SÈVES de Jean-Paul Chabard alias Patlotch
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Message par Patlotch le Mar 19 Mar - 19:11


« L'usine Chodorge où l'on ne fabriquait que des clous,
l'usine Hausser, une forge qui livrait plus de cent mille faux et serpes par an,
l'usine Mirande, une maison qui construisait spécialement des machines agricoles »

Zola, Travail, 1901


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je pose le titre, pour des reportages, témoignages, réflexions... Les articles trouvés ne sont pas toujours très critiques, mais je ne recrute ni exploités ni révolutionnaires


Travailler à l'usine l'été est un bon moyen de gagner de l'argent quand on est jeune et que l'on a peu d'expérience professionnelle. À condition de savoir s'adapter à des conditions de travail parfois compliquées. Recrutement, salaires, horaires, Morgane, 21 ans, témoigne de son expérience à l'usine.

TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI Modern_zamanlar_filmi
En usine, les cadences de travail sont souvent soutenues.
©️ Les Temps Modernes Charlie Chaplin
Son bac en poche, Morgane, 18 ans à l’époque, souhaitait intégrer une formation dans l'équitation. Elle ne la décrochera qu’un an et demi plus tard. En attendant, elle a dû enchaîner les petits boulots. Dans la restauration rapide d’abord, puis en usine, au printemps 2015.

Une première expérience mauvaise
Une première expérience dans l’industrie qui va tourner court… « Ils m’ont viré au bout de deux semaines car je n’allais pas assez vite, se rappelle-t-elle. Je m’étais inscrit en agence d’intérim. Ils ont fait un test qui consistait à suivre des instructions à partir d’une notice et mettre des boulons sur des vis. » Elle est rapidement envoyée sur une chaîne de production de filtres à air, près de Laval. «  Je devais vérifier s'ils n’avaient pas de défauts et les ranger. C’était très répétitif. »

Derrière elle, un tableau sur lequel elle devait noter le nombre de pièces qu’elle faisait à l’heure. « On utilisait un crayon rouge lorsque l’on était en dessous de la cadence. Mon tableau était tout rouge, explique-t-elle en rigolant. Du coup ils m’ont changé de poste. Je devais enlever des bavures de peinture sur des pièces. Là aussi ça allait trop vite. À la fin de la semaine, ils ne m’ont pas renouvelé. » Une très mauvaise expérience donc pour ce travail à la chaîne, répétitif, « où même aller aux toilettes n’était pas très bien vu ».


TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI Photo_morgane
©️ Morgane, 21 ans, a travaillé plus de quatre mois à l'usine à Laval.

Des horaires décalés
Pas de quoi décourager Morgane pour autant. Elle dépose son CV, directement cette fois, dans une usine de matériel de soudure. La mère d’une amie qui y travaille l’a informée qu’ils recrutent pour l’été.

Elle est embauchée et y restera quatre mois durant lesquels elle fait les « deux huit » : 5 h – 13 h une semaine, 13 h – 21 h la suivante. Un rythme courant dans le secteur et auquel Morgane trouve des avantages : « C’est un peu dur les jours où l’on commence à 5 h, on est fatigué, mais ça laisse l’après-midi pour faire des choses. Et puis une semaine sur deux, on peut sortir le soir et dormir le matin ». De quoi profiter un peu de son été. « Dans l’usine précédente, certains travaillaient aussi la nuit, pas moi. C’était plus calme, moins stressant mais plus fatiguant encore. Mais on est mieux payé encore. »

1 400 € par mois
Le salaire, c’est le grand avantage à travailler à l'usine l’été selon Morgane. Elle gagnait 1 400 € par mois en moyenne, pour 40 heures par semaine. « Une bonne paye quand on est jeune et que l’on n'a aucune expérience », juge Morgane. Même chose en intérim, où elle a gagné 700 € en deux semaines.

Conditions difficiles
En revanche, travailler dans l’industrie n’est pas de tout repos. Les conditions peuvent parfois être difficiles. « Dans la première usine, je devais travailler debout et porter des bouchons d’oreille pour le bruit. » Il faut également savoir tenir des horaires, car « nous devions pointer en arrivant ».

Des emplois à la portée de tous
Pour être recruté, « ils ne demandaient pas grand-chose », selon Morgane. « J’avais seulement le bac et une petite expérience dans la restauration rapide. »  Quelques tests simples à passer et elle était envoyée sur une chaîne de production. « En général, pour les postes offerts aux jeunes saisonniers, les gestes sont à la portée de tous et facile à acquérir », estime-t-elle.

Se renseigner avant de postuler
Toutes les usines n’offrent pas les mêmes conditions pour autant. Sa première expérience a tourné court. Dans la seconde usine en revanche, Morgane « est bien tombée », reconnaît-elle. « J’étais bien payée, les horaires m’arrangeaient et mes collègues étaient sympas. »

Il peut donc être intéressant de se renseigner sur les conditions de travail et la cadence auprès d’autres jeunes qui y ont travaillé ou des employés, avant de postuler dans une usine.



« Je ne vous paie pas pour entretenir des quarts-de-révolutionnaire
qui n'osent pas dire franchement ce qu'ils sont : la police n'est pas une usine à fournir des alibis »

Malraux, La Condition humaine, 1933



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Message par Florage le Jeu 21 Mar - 19:54


travailler à l'usine, c'est parfois y mourir, en mourir



Une forte explosion est survenue ce jeudi dans une usine chimique de l'est de la Chine, selon les autorités locales.
Une très forte explosion est survenue ce jeudi dans une usine chimique de l'est de la Chine, faisant au moins 6 morts et 30 blessés graves, ont indiqué les autorités locales.

La déflagration s'est produite vers 14H50 heure locale dans l'entreprise Tianjiayi Chemical, située dans la ville de Yancheng, dans la province du Jiangsu, a affirmé la municipalité sur le réseau social Weibo.

Des vidéos publiées sur internet par plusieurs médias chinois montrent une énorme boule de feu de plusieurs dizaines de mètres de haut, ainsi qu'une épaisse colonne de fumée grise s'échappant d'un site industriel.
   
Un séisme de magnitude 2,2
"Après l'explosion, les services de sécurité publique, de lutte anti-incendie et du personnel médical ont été dépêchés sur place pour les opérations de secours, a affirmé la municipalité. Les habitants du secteur se sont par ailleurs spontanément organisés afin de conduire les blessés à l'hôpital"

Le Centre national chinois de sismologie a enregistré à 14H48 heure locale un tremblement de terre de magnitude 2,2 dans la ville. L'information, reprise par la municipalité de Yancheng sur son compte Weibo, semble être un indicateur de la puissance de la déflagration.

Des accidents fréquents
Les explosions accidentelles surviennent régulièrement en Chine, généralement dans le secteur industriel.
   
En novembre, une fuite de gaz dans une usine chimique avait provoqué une explosion qui a fait 23 morts, à Zhangjiakou (nord), une ville-hôte des JO d'hiver 2022 située à environ 200 kilomètres au nord-ouest de Pékin.
   
En juillet, une autre explosion dans une usine chimique a fait 19 morts et 12 blessés dans la province du Sichuan (sud-ouest). L'entreprise avait illégalement engagé des travaux sans passer de tests de sécurité, selon les autorités.
   
En 2016, une déflagration dans la canalisation d'une centrale électrique avait tué au moins 21 personnes dans le centre du pays.
   
Mais un des plus graves accidents industriels est celui survenu en 2015 à Tianjin (nord): une gigantesque explosion dans un entrepôt de produits chimiques avait fait au moins 165 morts dans cette grande ville portuaire, à quelque 120 kilomètres de Pékin.

Florage

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Message par Florage le Sam 23 Mar - 15:50


"Dans l'usine, le travail physique se double d'une couche cognitive"
Marion et Marine Protais, photos Pascal Guitte, L'Usine Nouvelle, 22/03/2019

Pour le sociologue Antonio Casilli, auteur du livre "En attendant les robots" (Seuil), l’automatisation liée au numérique "tâcheronnise" le travail et le rend invisible.

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Dans l'usine, le travail physique se double d'une couche cognitive, selon Antonio Casilli Antonio Casilli est l'auteur du livre "En attendant les robots" au Seuil.

L'Usine Nouvelle - Votre livre veut montrer la réalité du " digital labor ". Qu’entendez-vous par ce concept ?

Antonio Casilli - Le digital labor renvoie au travail " tâcheronnisé ", c’est-à-dire très fragmenté et réduit à son geste le plus simple, le clic. Ce travail est aussi " dataifié " : la donnée en est la ressource fondamentale et le produit typique. Les travailleurs du clic produisent, nettoient, taguent, annotent des données. On retrouve là des logiques bien connues dans l’industrie, comme le fordo-taylorisme, poussées à l’extrême. Ici, le geste productif est tellement rationalisé et fragmenté qu’il n’est plus reconnu comme tel. Avec la promesse de remplacer le geste humain par un geste automatique, d’où l’idée du grand remplacement technologique.

Pourquoi le discours du remplacement du travail de l’homme par celui de la machine s’est-il imposé ?

Les récentes études sur le digital labor montrent que la présence humaine est nécessaire et constante. Mais ces travailleurs sont déplacés à l’extérieur du champ de vision de l’entreprise. On choisit de les invisibiliser, comme on l’a déjà fait avec d’autres métiers techniques ou d’entretien, car ils sont la preuve que l’infrastructure ne fonctionne pas toute seule. Dans le digital labor, le manque de reconnaissance est plus flagrant encore. Amazon Mechanical Turk [la plate-forme de microtravail d’Amazon, ndlr] appelle ses travailleurs par le sobriquet "turker" [en référence au turc mécanique, cet automate joueur d’échecs piloté par un humain caché, ndlr] ou "participants". Les usagers des réseaux sociaux ne sont pas reconnus comme producteurs de contenu. Toutes ces personnes réalisent pourtant un geste fondamental : produire de la donnée pour faire marcher la plate-forme, la monétiser et l’automatiser.

L’industrie recourt-elle, comme les Gafa, à ce que vous appelez les travailleurs du clic ?


Les entreprises industrielles recourent à la sous-traitance du digital labor. Elles externalisent en achetant des solutions vendues comme automatiques, mais derrière lesquelles on trouve des microtravailleurs. Savoir qui les emploie n’est pas facile car on va de plus en plus vers du " microtravail profond " : on utilise quatre ou cinq couches de plates-formes différentes de façon à perdre la trace de l’employeur principal. Il y a une telle fragmentation que l’on ne sait plus qui fait quoi ni pour qui.

Ce travail invisible existe-t-il aussi dans l’usine ?


Comme l’information devient cruciale dans le cycle de production, le travail physique se double d’une couche cognitive. L’ouvrier produit des objets, mais aussi des informations nécessaires à l’entreprise. La transformation numérique est avant tout un changement de modèle d’affaires centré sur la monétisation des données produites en interne et par les clients. Malgré cette monétisation, ce nouvel effort productif n’est pas forcément reconnu ni rémunéré.

Cela nous renvoie à la notion d’hyper-emploi du philosophe Ian Bogost. Le 3 x 8 devient un 3 x 24. Le technicien qui supervise une machine autonome est dans un état constant d’alerte car elle communique avec lui. Cela ressemble à l’état de flux tendu vécu quand nous recevons des messages de notre plate-forme préférée. Une machine qui vous invite à vérifier l’état de son fonctionnement, c’est comme Facebook qui vous envoie une notification. Ce sont des appels à l’action.

Ces appels à l’action ne sont-ils pas rares si la machine à superviser est performante ?

Toute machine intelligente est en réalité faite pour tomber en panne puisqu’elle apprend au fur et à mesure, à partir des nouvelles situations qu’elle rencontre. Le travail humain dont je parle sert à résoudre ces pannes au quotidien en fournissant des exemples, en donnant du sens aux erreurs, avec une rapidité telle qu’on ne les voit même pas. C’est le cas des personnes qui vérifient qu’un assistant virtuel a bien interprété la commande de son utilisateur. Plus vous injectez sur le marché de nouvelles solutions intelligentes, plus vous avez de pannes à gérer.

Une machine intelligente est donc tout sauf autonome...

Ce que je dis, c’est que ce système, c’est-à-dire l’intelligence artificielle, n’existe pas en tant que tel. C’est ça la part d’artifice de l’intelligence artificielle : il y a une crédulité consensuelle sur sa capacité à travailler seule et sans se tromper. Les centaines de millions de microtravailleurs qui ajustent ces systèmes sont là pour témoigner du contraire. Ces machines ne sont pas précises, elles sont mises sur le marché dans un état d’imprécision et d’incapacité totale à agir.

L’IA ne peut-elle pas progresser et libérer de certaines tâches pénibles ?


La seule IA possible existe déjà. Luc Julia et Jean-Louis Dessalles [respectivement père de l’assistant Siri d’Apple et chercheur en IA, ndlr] vont dans le même sens. Ils disent que ces outils informatiques ne sont pas si intelligents. Moi je dis qu’ils ne sont pas si artificiels. L’intelligence artificielle mise sur le marché, comme Siri et le pilote automatique de Tesla, est une intelligence spécialisée, relativement bête et très demandeuse en données. Si vous interrompez le flux de données, rendu possible par le microtravail, ces solutions cessent de fonctionner.

Contrôler une machine peut être plus valorisant que d’exécuter certaines opérations répétitives...

Ce discours est fondé sur la polarisation entre le travail noble de l’être humain et celui routinier de la machine. Or les humains chargés d’être les 'professeurs' des machines ne font pas un travail noble. Ils font un travail de tâcheron, routinier, pénible et décrédibilisé. Les études récentes sur la pénibilité dans le microtravail montrent l’impossibilité de gérer les rythmes de travail, les risques d’accident liés au stress, ceux liés aux postures et aux écrans. Ce travail n’a rien de créatif. Il est aliénant et très faiblement rémunéré. Un clic en Russie c’est 0,005 centime d’euro, 0,0002 en Inde, 0,00006 au Pakistan. Presque zéro.

La polarisation est-elle alors entre ceux qui conçoivent la technologie, les codeurs notamment, et ceux qui l’utilisent ?


Les informaticiens, les codeurs et les hackeurs font partie d’une industrie qui s’externalise depuis vingt ans. La concurrence de travailleurs indiens et chinois crée une course à la baisse des tarifs. Un codeur engagé via une plate-forme telle Gigster peut être payé 100 dollars pour réaliser un bout de code. Sur les sites de microcoding en temps réel comme HackHands, il est payé moins de 1 dollar la minute. Chez les concepteurs aussi, la tâcheronnisation avance inexorablement.

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Message par Florage le Mer 27 Mar - 11:25


"Bienvenue à l’usine" (Vide Cocagne)
Bastien Bertine dessine le cœur de l’industrie

Acta BD 27 mars 2019

Alors que les pays occidentaux sont devenus majoritairement des économies de service, que représente l'usine pour ceux qui y travaillent ? Enfer quotidien et espace de vie incontournable, l'usine est un monde à part et pourtant bien réel. Bastien Bertine nous y convie, pour une visite plus sensible que didactique.

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Dans Bienvenue à l’usine, le double de papier du dessinateur Bastien Bertine nous sert de guide dans un monde qui reste mal connu de beaucoup d’entre nous. Et pour cause : en France comme dans la plupart des pays occidentaux, l’économie est fondée non plus sur l’industrie, mais sur les services. L’usine, autrefois lieu de travail, de sociabilité et de lutte, est devenue presque un « non-lieu », un espace en marge ou du moins qui intéresse assez peu les médias et les artistes.

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Le narrateur de Bienvenue à l’usine, premier livre de Bastien Bertine, est également dans cette position. Il sait que l’usine existe, il la voit, en entend parler, connaît peut-être quelques ouvriers qui y travaillent. Mais elle reste pour lui davantage une idée, presque un fantôme, plutôt qu’un vrai lieu de vie. Jusqu’au jour où il décide de s’y faire engager temporairement et d’y dessiner, tout en travaillant comme les autres employés.

L’intégration n’est pas aisée : méfiance des ouvriers, agressivité des contremaîtres, difficile adaptation aux conditions de travail, danger physique permanent... Il faut à la fois de la patience, de l’abnégation et de la curiosité pour parvenir à se faufiler dans le quotidien de l’usine. Mais quelques belles rencontres et une grande empathie pour les travailleurs aident.


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Bastien Bertine propose une plongée au cœur de l’usine. Non seulement il en montre la dureté - chaleur extrême, bruits assourdissants, odeurs infectes, tension permanente due aux risques d’accidents - mais il lui donne vie en faisant la part belle à l’humanité qui l’agite. Il prend en effet le temps de faire connaissance avec quelques ouvriers, parvenant à nouer un rapport de confiance lui permettant de gagner en sécurité tout en continuant à dessiner. Il y a notamment L’Ogre, une sorte de cousin du Pozla de Blast dessiné par Manu Larcenet (Dargaud, 2009-2013), qui l’aide à comprendre le fonctionnement de l’usine et la psychologie des travailleurs.

Bienvenue à l’usine décevra ceux qui cherchent un ouvrage didactique sur le sujet. Nous n’avons pas ici une bande dessinée de reportage, où l’auteur souhaiterait donner un maximum d’informations, quitte à noyer son dessin derrière le discours. Bastien Bertine propose plutôt une approche sensible de son sujet. Mêlant fiction et réalité pour mieux transmettre son ressenti, il privilégie les sensations à l’exactitude.


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Ce parti-pris est réussi : son dessin et ses couleurs contribuent fort bien à faire comprendre ce qu’est le travail à l’usine, à faire imaginer ce que les ouvriers vivent, même si cela ne peut être que partiel. Le trait simple se complexifie et se densifie au fur et à mesure que nous pénétrons plus avant dans l’énorme machinerie. Les couleurs et les formes font sentir la chaleur et entendre les bruits. Les dialogues enfin, simples, sonnent juste et n’exagèrent pas le drame.

Le narrateur comme le dessinateur puis le lecteur ont bien conscience que cette immersion n’est que fugace. Au moins nous permet-elle de saisir un peu de ce qui rend si forte et si contradictoire la relation des ouvriers à leur usine.
Patlotch a écrit:n'ayant ni lu ni vu cette BD, je n'en parle que de ces quelques lignes et images. Si l'intention me paraît bonne, les images ne me convainquent pas, ni le dessin schématique des personnages à la raideur de robots et aux sourires de mauvais mangas, ni le choix des harmonies colorées, particulièrement cet orange moyen et ces aplats sans vie : dessin et coloriage à l'ordinateur ? Plus intéressantes parce que sûrement d'après photographies, les vues de machines et d'intérieurs d'usines, mais là encore manque d'homogénéité de style quand le dessinateur le fait par lui-même. Alors, « approche sensible » ? certainement la sienne à la hauteur de ses moyens, mais qu'il ne parvient pas à me communiquer

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Message par Florage le Ven 29 Mar - 14:13


portes ouvertes à l'usine ?

Amazon : venez donc voir nos ouvriers préparer vos commandes !
Décrit comme une jungle, Amazon se transforme en zoo et ouvre ses entrepôts

François-Xavier Ajavon, Causeur, 29 mars 2019

Pour répondre aux accusations qui lui sont régulièrement faites, Amazon a décidé d’ouvrir certains de ses entrepôts au public. Viens voir les ouvriers, voir les transpalettes, voir…

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©Guillaume Souvant/AFP
Peu après l’effondrement du rideau de fer, Jean Ferrat, le fameux chanteur communiste à moustaches atypiques, constatait avec amertume qu’il n’y avait pour l’homme « d’autre choix pour vivre que dans la jungle ou le zoo ».


Le géant américain de la vente par correspondance Amazon a peut-être réussi – à sa manière – à concilier les deux en créant le concept de zoo dans la jungle.

La jungle…
Si l’entreprise se développe régulièrement en France, Amazon n’est pas exempt de critiques : la librairie de Jeff Bezos, qui est devenue un tentaculaire centre commercial, changerait en profondeur nos manières de consommer et peut-être même de vivre, nous éloignant des petits commerces, livrant nos habitudes aux algorithmes.

D’après les révélations récentes d’un documentaire de M6, Amazon détruirait même par millions des invendus en état neuf, et il se dit que le Gafam aurait recours à l’optimisation fiscale… À cela, il faut bien évidemment ajouter que Jeff Bezos mange des enfants au petit déjeuner, comme tous les dirigeants d’entreprises de plus de 500 salariés.

… et le zoo d’Amazon
Dans un effort de transparence démonstratif, le groupe, souvent pointé du doigt pour les conditions de travail des salariés de ses plates-formes logistiques, a décidé d’ouvrir ces dernières au public. Souvent situés dans des zones sévèrement touchées par le chômage, dans la fameuse « France périphérique » sinistrée, ces centres ont souvent été vus comme des eldorados par les autochtones. Le programme de visites concerne trois sites : Saran (Loiret), Lauwin-Planque (Hauts-de-France) et Boves (Somme). Toute personne, sous réserve de s’inscrire en ligne, pourra suivre une visite guidée.

Ainsi, dans les grands entrepôts-cathédrales de la consommation de masse, il sera possible d’aller voir comme au zoo ce qu’il reste encore de travail humain. Dépêchons-nous d’y aller, car le projet final est certainement que toute la chaîne logistique soit robotisée, puis que le consommateur soit à son tour transformé en robot.

Il manque encore un ingrédient qui aurait donné encore plus de saveur à ce ragoût de transparence : que l’entrée fût payante.

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Message par Florage le Mer 3 Avr - 4:33


TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI Ict-pannes-greve_4275112
Une centaine de salariés de l'usine ICT, à Pannes, en grève illimitée depuis ce lundi  © JB Dos Ramos
Près d'une centaine de salariés de l'usine de papier toilette ICT de Pannes (Montargois) sont en grève depuis ce lundi matin 1er avril, alors que les négociations annuelles obligatoires sur les salaires n'ont pas abouti avec la direction du seul site français de la société italienne.

Ils sont quelques dizaines de salariés réunis sur les pelouses à proximité de l'entrée du site ICT, à Pannes, dans l'agglomération de Montargis. Ce lundi 1er avril au matin, ils ont cessé le travail, alors que les négociation annuelles obligatoires avec la direction sont au point mort. Les syndicats indiquent que près d'une centaine de salariés sur les 220 personnes qui travaillent là ont pour l'instant rejoint le mouvement.


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visite du Préfet et des élus en juin 2018 pour la mise en place
d'un stock automatisé de 43 mètres de haut, et l'ouverture de deux nouvelles lignes de production.

(image ajoutée)

Plusieurs revendications animent les employés du seul site français de la société italienne ICT. D'abord, la suppression de l'annualisation du temps de travail, pour repasser au système des 35 heures avec paiement des heures supplémentaires à la fin de chaque mois, l'augmentation des salaires d'1,4 % et la mise en place d'une prime Macron de 1.000 euros.

Un mouvement illimité

Ces salariés, tous agents de production, ont lancé un mouvement de grève illimitée pour tenter de faire fléchir la direction. La dernière grève qu'a connu l'usine de papier toilette et de mouchoirs date de juin 2014. Elle avait abouti au licenciement de plusieurs salariés après le blocage du site, premier épisode d'un bras de fer judiciaire avec la direction.

Ce mouvement intervient alors que la société vient d'injecter 40 millions d'euros dans un gigantesque bâtiment de stockage automatisé à Pannes.


TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI 15-fr
le PQ de Gargantua ? (image ajoutée)

TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI 1636629


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Message par Florage le Jeu 11 Avr - 19:10


travailler plus pour gagner moins...

Informatique, éducation…
voilà les secteurs où les salariés font le plus d’heures supp’ non payées

Anne Cagan Journal du Geek 11 avril 2019

Les Français exercent en moyenne près de cinq heures supplémentaires par semaine non rémunérées. Les professionnels de tous les secteurs ne sont cependant pas logés à la même enseigne.

TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI Venveo-609390-unsplash-720x480
Crédit @venveo / Unsplash
Dans quel secteurs les salariés font-ils le plus d’heure supplémentaires non rémunérées? Pour répondre à cette question, ADP a interrogé plus de 10 000 salariés en Europe dont 1410 en France. Le cabinet de gestion RH livre aujourd’hui les résultats de son enquête dans The Workforce View in Europe.

Que nous apprend l’étude ? D’abord, que les Français exercent en moyenne près de cinq heures supplémentaires par semaine non rémunérées. Les professionnels de tous les secteurs ne sont cependant pas logés à la même enseigne.

TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI Unnamed-3-1
Crédit ADP

Tandis que dans la santé, le commerce, la restauration et les loisirs, le pourcentage de salariés effectuant régulièrement au moins cinq heures non rémunérées hebdomadaires tourne autour de 27%, il est bien plus élevé dans le secteur de l’architecture et du bâtiment (59,3%) ainsi que dans l’éducation (52,9%) Le secteur de l’informatique et des télécommunications se classe sur la 3e marche du podium avec 52,7% de personnes effectuant ce nombre d’heures supp’ à l’œil.

Le secteur grimpe même à la deuxième place si l’on étudie la population de personnes effectuant plus de 10 heures supplémentaires par semaine. Dans l’IT / télécoms, il s’élève en effet à 21,50%, bien devant la santé (5.9%), le secteur commerce/média/marketing (9,7%) ou encore l’industrie (12,1%).

La région parisienne et le Sud dans le haut du classement
On observe également des disparités au sein des régions étudiées. “C’est en région parisienne que les salariés déclarent faire le plus d’heures de travail non rémunérées. Mais c’est dans le Sud est que les travailleurs font plus de 10 heures supplémentaires (14%)” note ADP.

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Les résultats varient également significativement selon l’âge des personnes sondées. 7% de la génération Z (16 à 24 ans) effectueraient plus de dix d’heures supp’ non rémunérées par semaine contre plus du double chez leurs aînés de la génération Y (16% des 25 -34 ans).

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Message par Florage le Sam 13 Avr - 7:04


travailler et produire : sa mort ?
Patlotch a écrit:dans un ancien sujet, "le travail tue plus que les violences policières", je faisais ressortir que le mot "ouvrier" était dans l'actualité utilisé le plus souvent pour des accidents du travail, quotidiens, et souvent mortels (on peut le vérifier chaque jour : ouvrier, Google Actu). On parle beaucoup du burn out, dans les bureaux et aussi bien pour les cadres que les employés, mais la classe ouvrière dans le secteur de la production n'est pas en reste : « Les ouvriers sont les plus touchés [par le cancer au travail]. Principalement dans les entreprises de plus de 250 salariés (53 %), dans les secteurs de la métallurgie (39 %), du BTP (24 %) et de l’industrie chimique et du secteur du bois (9 %) »

En 20 ans, le nombre de cancers liés au travail a été multiplié par 3,6. La part des pathologies liées à l’amiante est la plus importante.
TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI RoseII6 TRAVAILLER À L'USINE AUJOURD'HUI RoseII8
Les ouvriers sont particulièrement exposés au risque de cancer professionnel.
Photo d’illustration Patlotch, Un quartier poétique
Les accidents du travail sont en baisse, mais les cancers d’origine professionnelle sont en hausse.

En France, 1 840 cancers en moyenne par an sont reconnus comme liés au travail, selon l’Assurance maladie. En 20 ans, ce chiffre a plus que triplé (il a été multiplié par 3,6).

Il reste cependant en dessous de la réalité. Le cancer met longtemps à se déclarer. Les malades - qui découvrent souvent leur pathologie des années après - ne font pas forcément le lien entre leur maladie et leur travail. La moyenne d’âge de reconnaissance d’un cancer comme maladie professionnelle est de 68 ans.

Selon l’Assurance maladie, il faudrait multiplier le nombre de cancers reconnus par cinq, pour refléter le nombre réel de cas dans la société française.

Au moment du diagnostic, les gens se soignent, et n’ont pas forcément envie d’entamer des démarches. Il y a aussi un effet psychologique de se dire que c’est votre travail qui vous conduit à la mort.

Pourtant, l’indemnisation est importante car elle protège aussi vos ayants droit, explique-t-on en substance à l’Assurance maladie.

17 000 euros par an
La reconnaissance comme maladie professionnelle ouvre en effet droit à une rente viagère, versée au malade, et en cas de décès à son conjoint et à ses enfants (jusqu’à leurs 21 ans). Le montant annuel moyen versé s’élève à 17 000 euros.

Dans les cancers professionnels, la part de l’amiante est prépondérante (80 % des cas reconnus sur la période 2013-2017).

La semaine passée, la Cour de cassation a ouvert la voie à l’indemnisation du préjudice d’anxiété pour tous les travailleurs exposés à l’amiante. Les maladies liées à l’amiante sont essentiellement des cancers du poumon (70 %).

Viennent ensuite ceux de la vessie, les cancers naso-sinusiens et les leucémies. Ces maladies sont en lien avec des expositions au benzène, aux poussières de bois et aux « produits noirs » (goudrons, bitumes, asphaltes).

Les ouvriers en première ligne
Les ouvriers sont les plus touchés. Principalement dans les entreprises de plus de 250 salariés (53 %), dans les secteurs de la métallurgie (39 %), du BTP (24 %) et de l’industrie chimique et du secteur du bois (9 %).


Ces données reflètent des expositions passées (l’amiante est aujourd’hui interdit en France). L’Assurance maladie mène un travail de prévention sur les risques actuels. Environ 2 millions de salariés seraient aujourd’hui exposés à des produits toxiques sur leur lieu de travail.

Des outils sont à disposition des entreprises pour évaluer leur niveau de risque. Et des aides financières sont proposées pour les sociétés de moins de 50 salariés. Avec un objectif : les inciter à substituer les produits cancérogènes, et à investir dans des dispositifs pour protéger leurs salariés. Entre 2015 et 2018, 4 200 entreprises ont bénéficié de ce dispositif pour un montant total de 26 millions par an.

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Message par Florage le Dim 21 Avr - 7:02

Patlotch a écrit:ici, l'usine, c'est la métaphore du lieu de travail, de la productivité plus que de la production matérielle, d'usiner au sens de fabriquer. Exemple managérial : « Le chef de projet utilise la métaphore de l’usine et la pense pertinente. Il demande donc à ses développeurs de venir travailler le samedi. »
Sondage : 54% des Français opposés à l'idée de «travailler plus»
Le Figaro avec AFP 21/04/2019

Une majorité de Français interrogés sur la possibilité de «travailler plus» y sont opposés (54%), selon un sondage Ifop pour le JDD qui montre d'importantes disparités selon les professions, âges ou opinions politiques des répondants.
Interrogés sur l'intention du président de la République, à l'issue du grand débat national, d'évoquer le principe de «travailler plus» en France, 46% des personnes interrogées se disent plutôt (32%) ou tout à fait d'accord (14%), contre 54% qui sont plutôt (28%) ou tout à fait (26%) pas d'accord.

Tandis que 75% des personnes proches de LREM et même 84% des répondants proches des Républicains sont d'accord avec l'idée de travailler plus, 62% des sympathisants du PS, 65% de ceux de La France insoumise et 67% de ceux du Rassemblement national y sont opposés.

Disparités géographiques et professionelles
Les disparités sont importantes également selon l'âge des répondants. En dessous de 35 ans, 56% sont opposés à l'idée de travailler plus, une proportion sensiblement la même que dans la population de 35 ans et plus (53% contre). Mais les différences s'accentuent au sein de ce deuxième sous-groupe: parmi les 50-64 ans, l'opposition à l'idée de travailler plus grimpe à 65%, tandis qu'à l'inverse parmi les 65 ans et plus, 67% des personnes interrogées sont pour.

Alors que 55% des artisans et commerçants sont favorables au fait de travailler plus, le taux tombe à 29% chez les ouvriers. Les dirigeants d'entreprises approuvent l'idée à 61%, mais ils ne sont que 39% parmi les salariés du privé, 35% parmi ceux du public et 26% parmi les chômeurs.

Sondage réalisé en ligne du 17 au 19 avril, auprès d'un échantillon de 1.009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

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Message par Florage le Mer 22 Mai - 12:11

AU CŒUR DU TRAVAIL PRODUCTIF
DE LA CLASSE OUVRIÈRE INDUSTRIELLE
ceux qu'on ne voit et n'entend nulle part
Patlotch a écrit:comme l'écrivain en substance Panaït Istrati en 1929 dans Vers l'autre flamme, pointant ses pairs (dont Aragon) qui descendaient d'une voiture officielle pour s'asseoir à une table de banquet officiel, si l'on voulait connaître la condition de l'ouvrier soviétique, on commencerait pas aller bosser à ses côtés. C'est au demeurant ce que fit Simone Veil. La situation n'a pas changé, mais en France, pour connaître la condition ouvrière. Cet article ne nous en apprend pas davantage, y compris par son illustration, mais au moins sait-on que les ouvriers, ça existe (ceux-ci travaillent en Allemagne)

gage que par une plongée au cœur des usines, on en saurait plus sur le prolétariat de la grande industrie qu'en discutant avec les supposés prolétaires gilets jaunes des ronds-points. Un théoricien "communisateur" ne s'assied ni à un banquet stalinien officiel ni dans un fauteuil pour bobo communiste à la mairie de Paris, mais il fantasme autant que les intellos lignards d'antan sur le potentiel révolutionnaire d'un prolétariat qu'il définit par conséquant sur mesure de sa foi. Que la boucle soit bouclée et les que les bouches se ferment. Amen !


La Société du Grand Paris (SGP) nous a ouvert les portes de l’usine Herrenknecht, en Allemagne. C’est ici que sont construits la quasi-totalité des tunneliers du futur métro Grand Paris Express.

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Leur terrain de jeu, c’est à 30 à 50 m sous terre. C’est à ces profondeurs que les tunneliers, ces immense trains-usines, dévorent le sol tout en assemblant derrière eux le tunnel de votre futur métro. Si une trentaine de ces machines gigantesques (100 m de long, 10 m de diamètre) vont œuvrer dans le sous-sol francilien d’ici à 2030, il est plus rare de les observer à l’air libre. C’est ce que nous avons pu faire avec la Société du Grand Paris (SGP), au sein de l’usine Herrenknecht, en Allemagne.

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Tunnelier de la ligne 16 qui creusera à la fin de l’été entre Aulnay et Le Blanc-Mesnil. (LP/J.-G.B.)

C’est ici, à Schwanau, à quelques kilomètres de Strasbourg, que sont construits la quasi-totalité des tunneliers de la région. 22, en tout, sont pour l’instant en train de creuser, en cours de fabrication ou commandé auprès de cette usine. « Merci le Grand Paris ! », sourit Martin Herrenknecht, le patron de cette entreprise familiale, devenu leader européen des tunneliers, en à peine 40 ans. Dans le village où il est né, le « Doktor » Herrenknecht a fait pousser une usine de 24 ha. Sous d’immenses hangars, ou à l’air libre, ces tunneliers en acier de 1500 t sont assemblés minutieusement.

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Fabrication de la roue de coupe (la roue avant qui tourne pour creuser le sol) d’un futur tunnelier de la ligne 16. Il faut 4 mois pour souder tous les éléments. (LP/J.-G.B.)

Chaudronniers, soudeurs, mécaniciens, électriciens… 2000 employés travaillent ici, dont 165 Français. Chacun des tunneliers commandés est construit ici, en moins d’un an, entièrement, puis démonté pièce par pièce. Une centaine de camions, dont 30 convois exceptionnels, vont ensuite livrer ce matériel, jusque dans son puits de départ en France.

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Morceaux de tunneliers en cours d’assemblage. Il faut énormément de tuyaux pour maintenir de la pression à l’avant, et pour alimenter les vérins hydrauliques qui servent à pousser la machine. (LP/J.-G.B.)

Actuellement, quatre tunneliers sont en train de creuser sur la ligne 15 Sud, entre Pont de Sèvres et Noisy-Champs, et un pour la SNCF sur le RER E, entre Courbevoie et Paris. Quatre autres sont prévus sur la 15 Sud d’ici la fin d’année, cinq sur la ligne 16 entre Saint-Denis et Aulnay, trois sur la 14 Sud entre Orly et Paris… tout cela en action d’ici la fin d’année. D’autres sont prévus en 2020.

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Schwanau (Allemagne), ce lundi. Déplacement d’un élément d’acier nécessaire à la construction d’un tunnelier. (LP/J.-G.B.)

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Schwanau (Allemagne), ce lundi. Tunnelier attendu sur la ligne 15 Sud à Bry-Villiers-Champigny, en cours d’assemblage. (LP/Jean-Gabriel Bontinck.)

A Schwanau, l’usine est envahie par ces monstres d’acier du Grand Paris, qui vont coûter environ 20 millions d’euros chacun. Sur les trois dernières années, Herrenknecht a engrangé 300 millions d’euros de chiffre d’affaires avec le Grand Paris. Et ce n’est pas fini… Même si l’entreprise craint l’arrivée des tunneliers chinois. Pour la seconde partie de la ligne 16, entre Aulnay et Clichy-Montfermeil, l’entreprise en charge des travaux a, pour la première fois, commandé des tunneliers venus de Chine.

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Thierry Dallard (à droite), président de la Société du Grand Paris, devant l’un des tunneliers qui va creuser le métro ligne 16. Avec Martin Herrenknecht, le patron fondateur de l’entreprise qui construit ces engins. (LP/Jean-Gabriel Bontinck.)

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