Hyde leader du groupe TC, mais le tout d'une personnalité brillante à l'écrit et charismatique dans ses relations personnelles, qui répond au profil psychologique des gourous

la nuance est d'importance, car il ne s'agit pas d'une simple « dérive sectaire » au sens de celle des partis et militants, mais d'une nature sectaire au sens de la secte, que l'on trouve déjà dans les premiers textes de RS à la fin des années 60 [citer]. Nuance que n'a pas notée Bruno Astarian en 2012, dans « Où va Théorie Communiste ? » : « TC a donc pris un tournant nettement politique, voire sectaire (« franchir le pas » du « paradigme técéiste » est devenu un impératif.) »

la parenté avec les sectes religieuses tient au fait que la Théorie de la communisation, ne trouvant pas de base dans la réalité sociale pour fonder sa thèse principale d'une révolution prolétarienne, ses partisans n'appuient plus ce point que sur une foi communiste qui n'a plus rien de matérialiste, , besoin de croire comblant le manque par ce qui se présente comme "théorie", un nouvel opium du peu

Les Témoins de Jéhovah constituent un groupement volontaire de croyants. Le sociologue Régis Dericquebourg souligne dans son étude sur la période de 1973 à 1979 que les Témoins de Jéhovah considèrent le monde comme intrinsèquement mauvais et impossible à améliorer, ce qui les classe dans la catégorie des « sectes révolutionnaires » de la typologie de Bryan Wilson. Ils s’affirment les uniques détenteurs de la vérité et vouent à toute autre organisation que la leur à une destruction prochaine. En enlevant à ce mot toute nuance péjorative, ils correspondent à la définition sociologique de la secte et n’aspirent d’aucune manière à devenir une Église.
sources : Les Témoins de Jehovah. Un siècle d'histoire, Bernard Blandre, 1987 et Bryan Wilson, Religious Sects : a Sociological Study, 1959-1970

en ce sens, les groupuscules sectaire d'ultragauche ont bien une filiation et des rapports avec les sectes révolutionnaires de la première moitié du XIXe siècle, au nombre desquelles
la Ligue des Justes, directement issue d'une société secrète à la hiérarchie très stricte dirigée par Jacob Venedey, la Ligue des bannis (sic), composée essentiellement d'intellectuels issus de la petite bourgeoisie, son bureau central fut installé à Londres en 1839 et il faut attendre 1847 pour qu'elle soit rebaptisée Ligue des communistes sous l'impulsion de Marx et Engels, qui écriront pour elle le Manifeste du Parti Communiste en 1847. Dans une lettre du 23-24 novembre 1847, Engels suggère à Marx d'abandonner la forme catéchistique et propose le terme de manifeste.

la plus grosse différence fondant la foi des sectes révolutionnaires du début du XXIe siècle et de celle de Théorie Communiste ne réside donc pas dans la nature religieuse ou non, mais dans le rapport à une base sociale existante pour les premières, inexistante pour TC, qui ne peut théoriser la sortie du capitalisme que de façon abstraite, conceptuelle, idéaliste.

toute secte est singulière, avec ses spécificités. Caractériser Théorie Communiste comme secte, en dépit de son nombre, 5 à 10 membres et 2 ou 3 dizaines d'adeptes, et du fait qu'il ne cherche pas son expansion, comme un parti devenant une Église - on pourrait parler de groupe théorique micro-secte - tient à ses caractéristiques archétypiques, comportements individuels et collectifs liés à l'idéologie de son corpus théorique

ayant lu ces lignes, personne ne percevra plus comme avant Théorie Communiste et Roland Simon dit RS
et j'ai quand même envie de leur dire : - à force de prendre les autres pour des imbéciles, en attendant la fin, vous ne perdiez rien pour attendre

motivations
il est des prises de conscience tardives qu'on a commis des erreurs de parcours, comme ce coureur cycliste de mon rêve qui, seul et se croyant échappé, perdait l'itinéraire officiel et finissait, le retrouvant, par l'emprunter à l'envers pour retrouver le peloton, dans une compétition qu'il n'avait pas même envie de remporter (voir LE TOUR DE FRANCE DE PATLOTCH, en solitaire ?)

une autre vérité qui fâche, c'est qu'on a toujours à voir avec ce qu'on critique, et dès lors aucune raison de prétendre que ça pourrait aussi bien ne pas exister, que ça ne changerait rien au cours des choses. D'où la pertinente question de Pepe@dndf : « C’est quoi qui t’oblige à revenir tous les deux mois ? », à quoi une réponse s'imposait : « ma connerie. » Encore faut-il que les raisons de ne pas y retourner ne soient pas une simple tactique du gendarme de la pensée, ignorer ce qui aurait de l'importance pour ne pas lui en reconnaître

à cette stratégie de l'édredon, ou politique de l'autruche, fondée sur l'art de l'esquive, le milieu communisateur recourt depuis décennies, aboutissant à une théorie qui peut sélectionner ce dont elle parle comme si n'existait que ça. Ce qui n'empêcha pas RS, chef du groupe Théorie Communiste, de piller sans le dire le sociologue communiste libertaire Alain Bihr, La reproduction du capital-Prolégomènes à une théorie générale du capitalisme, 2002, ou Pepe@dndf de reconnaître l'intérêt de son dernier livre, Le Premier Âge du capitalisme (1415-1763), 2018-2019, le même Alain Bihr qui aboutissait en 1997 à la même conclusion que moi : « ces groupes présentent quelques-uns des traits archétypiques de la secte politique » (Les mésaventures du sectarisme révolutionnaire »). Je ne parle pas là du négationnisme d'ultragauche, dont TC fut préservé et fin critique en 1996 dans Ultragauche et négationnisme, mais de « la propension à réduire l’essentielle complexité du réel à quelques schémas simplistes, puis à nier le réel lui-même dès lors qu’il s’avère résister à cette réduction », ou, paragraphe De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire ci-dessous

De l’ultra-gauche comme sectarisme révolutionnaire, Alain Bihr, 1997. J'insère mes commentaires pour donner de la chair, préciser et actualiser cette analyse générale un peu datée
Alain Bihr a écrit:Héritiers de courants ultra-minoritaires du mouvement ouvrier, les différents groupes qui la composent se caractérisent traditionnellement par un fonctionnement politique sectaire. De la secte politique, ces groupes présentent en effet quelques uns des traits archétypiques.

À commencer par leur commune conviction d’être les détenteurs exclusifs d’une « vérité révolutionnaire »* qu’ils ont pour mission de faire entendre et de propager contre le mensonge généralisé dans lequel vivrait le monde ambiant, vérité qu’il faut à la fois faire partager à tout le monde et défendre contre tout le monde [j'apporte plus bas des nuances et distinctions à cette généralisation, sur le thème de la schizophrénie]. Cela conduit inévitablement au dogmatisme le plus étroit : à la rigidité doctrinale, au fétichisme des textes**, à la confiance aveugle en ceux qui sont censés en être les dépositaires et les interprètes autorisés, à une obsession de la « pureté doctrinale » en définitive. Nous avons vu comment cette rigidité a pu conduire certains groupes de l’ultra-gauche à nier la réalité dans son essentielle complexité plutôt que de modifier leur « grille de lecture », dès lors que celle-ci s’avérait évidemment insuffisante.


* ce qui fait tout le sel du nom du groupe et de la revue, "Théorie Communiste", comme étant LA théorie communiste, et d'y écrire de façon impersonnelle comme si elle tombait du ciel de la vérité pure, en affirmant que « Les auteur(e)s ne sont que les accidents de la pensée », aphorisme tout de fausse modestie mégalomaniaque, et superbe d'idéalisme philosophique - tout un programme pour « la théorie adéquate à la période »... Ainsi, Daredevil pouvait-il écrire en 2007 dans À propos de TC : « Dans cette contradiction, toute production théorique est TC, mais TC doit séparer le vrai du faux tout en considérant le faux comme partie intégrante de sa théorie. Ainsi Dauvé, La Matérielle, Aufheben, l’autre courant de Meeting, cette critique même, etc. [et la mienne, Patlotch, depuis 15 ans] sont pour TC du TC. TC se retrouve comme l’Idée Absolue qui est la totalité et son aliénation pour se retrouver. Pour TC cette critique même sera du TC en mouvement. Mais, n’est-ce pas cela la théorie adéquate (naturelle) à la période ? [...] On peut critiquer la théorie « técéiste », peut-on en faire une autre ? Je n'ai pas de réponse. » Moi depuis un certain temps, j'en ai une...

** les "textes" jouent un grand rôle, voire remplacent les débats entre eux, au demeurant fort rares comme on le peut le vérifier dans les commentaires de blogs et sur les listes internes (quand j'y étais inscrit, liste Sic et même la liste interne à TC). Ces "textes fétiches" sont diffusés, traduits par et dans le réseau des micro-bandes qui constituent le "milieu radical", sans besoin d'être commentés (exemple récent de Carbure.blog : Le vert est la couleur du dollar, mes commentaires signés ironiquement 'Anonyme'). Le compte Facebook Communisation Communauté (sic) n'accueille que des "textes" et leurs traductions, aucun commentaire, des "j'aime". Ils seront publiés en brochures ou en livres, base du réseau commercial où "les camarades" sont à la fois fournisseurs, distributeurs et clients les uns des autres, en quasi autarcie, puisque cette littérature révolutionnaire n'est pratiquement lue que par eux. C'est pourquoi il leur faut rester en bons termes même avec des groupes assez éloignés idéologiquement, notamment les réseaux anarchistes et leurs Salons de livres (voir dernièrement “La Sociale” au salon du livre anarchiste virtuel de Montréal: dndf héberge leur page de présentation")

cerise sur le gâteau, sont considérés et nommés "camarades" ceux du groupe et sympathisants, mais aussi les concurrents sur le marché des idées révolutionnaires, ainsi que les librairies ou maisons d'éditions de leurs publications : Entremonde/Senonevero, Éditions de l'Asymétrie, Libertalia... Ainsi observe-t-on, ironie du sort et paradoxalement pour des groupes qui refusent d'être une avant-garde guidant les luttes, non une solidarité de classe entre prolétaires, puisqu'il n'y en a plus dans ce milieu majoritairement de classes moyennes, mais, comme dans tout réseau d'intérêts avec ses copinages et carnets d'adresses, une solidarité opportuniste de collaboration et concurrence entre eux, substituts, en attendant la fin, d'un prolétariat mythique qui n'existe plus comme classe révolutionnaire constituée, la classe ouvrière pour soi de Marx

ce qu'ils ont en commun : le manque d'un sujet révolutionnaire. Les théoriciens l'inventent sur le papier, les activistes se prennent pour son embryon

ajoutons que l'on constate les mêmes rapports de coteries et copinages dans la sphère décoloniale, ou les différents féminismes

Cette obsession de la « pureté révolutionnaire » n’est pas moins caractéristique d’un fonctionnement sectaire, incitant à pratiquer une sorte de fuite constante en avant dans l’hyper-criticisme (pour se distinguer des forces classiques de gauche et mêmes des « gauchistes »), encore accélérée par l’idée, classique à l’ultra-gauche, que l’effondrement du capitalisme est imminent et qu’il faut le hâter en lui portant des coups fatals [cette dernière affirmation ne concerne que les activistes, pas les théoriciens persuadés que leurs thèses n'accélèrent rien]. D’où par exemple la surenchère à la radicalité révolutionnaire entre les différents groupes de l’ultra-gauche, chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur » ou reste d’« idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation. D’où aussi leur recherche délibérée de la provocation et du scandale [même remarque], de surcroît seule façon de conquérir une audience en sortant de leur marginalité.
[...]
Dès lors critiques, attaques ou poursuites pénales sont autant de preuve de la vérité inaudible et scandaleuse dont le groupe est porteur : celui-ci ne peut avoir qu’autant de fois raison que les autres, tous les autres, lui donnent tort. Ressort propre à toute pensée paranoïaque. [voir mon témoignage ci-dessous, TC a joué au sein du milieu théorique radical de cette singularité. Cf les premières lignes, autocentrée, de Franchir le pas, TC23, 2010]

Qu’est-ce qui fait que Théorie Communiste apparaisse comme un paradigme suscitant méfiance et réticence vis-à-vis d’un milieu pourtant riche en divergences et affrontements ? TC apparaît comme extérieur à un en-commun à l’intérieur duquel se déroulent divergences et affrontements finalement convenus.
[...]
Ne se plaçant pas même dans [la] perspective [de prendre le pouvoir], n’étant pas davantage contraint à composer avec la réalité (ne serait-ce que sous la forme de l’opinion publique), la secte révolutionnaire peut laisser libre cours à son délire verbal. Elle compense ainsi en somme son impuissance politique réelle par un hyper-criticisme. Au pouvoir réel, qui est inaccessible, elle substitue le pouvoir fantasmatique des mots, seul capable en définitive de dissoudre magiquement la réalité.

témoignage personnel, vécu de l'intérieur, vu, lu ou perçu de l'extérieur
Patlotch a écrit:* en fait, il faudrait distinguer selon leur dose de schizophrénie, entre ceux ayant, en dehors de leurs liens et activités internes, une activité prosélyte, militante, pour faire adhérer à leurs idées ou leur groupe, et d'autres au contraire forts discrets dans leurs relations extérieures, sociales, d'autant qu'ils peuvent se sentir menacés d'interdiction (la police tremble...). C'est aussi la raison de l'usage d'initiales sur le blog @dndf, ou du pseudo anonyme "Anonyme", un comble ! Témoignage : un certain membre de Théorie Communiste cache soigneusement à l'extérieur son appartenance à ce groupe. Attablé avec un ami dans un café, il retourne la couverture de la revue TC dont il lui vente le contenu : « TC n°26, une fusée ! ». Mais il est vrai, dit sans ironie, que TC ne veut pas "faire des adeptes" et que ses membres sont tout sauf des prosélytes, bien que leur chef ne soit de fait entouré et apprécié que des adeptes qu'il a "formés". La plupart ferment leurs comptes twitter et facebook à qui les critique, s'épargnant ainsi de leur répondre. Comme au PCF d'antan, pour avoir droit à leur bon accueil, mieux vaut être un "bon sympathisant proche de nous" qu'un dissident avec sa carte : « T'es dans quel camp, toi ?! » Cf les ronds-de-jambe entre Pepe@dndf et FD

j'ai connu dans le monde du travail pareille discrétion chez une collègue Témoin de Jéhovah, au demeurant presque "normale" (exceptions : ne pas lui souhaiter son anniversaire ni lui offrir de cadeaux à Noël, pas de prise de sang bien que pensant être atteinte du Sida, mais aussi refus de la cérémonie au drapeau dans l'équipe du général où elle travaillait, quasi anarchiste dans ce domaine...) et même, outre brillante et efficace, agréable dans ses relations professionnelles et amicales, au point qu'il était difficile de lui supposer une appartenance sectaire. Parfois - ce n'était pas son cas -, cette "gentillesse" fait partie du militantisme et du prosélytisme, comme dans tous les partis et « groupuscules-racket » analysés par Jacques Camatte dans les 70' *

* « rejet de tous les rackets - la théorie du prolétariat est une représentation inadéquate... le piège du groupe racket dans lequel nous pouvions tomber. » Invariance série II, 1973-1975

dans le cas de TC, cette discrétion est comme une reconnaissance de leur totale impuissance pratique, qu'ils s'expliquent non seulement par la distance astronomique entre leurs thèses et la possibilité de les comprendre aujourd'hui, mais surtout en enrobant celle-ci dans la conviction que "la théorie n'est pas un guide pour l'action". Facteur aussi de fierté, le sentiment d'un privilège d'appartenir à une élite, que révèlent chez certains la suffisance et la fatuité intellectuelles, surtout quand elles couvrent les réelles insuffisances de ceux qui ne font qu'ânonner les thèses de leur gourou, se contentant de le citer comme les croyants la bible, les sutras ou le Coran

mais schizophrénie qui explose quand, dans ce milieu, un leader théorique de la communisation respecté, haut-fonctionnaire grec, devient en même temps sous-ministre dans le gouvernement Tsipras/Syrisa, la communisation et la cravate...

rien de pire qu'une théorie autoréférentielle et jugeant toutes les autres en bloc comme idéologies, en interprétant les mots des autres avec le sens qu'ils ont pour elle, ficelle typique de Théorie Communiste, d'où ses déformations de la pensée des autres, et ses procès chargés de « malveillance » contre les plus proches, comme Bruno Astarian (Hic Salta) en le « pestiférant » par « un florilège de contre-vérités, de déformations et d’ironie mal placée qui montrent surtout la brutalité et la mauvaise foi de l’attaque... réquisitoire où les accusations sont trop souvent fantaisistes...» (Où va Théorie Communiste?, 2012). Qu'importe, droit dans ses bottes de non-lieu, RS peut aujourd'hui affirmer, ici : « Je pense même que la polémique et parfois même la mauvaise foi sont le meilleur moteur de la production théorique », et l'on vérifie qu'elle est chez lui élevée au rang d'un art. Mais il n'empêchera aucun sérieux chercheur, penseur, théoricien, philosophe, artiste, poète... d'être convaincu que seule la quête honnête de la vérité conduit... à la vérité

mon alerte en 2014, dans TC 'Théorie Communiste' : fin de partie truquée, et les tricheries intellectuelles de Roland Simon de Théorie Communiste n'a manifestement pas servi de leçon à Roland Simon et sa bande, ni que le "jobard"* se rebiffe. Qu'ils l'emportent donc, en toute impunité, pas vus pas pris, au paradis artificiel de leur drogue théorique

autre expérience du sectarisme révolutionnaire d'ultragauche, exemple de l'« inclination à suspecter et à dénoncer » dont parle Alain Bihr : en 2006, participant aux réunions de Meeting, revue internationale pour la communisation, je fus comme convoqué à une réunion informelle d'activistes communisateurs parisiens, sans membres de TC, dans un café de Ménilmontant, à une sorte de procès stalinien du XXIe siècle, et sommé de faire preuve de mon opposition à "l'ennemi démocratisme radical", tout ça parce que j'avais confié à l'un deux préférer ne pas voir le Front national arriver au pouvoir : j'étais suspecté d'"antifascisme" !

c'était d'un temps ou d'autres voyaient plus clair que moi. Exemple : Meeting ou l’abstraction communisatrice, Calvaire, 15 juin 2005, certes "immédiatiste" et proposant de remplacer le théoricisme par l'activisme : organisons-nous pour la communisation de la vie

Au nom sacré d’un prolétariat unifié qui s’abolira, ils incantent la venue de la communisation (comme d’autres le messie ou Godot). Refusant la pertinence pour la communisation de la vie, des luttes et de l’organisation concrètes aujourd’hui, ils théorisent le nouveau grand soir. Ils se non-vivent dans un no man’s land tout entièrement théoriciste (théorie sur la théorie sur la théorie...). Ils refusent l’échange avec celles et ceux qui ne peuvent pas se contenter de proclamations théoricistes et qui s’organisent. Meeting se vit comme une chapelle pour les incantations técéistes et matériellistes, une abstraction communisatrice !

en réalité ils n'ont pas "refusé" cet "échange", ils l'ont instrumentalisé pour se faire diffuser dans le milieu qu'en même temps il critiquaient tout en lui fournissant la théorie adéquate à sa pratique. Cet opportunisme réciproque était la base contradictoire sur laquelle reposait Meeting, le dévoiler ne faisait déjà de moi qu'un faire-valoir pissant dans un violon, un idiot utile. Telle fut aussi plus tard la fonction ambiguë de l'affirmation : « C'est au présent que nous parlons de communisation », qui ne pouvait que donner lieu à l'interprétation immédiatiste qu'on a constatée dans les squats autonomes et les ZAD, mêlée à l'idéologie du Comité Invisible, à l'Appel du groupe Coupat auteur de L'insurrection qui vient, et relayé aujourd'hui par lundimatin, les blogs Paris-Luttes.Info et équivalents des grandes villes. RS connaît le poids des mots, il est un manipulateur hors-pair au charisme de gourou de secte

un rien guépéiste aussi, le petit père RS sur son piédestal, « chacun étant constamment enclin à suspecter et à dénoncer chez les autres telle « tiédeur » ou reste d’«idéologie bourgeoise » propre à les disposer au compromis ou à la déviation », comme l'écrit Alain Bihr. Je le surpris, un jour du Summermeeting-communisation de 2007 en Haute-Provence, à écouter une conversation au téléphone avec ma compagne, derrière la porte entrouverte du dortoir voisin, son reflet dans la vitre de la fenêtre. N'étais-je pas moi-même un policier infiltré, un agent double ? De fait, j'étais plutôt, ayant été jadis au PCF, un ex-"stalinien", et soupçonné de démocratisme radical comme vu plus haut dans l'épisode parisien

dans le même registre et pour compléter mes souvenirs, j'ajoute qu'il n'y a que dans ce groupusculaire so called milieu radical de la post-ultragauche (post, après qu'elle ait été réellement ouvrière), que j'ai été traité, en vrac, de tout et son contraire : fasciste confusionniste d'extrême droite, trotskiste, anticommuniste, troll flic déchet communisateur, ayatollah de la Communisation et à l'inverse par Pepe@dndf de Vichinsky de la communisation, jobard*..., antisémite, raciste, racialiste, troll transphobe pro islam politique, sexiste, nationaliste, par RS/TC de "au comble du narcissisme se prenant pour le centre du monde", "préfère la Collection Arlequin à la Série Noire" (selon le Le sexe sans excès, je serais romantique-fleur bleue) et "chamane qui transmet de confuses paroles" (soupçonné d'écologisme)..., les auteurs (que des mecs et blancs) étant pour certains accueillis comme "camarades" chez Pepe@dndf, membre de Théorie Communiste

* "jobard : trop naïf, d'une grande crédulité, facilement dupé". Encore faut-il qu'il y ait volonté de "jobarder" (duper, tromper), un art dans lequel excelle Pepe@dndf, roué tacticien mais stratège à balle dans le pied

ça glisse mais qu'on ne s'y trompe pas, l'ultime injure théorique est pour TC et ses adeptes "humaniste-théorique" dont me taxe FD, François Danel, qui entend, idée saugrenue, faire intégrer à leur corpus structuraliste prolétarien la dimension écologique dont il n'ont jamais parlé en 40 ans, comme quoi la crise pandémique pousse les idéologues à s'adapter, j'y reviendrai dans LES RAPPORTS HUMANITÉ-CAPITAL-NATURE et LA PANDÉMIE COVID-19. J'avais pronostiqué avant la sortie de TC26 un n°27 sur la question de l'écologie. Si FD obtient satisfaction je suggère comme titre : Le vert est la couleur de Théorie Communiste

épilogue
rassurons donc Pepe, il n'aura pas à « sortir les ciseaux pour la dixième fois » contre « le vieux papa ronchon qui chie sur la table »,  et maintenons que secte ne relève non de « l'insulte », mais d'une qualification objective, et que m'y être laisser prendre constitue le fond de "ma connerie", car on ne discute pas avec une secte, on s'en protège et on la fuit

j'aurais pu ajouter que "ma connerie" relève d'une longue addiction, puisque ce que je dis là, je le disais déjà il y a dix ans et plus, ayant connu leur fonctionnement interne, comme l'a souligné Christian Charrier dans Lettre ouverte à Théorie Communiste, octobre 2005 : « 12. Contrairement à François Danel, aujourd'hui de retour, cf FD chez dndf], Patlotch a pour lui d’avoir suivi les choses de l’intérieur, ce qui lui donne sans doute un avantage qui lui permet d’être plus proche de votre vérité pratique... »

il y a quelques jours, j'écrivais à l'ami Adé : « il faudrait absolument que je ne mette plus les pieds chez dndf, je ne leur fais que de la pub, là-bas le cul entre trois chaises », qui me répondait : « tu as raison (j'aurais dû te le dire), c'est aussi ce que je pense ». Les critiquer chez eux ne leur sert que de faire-valoir, et quitte à le faire, il fallait le faire jusqu'au bout, loin d'eux, et de telle sorte que, contrairement à Daredevil disant de ses remarques : « cette critique même sera du TC en mouvement », ma critique ne soit pas intégrable

on peut s'expliquer que jamais mes textes critiques de tout ce milieu n'aient été relayés par eux, l'ostracisme, la déformation, le dénigrement et la censure de fait dont mes idées furent et sont encore l'objet, dévoilant par trop son fonctionnement et ses manigances. C'est pourquoi il n'est pas surprenant que ce forum soit aussi lu, par des personnes qui n'en sont pas, y compris des textes théoriques relativement difficiles (bientôt 30.000 vues pour la rubrique LE MONDE AU TEMPS DU CORONAVIRUS qui n'a que deux mois, dont plus de 9.000 et près de 400 par messages pour THÉORISATION COMMUNISTE PAR TEMPS DE CORONAVIRUS). Ceci dit pour couper court par avance à l'idée que je serais comme eux paranoïaque, ou d'y voir un règlement de comptes entre egos. Je ne suis moi en concurrence avec personne car je n'ai aucune idée à vendre, les miennes étant proposées pour penser par soi-même. Il en est qui préfèrent ça


Arrow

après la sortie
il y a dans le texte de Camatte, Instauration du risque d'extinction, de multiples observations sur ce qui se produit sous nos yeux qui peuvent servir de base à cet approfondissement, et nombre de matériaux, dans les reportages et témoignages, pour le faire sans « mariner » (FD) dans les gros concepts descendant du ciel de leurs idées sur la terre du réel, dont raffolent les théoriciens de la communisation, méthode qui « substitue le pouvoir fantasmatique des mots, seul capable en définitive de dissoudre magiquement la réalité. » (Alain Bihr plus haut)


en somme, une fois reconnue l'addiction, l'emprise volontaire, le fait d'avoir été malade de soi-même, les causes et les dommages tant pour soi que pour son travail, il n'y a plus de raison d'y céder, et par l'auto-analyse « la guérison vient de surcroît », comme disait Lacan reprenant le « bénéfice annexe de la cure analytique » selon Freud. C'est un processus assez semblable à l'inversion de Jacques Camatte*, qui écrit en exergue de son site Invariance : « Je n'ai pas d'ennemis : l'enfermement s'abolit. » Voilà le déconfinement radical
Camatte a écrit:* Inversion : Désigne la mise en place d’un devenir contraire à celui effectué jusqu'à nos jours, comportant en particulier : sortie de la nature, répression, refus, abstraïsation, émeutes (soulèvements, révolutions) mais aussi guerres et paix. Elle n'est pas un détournement de ce qui fut détourné et n'est pas un retour au moment où ceci s'est imposé. Non, car c'est à partir du potentiel Gemeinwesen en nous ici et maintenant et en la communauté de ceux et celles qui convergent et participent, que cela s'effectuera. Il ne s’agit donc pas de retourner à une phase antérieure, à un comportement ancestral, mais d’accéder à quelque chose en germe en nous, en l’espèce : la naturalité profonde qui a toujours été réprimée, en grande partie occultée, ainsi que la continuité avec tous les êtres vivants, avec le cosmos.
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Message par Florage le Jeu 21 Mai - 5:04


SUZUMÉ PAS SUBSUMÉ
belle journée, vraiment, une mésange à tête bleue et un Rouge-Queue Noir ont engagé sur la terrasse une courte poursuite de 10 mètres à vol d'oiseau, pas le moins du monde réel l'air d'être « subsumés sous le capital », sûrement faute d'avoir lu la théorie du prolétariat sujet révolutionnaire de la communisation

en japonais moineau se dit Suzume et se prononce sutzumé, é entre é et è


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE N_bl_oiseau_01

Si tu es tendre pour eux
les jeunes moineaux
te feront dessus


Kobayashi Issa
poète japonais du XIXᵉ siècle

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Message par Florage le Sam 23 Mai - 6:12


ANTICIPATION ?

pandémie, homme augmenté, et pauvre nature

Patlotch 10 juillet 1993, transfert sur toile, 54 x 67 cm
'été 93 nus divers'  


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Cranes

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Message par Florage le Jeu 28 Mai - 10:31


en même temps

LÈCHE-BOTTE et MASO

l'amoureux éconduit
de son Maître et de l'ordre
sans excès de désordre

dialectique de la nature
certaines gens aiment l'ordre. Je ne parle pas là des forces de l'ordre, ni de leurs donneurs d'ordres pour mâter le désordre, ni même et au contraire de qui fait mine d'aimer ce désordre, au point de se labelliser "forces du désordre", ou de loin et en théorie de vouloir « porter plus loin le désordre » et « produire la théorie » de ce mot d'ordre

non, je parle d'une race encore plus rare et déroutante, même pour « la théorie qui tient la route », multipliant les appels à L'entendre enfin, La Voix de son Maître incontesté de ladite « “structure” et non une “totalité expressive” »... Maître qui l'envoie paître en gardant la distanciation sociale, et, bien que flatté, « car c’est le traitement en général réservé aux “grands auteurs” morts », en l'honorant de son mépris

car LE, LUI, l'aimé par l'autre qui n'en peut mais... est venu, en quelque sorte, remettre de l'ordre parmi ceux-là mêmes qui se réclament de LUI, LE

« aimer c'est offrir quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas », disait Lacan

et l'on ne saurait mieux être en même temps lèche-botte et maso, puisqu'il en redemande

m'enfin, quant à LUI, toute une vie sur une estrade Il en a pris des habitudes, oubliant que par temps qui changent, le maître d'école ne peut plus même siffler la fin de la récré

plus sérieux : CRITIQUE DE L'ÉCOLOGIE POLITIQUE

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Message par Florage le Lun 1 Juin - 6:29

1er juin
C'EST PAS FAUTE DE MERLE
QUE JE SONGE À LA GRIVE qui chaque matin, sur la plus haute branche, sans rossignol chantait


depuis 18 ans de cette terrasse, j'aurais pu écouter fort peu d'oiseaux, et certains sans les voir, mais tout de même le merle, la pie, la corbeille noire, le geai bleu, le coucou, le pigeon ramier, le moineau, le rouge-gorge, l'étourneau, le martinet, la mésange bleue, le canard col-vert, l'épervier, le faucon, la perruche à collier, et le rouge-queue noir (voir ci-dessous)

je ne sais pas bien comment j'aurais vécu sans les oiseaux. Me manquent le plus, de mon enfance, le chardonneret, l'alouette des champs, la bergeronnette grise, l'hirondelle de fenêtre, la perdrix rouge ou grise, la caille des blés, le corbeau freux. Aucun d'extraordinaire, mais quand on est banlieusard...

le chant du merle reste mon préféré en raison de sa tessiture, que je dirais de flûte alto, alors que la grive et plus encore le rossignol ont des chants plus aigus. Ici, elle est plus matinale aussi






SANS ROUPIE YÉ YÉ YÉ

l'étourneau sans sonnette
censé né sans sono
tourne haut la chansonnette
catalogue d'oiseaux

disons qu'il a bon bec
pour de pure salade
offrir la sérénade
à la grand dam... oiselle

rendre la pie qui chante
jalouse du moineau
séduire la corneille
à la barb' du corbeau

et de flûte méchante
pis que le perroquet
polyglotte d'oreille
du merle se moquer

il est inouï son zèle
à la nuit imitant
des chants qui n'iront d'aile
annoncer le printemps

au ciel réjoui un soir
de si beaux sons honnêtes
alors que ton espoir
roupille en sens au net

FoSoBo, 31 mars, 22h21
SÉRIE BÉE, mars 2005
29 mai
NI DIEU NI MAÎTRE QU'EUX
je me suis fait un nouveau pote, un rouge-queue noir. Il vient inspecter les travaux finis sur ma terrasse, nouvelle architecture des plantations, fleurs et arbustes, aromatiques, poivrons, courgettes et tomates

il va et vient, de ci de là à vol d'oisif, pas farouche pour une plume, pas chiant, bref, un ami comme on en rêve toussétoutes


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Dsc_3061_rqn

parfois, il en ramène deux autres, sautillant de un à deux mètres de moi, distanciation animale oblige


ils ont un petit côté anar-coco, leurs couleurs peut-être ? Quand je leur parle, ils ont cet air d'écouter et de réfléchir en penchant la tête comme les perroquets en cage, avant de vous "répondre" un Je-ne-sais-quoi et le Presque-rien qu'on ne comprenne, à cette différence capitale qu'eux, d'un coup d'aile, vont se faire voir ailleurs où je ne suis pas

somme toute une certaine idée de l'amitié, pas collante ni possessive, libre comme un oiseau, qu'on dit


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Message par Florage le Mar 2 Juin - 4:48


avec le temps

FIN DE PARTIE


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE Temps-n-existe-pas
il m'est redevenu possible de lever le pied virtuel de l'élaboration théorique, pour reprendre comme en avril 2019 ma « nouvelle vie, consacrée centralystiquement à la musique et accessoirieusement mieux guitare que j'aimais »

en effet, mon travail théorique intense durant la pandémie coronavirus a permis de réorienter très sérieusement ma quête de chemins nouveaux dans la perspective communiste révolutionnaire. Ce qui a été posé, dans ses acquis comme ses ouvertures, est solide, et devrait permettre à quiconque s'en empare de le prolonger par ses recherches et sa réflexion propres. Je ne vais pas mâcher ce travail en m'épuisant à faire le soutier pour des flemmards et des contemplatifs

il ne se passera rien de décisif dans la période qui vient, hormis un approfondissement de la crise sociale, économique et écologique, avec les idéologies qui vont avec y compris les idéologies révolutionnaires, puisqu'elles viennent toutes combler un manque à être dans une communauté de vie réconciliée avec la nature, le vivant

vivre a toujours supposé pour moi une dépense de l'énergie considérable que je mets en tout ce que j'aime faire et créer. Épuisée d'un côté, elle se transverse de l'autre, et rien ne m'est plus détestable que de gâcher mon temps


LE TEMPS, PLUS LOIN

FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE 36999765
nébuleuse du Sablier, à 8000 années lumière...

« Je cherche l'or du temps » André Breton, Discours sur le peu de réalité, 1927


Avec le temps brisez l'horloge
Brûlez l'argent et l'euchologe
Tuez le temps le temps compté

Vive le foin cachez l'aiguille
Bagnes fermez Fêtez la quille
Perdez le temps à volonté

Fusez l'or du temps hors du livre
Étoilez vos yeux Enivrez-
Vous amants de rire et bon thé

Qu'attendez-vous le temps perdure
Du labeur dû l'heure s'endure
Au prix du beurre et sans bonté


CRISE EN VERS, 10 novembre 2011


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Message par Florage le Lun 8 Juin - 6:48


LE SILENCE, PRESQUE
parfois, il vaudrait mieux se taire. Surtout pas de théorie, pas de concepts, pas d'abstractions, pas de distractions. Les choses, point. Non les mots, aussitôt morts que nés, impuissants à faire sentir les choses, sauf, parfois, rarement, dans la poésie

au sommet des arts et des choses, la musique




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Message par Florage le Sam 13 Juin - 8:16


SOIGNER LE RHUME SANS RHUM
MAIS À L'ANTILLAISE


FUNAMBULE EN BULLE AMBULAIRE D23613cf6e85bfc596b2f1af37f346dd
je me traîne un rhume carabiné à la limite de la sinusite, comme toujours avec mon nez tordu qui me fait prendre pour un Juif polonais, salopard de Dieu sans pitié antisémite pour les Auvergnats !

j'ai une pensée pour qui, durant ces mois passés sous coronavirus, avait le sentiment de ne plus pouvoir respirer, sans accès à un respirateur de réanimation

en attendant, chère lectorate, voici une recette miracle, que je tiens de la grand-mère d'une amie antillaise. Elle m'a réanimé

Cocktail total des Antilles
Ingrédients
125 ml de jus de citron
une gousse d’ail écrasée
2 c. à soupe de vinaigre de cidre
1 c. à café de gingembre frais râpé
une pincée de piment ou poivre de Cayenne

Versez dans un verre le jus de citron
Ajoutez-y l’ail, le vinaigre, le gingembre et le piment de Cayenne.
Mélangez.
Avalez ce breuvage en une seule fois !

Ce breuvage n’est pas recommandé pour les estomacs fragiles.

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Message par Florage le Jeu 25 Juin - 8:45


PETIT APPÉTIT DEVIENDRA GRAND
pourvu que lieu lui prête vie
la différence entre la praxis artistique individuelle et la praxis sociale collective est que la première peut surgir d'une idée sans part des masses, alors que la seconde est condamnée sans elles à rester force immatérielle, ne s'emparant que de ses adeptes, telle une religion opium d'une secte dépeuplée

l'appétit vient en mangeant, dit-on, et l'envie du labeur artistique de même. Il suffit de s'y mettre, « l'inspiration c'est l'envie... la bêtise c'est la paresse », disait Jacques Brel

la guitare, ou tout autre instrument pour un musicien, le pinceau pour le peintre, le burin pour le sculpteur, la plume pour l'écrivain..., est le médium qui tient l'artiste à son œuvrage, et le reste est littérature

7/7
À Jean le Camionneur, il eût fallu une femme, la solution classique, éprouvée. Une femme est certes humaine mais représente un type légèrement différent d'humanité, elle apporte à la vie un certain exotisme. Mais il prit finalement un autre chemin, il se procura une guitare, et l'on n'entendit plus jamais sortir une parole de sa bouche
LA LÉGENDE DE JEAN LE CAMIONNEUR

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Message par Florage le Mer 15 Juil - 11:17


CANARDS LÀ QU'EST

Dans l’imagerie populaire du 15è siècle,
le canard est l’expression des vœux et permet la réalisation de ceux-ci.
Il est un oiseau de bon augure.
ce matin à l'aurore trois canards vers le Nord, au point du ciel exactement où la Patrouille de France s'en revenait hier de la Fête Nationale sur les Champs Élysées. Qu'est-ce que cela augure ? Et qu'aurons-nous que nous n'avions ?


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Message par Florage le Ven 17 Juil - 2:02


CONFESSIONS D'UN PENSEUR SOLITAIRE

adieu à la théorie

« Il est absurde et criminel envers soi-même de donner à l'Histoire
plus qu'elle n'est capable de vous rendre, soi-même vivant
(si l'on ne croit pas au paradis, à l'enfer, etc.) »

Roger Vaillant, Journal intime
il arrive un moment où il faut avoir l'honnêteté de reconnaître que l'on est dépassé par l'ambition de ses propres exigences de penser, dépassé intellectuellement, et que continuer poserait un problème d'éthique

dépassé par des textes que l'on ne comprend pas faute des connaissances nécessaires, ou de pouvoir vérifier ce qui est affirmé, nécessairement sans preuve* puisque portant sur un passé largement inconnu encore ou un avenir imprévisible. Jusqu'à ne pas savoir si les questions posées sont pertinentes, même si l'on sent confusément qu'il ne s'agit pas de n'importe quoi, que c'est peut-être important voire décisif, mais possiblement aussi nébuleux, inintelligible par autre que leur auteur. Des questions dont on n'arrive pas à savoir si elles sont de bonnes questions, si l'on doit même se les poser
*

Jacques Camatte a écrit:Notre visée est de constituer des repères concernant ce qui est advenu dans la diachronie comme dans la synchronie en même temps qu'à révéler les thèmes fondamentaux de la spéciose, ses constituants spécifiques qui tendent à la caractériser, en tenant compte que certains thèmes tendant à dominer ou à régresser en fonction du devenir de l'espèce. Ces repères ne pourront être présentés que sous forme de thèses, c'est-à-dire des affirmations sans démonstration, illustration.

ainsi du dernier texte de Jacques Camatte, 14. Point d'aboutissement actuel de l'errance (Version définitive et corrigée), 13 juillet 2020, qui me donne intellectuellement le tourni

[...]

un moment où il faut s'avouer qu'on n'est pas à la hauteur de la tâche (?) qu'on s'était assignée, un peu par hasard et de fil en aiguille car c'est elle qui s'était emparée de vous, comme vous confiant la mission de la conduire à bien. Jusqu'où ? Jusqu'où cela s'avère à vos yeux impossible, ou du moins qu'on n'en a plus envie

un moment où il faut savoir qu'au fond, ça ne nous intéresse pas vraiment d'aller plus loin, ou de répondre à des questions qu'on ne se posait pas et qu'on n'a pas l'intention de se poser. Non, ce n'est pas du refoulement : on ne sait pas, je ne sais pas

ce que je sais, ce dont j'ai établi au moins pour moi la preuve, c'est que beaucoup est faux et fantaisiste de théories communistes que j'ai tenues un temps pour sérieuses, rigoureuses, incontournables, alors qu'au-delà d'erreurs de méthode et de raisonnement logique, l'objectif qu'elles assignent au mouvement du communisme est excessivement superficiel et incomplet. Cela s'est effondré en moi. Ceux qui les ont construites ne jouent pas dans la même cour que l'auteur du texte dont je parle plus haut, aux confins de ma compréhension et de mes questionnements existentiels au présent, mais que je ne prends pas pour de la gnognotte

je ne joue pas dans leurs cours, la mienne est très petite bien qu'elle ne soit entourée d'aucuns murs, autres que ceux de mes sens, de ma raison et de mes désirs

je vais m'arrêter là. Me consacrer à ce qui est à ma portée, dans quoi j'ai des résultats concrets et probants qui en promettent de meilleurs pour peu que je m'y colle avec plus d'intensité.  Car il faut s'adonner entièrement à ce que l'on sait et peut faire de meilleur. Peu importe à ce stade la reconnaissance, je n'en suis pas à lui accorder la moindre importance, ni découragé par son absence. Peu importe même qui cela intéresse, dès lors que j'en suis

adieu donc à la théorie

Florage

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