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Message par Florage le Ven 23 Oct - 8:22

un mot sur la période actuelle. Je passe sur les détails illustratifs que ma lectorate masquée imaginera sans peine, en faisant ses courses, entre deux rayons de supermarché "communautariste", Darmanin dixit : dans le capitalisme global contemporain, la communauté humaine est celle de la marchandise ciblée, qu'il convient avant tout de produire pour la vendre. Moralité, quitte à en crever, Français de toutes origines, au boulot !

LA LIGNE CHARLIE
nouvelle ligne Maginot
de la politique française


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la triple séquence Gilets Jaunes, Coronavirus, Décapitation sur fond de paupérisation sociale et de crise économique latente, a poussé le capitalisme français au renforcement de l'État et à l'embarquement d'une Société civile citoyenne consentante vers le degré zéro de la politique, c'est-à-dire vers son essence dans le capitalisme, dont la ligne Charlie est en France la caricature actuelle

IDÉOLOGIE FRANÇAISE : laïque ou bon religieux, il faut être absolument républicain
je détourne le sens ironique de la phrase de Rimbaud : Il faut être absolument moderne

c'est l'exacerbation de l'Idéologie française que nous avions analysée à l'occasion des attentats de janvier 2015 contre Charlie Hebdo, qui se traduit par celle du discours national et nationaliste dans l'ensemble des partis politiques. L'assassinat d'un enseignant ayant utilisé leurs caricatures pour illustrer "la liberté d'expression" à la française les promeut au rang de symbole de celle-ci dans un pays qui n'a pourtant pas connu de lois aussi liberticides depuis le pétainisme, ce dont témoigne le glissement du thème idéologique de la Démocratie à celui de République (française), non-sens historique puisque l'exercice du pouvoir présidentiel n'a jamais été aussi monarchiste (illustration par la figure falote de Castex, premier ministre gestionnaire des décisions d'un président omniprésent)


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la thématique "il ne faut pas diviser les Français", élément de langage commun à tous les partis du RN à LFI en passant par LR, LREM et le PCF, résume le consensus a-classiste ou transclassiste de cette essence sacrée de la politique dans le double jeu de l'État et de la Société Civile, les Citoyens et toutes leurs représentations : observer qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre les propos de certains ministres et ceux des Ménard, Zemmour, Valls... ni dans les hommages d'en-bas comme d'en-haut au héros martyr, opportunément promu, post-mortem, professeur modèle dans l'école républicaine de la sélection sociale et de la ségrégation racialiste dite intégration/assimilation à la française, séparatisme réel par excellence que vont encore renforcer les décisions gouvernementales

traditionnellement, on pourrait l'analyser comme un "virage à droite" du pouvoir politique, mais cela traduit davantage le fait qu'il n'y a pas d'alternative politique possible pour le capitalisme français, et qu'Emmanuel Macron tient ferme la barre vers les élections de 2022 en s'emparant des thématiques d'extrême-droite comme il a siphonné celles de la droite en 2017, rendant sans objet la perspective improbable d'une victoire du RN, alors que la gauche n'a pas fini de s'enfoncer dans les ornières de sa division depuis l'effondrement de l'idéologie démocrate radicale, et, accessoirement, l'illusion trotskiste d'une théologique islamique de la libération habilement pointée par la droite et le pouvoir sous le label d'islamo-gauchisme


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21 octobre 1922, discours d'André Maginot,
Ministre de la Guerre et des Pensions

à part ça, sur le front de la "guerre contre le virus", les troupes médicales françaises et leurs fins stratèges dignes héritiers d'André Maginot* lui courent au derrière avec un mois de retard depuis la fin du (premier) confinement, sans grand espoir de le rattraper avant Noël, ni à Pâques au balcon du "soutien à nos soignants"

* "Bien qu'utilisées pendant les combats de mai-juin 1940, ces fortifications n'empêchent pas la défaite française, à tel point que l'expression « ligne Maginot » est devenue synonyme d'une défense qu'on croit inviolable, mais qui se révèle inefficace." (source Wikipédia)

moralité, Français, Françaises, Immigré.e.s avec ou sans papiers, au boulot !


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Message par Florage le Ven 30 Oct - 3:06

du 24 octobre, mis à jour

les ennemis de nos ennemis ne sont pas nécessairement nos amis

POUR ALLER PLUS LOIN
EN COMMUNISTE
parce qu'il le faut bien

"PAS D'AMALGAME ENTRE ISLAMISME (TERRORISTE) et ISLAM" ?
réponse insuffisante et naïve à l'extrême-droitisation de l'États
elle ne satisfait pas la critique communiste.
ces bavardages se ramènent à un conflit du point de vue de l'État

les pandémies sanitaires comme religieuses n'auront pas de solution
dans le capitalisme, qui les portent comme la nuée l'orage

il va falloir s'y faire et cesser de rêver aux parapluies du réformisme politique
Patlotch a écrit:j'ai bien conscience que les quelques mots ci-dessus sont insuffisants, en quelque sorte au milieu du gué de ce qui serait une analyse communiste radicale d'un problème récurrent depuis la fin du XXe siècle dans ses tenants et aboutissants actuels. Pour le dire simplement, à partir des affaires du voile et de la loi de 2004 sur la mise en œuvre de la laïcité à l'école et l'émergence des mouvements et partis politique tels que le PIR* (2005), les décoloniaux, et leurs soutiens à l'extrême-gauche

* le PIR, que Houria Bouteldja vient de quitter, voir ici

je n'ai pas l'intention de me lancer dans une telle analyse, mais il est bien évident que nous ne pouvons nous contenter des arguments du "pas d'amalgame" entre Islamisme et Islam, terroristes et Musulmans... qui font tout l'horizon, au demeurant fort peu laïque, des so called "islamo-gauchistes", qu'ils sont, malgré tout, à leur insu*, ni évidemment de la critique que leur adresse depuis des années l'extrême-droite et de plus en plus les autres partis politiques de gauche comme de droite happés par l'Idéologie française (à quoi il convient d'ajouter partie de la post-ultragauche communiste). Je me contente de proposer une piste de réflexion critique dans le silence assez consternant de la sphère communiste radicale face à l'événement tout de même considérable par ce qu'il provoque

* voir de ce point de vue le texte Toi qui m'appelles islamo-gauchiste, laisse-moi te dire pourquoi le lâche, c'est toi, Alexis Dayon, Club Médiapart, 22 octobre 2020

ce que disait en filigrane mon billet ci-dessus, c'est que tous ces bavardages se ramènent à un conflit du point de vue de l'État (donc des citoyens de la société civile) dans ses rapports à la religion, qu'il a réglé en France avec la loi de 1905 concernant les religions implantées en France, cadre juridique qui est impuissant à régler "la question musulmane", pour faire allusion au Marx de La question juive avec une religion qui n'a pas engagé sa sécularisation. Donc dire que « le terrorisme islamiste n'a rien à voir avec l'Islam », ou le Coran qui serait mal lu ou mal interprété, c'est bien bon pour l'encadrement religieux des Musulmans recherché par l'État avec la laïcité sur le modèle des religions chrétiennes et juives, et pour la complaisance islamo-gauchiste, mais le point de vue de la supériorité de la foi religieuse sur le droit public ne laisse aucune place à la critique de cette religion dans les termes marxiens qui sont les nôtres

autrement dit, les choses sont à renverser depuis Marx et sa Critique de la religion comme "opium du peuple" (Pour une critique de la philosophie du droit de Hegel, 1843) comme matrice de la critique des idéologies et donc de la démocratie politique d'État, on ne peut pas faire la critique de la religion, de l'Islam en particulier, si l'on n'est pas armé d'une critique de l'État (du Capital, donc), et donc de ce qui est, dans l'idéologie de la Démocratie politique ou aujourd'hui celle de la République, ni plus ni moins qu'une religion d'État, une religion du Dieu État et derrière du Dieu argent : en passant, on voit fort peu de caricatures du Dieu Mammon qui est quand même, symboliquement, la logique même du capitalisme...


COUVE-FEUX, billetterie épisodique Mammon

le glissement actuel de récupération du discours de l'extrême droite nationale, repose sur une approche théorique que l'on peut rapporter aux analyses de l'historien Gilles Kepel *, et c'est pas de la gnognotte*

* voir La petite partition de Gilles Kepel, Hakim Al-Jamaa, membre du PIR, 5 janvier 2017

toujours est-il qu'il n'y a pas et n'y aura pas de solution politique, d'État politique à même de régler ce problème. L'épouvantail brandi ici ou là d'une "guerre civile" n'est après tout pas à exclure, mais la base sur laquelle, d'un côté comme de l'autre, il est brandi, ne fait qu'opposer des conceptions de l'État dans ses rapports à la religion, conceptions que l'on voit aujourd'hui s'affronter en miroir sur le terrain de la politique du Capital. D'un point de vue communiste, ce ne serait pas ma guerre. En clair, les positions tant de la LFI que du NPA* ou autres d'extrême-gauche, qui prétendent résoudre "la question musulmane" par des mesures politiques du pouvoir d'État, tournent le dos à la vision marxienne (et anarchiste) actualisée du problème. Ce n'est pas ma guerre, ce n'est pas une guerre dont peut émerger une solution communiste, mais pour autant, ce n'est pas une raison pour n'en rien dire et s'en laver les mains

exemple : « La dissolution de l’ONG BarakaCity a été décrétée ce mercredi. Par-delà les éléments avancés par Darmanin cette dissolution vise d’abord à faire taire l’ensemble des musulmans et crée un précédent anti-démocratique grave. Il faut la dénoncer. » Paul Morao, NPA Révolution Permanente, 28 octobre. Le Président et fondateur,  Idriss Sihamedi, qui refusait de condamner Daech, a demandé l'asile à Erdogan (source). Cette dissolution est jugée comme "un scandale et une honte" par l'activiste musulmano-décoloniale Sihame Assbague

il nous faut a minima échapper au campisme des deux extrêmes - la République ou l'Islam - qui inonde les "débats" et fait de tout un chacun un complice de l'un ou l'autre. Mais pour cela, il faut parler, et montrer ainsi que même si elle n'est qu'hypothétique, une troisième voix existe

je laisse ma lectorate mijoter ça dans les marmites du futur proche, mais pour le dire franchement, je n'ai aucune complaisance avec l'Islam dont je retiens d'abord que la dimension idéologique inhérente est essentiellement incompatible avec le communisme, ce qu'il ne doit pas au colonialisme, ni à l'Occident raciste, ni au racisme systémique d'État, au demeurant bien réel

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Message par Florage le Lun 2 Nov - 14:01

du 31 octobre 2020, ajouts sur les mensonges de l'État, et le sens de la minute de silence obligatoire
Patlotch a écrit:y'avait longtemps que je n'y étais pas allé de ma petite dissertation. Je ramasse un peu le tout sur le tout de la séquence actuelle sous l'angle de la liberté, sans l'opposer à l'autorité, mais pas n'importe laquelle

si cela passe pour de la philosophie, elle se veut d'abord pragmatique : protège-toi et les autres, libre de ta propre autorité

si le fond consiste en une analyse croisée du contexte créé par la Covid 19, les attentats terroristes et les réactions tant de l'État que des individus, c'est une adresse à chacun.e pour sa propre gouverne en connaissance de causes et effets


study

« Les stupides résurgences du nationalisme et des religions
ne sont que l’écume dérisoire du vrai danger :
l’acquiescement suicidaire au sort qui nous est fait et par lequel une économie en dépérissement
nous enjoint de dépérir avec elle. »

Raoul Vaneigem, Nous qui désirons sans fin, 1999

ÉTHIQUE DE LA LIBERTÉ
d'expression, de pensée, et d'action

de l'art de se protéger, soi et les autres,
de toutes épidémies sanitaires et idéologiques


POLITIQUE FRANÇAISE : LA LIGNE CHARLIE, bis
réflexion sur
L'AUTORITÉ et la LIBERTÉ


« Quand on est Français, on défend 'Charlie Hebdo' »
Bruno Le Maire
Patlotch a écrit:le débat national, et au-delà, s'est déplacé sur "la liberté d'expression et ses limites"
Bruno Le Maire a écrit:Je n'aime pas ces caricatures [de 'Charlie Hebdo'], mais je les défends. [...] je défends ceux qui les diffusent au nom de quelque chose qui est plus important pour moi que ces caricatures, qui est la liberté, la liberté d'expression et la liberté tout court. [...] C'est notre liberté nationale, c'est notre culture, notre mémoire, c'est l'esprit critique, c'est la capacité à rire d'une chose ou d'une autre. C'est ça qui est en jeu. [...] quand on est Français, on défend 'Charlie Hebdo', même si on n'aime pas les caricatures de 'Charlie Hebdo'. C'est exactement mon cas. Je suis Français, je défends l'esprit français et je défendrai toujours la culture française.
source
Justin Trudeau a écrit:La liberté d’expression n’est pas sans limites. Nous nous devons d’agir avec respect pour les autres et de chercher à ne pas blesser de façon arbitraire ou inutile ceux avec qui nous sommes en train de partager une société et une planète. source
Belgique : un enseignant suspendu pour avoir montré une caricature de Mahomet
Cette caricature publiée par "Charlie Hebdo" montre le prophète nu à quatre pattes. L'exécutif municipal ayant décidé de sanctionner l'enseignant assure que leur décision "est uniquement basée sur le fait qu'il s'agit d'images obscènes". source
etc. sans parler des réactions dans les pays musulmans. Exemple plutôt modéré, la Tunisie
En Tunisie, intellectuels et politiques s’interrogent sur la liberté d’expression et la critique de l’islam
La France, sans être nommément citée, est la cible des critiques des autorités tunisiennes, qui condamnent la publication des caricatures de Mahomet.

force est de constater, concernant la France, que le résultat n'est pas très convaincant, puisque son grand principe conceptuel en fait en pratique le pays occidental actuellement le plus visé par les attentats, ce qui renvoie en boucle à la question de l'œuf et de la poule : de l'islamisme ou de ses caricatures, qui provoque les attentats ? On relève la même impuissance étatique quant aux résultats de la "guerre au virus". Est-ce un hasard ? Comment se prémunir des déceptions inévitables que génèrent ceux qui, ennemis de nos ennemis, ne sauraient être nos amis ?

hé bien, cela arrange tout simplement les deux camps de construire et d'entretenir l'autre comme ennemi, car c'est par lui qu'en peine de résoudre quoi que ce soit il existe comme tel en masquant ce qu'il est fondamentalement, lui opposant grossie par la loupe médiatique son autorité : c'est pourquoi plus de 80% des infos sont consacrées aux deux sujets du coronavirus et du terrorisme islamique. Les armes de ces deux camps sont deux idéologies autoritaristes, totalisantes voire totalitaires, autant que revendiquées comme guerres, d'un côté avec des bombes et des couteaux, de l'autre avec le droit et la justice, la police et l'armée de l'État-nation. Si, comme disait Marx, une idée qui s'empare des masses devient force matérielle, alors ne nous laissons pas par le pire emparer

il semble cependant, à lire nombre de réactions sur Twitter, que même en France frémisse une prise de conscience de la contradiction de cette injonction paradoxale : être libre mais d'exprimer son accord avec l'autorité de l'État. Rien en effet n'oblige personne à saisir pour se faire battre ce bâton merdeux par les deux bouts : autant que faire se peut, il faut quitter ce monde caricatural de la mauvaise opposition*

* sur le plan philosophique, lire Levinas et la question politique, Gérard Bensussan, Noesis 2000 : éthique, politique, justice et liberté, responsabilité, asymétrie...

une minute de silence caricaturale
la liberté française de caricaturer est soutenue mordicus par le président Macron, qui au vu de ce qu'il a déclenché rétropédale aujourd'hui à la suite de Le Drian - qui lance un appel de paix au monde musulman : "La France est le pays de la tolérance, pas du mépris ou du rejet" -, dans un entretien à Al-Jazira : « Je comprends qu’on puisse être choqué par des caricatures, mais je n’accepterai jamais qu’on puisse justifier la violence. [...] Les caricatures de Mahomet] ne reflètent pas le projet gouvernemental mais l’opinion d’un journal indépendant. »

cette "liberté d'expression" estampillée par l'État autorisera-t-elle les caricatures de ce grand moment d'union sacrée nationale que sera, lundi matin dans les écoles de France, la "minute de silence" avec présence obligatoire en hommage au professeur Paty promu modèle charlo-républicain compatible*, en vérité un "fermez vos gueules" officiel dont la valeur d'hommage sous la contrainte se liquéfie en peau de chagrin sans pitié, avec à la clé le "signalement" des contrevenants aux autorités ? Petit rappel : les dérapages de la Minute de silence non respectée en 2015

* le sacristain niçois Vincent Loquès sera-t-il sacré cul-béni républicain par l'État, le Clergé avec un gentil dessin laïque en Une de Charlie Hebdo, dans une nouvelle version du sabre, du goupillon, et du crayon ? « On les voyait [les républicains cléricaux] ruminer, entre des mandibules flétries, leur vieux rêve d'une république sacristaine. » Bernanos, La Grande Peur des bien-pensants, 1931

l'effet sinon le but n'est pas de convaincre puisqu'il s'agit d'abord d'inculquer l'obéissance à et par l'autorité de l'État français *, qu'incarne particulièrement bien le ministre Blanquer - « Nous n’accepterons pas que la minute de silence ne soit pas respectée »-, et contre laquelle qui s'y plie sans y croire se dressera intérieurement en silence, avant peut-être de s'y opposer verbalement ou physiquement, sans besoin d'être islamiste ou terroriste en puissance : tout aboutit à fabriquer une haine de l'État français, et elle se porte chez qui l'exprime radicalement plutôt que des solutions révolutionnaires qui ont fait historiquement faillite*. Se souvenir de l'effet des interdictions religieuses dans les pays socialistes et de l'effet retour à leur chute. Cf la Pologne du socialisme à Walesa et les papistes de Solidarność, et la triste actualité de la calotte anti-avortement rappelant la conception de la liberté selon l'Église catholique

* ajout 2 novembre. On a l'exemple d'un proviseur ayant annoncé la minute de silence en précisant : "Les élèves ne souhaitant pas s'associer [à la minute de silence] pourront prendre un temps de pause dans la cour haute avant le retour en classe". Voir cette histoire, ses suites et les réactions qui prouvent que l'obligation déplace le sens d'un hommage volontaire vers la soumission à l'autorité de l'État au nom de la liberté d'expression, d'autant que les explications préalables des profs aux élèves initialement prévues ont été déprogrammées par Blanquer

* le leurre "islamo-gauchiste" consiste à croire en cette quadrature du cercle d'une théologie musulmane de la libération : c'est l'impasse du PIR dans son échec à fédérer tous les "non-Blancs", échec reconnu à son 10ème anniversaire en 2015, avant son enfoncement et son isolement suicidaire dans la politique identitaire musulmane, et la sortie d'Houria Bouteldja qui fait mine de croire, sur cette base, à une victoire (cf sa lettre de démission, le 6 octobre) (voire mon billet précédent)

en passant, cette conception d'État de la "liberté d'expression" en amusera plus d'un.e qui dans sa vie aura tenté de braver l'autorité, dans la famille (le père et souvent la mère), à l'école (les profs), au travail (les chefs), dans les partis politiques (les cadres), dans la théorie "révolutionnaire" (les leaders objectifs de groupes, milieux en réseaux prétendus non-organisations)... et surtout l'autorité de l'État (via sa police dans les manifestations et autres grèves) en cette période de privation de libertés individuelles et collectives comme jamais depuis Pétain, où l'on commence à justifier l'abandon de "l'État de droit", cad de la démocratie politique elle-même vidée de ses formes républicaines originelles, cad antimonarchiques

un anti-autoritarisme infantile et contre-productif
in fine, se dresser contre l'autorité*, c'est toujours lui conférer trop d'importance et, quand on peut s'y soustraire, se rendre dépendant de l'autorité d'un autre, une servitude volontaire en soi. Elle est typique du comportement rebelle, ou anarchiste quand il n'existe qu'en s'opposant à l'État, ce que faisait remarquer Ernst Jünger dans Eumeswill en lui opposant la figure de l'anarque (voir La Figure du Rebelle et de l'Anarque)

* dans ce premier sens : - droit de commander, pouvoir d'imposer l'obéissance. L'autorité du supérieur sur ses subordonnés (hiérarchie).
- organes du pouvoir ou représentants de l'autorité.


c'est l'inverse de construire librement sa propre autorité, fondée sur ses valeurs et critères propres*

* le sens B selon CNRTL : Autorité acquise ou naturelle de manière à exercer une influence d'ordre intellectuel, morale, psychique. Je la qualifierais plutôt d'éthique, pour sa puissance performatrice, si ce que je dis s'impose comme une évidence, sans besoin de l'autorité par contrainte et obéissance à un pouvoir du premier sens

cette autorité naturelle ne vient pas nécessairement d'un autre que l'on suit. Elle est idéalement à inventer librement par et pour soi. C'est ce qui s'appelle être souverain

Roger Vaillant a écrit:J'entends par souverain, le souverain de soi, ce qui implique une réflexion, un mûrissement et un équilibre entre soi et la société, ce qui au passage est impossible dans une société de lutte des classes.
Roger Vailland dans Les Lettres françaises à propos de son roman La Truite, 1964, source

il ne s'agit pas de dire que « ma liberté commence où finit celle des autres », parce que sous le capital et l'État, elle n'a pas commencé et demeure individualiste... de masse. Je suis certes d'autant plus libre que je décide selon ma propre autorité dans la responsabilité des conséquences de mes paroles et de mes actes, mais ni l'État ni les individus qui s'y reconnaissent comme citoyens ne peuvent se prétendre libres dans un contexte capitaliste qu'ils s'interdisent par intérêt de critiquer et de combattre

il est parfaitement normal et légitime que tout le monde déteste le confinement, mais de là à en faire la cible de la critique et de la lutte, il fallait les Gilets Jaunes pour y penser et passer à l'acte, dans leur propension brouillonne à s'attaquer à tout et son contraire, sauf à l'essentiel : Gilets jaunes à Paris : une manifestation contre le confinement interdite par la police

l'autorité de l'État et l'irresponsabilité individuelle, deux faces d'une même monnaie de dupe
on observe, je l'ai déjà noté, une augmentation des comportements anti-autoritaires qui ne se dressent que contre l'autorité en soi, au risque de sa vie et de celle des autres : celle du Code de la route, le permis de conduire devenant celui de (se) tuer, celle de gestes barrières contre la Covid-19 la liberté d'être et rendre malade à en mourir con, celle de la loi et de sa police en soi qui la fait appliquer*. Le refus de cette autorité ne s'accompagne pas majoritairement de la construction d'une autorité propre, personnelle, seule garante de la véritable liberté d'expression, de pensée et d'action. Nous voilà un peu loin du niveau pipi-caca de la liberté d'expression selon Charlie Hebdo promu en Ministère de la Caricature

* lire Abolir la police ? Tristan Leoni, DDT21, septembre 2020


l'individualisme de masse consomme et consume

« On ne lui demande que peu de choses pour être peu :
travailler afin de consommer et se consumer à moindre coût. »

Vaneigem, idem


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terrasse à Paris en juin 2020, lors du déconfinement (Bertrand Guay, AFP)
de telles scènes s'observaient encore aux heures de sorties autorisées pendant le couvre-feu (décision d'État avérée inutile)
jusqu'à la veille de ce second confinement. Rien d'étonnant que les "taux d'incidence" soient à Paris les plus importants dans les arrondissements de l'ouest parisien, les "Beaux Quartiers"

COUVE-FEUX, billetterie épisodique Taux-incidence-1k-arr
Les arrondissements de l’ouest et du centre de Paris affichent un taux d’incidence entre 500 et 1 000.
À l’est, il est de 250 à 500 cas pour 100 000 habitants. (source Geodes, 26 octobre)

sur nombre de terrasses parisiennes jusqu'à jeudi soir, témoignage de mon fils, on ne voyait que de rares masques, au mieux portés sous le nez voire le menton. En passant, quel respect des serveurs et serveuses le portant par obligation professionnelle... Comme toujours en groupe, ceux et celles qui n'en pensent pas moins suivent le mouvement de peur d'être ridiculisé.e.s : ils n'agissent pas librement mais dans le regard des autres, et si c'est avoir de la personnalité, c'est celle d'un assassin en puissance et qui s'ignore... ou pas

un mensonge d'État permanent et le pire à venir
je retiens pour ma part que la montée inexorable et dite "exponentielle" de l'épidémie (dont les taux de surmortalité définitifs ne feront pas une pandémie) est doublement due à l'incapacité ou au refus de l'État, pour raisons économiques donc capitalistes, de prendre les mesures pour la juguler depuis le déconfinement et particulièrement cet été et cet automne, comme à l'irresponsabilité d'un partie de la population, majoritairement les plus jeunes, de prendre les mesures pour se protéger et éviter de contaminer ses relations de proximité. Dans les deux cas, l'autorité a failli, celle imposée de et par l'État, celle individuelle qu'on ne s'est pas construite personnellement à la hauteur de la situation

lire ou écouter : Radiographie du coronavirus : comment expliquer la flambée épidémique française ? Nicolas Martin, La méthode scientifique, France Culture, 30 octobre 2020

à bon entendeur
il est faux d'affirmer que personne n'avait prévu cette évolution*, et même si les voix autorisées de la médecine furent minoritaires et quasi inaudibles, car recouvertes par celles au demeurant contradictoires des experts d'État et de plateaux télé, la plupart en même temps chercheurs pour l'industrie pharmaceutique concurrentielle

* ajouts 2 novembre :
Pourquoi Emmanuel Macron a tort de dire que l’épidémie de Covid-19 a « surpris » tout le monde « Le chef de l’Etat a affirmé mercredi que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipé l’accélération de l’épidémie de Covid-19. Ce qui est faux. » Le Monde, 29 octobre

Elisabeth Borne, ministre du Travail, ment en affirmant que « "Ce n'est pas au travail que l'on se contamine [...] c'est une chose d'être à son poste de travail et de se retrouver avec ses collègues en marge du travail. Lorsque l'on déjeune, on retire son masque et c'est là que l'on peut se faire contaminer ". Il est bien connu que les contaminations ont aussi lieu par contact par l'intermédiaires de produits, matériels, documents, que l'on s'échange, d'où "se laver les mains", de quoi le port du masque ne protège en aucune façon. Voilà le niveau de nos ministres... etc.


tous ceux-là, du haut de leurs savantes certitudes, nous prennent vraiment pour des cons, quand le simple bon sens et une logique élémentaire conduisaient aux justes pronostics, comme encore aujourd'hui à alerter sur l'évidente insuffisance du confinement "allégé" avec les obligations de la présence à l'école, au travail, et par suite surtout dans les transports, lieu évident d'une contamination non mesurable et non traçable. Ce confinement durera donc bien plus longtemps qu'annoncé, avec une levée assurant la relance de l'économie ("sauver Noël") et du virus pour les fêtes, une sorte de cessez-le-feu dans la fausse guerre à la Covid dont reprendront de plus belles les hostilités l'an prochain sur le terrain du marché capitaliste de la santé

ajouts 2 novembre :
- le prolongement du confinement est au demeurant envisagé, comme des restrictions durables à sa suite en 2021, par le Conseil scientifique Covid 19 du 26 octobre. Les mesures et annonces de l'État sont en-deçà


quant à l'application TousAntiCovid, c'est une poudre de perlimpinpin numérique. Vu son déclanchement au bout de 15mn à moins d'1 mètre d'un cas s'étant déclaré "testé positif" ou "cas contact", qui peut croire à son efficience ? Combien ne connaissent pas de telles situations, qui ont pourtant été infectés, sont asymptotiques et contagieux ?

ma liberté sous l'autorité du confinement
comme dit pendant le premier confinement, compte tenu de mes habitudes de vie, celui-ci ne me prive pas de grand chose, si ce n'est de mes cours de clarinette et des livres de la bibliothèque*. Retour de courses, je passe tous les emballages à la solution hydro-alcoolique. Les parcs sont ouverts notamment le très beau, à cette saison, Parc Montreau à Montreuil, dans un rayon de moins d'un km de chez moi, ce qui m'arrange, car privé de véhicule depuis un mois

* la fronde des petits libraires contre les grandes surfaces vendeuses de livres est ni plus ni moins justifiée que celle d'autres commerces "non essentiels".  La plupart des livres que j'achètent sont à commander même en librairie. Les auteurs et éditeurs pétitionnaires défendent d'abord leur fond de commerce, sous couvert de la dimension "culturelle", tous livres confondus. Ils font fi des risques réels, car la contamination par les livres ne dépend pas tant des précautions prises par les libraires que de celles des clients et lecteurs qui les manipulent. Voir les conditions dans lesquelles les bibliothèques municipales ont pu rouvrir au déconfinement de juin > désinfection des livres

remarquez que l'on peut sortir "prendre l'air une heure" la nuit, ce qui était impossible pendant le couvre-feu*, sans nul risque là où il y a bien moins de monde, et plusieurs heures muni d'attestations pré-horodatées à intervalles, à présenter en cas de contrôle... des autorités

* cela n'a pas échappé à certaines municipalités comme Compiègne, qui a instauré « un CouvreFeu de 22h à 5h en plus du confinement pour éviter les rassemblements de jeunes. » (source L'Observateur de Beauvais)

alors donc, chère lectorate, protège-toi et les autres, libre de ta propre autorité


Basketball

PS : on remarquera que mon point de vue en matière d'autorité est le même ici que dans le domaine de la création artistique, du refus des académismes et des normes prétendant valoir pour tous et le meilleur, qui font les clones et les moutons de panurge à rebours de véritables novateurs. C'est mon éthique de la liberté


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Message par Florage le Mar 3 Nov - 14:47

mon billet précédent commence à s'alourdir. Quelques remarques pour tenter de discerner les problèmes alors que le débat s'enrichit de voix qui n'en restent pas à l'équation absolue caricatures = liberté d'expression hors de toute responsabilité, mais, au fait, de qui ? Tout le monde sent bien que quelque chose cloche dans l'argumentaire des partisans des caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo, mais il est difficile de cerner quoi

sans revenir sur le fond de ma pensée, qu'expose le billet précédent, mais pour descendre sur la terre du présent au-delà d'un "tout ça c'est la faute au capitalisme derrière l'État et l'Islamisme", quelques remarques

par ce point de vue j'établis une distinction : je ménage la liberté d'expression, celle de faire ces caricatures et de les vendre, mais je pointe la responsabilité de ceux qui s'en servent, et cela fait du monde, de haut en bas...

« De la sagesse naît une douce et désirable félicité. »
Eschyle, Les Euménides - Ve s. av. J.-C.

DE LA PUBLICATION À LA DIFFUSION ET À LA RÉCEPTION
Les "conditions de félicité" de la caricature. »
QUI EST RESPONSABLE DE QUOI ?

Patlotch a écrit:en guise de contextualisation, 3 textes :

- « Une caricature n'est pas une thèse », Monique Canto-Sperber, France Culture, 1er novembre

- « L’allergie nationale au fait religieux est une erreur intellectuelle et une faute politique », William Marx, Collège de France, Le Monde, 1er novembre

- « Les défenseurs de la caricature à tous les vents sont aveugles sur les conséquences de la mondialisation », Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel, anciens de la revue Esprit, Le Monde, 2 novembre

je n'ai pas lu entièrement les deux derniers, réservés aux abonnés, et j'ignore s'ils font le distinguo introduit par le premier

- la caricature, en soi, pas de problème dans un journal en kiosque, en ligne. Plus délicat par sa diffusion/reproduction et symbole national quasi officiel de liberté d'expression, le sens n'étant plus celui d'une caricature (si je suis M. Canto-Sperber : il est important devant une caricature de comprendre qu'il s'agit d'une caricature", description de la réalité, mais une description déformée... signes extérieurs : du papier qui n'est pas celui du livre, une manière de dessiner caractéristique, un trait grossi, des visages représentés de manière individualisée… bref, un ensemble de signaux, indépendants du message, qui touche à la présentation du dessin dans son environnement de publication"

- autrement dit, et bien que Charlie Hebdo et particulièrement Riss comme dessinateur autant que directeur de publication, m'insupportent, la responsabilité, ou l'irresponsabilité, serait plutôt dans l'usage qui est fait, surtout par l'État, des caricatures de Mahomet, sur la base d'une diffusion qui explose de loin le nombre de lecteurs de ce journal

- justifier les caricatures par leur histoire en France comme celle de la liberté d'expression dans ce pays, c'est oublier qu'avant Internet, leur diffusion était limitée à celle du support d'origine. Le problème dépasse donc largement le lectorat de ce journal satirique, quoi qu'on en pense : quelles images de quels journaux sont aussi instrumentalisées en tous sens, avec un tel impact, si j'ose dire ?


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il me semble que c'est le glissement de l'un à l'autre qui génère le dialogue de sourds entre pour et contre la publication même, plutôt que sa diffusion et ses usages politiques, qui dépassent Charlie Hebdo et ses responsables, bien qu'ils le fassent en idéologues de la démocratie politique (voir l'interview de Riss en janvier 2019), raison au fond pour laquelle rien ne sépare leur ligne éditoriale des choix gouvernementaux, dont après tout la police les protège...

c'est pourquoi Charlie Hebdo a beau jeu de rétorquer au Maire de Béziers : "C'EST DUR D'ÊTRE AIMÉ PAR ROBERT MÉNARD", car la liste serait longue de ceux qui soutiennent ces caricatures pour un sens que Charlie Hebdo prétend ne pas leur donner, et qui ne sont pas dans son camp politique : «  C'est dur d'être aimé par des cons. C'est dur d'être aimé par Robert Ménard et l'extrême droite. Charlie Hebdo et Cabu ont toujours combattu le 'Front national', ont même lancé en 1995 une pétition pour demander sa dissolution. » Sans parler de la faiblesse du fond, l'anti-FN convenu et passe-partout qui a fait la victoire de Chirac puis Macron, c'est tout de même un peu court

et donc retour à la différence entre une caricature et sa lecture ou réception, soulignée par Monique Canto-Sperber avec Les "conditions de félicité" de la caricature. » Il va sans dire que les interventions comme les deux tribunes du monde ont toute chance de convaincre seulement qui l'est déjà, et d'être très mal reçues par les ayatollahs de la liberté d'expression d'Etat dans la ligne Charlie Hebdo (voir billet du début). William Marx se fait au demeurant descendre sur tweeter y compris par ses fidèles...

autrement dit, sans aller au fond (voir billet précédent) la question est insoluble, et il n'y a aucune raison d'être optimiste. La félicité, ce sera pour plus tard


scratch


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Message par Florage le Jeu 5 Nov - 5:33


L'ENTOURLOUPE

à propos des élections américaines
et du taux de participation record


COUVE-FEUX, billetterie épisodique Afp_mongolia_us_election_04Nov20
People color an electoral map during a U.S. presidential election watch party
at the U.S. embassy in Ulaanbaatar, Mongolia.


COUVE-FEUX, billetterie épisodique El-DesJXgAAA5on?format=jpg&name=4096x4096
Jean Dubuffet, L'Hourloupe, 1964
L'Hourloupe est un ensemble de travaux réalisés par Jean Dubuffet de 1962 à 1974, et qu'il a poursuivi jusqu'en 1983, deux ans avant sa mort. Le mot « hourloupe » a été inventé par l'artiste pour qualifier sa série nouvelle manière dont divers éléments ont été présentés à Venise au Palazzo Grassi sur le Grand Canal en 1964 [...]
Dans les biographies de Dubuffet, diverses interprétations sont données sur l'origine du mot « hourloupe ». Le texte de la fondation Dubuffet l'explique ainsi « Le mot Hourloupe était le titre d'un petit livre publié récemment et dans lequel figuraient, avec un texte en jargon, des reproductions de dessins aux stylobille rouge et bleu. Je l'associais, par assonance, à hurler, hululer, loup , Riquet à la Houppe et le titre Le Horla du livre de Maupassant inspiré d'égarement mental. » Selon Jean-Louis Ferrier Yann Le Pichon, Hourloupe est mot-valise composé du mot « loup » et d'« entourloupe ».

entourloupe, CNRTL :
- Plaisanterie, mauvais tour, destiné à prendre avantage sur quelqu'un. Faire, préparer une entourloupette
- P. ext., au, plur. fam. ou arg. Propos fantaisistes et mensongers, destinés à prendre avantage sur quelqu'un
Patlotch a écrit:je vais le dire sans attendre le résultat définitif, savoir de Trump ou Biden quel sera le nouveau président des États-Unis, parce que ça n'en dépend pas. Je ne dirais pas que c'est l'essentiel, mais cela m'a frappé
Un taux de participation jamais vu depuis 1900 ?
Selon Nate Silver, statisticien fondateur du site FiveThirtyEight, spécialisé dans l’analyse de sondages et de data, près de 158 millions d’électeurs devraient s’être prononcés cette année, contre 137 millions en 2016 [129 millions en 2012]. Cela représenterait près de 66% de la population américaine éligible au vote, soit le plus haut taux de participation depuis 1900.

COUVE-FEUX, billetterie épisodique 600px-Voter_turnout
Participation électorale lors de l’élection présidentielle américaine depuis 1824. Source
en 2012 elle baisse à 54,9% et remonte à 55, 7% en 2016

je ne reviens pas sur la présidence de Donald Trump ni surtout sur sa personnalité et son style qui dépassent toutes les normes concernant un dirigeant occidental. Soulignons qu'en France, on a tendance à comprendre la démocratie américaine sur les critères de la nôtre, alors que les pouvoirs d'un Président français sont considérablement supérieurs, ne serait-ce qu'en raison de la structure fédérale de l'État américain

cette forte participation fait que le nouveau président pourra se prévaloir d'une forte légitimité démocratique, au sens de la démocratie politique en général (actuellement plus de 50% des voix pour Biden, majorité absolue). Que plus de 140 millions de personnes aient pu faire ce choix, c'est bien cela qui me semble effrayant et désespérant, compte tenu de ce qu'est Trump, mais aussi Biden, leader de la droite du Parti Démocrate et ex. bras droit d'Obama

comment expliquer le succès confirmé de Donald Trump particulièrement chez ceux d'en-bas, du moins les inscrits ? pour ne pas le dire en termes de classes, si ce n'est, par rapport à ses prédécesseurs battus, qu'ils y ont trouvé leur compte, ou du moins n'ont pas vu en Biden quelqu'un susceptible de faire mieux pour eux, et en ceci comment ne pas les comprendre ?

voilà, on en est là en Amérique, le leurre de la démocratie politique y fonctionne encore très bien comme une entourloupe en rouge et bleu, assez loin de la guerre civile annoncée comme préalable à la communisation dont rêvent certains*

* USA 2020: Guerre civile et lutte des classes, texte au demeurant intéressant dans l'analyse du rapport classes-races : « pour qu'une révolution prolétarienne ait lieu aux États-Unis, la suprématie blanche et l’ordre racial doivent être complètement défaits », introduisant une médiation temporelle là où la communisation est généralement vue en concomitance temporelle avec la guerre civile [la rédaction ou la traduction de la conclusion est toutefois ambiguë]

Florage

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Message par Florage le Mer 18 Nov - 10:34

il est possible que je sois un peu omnubilé et omni bullé par la crise sanitaire, au détriment d'autres événements importants (par exemple l'accord de libre échange en Asie-Pacifique), mais je n'ai pas souvenir d'avoir tant détesté une équipe gouvernementale, vu les sommets de tartufferie qu'atteint la macronie sous ses grands airs de prendre soin de nous
CONFINATURE et DÉCONFITURE

18 novembre
UN MENSONGE D'ÉTAT : JUSQU'À QUAND ?
Castex n'a de cesse de le répéter, « Il était difficile d’anticiper la brutale augmentation de l’épidémie. »

voyons ça. Dans la presse entre le 1er mars et le 30 avril 2020 (recension), des experts et responsables d'hôpitaux alertent, la Chine y est déjà confrontée, et Macron même s'en préoccupe. Il s'agit non seulement de sa probabilité, mais de sa violence :

- 13 avril, le JDD : Pourquoi une deuxième vague de l'épidémie est inévitable en cas de déconfinement prématuré
- 21 avril, PublicSénat : Coronavirus : « Il y aura forcément une deuxième vague »... Tout faire pour que la « deuxième vague » soit moins forte". Aux manettes pour y parvenir : Jean Castex !
- 27 avril, ScienceEtAvenir : "Covid-19 : une possible "deuxième vague plus violente" et des "mesures désespérées". Christian Drosten, le virologue allemand à l'origine de la politique de tests de masse en Allemagne, s'inquiète d'une deuxième vague de Covid-19 plus violente que la première", à partir d'octobre...
- 28 avril, l'échommerces : La deuxième vague va être dramatique : Un drame social se profile avec des dizaines de milliers de commerçants et artisans qui vont basculer dans la précarité. [...] Est-ce avec la contribution d’Amazon* que nous avons ou que nous allons construire les hôpitaux dont nous avons tant besoin aujourd’hui ?"...
* en passant, l'antiAmazonisme de bon ton aujourd'hui est assez cocasse, surtout venant de la gauche démocrate (cf pétition). Il n'est pas certain que les salariés de Jeff Bezos s'y reconnaissent, voir "Ça permet à plein d'intérimaires d'avoir un emploi": face à l'appel au boycott d'Amazon, des salariés défendent l'entreprise

le pouvoir politique, dans sa logique au-delà des discours, a suivi d'autres experts (ironie du sort, dont Didier Raoult, 1er mai : "La deuxième vague, c’est de la science-fiction"), et comme dit d'abord ceux qui justifiaient des choix politiques car économiques, ceci dès le déconfinement en juin, durant tout l'été, et à la rentrée scolaire

que dit Christian Drosten, le plus lucide alors ?
1er octobre : "Regarder en amont est plus important que regarder en aval", 1er novembre :  Cette vague ne sera même certainement pas encore terminée à Pâques, avec un conseil simple à la population : “Comportez-vous comme si vous étiez contagieux”

mais, sait-on jamais, la macronie éclairée par son bide mondial en viendra peut-être, dans les jours qui viennent, à annoncer et prendre les mesures qui s'imposaient déjà il y a plusieurs semaines : fermeture des lycées et des cantines scolaires, tests de masse et isolement obligatoire des infectés...

ajout : l'analyse de Ben Malacki il y a 6 mois, “Restructuration et rentabilité statistique à travers la gestion pandémique”, va parfaitement dans le sens de mes considérations ci-dessous
: « les décisions politiques dans la gestion de la crise pandémique du COVID-19 ont pu sembler socialement et économiquement irrationnelles [...] Au-delà de l’incompétence particulière de certains personnels politiques [sic] ... au contraire, ces choix relèvent d’un processus rationnel inhérent au fonctionnement du système économique actuel basé sur la rentabilité statistique. » Nous continuons de le vérifier, comme je l'ai montré dans la sélection des données statistiques justifiant les choix politiques

17 novembre
LA TROISIÈME VAGUE ÉPIDÉMIQUE, QUI VIENDRA, AURA POUR CAUSES DES CHOIX POLITIQUES
"Le profit ou la mort !" dixit le Capital, dans le double sens : "sans profits, je meurs, si vous mourrez tous aussi, donc je vous soigne pour faire des profits."

il n'y a pas de contradiction à juger inefficace le confinement de masse (voir 8 novembre) et ne pas souhaiter qu'il soit levé, parce qu'il est trop tard pour le faire. Depuis le début de la pandémie, le vrai problème est de n'avoir pu ni voulu cibler la contagiosité, et la faute grave reconduite par l'État français est de ne toujours pas l'envisager. Position que je retrouve chez Catherine Hill : "Non, nous n'avons pas atteint le pic épidémique" : "La moitié des contaminations sont le fait de porteurs asymptomatiques. Si on ne les cherche pas, l’épidémie continue. Il y a donc urgence à tester massivement la population pour isoler au maximum les personnes contagieuses."

mais cette faute du pouvoir macroniste n'est pas une erreur, c'est un choix (voir ci-dessous et "Sautez Noël !", 14 novembre)

je peux me tromper, mais il me semble que ce qui se prépare pour les semaines qui viennent, et commence d'être annoncé dans la plus grande confusion sur la base des seuls chiffres indiquant une baisse* en l'absence de tests généralisés de la contagiosité dans la population, est de nature à programmer pour janvier-février une troisième vague épidémique peut-être plus forte encore

* s'appuyer comme Véran et Castex sur ces chiffres ou courbes n'a rien de scientifique, alors de deux choses, - ils sont mauvais ou ils mentent - l'une : les deux

autrement dit, ce n'est pas parce qu'il y a une baisse affichée des contaminations, hospitalisations, et bientôt des réanimations et décès, - dont se félicite le pouvoir en sauveur -, que la politique suivie n'a pas contribué, et ne contribue encore, à les augmenter. C'est un discours auto-justificateur de pyromane-pompier

pourquoi ?
parce qu'il est plus rentable de vendre un vaccin pour empêcher la maladie ou la contagion, que de prendre la maladie à sa source. C'est au demeurant une constante de l'industrie de la pharmacie et de la recherche médicale que de préférer soigner sans forcément guérir, parce que ni les biens portants ni les morts de rapportent rien. Ce n'est pas un scoop de constater que sous le capitalisme, tout le système de santé doit être rentable, et nous avons vu que Castex en fut un artisan depuis 15 ans

nul besoin par conséquent de supposer un complot à la manière de Hold-Up car les causes sont connues et prouvables : l'appétit du capitalisme et les États à sa solde. Mais sous la chape idéologique des médias, les gens veulent savoir la vérité, d'où le succès du complotisme et des fausses explications. Relevons que tout cela, dans la compréhension et la réaction, est très "Gilets Jaunes" (cf Maxime Nicolle), et penche vers leur côté populo-extrême-droite, comme on le voit dans les positions de Le Pen à Trump et Bolsonaro

"Eux et Nous"
tout se passe dans la fausse opposition entre complotisme et discours officiel médiatico-politique, à propos de la politique pandémique, comme dans celle entre islamisme et liberté d'expression à la française : "Qui n'est pas avec moi est contre moi" dit aux médias anglo-saxons Macron* sur la pente Valls : tous islamogauchistes ? Et tous complices du virus ?

"Après les attentats, Emmanuel Macron déplore une France isolée sur la scène internationale... « mais je ne vais pas changer mon droit parce qu’il choque ailleurs. ». "Son" droit, car la France, c'est lui, vérité au demeurant puisqu'il est l'image de l'État-Nation, dont la sacralité est d'origine religieuse et chrétienne (Pierre Legendre)

15 novembre
LE "TEMPS LONG" DU CASTING CASTEX DE LA CASSE À LA LUTTE DES CLASSES
un agenda étatique visant à se prémunir de réactions sociales au printemps 2021

c'est plutôt par plaisir facile que j'ai épinglé Jean Castex comme plouc technocrate par excellence, car il ne faudrait pas être dupe de son choix par Macron comme Premier ministre paravent et fusible, mais aussi réellement comme homme de la situation plus que ne laisse paraître son inexpérience médiatique d'homme d'État. Il ne faut pas prendre les hommes du pouvoir pour des imbéciles, et c'est toujours une erreur de sous-estimer ses ennemis. Dans son jeu machiavélien, on comprend que face au "cumul des crises", Macron soit en pleine forme (Comment la crise électrise Emmanuel Macron : Ceux qui côtoient le chef de l'État s'étonnent de sa forme resplendissante. Comme un guerrier ou un compétiteur, il semble galvanisé par les difficultés.")

si l'on s'en tient à la dimension sanitaire de la crise, il apparaît que la réponse étatique est catastrophique au moins depuis le déconfinement de juin, puisque l'impréparation dans la longue dégradation du système hospitalier depuis 20 ans ne permettait au printemps que de piloter à vue dans l'urgence

Castex fut introduit par Edouard Philippe dans la gestion gouvernementale de cette crise comme "Monsieur déconfinement" le 2 avril, càd seulement 15 jours après le début du confinement le 17 mars, avant de préparer le second confinement en tant que chef du gouvernement. Au vu des résultats on peut légitimement se demander ce qu'on lui a trouvé en haut lieu, et voici comment je l'interprète à la lumière des dernières nouvelles

le rappel de sa fonction, en 2006-2007, de cheville ouvrière ministérielle de la casse de l'hôpital sous Chirac puis Sarkozy, situe son action dans "le temps long" qui a rendu en 2020 l'État français impuissant face à Covid-19, du moins un temps plus long que celui qu'il annonce aujourd'hui en affirmant qu'il va falloir « vivre avec le virus sur le temps long »*, et qu'il planche sur des « règles » à suivre « jusqu'à l'été », ceci moins d'une semaine après avoir présenté celles pour aller jusqu'à la fin de l'année 2020

* l'expression "temps long" recouvre le concept de "longue durée" en histoire, forgé par Fernand Braudel

des choix délibérés
tout ceci doit nous mettre la puce à l'oreille, d'abord sur le fait que le casting gouvernemental n'est pas une erreur mais un choix délibéré, ensuite sur la logique à l'œuvre dans le soi-disant "équilibre" entre priorités sanitaires et économiques. À cet égard, si l'État, conduit par Macron, a retenu certains des conseils d'experts de la santé plutôt que d'autres, c'est parce qu'ils étaient adéquats avec ses choix économiques, non l'inverse, mais le président n'a eu de cesse d'écouter en même temps des spécialistes minoritaires, tels que Didier Raoult sinon Catherine Hill. Les choix faits ne relèvent donc pas d'erreurs d'appréciation de la situation, comme le laissent entendre les critiques considérant les décideurs politiques comme incompétents et enfermés dans leur tour d'ivoire

l'État joue les prolongations et la montre
l'annonce de la préparation en cours de règles à suivre par la population jusqu'à l'été donne une idée de l'agenda étatique, maintenant que l'on peut voir une sortie de la crise pandémique avec le vaccin au printemps, pour le dire entre optimisme et pessimisme. D'un côté on nous dit que l'on ne voit pas très clair jusqu'à Noël, avec des décisions ajustées de quinzaine en quinzaine, mais d'un autre qu'on saurait déjà quoi faire jusqu'aux grandes vacances de 2021

et l'on comprend alors que cet agenda a, foncièrement, des raisons sociales et politiques. L'État craint plus que tout la vague de luttes qui ne manquera pas d'émerger dès qu'il va « desserrer la bride », pour reprendre l'expression de Castex, tout sauf un lapsus. Avec la prolongation de l'état d'urgence sanitaire et surtout les mesures anti-luttes tant juridiques que policières qu'il a aussi accumulées à la faveur des attentats terroristes et fort de l'expérience du mouvement des Gilets jaunes, qui pourrait se réveiller sous ce nom ou un autre, l'État inscrit bel et bien sa politique sanitaire dans le cours de la lutte des classes, avec la ferme intention d'en rester le vainqueur dans la crise. Vu le contenu prévisible de ces luttes, il serait difficile d'appeler ça "contre-révolution", mais il s'agit tout de même pour la bourgeoisie de mesures préventives dans la grande peur des "classes populaires"
François Hollande à France Inter, 13/11/2020 :

Si on veut qu'il y ait une acceptation, il faut que la décision soit partagée pour qu'elle soit ensuite comprise et que l'opinion puisse y adhérer [...] C'est l'incompréhension qui, quelquefois, nourrit la colère. Et si la colère monte, si la grogne s'installe, si la misère touche un certain nombre de catégories, alors on aura des mouvements sociaux. Ce que j'ai appelé un krach social.

14 novembre
LA VÉRITÉ SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS, LA MALADIE AUSSI
un article très complet faisant le point sur les enfants et la Covid-19. Il permet de comprendre sur quelles bases ont été faits les choix de l'État français* relativement à l'ouverture des écoles, collèges et lycées et aux règles sanitaires qui y ont été instaurées, applicables ou non, lors de la première vague, dans la période déconfinée et à la rentrée puis au reconfinement. Il est probable que cette question est appelée à faire d'autres vagues, sociales et politiques

Covid chez l'enfant : les enfants plus touchés et plus contagieux qu'annoncé ?
Benoit Deshayes, L'Internaute, 9 novembre

CORONAVIRUS ENFANTS. Le relatif consensus qui affirme depuis le printemps que le Covid touche peu les enfants est battu en brèche par plusieurs études. Que faut-il savoir sur le coronavirus chez les plus jeunes ? Sont-ils tout aussi contagieux que les adultes ?

- Plusieurs études américaines préoccupantes
- D'autres signaux de fébrilité en France
- Seul consensus sur le Covid chez l'enfant : l'incertitude
- Que disent les statistiques sur le Covid-19 chez les enfants ?
- Que disent les études sur les enfants et le coronavirus ?
- Une série d'études menées en France
- Des doutes sur la relative innocuité du Covid chez l'enfant
- Y a-t-il des symptômes spécifiques du coronavirus chez les enfants ?
- Les enfants sont-ils vraiment moins contagieux ?
- Un virus en plus petite quantité ?
- Quelles études ont été menées sur la contamination par les enfants ?
- De nombreuses études au niveau international
- Des études moins optimistes sur la contagiosité des enfants
- Des conclusions alarmantes venues de Berlin dès avril
- Les moins de 5 ans plus contagieux que prévu ?
- Que sait-on sur la propagation du coronavirus à l'école ?
- D'autres rapports rassurants en France... avant la rentrée
- Peu de nouveaux enseignements depuis le retour en classe
- La contamination des enfant et par les enfants toujours possible
- Plusieurs analyses "rassuristes" sur le Covid à l'école
- Des alertes aussi dans le monde, mais priorité à l'école

L'ÉTAT QUI VIENT
* je dis "l'État français" et non "le gouvernement". Que ce soit l'exécutif dans ses formes plus ou moins restreintes, Macron et sa garde rapprochée, son Conseil de défense et le Conseil des ministres, ou prolongé des votes législatifs (parlement) ne change pas grand-chose à l'affaire, et je ne souscris pas du tout à la critique démocratique, qu'elle vienne des politiques de droite ou gauche (notamment Mélenchon) ou des citoyens ulcérés par la dérive monarchiste du pouvoir présidentiel

la situation nous invite certes à interroger la forme du pouvoir étatique dans la crise multiple du capitalisme, et ce qu'il en restera après une éventuelle éradication de la pandémie (le genre de questions posées chez lundimatin, avec Agamben et Cie, la crise pandémique comme laboratoire d'un État d'exception néo-fasciste), mais le plus décisif sera la crise sociale, économique et écologique qui en résultera. Je ne suis pas de ceux qui parient sur les chances qu'en émerge une "conjoncture révolutionnaire" communiste, mais il faut s'attendre à un prévisible chaos et dans ce contexte à une recrudescence de l'activisme gauchiste théorique et pratique, mouche du coche dans la reprise inévitable de luttes sociales tout sauf radicales qu'annoncent déjà les mobilisations transclassistes contre les mesures étatiques, des petits commerçants aux gilets jaunes, et le succès des récits complotistes comme succédané de vérité à l'idéologie dominante comme mensonge (Hold Up...)

le temps est aux "fausses consciences" en tous genres. La période est propice à faire des pronostics sur "le monde d'après", mais je vois peu de réalisme quant à l'ampleur des bouleversements civilisationnels dont est grosse notre époque, la plupart des penseurs critiques étant surtout soucieux de refourguer, comme prétendues validées, leurs analyses et présupposés du "monde d'avant"

SAUTEZ NOËL !
COUVE-FEUX, billetterie épisodique Maxresdefault

le sujet L'ACHRONIQUE À CÔTÉ s'ouvrait sur la question la chronique à côté de la plaque ?, et j'accepte parfaitement l'idée qu'on me trouve moi à côté de la plaque

j'ai déjà dit lors du premier confinement combien il me touchait peu dans mes habitudes, certes parce que j'ai les moyens économiques et intellectuels de cette prise de distance, mais surtout parce que je m'y prépare de longue date par simple goût et tendance à n'en faire qu'à ma tête. Et ma tête me dit de fuir ce monde, cette société, de me protéger et les miens. Ce qui crée au demeurant, dans la conjoncture pandémique, les conditions pour n'être en rien "personne vulnérable" malgré mon âge, et remplir toutes celles aboutissant même à l'inutilité pour moi de passer un test covid (voir le schéma dans Covid-19 : quand faut-il passer un test PCR ou antigénique… et quand vaut-il mieux s'abstenir ?)

avec ce second confinement, et sa logique imposant le repli sur "l'essentiel", travail et commerce, je ne suis pas davantage frustré, puisque retraité confortable et mauvais consommateur du non indispensable à la vie simple qui est la mienne loin de la norme des désirs capitalisés. Amère défaite dans le retrait antisocial

il y a des années que je ne fête plus Noël en famille au-delà de ma compagne et mon fils, comme tous les jours, ni le Premier de l'an au-delà de 2 ou 3 ami.e.s, alors cette année, à titre personnel, je me contrefous des empêchements étatiques comme de "sauver Noël"

sans avoir à soutenir l'État français quand il appelle à la prudence pour les fêtes familiales ou autres de fin d'année, fort de ce qui précède (LA VÉRITÉ SORT DE LA BOUCHE DES ENFANTS, LA MALADIE AUSSI), je crains qu'elles ne soient la source d'une troisième vague peut-être encore plus grave de la pandémie

aussi faut-il peut-être s'interroger sur la persistance du désir de "vivre normalement comme avant" quand il aboutit à ne pouvoir se passer de tout ce qui place la vie, hors du travail aussi, sous l'emprise du capital dans l'épiphanie de l'argent-roi

13 novembre
GENEVOIX QUE MACRON QUI PUE DROIT ET CASTEX QUI MERDOIE

COUVE-FEUX, billetterie épisodique 125221741_3495900353779446_3198635706687366964_o.jpg?_nc_cat=106&ccb=2&_nc_sid=730e14&_nc_ohc=Pk2qE-LNbrkAX_G2MQz&_nc_ht=scontent-cdt1-1
- « La gestion sanitaire de Macron est presque monarchique. Les décisions majeures concernant un confinement ou un couvre-feu sont prises dans un 'conseil de défense'» -
Le grand hebdomadaire allemand Die Zeit, qui tire à 500 000 exemplaires par numéro, dresse un portrait de la France aussi réaliste que cauchemardesque. Derrière le titre « Absurdistan autoritaire », le journal allemand décrit de façon détaillée un Régime de privation de liberté incohérent, stupide et inquiétant. Attestations et amendes, mesures contre-productives, décisions « monarchiques », extrême droite, tout y passe. Quelques extraits :
« Attestations pour quitter la maison ou courir devant chez soi, vigiles pour surveiller les jouets : le verrouillage de la France est tellement répressif que même les règles sensées sont déconsidérées.
[...]
Le déploiement policier contre une poignée de seniors sur une plage de Biarritz, longue d'un kilomètre, est l'une des conséquences des nombreuses règles autoritaires décidées par le gouvernement. Les citoyens doivent rédiger une attestation auto-signée expliquant pourquoi ils sortent à chaque fois qu'ils quittent leur maison. Par exemple, une attestation pour emmener les enfants à l'école, une deuxième pour obtenir du sirop contre la toux à la pharmacie, une troisième pour acheter des baguettes, une quatrième pour aller travailler.
[…]
Plus de 60% des Français déclarent ne plus adhérer aux règles - deux fois plus que lors du premier confinement. Une personne sur deux se dit plus déprimée depuis le reconfinement. […] La confiance de la population envers le gouvernement est la plus basse d'Europe. Deux personnes interrogées sur trois pensent que le président Macron gère mal la crise du Coronavirus. Le bilan français est catastrophique : bien que le pays ait donné l'une des réponses les plus autoritaires à la crise sanitaire, le nombre de morts est maintenant plus élevé qu'en Suède, où les mesures ont été beaucoup moins dures.
[…]
il y a des panneaux d'avertissement ou des vigiles devant les étagères avec des ours en peluche afin que les clients n'achètent rien d'interdit. […] De plus, à part l'extrême droite du Rassemblement national, la France n'a guère d'opposition audible […] à terme, le Rassemblement National va profiter des décisions solitaires prises au sommet de l'État. La gestion sanitaire de Macron est presque monarchique. Les décisions majeures concernant un confinement ou un couvre-feu sont prises dans un «conseil de défense» composé de quelques ministres, fonctionnaires administratifs et officiers. […] Le président de 42 ans a annoncé sa décision sans qu'aucune question ne soit autorisée. L'urgence sanitaire a été votée pour cinq mois et elle donne au gouvernement des pouvoirs [très étendus] »
en attendant de voir ce qui viendra, en une semaine la France a remonté 4 places dans le palmarès du nombre de morts par million d'habitants, dépassant successivement la Suède, le Panama et la Colombie, comme poursuivant sa course folle pour rattraper l'Italie, et démentant Macron et Castex affirmant l'imprévisible contre leur propre Conseil scientifique, qui n'est plus suivi. Elle est au 9e rang des pays de plus de 20 millions d'habitants les plus atteints dans le monde (source)

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- Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?
- Je ne vois rien que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie.

Barbe-Bleue de Charles Perrault

un discours de Castex, porte-parole du Conseil de défense de Macron plus que Premier Ministre, est un vrai film d'éprouvante. Il est à la politique ce que le nanar est au cinéma. Dit autrement, il cumule ce qui était avant lui opposé, l'homme de la France profonde des terr(it)oir(e)s et l'énarque parisien : il est le plouc technocrate par excellence

tout le monde a relevé l'incohérence d'annoncer un « confinement prolongé d'au moins 15 jours » et le « maintien de l'attestation de sortie au 1er décembre », qui signifie son prolongement au-delà de Noël. Après le "confinement allongé", Castex va inventer le "déconfinement alourdi", une sorte de yaourt grec, maigre mais avec de la crème

quant à faire porter la responsabilité de l'état lamentable de l'hôpital public en France sur les gouvernements précédents, rappelons que Jean Castex fut en 2005-2006, sous Chirac, directeur de l’hospitalisation et de l’organisation des soins au ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale, préparant le plan hôpital 2007 de Sarkozy, qui introduit la notion d’objectifs et de rentabilité, la rationalisation des coûts, et la tarification à l'activité (source) : nonobstant son grand nombre d'outils, un "couteau suisse" (Édouard Philippe dixit), c'est aussi fait pour couper, et l'on voit dans quoi

12 novembre
QUE SE PASSE-T-Il ? CE N'EST PAS LE MOMENT DE PERDRE LA TÊTE
deux textes intéressants dans lundimatin #267
- Arraisonnement, le vrai nom du "second confinement", Aclin
- Du Despotisme en Amérique, Jacques Fradin

10 novembre
ABRÉGÉ D'ÉCONOMIE POLITIQUE DE LA SANTÉ : L'ALLÉGRESSE À PLATEAU
Coronavirus : "Impression d’un frémissement", "amorce d’infléchissement", selon des spécialistes (DNA, 9 novembre). Ces "spécialistes" sont les dirigeants de la santé en France, autorités sanitaires et gouvernementales (de Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP à Olivier Véran, Ministre de la Santé, en passant par les directeurs d'ARS). En bon serviteur de l'État, le premier affirme : « On peut se réjouir d’avoir fait le couvre-feu et mis en place le confinement », mais à y regarder des près, on peut tout de même s'interroger : Covid-19: le vrai-faux plateau des courbes, embellie ou mirage ? (Huffpost 9 novembre)

“Les chiffres qu’on vous donne sont forcément liés au fait qu’il y ait un peu moins d’interactions sociales entre les uns et les autres”, explique Martin Hirsch. Reste donc à savoir si cette baisse d’interactions sociales est liée au couvre-feu, au confinement, aux vacances, voire à la météo ou à des éléments que nous ne comprenons pas forcément.
les causes de cet hypothétique "frémissement" pourraient donc ne rien devoir aux décisions d'un gouvernement dont il serait déplacé de s'interroger sur les responsabilités dans la catastrophe qu'il a lui-même provoquée, avec ses prédécesseurs, par son impéritie et sa priorité à l'économie, aux économies, sur la santé de la population

car bien entendu, dans toutes les déclarations des dirigeants de l'État, il est présupposé qu'ils n'agissent que pour le bien de la population, et pas pour les industriels de la pharmacie, en clair que l'État n'aurait pas d'intérêt de classe et surtout pas ceux de la classe dominante. En passant, depuis le début de l'épidémie, « l’irruption du Covid-19 dynamise le secteur pharmaceutique », comprendre qu'elle est une aubaine pour les profits de cette branche, et pas seulement, car s'il fallait s'en convaincre, on a pu relever qu'à l'annonce, au demeurant un rien précipitée*, d'un vaccin découvert par la société américaine Pfizer, leader mondial, le CAC40 s'est envolé...,  et que l'Union européenne négocie une commande de 300 millions de doses...

* dans la petite musique à double langage de l'État, Jérôme Salomon est préposé aux douches froides, indiquant hier que le pic de l'épidémie est devant nous et invitant à rester prudent devant l'efficacité à 90% de ce vaccin

la leçon de choses est implacable tant pour qui s'interrogerait sur les conséquences causales de la pandémie que sur les chances qu'elle soit de nature à changer la logique du système capitaliste. Quant à ceux et celles, confinés, qui auraient à se plaindre des atteintes à leur liberté de circulation, sinon d'expression (pour ça, il y a Charlie, la République et les terroristes), dans la mesure où elle n'a pas fait la preuve de son efficacité contre le virus (voir ci-dessous), il peuvent encore s'interroger : à quoi sert l'État, ou mieux, pourquoi ne pas envisager de le détruire, en même temps que l'économie qu'il sert prioritairement sans le dire et sur le dos de populations qu'il prétend protéger ?

8 novembre
LE CONFINEMENT DE MASSE EST INEFFICACE
mes billets précédents ont pu laisser entendre que je serais partisan d'un confinement plus dur, à l'instar du patron du PCF, Fabien Roussel, qui réclame "un confinement strict, dur, ferme". C'est effectivement ce à quoi porte à penser tant la légèreté du confinement actuel que son non-respect. Mais le problème est-il là, alors que la stratégie de l'État français vise toujours, et avec retard, à côté du cœur de cible, cad reproduit les conditions de l'échec des mesures qu'il prend, à grand renfort de police ? Déjà dit, on verra dans une dizaine de jours qu'il a encore tapé à côté... Bel exploit, mettant en concurrence l'économie et la santé, il dégrade les deux !

que le gouvernement écarte un confinement pour les personnes âgées est un moindre bien, mais encore à côté du problème, puisqu'il les laisse en contact avec d'éventuels porteurs contagieux

globalement, on sait maintenant que le confinement n’a pas d’incidence sur le taux de mortalité Covid-19

lecture conseillée : « Vouloir arrêter une épidémie avec le confinement, c’est comme vouloir arrêter la mer avec ses bras. »Le confinement est une piètre stratégie pour lutter contre ce virus, analyse Jean-Loup Bonnamy, coauteur d’un «Tract» intitulé « Quand la psychose fait dérailler le monde » (Gallimard). Il faudrait s’inspirer selon lui des pays asiatiques qui prônent le dépistage massif et l’isolement des seuls malades. [en réalité des seuls porteurs malades ou pas]

hier, la France a dépassé la Suède, qui n'a pas confiné, par le nombre de décès par million d'habitants (615 contre 595, source). 17e sur 218 pays recensés dans le monde, elle court derrière la "performance" de l'Italie (680) plombée par la première vague

les arguments sur "l'échec de la stratégie tester, isoler, traiter", repris par Macron le 28 octobre, ne tiennent que parce qu'on n'a pas isolé les testés positifs avec ou sans symptômes, nombre de contagieux étant renvoyés au contact dans l'espace public ou en famille, confinés ou pas, produisant autant de clusters non repérables, au travail, en milieu scolaire, dans les transports et tous espaces privés. En terme de simple respect de la vérité et de logique de raisonnement, Blanquer décroche la palme avec son chiffre invérifiable et considérablement sous-estimé de "3528 élèves contaminés", il devrait retourner à l'école...

in fine, l'isolement des seuls positifs est peut-être une des seules vérités de Didier Raoult qui tienne depuis le début

LE MONDE D'APRÈS EST DÉJÀ LÀ
7 novembre 2020
intéressant d'observer, à partir de la France et des États-Unis, l'effondrement de la démocratie politique dans le capitalisme occidental qui l'a inventée, où l'on voit que la crise épidémique durable fait désormais partie du devenir de ces sociétés comme conjoncture économique, politique et sociale pour les sauver

l'absence de démocratie est précisément ce qui explique la meilleure résistance des pays asiatiques à la pandémie. Le philosophe André Comte-Sponville le dit à sa manière très franchouillarde : « J'aime mieux attraper le Covid-19 dans un pays libre qu'y échapper dans un État totalitaire. » (L'Écho, 27 mai 2020), où l'on retrouve l'absolutisme de "la liberté d'expression" à la française qui s'effondre pitoyablement dans la vulgarité du modèle républicain Charlie Hebdo, avec une nouvelle formule de « la liberté ou la mort ! » qui ne se targue pas même, comme le socialisme cubain*, d'un idéal au-delà de l'existant : aujourd'hui, Comte-Sponville vit dans un "pays libre"

* « Socialismo o muerte, patria o muerte, venceremos / Le socialisme ou la mort, la patrie ou la mort, nous vaincrons », Fidel Castro, 5 mars 1960. En passant, à Cuba, 130 morts du coronavirus, 11 par million d'habts, 66 fois moins que les USA, 55 fois moins que la France

ce que ne peut pas voir Jean-Luc Mélenchon dans La mort et son régime politique (Libération, 6 novembre), c'est que la forme dictature de la politique est paradoxalement la seule à même de sauver les populations telles que le capitalisme les a formatées par la forme démocratie, notamment l'égoïsme individualiste de masse qui se retourne contre ce qu'il croit obtenir (cf l'exemple suicidaire écologiquement de la voiture individuelle). Au demeurant, sa conduite personnaliste et narcissique des Insoumis (sic) n'a rien à envier à celle de la France par Macron

ce sont, en boucle, les populations d'individus qui, massivement par leurs comportements irresponsables d'eux-mêmes, cad pas davantage anticipateurs que les mesures prises par l'État (voir éthique de la liberté), appellent objectivement de sa part les mesures liberticides de leur protection : c'est le principe même du contrat démocratique. Véran, Salomon, Castex pilotés par Macron peuvent toujours faire appel à cette responsabilité, ce n'est de leur part qu'injonction contradictoire puisqu'ils fabriquent en même temps l'infantilisme de masse dont le système politique a besoin

cette contradiction est insoluble dans le capitalisme, ce qui ne signifie pas qu'elle soit motrice pour en sortir : il n'y a rien à attendre du "peuple", des "peuples" en tant que tels, parce qu'ils sont, citoyens nationaux, conceptuellement constitués de cet égoïsme par les États-nations (n'en déplaise à Jaurès, un internationalisme des peuples ne peut pas exister)

de cette série de réflexions, je tire l'idée que le communisme, comme Communauté humaine positivement réalisée, ce n'est ni la démocratie ni la dictature, parce que cela ne ressort pas de la politique ; le communisme, c'est la liberté de chacun responsable de tous. Au vu du monde actuel, il semble improbable que cela advienne un jour, tant cela suppose une inversion radicale des rapports que l'espèce humaine entretient avec elle-même

ÉPIDÉMIE, CONFINEMENT, DÉCONFINEMENT
6 novembre 2020
la stratégie française anti-virus est mauvaise depuis le début, même maintenant qu'on a les moyens

@Médiavenir a écrit:Le gouvernement réfléchit à confiner (à l'avenir) seulement les personnes vulnérables, afin de mettre en place un déconfinement pour les autres Français. Rejetée par Macron dans son allocution, cette idée fait son chemin. (Le Monde)

on procède à l'envers, en bout de chaînes, au lieu d'attaquer les causes, d'où le retard permanent reconduit. Dans l'immédiat il faut tester en masse dans les lieux publics de transmission du virus (milieu scolaire, entreprises...) et isoler les porteurs. Les personnes vulnérables confinées en famille ou Ehpad ne seront pas davantage protégées de leurs proches déconfinés et infectés dehors (scolaire, entreprises) même sans symptômes. Résultat, on perd aux 2 bouts et au milieu, + de contaminés, + de transmissions, + de cas graves

c'est de ma part un point de vue logique de non spécialiste, c'est aussi celui de Catherine Hill, épidémiologiste

il est faux que le masque porté par tous suffise à bloquer la transmission. Le manque d'hygiène sanitaire est responsable de la transmission par tous les objets touchés, produits commerciaux, poignées de portes, robinetterie, toilettes, appareils ménagers, vaisselle et ustensiles de cuisine... C'est pourquoi les précautions dans le milieu familial sont impossibles à respecter, il faut couper les non atteints des porteurs asymptomatiques et des malades ou non, et donc tester massivement et isoler les porteurs du virus

la conférence de presse d'Olivier Véran, hier soir, bien qu'intéressante, n'a rien apporté de nouveau à cette stratégie, mais elle commence à être critiquée y compris au sein de l'appareil d'État (voir la note confidentielle de Jérôme Salomon, Directeur de la Santé)

TERRORISME ISLAMIQUE, CARICATURE, et IDÉOLOGIE FRANÇAISE RÉPUBLICAINE
6 novembre 2020
un peu comme Trump qui prétend que les votes opposés sont de la fraude, le gouvernement française considère que seule sa politique est républicaine. Voici un des seuls textes qui partage mon point de vue quant à la "ligne Charlie" de l'État français et l'usage des caricatures y compris par Samuel Paty. On comprend que sous le déluge, ces idées plus largement partagées demeurent discrètes. Il ne fait pas un temps à passer pour "anti-républicain", et moi, je ne passe pas pour tel, je le suis comme je suis anti-politique, cad contre la démocratie politique, cette entourloupe

Un long hiver républicain, 31 octobre 2020, Alain Brossat. Repris par lundimatin#261, 3 novembre. Pour le reste, je le trouve inutilement verbeux et trop long, et, ne resituant pas le fond, restant au niveau politique

Florage

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Message par Florage le Sam 28 Nov - 6:17


SORTIES AUTORISÉES

nonobstant ce que nous pouvons en penser quant au fond (cf une police en sale État), nous n'allons pas, ma chère lectorate, bouder notre plaisir alors que cette première journée de "confinement allégé" voit une centaine de manifestations contre la loi de sécurité globale et les violences policières, autrement dit pour la liberté, tant d'expression que d'action, sacré pied-de-nez au Prince Macron, Machiavel au petit pied dont c'est le thème répétitif dans son papier surréaliste d'hier
Emmanuel Macron a écrit:Je crois en nos libertés, dont je suis le garant. Liberté d’expression et liberté de la presse. Je n’ai jamais cessé de défendre ces principes et tous ceux qui l’incarnent... Je n’accepterai jamais que ces libertés puissent être reniées... Liberté de manifester. Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression. La France est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire...

Partout en France et au-delà, 100 MarcheDesLibertes,
cortèges et rassemblements contre la LoiSecuriteGlobale

COUVE-FEUX, billetterie épisodique En2zpvmW4AA6cgZ?format=jpg&name=large
source Coordination Stop Loi Sécurité Globale

cela laisse plus que symboliquement augurer ce qui va se produire au fur et à mesure que le couvercle de la cocotte-minute (voir plus haut) sera, d'une façon ou d'une autre, soulevé

le précédent de référence me semble l'Abandon du CPE : quand Jacques Chirac a écouté la rue

cela dit toutes choses égales par ailleurs, et notamment l'infinie naïveté de l'objectif et des mots d'ordre, l'ignorance de l'histoire de la violence d'État et du capitalisme pour parvenir à leurs fins, ce qui augure davantage de leurs capacités à retourner la situation à leur avantage. Relevons d'ailleurs que les tweets de Macron à la veille des manifestations ne font qu'exprimer l'idéal des rapports entre police et population que poursuivent la masse des manifestants en en relevant le cynisme des mensonges, l'écart à la réalité qu'eux visent
24 novembre
ATMOSPHÈRE

COUVE-FEUX, billetterie épisodique Aa-la-marmite

lettre ouverte de la cocotte-minute
(sans attendre le sketch présidentiel de ce soir)


"Monsieur le Président, je ne vous autorise plus à vous occuper de moi..."


à vrai dire, je suis dans cet état d'esprit, bien que je n'aies rien à dire à Macron, n'ayant jamais autorisé personne à s'occuper de moi sauf y voyant mon intérêt dont j'ai toujours décidé seul, souverainement, disais-je dans ÉTHIQUE DE LA LIBERTÉ d'expression, de pensée, et d'action. J'en conviens, c'est assez primaire, en rien théorique, ni même conseil à personne, tant fort peu en ont les moyens

quant à la situation, elle est tel qu'en mon titre il y a un mois, quelque chose couve sous le feu, ou l'inverse plutôt, sans qu'on puisse dire véritablement quoi, ni même en espérer une issue favorable, et pour ceux qui se battent, et pour ceux qui pâtissent. Cela me déprime bien davantage que les causes conjoncturelles de la "dégradation de la santé mentale des Français" vue par les pyromanes-pompiers
à signaler, dans ce grand écart concernant la liberté selon ses fossoyeurs, en écho au premier billet du sujet, LA LIGNE CHARLIE, nouvelle ligne Maginot de la politique française, deux interventions qui, au fond, vont dans le sens de mes critiques de la laïcité en 2015, alors dans le même club Médiapart, sous le titre "la hic cité"

- A propos de la liberté d’expression, Jacques Rancière, Club Médiapart, 20 novembre

- La liberté d’expression et les caricatures, Emmanuel Terray, Club Médiapart, 23 novembre

Florage

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Message par Florage Aujourd'hui à 8:52


LA FRANCE SELFIE
mise en abyme
dans la galerie des glaces

"pas vu pas pris" ?
mais qu'est-ce qui est vu et pris ?
et, quand on voit, quoi ?


COUVE-FEUX, billetterie épisodique A3bc9261341c03f71878b5cac5316648
Mila Kucher
ce ne sont que bribes intuitives, désordonnées, et mal exprimées, qu'il faudrait construire...

la séquence sur les "violences policières" qu'il s'agirait de cacher ou de montrer, et donc celle qui va de l'article 24 de la loi Sécurité globale à la Marche des libertés, à travers le suivi des hashtag de tweeter, les RT (retweets) à ses abonnés et vers ces mêmes hashtags font tourner en boucles infinies un nombre in fine très limité d'images et vidéos

l'objectif de ces manifestations, défendre qu'il s'agit de montrer pour pouvoir dénoncer, et pour nombre de nouveaux arrivants sur ce marché de la monstration qui n'est que piètre démonstration, les journalistes des médias mainstream en tant que tels sous la pancarte de leurs canards qui jusque-là ne montraient rien, s'est traduit par montrer les manifs, se montrer à la manif et montrer qu'on était à la manif. Cela fonctionne en boucle infinie montrer/se montrer dans une galerie des glaces qui sont tout sauf des miroirs sans tain, parce qu'on ne voit rien derrière, ou plutôt on ne voit que ce que l'on veut voir, à quoi ce qu'on montre fait écran : la police comme écran à l'État, le ministre de l'Intérieur comme écran au président de la République, celui-ci à l'État et la politique au capital, c'est-à-dire des réalités hors cadre, puisque les images sont construites dans l'idéologie, à la surface des choses

si l'on considère le contenu des pancartes, sur quoi fort peu a été dit, force est de constater que ça ne pisse pas loin, et guère plus loin qu'une injonction à Macron* de mettre ses actes en accord avec ses paroles, càd une confiance infinie dans la possibilité que le grand principe abstrait de liberté des droits de l'homme et du citoyen à la française débouche sur sa réalité par la grâce d'un État de droit, puisque tout cela n'est jamais vu qu'à travers le prisme de la loi

* ce n'est même pas à lui qu'il est demandé de démissionner, mais de démissionner Darmanin et à celui-ci le Préfet Lallement

une question m'est venue : si tous ceux, des photographes professionnels aux témoins armés de portables, qui se précipitaient sur les violences à montrer, étaient intervenus pour les stopper, y aurait-il eu davantage de victimes ? C'est à se demander si le plus fort n'est pas le voyeurisme, de la prise de vue à la contemplation, forcément passive entre consternation et jouissance, dans la vitrine des médias et des réseaux sociaux. Je ne serais pas allé sans honte à ces manifs avec un appareil photo, d'autant que je n'ignorais rien de ce qui a été montré, qui se répète depuis des décennies : qui a vraiment appris quelque chose de nouveau ?

je comprends bien qu'il soit nécessaire d'avoir des images et pour cela que quelqu'un les fabrique, mais elle ne disent pas davantage, pour une lecture immédiate, que ce qu'elles montrent en surface, ce qu'on sait au moins depuis qu'existe la photographie en tant qu'on la prend pour objective - et dans le même temps qu'elle déconstruit la peinture classique réaliste, les peintres modernes ayant compris eux que pour montrer la réalité, il fallait aller plus loin. L'ironie du sort des photographes et vidéastes, comme sujets supposés pensants, c'est qu'ils donnent moins à penser, et souvent à voir, que la vidéo prise par la caméra de surveillance dans l'entrée de Michel Zecler

au total, ces manifestations ont eu pour moi une vertu par le fait que tous les courants politiques y étaient présents et que les absents - ceux au pouvoir - les ont commentées à travers la débauche d'images qu'on en a eue. La France, en quelque sorte, a pris d'elle-même un selfie, une photographie de ce qu'elle est dans le moment présent, elle s'est montrée, et montrée se montrant, en boucle, dans sa galerie des glaces au nom de la liberté dont elle se veut depuis la Révolution française l'exemple universel. Il s'agirait maintenant de déglacer la galerie, et ça, c'est pas demain la veille

Florage

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