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célébrations classiques

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célébrations classiques

Message par Patlotch le Mar 30 Oct - 13:55

ma jeunesse fut à distance de la "Musique Classique", dite "Grande Musique", hormis quelques disques de mes parents : Valses de Vienne, Tchaikovsky, Quatre saisons de Vivaldi..., jusqu'à ce que mon meilleur ami, en classes de première et terminale, un pianiste qui deviendrait professeur de clavecin, me fasse découvrir 'en live' Bach, Beethoven... et par ses disques d'autres compositeurs

ce n'est que plus tard, dans mes études de l'harmonie et de la composition pour le jazz, que je me suis intéressé à l'histoire de la musique dont je connais assez bien l'évolution, des modes anciens à la musique contemporaine, en passant par la construction et la déconstruction de la tonalité (occidentale, donc). C'est donc au jazz que je dois de m'être intéressé à la musique classique

ma connaissance des œuvres reste limitée et sur pilotis, avec ces repères, et mon choix s'est porté sur des interprètes et interprétations par goût plutôt que de façon systématique comme pour le jazz

ce sujet proposera quelques-uns de ces choix


j'apprécie particulièrement le timbre de la voix de Jill Feldman, plutôt chaud pour une soprano, et les sonorités de l'orgue de Guimilliau, en Bretagne. Habituellement, j'ai un peu de mal avec les grandes orgues d'église, et cet enregistrement dans une acoustique plutôt sèche, sans échos, confère à l'orgue, en accord avec la voix, un caractère dramatique plus intime

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c'est mon ami pianiste qui m'a fait découvrir, en 1968, le violoniste russe Leonid Kogan, un des moins connus des virtuoses soviétiques (Heifetz, Oistrakh, Milstein, Menuhin...), par un disque de 1958 qui réunissait ses "bis", enregistrements malheureusement pour la plupart introuvables en videos > Leonid Kogan



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en avançant au vingtième siècle, de mon compositeur préféré (avant l'arrivée de György Ligetti, encore un Hongrois), Béla Bartók, les six quatuors à cordes (1908, 1917, 1927, 1928, 1934, 1939), dans des interprétations par le Tokyo String Quartet de 1977 à 1981 (coffret de 3 CD), avec une splendide prise de son, assez proche et très détaillée


le coffret avait reçu un "Choc du Monde de la musique", avec ce commentaire
La série parfaite des six quatuors à cordes de Béla Bartók s'étend, de 1907 à 1939, sur presque toues sa carrière créatrice et permet d'en suivre précisément l'évolution, depuis l'étrange conjonction d'influences ( Beethoven et Debussy) du Premier Quatuor, le postromantisme et l'expressionnisme du Deuxième jusqu'à l'ultime déchirement d'un homme écrasé par le monde du sixième, en passant par l'apogée des Troisième, Quatrième et Cinquième. Ces chefs-d'œuvres, considérés à juste titre comme le plus grand cycle de quatuors à cordes jamais composés depuis Beethoven, perpétuent effectivement la tradition du dernier Beethoven : concentration de la pensée, âpreté de l'écriture, refus de compromettre la logique au profit d'une quelconque complaisance dans l'émotion.
[...]
Le Quatuor de Tokyo, qui cherche la couleur avant la violence, qui exalte la subtilité et la grandeur de l'architecture avant l'agressivité du discours, suggère plus qu'il n'impose dans les Quatrième et Cinquième Quatuors (d'une sauvagerie magnifique, le Quatuor Julliard pour le Quatrième et le Quatuor Végh pour le Cinquième n'ont pas été surpassés)

c'est tout de même 2h 40mn de musique, ça ne s'écoute pas comme les Beatles...

Bartok fut un des compositeurs "classiques" les plus appréciés et influents dans le jazz moderne, en raison de la gamme dite de Bartok, une échelle nommée aussi mode lydien b7, avec quarte augmentée (triton) et septième mineure, que l'on peut aussi penser comme le renversement d'un gamme mineure mélodique, identique à la gamme majeure mais avec un tierce mineure (mi bémol en do)


elle est dite parfois "mode acoustique" parce que son développement vertical est le plus proche des harmoniques des corps sonores, que l'on retrouve dans les musiques folkloriques, notamment balkaniques et nord-africaines, que Bartok avait étudiées en pionnier de l'ethnomusicologie ; mais aussi dans le blues. C'est ce qui fait de Bartok un passeur entre musiques tonales classiques et musiques où la tonalité se dilue entre majeur et mineur : le plus moderne rejoint alors le plus archaïque, le plus naturel au sens physique du terme

qui est rebuté par la modernité des quatuors peut commencer la découverte de Bartok par les Six Danses populaires roumaines, écrites pour piano en 1915, adaptées en 1917 pour orchestre de chambre. Elles utilisent ce type de gammes faisant hésiter entre majeur et mineur, comme le magnifique Concerto pour orchestre qui suit dans la vidéo. Composé en 1943, Bartok est alors aux États-Unis où il a fui le nazisme. C'est peut-être ce qui explique une certaine nostalgie, l'utilisation des ces gammes du folklore hongrois, roumain, ou des environs





Dernière édition par Patlotch le Mer 7 Nov - 13:30, édité 1 fois

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Re: célébrations classiques

Message par Patlotch le Lun 5 Nov - 14:16

c'est avec Alfred Deller que j'ai découvert la voix de haute-contre, qu'il a ré-inventée dans les années 1940 après qu'elle ait disparue durant deux siècles. Sa tessiture correspond à celle de l'alto, la plus grave des voix de femme. Quant à sa technique, voir en bas un extrait du film de Benoît Jacquot, Alfred Deller, portrait of a voice (1975)

j'ai entendu depuis nombre de contre-ténors, mais aucun ne me procure les mêmes sensations que celle de Deller, dont le timbre et la richesse harmoniques me semblent incomparables

le premier disque que je me suis procuré, enregistré en 1956, n'est pas de "musique classique" mais de chants traditionnels de ménestrels et élisabéthains. J'aime ce disque en duo où l'on peut aussi entendre Deller a capella (sans accompagnement)


le second disque est constitué d'œuvres de Henry Purcell, enregistrées en 1979



1. The Plaint
7. Thrice Happy Lovers
8. An Evening Hymn
9. From Rosy Bow'rs (live, hors disque. Conseillé)
12. Music for a while
14. O Solitude


un titre rendu célèbre par l'interprétation de Klaus Nomi (« un ersatz », dit à juste titre un commentateur), The Cold Song

Deller a également interprété Monteverdi ou Bach, mais j'avoue le préférer dans la musique anglaise : Bach - Messe en Si mineur, Agnus Dei. On la retrouve, contemporaine, avec l'adaptation par Benjamin Britten du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, dont était déjà tiré The Fairy Queen de Purcell

- A Midsummer Night's Dream / Act 1 - "Well, Go Thy Way"
- A Midsummer Night's Dream / Act 2 - "This Is Thy Negligence"

Ce qui frappe dès le premier contact avec ce portrait de Deller, est le naturel avec lequel il présente un timbre de voix et un art du chant qui ne le semble pas. On apprend que Deller a toujours chanté ainsi dès qu’il est sorti de l’enfance, de sa jolie voix de soprano qu’on avait déjà remarquée comme exceptionnelle. Il a évité le péril de la mue en ne forçant pas sur la voix de poitrine, celle du ténor du baryton ou de la basse ; il a continué "naturellement" à chanter la partie élevée (devenue voix de femme au fil de l’histoire mais masculine à l’origine), mais en utilisant le registre improprement appelé "de fausset", alors qu’il nous est en fait commun à tous, sans exception. Du haut de sa corpulence exceptionnelle, (il semble fort grand et d’une corpulence massive au-dessus de la moyenne) et du développement normal de sa cage thoracique, il devait faire entendre une voix très timbrée, à la tessiture exceptionnelle (vers l’aigu, notamment) et au volume impressionnant. Il explique assez clairement que l’époque romantique a vu disparaître la voix de contre-ténor, jusqu'alors traditionnelle, qui sera remplacée peu à peu par la voix de mezzo-soprano ou de contralto.


« Je n'ai jamais fait d'exercices vocaux.
Je préfère m'exercer à travers ce que j'étudie. »





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Re: célébrations classiques

Message par Patlotch le Mer 7 Nov - 12:34


Zoltán Kodály, le renouveau de la musique hongroise

j'ai attiré l'attention sur deux compositeurs hongrois du 20e siècle, Béla Bartók et Zoltán Kodály. Au 19e siècle, il y eut Liszt... C'est sur Kodály que je voudrais attirer l'attention. Je l'ai découvert lors d'un voyage à Budapest en 1989, d'où j'ai rapporté une cassette du magnifique Psalmus Hungaricus, une œuvre pour ténor, chœur et orchestre composée en 1923, alors qu'il était au ban du pouvoir pour avoir soutenu la révolution communiste de Bela Kun, en 1919. Les vers de Végh, détournés, s'adressaient au pouvoir en place, tenu d'une main de fer par l'amiral Horthy, le même qui accueillit à bras ouvert Hitler.

« Je voudrais plutôt habiter dans le désert, ou parcourir la forêt sauvage,
que demeurer parmi ceux qui ne me laissent pas dire la vérité. »



Zoltán Kodály (1882-1967) est un compositeur, ethnomusicologue et pédagogue en musique. Il a notamment donné son nom à une méthode d'enseignement de la musique, codifiée plus tard sous le nom de méthode Kodály. Il écrit avec Bartók une édition monumentale des musiques populaires hongroises, qui aboutit en 1951 à la publication du premier volume du « Corpus Musicae Popularis Hungaricae ». Quatre autres volumes paraîtront de son vivant, avec en plus des recueils de chants balkaniques

Les Danses de Galánta, créées le 23 octobre 1933, font référence au village de Galánta connu pour son orchestre tzigane et où le compositeur passa son enfance. On y reconnaît les mêmes ingrédients musicaux que dans la musique Klezmer, tradition musicale instrumentale des Juifs ashkénazes


il avait écrit en 1915 une sonate pour violoncelle solo.. Interprétation par Yo-Yo-Ma

Bartók en dira :
Aucun autre compositeur n'a écrit de la musique similaire à ce type de travail... Kodály exprime ici, avec les moyens techniques les plus simples possibles, des idées tout à fait originales. C'est précisément la complexité du problème qui lui a donné l'occasion de créer un style original et insolite, avec ses effets surprenants de type vocal. Bien qu'indépendamment de ces effets, la valeur musicale et brillante de l'œuvre est évidente.

ses quatuors à cordes, composés en 1908 et 1918, sont l'un plus romantique, l'autre plus folklorique que ceux de Bartók composés dans les mêmes années (voir plus haut), mais dans certains passages, c'est à s'y tromper, on y retrouve les mêmes fragments mélodiques écrits dans les gammes dont j'ai parlé


quant à sa pédagogie et sa "méthode"

Wikipédia a écrit:La méthode Kodály voit l'enseignement musical comme le droit de chaque être humain. Kodály mettait en avant que la musique ne devait pas être l'apanage de ceux qui ont un don, que tous ceux capables de lire une langue étaient capables de lire de la musique, qu'elle devait être enseignée tout autant que le langage ou les mathématiques.

Kodály pensait que, pour être efficace, l'apprentissage musical devait commencer par le chant. Même les instrumentistes, pensait Kodály, doivent commencer leur entraînement musical par le chant afin de percevoir la musique en dehors du mécanisme de leur instrument. Kodály recommandait que l'instruction instrumentale ne commence pas avant que l'élève ait atteint un certain niveau en musique.

En outre, il pensait qu'il fallait commencer la musique très tôt. Kodály recommandait également que l'enfant apprît sa langue maternelle tout aussi bien que sa musique maternelle, c'est-à-dire la musique folklorique de sa langue maternelle.

Kodály pensait également que seule de la musique de la plus haute qualité devrait être utilisée dans l'éducation des enfants. Il pensait en effet que les enfants sont plus sensibles que les adultes à l'art, et qu'il faut donc les aider à atteindre leur plein potentiel en leur donnant accès à la musique de la meilleure qualité.

En utilisant ces principes fondateurs, les collègues, les amis et les étudiants les plus talentueux de Kodály développèrent la pédagogie actuelle qu'on appelle la méthode Kodály. Les créateurs de la méthode Kodály recherchèrent les techniques de formation musicale utilisées dans le monde entier et incorporèrent celles qui leur semblaient le mieux adaptées.

source


Pour faciliter l'intonation, on utilise la phonomimie, une manière de visualiser les hauteurs de notes chantées en les assimilant à un geste de la main, un système inventé par John Curwen et repris par Kodaly, comme représenté ici :


explication complète


Trois danses hongroises, 1954


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Re: célébrations classiques

Message par Patlotch le Dim 18 Nov - 8:18

dans le "classique" j'inclue la "musique contemporaine". Je constate que les programmes de France Musique lui font peu de place, ayant tendance à glisser vers ceux de Radio Classique. Je n'apprécie pas toujours Pierre Boulez dans ses compositions, mais comme chef d'orchestre et pédagogue, il est incontournable, passionnant et plutôt agréable à entendre

exemple avec L'histoire du soldat, de Stravinsky sur un livret de Ramuz


je me souviens, quand j'allais écouter des concerts de musique contemporaine à l'IRCAM, au Centre Pompidou, de cassettes dans lesquelles Boulez présentait et dirigeait des œuvres de Bartók, Stockhausen, Berio, Ferneyhough, Webern, Berg... C'est la meilleure introduction à la musique du XXe siècle que l'on puisse rêver

une Master Class de Pierre Boulez autour du Mandarin merveilleux de Béla Bartók : Première partie, Deuxième partie / Boulez joue Bartok

un épisode transmusique




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Re: célébrations classiques

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